lundi 27 avril 2009
La lapidation dans l'islam
La lapidation dans l'islam
De
nombreux hadîth (qui correspondent aux paroles, aux actes, au
consentement implicite, et au portrait moral et physique du Prophète)
parlent de la lapidation. Bon
nombre d’entre eux sont « muttafaq ‘alaïhi » (que s’accordent à
authentifier el Bukhârî et Muslim). Je ne sais pas ce que cela signifie
à vos yeux, mais pour la majorité des adeptes de « l’islâm sounnite »,
cela représente le plus haut degré d’authentification qui soi après le
Livre d’Allâh. [1]
Il y a notamment la fameuse histoire de Mâ’iz ibn Mâlik el-Aslamî qui implora à quatre reprises au Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) d’appliquer sur lui la loi d’Allâh. À chaque fois, le plus clément des hommes (sallallahu ’alayhi wa sallam) se détournait de lui, et se demanda même s’il était sain d’esprit. Mais, la foi et le repentir de Mâ’iz étaient tellement grands qu’il insista sans relâche jusqu’à ce que le Prophète se plie à sa volonté. Le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) reprocha même aux Compagnons de l’avoir suivi pour en finir avec lui, alors qu’il cherchait à s’enfuir au cours de l’exécution. [2] Une version chez Muslim précise que son repentir fut tellement sincère qu’il aurait suffi à une communauté entière. [3]
Il y a également l’histoire émouvante de la femme de la tribu de juhaïna, connue sous le nom de ghâmidiya. Celle-ci vint voir le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) alors qu’elle était enceinte et lui demanda de la purifier. Ce dernier la renvoya et lui suggéra de revenir après l’accouchement, ce qu’elle fit. Cependant, il la renvoya à nouveau et lui suggéra de revenir après le sevrage du nouveau-né, ce qu’elle fit. Il voulut la renvoyer encore, mais elle revint avec son enfant qui tenait un morceau de pain dans la main pour lui faire comprendre qu’il n’avait plus besoin du sein maternel. C’est alors que la sentence lui fut appliquée. Après l’événement, le Prophète jura que si son repentir avait été distribué sur soixante-dix habitants de Médine, il leur aurait suffi. [4] En cela, l’évènement n’est pas tragique. Il est, tout au plus, dramatique. En regard de sa finalité, c’est un évènement heureux, et c’est d’ailleurs l’essentiel. Cette brave femme, dont le courage n’a rien à envier à beaucoup d’hommes, fut promise au Paradis.
En outre, rien n’indique dans ces deux histoires que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) était en désaccord avec ce châtiment ou qu’il s’opposait à ce châtiment. Je ne sais pas si vous pesez bien vos paroles, mais pour votre défense, il me semble que vous confondez entre deux choses : entre les lois universelles (el-Irâda el-kawniyyah) et les lois textuelles d’Allâh (el-Irâda e-shar’iyyah). Qu’un homme puisse avoir de la compassion envers celui ou celle qui subit une peine, ou même éprouver une certaine répulsion envers celle-ci est tout à fait naturel. Cependant, cela ne doit pas empêcher d’appliquer la loi avec rigueur. Lorsque le v. 2 de la s. la lumière, condamne tout sentiment de compassion qui pourrait faire obstacle à la sentence, cela ne signifie pas qu’il veut faire de nous des brutes. Concevez la nuance. Il est certain que le Prophète est le plus sensible des hommes, mais au même moment il est le plus prompt à se soumettre au Décret divin qui décèle des sagesses innombrables. Les apparences sont souvent trompeuses, sans compter que le Très-Haut éprouve la fidélité des hommes en leur imposant des peines difficiles à appliquer… wa Allâh A’lâm !
L’anecdote la plus éloquente sur le sujet est celle des deux bédouins qui se présentèrent au Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) afin qu’il tranche entre eux sur une affaire d’adultère dans laquelle étaient impliqués le fils de l’un et la femme de l’autre. L’un d’eux, qui semblait plus cultivé, pria au Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) de juger entre eux par le Livre d’Allâh. « Je vais juger entre vous par le Livre d’Allâh, répondit-il » Il ordonna ensuite de fouetter le coupable qui n’était pas marié et de l’expulser un an, en sachant qu’il n’est pas fait mention de la sanction d’expulsion dans le Coran. Quant à la femme, elle avoua son crime et fut lapidée. [5]
Ibn Hajar el-‘Asqalânî et e-Nawawî avant lui, pour ne citer qu’eux, relèvent que la lapidation est légitimée à l’unanimité des savants musulmans. Ainsi, votre position rejoint celle de certains kharijites et mu’tazilites (qui retrouvent à notre époque leurs heures de gloire par le biais des néo-rationalistes, à la grande joie des orientalistes !) qui ne reconnaissent pas son statut sous prétexte que le Coran n’en fait pas mention. [6] Tiens, comme les jours se ressemblent ! Est-ce un hasard… Ainsi, la loi prévoit la lapidation pour l’homme ou la femme marié et la peine du fouet pour l’homme ou la femme célibataire. [7] Je ne veux pas ici nourrir les débats entre les savants sur certains détails, mais il faut savoir en gros que la lapidation est établie par le Coran, la Sounnah du prophète, celle des quatre khalifes et le consensus des savants musulmans.
Le Calife ‘Oumar était un inspiré. Il donne l’impression de s’adresser à vous lorsqu’il dit du haut de son minbar : « Allâh envoya Mohammed en toute vérité. Il lui a révélé notamment le Verset de la lapidation. Nous l’avons lu et bien assimilé. Nous avons également appliqué la lapidation après sa mort. J’ai bien peur qu’avec le temps quelqu’un dise : « Nous ne trouvons pas la lapidation dans le Livre d’Allâh », et qu’il s’égare ainsi pour avoir délaissé un commandement révélé par Allâh. La lapidation est une vérité dans le Livre d’Allah le Très-Haut contre l’homme ou la femme marié qui a commis l’adultère ; à condition d’en apporter la preuve ou qu’il y ait eu une grossesse ou un aveu. » [8] Voici le Verset dont l’énoncé fut abrogé et que rapportent certaines annales suspectes [9] : (L’homme âgé ou la femme âgée lapidez-les jusqu’à ce que mort s’ensuive). [10] Selon une autre hypothèse, qui ne va vraiment dans le sens de votre thèse, la sentence n’est pas explicitement évoquée dans le Coran, qui nous commande toutefois d’obéir à celui sur lequel il fut révélé. [11] Le quatrième Calife, pour sa part, avait bien compris la chose. C’est pourquoi il fit fouetter une femme adultère un jeudi, et lapider un vendredi. Lorsqu’il dut s’expliquer sur la chose, il confia qu’elle fut fouettée selon le Livre d’Allâh et lapidée selon la Sounnah du Messager d’Allâh. [12]
Ensuite, vous dites : « La Sourate « les femmes » (Sourate 4, Verset 15) prévoit qu’une femme convaincue d’adultère soit « enfermée dans une maison jusqu’à sa mort, à moins que Dieu ne lui offre un moyen de salut ». Cependant, la Révélation s’est déroulée sur 23 ans. Des Versets plus précis sur cette question de l’adultère par exemple sont venus après celui compris dans la Sourate des femmes (qui prévoit l’enfermement ; NDLR). L’inscription dans le temps de la Révélation à permis de développer ce que les savants musulmans appellent « la science de l’abrogation ». Ainsi, la recommandation de l’enfermement a été abrogée par un Verset de la Sourate de la lumière qui recommande de châtier les adultères par le fouet. Lorsqu’il a reçu ce Verset, le Prophète a dit « voilà l’issue offerte par Dieu aux femmes adultères dans la Sourate plus ancienne ».
Il y a plusieurs remarques à faire sur ce passage. La première qui vient à l’esprit, c’est qu’apparemment, vous n’êtes pas offusqué par l’enfermement de la femme convaincue d’adultère jusqu’à sa mort et par la peine de fouet puisque le Coran en parle. N’avez-vous pas peur de choquer ainsi les Occidentaux ? En revanche, comme nous le verrons plus loin, vous ne faites pas la différence entre les peines corporelles prescrites par le Coran et celles qui y sont inexistantes en leur apposant sans distinction un « non » catégorique. Vous êtes en effet : « personnellement opposé à l’application aujourd’hui des peines corporelles, du fouet à la lapidation en passant par l’ablation des membres, etc. » Alors pourquoi toute cette polémique sur la légitimité de la lapidation en regard des textes scripturaires de l’Islam.
Autre remarque, la plupart des textes que les dissidents à la Révélation utilisent en leur faveur se retournent contre eux. [13] C’est normal, me direz-vous, car, comme nous l’avons souligné auparavant, les égarés de toutes confessions, s’appuient généralement sur des arguments ambigus au détriment des arguments formels, trahissant ainsi qu’ils sont plus animés par les passions que par la recherche de la vérité. [14] Ce manque de bonne foi ou, pour le moins, ce manque de rigueur les fait sombrer dans les contradictions les plus aberrantes. Ainsi, ici vous donnez foi aux paroles du Prophète qui prévient que le v. 4 de la sourate les femmes est abrogé, alors que le hadîth sur le sujet est simplement rapporté par Muslim. [15] En revanche, vous ne donnez pas foi à plusieurs hadîth que s’accordent à rapporter el Bukhârî et Muslim et qui ne font qu’enrichir une loi existante ; ce qui en soi est plus concevable que l’abrogation d’une loi… c’est sans commentaire !
Pire, vous omettez de dire que l’issue offerte par Dieu aux femmes adultères ne porte pas uniquement sur l’abrogation du verset en question par le v. 2 de la sourate la lumière, et qui prescrit de châtier les adultères au fouet. Il s’agit également d’apporter une nouvelle loi disant qu’il faille lapider la femme adultère mariée. En cela, le v. 2 de la sourate la lumière, n’a pas pour vocation d’abroger un autre Verset. Il ne fait que spécifier que le fouet concerne la femme célibataire indépendamment de la femme mariée comme le souligne pertinemment Ibn Hajar. [16] Voilà ce que le hadîth en question révèle. Selon ‘Oubâda ibn e-Sâmit, le Messager d’Allâh a dit : « Prenez de moi, prenez de moi ! Allâh leur a offert une issue. Pour l’homme vierge avec la femme vierge, il est prévu cent coups de fouet et l’expulsion d’un an, et pour l’homme marié avec la femme mariée, cent coups de fouet et la lapidation. » Est-ce un manque de bonne foi ! Je n’en suis pas sûre, car certains manuscrits de sahîh Muslim ne font pas mention du passage en gras…
Notes
[1] Certains orientalistes ont vainement cherché à dénigrer la valeur historique du corpus des hadîth, mais Allâh n’entend que préserver sa religion, comme le formule le Verset : Certes, Nous avons descendu le Rappel, et il Nous incombe de le garder [el-hijr ; 9].
[2] Ce hadîth est rapporté par el Bukhârî (6815, 6825) et Muslim (4396). Cette histoire prouve que la lapidation ne s’applique pas uniquement sur les femmes, contrairement à ce que laissent entendre les détracteurs de la dernière religion révélée aux hommes.
[3] Rapporté par Muslim (4406).
[4] Rapporté par Muslim (4408).
[5] Rapporté par el Bukhârî (6827, 6828) et Muslim (4410).
[6] Voir : sharh sahîh Muslim d’e-Nawawî (11/189) et Fath el-Bârî (15/602).
[7] Certains font la distinction entre la fornication qui concerne l’homme ou la femme célibataire et l’adultère qui concerne l’homme ou la femme marié.
[8] Rapporté par el-Bukhârî (6830) et Muslim (4394).
[9] Voir e-sounan el-koubra de Nassâ-î (4/7156).
[10] Ce Verset aurait été intégré au départ dans la sourate les coalisés ; voir : sharh sahîh Muslim (11/192), Fath el-Bârî (15/635) et subûl e-salâm de San’ânî (7/108).
[11] Voir : Fath el-Bârî (15/635).
[12] Voir : Fath el-Bârî (15/605-606) ; cette annale est en partie rapportée par el Bukhârî (6812) ; elle est également rapportée par e-Daraqutnî (3/123-124) et e-Nassâ-î dans e-sunan el-koubra (4/269-270).
[13] Voir : el-Jawâb e-Sahîh li man baddala din el-Massîh (1/104-105).
[14] Voir notamment : El-Jawâb e-Sahîh li man baddala din el-Massîh (2/710) et majmû’ el fatâwa (3/62-63).
[15] Voir : Muslim (4390, 4391, 3392).
[16] Voir : Fath el-Bârî (15/606-607).
Source : http://www.manhajulhaqq.com/spip.php?article528
mardi 10 février 2009
Le statut de la raison dans le Coran et la Sunna
Le statut de la raison dans le Coran et la Sunna
… Nous abordons maintenant la question de la raison dans la Tradition (Hadîth) du Prophète (saws) et des Imâms (as), car cette Tradition élargit les perspectives ouvertes par le Coran et mettent l’accent sur les particularités de la raison et son dynamisme dans la vie de l’homme. Cela nous conduit à une conclusion définitive, à savoir que la raison est le fondement de la totalité de l’Islam. L’homme est raison dans la mesure où celle-ci représente, de par son essence, le sens de l’homme. L’Islam est raison puisqu'Allah, à Lui la Grandeur et la Gloire, l’a décrétée dans ses Livres et l’a inspirée à Son Prophète (saws) dans tous ses concepts et ses lois, à partir de la rationalité de l’Islam qui doit être comprise par les hommes. Comment se présente la raison dans le Coran ?
Les usages coraniques de la notion de raison
Il convient ici de donner une idée claire du mot ou du terme « raison ». Ce terme s’utilise dans divers contextes. Pour les moralistes, ce terme signifie l’instinct qui est à l’intérieur de l’homme. Si nous remplaçons cette expression par une autre, on peut dire que la raison est l’énergie emmagasinée dans l’essence de l’homme et qui permet à l’homme de s’approprier, dans ses contemplations et dans tout ce qui l’entoure, un dynamisme qui produit l’idée et la comprend. C’est en cela que consiste la différence entre l’homme et l’animal. L’homme possède cette énergie sacrée -comme le disent certains penseurs- qui lui permet de s’ouvrir à la vie toute entière, à la réalité toute entière et à l’univers tout entier, dans un processus d’inspiration et de génération.
La raison s’inspire de ce qu’elle voit, de ce qu’elle entend et de ce qu’elle sent. En même temps, elle en produit l’idée, alors que l’animal ne possède pas cette capacité. Les images peuvent s’imprimer dans la tête de l’animal. Il peut agir suite à l’entraînement, mais il ne peut pas produire une pensée ou s’approprier une idée par inspiration. Tout ce qu’il possède est un instinct figé en-soi, mais qui se meut dans la mesure où les autres le mettent en mouvement dans un cadre particulier. Voilà ce qui est l’origine ou le fondement du terme « raison ». Mais le terme peut être utilisé pour désigner les idées évidentes ou nécessaires qui sont accessibles même à l’enfant pourvu de discernement, comme lorsqu’on dit que le « tout » est plus grand que la partie, que la chose au nombre de ‘un’ est différente de la chose au nombre de ‘deux’, ou que la chose au nombre de ‘un’ ne peut pas se trouver dans deux endroits différents.
Ainsi naît la question des ‘intelligibles’ qui sont considérés comme étant les fondements de la pensée, comme les propositions : ‘les deux contraires ne se réunissent pas’, ou ‘les deux contraires ne se réunissent pas au niveau d’un seul et même objet et d’un seul et même moment’, parmi d’autres propositions nécessaires dont parlent les logiciens et les philosophes. Le terme ‘raison’ peut être utilisé pour désigner aussi cette science qui est accessible à l’être humain vivant dès ses premiers contacts avec la réalité ambiante. Il s’utilise aussi pour désigner les expériences et les connaissances de l’homme. Nous savons, en effet que l’expérience est l’une des sources de la connaissance. Cela a été découvert par l’homme et les savants musulmans ont eu le privilège de le transporter en Occident qui l’a utilisé pour faire progresser son propre mouvement scientifique qui était basé sur les philosophies contemplatives précédentes. L’Occident a ainsi pu réactiver l’expérience et s’en inspirer pour découvrir les secrets des choses, les secrets de la vie et les secrets de l’homme.
Le progrès réalisé par l’Occident est, peut-être, le fruit de l’union de l’expérience et de la contemplation, union qui a donné naissance à la raison expérimentale, car plus il expérimente, l’homme devient plus conscient et plus capable de connaître les choses par son intelligence. L’expérience fournit l’idée à l’homme ainsi que le fondement réel de l’idée. Il existe à ce propos un adage populaire qui dit : « Renseigne-toi auprès d’une personne expérimentée et ne te renseigne pas auprès d’une personne sage », du fait que l’homme qui vit l’expérience tient l’idée à partir de ses fondements, alors que la personne sage est la personne cultivée et instruite tiennent l’idée à partir des expériences des autres. On peut nuancer l’idée sous-tendue par cet adage populaire à l’aide de l’exemple suivant : Si nous prenons une personne qui vient d’avoir son diplôme d’architecte et un maçon qui pratique son travail en tant que tel depuis vingt ans, nous constatons que celui-ci connaît mieux la terre et la construction sur cette terre que l’architecte qui a tenu l’idée à partir des personnes du même genre que le moisson, alors que notre maçon a lui-même vécu l’expérience et il est dans son pouvoir d’approfondir l’expérience de celui qui a étudié l’art architectural… Il en est de même dans le domaine de l’agriculture où l’agriculteur qui passe 30 ou 40 ans à cultiver la terre possède plus d’expérience qu’un diplômé de la faculté d’agriculture. La raison expérimentale est donc la raison de l’homme et on a dit que les expériences sont une raison nouvelle en plus ou une raison en continuation.
Le quatrième sens qu’on donne au terme ‘raison’ se représente dans la raison pratique. L’homme s’affirme en tant qu’homme lorsqu’il vit cette raison à travers la contemplation et l’expérience, ce qui lui permet de distinguer le vrai et le faux, le beau et le laid. Après cela vient le rôle de la dimension pratique qui conduit l’esprit à appliquer ce dont il a eu connaissance. La personne sage est celle qui, constatant qu’une chose est mauvaise, l’évite, et constatant qu’une chose est bonne la recherche. Une telle personne est considérée comme appartenant à la catégorie des personnes sages. Quant à la personne qui sait qu’une chose est mauvaise sans que cela ne l’empêche de l’éviter, elle le fait parce qu’elle se laisse conduire par ses désirs et ses passions et, de ce fait, elle n’est pas considérée comme appartenant à la catégorie des personnes sages, même si elle connaît les choses par sa pensée. Cette personne ne se conduit pas rationnellement au niveau de son action et de ses comportements.
