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A la reconquête de l'identité islamique authentique et décomplexée !

jeudi 2 avril 2009

L'effet de la foi et de la raison sur la formation de l'homme

bismi_lah




L'effet de la foi et de la raison sur la formation de l'homme



L'Islam voit dans la force de la raison un fondement dans la formation de l'homme et insiste pour qu'elle soit suivie dans la vie pratique et dans la pensée libre pour s'orienter dans les dédales de l'existence, pour être plus perspicace et apporter sa pleine contribution à l'ensemble de l'humanité.
En même temps, l'Islam ne privilégie pas totalement la raison de manière exclusive, en s'y référant abusivement, la trouvant même inapte à apaiser le feu des passions. Le rôle de la raison dans la       transformation de la vie ne doit pas être un rôle purement passif, mais doit contribuer à transporter l'homme de niveau de la vie animale à un stade supérieur qui le mette à l'abri de la tyrannie des instincts et de l'assouvissement des désirs.
La différence entre l'homme et les autres créatures ne réside pas seulement dans le fait qu'il soit doué de raison et de sens. L'homme domine le reste des animaux par sa foi et sa perception de cette foi. C'est pour cela qu'il est responsable, dans le système de la création, et qu'il doit se fier à sa foi et à son       entendement personnels vis-à-vis des aléas de l'existence et dans tous ses comportements et activités, individuels ou sociaux, ayant trait à ses préoccupation d'homme.

L'homme, dans sa quête du bonheur, a besoin d'un élément moral qui lui permette de mieux appréhender le monde. Cet élément c'est le discernement que Dieu nous accorde et qui nous évite l'inconscience et les déviations de l'âme. La foi en Dieu a une valeur intrinsèque dans la vie des gens. Elle est la source de la liberté individuelle et de la promotion humaine. Elle joue un rôle particulier dans le développement de la personnalité humaine.
Les effets de la foi en Dieu apparaissent dans tous les domaines de la vie. La foi restreint la pression des instincts animaliers de manière radicale et sauve l'homme des atteintes malsaines. Les résultats de la foi en Dieu sont la patience, la résistance aux tentations matérielles et donc la sérénité de l'âme. Par contre, la désobéissance à Dieu. le manque de sens moral et l'inclination aux désirs de l'âme briment la vie sentimentale et accentuent la faiblesse de la personnalité morale. Le manque de foi rabaisse l'humain du rang d'être vertueux à celui d'être barbare.
En ce qui concerne les systèmes pédagogiques mis en place par l'homme, ceux-ci n'ont pas la capacité nécessaire pour limiter les déviations de l'esprit et de combler les defficiences morales de l'humanité, car le système éducatif et scientifique moderne repose sur les éléments que sont la raison et la science, en excluant la foi en Dieu.

Max Planck, le célèbre physicien allemand, écrit:

"L'homme, au quotidien, a besoin de fondements nécessaires qui sont plus nécessaires pour lui que sa soif de connaissances scientifiques. Ces fondements doivent être mis à la disposition de l'homme, hors du système de la raison.
La raison doit faire place aux lois de la morale. de même que la connaissance scientifique doit céder le pas, parfois, devant la croyance religieuse."

Ainsi, si la direction morale n'arrive point à éveiller les consciences aux lumières de la religion, les fondements et principes terrestres humains ne pourront pas faire naître dans l'âme humaine les sentiments vertueux lui permettant d'assumer les responsabilités conversationnelles qui sont les siennes.
Nous observons que l'Islam n'a pas ordonné à ses disciples de fuir les plaisirs licites qui ont été accordés par Dieu à ses créatures. Bien au contraire. Certes, le Coran nous avertit que plonger dans une vie de plaisirs illimités et de confusion des réalités de la vie, en ne retenant que la seule dimension matérielle, ne convient point à une humanité vertueuse: "On a enjolivé aux gens l'amour des choses qu'on désire: femmes, enfants, trésors thésaurisés d'or et d'argent, chevaux marqués, animaux et champs; tout cela est objet de jouissance temporaire pour la vie présente. Alors que prés de Dieu il y a belle retraite."       

D'un autre côté, l'Islam ne rejette pas l'aspect matériel de la vie de l'homme, mais refuse plutôt le repli sur soi et le rejet des plaisirs licites: "Dis Oui a interdit la parure de Dieu qu'Il a produite pour Ses esclaves, ainsi que les excellentes nourritures?!. Dis: Elles seront, dès la vie présente, à ceux qui croient, exclusivement leurs au jour de la résurrection. Ainsi détaillons-Nous les signes pour les gens qui       savent."

Le renoncement aux plaisirs matériels signifie l'humiliation de la raison et l'élévation de la matière au rang d'objectifs de la vie. Les biens de la vie terrestre tentent, le plus souvent, les gens de peu de volonté et de foi qui n'ont pas cette force de contrôle dont dispose le vrai croyant et qui lui sert de guide.
En conséquence, l'Islam conçoit l'homme comme possédant une personnalité saine, doté d'un pouvoir de réflexion et persévérant dans la vertu, ce qui lui permet d'assumer son rôle principal, à savoir se construire lui-même et bâtir un société de manière juste en se libérant des chaînes qui l'enserrent, en fuyant les tentations sans pour autant renoncer aux plaisirs licites.

L'homme dont l'Islam parle comme d'un modèle d'éducation parfait est cet individu réfléchi, positif, efficace et bien élevé. C'est un homme dont on observe la droiture, la complémentarité, la réflexion et le comportement, dans tous les domaines de la vie. son âme, libre et bien éduquée, lui donne un équilibre qui lui autorise certains plaisirs sans verser dans l'excès matérialiste et de participer à la civilisation et progrès de l'humanité.
La première des étapes sur cette voie menant à la perfection est la purification de l'âme, signalée par le Coran comme préambule à l'éducation de l'être humain et l'acquisition des connaissances scientifiques: "C'est Lui qui a envoyé chez les gentils un messager des leurs qui leur récite Ses versets et les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse, quand même qu'ils fussent auparavant dans un égarement manifeste."

Ce principe fondamental qu'est la "purification de l'âme" est l'indication permettant de connaître la vraie nature de l'homme. Il n'y a pas, dans l'Islam, de références scientifiques matérielles qui pourraient       donner la valeur de l'homme, car ces références concernent un ou deux aspects et ne permettent pas de prendre en compte les autres facettes de la personne.
Certes, les sciences ressortissent de l'humain; elles sont le résultat du travail de l'homme et constituent ses acquis. La vie se fonde également sur ces sciences. Cependant, cette richesse matérielle doit être complétée par une richesse morale qui relève l'homme du monde physique au monde spirituel, lui permettant ainsi de palier les lacunes de la science. Car cela est plus facile à combler que les déficiences de l'âme.

L'émir des croyants (Ali) disait, à ce propos, ce qui suit;

"Si nous ne souhaitions pas le paradis et ne craignions pas ni l'enfer, ni récompense ni châtiment, nous serions tout de même obligés d'avoir de bonnes mœurs, car elles sont la voie de la réussite."

Il disait également:

"Résiste à la tentation avant qu'elle ne te domine, car si elle grandit elle te dominera et t'orientera sans que tu puisse la combattre."

"L'esclave de la tentation est plus vil que tout autre esclave."

"Celui qui vainc sa tentation préserve sa dignité."

Pour Wayne Durant:

"Notre raison et nos besoins sont comme le vent qui pousse les navires, mais nous ne devons pas laisser les voiles à l'abandon, car si nous leur cédons elles nous domineront et nous serions tels des esclaves ou des prisonniers. Chacun d'entre nous a pu voir, durant sa vie, des gens prisonniers de l'envie, du plaisir ou de la colère. Faute d'y mettre un frein, cela entraîne la dégradation des mœurs de l'homme. Je rappelle l'histoire bien connue des enfants de Kesroès-roi perse zoroastrien. Leur nourrice les laissait libres de faire tout ce qu'ils voulaient. Le résultat a été qu'ils sont devenus des incapables et des pervertis.

Donc, la primauté de la connaissance sur les penchants et les tentations est l'essence même de la raison et la base du self-contrôle qui sont le fondement nécessaire à la formation des caractères."

La volonté est au centre des activités et des responsabilités dans le système éducatif de l'Islam. L'homme étant doué d'une liberté de réflexion et d'exécution doit s'en servir de la meilleure manière possible afin de se consacrer à ce qui est son véritable objectif: son accomplissement.
Même si l'homme n'est pas totalement libéré des instincts qui le régissent, il demeure qu'il a toute liberté de choisir la façon d'y répondre et de d'y réagir. Sa volonté lui permet de contrôler ses actions et ses sentiments afin d'ouvrir la voie d'une activité mentale et spirituelle plus riche, c'est-à-dire de se forger une personnalité plus forte et plus profonde chaque jour.

Jacquaud disait:

"Pour empêcher l'implosion de la personnalité et sa multiplicité-qui réduit le self-contrôle-nous devons procéder à une utilisation et une division du temps très strictes. Car l'organisation de la vie selon des       programmes bien établis atténue les effets des impulsions et fait que l'inconscient accepte l'idée qui a pris corps.
Pour cela, il suffit de laisser libre cours à l'imagination pour régler nos activités, au moment le plus approprié ou avant le sommeil. Car cela cultive chez la personne une bonne habitude: la discipline et l'ordre. Ceux qui ne possèdent pas cette habitude et qui ne s'y préparent pas à temps verront des changements surprenants survenir à eux et auxquels ils ne pourront pas faire face. Les progrès qu'ils feront dans tous les domaines aideront à leur accomplissement grâce à cette organisation du temps.
Ceci n'est pas étonnant, bien que nous devrions savoir entraîner notre esprit à étudier les questions qui les préoccupent et à opérer les changements nécessaires, bientôt il sera en mesure d'atteindre ses objectifs.
La régularité préparera le terrain à une activité quotidienne accrue et cette augmentation s'accompagnera d'une augmentation des moyens d'action, d'un élargissement du champ des possibilités, d'un gain de données nouvelles et d'un accroissement des opportunités bénéfiques."

Il est certain que le combat de l'âme encline aux tentations est chose difficile. L'Islam, à cet égard, assure que la victoire contre les tentations dénote la force de caractère de l'homme. la grande fierté de l'être humain est de débuter son éducation spirituelle par un contrôle total sur les désirs et les tentations pour parvenir à se forger une réelle personnalité.

