dimanche 14 septembre 2008
Mohammed et non Mahomet
Mahomet : Je ne connais pas ;
Mohammed : oui c'est notre Prophète
Lettre ouverte à l'Académie française
"Mesdames,
Messieurs les membres de l'Académie Française,
Conscient du fait qu'il vous incombe de veiller sur la langue française,
mission principale conférée dès l'origine par vos statuts, et que pour s'en
acquitter, votre respectable institution s'évertue à fixer la langue, pour en
faire un patrimoine commun à tous les Français et à tous ceux qui pratiquent la
langue française de par le monde.
Sachant que la phonétique de certains noms de personnalités qui ont marqué
l'histoire change selon les langues, tels que : Christophe Colomb, Moïse,
Avicenne etc…
Qu'il en va différemment de la phonétique du noble prénom du prophète de
l'Islam « Mohammed » qui n'a décidément pas eu très bonne fortune. En témoigne
la quarantaine de formes qu'a prises le nom du prophète en français et dans les
langues occidentales ; telles que Mahum, Mahoun, Machou, Macomet, Machmot,
Mahommot, etc. » (Revue : Le monde musulman. Edit. E. Leroux. n° X).
Que, plus particulièrement, la phonétique française du prénom du prophète de
l'Islam serait une déformation du sens originel de ce noble prénom qui donne en
arabe مَا حُمَد (Mâ Houmid : celui qui pas reçu, qui n'est pas digne de
louanges). Et signifiant « Celui qui n'est pas digne de louanges », « le maudit
», « l'exécré ».
Qu'en définitive, cette déformation dyslexique constitue tout simplement
l'inverse de la version arabe du prénom Mohammed محمد qui s'écrit avec 4
consonnes mîm, hâ' , mîm et dâl, et signifie : «le loué, le béni, ou le digne
de louanges».
Qu'au VIIème siècle, les membres de la tribu des Quraychites qui n'avaient pas
cru en le message du prophète de l'Islam, ainsi que les juifs et chrétiens
contemporains, lui ont collé ce sobriquet, par pure haine et dénigrement, du
fait que "Ma" en arabe signifie la négation en arabe classique du
sens originel du prénom, et par conséquent le déni de la prophétie dans son
ensemble.
Conscient également que cette déformation phonétique par les adversaires du
prophète de l'Islam était sans nul doute malveillante au VIIe siècle et qu'elle
constituait manifestement une insulte.
Que cette déformation est le fruit d'une ère révolue, et qu'elle est fortement
fautive linguistiquement (inversion du o et du a , t à la place du d, absence
du redoublement du m).
Qu'il est honteux de constater que cette déformation dyslexique ait traversé
les siècles et qu'elle se soit profondément ancrée dans les mœurs et la culture
francophones.
Qu'aujourd'hui cette déformation n'est forcément pas malintentionnée et que son
usage se perpétue par ignorance de son sens originel. Mais qu'il en serait
autrement si son maintien est par pur esprit de bravade ou que la persistance
de cette erreur phonétique traduise une attitude de défi insolent.
Qu'une erreur reste une erreur, même si elle a été commise durant des siècles.
Qu'une erreur, même "historique", est toujours susceptible de
correction.
Qu'au nom du respect que j'ai pour la personne du Prophète de l'Islam en tant
que musulman, et qu'au nom de l'amour que j'ai pour la langue française en tant
que seconde langue parlée dans mon pays (le Maroc).
Qu'au nom de tous les francophones musulmans qui seraient d'accord avec mes
propos.
En gardant à l'esprit que la lettre arabe ح (Ha' ) est profondément étrangère à
l'inventaire phonétique français et que sa prononciation est manifestement
difficile, voire même impossible pour des « bouches » occidentales.
Que la retranscription scripturale du prénom « Mohammed » est résolument plus
aisée que sa reproduction phonétique et que les statistiques démographiques
françaises actuelles parlent d'elles-mêmes : 52 099 personnes ont été
prénommées Mohammed en France depuis 1940 (Source : Insee).
Qu'en vertu de l'article XXIV des statuts de l'Académie Française stipulant que
« la principale fonction de l'Académie sera de travailler avec tout le soin et
toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à
la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ».
Qu'il serait par conséquent souhaitable que votre honorable Académie puisse «
épurer » les livres d'histoire, les encyclopédies, les dictionnaires ainsi que
les prochaines éditions d'ouvrages d'orientalistes ; de cette erreur phonétique
historique, et qu'elle ne retienne à l'avenir que les phonétiques
"Mohammed" ou "Muhammad", plus fidèles à la prononciation
arabe de ce noble prénom au lieu de la phonétique corrompue et historiquement
malintentionnée « Mahomet ».
A bon « entendeur ».
Signé : StrangerInTheNet, musulman francophone jaloux de son islamité et de sa
francophonité.
Vendredi 30
Mai 2008
sakeyou@caramail.com
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