Le premier fondement de cette classification repose sur la création de l’homme par Allah, à Lui la Grandeur et la Gloire, qui a déposé en lui les potentialités qui tendent à se développer, à progresser, à se mouvoir et à produire. En se conduisant, l’homme se conduit à partir de la lecture qu’il fait des autres et à partir des lectures que les autres ont en fondé la pensée, à travers leurs expériences, ou à travers la volonté spontanée dirigée par la raison de l’homme dans le sens de sa vie.
La raison, une énergie qui englobe la vie
Tout ce mouvement trouve son origine dans l’énergie de la raison, car cette énergie n’est pas une énergie fermée, mais une énergie ouverte à la contemplation et à l’expérience, et ouverte également à la dimension pratique. La raison représente une énergie dynamique qui englobe toute la réalité de l’homme. A la lumière de tout cela, je considère que la raison est l’argument de Allah auprès de ses serviteurs. Allah argue à partir de cette énergie rationnelle qu’Il a déposée dans l’existence des serviteurs. Certains se posent des questions au sujet de ceux qui n’ont pas reçu un révélation divine, comme c’est le cas de ceux qui vivent dans les régions primitives et inconnues du monde et qui n’ont pas reçu la culture ou les religions ou l’Appel : Comment ces gens-là qu’on classe dans la catégorie des ignorants, des faillibles ou des inconscients, seront-ils jugés par Allah ? Comment les juger et leur demander de rendre des comptes parce qu’ils n’ont pas adhéré à l’Islam, alors qu’ils ne possèdent pas les moyens de l’enseignement et de l’Appel. Certains répondent en disant qu'Allah les juge à partir de ce que leurs raisons saisissent. Il y a dans la raison quelque chose qui brille, qui rayonne et qui éclaire, pour l’homme, une idée déterminée qui rencontre certains éléments de la doctrine comme, par exemple, la croyance à l’unicité divine qui est ((La prime nature selon laquelle Allah a instauré les humains)) (Coran XXX, 30). Allah punit donc l’homme, ou le récompense selon ce qu’il saisit grâce à sa raison parmi les choses qu’il ne peut pas connaître par les moyens dont disposent les humains qui vivent dans d’autres régions. La raison est donc le fondement et nous verrons, si Allah le veut, dans les textes auxquelles nous nous référerons, qu'Allah récompense l’homme selon sa raison et punit l’homme selon sa raison. Mais il est à savoir que la quantité de la récompense ou de la punition n’est pas équivalente à la taille de l’action, mais à la taille de la conscience qu’on a de l’action.
La raison est le fondement de la connaissance et de la doctrine
D’où nous disons que la raison est ce qui gère toutes les affaires de l’homme. C’est par la raison que nous prouvons l’existence d'Allah. C’est par la raison que nous saisissons la prophétie du Prophète (saws) à travers les preuves qu’il met à la disposition de notre pensée. Même la question de l’imâmat, quant à la nature de sa nécessité, est saisissable par la raison, même si la détermination de la personne de l’Imâm se fait par référence au Texte. C’est aussi par la raison que nous saisissons l’Invisible (gheyb), car la raison ne saisit pas les choses à travers leurs seuls aspects sensibles, mais aussi à travers la possibilité et l’impossibilité. Elle analyse les choses pour aboutir à des conclusions comme ‘le polythéisme est faux’ du fait que cette proposition est impliquée par des preuves. Si l’on pose la question : « le Paradis et l’Enfer existent-ils ? » ou « l’Autre monde existe-t-il ou non ? », la raison nous répond tout d’abord que l’Autre monde est possible, puis elle examine les preuves pour aboutir à la conclusion pour laquelle l’Autre monde est ce qui justifie l’existence de la responsabilité dans le système humain créé par Allah, chose qui peut nous être suggérée par le Noble Verset qui dit : ((Pensez-vous que Nous vous ayons créés en pure gratuité, et que de vous-mêmes il ne Nous fût pas fait retour ?)) (Coran XXIII, 115), la gratuité étant impossible s’agissant de Allah, le Très-Haut.
Nous pensons également que les savants contemporains ne disent pas d’ordinaire de la chose qui fait l’objet de leur recherche qu’elle est impossible. Ils disent plutôt qu’elle est possible, mais qu’il faut chercher pour savoir si le possible est ou n’est pas réel. C’est pour cette raison qu’ils ont évolué. Ibn Sînâ (Avicenne) a dit à ce propos : « Laisse tout ce que tu entends dans le coin de la possibilité jusqu’au moment où il te sera prouvé par l’argument clair ». Toute chose est donc possible, mais s’il nous est péremptoirement prouvé qu’elle est, sous un aspect ou un autre, impossible, nous disons alors qu’elle est impossible. Mais la coutume en vigueur dans nos sociétés en Orient veut que nous disions que cette chose est intelligible ou inintelligible, au point que certains intellectuels te disent lorsque tu leur parles des djinns, que c’est inintelligible. Lorsque tu leur parles de l’Autre monde, ils te disent que c’est inintelligible et mettent cela dans le rang des légendes. Mais nous savons que l’homme dit d’une chose qu’elle est inintelligible rien que parce qu’elle ne lui est pas familière. Cependant la différence est très grande, pour une chose, entre le fait de ne pas être familière et le fait de ne pas être intelligible.
Nous disons donc à ce propos qu’il n’est pas familier pour les hommes dans notre vie de côtoyer les djinns, mais qu’il est rationnellement possible que des créatures s’appelant ‘djinns’ ou d’autres créatures existent bel et bien. L’homme a maintenant découvert beaucoup de microbes invisibles à l’œil nu et beaucoup de choses dont nous ne sentions pas l’existence.
La méthode rationnelle, une voie qui permet d’évoluer
C’est cette méthode de réflexion qui fait évoluer la pensée et élever la raison, car la raison peut élever l’homme aux plus hauts degrés. Lorsque tu te poses une question et tu l’abordes par la contemplation ou par l’expérience, tu te mets à chercher des conclusions prévues ou imprévues. Mais si tu commences par donner des réponses préétablies en disant que c’est inintelligible, il est alors normal que tu te figes et que tu te retrouves dans une situation ne te permettant pas de faire évoluer ta réalité. Cela peut se refléter non seulement au niveau de l’aspect en relation avec la connaissance ou la science, mais aussi au niveau de toutes les dimensions sociales et politiques aussi bien que même au niveau personnel et pratique. Tu as maintenant des aspirations ou des ambitions données et tu en parles. D’autres te disent qu’elles sont impossibles ou inintelligibles et, toi-même, tu ne t’es même pas posé la question de savoir si c’est possible ou impossible.
Cela arrive souvent dans les affaires politiques pour conduire à la sclérose de peuples entiers suite à ce genre de réflexion pour lequel telle ou telle réalité est impossible à changer dans la mesure où l’homme ne s’investit pas dans des affaires impossibles. Cela est présent aussi sur le plan social. Beaucoup de problèmes sont responsables du retard de nos sociétés, comme les mentalités tribales, certaines traditions sociales fondées sur des légendes et certaines autres traditions religieuses fondées sur des mythes. La sclérose a continué d’exister à cause de ces idées préétablies pour lesquelles rien n’est utile ou personne n’accepterait le changement. Les idées préétablies pour lesquelles telles ou telles choses sont impossibles sont responsables de la sclérose de la raison dans beaucoup de régions en Orient et même dans les régions musulmanes.
Pour tout cela, nous disons qu’il nous est indispensable de faire évoluer cette question de la raison, pour faire en sorte que notre culture soit fondée sur la raison à la maison et à l’école, dans le commerce et dans l’économie, dans la politique et au niveau des instances scientifiques. Nous devons agir pour que la raison soit elle-même la culture.
La mentalité fondée sur l’Invisible
Nous trouvons dans ce domaine certaines idées pour lesquelles la raison n’a aucune valeur en comparaison avec la Loi, ou que la raison n’a pas de valeur du point de vue de la religion, en général, ou de l’Islam, en particulier. Ces idées semblent vouloir dire que la raison c’est renier l’Invisible qui est le fondement même de la religion. Mais ces idées prouvent qu’elles ne sont pas assez conscientes de la question de la raison en Islam. En ce qui concerne la question de l’Invisible, la raison nous dit que tout ce dont parlent les religions comme l’existence d’un monde autre que le nôtre, comme le Paradis et l’Enfer, comme le châtiment et la récompense, est possible. La raison affirme la possibilité de l’existence de l’Invisible. Quant à la présence effective des réalités Invisibles dans la conscience, elle est en relation avec l’expérience personnelle et nous la connaissons seulement à travers les déclarations de la personnes impliquée qui est la seule à pouvoir nous donner une idée nous permettant de constater sa sincérité.
Mais il est vrai qu’une autre mentalité existe bel et bien et, de plus, elle est devenue active ou influente. Ses tenants tentent de tout expliquer par l’Invisible et répondent à toute question qu’ils croient à l’Invisible. Il est vrai que nous aussi, nous croyons à l’Invisible. Mais Allah, à Lui la grandeur et la Gloire, n’a pas fondé le système de l’univers et de l’homme sur l’Invisible. Tout phénomène parmi ceux de l’univers est régi par des lois que l’homme est capable de les découvrir. De même, tout phénomène humain est soumis à une loi que l’homme est en mesure de découvrir. Allah, à Lui la grandeur et la Gloire, n’a donc pas soumis toutes les dimensions de la vie sur l’Invisible. Il existe en effet un Invisible qu'Allah le garde inconnu même par les prophètes (que la paix soit sur eux), et cela est exprimé par l’allocution du prophète Nûh (Noé) (as) dans le Noble verset qui dit : ((Je ne me vante pas auprès de vous de détenir les trésors de Dieu. Je n’ai de l’Invisible nulle connaissance)) (Coran XI, 31). Et il y a un Invisible qu'Allah, le Très-Haut, livre aux prophètes (p) selon le besoin qu’ils en ont pour la transmission de leurs messages, et cela est exprimé par la parole d'Allah dans le Noble Verset qui dit : ((Cela fait partie des histoires de l’Invisible que Nous te révélons)) (Coran XII, 102).
Il est donc faux de tout expliquer par l’Invisible. Si certaines personnes se voient atteintes d’une maladie comme l’épilepsie, nous est-il alors permis de l’expliquer à partir de l’Invisible ? Il en de même pour beaucoup d’affaires comme les victoires
et les défaites dans les guerres. On entend souvent dire qu’un homme monté sur un cheval blanc s’est présenté et qu’il a fait tel ou tel exploit guerrier. Il est vrai qu’un tel événement est arrivé à la bataille de Badr qui s’est déroulée entre les Musulmans et les Polythéistes. Allah, le Très-Haut, nous a parlé de cet événement Invisible et Il l’a permis pour empêcher les Polythéistes de supprimer l’Islam. Mais à la bataille de Uhud, les choses ont suivi l’ordre militaire. Les Musulmans ont été vainqueurs au début de la bataille parce qu’ils ont respecté les règles militaires pour défendre leurs positions. Mais ils ont été vaincus à la fin de la bataille parce qu’ils se sont détournés de ces règles militaires en laissant leurs positions sans défense. Allah, à Lui la grandeur et la Gloire, a révélé dans la Sourate ‘Âl ‘Imrân’ (la Famille de ‘Imrân) plusieurs Versets qui critiquent la conduite qui a causé la défaite des Musulmans. Nous disons que l’Invisible est vrai. La foi en l’Invisible fait partie de nos doctrines. Mais la foi en l’Invisible doit être fondée sur la règle de la raison qui reconnaît sa possibilité, et sur le texte véridique tel qu’il est révélé effectivement au Prophète (saws).
Source : http://francais.bayynat.org.lb/Doctrine/03032007.htm
lundi 5 janvier 2009
Achoura : Le jour où le sang vainquit le sabre !
Achoura : Le jour où le sang vainquit le sabre !
بسم الله الرحمن الرحيم
ذلك ومن يعظّم شعائرالله فانها من تقوى القلوب
صدق الله العلي العظيم
كما اختار الله ارض كربلاء لتكون محلا ، فقد اختار شهر محرم ليكون شهر
شهادة ( سيد الشهداء وابي الاحرار الامام الحسين عليه السلام ) .
لذلك ترى المسلمين في انحاء العالم يستقبلون هذا الشهر وقلوبهم
مشدودة اليه ، لانهم يعيشون فيه قيم امامهم عليه السلام ويقتبسون من
دروسه النبوية .
ان احياء عاشوراء الامام الحسين عليه السلام احياء لشعائر الدين ،
وتجديد لولاء الامة لنبيها (صلى الله عليه واله) واهل بيته الطاهرين عليهم
السلام ، فعلينا ان نوسع احياءها لتشمل كل فئات المجتمع، ونرفع مستوى
ادائنا لها لتكون متناسبة مع اهداف صاحب الذكرى ، لائقة بمقامه العظيم
صلوات الله عليه .
لقد اثبتت الايام ان جماهيرنا عميقة الايمان بهذه الشعائر ، متمسكة
باحيائها ، وان وقوف الظالمين في وجهها ، وكل جهودهم لمنعها ، لم تزدها
الا استمرارا واتساعا وترسيخا ، ونرها تتعاظم كل عام وتؤتي ثمارها كل حين
.
وقد لاحظنا ولاحظ العالم انه في اول مناسبة ( زيارة الاربعين ) بعد
ان ازاح الله كابوس الظلم ومعاداة القيم ، انطلقت ملايننا المؤمنة في
عراقنا العظيم قاصدة كربلاء المقدسة بصورة لم يسبق لها نظير ، معبرة عن
ولائها للامام الحسين صلوات الله عليه ، والقيم الاسلامية والانسانية التي
جسدها ، واراق دمه الطاهر بهذا الثرى في سبيلها مما انعكس على وسائل
الاعلام العالمية وادهش شعوب العالم واثار تعجبهم واعجابهم .
وهكذا تواصلت هذه الجذوة الحسينية في الاعوام التالية وفي اشد الظروف
متحدية رصاص المجرمين ومتفجراتهم واثبتت انه لن يثنيها خطر ولا مجرمون عن
مواصلة احياء هذه الشعائر المقدسة واعلان ولائها لاهل بيت العصمة والطهارة
عليهم السلام.
وبهذا صرحت عقيلة الطالبيين زينب الكبرى ابنة امير المؤمنين عليه
السلام حينما خاطبت طاغية زمانها : فكد كيدك واسع سعيك وناصب جندك فو
الله لا تمح ذكرنا ولا تميت وحينا ....
Ziyârat 'Âchourâ'
اَلسَّلامُ عَلَيْكَ يا اَبا عَبْدِاللهِ
Essalâmu
‘aleyka yâ Abâ ‘Abdillâh
Que le salut soit
soit sur toi, ô Abâ ‘Abdillah
اَلسَّلامُ
عَلَيْكَ يَا
بْنَ رَسُولِ
اللهِ
Essalâmu ‘aleyka ya-bna Rasûlillâh
Que le salut soit soit sur toi, ô fils de l’Envoyé d’Allah,
اَلسَّلامُ
عَلَيْكَ يَا
بْنَ اَميرِ
الْمُؤْمِنينَ
وَابْنَ
سَيِّدِ
الْوَصِيّينَ
Essalâmu
‘aleyka ya-bna Amîr-ul-mu’minîn wa-bna
Seyyid-il-waçiyyîn
Que le salut soit
sur toi, ô fils du Prince des croyants et du Maître des Exécuteurs Testamentaires
اَلسَّلامُ
عَلَيْكَ يَا
بْنَ
فاطِمَةَ سَيِّدَةِ
نِساءِ
الْعالَمينَ
Essalâmu
‘aleyka ya-bna Fâtimata, Seyyidati
nisâ’-il-‘âlamîn
Que le salut soit sur toi, ô fils de Fâtimah, Maîtresse des femmes des mondes
اَلسَّلامُ
عَلَيْكَ يا
ثارَ اللهِ
وَابْنَ
ثارِهِ
وَالْوِتْرَ
الْمَوْتُورَ
Essalâmu
‘aleyka yâ thârallâh wa-bna thârihi
wa-l-witra-l-mawtûr
Que le salut soit
sur toi, ô «vengeance» d'Allah et fils de Sa «Vengeance»! Paix sur toi, o
vengeance et revendicateur de vengeance !
اَلسَّلامُ
عَلَيْكَ
وَعَلَى الاْرْواحِ
الَّتي
حَلَّتْ
بِفِنائِكَ
Essalâmu
‘aleyka wa ‘ala-l-arwâh-il-latî hallat
bi-finâ’ik
Que la paix soit
sur toi et sur les âmes qui demeurent en ton seuil
عَلَيْكُمْ
مِنّي
جَميعاً
سَلامُ اللهِ
اَبَداً ما
بَقيتُ
وَبَقِيَ
اللَّيْلُ
وَالنَّهارُ
‘Aleykum minnî jamî‘an salâmullâhi
abadan mâ baqîtu wa baqiya-l-leylu wan-nahâr
Que
le salut d’Allah soit, de ma part sur vous tous pour
toujours, tant que j’existe et que durent la nuit et le jour
يا اَبا عَبْدِاللهِ لَقَدْ عَظُمَتِ الرَّزِيَّةُ وَجَلَّتْ وَعَظُمَتِ الْمُصيبَةُ بِكَ عَلَيْنا وَعَلى جَميعِ اَهْلِ الاْسْلامِ
Yâ Abâ
‘Abdillâh! laqad ‘adhumat-ir-raziyyatu
wa jellet wa ‘adhumat-il-muçibatu bika
‘aleynâ wa ‘alâ jamî‘i ahli-l-islâm
O
Abâ’Abdillah, le malheur de ta perte est immense et cette épreuve est
terrible et difficile à supporter pour nous et pour tous les gens de
l’Islam
وَجَلَّتْ
وَعَظُمَتْ
مُصيبَتُكَ
فِي السَّماواتِ
عَلى جَميعِ
اَهْلِ
السَّماواتِ
Wa jellet
wa ‘adhumat muçîbatuka fi-s-samâwâti ‘alâ
jamî‘i ahli-s-samâwât
le malheur de ta
perte est immense et cette épreuve est terrible et difficile à supporter
également pour les gens des cieux
فَلَعَنَ
اللهُ
اُمَّةً
اَسَّسَتْ
اَساسَ الظُّلْمِ
وَالْجَوْرِ
عَلَيْكُمْ
اَهْلَ
الْبَيْتِ
Fa-la‘an-Allâhu
ummatan assasat asâs-adh-dhulmi wa-l-jawri
‘aleykum Ahl-el-Beyt
Qu’Allah
maudisse donc un peuple qui a édifié les fondements de l’injustice et de
l’oppression sur vous, les Ahl-el-Beyt
وَلَعَنَ
اللهُ
اُمَّةً
دَفَعَتْكُمْ
عَنْ
مَقامِكُمْ
وَاَزالَتْكُمْ
عَنْ مَراتِبِكُمُ
الَّتي
رَتَّبَكُمُ
اللهُ فيها
Wa
la‘an-Allâhu ummatan dafa‘at-kum ‘an maqâmikum wa azâlatkum
‘an marâtibikum-ullatî rattabakum-ullâhu fîhâ
Qu’Allah
maudisse un peuple qui vous a écartés de votre position et vous a confisqué les
rangs dans lesquels Allah vous avait placés
وَلَعَنَ
اللهُ
اُمَّةً
قَتَلَتْكُمْ
وَلَعَنَ
اللهُ
الْمُمَهِّدينَ
لَهُمْ بِالَّتمْكينِ
مِنْ
قِتالِكُمْ
Wa
la‘an-Allâhu ummatan qatalatkum wa
la‘ana-llâhu-l-mumahhidîna lahum bi-t-tamkîni min
qitâlikum
Qu’Allah
maudisse un peuple qui vous a assassinés et qu’Il maudisse ceux qui lui
ont préparé le terrain pour vous combattre
بَرِئْتُ
اِلَى اللهِ
وَاِلَيْكُمْ
مِنْهُمْ
وَمِنْ
اَشْياعِهِمْ
وَاَتْباعِهِمْ
وَاَوْلِيائِهِم
Bari’tu
ila-llâhi wa ileykum minhum wa
achyâ‘ihim wa atbâ‘ihim wa
awliyâ’ihim
Devant Allah et
devant vous je les désapprouve et avec eux leurs partisans, leurs adeptes et
leurs amis
يا
اَبا
عَبْدِاللهِ
اِنّي سِلْمٌ
لِمَنْ سالَمَكُمْ
وَحَرْبٌ
لِمَنْ
حارَبَكُمْ اِلى
يَوْمِ
الْقِيامَةِ
Yâ Abâ
‘Abdillâh, innî silmun li-man sâlamakum wa harbun limen hârabakum
ilâ yawmi-l-qiyâmah
O Abâ
‘Abdillâh, je suis en paix avec ceux qui sont en paix avec vous et en
guerre contre ceux qui sont en guerre contre vous, jusqu’au Jour de la
Résurrection
وَلَعَنَ
اللهُ آلَ
زِياد وَآلَ
مَرْوانَ،
وَلَعَنَ
اللهُ بَني
اُمَيَّةَ
قاطِبَةً
Wa
la‘ana-Allâhu Ziyâd wa âla Marwân
wa la‘ana-Allâhu Banî Umayyata qâtibaten
Qu’Allah maudisse les Âle Ziyâd et les Âle Marwân. Qu’allah maudisse tous les Bani Omeyyah sans exception
وَلَعَنَ اللهُ ابْنَ
مَرْجانَةَ،
وَلَعَنَ
اللهُ عُمَرَ
بْنَ سَعْدٍ،
وَلَعَنَ
اللهُ
شِمْراً
Wa
la‘an-Allâhu-bna Marjânata wa la‘ana-Allâhu
‘Umara-bna Sa‘d-in wa la‘ana-llâhu
Chimra
Qu’Allah
maudisse Ibn Marjânah. Qu’Allah maudisse Omar Ibn Sa‘d.