L'lmam Sâdeq disait:

"Force ton âme à éviter ce qui lui nuira avant qu'elle ne te quitte et œuvre à la satisfaire comme tu le fais pour gagner ta vie, car ton esprit est tributaire de ton travail."

Pour le Docteur Carrel:

"Le développement qui néglige l'esprit demeurera un développement incomplet. L'homme ne parviendra pas à la plénitude sans l'intervention de sa volonté. Chacun de nous sait que le développement des organes et des muscles du corps ne peut se faire que par un entraînement physique et l'individu ne peut prétendre devenir un champion sportif sans un entraînement régulier et soutenu.
De même, pour développer notre intellect, nous devons consentir les efforts nécessaires. Si l'élève ne       désire pas apprendre, le meilleur et le plus compétent des professeurs ne pourra rien lui inculquer. La lecture des œuvres morales ne rendra pas le lecteur plus pieux. ainsi, il est impossible de convaincre une âme dénuée de volonté."

Pour Bergson:

"Acquérir une personnalité, avoir telle ou telle vertu, ne peut s'accomplir que par un acte volontaire de la part de l'individu. Pour cela, l'intéressé doit puiser dans son âme et dans son corps tout ce qu'ils renferment comme volonté, énergie et force; qu'il organise son existence et sa vie intérieure du mieux qu'il peut; qu'il se forge une âme ferme et volontaire.
Les plus grands hommes sont, généralement, issus de petites familles pauvres, sinon misérables. Cette réalité historique apparaît dans l'histoire de l'humanité chaque jour. Chaque homme, ignorant ou savant, pauvre ou riche, jeune ou vieux, peut, s'il le veut, mobiliser toutes les énergies enfouies au fonds de son être pour réaliser ses objectifs."

Le Calife Ali disait, à ce sujet:

"La pire misère est celle de l'âme."

Il est vrai que l'homme pâtit plus du manque de spiritualité que d'un quelconque besoin matériel non satisfait. Lorsque l'esprit est malade du fait d'un manque de clarté et d'incompréhension, le mal gagnera la pensée et les sens et l'individu, dès lors, faillira dans ses activités. A partir du moment où l'homme perd son discernement et le sens du réel, il ne saura plus tirer profit des éléments matériels et des énergies qu'il porte en lui.
Celui qui croît en Dieu et se soumet totalement à son Créateur possède la pureté du cœur et de l'âme qui l'empêchera de succomber aux vices et au mal, car tout ce qu'il entreprendra sera lié à sa foi, à sa       conscience et à son comportement.

L'Islam, pour limiter la domination des tentations, lui propose un cadre organisationnel. Cette organisation vise à comptabiliser l'âme selon des règles et des principes fondés sur le discernement et la raison.       ainsi, se forme une adéquation entre les penchants de l'individu, en tant que personnalité indépendante et en qualité de membre de la société, qui le limite dans l'action à ce qui est convenu, c'est-à-dire préserve la société de l'individu et l'individu de la société. Tandis que l'homme pèse le pour et le contre, li aura à choisir entre ses intérêts personnels et ceux de toute la société.
Tant que son discernement et sa pensée sont paralysé, l'homme demeurera dans l'ignorance de la réalité et ne pourra déceler ses manques et les failles de sa personnalité. S'il lui était donné d'en prendre connaissance, ils serait désagréablement surpris et se prendrait à se haïr. Ainsi, Schoppenheimer dit:

"Tout comme l'homme ne ressent pas le poids de son corps, de même il ne voit point les mauvaises habitudes et les actions détestables qu'il commet. Au contraire, il a toujours tendance à rejeter sur les autres ses défauts et ses faiblesses. Nos semblables sont comme le miroir qui reflète nos défauts et faiblesses que nous ne pouvons voir nous-mêmes. Il nous semble alors voir dans ce miroir l'image d'autrui."

La personnalité croît selon un système de valeur dans la vie suivant lequel se développeront les qualités et les caractères. Si l'homme n'arrive pas à user de sa liberté raisonnablement et n'arrive pas à libérer de quelque manière ses instincts, il sera dès lors soumis à ses tentations. Il est évident que cela signifie un avilissement de l'âme et une humiliation de la nature humaine qui l'empêcheront de s'accomplir       pleinement et limiteront les horizons de la pensée et de l'esprit.
La seule voie pour réaliser l'équilibre nécessaire entre les déviations de l'âme et son accomplissement est de consolider le lien qui unit l'homme à Dieu, car plus l'on s'éloigne de Lui plus l'on y perd son discernement.

L'Islam sème dans le cœur des gens la graine de la vertu et de l'honnêteté et n'accepte pas de séparation entre l'action et la foi. Cette religion tente perpétuellement de faire que l'homme, à tout instant et pour toute occasion, sache que Dieu l'observe et le juge car Il est son Créateur et le Confesseur de ses secrets cachés.
Les vertus humaines lorsqu'elles manquent d'un socle qui les soutiennent ne peuvent s'ancrer       solidement dans l'âme. La foi joue, à cet égard, le rôle du socle naturel et du soutien dans la vie.
Nous devons, à ce stade de la réflexion, secouer la léthargie de notre esprit, recouvrer le discernement et voir la réalité en face. Cette prise de conscience suscitera dans notre esprit une impression étrange; l'impression de vivre une nouvelle vie ou de renouveler notre existence. L'absence de discernement influe énormément et durablement dans toutes les étapes de la vie. Elle rabaisse l'homme du stade de la vertu à celui de l'avilissement.

Ali a rapporté un certains nombre d'observations à ce sujet. Il disait:

"Evertues-toi à penser, cela te conduira vers le bien."

"Penser au bien pousse à le faire."

"Songer à entreprendre une chose, c'est déjà la réaliser."

Au sujet de la pensée, le Docteur Marden écrit:

"La pensée est partout présente dans le monde. Mais cette vérité est restée longtemps cachée et indiscernable durant tout le long de l'histoire de l'humanité. Et lorsque on s'en est aperçu, qu'on a entrepris de la considérer et de l'évaluer, on a cru que c'était une chose rare qui ne concernait qu'une élite. Durant ces dernières années, l'homme a décidé de soumettre la pensée à l'étude et en faire l'objet de ses enquêtes.
Les études nous montrent que nous avons la possibilité d'agir sur nos penchants, bons ou mauvais, en modulant nos pensées; que nous pouvons influencer les facteurs de notre monde extérieur et modifier leur impact sur notre moi de manière positive et acquérir ainsi le bonheur et la réussite, car l'éducation de la pensée n'a pas de limites et ses résultats sont innombrables.
La pensée est comparable au burin qui sculpte la pierre de la vie. C'est pourquoi, nous devons résolument orienter cet outil qu'est la pensée vers les buts les plus nobles et en user en vue d'atteindre les objectifs les plus louables et les plus nobles. Il suffit de faire appel, pour cela, à toute notre volonté.
Nul ne peut nier le pouvoir de la pensée. Elle accoroît les capacités de l'individu et peut influer radicalement sur sa vie.
Il faut se convaincre que si l'on dirige convenablement ses pensées, l'on ne peut que se ménager un avenir des plus radieux et la manière est toute naturelle et toute simple. Le rôle que joue la pensée dans les aspects matériels et spirituels apparaitra graduellement aux humains et ceux qui divergent aujourd'hui se rencontreront sur ce point à l'avenir."

      

Les dégâts des mauvaises pensées

      

Tout comme les idées positives engagent l'homme à entreprendre des actions fructueuses, les pensées malveillantes avilissent celui-ci. c'est parce que l'homme est un être qui pense et qui s'exerce à penser que le fait de penser mal ou de manière malveillante obscurcit l'âme humaine et l'empêche de faire le bien.
De même que chaque chose dans la raison de la nature se développe, la mauvaise pensée grandira dans l'esprit de l'individu pour se traduire ensuite par de funestes actions.
Un sage fut questionné un jour: Comment trouver le bonheur?. Il répondit: "Nous le trouverons dans la beauté de la pensée humaine". Ainsi, l'homme doit endiguer, en amont, les flôts de la malveillance qui risquent de polluer le lac de vertu où baigne son cœur. Ali disait:

"Force-toi à la réflexion et à demander pénitence, car cela effacera de ton cœur la haine et y glorifiera l'amour."

Il ajoutait: "Force-toi aux bonnes intentions pour que tes efforts soient couronnés de succès."

Changer les traits de caractères d'une personne est chose malaisée et ardue, cependant cela est possible si l'individu fournit l'effort nécessaire et se dote d'une volonté inébranlable et évite la mauvaise       pensée comme la mauvaise action. Cela est d'autant plus possible que l'homme est porté naturellement vers le bien, compte tenu de ses prédispositions innées.

Pour Calman Jacquaud:

"L'éducation de l'esprit ressemblerait en un sens à une armée disciplinée faisant face aux habitudes, qui au lieu d'attaquer de front celles-ci susciterait des idées et des sentiments dans l'inconscient de l'individu pour contrarier et annihiler ces habitudes. Ainsi, de manière graduelle, le cerveau va pouvoir faire la distinction entre bonnes et mauvaises actions. Mais, avant d'y parvenir, la première chose que l'on doit observer est de se rappeler la réalité suivante: on peut changer une habitude et soi-même on peut soulager définitivement l'esprit du mal qui le ronge et atteindre ainsi l'objectif souhaité. Il faut se rappeler cette vérité de façon continuelle et l'enraciner dans la conscience pour qu'elle devienne conviction.

Cette conviction-en vertu de la loi sur l'effet de l'éducation sous-tendue par le rappel incessant aura les caractéristiques d'une réalité absolue et l'inconscient se chargera de consacrer cette réalité en effaçant la conviction originelle que les habitudes sont incontournables ou irrésistibles.
Si l'on évalue le plaisir passager consécutif à la mauvaise habitude, l'on s'apercevra de sa futilité. l'on saura également que le mieux est de consacrer ses efforts à corriger les erreurs dues aux mauvais penchants et habitudes."

      

La relation des objectifs avec le développement

      

Ce qui peut faire de l'homme un être supérieur et, par conséquent, contribuer au développement de la personnalité c'est qu'il se fixe des objectifs nobles dans l'existence. Plus ces objectifs sont nobles, plus la personnalité de l'homme s'épanouit. Il est indéniable que l'Islam a de grands objectifs et une vision large et unificatrice. Les musulmans qui ont été éduqués sous la houlette du Prophète de l'Islam et de ses prédications ont établi des relations existentielles fermes et solides et se sont caractérisés par une personnalité élevée et originale. Les buts louables qu'ils se sont fixés leur ont permis de faire des progrès continuels.

Pour le célèbre psychologue américain Alworth:

"Les objectifs et buts sont considérés comme des caractéristiques spéciales et complexes de la personnalité, de même que les intentions et les projets que l'homme porte en lui annoncent l'avenir qu'il veut se préparer. Les intentions et les objectifs individuels optent pour des motivations bénéfiques et proposent un choix particulier. Les moyens licites et interdits ont un grand impact sur le développement et l'accomplissement de chaque individu.
De fait, comme le développement se poursuit à tout moment et à tout âge chez l'homme, il faut s'attendre à trouver un sentiment religieux développé aux stades avancés de la personnalité. Tant que le cerveau de l'homme croît et se développe, il tentera autant que possible d'étendre le champ de sa réflexion en usant de la démonstration analogiques, de l'analyse et de l'étude comparative des hypothèses comme moyens.
Tant que l'homme poursuit sa quête et s'y consacre, il découvre le besoin de la foi pour en user en tant que moyen de protection palliant à l'échec de la raison. Il se convainc que la foi l'aidera à surmonter les difficultés innombrables de l'existence.

La plupart des croyants sentent que la foi qui les anime prend sa source dans cette force surnaturelle qui est derrière toute chose et chaque phénomène naturel renforce leur conviction religieuse. C'est cette       conviction qui leur donne un but dans la vie et leur apporte paix et repos de l'âme.
La vision universaliste particulière des religions n'est rien d'autre qu'un ensemble de croyances, de pensées et de conceptions qui dominent et orientent le comportement humain.

      

La religion forme et prépare l'homme à se prémunir contre l'anxiété, les troubles, le doute, l'échec et le désespoir en même temps qu'elle le fortifie dans ses résolutions et engagements vis-à-vis de l'avenir et qui lui permet de trouver sa place dans l'univers, au sens intégral du mot et du concept."

      

La relation entre les activités spirituelles et physiologiques

      

Des études scientifiques ont démontré que les troubles psychologiques influencent le corps et le perturbent. D'un autre côté, l'esprit est affecté par les réactions chimiques qui ont leur siège dans le corps. Dès lors, nous pouvons comprendre cette réaction qui lie esprit et corps.
Bien que les scientifiques rapportent cette théorie aux temps contemporains-à ces dernières années même, nous pouvons affirmer que les textes islamiques ont traité cette question il y a plus de 13 siècles.

Ainsi, l'émir des Croyants (Imam Ali) disait à propos de l'effet des maladies de l'esprit sur le corps:

"L'anxiété épuise le corps"; il ajoutait également: "Celui qui obéit à sa colère précipite sa perte".

Le Prophète (saws) insistait sur la relation qui existe entre les réactions chimiques du corps et les dispositions d'esprit de l'individu et ses mœurs et disait:

"N'étouffez pas les cœurs par un excès de nourriture et de boissons car le cœur périt telles les plantes d'un excès d'eau". Il disait aussi: "Celui qui s'habitue à trop manger et boire endurcit son cœur et:       "L'obésité détruit la sagesse".

Le professeur Carrel disait:

"Les activités spirituelles sont liées aux activités physiologiques du corps et nous pouvons observer certaines transformations organiques lorsque nous suivons les différents cas psychologiques ou bien lorsque nous voyons certains cas psychologiques être affectés par certaines       activités organiques. En un mot, nous disons que cet ensemble formé du corps et de l'esprit est influencé par les facteurs organiques et psychologiques qui le transforment. L'exemple du corps et de l'esprit peut comparé à la statue taillée dans le marbre: on ne peut changer la forme de celle-ci sans casser la pierre ou la retailler.
Nous savons que les affections gastriques, intestinales et hépatiques ont une grande influence sur l'esprit, car les organes du corps secrètent certaines substances dans le sang qui auront une influence certaine sur les comportements spirituel et moral de l'homme.

      

Le rapport régissant les activités conscientes et les activités physiologiques ne concorde pas avec l'ancienne théorie qui plaçait l'âme dans le cerveau. Le corps, en réalité, est un tout formé par les forces spirituelles et physiques, tandis que la pensée serait le résultat des sécrétions produites par les glandes internes et le cortex. Ainsi, il est nécessaire que le corps participe à l'harmonie de l'esprit. En un mot,       nous disons: l'homme réfléchit et décide, aime et hait, souffre et jouit, invite et prie, tout cela grâce à son cerveau et à tous ses organes."       

Pour le célèbre psychologue C. Murphy:

"Durant la dernière décennie de ce siècle, il est apparu clairement combien les sentiments et les théories, ou bien l'amour et la haine étaient, chez les hommes, le symbole des combinaisons chimiques du corps.

La psycho-pathologie a clairement démontré cette relation d'interdépendance entre la santé corporelle et spirituelle, c'est-à-dire ce lien fonctionnel entre les réactions chimiques du corps et les choses de l'esprit et la relation entre réactions spirituelles et les réactions corporelles d'un autre côté. Nous ne pouvons plus, aujourd'hui, dire du système vital chimique dans le corps qu'il est l'élément fondamental dans l'organisation de la vie spirituelle. Nous devons donc aussi dire que les réactions spirituelles organisent le système chimique du corps. Le mieux serait de dire-comme l'indiquent les chercheurs-que nous faisons toujours       face à un système unique composé du corps et de l'esprit dans lequel le côté spirituel peut dominer mais que. par fois, l'aspect physiologique et chimique soit en première place."

      

Le terme "connais-toi toi-même" que citaient les anciens n'a plus, aujourd'hui, le sens de la prépondérance de l'esprit sur la matière sans âme, comme cela était le cas auparavant; comme il n'a plus le sens que lui accordaient les matérialistes du 19ème siècle et qui disaient: de même que le foie secrète une matière jaunâtre du "pancréas", le cerveau lui secrète les pensées.
Aujourd'hui, nous requerrons que soit admis comme principe élémentaire que dans la recherche de la connaissance de l'homme, l'aspect chimique et l'aspect spirituel soient convergents.


Source : http://www.albouraq.org/bibliotheque/cheminperfection/04.htm#4




vendredi 12 décembre 2008

Revenons à notre calendrier !

bismi_lah


Revenons à notre calendrier !


L'époque actuelle est dominée par la culture occidentale dans tous les domaines.

La codification des dates et du temps par la méthode grégorienne est un exemple de cette tentative d'hégémonie. Il est donc nécessaire de s'intéresser au calendrier islamique et à son approche unique de découpage du temps. Certains dirons qu'un calendrier n'est pas essentiel à la culture islamique. Que c'est simplement un moyen d'enregistrer le passage des jours, des mois et des années. Qu'en est-il réellement ?

L'enregistrement du temps et des dates a précédé la révélation du Prophète (saws) de plusieurs milliers d'années. Le développement d'un calendrier était vital pour l'étude de la chronologie, du fait qu'il s'agissait d'estimer le temps par des divisions régulières, ou périodes, et d'utiliser l'ensemble afin de dater les évènements. Cela était aussi essentiel pour toute civilisation qui souhaitait mesurer les saisons pour l'agriculture, le commerce... Le premier calendrier qui a été développé et qui correspondait à ces exigences fut le calendrier égyptien. Puis après modification et développement, il devint le calendrier julien (du nom de l'empereur Jules César), il fut utilisé par l'Europe de l'ouest pendant plus de 1500 ans. Ce dernier céda sa place au calendrier grégorien (adopté en 1582 par le pape Grégoire XIII), basé sur son prédécesseur avec pour différence principale l'insertion des années bissextiles. Il fut presque universellement adopté par le monde chrétien, car il tenta, maladroitement, de réunir, dans un seul système, la datation des fêtes religieuses, celles basées sur les phases de la lune, ainsi que celles basées sur la succession des saisons déterminées par les mouvements du soleil. Mais les périodes des phases de la lune et celles des mouvements du soleil sont divergentes.

Le calendrier hégirien, basé sur les phases de la lune et non sur les cycles du soleil, et celui qu'il nous est recommandé d'adopter en tant que musulman. Ce n'est donc pas un outil neutre que nous pouvons utiliser ou délaisser à notre guise, mais, ce calendrier lunaire, qui commence le jour de l'entrée du Prophète (saws) dans la ville de Médine fait partie intégrante de notre Religion. Rapporté par Sahl ibn Sa`ad : Les compagnons du Prophète (saws) ne prirent pas comme point de départ pour le calendrier musulman le jour où le Messager d'Allah (saws) fut envoyé comme annonciateur ou le jour de sa mort, mais le jour de son arrivée à Medine. [el-Bukhârî ] Un nombre conséquent d'obligations islamiques sont liées à ce calendrier : la Zakat, le Hajj, le Ramadhan. D'autres sont déterminées en fonction de lui comme la période de deuil, le veuvage... Le nom des mois islamiques étaient utilisés avant l'islam par les arabes de la jahiliya (l'obscurantisme pré-islamique). Les musulmans n'ont pas repris ces noms pour leur ressembler, mais parce que le Prophète (saws) les a utilisés. Les arabes de l'époque avaient pour habitude de manipuler à leur guise les mois, particulièrement les mois sacrés. Tandis que l'Islam considère le calendrier lunaire comme calendrier légal, une telle manipulation est prohibée.

 

إِنَّمَا النَّسِيءُ زِيَادَةٌ فِي الْكُفْرِ يُضَلُّ بِهِ الَّذِينَ كَفَرُوا يُحِلُّونَهُ عَامًا وَيُحَرِّمُونَهُ عَامًا لِيُوَاطِئُوا عِدَّةَ مَا حَرَّمَ اللَّهُ فَيُحِلُّوا مَا حَرَّمَ اللَّهُ زُيِّنَ لَهُمْ سُوءُ أَعْمَالِهِمْ وَاللَّهُ لاَ يَهْدِي الْقَوْمَ الْكَافِرِينَ

" Le report d'un mois sacré à un autre est un surcroît de mécréance. Par là, les mécréants sont égarés : une année, ils le font profane, et une année, ils le font sacré, afin d'ajuster le nombre de mois qu'Allah a fait sacrés. Ainsi rendent-ils profane ce qu'Allah a fait sacré. Leurs méfaits leurs sont enjolivés. Et Allah ne guide pas les gens mécréants." [9:37]

Ce verset interdit donc une telle pratique. Concernant l'origine des noms des mois, les Arabes les utilisaient bien avant l'islam. La plupart d'entre eux sont basés sur le climat du moment ou sur des évènements importants qui ont eu lieu pendant le mois en question.