Qu’Allah maudisse Chimr
لَعَنَ
اللهُ
اُمَّةً
اَسْرَجَتْ
وَاَلْجَمَتْ
وَتَنَقَّبَتْ
لِقِتالِكَ
Qu’Allah
maudisse un peuple qui est monté en selle, qui a bridé ses chevaux et qui
s’est préparé en vue de te combattre
بِاَبي
اَنْتَ
وَاُمّي
لَقَدْ
عَظُمَ مُصابي
بِكَ
Bi-abî enta wa ummî laqad ‘adhuma muçâbî bika
Que mon père et ma
mère te soient sacrifiés! La peine que je ressens pour toi est immense
فَاَسْأَلُ
اللهَ الَّذي اَكْرَمَ
مَقامَكَ
وَاَكْرَمَني
اَنْ يَرْزُقَني
طَلَبَ
ثارِكَ مَعَ
اِمامٍ
مَنْصُورٍ
مِنْ اَهْلِ
بَيْتِ
مُحَمَّدٍ
صَلَّى اللهُ
عَلَيْهِ
وَآلِهِ
Fa-as’al-ullâha-llathî
akrama maqâmaka wa akramanî bika en
yarzuqanî talaba thârika ma‘a imâmin
mançûrin min Ahli-Beyti Muhammadin çallâ-Ilâhu
‘aleyhi wa âlihi
Je demande donc à
Allah, qui t’a honoré de ton rang et par toi m’a honoré,
qu’Il m’accorde la chance de te venger aux côtés d’un Imâm
victorieux descendant des Gens de la Maison de Mohammed (saws)
اَللّـهُمَّ
اجْعَلْني
عِنْدَكَ
وَجيهاً بِالْحُسَيْنِ
عَلَيْهِ
السَّلامُ
فِي الدُّنْيا
وَالاْخِرَةِ
Allâhumma-j‘alnî
‘indaka wajîhan bi-l-Huseyni
‘alayhi-s-salâmu fi-d-dunyâ wa-l- âkhira
O mon Dieu ! fasse que par (la grâce d’) el-Hussein (as) je mérite
Ta considération dans le monde ici-bas et dans l’au-delà
يا اَبا
عَبْدِاللهِ
اِنّي
اَتَقَرَّبُ
اِلى اللهِ وَ
اِلى
رَسُولِهِ
وَاِلى
اَميرِ الْمُؤْمِنينَ
وَاِلى
فاطِمَةَ
وَاِلَى الْحَسَنِ
وَاِلَيْكَ
بِمُوالاتِكَ
وَبِالْبَراءَةِ
(مِمَّنْ
قاتَلَكَ
وَنَصَبَ
لَكَ الْحَرْبَ
وَبِالْبَراءَةِ
مِمَّنْ
اَسَسَّ اَساسَ
الظُّلْمِ
وَالْجَوْرِ
عَلَيْكُمْ وَاَبْرَأُ
اِلَى اللهِ
وَاِلى
رَسُولِهِ) مِمَّنْ
اَسَسَّ
اَساسَ ذلِكَ
وَبَني عَلَيْهِ
بُنْيانَهُ
وَجَرى فِي
ظُلْمِهِ
وَجَوْرِهِ
عَلَيْكُمْ
وَعلى
اَشْياعِكُمْ
Yâ Abâ
‘Abdillâh ! Innî ataqarrabu ilâ-llâhi wa
ilâ Rasûlihi wa ilâ Amîr-il-mu’minîna
wa ilâ Fâtimata wa ilâ-l-Hasani
wa ileyka bi-muwâlâtika wa bi-l- barâ’ati
mimmen assasa asâsa thalik wa banâ
‘alayhi bunyânahu wa jarâ fi dhulmihi
wa jawrihi ‘alaykum wa ‘alâ achyâ‘ikum
O
Abâ’Abdillah, je demande à être rapproché d’Allah, de Son Envoyé,
du Commandeur des croyants (l’Imam Ali), de Fâtimah, d’el-Hassan et
de toi par mon amour pour toi et par mon rejet et mon désaveu de ceux
qui ont posé la fondation de votre tragédie et y ont bâti leur édifice et
qui ont poursuivi leur injustice et leur oppression contre vous et vos
partisans
بَرِئْتُ
اِلَى اللهِ
وَاِلَيْكُمْ
مِنْهُمْ
وَاَتَقَرَّبُ
اِلَى اللهِ
ثُمَّ اِلَيْكُمْ
بِمُوالاتِكُمْ
وَمُوالاةِ
وَلِيِّكُمْ
وَبِالْبَراءَةِ
مِنْ
اَعْدائِكُمْ
وَالنّاصِبينَ
لَكُمُ الْحَرْبَ
وَبِالْبَراءَةِ
مِنْ اَشْياعِهِمْ
وَاَتْباعِهِمْ
Bari’tu
ilâ-llâhi wa ilaykum minhum wa ataqarrabu
ilâ-llâh thumma ilaykum bi-muwâlâtikum wa
muwâlâti waliyyikum wa bi-l-barâ’ati min
a‘dâ’ikum wa-n-nâçibîna lakumu-l-harba
wa bi-l-barâ’ati min achyâ‘ihim wa
atbâ‘ihim
Je les désavoue devant Allah
et devant vous et je cherche à me rapprocher d’Allah puis de vous en vous
aimant et en aimant celui que vous aimez, par mon rejet de vos ennemis et de
ceux qui sont en guerre contre vous, et par le rejet de leurs partisans et de
leurs adeptes
اِنّي
سِلْمٌ لِمَنْ
سالَمَكُمْ
وَحَرْبٌ
لِمَنْ
حارَبَكُمْ
وَوَليٌّ
لِمَنْ
والاكُمْ
وَعَدُوٌّ
لِمَنْ عاداكُمْ
Innî
silmun limen sâlamakum wa harbun
limen hârabakum wa waliyyun limen wâlâkum
wa ‘aduwwun limen ‘âdâkum
Je suis en paix
avec quiconque est en paix avec vous et je suis en guerre contre quiconque est
en guerre contre vous, je suis l’ami de quicoque est votre ami et
l’ennemi de quiconque est votre ennemi
فَاَسْأَلُ
اللهَ الَّذي
أكْرَمَني
بِمَعْرِفَتِكُمْ
وَمَعْرِفَةِ
اَوْلِيائِكُمْ
وَرَزَقَنِي
الْبَراءَةَ
مِنْ
اَعْدائِكُمْ
اَنْ
يَجْعَلَني
مَعَكُمْ فِي
الدُّنْيا
وَالاْخِرَةِ
وَاَنْ
يُثَبِّتَ لي
عِنْدَكُمْ
قَدَمَ صِدْقٍ فِي
الدُّنْيا
وَالاْخِرَةِ
Fa-as’alu-llâha-lladhî
akramanî bi-ma‘rifatikum wa ma‘rifati
awliyâ’ikum wa razaqaniya-l-barâ’ata min
a‘dâ’ikum en yaj‘alanî ma‘akum
fi-d-duniyâ we-l-âkhirati wa en yuthabbita
lî ‘indakum qadama çidqin fi-d-dunyâ
we-l-âkhira-ti
Je demande à Allah,
qui m’a honoré de votre connaissance et de la connaissance de vos amis et
m’a inspiré le désaveu de vos ennemis, de me permettre d’être avec
vous dans le monde d’ici-bas et dans l’autre monde et d’affermir
ma sincérité fidèle envers vous dans le monde d’ici-bas et dans
l’autre monde
وَاَسْأَلُهُ
اَنْ
يُبَلِّغَنِي
الْمَقامَ الْمحْمُودَ
لَكُمْ
عِنْدَ اللهِ
وَاَنْ
يَرْزُقَني
طَلَبَ ثاري
مَعَ اِمام
هُدىً ظاهِرٍ
ناطِقٍ
بِالْحَقِّ
مِنْكُمْ
Wa
as’aluhu en yuballighaniya-l-maqâm-el-mahmûda lakum
‘inda-llâh wa en yarzuqani talaba
thârikum ma‘a imâmi hudan dhâhirin nâtiqin
bi-l-haqqi minkum
Et je Lui demande
de me faire atteindre au rang méritoire que vous avez auprès d’Allah et
de m’accorder l’occasion de réclamer votre vengeance aux côtés
d’un Imâm de guidance, issu de vous, bien-guidé, réapparaissant et
annonçant la vérité
وَاَسْألُ
اللهَ
بِحَقِّكُمْ
وَبِالشَّأنِ
الَّذي
لَكُمْ
عِنْدَهُ
اَنْ
يُعْطِيَني
بِمُصابي
بِكُمْ
اَفْضَلَ ما
يُعْطي مُصاباً
بِمُصيبَتِهِ
مُصيبَةً ما
اَعْظَمَها
وَاَعْظَمَ رَزِيَّتَها
فِي الاْسْلامِ
وَفِي جَميعِ
السَّماواتِ
وَالاْرْضِ
Wa
as’alu-llâha bi-haqqikum wa
bi-ch-cha’ni-lladhî lakum ‘indahu an yu‘tiyanî bi-muçâbî bikum afdhala
mâ yu‘ti muçâban bi-muçîbatihi
muçîbatan mâ a‘dhamahâ wa a‘dhama
raziyyatahâ fi-l-Islâmi wa fî
jamî‘i-s-samâwâti wa-l-ard
Et je demande à
Allah, par votre droit et par la haute position dont vous jouissez auprès de
Lui, de me récompenser de mon deuil de vous, la meilleure récompense
qu’Il puisse accorder à quelqu’un en deuil, car il
s’agit là d’un deuil on ne peut plus immense et dont
l’affliction on ne peut plus immense pour l’Islam et pour tous les
cieux et la terre
اَللّـهُمَّ
اجْعَلْني
فِي مَقامي
هذا مِمَّنْ
تَنالُهُ
مِنْكَ
صَلَواتٌ
وَرَحْمَةٌ وَمَغْفِرَةٌ
Allâhumma-j‘alnî
fî maqâmî hâdhâ mimman tanâluhu
minka çalawâtun wa rahmatun wa maghfira
Ô mon Dieu ! Fais
que je sois, là où je me trouve ici (en visite pieuse «ziyârah), au nombre de
ceux dont Tu combles de Prières, de Miséricorde et de Pardon
اَللّـهُمَّ اجْعَلْ مَحْيايَ مَحْيا مُحَمَّدٍ وَآلِ مُحَمَّدٍ وَمَماتي مَماتَ مُحَمَّدٍ وَآلِ مُحَمَّد
Allâhumma-j‘al mahyâya mahyâ Mohammadin wa âle Mohammadin wa mamâtî mamâta Mohammadin wa âle Mohammed
Ô mon Dieu ! fais-moi vivre et mourir de la même façon dont ont vécu et
sont morts Mohammed et la famille de Mohammed
اَللّـهُمَّ
اِنَّ هذا
يَوْمٌ
تَبَرَّكَتْ
بِهِ بَنُو
اُمَيَّةَ
وَابْنُ
آكِلَةِ الاْكبادِ
اللَّعينُ
ابْنُ
اللَّعينِ
عَلى
لِسانِكَ
وَلِسانِ
نَبِيِّكَ
صَلَّى اللهُ
عَلَيْهِ
وَآلِهِ فِي
كُلِّ
مَوْطِن
وَمَوْقِف
وَقَفَ فيهِ نَبِيُّكَ
صَلَّى اللهُ
عَلَيْهِ
وَآلِهِ
Allâhumma
inna hâdhâ yewmun tabarrakat
bihi Banû Umeyyata we-bnu âkilat-il-akbâdi-l-la‘înu-bnu-l-la‘îni
‘alâ lisânika wa lisâni Nabiyyika
çalla-llâhu ‘aleyhi wa âlihi fi kulli
mawtinin wa mawqifin waqafa fîhi
Nabiyyuka çallâ-llâhu ‘aleyhi wa âlih
Ô mon Dieu ! c’est un jour dont se sont félicités les Banû Omayyah et
le fils de la Dévoreuse de foies, le maudit fils du maudit, maudit par Ta
bouche et par la bouchne de Ton Prophète (saws) dans chaque endroit et dans
chaque demeure où s’est arrêté Ton Prophète (saws)
اَللّـهُمَّ
الْعَنْ اَبا
سُفْيانَ
وَمُعاوِيَةَ
وَيَزيدَ
ابْنَ
مُعاوِيَةَ
عَلَيْهِمْ
مِنْكَ
اللَّعْنَةُ
اَبَدَ الآبِدينَ
Allâhumma-l‘an
Abâ Sofyâna wa Mo‘âwiyata wa Yazîda-bna
Mo‘âwiya ‘aleyhim minka-l-la‘natu
abada-l-âbidîn
Ô mon Dieu ! maudis Abâ Sofyân, Mo‘âwiyah et Yazîd, fils de Mo‘âwiyah ; que Ta malédiction soit sur eux pour l’éternité
وَهذا يَوْمٌ فَرِحَتْ بِهِ آلُ زِياد وَآلُ مَرْوانَ بِقَتْلِهِمُ الْحُسَيْنَ صَلَواتُ اللهِ عَلَيْهِ
Wa
hâthâ yewmun farihat bihi âlu Ziyâd
wa âlu Marwân bi-qatlihimu-l-Huseyn
çalawâtu-llâh ‘alayh
C’est un jour où les Âle Ziyâd et les Âle Marwân se sont réjouis d’avoir assassiné el-Hussein, que les Prières d’Allah soient sur lui
اَللّـهُمَّ فَضاعِفْ عَلَيْهِمُ اللَّعْنَ مِنْكَ وَالْعَذابَ الاْليمَ
Allâhumma
fa-dhâ‘if ‘aleyhimu-l-la‘na minka
we-l-‘athâb-el-alîm
Ô mon Dieu! double donc sur eux la malédiction venant de toi et le
châtiment terrible
اَللّـهُمَّ
اِنّي
اَتَقَرَّبُ
اِلَيْكَ فِي
هذَا
الْيَوْمِ
وَفِي
مَوْقِفي هذا
وَاَيّامِ
حَياتي
بِالْبَراءَةِ
مِنْهُمْ وَاللَّعْنَةِ
عَلَيْهِمْ
وَبِالْمُوالاةِ
لِنَبِيِّكَ
وَآلِ
نَبِيِّكَ
عَلَيْهِ
وَعَلَيْهِمُ
اَلسَّلامُ
Allâhumma
innî ataqarrabu ileyka fî hâdhâ-l-yewmi wa
fî mawqifî hâthâ wa ayyâmi hayâtî
bi-l-barâ’ati minhum we-l-la‘nati ‘alayhim
wa bi-l-muwâlâti li- Nabbiyyika wa âle
Nabiyyika ‘aleyhi wa ‘aleyhimu-s-salâm
Ô mon Dieu ! je recherche Ta proximité en ce jour, dans cet endroit et pour tous les jours de ma vie, en les désavouant, en les maudissant, et en éprouvant de l’amour pour Ton Prophète et pour les membres de la famille de Ton Prophète, que la paix soit sur lui et sur eux
Puis réciter cent fois ثمّ تقول مائة مرّة :
ذلِكَ، اَللّـهُمَّ
الْعَنْ
اَوَّلَ
ظالِم ظَلَمَ
حَقَّ
مُحَمَّد
وَآلِ
مُحَمَّدٍ
وَآخِرَ
تابِعٍ لَهُ
عَلى
ذلك
Allâhumma-l‘an
awwala dhâlimin dhalama haqqa Mohammedin
wa âle Mohammed wa âkhira
tâbi‘in lahu ‘alâ dhâlika
Ô mon Dieu ! maudis le premier oppresseur qui a opprimé le bon droit de
Mohammed et des Âle Mohammed et le dernier qui l’a suivi en
cela
اَللّـهُمَّ
الْعَنِ
الْعِصابَةَ
الَّتي جاهَدَتِ
الْحُسَيْنَ عليه السلام
وَشايَعَتْ
وَبايَعَتْ
وَتابَعَتْ
عَلى
قَتْلِهِ
Allâhumma-l‘ani-l-‘içâbat-al-latî
jâhadati-l-Huseyn wa châya‘at wa bâya‘at wa
tâba‘at ‘alâ qatlihi
Ô mon Dieu ! maudis la bande qui a combattu el-Huseyn, qui s’est liguée, qui a pactisé et qui s’est compromise en vue de son assassinat
اَللّـهُمَّ
الْعَنْهُمْ
جَميعاً
Allâhumma-l‘anhum jamî‘an
Ô mon Dieu ! maudis-les tous
اَلسَّلامُ
عَلَيْكَ يا
اَبا
عَبْدِاللهِ وَعَلَى الاَْرْواحِ
الَّتي
حَلَّتْ
بِفِنائِكَ
عَلَيْكَ
مِنّي سَلامُ
اللهِ
اَبَداً ما
بَقيتُ
وَبَقِيَ
اللَّيْلُ
وَالنَّهارُ
Es-salâmu
‘aleyka yâ Abâ ‘Abdillâhi wa
‘alâ-l-arwâh-il-latî hallet bi-finâ’ika
‘alayka minnî salâmu-llâhi abaden mâ
baqîtu wa baqiya-l-leylu wen-nahâr
Que le salut soit
sur toi, ô Abâ Abdillâh, ainsi que sur les âmes qui demeurent en ton seuil. Sur
toi, de ma part, le salâm d’Allah pour toujours tant que j’existe
et que durent la nuit et le jour
وَلا
جَعَلَهُ
اللهُ آخِرَ
الْعَهْدِ
مِنّي
لِزِيارَتِكُمْ
Wa lâ
ja‘alahu-llâh âkhira-l-‘ahdi minnî li-ziyâratikum
Qu’Allah ne fasse
pas que ce soit mon dernier engagement à vous rendre visite
اَلسَّلامُ
عَلَى
الْحُسَيْنِ
وَعَلى عَلِيِّ
بْنِ
الْحُسَيْنِ
وَعَلى اَوْلادِ
الْحُسَيْنِ
وَعَلى
اَصْحابِ
الْحُسَيْنِ
Es-salâmu
‘alâ-l-Huseyn wa ‘alâ ‘Aliyyi-bni-l-Huseyn-i
wa ‘alâ awlâdi-l-Huseyn wa ‘alâ açhâbi-l-Huseyn
Que la paix soit
sur el-Huseyn, sur Ali fils d’el-Huseyn, sur les enfants
d’el-Huseyn et sur les compagnons d’el-Huseyn
Puis réciter ثمّ تقول :
اَللّـهُمَّ
خُصَّ اَنْتَ
اَوَّلَ
ظالِم بِاللَّعْنِ
مِنّي
وَابْدَأْ
بِهِ اَوَّلاً
ثُمَّ الْعَنِ
الثّانيَ
وَالثّالِثَ
وَالرّابِعَ
اَللّـهُمَّ
الْعَنْ
يَزيدَ خامِساً
وَالْعَنْ
عُبَيْدَ
اللهِ بْنَ
زِياد وَابْنَ
مَرْجانَةَ
وَعُمَرَ
بْنَ سَعْد وَشِمْراً
وَآلَ اَبي
سُفْيانَ
وَآلَ زِياد
وَآلَ
مَرْوانَ
اِلى يَوْمِ
الْقِيامَةِ
Allâhumma
khuçça enta awwala dhâlimin bi-l-la‘ni
minnî wa-bda’ bihi awwalen thumma-th-thâniya
wa-th-thâlitha wa-r-râbi‘a Allâhumma-l‘an Yazîda khâmisen wa-l‘en ‘Ubeydallâhi-bna
Ziyâd we-bna Marjâna wa ‘Umara-bna
Sa‘d wa Chimren wa âla Abî
Sofyâna wa âla Ziyâd wa âla
Marwân ilâ yawmi-l-qiyâmah
Ô mon Dieu !