1. MOUHARRAM – Le nom de ce mois tire son origine du mot haram qui signifie interdit. Une coutume en Arabie interdisait le combat durant ce mois. C'est un des quatre mois sacrés.

2. SAFAR – Ce mot signifie sifflement du vent. Quand ce nom lui fut attribué, c'était probablement une période venteuse de l'année. Comme nous l'avons mentionné, la plupart des mois furent nommés en raison des conditions climatique du moment. Toutefois, les mois étant lunaires, ils se décalent d'environ 11 jours par an, les saisons ne leurs correspondent donc plus.

3. RABI' EL-AWWEL – Le premier mois du printemps, il devait donc être le printemps au moment du choix de ce nom. 

4. RABI' ETHANI - Le second mois du printemps. 

5. JOUMADA EL-OULA – Le premier mois de l'été « jumada » signifie sec. 

6. JOUMADA ETHANYA – Le second mois de l'été.   

7. RAJEB – Un des autres mois sacré avant l'Islam. C'était l'un des mois les plus respecté par les Arabes. Il est aussi appelé « rajab al fard » - fard qui signifie seul – car les 3 autres mois sacrés se succèdent sauf ce dernier qui arrive seul.

8. SHA'BAN – Le nom de ce mois est dérivé du mot « chu'ba », qui signifie séparer. Les arabes avaient l'habitude de se séparer pendant cette période pour rechercher de l'eau.

9. RAMADHAN - Le nom de ce mois à pour origine le mot « ramda » : pierre chaude. Ceci nous informe qu'au moment de l'attribution de ce nom, la période devait être très chaude.

10. SHAWWAL – Du mot « chala » qui signifie « quand les chamelles était enceinte » cela devait donc correspondre à la période durant laquelle les chamelles étaient fécondées.

11. DHUL-QI'DAH - Du mot « qa'ada » signifiant s'assoir. C'est le troisième des mois sacrés durant lequel le combat était interdit. Les gens avaient pour habitude d'arréter leurs activités durant ce mois et de s'asseoir et de se préparer pour le Hajj (pélerinage). C'est aussi un mois sacré.

12. DHUL-HIJJAH – Ceci est le dernier mois sacré durant lequel le combat était interdit. C'est le mois durant lequel s'effectuait le pélerinage.


Source : http://albadil.edaama.org/articles.php?id_article=41&theme=conceptions


dimanche 16 novembre 2008

L'islam comme arme de résistance au mondialisme

bismi_lah



L'islam comme arme de résistance au mondialisme


jjcx06gfniqab_sTribune libre de David L'Epée (Unité Populaire, la section suisse d'E&R) publiée sur VoxNR, suivi du point de vue de Michel Drac, également membre d'E&R, pour Scriptoblog.



L'ISLAM : UNE ALTERNATIVE À QUOI ?


Si un bilan devait être dressé de ces premières années du XXIe siècle, nul doute – les historiens du futur en attesteront certainement – que la question de l’Islam occuperait une place centrale dans les sujets les plus marquants de la période que nous traversons. Cette période, qui débute à la chute de l’empire soviétique, sera vraisemblablement considérée avec le recul comme une parenthèse géopolitique, quelques décennies durant lesquelles, brièvement, aura triomphé l’unilatéralisme, le pouvoir d’une seule puissance : la puissance nord-américaine. Parenthèse, dis-je, car tout semble à l’œuvre un peu partout dans le monde pour nous ramener à plus ou moins brève échéance à une période de multipolarité, dans une sorte d’accélération de l’histoire qui se manifeste par des signes aussi éloquents que la remise sur pieds de la Fédération de Russie, la montée en puissance de la Chine, la régénération politique d’une partie importante de l’Amérique du Sud, le réveil du monde arabe, et, de manière générale, un regain d’agitation dans les zones contrôlées par l’empire étasunien (guerre d’usure en Irak, refus à l’Est des boucliers anti-missiles de l’OTAN, exaspération au Japon et en Corée du Sud face à la présence militaire américaine, tensions sécessionnistes au cœur même de l’empire, etc.). Je ne vais pas me prêter ici au jeu des perspectives et des paris quant à la forme que prendra demain le nouvel ordre mondial désaméricanisé mais je vais me pencher plutôt sur la période que nous traversons en ce moment, une parenthèse qui n’a rien d’une stagnation.

De l’actuel leadership étasunien on ne doit pas déduire que tout autre modèle alternatif a cessé d’exister depuis la chute de l’URSS. Le communisme est moribond, certes, mais l’histoire a horreur du vide et à un mouvement international d’opposition de masse ne pouvait que succéder un autre mouvement international d’opposition de masse. Cette opposition, nous le savons tous, a aujourd’hui le visage de l’Islam.

De Moscou à Téhéran, de la moustache du petit père des peuples à la barbe du prophète, les convergences sont frappantes. Les médias occidentaux ne s’y trompent pas, d’ailleurs, puisqu’ils réservent bien souvent aux musulmans le même traitement diabolisant et discriminatoire qu’ils réservaient hier aux activistes communistes. Même chasse aux sorcières, mêmes amalgames calomnieux, même stigmatisation, mêmes accusations délirantes de terrorisme et de subversion, et, bien sûr, même peur d’une infiltration massive de cette subversion au cœur même du monde occidental. Les conversions, l’influence idéologique de l’Islam déstabilisent l’establishment au même titre qu’hier l’adhésion des travailleurs au Parti ou aux syndicats rouges. La comparaison s’arrête là mais c’est déjà beaucoup.

Cette "prolifération" fait d’autant plus peur qu’elle est grandement favorisée par le contexte démographique. Pour des raisons culturelles et économiques qui ne sont un secret pour personne, les pays occidentaux à forte immigration musulmane sont aujourd’hui le théâtre de ce que nous pourrions appeler une substitution progressive de peuplement. L’équation en est simple : immigration musulmane massive + regroupement familial + démographie explosive de cette immigration + dénatalité indigène = substitution ethno-culturelle d’un peuplement à un autre sur un territoire donné. La question de savoir s’il faut le déplorer ou s’en réjouir n’entre pas en ligne de compte dans cette analyse, il s’agit de faits et de faits indiscutables. Une certaine gauche applaudit au nom de l’idéologie multiculturaliste et xénophile tandis qu’une certaine droite vitupère au nom des vieilles chimères ethnocentristes et racialistes, mais, une fois de plus, les extrémistes des deux bords ont un train de retard et l’histoire ne les a pas attendus. Relevons tout de même qu’en dépit du discours cosmopolisant véhiculé par les médias du système, les immigrés migrent très rarement par choix ou par amour de leur terre d’accueil et les musulmans sont loin, c’est le moins qu’on puisse dire, d’être des fanas du métissage généralisé…

La question se complique encore – et devient plus intéressante – quand on sait qu’en plus de ses atouts démographiques, l’Islam peut compter, de plus en plus, sur un pouvoir de séduction qui va grandissant. Un exemple paru dans la presse il y a quelques mois m’avait particulièrement frappé. Un groupuscule islamiste qui fomentait des attentats en Allemagne avait été démantelé et ses membres arrêtés. Le seul hic de l’affaire, qui lassa les forces de l’ordre dubitatives, c’est qu’un nombre important des membres de ce groupe armé n’étaient ni des migrants arabo-musulmans ni des fils d’immigrés mais de jeunes Allemands de souche ! Doit-on vraiment s’en étonner ? L’Europe de l’Ouest, tout comme les Etats-Unis, n’est-elle pas un terrain particulièrement propice aux menées du prosélytisme islamiste ? Deux des plus grands "idéaux de masse" de notre histoire – le christianisme et le socialisme – ayant quasiment tiré leur révérence ou étant sur le point de le faire (ce constat s’applique particulièrement à notre coin d’Europe), il se trouve que nous n’avons rien de crédible à opposer à cette formidable espérance que représente l’Islam pour des millions et des millions d’individus à travers le monde. L’histoire a horreur du vide, je l’ai dit, et une place délaissée ne reste jamais longtemps vacante. Ceux qui, chez nous, s’étonnent du nombre croissant de conversions de nos compatriotes à la foi musulmane n’ont vraisemblablement pas compris que l’homme ne vit pas que de fêtes et de shopping, comme ils n’ont de toute évidence pas compris non plus que si nous n’avons à opposer à l’Islam que notre économie de marché et notre consumérisme hédoniste, alors c’est que nous avons déjà perdu.

La séduction de l’Islam s’exerce avant tout dans nos quartiers les plus défavorisés, de par la forte présence d’immigrés arabo-musulmans bien sûr, mais aussi pour des raisons beaucoup plus profondes. Ces raisons tiennent en grande partie à ce que nous appellerons les "convergences morales" qui existent entre certaines valeurs de l’Islam et les valeurs propres aux classes populaires de notre société. Ces valeurs recoupent en gros ce que Georges Orwell appelait la comon decency, soit un ensemble d’idées très précises de « ce qui se fait » et « ce qui ne se fait pas », un certain sens de l’honneur, de la famille, une certaine fierté identitaire et une virilité exacerbée. Virilité que beaucoup de jeunes travailleurs font leur, parce qu’elle correspond à l’image qu’ils souhaitent donner d’eux-mêmes et parce que les bas salaires qu’ils touchent (quand ce n’est pas l’absence pure et simple d’un emploi) sont au contraire ressentis par eux comme des facteurs humiliants de dévirilisation. Compensant ainsi leur faible pouvoir d’achat et leur impuissance à exercer une influence réelle sur la société qui les entourent, ils se laissent souvent séduire par un Islam viril – machiste, diront certains – qui leur enseigne le respect des aînés, de la mère notamment, et qui leur apprend à se prémunir physiquement contre tout affront les visant ou attentant aux valeurs que nous venons de mentionner (1). En un autre temps, ces jeunes Européens, à la recherche de valeurs du même type, se seraient identifiés à une expression européenne, culturellement enracinée, de ces valeurs – le catholicisme, le scoutisme, telle ou telle mouvance philosophique ou culturelle ou que sais-je encore – mais le fait est que l’Europe moderne ne propose plus aucune de ces alternatives. Comme l’explique l’essayiste Guillaume Faye (auteur à prendre avec des pincettes mais qui a parfois des éclairs de lucidité), « le surgissement de l'Islam radical est le contrecoup des excès du cosmopolitisme de la modernité qui voulut imposer au monde entier le modèle de l'individualisme athée, le culte de la marchandise, la déspiritualisation des valeurs et la dictature du spectacle. » (2) Le choix de l’Islam par certains de nos compatriotes n’est tout de même pas qu’un choix par défaut, certes, mais on ne voit guère en même temps quelle autre offre morale et spirituelle pourrait lui faire concurrence.

Ceux parmi nous qui, sous l’influence débilitante des médias à discours unique, voient l’Islam banlieusard comme un univers barbare où les mosquées côtoient les caves à tournantes, sont donc bien loin de la réalité. Le fait est que ces médias cherchent sciemment, à chaque manifestation d’incivilité des jeunes immigrés arabo-musulmans (ou de ceux qui les côtoient) à mettre lesdites incivilités sur le compte de l’influence pernicieuse de l’Islam, comme si le Coran préconisait à ses lecteurs de dealer des stupéfiants, d’agresser les chauffeurs de bus, de brûler les voitures et de violer des femmes en bande. On présente les voyous en Lacoste et en casquette de base-ball comme des sectateurs de Mahomet alors que nous savons pertinemment que ces gens-là ont été allaités au rap américain, aux vidéos porno, à la culture bling-bling de MTV et au fantasme de l’argent facile entretenu par la pensée ultralibérale. Rien de commun avec l’Islam, on en conviendra. Rien de commun entre ce lumpenprolétariat acculturé et hyper-consumériste et la République islamique d’Iran, par exemple, qui développe jusque dans le domaine de la publicité une méfiance soutenue face aux écueils de la société de consommation (3). Rien de commun entre ces ados décérébrés accros aux sites X et les activistes musulmans du Maghreb en guerre contre Canal+ et son Journal du Hard (4) . Ceux que d’aucuns appellent les "racailles" ne sont en définitive pas des musulmans en puissance – ce sont des Américains en puissance.

Serions-nous donc pris en tenaille entre deux modèles antagonistes de société (le musulman et l’étasunien) dont aucun n’est vraiment le nôtre ? Serions-nous donc déjà hors de la course, sommés de choisir entre deux conceptions de la vie dont aucune n’est européenne ? Je me souviens d’un slogan identitaire qui avait circulé en Suisse il y a quelques années sous forme de graffitis sur les murs et qui disait "ni McDo ni kebab". Une certaine conception de la neutralité suisse, dira-t-on… Ce type de slogans, construit sur le vieux modèle du célèbre "ni trust ni soviet" de la guerre froide, ne va certes pas chercher bien loin mais il met en exergue cette question du retour de la bipolarité mondiale que j’évoquais au début de cet article et l’abyssale absence de l’Europe dans le nouveau jeu géopolitique et idéologique qui est en train de se dessiner. Si nous ne parvenons pas sur le moyen terme à régénérer ce que nous pourrions appeler une vraie pensée européenne (et je me permets de ne pas être très optimiste sur ce point), il viendra immanquablement un moment où il nous faudra affronter ce choix difficile et prendre parti, au moins à titre individuel, pour un des deux camps en présence. Lequel ?

En pleine guerre froide, Alain de Benoist, éminent intellectuel français, s’était, sur le même modèle, élevé au dessus des préjugés anticommunistes en cours dans les milieux qu’il fréquentait (la "nouvelle droite") et il avait écrit, s’attirant la foudre de nombreux de ses camarades : « Certains ne se résignent pas à la pensée d’avoir un jour à porter la casquette de l’Armée Rouge. De fait, ce n’est pas une perspective agréable. Nous, nous ne supportons pas l’idée d’avoir un jour à passer ce qui nous reste à vivre en mangeant des hamburgers du côté de Brooklyn. » (5) En remplaçant la casquette de l’Armée Rouge par le keffieh palestinien, nous aurions, je crois, un énoncé clair du dilemme qui est aujourd’hui le nôtre, à nous jeunes Européens.

J’étais, il y a quelques jours, assis dans le bus à côté d’une femme voilée entourée de trois ou quatre enfants en bas âge et je feuilletais Le Matin Bleu. Il était question, dans la brève que je lisais (car il n’y a que des brèves dans Le Matin Bleu) d’une jeune Italienne qui participait en ce moment à une émission de télévision où elle avait mis aux enchères sa virginité ; elle espérait au moins empocher un million et demi d’euros. Le journaliste expliquait que ce nouveau concept à la mode nous venait d’outre-Atlantique (allons donc !) où l’hymen d’une jeune Américaine avait trouvé acquéreur sur Internet pour la somme faramineuse d’1,2 millions de dollars. Et la jeune fille d’expliquer : « Je n’ai pas de dilemme moral, nous vivons dans une société capitaliste. » Ecœuré, j’ai refermé mon journal et je me suis surpris, sans y penser, à observer cette mère de famille voilée en train de parler à ses enfants. J’ai alors réalisé l’abîme incommensurable qui séparait ces deux mondes, celui – fait de droiture et de préceptes stricts – de l’Islam, et celui, jouisseur et cynique, d’un Occident abandonné aux ravages du libéralisme apatride. Ces deux sphères idéologiques sont résolument inconciliables.

S’il fallait vraiment choisir – et quant à moi, je ne le ferais pas de bon cœur car ce combat n’est pas le mien – alors il faudrait peut-être se poser une question très simple : préféreriez-vous que votre fille se convertisse à l’Islam ou qu’elle mette sa virginité aux enchères sur Internet ? Quant à moi, je n’hésiterais pas une seconde.

David L'Epée

Source
: http://www.voxnr.com


Notes

1 - J’ai voulu mettre l’accent sur cette question de la virilité parce qu’aux dires de nombreux musulmans (et on ne peut pas entièrement leur donner tort), c’est précisément ce qui ferait défaut à notre actuelle conception de la vie. Je ne parle pas de la conception européenne en tant que telle mais de ce qu’elle est devenue depuis quelques décennies sous l’influence de certaines idées libérales et de la religion dite des "droits de l’homme". Il faut bien avouer que convertis comme nous le sommes à l’auto-masochisme, au reniement permanent de nos origines et au mépris de toutes les manifestations morales ou physiques de la force (à laquelle nous préférons maintenant des valeurs plus "féminines" telles que la douceur, les concessions, la tolérance), nous ne sommes plus vraiment de taille à tenir tête lors d’un hypothétique choc des civilisations. Evolution positive ou dommageable ? Je me permets de suspendre mon jugement.

2 - Guillaume Faye, "L’Archéofuturisme", éditions de l’Aencre, 1998

« L’Iran a interdit aux vedettes du cinéma et du sport de faire de la publicité, affirmant que les célébrités ne devaient pas promouvoir la culture de la consommation. "L’utilisation de l’image des artistes, des sportifs et des personnalités culturelles est interdite dans les publicités commerciales" a déclaré Ali Reza Karimi, directeur général du Ministère de la culture en charge de la publicité. Il a ajouté que les artistes et les célébrités "doivent promouvoir la culture des notions chevaleresques plutôt que celle de la consommation". » (AFP, 9 juillet 2008)

3 - « Le parquet antiterroriste de Paris a ouvert une enquête préliminaire après des menaces proférées à l'encontre de Canal+ exigeant que la chaîne cryptée cesse la diffusion de films pornographiques vers le Maghreb. La chaîne avait déposé plainte après avoir reçu un courrier anonyme fin juin. Son ou ses auteurs, qui se présentent comme musulmans, menacent de "faire sauter le siège" de la chaîne, situé au sud-ouest de Paris, si elle ne met pas fin à la diffusion chaque premier samedi du mois de son film pornographique, diffusé aux abonnés du Maghreb et du Moyen-Orient grâce au satellite Hotbird. » (AFP, 8 juillet 2008) Ce communiqué m’a rappelé un texte du libre penseur français Marc-Edouard Nabe, sympathisant anarchisant de la cause musulmane, qui écrivait dans son journal La Vérité (n°1, novembre 2003) : « La pudeur manque. Il ne faut pas s’étonner que ce soit à coups de bombes que certains cherchent à l’imposer. Oui, chaque attentat est non pas un attentat à la pudeur, mais pour la pudeur ! »

4 - Alain de Benoist, in. Eléments n°41, mars-avril 1981

jeudi 13 novembre 2008

Militer au milieu des ruines

bismi_lah


Militer au milieu des ruines...


Nous sommes indubitablement entrés dans une ère de recomposition politique. Depuis l’échec du FN à l’élection présidentielle, la droite nationale, canal historique, est convulsée de doutes et semble être entrée dans un processus irréversible se dislocation.

Monopolistique il y a encore 10 ans, elle est aujourd’hui bousculée à la fois sur sa droite par l’émergence d’une nouvelle génération qui se retrouve plutôt sur le positionnement des identitaires et sur sa gauche par l’irruption d’une gauche nationale qui a trouvé en la personne d’Alain Soral un porte-parole charismatique. Au milieu, la tendance catholique a pris ses distances avec un FN en voie de “marinisation” et, malgré une valse-hésitation, éprouve bien du mal se reconnaitre dans un MPF désormais rangé derrière Sarkozy l’Américain. Orpheline et sans parti fixe, ses meneurs sont, comme beaucoup à droite, demandeur d’une alternative nouvelle.


La fin des mouvements de masse

Reste toutefois à prendre en compte un contexte politique sérieusement sinistré. L’époque n’est plus au mouvement de masse, la dépolitisation des foules est générale et les vocations se font de plus en plus rares.

Désormais réservé à une caste d’experts ou de vieux bourlingueurs, le champ miné du politique offre bien des embuches aux néophytes qui, de plus en plus dépourvus de bagages idéologiques solides, se montrent mal à l’aise dans le maniement des concepts et arguments. Ils font alors des proies faciles pour ceux qui, parmi nos adversaires, se disent nos amis et savent déguiser leur discours afin de mieux abuser de leur naïveté.