Destine de ma part la malédiction sur le premier des oppresseurs et commence
par lui en premier. Puis maudis le deuxième, le troisième et le quatrième. Ô
mon Dieu !, maudis Yazîd en cinquième puis maudis ‘Ubeydallâh Ibn Ziyâd,
Ibn Marjânah, ‘Omar Ibn Sa‘d, Chimr, les Âle Abû Sofyân, les Âle
Ziyâd et les Âle Marwân jusqu’au Jour de la Résurrection
Puis
se prosterner (sujûd)
et réciter : ثمّ
تسجد وتقُول
اَللّـهُمَّ
لَكَ
الْحَمْدُ
حَمْدَ الشّاكِرينَ
لَكَ عَلى
مُصابِهِمْ
اَلْحَمْدُ للهِ
عَلى عَظيمِ رَزِيَّتي
Allâhumma
laka-l-hamdu hamda-ch-châkirîna laka ‘alâ
muçâbihim, el-hamdu li-llâhi ‘alâ ‘adhimi raziyyatî
Ô mon Dieu! louange à Toi, pareille à la louange de ceux qui Te
remercient de leur deuil. Louange à Toi pour l’immensité de mon
affliction
اَللّـهُمَّ
ارْزُقْني
شَفاعَةَ
الْحُسَيْنِ
يَوْمَ
الْوُرُودِ
وَثَبِّتْ لي
قَدَمَ صِدْق
عِنْدَكَ
مَعَ
الْحُسَيْنِ
وَاَصْحابِ
الْحُسَيْنِ
اَلَّذينَ
بَذَلُوا مُهَجَهُمْ
دُونَ
الْحُسَيْنِ
عَلَيْهِ السَّلامُ
Allâhumma-rzuqnî
chafâ‘ati-l-Huseyni yewma-l-wurûdi wa thabbit
lî qadama çidqin ‘indaka ma‘a-l-Huseyni
wa açhâbi-l-Huseyni alladhîna bathalû muhajahum dûna-l-Huseyni
‘aleyhi-s-salâm
Ô mon Dieu ! gratifie-moi de l’intercession d’el-Huseyn
le jour de l’Entrée (auprès de Toi) et affermis ma sincérité fidèle
envers Toi aux côtés d’el-Huseyn et des compagnons d’el-Huseyn,
qui ont sacrifié leur vie pour d’el-Huseyn, que la paix soit sur lui.
Enfin,
après la ziyârah faire une prière de deux rak‘ah, suivie du Du‘â’
‘Alqamah
Source : http://www.bostani.com/Moharram.htm#Ziy%C3%A2rat
vendredi 17 octobre 2008
Grand Jihad et petit Jihad
Qu'est ce que le grand Jihad et le petit Jihad ? Il nous a semblé important de dénoncer une de ces fausses notions visant à
étouffer "l'esprit du Jihad" dans la oumma et fortement propagé par
certains sites "musulmans" francophone. C'est l'idée du "Jihad
Akbar" (Grand Jihaad) et
du "Jihad Asghar" (Petit Jihad). Selon cette croyance, le fait de lutter contre les
désirs du "nefs" (de l'ego) serait considéré comme le jihad "le plus
grand", par opposition au jihad du champ de bataille qui lui serait le "petit
Jihad". En effet, l'occasion ne s'est peut être pas présentée pour ces gens (selon la
volonté d'Allah) mais le
fait est qu'ils n'ont jamais rejoint un camp de moujahidine. Dans un tel camp,
ils auraient vu le peu de luxe qui leur aurait fait sentir la différence entre
"un jour dans le camp" et "un jour dans leur université", ce lieu plein de
nourriture, de divertissement et de salles climatisées. Une simple bataille suffirait à corriger toutes leurs fausses idées sur la
question. En seulement quelques heures, le soldat peut voir des choses dont
l'horreur donnerait des cheveux gris à des enfants : bombardements, fusillades
balayant les âmes de la plupart de ses frères bien-aimé qui ont partagé avec lui
son voyage, formation, ribât (garder la première ligne) et Jihad. Quelle
serait la position de ces gens si des missiles et des obus éclateraient sur
leurs têtes et au-dessous de leurs pieds ? Quel sera leur avis sur la question
s'ils voyaient de leurs propres yeux la dispersion de bras, de pieds, et
d'intestins d'un corps saint, muni de membres bien proportionnés mais qui
devient handicapé, démembré ou paralysé à vie ? En voici d'autres : "D'après Abu Hureyrah,
on a demandé au Prophète (saws) : 'Ô
Messager d'Allah ! Quel acte pourrait être équivalent au Jihad fi sabilillah ?
' Il (saws)
répondit : "Vous n'auriez pas la force de faire cet acte" Vous souhaitez dire que ces jeunes gens sont dans un petit Jihad, tandis que
jeûner et couper son jeûne sur de délicieux repas serait un Jihad plus grand ? Le Moujahid se bat continuellement avec ses désirs qui languissent toujours pour
être accompli. Et il fait face, étant loin de sa femme et de ses enfants,
mangeant une nourriture étrange, dormant sur par terre au lieu de son lit
douillet, à beaucoup d'autres choses qui ne répondent pas à ses envies. Et une manière à laquelle le Chaytan livre ses
batailles contre les Moujahidine est - parmi d'autres - d'enflammer la passion
des incrédules et des Mouchrikoune afin qu'ils se battent de manière acharné
contre les Musulmans et affaiblissent la résolution des Musulmans ou Moujahidine
afin qu'ils soient peu disposés et effrayés de se battre contre eux : "Le Jihad du nefs et le Jihad par la richesse,
s'ils ne poussent pas à établir l'Appel à la Vérité et à se mettre debout à côté
d'elle, recommandant le bien et interdisant le mal, et à mettre sa vie et ses
biens dans le Chemin d'Allah, ce sont des Jihads déficients et inadéquats. Wallahou a3lem !
Compilé et
traduit par Al-Mourabitoune à parti des travaux d'Abu Khubeyb, d'Abu
Zubeyr ainsi que ceux d'Abu Fadl de l'excellent magazine de Nida'ul-Islam.
Les raisons données par ces gens pour faire du "Jihad contre les désirs et le Chaytan", un Jihad Akbar, sont celles-ci :
- Le champ de bataille est illimité
- La lutte se déroulera jusqu'au dernier soupir
- C'est une lutte difficile car son essence est l'homme contre lui-même
- L'ennemi est invisible et ne peut être détecté par les cinq sens
Ceci alors que dans le cas du Jihad contre les kouffar, il n'est pas
question d'un temps aussi long et d'un champ d'action aussi vaste et difficile
que celui de la lutte contre ses propres désirs. Suite à cela, le Jihad contre
les incrédules sur le champ de bataille serait considéré comme un Jihad
Asghar (c'est-à-dire un Jihad plus petit, ou moindre).
En examinant la vie de ceux qui soutiennent de telles idées, il est aisé de
comprendre d'où provient leur confusion sur la question. Ce sont souvent des
gens qui enseignent dans des universités, qui écrivent dans des magazines ou qui
donnent des conférences sur le combat et le statut de martyr mais qui ont tous
un point en commun : ils n'ont jamais participé au Jihad !
Comment ces gens peuvent-ils sentir la vraie valeur du Jihad s'ils n'ont jamais
participé à des régiments de guerre, ni n'ont mis les pieds dans ces arènes de
tumultes ?
Après avoir vécu cette expérience, il sera impossible pour eux d'oser égaliser
le jihad avec un quelconque autre moyens pacifistes de da'wah.
Mais discutons plutôt d'un point de vue scientifique sur les arguments emmené
par ces gens pour défendre leur dire.
Afin de classifier ces deux sortes de Jihad, ces gens se sont basés sur une
histoire mentionnée par El Khatib el Baghdadi dans son livre, "l'Histoire de
Bagdad", transmit par Yahya ibn el 'Ala, qui a dit :
"Leyth nous a rapporté, d'après 'Ata, d'après Abu Rabah, d'après Jabir,
que le Prophète (saws) en
revenant d'une de ses batailles leur a dit : "Nous revenons saints et saufs, nous
rentrons du Jihad Asghar (petit jihad) vers le Jihad Akbar (grand Jihad).
Les compagnons demandèrent : Ô Prophète, quel Jihad peut il être plus grand que
celui que l'ont vient d'accomplir ? Il répondit : Le Jihad (la lutte, l'effort)
d'un serviteur (d'Allah) contre ses propre désirs". [Tarikh el Baghadadi 13/49]
Ce concept, malgré le fait qu'il soit basé sur un hadith, peut être réfuté sur
plusieurs aspects, que nous vous mentionnerons ci après :
Premièrement :
Ce hadith ne peut pas être employé comme preuve légale car il est faible (si ce
n'est pas faux !).
El 'Iraqy dit dans Takhriju Ahadithil Ihya' que "El Bayhaqi a aussi mentionné
ce hadith nous provenant de Jabir et il a un Isnad da'if (chaîne de
transmission faible)" [cf Risalah Jihad, Hasan el-Banna].
Es-Souyouti a aussi prononcé un verdict de faiblesse dans son
livre : "El Jam'i es-Saghir".
Il s'avère aussi que ce hadith est faible car dans son "Sanad", il y a un
narrateur du nom de Khalaf ibn Mohammed ibn Ismail el Khiyam qui a fait qu'El
Hakim a déclarer à propos de ce récit : "Ce hadith est
incertain".
Abu Ya'la el Khalili a dit à propos de ce narrateur : "Il se trompait
souvent, était peu fiable et relatait des ahadith inconnus." [Mashariul
' eshwaq ila Masuril ' Ushshaq 1/31]
El-Hakim et Ibn Abi Zur'ah ont statué ainsi : "Nous écrivons souvent des
déclarations de Khalaf ibn Mohammed ibn Ismail que nous prenons seulement à
titre d'exemple et nous rejetons toute responsabilité venant de lui."
[Mizanul I'tidal 1/662]
On pourrait prétendre qu'un hadith da'if (faible) peut être accepté dans des
questions de piété et d'actes surérogatoire. Mais ceci est dans notre contexte
inacceptable, car nous ne croyons pas que le Jihad est un acte surérogatoire.
En effet, comment peut-il en être ainsi alors que le Messager d'Allah (saws) a dit
que l'ascétisme de sa nation se trouve dans le Jihad ?
Pire que faible, toute personne qui fait des recherches sur Yahya ibn el 'Ala el
Bajili, le narrateur de ce hadith, trouvera des éléments de sa biographie qui
lui feront abandonner cet homme en tant que rapporteur de hadith.
Ibn Hajar el 'Asqalani a dit de lui dans Et-taqrib : "Il a été accusé de
forger des Ahadith."
Dans El Mizan de l'Imam Edh-Dhahabi, ont trouve que :
Amru ibn Ali, En-Nasa'i et Ed-Daraqutni ont dit que "ce hadith doit être
rejeté" alors que Abu Hatim a dit qu' "il n'est pas un bon
narrateur" et que l'imam Ahmad Ibn Hanbal soutient que : "c'est un
menteur et un trafiqueur de Ahadith" !
Ibn Adi dit quant à lui : "Ce hadith est faux !" [Tahdhibut
Tahdhib 11/261-262]
Avis qui rejoint celui d'Ibn Teymiyyah qui a déclaré :
"Il y a un Hadith lié à un groupe de gens qui déclarent que le Prophète (saws) a dit
après la bataille de Tabuk :
' Nous sommes rentré du Jihad Asghar vers le Jihad Akbar '.
Ce hadith n'a aucune source (La Asla Laha), personne parmi les gens de
science Islamique ne l'ont relaté. Le Jihad contre les incrédules est la
plus noble des actions et c'est en plus l'action la plus importante pour
l'humanité. "
[El Furqan beyna Awliya'i-Rahman wa Awliya'i-Chaytan, pg 44-45].
Bref, ce hadith inventé est quasi le seul argument de nos coreligionnaire sur la
question. Ou plutôt non, certains emploie la "déclaration" d'un Tabi'ine du nom
de Ibrahim ibn Abi Ablah qui aurait dit à des gens revenue d'une bataille : "Vous
revenez du Jihad Asghar, est ce que le Jihad Akbar que vous avez l'intention
de faire est le Jihadul qalbi (Jihad du coeur) ?" [Siyaru A'laamin Nubala
6/325]
Daruqutni déclare que Ibrahim ibn Abi Ablah est quelqu'un de fiable en lui-même,
mais que la chaîne de transmission est rompue. [Siyaru A'laamin Nubala
6/324].
Suite à cela, la déclaration ci-dessus ne peut pas être attribuée à Ibrahim ibn
Abi Ablah à moins que la chaîne de transmission ne soit authentique. Et même
s'il serait établit que sa déclaration est vraiment valable, nous devons savoir
qu'il n'était qu'un simple être humain qui a pu se tromper et qui a pu dire de
temps à autres des choses imparfaites. Il n'était pas infaillible.
Deuxièmement :
En plus d'être faible (si ce n'est faux), ce hadith contredit de manière
explicite des versets clairs du Coran, qui placent le Jihad contre les
incrédules comme étant la meilleurs des actions après la foi.
Abdullah Yussuf Azzam (qu'Allah accepte son martyr) nous rappel dans une de
ses dernière rissala que même entretenir et visiter El Masjid el Haram n'est
pas comparable au Jihad fi sabilillah, comme cela est rapporté dans le Sahih
Mouslim a propos des causes de la révélation des versets 19 à 22 de la sourate Et-Tewba :
Ferez-vous
de la charge de donner à boire aux pèlerins et d'entretenir la Mosquée Sacrée
(des devoirs) comparables ( au mérite) de celui qui croit en Allah et au Jour
Dernier et lutte dans le sentier d'Allah ? Ils ne sont pas égaux auprès d'Allah
; et Allah ne guide pas les gens injustes. Ceux qui ont cru, qui ont émigré et
qui ont lutté par leurs biens et leurs personnes dans le sentier d'Allah ont
les plus hauts rangs auprès d'Allah... Et se sont eux les victorieux. Leur
Seigneur leur annonce de Sa part miséricorde et agrément et des jardins ou il y
aura pour eux un délice permanent Où ils demeureront éternellement. Certes, il y
a auprès d'Allah une énorme récompense
[Sourate Et-Tewba, verset 22].