Le fait que la révolution des blogs sur Internet ait permis de faire émergé une population de cybermilitants et de forumeurs de qualité ne doit pas nous faire oublier la foultitude de ceux grossiers, médiocres, contreproductifs, ineptes, manipulés et brouillons qui ont inondé la toile. Ajoutons à cela, cette déplorable culture du pseudo qui permet au dernier des crétins de dire tout et n’importe quoi dans le plus total anonymat. Internet a ceci de profondément pervers qu’il procure au bloggeur anonyme l’illusion gratifiante de l’engagement militant sans lui en faire assumer les risques ni subir les conséquences.

Désormais, l’engagement politique emprunte des voies autonomes et individuelles qui permettent à tout un chacun de trouver rapidement une tribune en s’affranchissant de la difficile étape, pourtant hautement formatrice, du militantisme de contact dans le cadre d’un mouvement politique structuré. S’en suit un extraordinaire fourbi dans lequel s’insinuent manipulateurs malintentionnés, excentriques volubiles, amateurs facilement influençables, égos surdimensionnés et faux-amis retors qui n’ajoutent que de la confusion à la confusion. Qui se cache derrière tel site qui dégueule sa bile, dans le plus total anonymat, sur untel ou untel ?

Qui est derrière celui-là qui verse dans une surenchère islamophobe et ordurière ? Combien sont-ils réellement ceux-là qui se présentent, sur leur site, comme un mouvement révolutionnaire d’envergure nationale et inondent la toile de communiqués au contenu toujours plus grandiloquent ?

Ajoutons à cela que si Internet sait être un formidable outil de diffusion de nos idées, il peut aussi se révéler un redoutable amplificateur de discorde interne et d’auto-intoxication. La moindre brouille est alors relatée avec moult détails sur tel forum, abondamment commentée sur tel blog et déformée sur tel autre, et tout cela au vu et au su de tout le monde. Tout le monde se monte réciproquement le bourrichon en affirmant à qui mieux mieux qu’il représente un courant structuré et puissant en militants. Poudre de perlimpinpin que tout cela !


Une cyberagitation qui cache mal un cruel manque de bras

Ce qui semble surtout être la spécificité de notre époque, c’est cette extraordinaire cyberagitation comparée à la faible capacité de mobilisation militante, en termes humains et quantitatifs, des organisations politiques toutes tendances confondues dès lors qu’il s’agit de sortir sur le terrain du monde réel. Ce sentiment d’être constamment confronté à des forces ou des interlocuteurs factices est probablement la marque de fabrique de cette nouvelle façon de faire de la politique qui caractérise nos sociétés de l’abrutissement festif et de la virtualité médiatique.

Nous sommes entrés dans l’ère de l’intox tous azimuts dont l’unique principe repose sur la capacité à abuser ou à bluffer son adversaire. Dans ce jeu de dupes théâtralisé, les rapports de forces ne valent plus que pour ce que chacun veut bien leur accorder et dépendent essentiellement du crédit que leur donnent les médias de masse.

Une dizaine de salariés associatifs professionnels, filmée avec un angle fermé au JT du 20h, vitupérant des slogans aussi ineptes que généreux, suffit parfois à faire croire à une mobilisation portée par une adhésion populaire massive et spontanée. De même, une poignée de militants identitaires dont une action d’agitprop serait accidentellement médiatisée peut laisser entendre, à l’écoute des commentaires inquiets du journaliste, qu’un courant de fond est sur le point d’ébranler la société française. Nous savons qu’il n’en est rien.

Et malheureusement, si ces artifices suffisent parfois à tromper nos propres partisans, quelques journalistes crédules et des populations atones réduites à l’état de spectatrices, nous savons surtout qu’ils se montrent bien incapables d’inquiéter l’establishment qui sait, quant à lui, parfaitement à quoi s’en tenir sur la capacité de nuisance réelle des organisations politiques dissidentes.

A cet égard, l’ancien leader activiste d’un mouvement pacifiste outre-Atlantique des années soixante, Todd Gitlin, a dressé un bilan négatif des stratégies qui faisaient la part trop belle aux champs médiatiques. Il démontra de quelle manière “les médias choisissaient en vue de les rendre célèbre “les dirigeants du mouvement” qui correspondaient le plus fidèlement à ce que doit être un dirigeant d’opposition pour être conforme à ce que les clichés préfabriqués attendent de lui”. Les mouvements radicaux commencèrent alors à caler leurs choix tactique et stratégique sur les attentes supposées des médias, privilégiant ainsi le sensationnel sur le fond et le court terme sur le long terme. De façon pernicieuse, les médiatiques les incitèrent à abandonner leurs thématiques trop radicales pour une posture démago-militante plus acceptable, faisant la part belle à l’émotionnel. Exclus des plateaux, les radicaux authentiques furent réduits au silence et la scène de l’opposition politique finit par être phagocytée par une poignée d’hurluberlus pittoresques, tragicomiques et sans consistance.


Des frigos pleins au milieu du grand chaos

Il convient donc de repenser le politique à la mesure de la réalité d’aujourd’hui.

Grandes absentes des confrontations politiques, les masses tondent leur pelouse, vont à la pêche, bronzent à Paris-plage, dealent et gèrent leur petit bizness parallèle dans leur quartier sordide, s’avachissent devant des séries TV débiles, déambulent hagards au milieu des immenses travées d’hypermarchés, écoutent du rap en boucle, suivent des séances de fitness et draguent en “vélib”. Les populations votent encore, mais au quotidien elles se désintéressent magistralement des grandes questions politiques de leur temps, dont les débats ne rassemblent plus qu’une infime minorité dans le cadre de revues ou réunions publiques confidentielles.

Les médias, tous passés entre les mains de grands consortiums mondiaux, discutent en boucle de la violence routière, du problème des accès pour handicapé ou du manque de voies cyclables, prenant bien soin d’évacuer de leur tintamarre les vrais problèmes. Ainsi, les questions brûlantes n’étant jamais posées, les bonnes réponses à leur apporter peuvent-elles être reportées sine die et les mauvaises prises dans le plus grand secret, à l’insu du peuple, bien évidement. Qu’une telle attitude soit à terme génératrice de problèmes encore plus insolubles importe peu, tellement la confiance de l’hyperclasse mondiale en la capacité hypnotique des médias est grande. Le tapage médiatique s’amplifiera donc à mesure que la situation se dégradera.

Cet état de fait permet aux décideurs économiques et leurs comparses des ministères de continuer à mener leurs affaires en dépit d’une situation de chaos généralisé. Mais ne nous trompons pas, car si le système tient, c’est aussi parce que les fondamentaux sont là ! Quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, les ventres restent pleins, les frigos remplis et dans chaque foyer trône un écran plat géant de dernière génération. La réalité est là : la machine économique capitaliste tourne, croit et satisfait encore aux besoins premiers. Certes, le pouvoir d’achat baisse. La violence, l’égoïsme et la barbarie s’insinuent imperceptiblement partout, au travail, dans la rue, à l’école, au sein même des familles dites recomposées mais en fait décomposées. Sans aucun doute, le niveau culturel moyen s’est affaissé en dessous de seuils rarement atteints. Tout ceci est vrai et indiscutable.

Mais, répétons-le encore une fois, les frigos restent pleins. Ne pas vouloir voir cette réalité, ne pas la prendre en compte, c’est ne rien comprendre à ce massif courant de dépolitisation qui nous accable, l’élection triomphale de Sarkozy en étant une des vagues la plus visible. Dans les faits, la promesse de l’abondance capitaliste est remplie.


Des formes nouvelles de souffrance non perçues comme d’origine politique

Pourtant les gens souffrent, disent certains. Certes ! Mais les souffrances ont radicalement changé de nature.

Là où il y a un siècle les miséreux avaient faim et froid, aujourd’hui ils souffrent d’obésité quand ils ne sont pas insomniaques et gavés d’anxiolytiques. Les troubles modernes relèvent (en apparence seulement) de moins en moins de la politique et de plus en plus de la psychiatrie. Ils ne frappent plus des populations de déshérités, mais des individus mentalement paumés, plongés en une profonde déréliction et confrontés à une situation mêlant échecs existentiel, professionnel et affectif. On pense par exemple à ce père menant une vie morne, dont la femme est sous prozac, qui tente désespérément de reconstruire une relation affective avec sa fille anorexique. Quel discours politique tenir à cet homme profondément malheureux, mais dont le ventre est bien rempli ? S’il avait seulement faim, tout serait plus simple. Comment lui expliquer que ce qu’il vit n’est pas seulement le produit d’un échec individuel mais aussi la conséquence d’un projet de société matérialiste dont il est en quelque sorte une victime ? Comment lui faire comprendre qu’à ce titre, les tourments qu’il affronte appellent des réponses proprement politiques qui interrogent l’ensemble des postulats moraux de la modernité ainsi que tout le système de valeurs sur lequel elle repose ? Ce profond sentiment d’ennui qui le ronge, et avec lui toute l’humanité moderne - que d’aucuns cherchent à oublier dans l’aliénation par le travail et d’autres dans une boulimie consommatrice névrotique – offre-t-elle réellement une autre échappatoire que d’ouvrir son existence sur le tragique en jetant dans la balance le confort de sa vie réglée et bien rangée ?

Si les Français aspiraient vraiment à changer de vie, ils comprendraient que la seule issue pour échapper à leur condition serait de s’engager en en acceptant tous les risques. Or, il n’en est rien, car ils sont repus, et un homme repu est toujours un homme vautré, vide de toute volonté et abandonné par le courage. On voit bien ici l’extraordinaire difficulté du défi qu’il nous est donné de relever. A sa simple énonciation, on saisit la chimère d’une lutte qui emprunterait les moyens et techniques d’une persuasion simpliste.


Des mutations psychologiques majeures à l’œuvre aujourd’hui

A cet égard, c’est toute la formulation de notre discours politique qu’il faut repenser.

Pour viser juste, nous devons donc entrer dans le labyrinthe psychologique de nos contemporains afin d’en décrypter les mutations exercées sur eux par l’avènement de la postmodernité. Dans son ouvrage “La culture du narcissisme”, Christopher Lasch souligne le fait essentiel qu’un nombre croissant de psychiatres ont observé et décrit dans leur travail quotidien, depuis le tournant des années 50, une modification dans la forme des névroses faisant ainsi apparaitre des pathologies inconnues qui échappaient aux grandes catégories de diagnostics jusqu’alors établies.

Parmi ces troubles mentaux nouveaux, souvent définis comme des malaises vagues et mal définis, Lasch distingue clairement l’apparition en force d’un narcissisme de type pathologique qui s’est cristallisé tout au long de la seconde moitié du XXème siècle pour devenir le trait comportemental caractéristique de l’individu moderne. Ce diagnostic repose sur l’hypothèse d’une “continuité existant entre le normal et l’anormal”.

Autrement dit, l’apparition de nouvelles névroses dans les cabinets des spécialistes de psychiatrie, révèlerait en fait une évolution globale de la personnalité dans notre société. Lasch s’est alors appliqué à relever tous les indices d’une prégnance inédite du narcissisme sur notre société. Cette prégnance a remodelé les mentalités contemporaines au point d’avoir permis l’émergence d’une humanité nouvelle qui se reconnaît à “son désir ardent de bien s’entendre avec autrui ; son besoin d’être, même dans sa vie privée, en accord avec les grandes organisations ; sa façon d’essayer de se vendre comme si sa propre personnalité était un produit auquel on pouvait assigner une valeur marchande ; son besoin névrotique d’être aimé, rassuré et de se gratifier oralement ; l’aisance avec laquelle ses valeurs peuvent être corrompues.”

L’homme contemporain vit désormais sous le régime implacable de l’obsession de soi, se considère libre parce qu’ouvert à une sexualité tous azimuts, montre des signes patents d’hypocondrie, craint la dépendance affective, éprouve souvent une incapacité à s’affliger de la peine d’autrui et traverse l’existence dans la terreur de vieillir et de mourir.

Dépourvu d’un “sur-moi” élevé, le narcissique s’avère un individu dénué d’amour propre qui vit exclusivement par le truchement du regard des autres. Alors que la postmodernité chante en boucle le mirage d’un individu libre et émancipé, l’homme postmoderne, par son incapacité à assumer l’altérité solitaire et les relations conflictuelles, se révèle un être profondément conformiste et docile. Ceci explique pourquoi il fuit généralement l’affrontement et la compétition, qu’elle soit sportive ou professionnelle, pour leur préférer les manigances et les tactiques d’évitement. L’écart entre une image de soi innervée par un sentiment de supériorité et d’indépendance et la réalité d’une existence caractérisée par la fuite, l’esquive systématique, l’égoïsme, le renoncement, les petits reniements, la peur du qu’en-dira-t-on, un besoin d’être aimé et un reflexe de repli devant toutes les formes de rivalité alimente dans l’esprit de l’individu moderne de douloureuses frustrations enfouies ainsi qu’un profond sentiment de vide existentiel. Ce tiraillement insupportable cherche alors une évasion dans des formes de pathologie mentale, et notamment celle du narcissisme clinique. A cet instant, le narcisse moderne exprime l’impression nihiliste d’un malaise vague et indéfini, mélange d’une vie non accomplie, d’un quotidien factice strictement subordonné à tous les conformismes dominants auquel s’ajoute l’absence de valeurs propres réellement vécues et d’opinions clairement assumées, qui sont souvent endossées peureusement ou honteusement. Tel est le portrait type, à décliner à des degrés divers et sous des variantes multiples, d’un grand nombre des contemporains auxquels nous nous adressons !


Un nouveau type humain narcissique engendré par la société libérale

Les causes que pointe Christopher Lasch pour expliquer cette mutation survenue dans les psychologies occidentales sont multiples, mais toutes puisent leur élément actif dans les conditions sociales induites par le fonctionnement de la société libérale.

A ce titre, l’individualisme prôné par le libéralisme plonge chaque individu dans la sauvage bousculade d’une société ouverte à tous les conflits possibles et inimaginables. S’en suit un chaos que chacun est fermement sommé d’affronter seul. Ce sentiment de l’individu qui se regarde comme une monade cernée de toute part, notamment par la menace diffuse du tous contre tous, invite en retour le commun des mortels, par réflexe d’autoprotection, à se fondre dans la masse en se pliant aux plus vils des conformismes. C’est en partant de ce constat que Lasch arrive à la conclusion paradoxale que Narcisse, c’est-à-dire l’archétype même de l’individu libéral, s’avère être finalement celui le plus enclin à se conformer “aux normes sociales par crainte d’être puni par autrui”.

A ce titre, “l’éthique d’autopréservation et de survie psychique prend donc racine, non seulement dans les conditions objectives de la guerre économique, dans l’accroissement du taux de criminalité et dans le désordre social, mais également dans l’expérience du vide et de l’isolement.” Par ailleurs, l’idée trompeuse de vivre la fin de l’Histoire vient percuter de plein front l’équilibre familial. Ainsi, “les parents modernes tentent de faire en sorte que leurs enfants se sentent aimés et voulus ; mais cela ne cache guère une froideur sous-jacente, éloignement typique de ceux qui ont peu à transmettre à la génération suivante et qui ont décidé, de toute façon, de donner priorité à leur droit de s’accomplir eux-mêmes. L’association du détachement affectif et d’un comportement destiné à convaincre l’enfant de sa position privilégiée dans la famille constitue un terrain d’élection pour l’éclosion de la structure narcissique de la personnalité.”

Derrière les attitudes crâneuses se targuant de tendre vers un épanouissement immédiat se cache en fait la perception d’une société absurde, dangereuse, et surtout sans avenir ; autant de sentiments inspirés par un narcissisme incapable de s’identifier à une quelconque postérité. Tout se mesurant à la micro-échelle d’une existence étriquée, le fait de prendre des risques pour autre chose que sa survie propre est immédiatement analysé comme un comportement d’idiot. L’homme généreux, l’idéaliste, l’altruiste courageux ou le Saint se voient ainsi relayés au rang de simplets et de grands benêts. De facto, l’attitude narcissique non seulement est regardée comme socialement valorisante, mais constitue aussi, dans un environnement libéral, une des conditions nécessaires à la réussite professionnelle. La spirale peut alors dérouler son cercle infernal dont le terme n’est autre que la mort pur et simple du politique. Tout ceci doit nous inciter à comprendre que nous avons bel et bien changé d’époque et que le capitalisme avancé a, en quelque sorte, modelé une nouveau type anthropologique.


Le militantisme est le chemin de notre propre guérison

En conclusion nous pouvons dire que si l’on déplore que notre époque, rongée par l’individualisme, ne soit plus celle des grands mouvements de masse, force est de constater que le pendant de cette désertion collective fait la part belle aux minorités agissantes.

Avec peu de militants, il est aujourd’hui parfaitement possible d’occuper le vaste champ vierge du politique, à la seule condition toutefois d’aligner des militants parfaitement formés et courageux. Certes, le temps n’est donc pas aux foules en colère (pas encore du moins), mais comprenons bien que ceci le rend d’autant plus ouvert aux menées d’une élite militante pour peu que celle-ci soit déterminée et sérieuse. Mieux vaut donc viser la constitution d’une équipe locale d’une poignée de militants sérieux, disciplinés et capables de tenir un raisonnement individuel que de vouloir réunir cent excités incontrôlables et offerts à toutes les manipulations de l’adversaire.

Si notre époque est à l’élitisme militant, cela implique aussi que chaque militant doit se regarder comme un exemple. Or, le premier des exemples qu’il se doit de donner est celui du courage. Mais ne rêvons pas, le courage ne se décrète pas. Et ceci encore moins lorsqu’il doit être porté collectivement par tout un groupe. A cet égard, seule une solide et véritable chaine de solidarité et d’entraide militante pourra susciter l’éveil en chacun de nous de ce courage. Un courage hautement nécessaire et sans lequel toute entreprise politique est vouée à l’échec. Pour être efficace, cette chaine doit être polymorphe pour s’incarner dans des réseaux et sociétés parallèles dont leur but premier serait l’aide aux militants lésés. Cette chaine passerait par la mise en place de système d’aide à l’emploi, de mutualité d’entraide, de simili-agence immobilière, d’associations de rencontre communautaires, des cercles d’éducation privée faisant coopérer entre elles des familles. Autant cette tâche apparait comme un pont-aux-ânes, autant elle est probablement la plus difficile à mettre en œuvre car elle active chez nous les pulsions comportementales les plus atrophiées par le capitalisme terminal qui nous conditionne. En cela, elle nous invite à nous considérer comme des gens humbles voués à une vie d’abnégation et de partage. Ceci implique donc de louer les vertus d’une éthique en rupture totale avec les valeurs libérales. Ici encore, seule l’exemplarité pourra donner corps à cette éthique nouvelle, sans laquelle tous nos discours seront vains et condamnés à résonner dans le vide. Il ne s’agit donc pas de se mentir en cédant aux sirènes médiatiques ou en ne s’engageant que superficiellement. La politique ne doit pas être abordée comme un hobby mais bel et bien comme l’investissement d’une vie entière. C’est uniquement parce que nous serons exemplaires, en opposant au monde moderne un véritable contre-modèle humain, que nous triompherons.

Le militantisme doit d’abord et avant tout être un engagement intégral si l’on veut qu’il affute en nous les qualités humaines nécessaires. Comprenons bien que la modernité a fait de nous des hommes déglingués, de grands malades qui s’ignorent. Et ce n’est seulement que par le militantisme, dans l’âpreté d’une vie faite de lutte et de don de soi, que chacun d’entre nous trouvera le chemin de sa propre guérison mentale et morale. En quelque sorte, le moyen devient ici la solution. Là, et nulle part ailleurs, se situe la vraie rupture avec le monde moderne ! Quatre mots d’ordre doivent désormais guider nos pas : Détermination, Solidarité, Partage et Courage.

Karl Hauffen


Source
: numéro 12 d'ID Magazine


vendredi 5 septembre 2008

polygamie

bismi_lah


La Polygamie


            Alors s'il est un sujet qui est devenu ultra sensible dans notre communauté, c'est bien celui de la polygamie. Juste le terme est devenu un gros mot qu'on ose à peine prononcer... Il faut enterrer le sujet, le silence est de mise. La polygamie ? Connais pas ! Les musulmans et les musulmanes ne sont autorisés, à concevoir et établir de relation conjugale, que dans le cadre étroit et strict d’ « un » homme avec « une seule » femme.