Le cheikh rajoute : « La raison en est que des compagnons du Prophète furent
en désaccord entres eux quant aux actions qui, après l'imane (la foi) étaient
les meilleures aux yeux d'Allah. Certains disaient que c'était l'entretien
de la Mosquée sacrée, d'autres que c'était de donner à boire aux pèlerins et
d'autres disaient que c'était le Jihad. Les versets ci-dessus sont une réponse
définitive et claire que le jihad est meilleur que l'entretien ou la visite de
la Mosquée Sacrée, en particulier quand nous savons que la raison de le
révélation de ces versets était une dispute entre les compagnons à propos de
cette question. Les causes de la révélation ne peuvent pas être mal interprétées
ou altérées parce que la signification est précise et ne laisse aucune place à
la mauvaise interprétation. »
Un autre verset du Coran vient confirmé celui-ci de manière aussi clair et
montre que le Jihad en-Nefs n'est aucunement égale au Jihad contre les kouffar :
Ne
sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez eux - sauf ceux qui ont
quelques infirmités - et ceux qui luttent corps et biens dans le sentier
d'Allah. Allah donne à ceux qui luttent corps et biens un grade d'excellence
sur ceux qui restent chez eux. Et à chacun Allah a promis la meilleure
récompense; et Allah a mis les combattants au-dessus des non combattants
en leur accordant une rétribution immense; des grades de supériorité de Sa part
ainsi qu'un pardon et une miséricorde. Allah est Pardonneur et Miséricordieux
[Sourate En-Nisa' 4:95-96]
Troisièmement :
Ce hadith contredit une masse de récit rapporté qui ont été prononcé par le
Prophète (saws)
(moutawatir Ahadith) et qui font la plaine excellence du Jihad. Nous n'en
mentionnerons que quelques-uns d'entre eux :
"Un matin ou un soir passez [dans le combat] fi sabilillah est meilleurs que
le monde et tout ce qu'il contient. " [Boukhari wa Mouslim]
"Rester debout une heure dans les rangs du Jihad fi sabilillah (bataille dans
le Chemin d'Allah) est meilleur que rester positionné (dans la prière) pendant
soixante ans. " [Sahih El Jami']
Abu Hureyrah a
dit à ce propos : "Est-ce que quelqu'un parmi vous serez capable de resté
debout dans sa prière sans s'arrêter et de jeûner continuellement pour autant
qu'il vie ?" Les gens ont dit, "Oh Abu Houreyrah! Qui pourrait le supporter ?"
Il répondit : "Par Allah! Un jour accomplit par un moujahid fi sabilillah est
meilleur que cela !"
De plus, la revendication d'entre ceux qui disent que ' la lutte contre l'ego (Jihad en-Nefs) est le Plus grand Jihad parce que l'individu doit sans cesse se
contrôler, aussi bien la journée que la nuit, peut être réfutée par le hadith
suivant :
Rashid rapporte d'après Sa'd rar que d'après un des Compagnons, un homme a
dit : "Oh Messager d'Allah! Pourquoi les croyants seront tous questionnés dans
leurs tombes, sauf les martyrs ?" Il (saws)
répondit : "Les coups d'épées se heurtant au-dessus de leurs têtes sont des
questions suffisante pour eux." [Sahih El-jam'i]
En gros, ce hadith faible contredit bien des ahadith dont l'authenticité n'est
nullement à rejeter et qui prouvent qu'aucun actes possible d'accomplir est
meilleur que le Jihad contre les Kouffar.
Ils répétèrent la questions deux ou trois fois et à chaque fois le Prophète
répondait : "Vous n'auriez pas la force de faire cet acte". Lorsque la question
fut prononcé pour la troisième fois, le Prophète
répondit : "Celui qui sort pour le Jihad est semblable à une personne qui
continu de jeûner et qui se tient debout dans la prière constamment, obéissant
aux versets d'Allah et ne montrant aucune lassitude pour son jeûne et sa prière
jusqu'à ce que le Moujahid reviennent du champs de bataille" (Rapporté par
Mouslim 4636)
Il y a un autre hadith relaté par El Boukhari (Vol 4, 44) qui va dans le même
sens et où Abu Hureyrah rapporte :
"Un homme est venu chez le Messager d'Allah (saws) et a
dit : 'enseigne-moi un acte dont la récompense est égale à celle du Jihad. ' Il (saws)
répondit : ' Je ne trouve pas un tel acte. ' Puis il (saws)
compléta : "Pourriez vous, tandis que le Moujahid part au Combat, rester dans
la mosquée sans cesser de prier et jeûner ?" L'homme s'excusa : ' Mais qui le
pourrais ?' ".
D'autre hadith vont dans le même sens mais ceux que nous avons vu suffisent
clairement à déclarer que le Jihad fi sabilillah est l'acte le plus haut et
qu'il n'y a aucun autre acte pouvant l'égaler. Est-ce qu'il est possible qu'un
acte décrit comme l'acte le plus méritoire soit synonyme de Jihad Asghar (petit
Jihad ou Jihad moindre) ?
Quatrièmement :
Cette notion totalement fausse et calomnieuse implique l'injustice et cause du
tord au statut de Moujahid. Allah nous a
ordonné de pratiquer la justice dans nos verdicts, lorsqu'il dit :
Pratiquez
l'équité: cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est
certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites
[Sourate El-Maidah 5:8]
Est-ce là faire preuve d'équité et prononcer un verdict juste lorsque nous
disons que nos frères qui se trouvent sur des terres de dangers et de batailles
sont dans un petit Jihad, lorsque les mines éclatent au-dessous de leurs pieds,
propulsant leur corps dans les airs et éparpillant leurs membres et leur sang
partout, au point que leurs cadavres purs ne puissent être rassemblé dans une
tombe ?
Par Allah! C'est une mesure inégale et si vous deviez soumettre la question aux
plus grands savants sur terre, ils ne parviendraient jamais à un verdict si
disparate.
Ceci car il faut savoir que dans le combat contre son propre égaux (Moujahadatun
Nefsi), loin du champ de bataille, on ne fait face qu'à un seul ennemie, à
savoir, l'ennemi invisible : le Désir et Chaytan. Tandis que dans le
Jihad fi sabilillah, le Jihad se fait contre plusieurs ennemis sur le champ de
bataille, à savoir, l'ennemi visible et l'ennemi invisible : c'est-à-dire les
incrédules et hypocrites mais également ses propres désir qui appellent toujours
le combattant vers le mal. Ses désirs peuvent lui rendre visite de façons
diverses et le pousser à abandonner le champ de bataille par l'utilisation de la
crainte, du doute, de la privation et de la tristesse.
Le
combat vous a été prescrit alors qu'il vous est désagréable. Or, il se peut que
vous ayez de l'aversion pour une chose alors qu'elle vous est un bien. Et il se
peut que vous aimiez une chose alors qu'elle vous est mauvaise. C'est Allah qui
sait, alors que vous ne savez pas
[Sourate El-Baqarah 2 : 216]
Enfin il y a le fait que Chaytan se bat toujours contre ceux qui font le
Jihad. Et parfois Chaytan (qu'il soit maudit) s'établit fermement, au côté de
ses amis incrédules :
Les
croyants combattent dans le sentier d'Allah, et ceux qui ne croient pas
combattent dans le sentier du Taghout. Eh bien, combattez les alliés du Diable,
car la ruse du Diable est certes, faible
[Sourate En-Nisa' 4:76]
Et
rappelez-vous lorsque le diable a fait que leur mauvais actes semblent justes et
leur a dit : "Personne au monde ne peut vous vaincre ce jour, en vérité, je suis
votre allié... "
Ibn 'Abbas a
déclaré :
"Lors de la bataille de Badr, Iblis est venu et a porté sa bannière avec
l'armée et celle du groupe de Chaytan. Il est entré sous la forme d'un homme de
Bani Mudlej du nom de Suraqah ibn Malik ibn Ju'shum et a dit au Mouchrikoun :
'Personne n'est capable de vous défaire ce jour et je suis votre protecteur. ' "
Alors, au moment où ces hommes se sont réunis, le Messager d'Allah (saws) a
ramassé une poignée de terre et l'a jeté aux visages des Mouchrikoune, les
forçant à reculer. Lorsque Jibril arriva, Iblis le vit et leva sa troupe des
Mouchrikoune puis parti en courant, lui et ses disciples. Ceux qui avaient été
sous son emprise appelèrent :
"O Suraqah! Vous aviez jurer de nous protéger !?" Iblis répondit :
"En effet, mais je vois ce que vous ne voyez pas et je crains Allah car Allah a
le châtiment dur." [Hadith mawqaf relaté par Ibn Jarir Et-Tabari]
En conclusion :
L'Egyptien, le docteur Mohammed Amin, dit dans son livre, "le Chemin de la
Propagation Islamique" :
Il est stupéfiant que le moment de mise à l'épreuve et de sévérité, dans lequel
les pieds sont secoués et le coeur remonte à la gorge, soit appelé le moment "du
Petit Jihad", tandis que les moment de sécurité et de confort dans des maisons
sûres, au milieu de sa famille et ses amis, puisse être appelé les moment "du
Grand Jihad" !
Avec de pareilles appellations, ceux qui tournent le dos se réjouissent d'être
derrière, croyant suivre le chemin du Messager d'Allah (saws) et de
ses Compagnons. De
tels gens trouvent le contentement et le réconfort de cette façon, tandis qu'en
réalité ils ne trompent que leurs faibles âmes, les vraies valeurs des actes
sont elles, entièrement à l'opposé. "
Nous conclurons alors avec quelques vers qui ont été envoyés par AbdAllah Ibn
Moubarak, le savant Moujahid, qu'Allah lui fasse miséricorde, à son ami Fudheyl
Ibn 'Ayad, qui était connu sous le nom de 'abid el haramein (l'adorateur des
mosquées sacrées) car il avait l'habitude de prêcher les dirigeants et de les
faire pleurer sans touché aucun salaire tellement il était un adorateur sincère.
AbdAllah ibn Moubarak lui dit :
"O 'abid el haramein, si tu nous avez vu sur le champ de bataille, tu saurez
que tu es en train de jouer avec ta religion !
Tu es celui dont les joues ruissèlent de larmes (par crainte d'Allah) alors que
nos poitrines sont couvertes de sang (qui coulent des blessures des combats).
Tu es en train de jouer avec votre adoration car alors que vous, adorateurs,
offrez vos larmes, les Moujahidine offrent leur sang et leur vie."
mardi 7 octobre 2008
Science du Hadith
La Science du Hadith : Éléments de base.
|
"En vérité c'est Nous qui avons
fait descendre le Coran, et c'est Nous qui en |
La promesse faite par Allah dans le verset 9 de la sourate 15 du Coran est évidemment accomplie ; nous le voyons dans la pureté du texte coranique qui a été préservée tout au long des 14 siècles depuis sa révélation. Cependant, ce qui est souvent oublié par beaucoup de musulmans est que la promesse divine inclut également, par nécessité, la Sounna du Prophète (saws), parce que la Sounna est l'exemple même de la mise en pratique des conseils du Coran, la sagesse enseignée au Prophète (saws) avec le texte divin ; et ni le Coran ni la Sounna ne peuvent être compris correctement l'un sans l'autre.
Allah tout puissant a préservé la
Sounna en permettant aux compagnons du Prophète (saws) et aux générations d'après d'apprendre par
cœur, de noter et de transmettre les paroles du Prophète (saws). Ils ont également su les mettre en pratique et ce jusqu'à
nos jours.
Plus tard, comme la pureté de la
connaissance de la Sounna était menacée, Allah, dans son infinie miséricorde, a fait naître au sein de la Oumma des musulmans doués de capacités exceptionnelles,
tant au niveau de la mémoire qu'en celui de l'esprit de synthèse et d'analyse.
Ils ont inlassablement voyagé pour rassembler des milliers de récits et
distinguer les véritables paroles de la sagesse prophétique transmises par les
compagnons du Prophète (saws) qui ont choisi sa voie et les savants de la communauté,
de ceux qui on été altérés par le temps, les mémoires défaillantes, et les
menteurs sans scrupule. Tout ceci a été réalisé en portant une attention
particulière aux paroles narrées, et avec l'aide de milliers de rapporteurs de
ahadith.
Les savants experts du hadith utilisent des méthodes afin d'évaluer les récits et les trier selon leur véracité. Dans cet article, une brève description est donnée concernant la terminologie et les classifications du hadith.
Composants du Hadith
Un hadith se compose de 3 parties
(voir figure ci-dessous) :
- Matn est le texte, la parole en elle même.
- Isnad est la chaîne des personnes qui ont transmises le hadith (chaîne de transmission).
- Taraf est la partie ou la phrase commençante du texte qui fait référence à la parole, à l'action ou à la
caractéristique du Prophète (saws), ou de son accord donné à d'autres actions.
L'authenticité du hadith dépend du
sérieux de ses rapporteurs, et de la liaison entre eux.
Classifications du Hadith
Un certain nombre de classifications
de hadith ont été faites, dont 5 sont montrées dans la figure ci-dessous, et
brièvement décrites.
1. Selon la référence d'une autorité
particulière, 4 types de hadith peuvent être identifiés :
- Qoudousi - Divin : une révélation d'Allah, transmis par relais des mots du Prophète (saws).
- Marfou' - élevé : un récit du Prophète (saws), commençant par exemple par : "J'ai entendu le Prophète (saws) dire..."
- Mawqouf - arrêté : un récit rapporté par un seul compagnon, commençant par exemple par : "On nous a ordonné de..."
- Maqtou' - divisé : un récit émanant du premier successeur du compagnon.
2. Selon la
chaîne de transmission (Isnad), interrompue ou non, 6 catégories peuvent
être identifiées :
- Mousnad - supporté : un hadith qui a été rapporté par un traditionaliste, basé sur ce qu'il a appris de son professeur à une époque appropriée à l'étude ; de même pour chaque professeur jusqu'à ce que la chaîne atteigne un compagnon bien connu, qui de son côté, rapporte des propos du Prophète (saws).
- Mouttassil - continu : un hadith avec une chaîne ininterrompue qui va jusqu'à un compagnon ou un de ces successeur.
- Moursal - altéré : si le lien entre le successeur et le Prophète (saws) (1) est manquant, par exemple quand le successeur dit " le Prophète (saws) a dit...".
- Mounqati' - cassé : ce dit d'un hadith dont le lien à n'importe quel endroit de la chaîne avant le successeur est manquant.
- Mou'adal - perplexe : ce dit d'un hadith dont le rapporteur omet deux (ou plus) rapporteurs de la chaîne.
- Mou'allaq - arrêté : ce dit d'un hadith dont le rapporteur omet toute le chaîne de transmission et cite
directement le Prophète (saws) directement.
3. Selon le nombre de rapporteurs impliqués dans chaque étape de la chaîne de
transmission, 5 catégories de hadith peuvent être identifiées :
- Moutawatir - Consécutif : ce dit d'un hadith qui est rapporté par un si grand nombre de personnes qu'il est impossible qu'ils se soient concertés pour convenir d'un mensonge.
- Ahad - isolé : ce dit d'un hadith qui est relaté par un nombre important de personnes mais dont le nombre n'atteint pas celui du moutawatir. Il est encore divisé en :
- Mach'hur - célèbre : le hadith a été mémorisé par plus de 2 rapporteurs.
- Aziz - rare, fort : à n'importe quelle étape de la chaîne, seulement deux rapporteurs relate le hadith.
- Gharib - étrange : à un certain moment de la chaîne, seulement un rapporteur relate le hadith.
- Aziz - rare, fort : à n'importe quelle étape de la chaîne, seulement deux rapporteurs relate le hadith.
4. Selon la
nature du texte et de la chaîne, deux catégories de hadith peuvent être
identifiées :
- Mounkar - dénoncé : ce dit d'un hadith qui est rapporté par un narrateur faillible, et dont le récit va à
l'encontre d'un hadith authentique.
- Moudraj - interpolé : un ajout au
texte du hadith par un rapporteur.
5. Selon le
sérieux et la mémoire des rapporteurs, quatre catégories de ahadith peuvent
être identifiées (ceci fournit le verdict final sur un hadith) :
- Sahih - Sûr, solide. L'imam Ech-Chafi'i indique les obligations pour un tel hadith, qui n'est pas moutawatir, afin
qu'il soit acceptable : "Chaque rapporteur doit être digne de confiance dans sa religion ; il devra être connu pour être véridique dans
son récit, de comprendre ce qu'il rapporte, savoir comment une expression
différente peut modifier la signification du hadith, et de rapporter les
mots du hadith in extenso, et pas seulement au niveau de sa signification".
- Hasan - bon : c'est celui où sa source est connue et ses rapporteurs digne de confiance.
- Da'if - faible : ce dit d'un hadith
qui n'atteint pas le statut de hasan. Habituellement, la faiblesse est :
- une discontinuité dans la chaîne, dans ce cas le hadith pourrait être - selon la nature de la
discontinuité - mounqati (cassé), mou'allaq (arrêter), mou'dal
(perplexe), ou moursal (altéré),
- un des rapporteurs ayant un caractère suspect, par exemple en raison de ses mensonges, erreurs
excessives, opposition au récit des sources plus fiables, participation
dans l'innovation, ou ambiguïté entourant sa personne.
- Maudou' - fabriqué ou forgé: ce dit
d'un hadith dont le texte va à l'encontre des normes établies pour les
paroles du Prophète (saws), ou la chaîne comprend un menteur. Un hadith
fabriqué peut également être identifié par une anomalie présente à une
époque particulière (rébellion, etc.)
Voilà donc quelques éléments de base de science du hadith, afin d'avoir des repères dans l'étude de la sounna.

dimanche 28 septembre 2008
Lettre de l'Imam Ali ibn Abi Tâlib à Mâlik el Achtar
Lettre de l'Imam Ali ibn Abi Tâlib à son gouverneur d'Égypte Mâlik el Achtar : Une sublime définition de la gouvernance islamique.
"Au nom d'Allah, le Clément, le Miséricordieux"
« Sache, Mâlik, que je t'envoie comme gouverneur à un pays qui a connu dans le passé des gouvernements justes et injustes. Les gens vont t'observer comme tu observais les gouverneurs qui t'ont précédé. Ils parlent de toi comme tu parlais d'eux. Ce sont eux qui fournissent la preuve de tes actions. Que ton trésor préféré soit donc le trésor de bonnes actions. Contrôle tes désirs et abstiens-toi de ce contre quoi tu as été servi. C'est seulement par une telle abstinence que tu pourras distinguer le bien du mal.
Développe dans ton cœur le sentiment d'amour pour ton peuple, et fais-en la source de
bonté et de bénédiction pour lui. Ne te comporte pas en barbare envers tes
citoyens et ne t'approprie pas ce qui leur appartient. Rappelle-toi que les
citoyens d'un État sont de deux catégories. Ils sont soit tes frères en
religion, soit tes semblables en genre. Ils sont susceptibles de commettre des
erreurs, et sujets aux maladies. D'aucuns commettent effectivement des erreurs;
pardonne-leur comme tu aimerais qu'Allah te pardonne. N'oublie pas que tu es
placé au-dessus d'eux, tout juste comme je suis placé au-dessus de toi. Et puis
c'est Allah Lui-même qui est au-dessus de celui qui t'a nommé Gouverneur. IL
t'a confié cette position afin que tu te montres capable de te charger d'eux.
Rappelle-toi! Tu seras jugé sur ce que tu auras fait pour eux.
Ne leur dis
pas : "Je suis votre suzerain et votre dictateur. Vous devez donc vous
plier à mes ordres", car cela corromprait ton cœur, affaiblirait ta foi en
la religion et susciterait des désordres dans l'État. Si le pouvoir engendre en
toi le moindre sentiment d'orgueil et d'arrogance, considère alors le pouvoir
et la majesté du Royaume Divin qui gouverne l'univers et sur lequel tu n'as pas
le moindre contrôle. Cela restituera à ta raison fantasque le sens de la mesure
et te rendra calme et affable. Garde-toi de te mettre à l'encontre de la
majesté et de la grandeur d'Allah, et n'imite jamais Son Omnipotence, car Allah
rabaisse tout rebelle contre Lui, et quiconque se montre cruel envers les
hommes.
Sois respectueux, dans tes actions, des droits d'Allah et de ceux des hommes, et en
même temps, persuade tes compagnons et tes proches de faire de même. Autrement,
tu auras fait injustice à toi-même et à l'humanité. Et alors aussi bien Allah
que les hommes deviendront tes ennemis. II n'y a de salut nulle part pour un
homme qui se rend ennemi d'Allah. Il sera considéré comme quelqu'un qui est en
guerre avec Allah jusqu'à ce qu'il se repente et demande pardon. Rien ne prive
l'homme des bénédictions d'Allah, ni n'attire Son courroux contre Lui, autant
que l'oppression. Donc, c'est pour cette raison qu'Allah prête oreille aux
opprimés et qu'Il traite les oppresseurs sévèrement.
Le commun des mortels
Observe la
justice dans l'administration et impose-la à toi-même. Cherche à satisfaire le
peuple, car le mécontentement des masses peut stériliser le mécontentement de
la minorité des privilégiés, et le mécontentement de la minorité se dissout
dans le contentement de la majorité. Rappelle-toi que la minorité des privilégiés
ne se joindront pas à toi aux moments difficiles. Ils tenteront de détourner la
justice, demanderont plus qu'ils ne méritent et ne montreront aucune gratitude
pour les faveurs dont ils auront bénéficié. Ils se montreront rétifs dans
l'épreuve et les tribulations, et ils n'éprouveront aucun regret pour leurs
défauts. C'est le commun des mortels qui combat l'ennemi. Donc maintiens des
contacts intimes avec les masses et sois attentif à leur bien-être.
Repousse celui qui met en évidence les faiblesses des autres, Car, après tout, les masses ne sont pas exemptes de faiblesses. II est du devoir du gouvernant de les protéger. Ne mets pas en lumière ce qui est caché, mais essaie d'effacer les faiblesses qui ont été mises sous les projecteurs. Allah voit toutes choses que tu ne vois pas, et Lui seul, s'en occupera. Fais de ton mieux pour couvrir les défauts du peuple afin qu'Allah couvre les tiens que tu aimerais cacher aux yeux des gens. Débarrasse-toi de tout sentiment d'inimitié entre eux. Mets-toi à l'abri de toute action qui ne soit pas digne de toi. Ne t'empresse pas de croire les calomnies, car les calomniateurs sont des fourbes sous l'apparence d'amis.
Les Conseillers
Ne prends
jamais pour conseiller un avare, car il te détournerait de la magnanimité et te
ferait craindre la pauvreté. Ne demande pas conseil à un lâche, non plus car il
ébranlerait ta résolution, ni à un homme cupide car il t'inciterait à devenir
tyran En effet, l’avarice, la lâcheté et la cupidité font perdre à l'homme sa
confiance en Allah.
Le pire
conseiller est celui qui a servi de conseiller à des gouvernants injustes et
qui a partagé leurs crimes. Ainsi, ne laisse jamais des personnes ayant été les
compagnons de tyrans ou ayant partagé leurs crimes, devenir tes conseillers. Tu
peux faire appel à des personnes bien meilleures que cela. Tu peux avoir des
hommes doués d'intelligence et de prévoyance sans être contaminés par le péché;
des hommes qui n'ont jamais assisté un tyran dans sa tyrannie, ni un criminel
dans son crime. De tels hommes ne seront jamais une charge pour toi. Bien plus,
ils seront une source d'aide et de force pour toi, à tout moment. Ils seront
des amis pour toi et des étrangers pour tes ennemis. Choisis de tels hommes
pour te tenir compagnie aussi bien en privé qu'en public. Même parmi ceux-ci
donne la préférence à celui qui a tendance à te dire tes vérités, même les plus
amères, et à celui qui ne t'encourage pas à avoir des penchants qu'Allah n'aime
pas que Ses amis développent chez eux.
Attache-toi
à des personnes droites et pieuses et fais-leur comprendre clairement qu'elles
ne doivent jamais chercher à te flatter ni à te créditer d'une bonne action que
tu n'aies jamais faite, car la tolérance de la flatterie et le faux compliment
stimulent la fierté chez l'homme et le rendent arrogant.
Ne traite
pas de la même façon le bienfaiteur et le malfaiteur, car cela découragerait le
premier, et encouragerait le second à persister dans le mal. Traite chacun
d'eux selon ses mérites. Sache que la confiance et la bienveillance mutuelles
entre le gouvernant et les gouvernés ne peuvent avoir lieu qu'à travers la
bonne volonté, la justice et le service rendu. Cultive donc la bienveillance
chez les gens, car seule la bienveillance te sauvera des troubles. Ta bonne
volonté à leur égard sera payée en retour par leur confiance en toi, et le
mauvais traitement, par leur mauvaise volonté.
Ne méconnais pas les nobles traditions des premiers membres de cette communauté, traditions qui ont apporté l'harmonie et le progrès aux gens, et n'entreprends rien qui puisse diminuer leur utilité. Les hommes, qui avaient établi ces bonnes traditions ont eu leur récompense, quant à toi, tu seras responsable, si elles sont abandonnées. Essaie toujours de tirer quelque chose de l'expérience des gens instruits et sages, et de les consulter, en ce qui concerne les affaires d'État, cela t'aidera à maintenir la paix et la bonne volonté que tes prédécesseurs ont établies sur terre.
Les différentes classes sociales
Rappelle-toi
que le peuple est composé de différentes classes. Le progrès des unes dépend de
celui des autres et aucune d'elles ne peut prétendre être indépendante des
autres. Nous avons une armée formée de soldats d'Allah. Nous avons nos
officiers civils avec leurs établissements, notre judicature, nos percepteurs
et nos officiers de relations publiques. Le public lui-même" est composé
de Musulmans et de Dhimmî, et parmi eux, il y a des commerçants, des artisans,
des gens sans emploi, des indigents. Allah a prescrit pour eux des droits, des
obligations et des devoirs personnels qui sont mentionnés dans le Saint Coran
et dans les Hadith du Saint Prophète.
L'armée, par
la grâce d'Allah, est comme une forteresse pour le peuple et elle assure la
dignité de l'État. Elle préserve le prestige de la Foi et maintient la paix du
pays. Sans elle, l'État ne peut se maintenir. Et réciproquement, elle ne peut
se tenir sans l'appui de l'État. Nos soldats ont prouvé qu'ils sont les plus
forts face à l'ennemi, grâce au privilège qu'Allah leur a accordé de combattre
pour Lui, mais cela ne les empêche pas d'avoir besoins matériels pour mener à
bien leur tâche, cela les fait dépendre des revenus de l'État. Quant aux
militaires et à la population civile qui paient des impôts, ils ont besoin de
la coopération des autres : la judicature, les officiers civils et leurs
administrations. Les juriste appliquent la loi civile et criminelle, les
officiers civils collectent les revenus et s'occupent de l'administration
civile avec l'aide de leurs établissements. Et puis, il y a les marchands et
les commerçants qui contribuent à renflouer les caisses de l'État. Ce sont eux
qui parcourent les marchés et qui sont les mieux placés pour s'acquitter des
obligations sociales. Il y a aussi la classe des pauvres et des nécessiteux qui
doivent être pris en charge par les autres classes. Allah a donné une occasion
appropriée aux uns et aux autres de rendre service. Puis toutes ces classes ont
des droits sur l'administration. L'administrateur doit donc y faire face.
Il doit veiller au bien de toute la population, tâche dont il ne pourrait pas s'acquitter convenablement sans porter un intérêt personnel à son exécution et sans implorer l'aide d'Allah. En effet, il lui est indispensable de s'imposer ce devoir et de supporter avec patience les difficultés et les inconvénients qui surgissent devant lui accidentellement.
L'armée
Sois
particulièrement attentif au bien-être de ceux dans l'armée, qui sont, à ton
avis, sincèrement attachés à Allah et au Saint Prophète, loyaux envers leurs
chefs et , aux moments passionnels, sauraient se retenir et écouter de sang
froid des remontrances sensibles, ainsi que ceux qui sont capables de secourir
les faibles et de s'opposer aux oppresseurs puissants, et ceux qui ne se
laissent pas entraîner par un tempérament violent lorsqu'ils sont soumis à une
provocation violente, et qui ne chancellent dans aucune circonstance.
Établis des
contacts intimes avec des familiers de bonne réputation, intègres et d'un passé
glorieux, et attire vers toi des hommes braves, de bon caractère, généreux et
d'une disposition bienveillante, car telle est l'élite de la société.
Prends soin
d'eux avec la même tendresse que tu montres pour tes propres enfants. Ne leur
rappelle aucune faveur que tu leur aurais faite, et ne sous-estime aucune
marque d'affection qu'ils te montreraient en retour. Une telle conduite dénote
la loyauté, la dévotion et la bienveillance. Sois attentif à leurs soucis les
plus insignifiants et ne te contente pas seulement de l'aide générale que tu
leur aurais apportée, car parfois une attention opportune à l'un de leurs
petits soucis leur apporte un immense soulagement. De cette façon, ces gens-là
ne t'oublieront pas au moment du besoin.
Il t'appartient de choisir pour le commandement de tes troupes quelqu'un qui s'impose
comme devoir la tâche d'aider les hommes qu'il commande et de veiller sur leurs
familles lorsqu'ils se trouvent loin de chez eux, ce qui permettrait à toute
l'armée de se sentir unie dans la joie et dans le malheur. Cette unité de
destin apporte aux combattants une force supplémentaire face à l'ennemi.
Continue d'avoir une attitude aimable envers eux afin qu'ils se sentent
toujours attachés à toi. La réalité est que le vrai bonheur d'un gouverneur
réside dans l'établissement de la justice dans l'État et le. maintien des
relations affectueuses avec les gens. La sincérité de leurs sentiments est
exprimée par l'amour et le respect qu'ils te montrent, et c'est de ces
sentiments que dépend le salut de l'administration.
Tes conseils
pour l'armée seraient sans effet, à moins que et jusqu'à ce que tu te montres
affectueux aussi bien envers les soldats qu'envers les officiers, ce qui les
empêcherait de considérer le gouvernement comme un fardeau oppressif ou de
contribuer à sa chute.
Continue de satisfaire leurs besoins et complimente-les de plus en plus pour les services qu'ils ont rendus. Une telle attitude, s'il plaît à Allah, encourage les braves et incite les timides aux actes de bravoure. N'attribue pas à un autre l'erreur de quelqu'un, et ne sois pas avare de compliments pour les prouesses accomplies. Veille à ne pas accorder de faveurs imméritées à quelqu'un en raison de sa position familiale et à ne pas priver de récompense quelqu'un qui accomplit des exploits, mais qui appartient à une famille modeste.
La vraie guidance
Renvoie devant Allah et devant Son Prophète les affaires qui te paraissent équivoques, car Allah a dit aux gens qu'Il veut bien diriger : "O vous qui croyez ! Obéissez à Allah, Obéissez à Son Prophète et obéissez à ceux parmi vous qui détiennent l'autorité. Portez vos différends devant Allah et devant Son Prophète." (Sourate en-Nisâ', 4: 59). Se référer à Allah signifie en réalité consulter le Livre d'Allah, et se référer au Prophète, c'est suivre ses traditions universellement admises.
Le juge principal
Choisis
comme juge, parmi tes sujets, quelqu'un qui est de loin le meilleur d'entre
eux, qui n'est pas obsédé par ses problèmes familiaux, qui ne cède pas à
l'intimidation, qui ne se trompe pas souvent, qui ne dévie pas du droit chemin
une fois qu'il y est engagé, qui n'est ni égocentrique, ni avare, qui ne décide
pas avant d'avoir connu pleinement les faits qui pèse le moindre doute
soigneusement et qui prononce un verdict clair après avoir pris en
considération tous les détails de l'affaire, qui ne refuse pas d'écouter les
arguments des avocats, qui examine avec patience tout nouvel exposé des faits,
qui reste strictement impartial dans sa décision, qui ne se laisse pas étourdir
par la flatterie... Mais il n'est pas aisé de trouver un tel homme.
Une fois que tu auras choisi un homme droit pour cette fonction, rétribue-le généreusement, de telle sorte qu'il ait tout ce qui lui est nécessaire et qu'il soit à l'abri des tentations. Réserve-lui auprès de toi une position si haute que personne n'ose la convoiter, et si élevée qu'aucune médisance ni aucune intrigue ne puissent l'atteindre.
La judicature subalterne
Sois prudent
! Le plus grand soin doit être pris dans le choix du Juge Principal, car c'est
une haute fonction que les égoïstes aventureux aspirent à soumettre à leurs
intérêts personnels. Après la désignation du Juge Principal, fais attention au
choix d'autres fonctionnaires. Nomme-les après les avoir mis à l'épreuve. Ni
les relations personnelles ni l'influence ne doivent intervenir dans ton choix
de fonctionnaires devant occuper des postes de responsabilité, autrement cela
pourrait conduire à l'injustice et à la corruption.
Parmi ces fonctionnaires, choisis pour les hautes fonctions des hommes d'expérience ayant une foi ferme et appartenant à de bonnes familles. De tels hommes ne tomberont pas facilement en proie à la tentation et ils s'acquitteront de leurs devoirs en proie au bon service des autres. Augmente leurs traitements afin qu'ils mènent une vie satisfaisante, laquelle aide à se purifier. Ce faisant, ils n'éprouveront pas le besoin de couvrir leurs propres dépenses. Et puis, ils n'auront plus aucune excuse d'aller à l'encontre de tes instructions ou de détourner les Fonds de l'État. Surveille-les à leur insu. Il est possible qu'ils développent en eux une véritable honnêteté et un réel intérêt pour le bien public. Mais si l'un d'entre eux est accusé de malhonnêteté et que sa culpabilité soit établie par les rapports de ton service de renseignements, alors, considère ceci comme une charge suffisante pour le déclarer coupable. Que le châtiment qu'on lui infligera soit corporel et appliqué publiquement dans un lieu fixé d'opprobre.
Les revenus de l'administration
Qu'on prenne
grand soin des revenus de l'administration afin d'assurer la prospérité de ceux
qui paient des impôts à l'État, car c'est de leur prospérité que dépend la
prospérité des autres, et notamment celle des masses. En effet, l'État se
nourrit de ces revenus. Tu dois considérer l'entretien des terres cultivées comme
plus important que la perception de revenus, car les revenus ne peuvent affluer
qu'en rendant la terre productive. Celui qui demande des revenus aux
cultivateurs sans les aider à améliorer leur terre, leur inflige une difficulté
imméritée et ruine l'État. Le gouvernement d'une telle personne ne vivra pas
longtemps. Si les cultivateurs demandent la réduction de leurs impôts sur la
terre après avoir souffert d'une épidémie, d'une sècheresse, d'un excès de
pluie, de stérilisation du sol, d'inondation qui leur cause un dommage
corporel, réduis alors convenablement les impôts afin que leur condition
s'améliore. Peu importe ici la perte de revenus; elle sera un jour compensée
par les efforts en vue de mettre en valeur ton pays et d'embellir la province
que tu gouvernes.
Tu feras
l'objet de louanges unanimes. Les gens croiront en ton sens de la justice. La
confiance qu'ils placeront en toi par conséquent, consolidera ta force, car ils
seront prêts à partager tes fardeaux.
Tu pourrais établir n'importe quel nombre de personnes sur la terre; mais si la terre n'est pas améliorée, ils seront mécontents. La cause de la ruine des cultivateurs est le gouverneur qui a un penchant fébrile à accumuler la richesse à tout prix, de crainte que son gouvernement ne dure pas longtemps. Tel est le sort des gens qui n'apprennent pas des exemples ou des précédents.
L'établissement administratif
Continue à
t'occuper de ton administration et de tes scribes. Choisis les meilleurs
d'entre eux pour tes correspondances confidentielles. Ils doivent être tout à
fait dignes de ta confiance, de haute moralité, à l'abri de tout risque
d'exploiter leur position privilégiée contre toi, de négliger leurs devoirs, ou
de succomber à la tentation et de porter préjudice à tes intérêts ou de te nuire
lors de la rédaction des traités. Ils doivent, non seulement apporter
l'assistance appropriée, mais également éloigner de toi toutes difficultés. II
faut que ce soit des personnes qui, en s'acquittant de leurs devoirs, aient
conscience de l'importance de leurs responsabilités, car quelqu'un qui n'est
pas conscient de ses propres responsabilités pourra difficilement évaluer
celles des autres. Ne les choisis pas uniquement sur la base de la première
impression qu'ils te font ou de l'affection que tu as pour eux ou de la
confiance qu'ils t'inspirent, car en fait, les fausses prétentions de beaucoup
de gens vraiment dénués de toute honnêteté et de toutes bonnes manières peuvent
tromper même l'intelligence de gouvernants. Choisis-les plutôt parmi le petit peuple
et que ton choix tombe surtout sur ceux qui exercent une certaine influence sur
les gens et qui jouissent d'une bonne réputation d'honnêteté; un tel choix aura
l'avantage d'être agréable et pour Allah et pour le gouvernement. Que le
directeur de chaque administration soit quelqu'un qu'aucune tâche pénible ne
rebute et qu'aucune charge de travail ne contrarie.
Et sache bien que les défauts dont tes secrétaires ou ton établissement feront seront attribués à toi-même.
Le commerce et l'industrie
Tu dois accepter
tous les projets utiles que les commerçants et les artisans te proposent, les
aider ensuite avec tes suggestions. Une partie d'entre eux vivent dans les
villes et d'autres se déplacent d'un lieu à un autre avec leurs marchandises et
instruments de travail, et gagnent leur vie en effectuant des travaux manuels.
Ils constituent la véritable source de revenu national tiré du commerce et de
l'industrie.
Alors que le
grand public n'est pas incliné à se donner la peine de se déplacer, ceux qui
exercent ces professions se dérangent pour apporter les marchandises des
endroits proches et lointains, de la terre, de la mer, des montagnes et des
forêts, et en tirent naturellement des bénéfices.
Il n'y a
rien à craindre de cette classe de gens paisibles. Ils aspirent à la paix et à
l'ordre, et sont incapables vraiment de créer des troubles.
Rends-toi dans toutes les régions du pays, établis des contacts personnels avec cette classe de citoyens et enquiers-toi de leurs conditions de vie. Mais, tu dois savoir cependant qu'un bon nombre d'entre eux sont excessivement avides et impitoyables en affaires. Ils accaparent les gains et essaient de vendre leurs marchandises à des prix excessifs, ce qui cause le plus grand préjudice au public. Il serait honteux pour un gouvernant de ne pas combattre ce mal. Mets-les en garde contre l'accaparement, car le Prophète d'Allah l'a prohibé. Prends soin que la vente et l'achat se déroulent sans difficulté, que les balances soient justes et que les prix ne lèsent ni le vendeur ni l'acheteur. Et si malgré ta mise en garde quelqu'un enfreint tes ordres et se rend coupable d'accaparement, inflige-lui alors un sévère châtiment.
Les pauvres
Attention !
Crains Allah lorsque tu traites les problèmes des pauvres qui sont sans
protecteurs, délaissés, indigents, sans secours et victimes des vicissitudes du
temps. On trouve dans cette catégorie des gens qui n'osent pas demander leur
part dans la vie, et qui malgré leur misère ne vont pas à la recherche des
aumônes. Défends donc leurs droits pour l'amour d'Allah, car c'est à toi
qu'incombe la responsabilité de leur protection. Alloue-leur une part du Trésor
public, où qu'ils se trouvent, et qu'ils soient près ou loin de toi. Les droits
de ces deux catégories de gens doivent être égaux à tes yeux. Si préoccupé que
tu puisses être ne les perds pas de vue, car Allah n'acceptera aucune
négligence de leurs droits. Ne traite pas leurs intérêts comme s'ils étaient
moins importants que les tiens propres, ne les laisse jamais en dehors des
limites de tes préoccupations importantes, désapprouve ceux qui les regardent
de haut, et enquiers-toi de leur condition.
Affecte à
leurs affaires des personnes intègres, pieuses et soucieuses de te mettre au
courant de la condition des pauvres.
Pourvois aux besoins de ces pauvres de sorte que tu n'aies pas à t'excuser devant Allah le Jour du Jugement, car c'est cette catégorie de gens qui mérite d'être traitée avec la plus grande bienveillance. Assure-toi la récompense d'Allah en accordant à chacun d'eux son dû et impose-toi la tâche sacrée de subvenir aux besoins des plus âgés d'entre eux, car ils n'ont pas de moyens d'existence indépendants et ils répugnent à demander l'aumône. C'est là un devoir pénible pour les gouvernants, mais très bienvenu pour les sociétés qui sont douées de prévoyance. Ce sont d'ailleurs seulement de telles sociétés qui accomplissent avec un esprit tranquille leur promesse faite à Allah de s'acquitter de leur devoir envers les pauvres.
Des audiences publiques
Rencontre
périodiquement les opprimés et les gens de modeste condition en audiences
publiques, et étant conscient de la présence d'Allah, parle avec eux à cœur
ouvert et ne laisse à côté de`toi aucun membre de tes gardes armés, civils ou
militaires, ni aucun agent du service des renseignements, dont la présence
pourrait décourager les représentants des pauvres de parler sans crainte et
sans réserve. En effet, j'ai entendu le Prophète d'Allah dire qu'aucune nation
ou société dans laquelle les forts ne s'acquittent pas de leurs devoirs envers
les pauvres, n'occupera une haute position. Supporte avec sang froid tout
langage dur qu'ils emploieraient et ne te montre pas irrité s'ils ne
parvenaient pas à exposer clairement leur situation. De la sorte, Allah ouvrira
devant toi la porte des bénédictions et des récompenses. Si tu peux leur donner
quelque chose, fais-le de bonne grâce, et si tu n'es pas à même de le faire, explique-leur
ta position lucidement.
Il y a des situations qui appellent une action directe. Accepte les recommandations de tes administrateurs concernant la réparation des griefs de tes secrétaires. Assure-toi que les réclamations et les requêtes qui te sont adressées, te sont remises le jour même, et ce, même si tes administrateurs essaient de les intercepter. Accomplis le travail de chaque jour, le jour même, car le jour suivant apportera ses propres affaires.
Communion avec Allah
Consacre la
meilleure part de ton temps pour entrer en communion avec Allah, bien que
chaque moment de ton temps soit seulement pour Allah, si tu le passes
sincèrement à servir ton peuple. Il faut que l'obligation que tu dois
directement à Allah soit incluse dans les cinq temps de prières prescrits par
la religion. Consacre-toi jour et nuit aux prières. Que tes prières soient
aussi parfaites et aussi exemptes de défauts que possible, et ne te laisse pas
tracasser par un quelconque malaise physique.
Lorsque tu diriges une prière en assemblée, n'ennuie pas les gens par une prolongation non nécessaire de la prière, car il se peut qu'une telle prolongation leur cause des inconvénients et les indispose, ce qui fait perdre son effet, car, il y a dans la prière en assemblée des gens qui sont malades ou qui ont des obligations importantes à accomplir. En effet, un jour, lorsque j'ai reçu l'ordre de me rendre au Yémen, j'ai demandé au Messager d'Allah comment je devais diriger la prière en assemblée là-bas. Il m'a dit : "Accomplis tes prières comme le ferait le plus faible parmi les priants, et donne ainsi l'exemple de respect d'autrui aux croyants."
Désintéressement déconseillé
Concernant
l'observance de tout ce que j'ai dit, retiens une chose : Ne te tiens jamais,
même pour un temps minime, à l'écart des gens, car s'écarter des gens, c'est
ignorer leurs affaires, c'est développer chez le gouvernant une fausse
perspective et le rendre incapable de distinguer ce qui est important de ce qui
ne l'est pas, ce qui est correct de ce qui est erroné, le vrai du faux. Après
tout, le gouverneur est un homme, et il ne peut se faire une vision correcte de
ce qui est hors de la vue.
La vérité
n'a pas de signe distinctif nous permettant de distinguer les différentes
variétés de vérités et d'erreurs. En fait tu dois être l'une de ces deux
choses: ou bien tu es juste, ou bien tu es injuste. Si tu es juste, dans ce cas
tu ne te tiendras pas à l'écart des gens; au contraire, tu les écouteras et tu
satisferas leurs exigences.
Dans le cas
opposé où tu serais injuste, les gens eux-mêmes se tiendront à l'écart de toi.
En tout cas, le désintéressement dans ce sens est déconseillé, surtout
lorsqu'il est de ton devoir de t'occuper des besoins des gens. Les plaintes
d'oppression présentées contre tes administrateurs et les réclamations pour
demander justice, ne doivent pas t'indisposer.
Sois certain
qu'il y a dans ton entourage immédiat des gens qui exploitèrent leur position
pour s'approprier ce qui appartient à autrui et commettre des injustices.
Enraie chez eux cette tendance et fixe-toi comme règle de conduite de ne jamais
rien accorder, pas même un petit morceau de terrain, à l'un de tes proches. De
cette façon, ils seront prévenus contre toute velléité de porter préjudice aux
intérêts des autres, et tu éviteras en même temps d'être l'objet du
mécontentement et des hommes et d'Allah.
Rends justice loyalement et sans te soucier du fait que l'intéressé soit un de tes proches ou non. Si l'un de tes proches ou de tes compagnons viole la loi, prononce contre lui le châtiment prescrit par la loi, même si cela t'est très pénible personnellement. Ce faisant, tu auras agi pour le bien de l'État. Si jamais les gens te soupçonnent d'être injuste envers eux sur n'importe quel plan, divulgue-leur le fond de ta pensée, et disculpe-toi de la sorte. De cette façon, ton esprit sera en harmonie avec le sens de la justice, et les gens se mettront à t'aimer. Cela exaucera ton désir de jouir de leur confiance.
La paix et les traités
Ne repousse
pas l'effort de paix que tes ennemis déploieraient eux-mêmes. Accepte-le, cela
plaira à Allah. La paix est la source du repos de l'armée. Elle réduit tes
ennuis et fait régner l'ordre et la stabilité dans le pays. Attention! Sois sur
tes gardes lorsque tu signes un traité de paix, car certains ennemis ne te
proposent un accord de paix que pour te rassurer afin de t'attaquer à
l'improviste. C'est pourquoi, tu dois faire preuve d'une grande vigilance et
ignorer leurs protestations de bonne foi. Mais une fois que tu auras accepté
les termes d'un traité de paix, tu devras les observer scrupuleusement. C'est
un dépôt qui doit être sincèrement respecté, et chaque fois que tu auras fait
une promesse, tiens-la de toutes tes forces, car quelle que soit la différence
d'opinion sur d'autres questions, rien n'est aussi noble que l'accomplissement
d'une promesse. Cela est reconnu même par les non-Musulmans, car ils savent les
conséquences désastreuses de la dénonciation des traités. Ne trahis donc pas
ton alliance, ne romps pas ton pacte et ne trompe pas ton ennemi, car ne pas
respecter une promesse, c'est une action contre Allah, et seul un insensé agit
contre Allah.
En fait, la
Promesse Divine est une bénédiction couvrant toute l'humanité. La Promesse
d'Allah est un refuge recherché même par les hommes les plus puissants de la
terre, car on n'y risque pas d'être trompé. Donc ne fais pas une promesse que
tu ne pourrais pas tenir, et n'attaque pas ton ennemi sans lui avoir adressé un
ultimatum, car seul un ignorant insensé oserait défier Allah qui, par Sa Miséricorde
infinie, a fait des traités et des pactes les instruments les plus inviolables
pour Ses serviteurs. En fait la paix qu'ils assurent est un refuge à l'abri
duquel tout le monde cherche asile, et au voisinage duquel tout le monde
s'empresse de séjourner. Le traité doit donc être dépourvu de toute fraude, de
toute duplicité et de toute tromperie.
Ne conclus
jamais un pacte qui prête à diverses interprétations, mais une fois que le
pacte est conclu, n'en exploite pas l'équivoque, si équivoque il y a, ni
n'annule un traité conclu au nom d'Allah, même s'il te cause quelques
difficultés. Comme la vie de l 'Au-delà nous réserve des récompenses, il vaut
mieux faire face aux difficultés que violer le traité et avoir à craindre les
conséquences d'un tel acte le Jour du Jugement.
Attention !
Abstiens-toi de répandre le sang sans une raison valable, car cela suscite la
colère du Tout-Puissant, expose le serviteur à Son châtiment le plus sévère, le
prive de Ses bénédictions, raccourcit la vie, et le Jour du Jugement, c'est de
ces crimes qu'il aura à répondre en premier lieu. Fais attention donc! N'aspire
pas à fonder la puissance de ton État sur le sang, car ce sang finira par
affaiblir l'État et le faire passer à d'autres. L'homicide volontaire ne
saurait être excusé ni par moi ni par Allah.
Le meurtre est un crime passible de la peine de mort. Si pour une raison ou une autre un châtiment corporel prononcé par l'État entraîne la mort du coupable dont le crime n'est pas passible de la peine de mort, répare l'erreur et n'expose pas le prestige de l'État à la réclamation du prix du sang que feraient les parents du défunt.
Les dernières instructions
Évite de
t'admirer, de te louer et d'encourager les autres à t'adresser des louanges
excessives, car la ruse sur laquelle compte le plus Satan pour empêcher les
bonnes actions des hommes pieux est la louange et la flatterie.
Ne surestime
pas et ne parle pas trop des faveurs que tu aurais accordées aux gens. Trahir
la promesse, c'est déplaire et à Allah et à l'homme. Allah, qu'IL soit Exalté,
a dit dans le Saint Coran : "Dire ce que vous ne faites pas est l'acte le
plus haïssable auprès d'Allah" (Sourate eç-Çaff, 61:3)
Ne te hâte
pas de faire quelque chose avant le moment opportun, ni ne l'ajourne lorsque le
moment juste de le faire arrive. Ne t'entête pas dans l'erreur et ne néglige
pas la rectification d'une faute. Accomplis chaque chose en son temps et laisse
chaque chose occuper sa propre place. Lorsque les gens s'accordent unanimement
sur quelque chose, ne leur impose pas ton propre point de vue, ni ne néglige
d'assumer la responsabilité qui t'incombe en conséquence. Car les yeux du
peuple seront fixés sur toi et tu auras à répondre de tout ce que tu leur auras
fait. Le moindre manquement au devoir apportera son propre châtiment. Contrôle
ta colère et retiens tes mains et ta langue. Le meilleur moyen de contenir ta
rage est de différer le châtiment (que tu comptes infliger à quelqu'un) jusqu'à
ce que tu sois calmé et revenu à toi-même. Tu ne parviendras à avoir la maîtrise
de toi-même qu'en te rappelant que tu finiras par retourner à ton Seigneur.
Il est
impératif que tu étudies soigneusement les préceptes qui ont inspiré les bons
et justes gouvernants, qui t'ont précédés. Garde bien à l'esprit l'exemple de
notre Prophète, ses Hadith et les commandements du Saint Coran, ainsi que tout
ce que tu as appris de ma propre façon de traiter les choses. Fais de ton mieux
pour exécuter les instructions que je t'ai données ici et que tu t'es engagé
solennellement à suivre. Par cet ordre, je t'enjoins de ne pas succomber aux
suggestions de ton propre cœur, ni de manquer de t'acquitter des devoirs qui te
sont confiés.
Je me
réfugie auprès du Tout-Puissant et dans Sa sphère illimitée de bénédiction, et
je t'invite à prier avec moi pour qu'Il nous accorde, à tous deux, la grâce de
céder volontairement notre volonté à Sa Volonté et de nous rendre capables de
nous bien acquitter de notre devoir envers Lui et envers Sa création, afin que
l'humanité chérisse notre mémoire et que notre action survive. J'implore Allah
de me combler de Ses bénédictions et je Le prie pour qu'Il nous assure, à toi
et à moi, Sa grâce et l'honneur de tomber en martyrs pour Sa cause. En effet,
nous retournerons à Lui. Que les bénédictions d'Allah couvrent Son Prophète et
Sa sainte progéniture. »
dimanche 14 septembre 2008
Mohammed et non Mahomet
Mahomet : Je ne connais pas ;
Mohammed : oui c'est notre Prophète
Lettre ouverte à l'Académie française
"Mesdames,
Messieurs les membres de l'Académie Française,
Conscient du fait qu'il vous incombe de veiller sur la langue française,
mission principale conférée dès l'origine par vos statuts, et que pour s'en
acquitter, votre respectable institution s'évertue à fixer la langue, pour en
faire un patrimoine commun à tous les Français et à tous ceux qui pratiquent la
langue française de par le monde.
Sachant que la phonétique de certains noms de personnalités qui ont marqué
l'histoire change selon les langues, tels que : Christophe Colomb, Moïse,
Avicenne etc…
Qu'il en va différemment de la phonétique du noble prénom du prophète de
l'Islam « Mohammed » qui n'a décidément pas eu très bonne fortune. En témoigne
la quarantaine de formes qu'a prises le nom du prophète en français et dans les
langues occidentales ; telles que Mahum, Mahoun, Machou, Macomet, Machmot,
Mahommot, etc. » (Revue : Le monde musulman. Edit. E. Leroux. n° X).
Que, plus particulièrement, la phonétique française du prénom du prophète de
l'Islam serait une déformation du sens originel de ce noble prénom qui donne en
arabe مَا حُمَد (Mâ Houmid : celui qui pas reçu, qui n'est pas digne de
louanges). Et signifiant « Celui qui n'est pas digne de louanges », « le maudit
», « l'exécré ».
Qu'en définitive, cette déformation dyslexique constitue tout simplement
l'inverse de la version arabe du prénom Mohammed محمد qui s'écrit avec 4
consonnes mîm, hâ' , mîm et dâl, et signifie : «le loué, le béni, ou le digne
de louanges».
Qu'au VIIème siècle, les membres de la tribu des Quraychites qui n'avaient pas
cru en le message du prophète de l'Islam, ainsi que les juifs et chrétiens
contemporains, lui ont collé ce sobriquet, par pure haine et dénigrement, du
fait que "Ma" en arabe signifie la négation en arabe classique du
sens originel du prénom, et par conséquent le déni de la prophétie dans son
ensemble.
Conscient également que cette déformation phonétique par les adversaires du
prophète de l'Islam était sans nul doute malveillante au VIIe siècle et qu'elle
constituait manifestement une insulte.
Que cette déformation est le fruit d'une ère révolue, et qu'elle est fortement
fautive linguistiquement (inversion du o et du a , t à la place du d, absence
du redoublement du m).
Qu'il est honteux de constater que cette déformation dyslexique ait traversé
les siècles et qu'elle se soit profondément ancrée dans les mœurs et la culture
francophones.
Qu'aujourd'hui cette déformation n'est forcément pas malintentionnée et que son
usage se perpétue par ignorance de son sens originel. Mais qu'il en serait
autrement si son maintien est par pur esprit de bravade ou que la persistance
de cette erreur phonétique traduise une attitude de défi insolent.
Qu'une erreur reste une erreur, même si elle a été commise durant des siècles.
Qu'une erreur, même "historique", est toujours susceptible de
correction.
Qu'au nom du respect que j'ai pour la personne du Prophète de l'Islam en tant
que musulman, et qu'au nom de l'amour que j'ai pour la langue française en tant
que seconde langue parlée dans mon pays (le Maroc).
Qu'au nom de tous les francophones musulmans qui seraient d'accord avec mes
propos.
En gardant à l'esprit que la lettre arabe ح (Ha' ) est profondément étrangère à
l'inventaire phonétique français et que sa prononciation est manifestement
difficile, voire même impossible pour des « bouches » occidentales.
Que la retranscription scripturale du prénom « Mohammed » est résolument plus
aisée que sa reproduction phonétique et que les statistiques démographiques
françaises actuelles parlent d'elles-mêmes : 52 099 personnes ont été
prénommées Mohammed en France depuis 1940 (Source : Insee).
Qu'en vertu de l'article XXIV des statuts de l'Académie Française stipulant que
« la principale fonction de l'Académie sera de travailler avec tout le soin et
toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à
la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ».
Qu'il serait par conséquent souhaitable que votre honorable Académie puisse «
épurer » les livres d'histoire, les encyclopédies, les dictionnaires ainsi que
les prochaines éditions d'ouvrages d'orientalistes ; de cette erreur phonétique
historique, et qu'elle ne retienne à l'avenir que les phonétiques
"Mohammed" ou "Muhammad", plus fidèles à la prononciation
arabe de ce noble prénom au lieu de la phonétique corrompue et historiquement
malintentionnée « Mahomet ».
A bon « entendeur ».
Signé : StrangerInTheNet, musulman francophone jaloux de son islamité et de sa
francophonité.
Vendredi 30
Mai 2008
sakeyou@caramail.com
jeudi 4 septembre 2008
La décadence
La décadence du monde musulman
A) L’identité
Chaque individu est défini par son identité. Cette identité est double, à la fois personnelle (physique, psychologique et spirituelle) et collective (religieuse, linguistique, culturelle, intellectuelle, socioprofessionnelle).
Il est évident que, contrairement à ce que les chimères occidentales modernes que sont les notions sacralisées de liberté et d’épanouissement individuels, exaltant hypocritement et dangereusement la singularité comme valeur supérieure, c’est notre identité collective qui, en réalité, est la plus importante, dans la marche de notre vie. De tout temps, à de rares exceptions près, c’est l’appartenance de l’homme à un système religieux, philosophique, culturel, politique, économique… bref, à une civilisation donnée, qui conditionne en très grande partie son parcours sur Terre, son niveau de vie, son statut social, son mode relationnel au sein de sa famille et de sa cité.
C’est cet ancrage culturel qui va former en grande partie l’esprit de l’individu, à savoir sa façon de penser, sa façon d’appréhender les autres, sa hiérarchie de valeurs, sa définition du bien et du mal, du beau et du laid, de l’important et du futile, de la réussite et de l’échec, en somme, sa conception du monde et de la vie…
Cela est d’autant plus vrai aujourd’hui que les moyens de pénétration de l’esprit humain ont atteint un degré de puissance, de sophistication et de subtilité inégalée dans l’histoire de l’Humanité. En effet, la scolarisation obligatoire, la présence dans 99 % des foyers de la radio et de la télévision, la vie culturelle (festivals, expositions, cinéma, théâtre, etc.) et puis, plus généralement, le mode de vie découlant de l’urbanisation, du niveau technologique et des structures politiques, financières, économiques et sociales, permettent aujourd’hui de formater l’homme moderne de façon massive et profonde, et ce, dès sa naissance. J’emploie le mot « formater », emprunté au vocabulaire de l’informatique, car je trouve qu’il donne une bonne image de cette réalité, que je veux décrire ici.
Allah et son Prophète (saws) nous apprennent, que l’esprit du nouveau-né est parfaitement pur (hadith sahih n° 1296 rapporté par Bokhâri, n° 4091 rapporté par Abu Dâoûd, n° 4807 rapporté par Muslim, n° 2064 rapporté par Et-Tirmîdhi et n° 8739 rapporté par Ahmed), et que ce sont ses parents (et par extension, la société) qui le construisent au cours de sa croissance, par imprégnation de ce qui va l’entourer. Notre société se charge donc, pour reprendre une image tirée du monde de l’informatique, non seulement de nous « bombarder » tout au long de notre vie, de millions de fichiers, constitués d’autant d’images, de sons et de mots, mais surtout, et c’est le plus décisif, de nous inculquer très tôt, un logiciel précis, par lequel ensuite, nous ferons l’appréhension de tout ce qui nous environne, et l’analyse globale et détaillée de notre monde et de notre vie. C’est par ce logiciel là, que nous élaborerons ensuite inconsciemment, nos ambitions, nos objectifs propres, la gestion et la hiérarchisation de nos activités diverses, et même le regard que nous porterons sur nous-mêmes et sur les autres.
Ce sont donc ces millions de fichiers, mais plus encore ce logiciel, qui constituent une civilisation donnée, et qui façonnent en grande partie la personne qui vit dans cette civilisation.
B) L'identité islamique
L’islam constitue, en lui-même, un système cohérent, une civilisation avec son propre logiciel et ses propres fichiers. L’islam implique pour celui qui veut l’adopter intégralement et profondément, un système complet de valeurs, à concrétiser par des actions à mener dans tous les domaines de la vie et du monde. Il constitue un plan divin global que le musulman s’engage, par sa shahada, à réaliser sur Terre quel qu’en soit le prix à payer, en sa qualité de représentant-mandataire légitime (khalifa) d’Allah sur la Terre (verset n° 30 de la sourate n°2).
L’islam est le logiciel de la vérité contre les logiciels du mensonge et de l’illusion, il est la source de lumière et tout ce qui n’est pas lui, est source de ténèbres.
L’islam, en tant que religion-civilisation, a donc sa propre hiérarchie de valeurs, sa propre grille de lecture du monde, sa propre cosmogonie, sa propre philosophie politique, sa propre doctrine économique et sociale, sa propre orientation culturelle, sa propre sensibilité esthétique, et tout cela conduit évidemment à constituer un mode de vie unique, complet et cohérent, concrétisant l’idéal de justice et de vertu visé par le plan divin.
Dans tous les autres domaines de sa pensée et de sa vie, le musulman est donc appelé à mettre en œuvre le plan d’Allah, et n’a donc rien à attendre de ce que peut apporter sur ce sujet comme sur les autres, les études et théories pseudo scientifiques des kouffar. L’islam est pure vérité, et cohérence totale, il contient, dans tous les domaines, tout ce dont nous avons besoin, et bien plus encore… Les kouffar n’ont donc rien à nous apporter de meilleur ni même de d’équivalent à notre religion, sauf ce qui en serait conforme, auquel cas je ne vois pas pourquoi attribuer plus de prestige ou de poids à la copie plutôt qu’à l’original.
Ce dont, à mon avis, il faut bien se rendre compte aussi, parce que c’est ça qui disqualifie dans l’absolu tout recours par un musulman à une doctrine ou un concept occidental, c’est que la civilisation occidentale moderne, et j’entends par moderne postmédiévale, en rupture avec sa propre tradition, est tout bonnement une monstruosité absolue, puisqu’elle est basée sur la volonté délibérée de construire un monde sans Dieu, sur l’idée que la marche du « progrès » est celle qui mène l’homme, non plus vers le vrai et le juste, mais vers l’utile et l’agréable. En vérité, si l’on se penche sérieusement et en profondeur, sur les fondements philosophiques réels de la civilisation occidentale moderne, l’on ne pourra alors que constater qu’elle n’a en fait pour but, que la transgression méthodique et massive de toutes les normes établies par Allah, en vue de l’« émancipation » de l’être humain du carcan religieux qualifié par elle, d’ « obscurantisme ». Son but est de construire un monde centré sur l’être humain (humanisme)… Un monde sans Dieu… Un monde contre Dieu ! Elle est donc ouvertement, une rébellion contre Allah, la rébellion éternelle et généralisée de la juiverie, maudite soit-elle. La civilisation occidentale actuelle n’est autre que la civilisation judéo-satanique, bâtie progressivement, patiemment et obstinément, depuis six siècles.
Cette civilisation étant diamétralement opposée à notre religion, il est dès lors primordial, à mon avis, de prendre conscience, qu’il est, je le répète, islamiquement illégitime d’intégrer dans une réflexion islamique authentique sur quelque sujet que ce soit, des éléments intellectuels occidentaux, même s’ils sont le plus souvent présentés comme objectifs, universels, ou « scientifiques », alors qu’en vérité, ils ne sont, la plupart du temps, que la partie immergée d’un iceberg idéologique détestable. D’ailleurs, notre Prophète (saws) bien-aimé va encore plus loin, puisqu’il nous recommande fortement de ne jamais demander quoi que ce soit aux Juifs et aux Chrétiens, à fortiori donc aux athées modernes (hadith sahih n° 4125 rapporté par Bokhâri, n° 16592 rapporté par Ahmed et n° 3159 rapporté par Abu Dâoûd).
C) L’occidentalisation
L’énorme problème, est que depuis un siècle environ, alors que le monde a toujours été divisé en de multiples civilisations et cultures, distinctes les unes des autres, avec des points communs et des divergences les unes par rapport aux autres, l’Occident a réussi à imposer progressivement, violemment et subtilement sa propre civilisation, ou plutôt, après avoir rompu avec le christianisme et s’être totalement judaïsé, son anti-civilisation basée sur les ténèbres du matérialisme, au monde entier.
Cette occidentalisation massive du monde a débuté il y a deux siècles environ, grâce à la révolution industrielle européenne donnant à l’Occident un avantage technologique et donc une puissance militaire énorme par rapport au reste du monde, ce qui lui permit de se lancer frénétiquement à la conquête de l’Afrique et de l’Asie. Cette conquête coloniale permit à l’Occident de détruire violemment toutes les structures politiques, sociales et économiques, et même religieuses, intellectuelles et artistiques du monde musulman, jusqu’à le mener au cataclysme juridique, moral et symbolique, que représente la liquidation définitive de la khilafa en 1924. Cette colonisation a en outre permis à l’Occident, de piller impunément, pendant ces deux derniers siècles, les richesses naturelles du monde entier, mais plus grave encore, d’y ébranler toute forme de civilisation autre que la leur. Cette occidentalisation massive et profonde du monde ne s’est hélas pas arrêtée avec la période de décolonisation entre 1945 et 1980, au contraire, elle ne fit que s’accentuer, menée cette fois-ci, sous couvert de développement et de progrès, par les nouvelles élites autochtones totalement lobotomisées par l’Occident, et qui approfondirent dans les populations intellectuellement ruinées et désarmées, cette fascination hystérique de l’Occident, ce terrible mépris de soi, si caractéristiques de ceux qui ne se rendent pas compte qu’ils sont tellement soumis, qu’ils ne peuvent même plus penser par eux-mêmes.
Enfin, cette occidentalisation massive de l’humanité s’achève depuis une vingtaine d’années, à la faveur de la chute du bloc communiste, avec ce que l’on appelle candidement la « mondialisation », qui n’est autre en fait, que l’achèvement de l’occidentalisation définitive du monde, dans tous les domaines de l’existence.
Tout cela fait que le musulman fut amené à subir une influence croissante de cette civilisation occidentale, s’opérant par paliers successifs.
Cela s’est traduit au départ par sa soumission politique, puis économique à l’Occident.
Puis vint l’adoption par le mimétisme le plus puérile et dégradant, du modèle politique (états-nations, constitutions, primat du politique sur le religieux), et économique (capitalisme, obsession de la rentabilité et du profit, financiarisation à outrance des activités humaines, concentration du capital, usure) occidental.
Ensuite, découlant de cette transformation structurelle radicale et profonde, vint l’adoption progressive du mode de vie occidental (centré autour de la production et de la consommation matérialiste comme unique activité valable, la nucléarisation de la famille puis l’individualisation croissante de chacun, et biensûr la recherche effrénée du plaisir).
Enfin, le musulman moderne se mit, depuis une cinquantaine d’années à adopter massivement des pans entiers de la culture occidentale (mode vestimentaire, régime alimentaire, architecture, mobilier, musique, expressions artistiques en tous genres, célébrations, mœurs, etc.), le conduisant à modifier progressivement sa façon de vivre et de penser, jusqu’à abandonner, hypocritement tout d’abord, ouvertement ensuite, des éléments de sa religion d’origine, et à chercher à en modifier le reste, pour la faire entrer de force dans le moule occidental, qu’il a intériorisé comme le seul possible, et dont il a même fini par tomber amoureux.
Une fois que l’on réussit à transformer le mode de vie d’un homme, il se met lui-même, inéluctablement et imperceptiblement, à modifier sa culture et son âme.
Le musulman moderne a donc finit par avoir encore quelques fichiers islamiques, mais gérés par un logiciel purement occidental, d’où le nombre croissant de « bugs », de contradictions, de confusions, de dysfonctionnements et de malaises, qu’il tente de résoudre par le recours aux nombreux, zélés et perfides intellectuels prétendument musulmans, qui se sont fait un métier de mener de subtils et pitoyables bricolages (présentés sous le label grandiloquent et anesthésiant de « contextualisation » ou d’ « ijtihad »), sous l’aile intellectuelle, évidemment bienveillante, de l’Occident… Intellectuels, qui ne reculent devant aucune couardise, félonie, compromission, ou manipulation, pour opérer ce travail de sape en profondeur de l’islam authentique, en échange de quelques miettes d’argent et de prestige de la part de leurs vénérés maîtres mécréants. Les enfants de Judas se portent bien…
Et lorsque, par sursaut d’honneur ou d’acuité spirituelle, le musulman sincère se met quelque fois à rejeter, parfois même violemment et à juste titre, la pensée occidentale, ou du moins certains de ses plus abjects aspects, son rejet est le plus souvent tragiquement dérisoire et stérile, dans la mesure où cette pensée occidentale honnie, est à la base même d’un mode de vie qui est désormais le sien, et qu’il accepte de gré ou de force. C’est là à mon avis la source invisible, malheureusement presque toujours incomprise ou négligée, de l’échec ou de la déviance de toutes les tentatives de renaissance islamique authentique qui ont émaillé ce dernier demi-siècle.
Le musulman moderne vit donc aujourd’hui comme un parfait citoyen occidental. Il suit le même parcours, il est animé des mêmes désirs, ambitions, peurs et goûts, il en est arrivé à se regarder par un œil occidentalisé, et vivre sa religion de façon uniquement folklorique… C’est le triomphe de la sécularisation, qui, après avoir abattu le christianisme, est en train d’abattre l’islam.
Ainsi, il donne généreusement un chèque au Secours Islamique contre la misère en Afrique, mais il consacre toute l’énergie de sa jeunesse à se positionner le plus haut possible dans la hiérarchie socioprofessionnelle instituée par le système économique et financier occidental, responsable précisément de cette misère, qu’il croit naïvement combattre par son chèque. Il fait des dou3a larmoyantes pour ses frères palestiniens, tchétchènes, afghans ou irakiens, martyrisés cruellement par l’Occident, mais il n’osera jamais prendre une arme et partir concrètement à leur défense. Il s’efforce de ne regarder que la chaine satellitaire islamo-bourgeoise Iqra, mais de préférence sur un home-cinéma Samsung à 2999 euro. Il met la mosquée El Aqsa en fond d’écran sur son pc portable, mais ce pc, il l’a acheté à un vendeur sioniste, dans un magasin sioniste, livré par un transporteur sioniste, de produits fournis par un fabriquant sioniste. Il n’achète pas de poupées Barbie à sa fille, mais plutôt une poupée Fulla, c'est-à-dire… une Barbie brune, avec un foulard sur la tête. Il dénonce l’Amérique arrogante et sanguinaire, mais est ravi de manger un cheeseburger halal… La liste est malheureusement longue et triste…
D) L'Apostaie rampante
Naturellement, si le musulman vit en parfait occidental, en s’inscrivant dans un système cohérent de valeurs et d’actes, une civilisation globale qui façonne sa vie, son identité et sa personnalité, il est parfaitement logique qu’ils subisse du même coup les mêmes problèmes physiques, psychologiques, socioprofessionnels, et même affectifs et relationnels que n’importe quel occidental.
Le grand problème qui se pose alors, est que, vivant en occidental et ayant donc des problèmes occidentaux, l’on tente de plus en plus de nous faire croire, parfois de bonne foi comme dans votre cas, qu’il pourrait exister des outils et des remèdes islamiques susceptibles d’apporter une solution spirituelle correcte à ces problèmes et permettre ainsi à ce musulman occidentalisé de s’épanouir et d’être heureux dans sa vie d’occidentalisé tout en étant à l’aise et intègre islamiquement.
C’est là à mon avis une énorme supercherie.
En effet, cela me fait penser un peu à toutes ces activités mielleusement promues, où l’on nous montre de jeunes bénévoles dégoulinants de bons sentiments, réalisant des animations divertissantes dans les maisons de retraite afin d’essayer d’égailler un peu la triste vie de pensionnaires en fin de vie, parqués là par une société qui n’a plus de temps à perdre avec ce qui n’est pas jeune, beau et dynamique… Au lieu de dénoncer ouvertement et tenter de rompre radicalement avec cette civilisation qui engendre ce degré abject d’égoïsme, à l’origine même de cette situation d’exclusion des personnes âgées, et bien non, on ne touche surtout pas au système et à ses fondements, mais on cherche à se donner bonne conscience en menant des opérations de charité et de compassion à bon compte, unanimement et niaisement louées.
En réalité c’est appliquer un pansement sur une jambe de bois, ça ne sert à rien, mais ça déculpabilise, on garde le logiciel mais on rajoute quelques fichiers tarte à la crème…
Nous nous retrouvons aujourd’hui confrontés au même type de problèmes au niveau de notre rapport à l’islam. Nous acceptons de nous insérer totalement dans le système occidental, mais pour chercher à remédier aux ravages multiples que cela ne manque d’entraîner, nous cherchons des réponses pseudo islamiques. Je dis « pseudo » parce que même si elles sont réellement islamiques, à savoir salat, dou3a, dhikr, qiyam, lecture du Coran, etc., elles ne le sont pas réellement, me semble t’il, dans la mesure où elles ne sont pas vécues comme outils de remise en cause indispensable, profonde et radicale du mode de vie occidental qui, depuis trop longtemps, est devenu le notre, mais uniquement comme une sorte d’ « aspirine » spirituelle, destinée à faire passer islamiquement la pilule occidentale empoisonnée...
On élabore une sauce islamique à un plat dégueulasse !
A mon avis cette démarche est certes compréhensible, mais complètement illégitime, absurde et vouée à l’échec.
Outre cette supercherie, cette démarche constitue, en plus, un très grave danger, susceptible d’achever la mise à mort de l’islam authentique.
En effet, en cherchant coûte que coûte de faire entrer l’islam dans le moule occidental, en acceptant qu’il ne soit plus, en fait, qu’une somme de petites touches de décoration incluses dans un système et un mode vie global occidental, nous en venons fatalement à réduire l’islam à un catalogue desséché en deux volets.
D’une part les détails rituels et juridiques : Comment faire correctement le woudhou, le ghusl, la salat, le hadj, ce qui fait ou non rompre le sawm, les interdictions alimentaires, la longueur de la barbe, la forme du qamis, la couleur du hijab, les dou3a à dire pour chaque circonstance, les règles précises du tejwid, etc.
D’autre part, les bons sentiments : Alors cela va de la miséricorde à la tolérance, en passant par l’altruisme, la charité, l’indulgence, le dialogue, la compassion, la générosité, la miséricorde, et j’en passe… Ce sont les sempiternels thèmes que les (faux) imams aiment tant ressasser dans leurs khotba insipides de jumu3a, ainsi que les (faux) cheikhs dans leurs conférences livides ou leurs livres engorgeant les rayons des librairies dites islamiques. L’on nous rabâche sans cesse les oreilles avec ces : « Il faut aimer ses parents » « Il faut être gentil avec ses voisins » « Il faut pardonner à autrui » « Il faut être pacifique et tolérant » « Il faut pas choquer les mécréants » « Il faut même leur tendre l’autre joue »… Bref, que du sentimentalisme creux, destiné à nous ramollir, à nous pacifier, à nous anesthésier, à nous inculquer une culture de la soumission.
Des détails juridiques insignifiants et du sentimentalisme moralisateur à l’eau de rose : voilà donc l’islam de France ! Voilà l’islam moderne !
Mais cet islam moderne, est en réalité vidé de son sens
profond, de sa force vitale, de son ambition de concrétisation du plan d’Allah
pour l’humanité. Nous abandonnons donc le véritable islam, vivant et
combattant, autonome et révolutionnaire, pour le remplacer par une pseudo
religion, une soupe sentimentalo-moraliste, qui peut, pour le coup, facilement
s’accorder avec le tout puissant… système occidental ! Effectivement dans
de telles conditions, il devient bien
sûr possible d’affirmer que l’islam est compatible avec la modernité, avec la
république, avec la laïcité… même avec le Koufr, pourquoi pas ! Oui mais
quel islam ? Cet islam au rabais, cet islam light, qui ne fait pas de
vagues, qui est vidé de tout ce qui peut heurter et remettre en cause sérieusement
la civilisation occidentale, qui nous a si habilement avalés.
Au fond, l’enjeu est là !
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