             Le Prophète (saws) nous a informé qu'empan par empan, nous imiterions tellement les coutumes de ceux qui nous ont précédés que s’ils devaient entrer dans le trou d’un lézard, nous les suivrions. Ce hadith sahih (n° 6775 rapporté par Bokhâri, et n° 4822 rapporté par Muslim), selon l’explication du Prophète (saws), fait référence à l’imitation de la ligne de conduite des maudits juifs et des chrétiens par les musulmans. Il va de soi que cette imitation se fait aux dépens de l’imitation de la ligne de conduite du Messager d’Allah. Plusieurs exemples de la vie des musulmans prouvent, de manière flagrante, que les musulmans ont délaissé la ligne de conduite de leur Prophète (saws) en faveur de celle des mécréants. Une des preuves les plus visibles de cela est donc le point de vue actuel des musulmans concernant la polygamie.

             La polygamie se pratique pourtant depuis des milliers d’années. Elle a été permise par Allah et a été de ce fait pratiquée par presque tous les prophètes et leurs compagnons. Plusieurs textes historiques viennent corroborer cette évidence, y compris la version actuelle de la Bible.

             Lorsque le Coran fut révélé au Prophète Mohammed (saws), la polygamie continua à être permise, tout en étant simplement limitée à 4 épouses maximum. La polygamie, comme chacun sait, était une pratique courante au temps du Prophète (saws), qui, lui même l’a pratiquée jusqu’à sa mort. Il eut ainsi, selon les sources, entre 11 (selon Bokhâri) et 20 (selon Tabari) épouses, dont au moins 9 simultanément, en plus de 2 (ou plus selon les sources) esclaves. De même Abu Bakr a eu 4 épouses, Omar ibn el-Khattab en a eu 7, Othman ibn Affan en a eu 8, Ali ibn Abi Taleb (as) en a eu 9, etc. (voir Chroniques de Tabari).

            Bref, le Prophète (saws) et ses principaux compagnons, que nous prétendons sans cesse prendre pour modèles, étaient tous polygames, mais bizarrement, la polygamie… ben non, c’est pas bien…


Longtemps encore après la mort du Prophète (saws), toutes les sociétés musulmanes, lorsqu’elles étaient encore libres et fières de leur héritage, considéraient la polygamie comme étant tout à fait naturelle et normale. Cependant, ce point de vue fut altéré lorsque les musulmans, depuis la chute de la khilafa, commencèrent à adopter la culture, les croyances et les lois des kouffar, celles de l’Occident colonisateur.
            

Indubitablement, les musulmans ont hélas été influencés par les mouvements de "libération" de la Femme dans leur approche concernant la polygamie. Quant à son impact dans leur vie, leur point de vue est mitigé. De nombreux  musulmans ont carrément adopté le point de vue occidental en considérant ouvertement la polygamie comme arriérée, décadente et oppressive pour la Femme, si bien que des pays ex-musulmans (Turquie, Tunisie, Azerbaïdjan, Albanie) ont depuis longtemps déjà décrété sa prohibition pure et simple (la propagation de l’adultère et autres vices dérivés, dans ces sociétés, étant, elle, très fortement encouragée !), sans que cela ne soulève trop de protestations parmi les musulmans. Fort heureusement, certains musulmans reconnaissent encore que cette prohibition constitue tout simplement de l’apostasie et, par souci de fidélité à leur religion, ils abordent ce sujet de façon plus modérée. Cependant le point de vue occidental sur la polygamie règne toujours dans leur esprit et leur quotidien.

            

            Lorsque ces musulmans abordent la question de la polygamie, ils ont en fait tendance à considérer que la polygamie serait une exception alors que la monogamie serait la règle, si bien que nous pouvons trouver l’affirmation suivante : « une [femme] est meilleure pour vous », dans les traductions du Saint Coran les plus répandues, alors que le Saint Coran en langue arabe ne contient aucunement cette affirmation, la traduction du sens du verset étant plutôt : « Epousez les femmes de votre choix, deux, trois ou quatre. Si vous craignez d’être injuste (envers elles) alors n’en épousez qu’une seule, ou ce que possède vos mains droites (des esclaves), ce serait mieux pour vous afin que ne commettiez pas d’injustice » (verset n° 3 de la sourate n°4).

            

            Si nous devions donc déduire une norme de ce verset, ce serait clairement celle de la polygamie. Supposons que l’on dise à une personne : « Donne-moi 20, 30, 40 euros, mais si tu juges que c’est trop pour toi, alors donne moi seulement 10 euros », la personne saura immédiatement que la somme visée et satisfaisante sera 40 euros, et que les sommes inférieures seront certes acceptées, mais par défaut. Bien que dans cet exemple, nous serions unanimes à reconnaître cela, l’Occident nous a tellement influencés que pour la polygamie, nous avons inversé la norme.


De plus Ibn Abbas (as), le proche compagnon et cousin germain du Prophète (saws) a même explicitement proclamé la supériorité de la polygamie sur la monogamie, en disant à Sa3id bin Jabir qui le rapporte (hadith n° 4681 rapporté par Bokhâri et n° 2070 rapporté par Ahmed) : « T’es tu marié ? Non, répondis-je, il a m’a dit alors : marie toi car le meilleur de notre communauté est celui qui a le plus de femmes ! »

            

             Les musulmans ont également tendance, pour multiplier les obstacles à la polygamie, pour ne la permettre que sous certaines conditions, très strictes, bien que ces conditions n’eussent absolument pas existé, ni au temps du Prophète (saws) et de ses compagnons, ni à celle de la seconde génération, ni des suivantes. Parmi les conditions inventées les plus répandues : il faudrait que la deuxième, troisième ou quatrième épouse soit veuve, divorcée avec plusieurs enfants, qu’elle soit extrêmement pauvre, laide, ou qu’elle ait un handicap physique ou mental, qui rendrait quasi nulle la probabilité qu’un homme puisse la prendre comme épouse. Cette fausse condition ne se base évidemment sur rien.


Une autre fausse condition est parfois invoquée : il y a déjà suffisamment de célibataires comme ça, il faudrait que tous les frères célibataires du quartier soient déjà mariés avant qu’un homme ne puisse prendre une seconde épouse. Là encore, de quel verset ou hadith sort ce raisonnement débile ? Non, il sort plutôt de l’argumentaire du parfait petit musulman esclave de l’Occident.


La pseudo condition la plus répandue enfin : il faudrait que la première épouse donne son consentement, sinon, l’homme n’aurait pas le droit d’épouser une autre femme. Là encore, alors que ce dernier point, qui a carrément été intégré à la loi civile au Maroc ou en Algérie par exemple, ne se base sur aucun verset ni hadith quelconque, mais uniquement, une fois de plus, sur la terreur qu’ont les élites islamiques officielles corrompues d’assumer leur véritable religion, et leur volonté farouche de faire entrer les musulmans dans le sacro-saint moule occidental. Bien entendu, le mari n’a aucune « autorisation » à demander à sa première épouse, il peut même se marier avec une deuxième épouse sans même en informer la première.


La question de la polygamie est devenue tellement sensible, que même les musulmans qui n’émettent pas ces conditions, manifestent malgré tout pour elle, un certain mépris au fond d’eux-mêmes. Dans les assemblées de femmes pratiquantes, ce sujet n’est presque jamais traité positivement. Au contraire, lorsque la question est soulevée, un des premiers points évoqués, à coup sûr, est le fait que la plupart des hommes ne pratiquent pas la polygamie correctement, par conséquent, elle doit être évitée. Autre point : la plupart des hommes n’ont pas les moyens de la pratiquer, par conséquent ils ne doivent pas y recourir. Il ne s’agit pas de savoir ici si oui ou non ces points sont valides. Le problème qui nous préoccupe est la solution proposée et non pas l’existence d’un problème. Dans chacun des cas où un problème est soulevé, la solution est d’éviter la polygamie. Or cette logique serait considérée comme absurde si on l’appliquait aux autres sphères de la religion. Prenons l’exemple de la lecture du Coran. Sans aucun doute, la plupart ne le lit pas correctement. Mais qui proposerait d’abandonner cette pratique, afin de résoudre le problème ? De plus, les mariages monogames ont également leur part de problèmes mais qui proposerait de délaisser complètement le mariage, pour résoudre le problème.


En réalité, la véritable source du problème n’est pas le fait que la polygamie soit mal pratiquée ou que les hommes n’aient pas les moyens de la pratiquer, mais l’aversion implacable de l’Occident à l’égard de la polygamie. Ce rejet de l’islam s’est tellement infiltré dans nos cœurs et nos esprits que même lorsque nous analysons des problèmes basiques dans notre communauté, la solution proposée, comme par hasard, rejoint toujours ce que réclame l’Occident.


L’influence occidentale maléfique est tellement profonde chez les musulmans, que même lorsque certains d’entre eux osent encore pratiquer la polygamie, ils adoptent parfois la mentalité occidentale. Par exemple, en Occident, lorsqu’un homme a une liaison avec une autre femme, on pense automatiquement que sa femme n’arrive pas à le satisfaire, que son mariage n’est pas réussi, que sa femme lui a fait du tort d’une certaine façon. Puisque l’Occident considère la monogamie comme étant « normale » et la polygamie comme étant « anormale », on pense qu’il s’est passé forcément quelque chose de négatif dans le couple, qui a poussé l’homme à avoir une aventure avec une autre femme. Ainsi, nous recherchons des explications pour justifier le comportement « anormal » d’un homme qui désire une autre femme.


Or en Islam, où la polygamie est considérée comme étant normale, et même préférable, nous n’avons nul besoin de telles explications erronées. Des recherches (occidentales, encore) tendent même à démontrer que l’homme est physiologiquement orienté vers la polygamie, il serait donc naturellement « programmé » pour cela.


Néanmoins, il se peut que les musulmans, surtout les femmes qui ont des co-épouses, recherchent des causes pour expliquer la polygamie. La première épouse (ainsi que la plupart des membres de la communauté musulmane) va probablement penser (et on fera tout pour) qu’elle ne plaît plus à son mari, qu’il ne l’aime plus ou qu’elle lui a fait du tort. La deuxième épouse pensera probablement la même chose et croira qu’elle est n’est venue que pour arranger un problème ou combler un vide, ou bien il se peut qu’elle ressente une certaine fierté d’avoir été choisie pour résoudre les conflits conjugaux de son mari. De ce fait, elle sera déconcertée si son mari prend par la suite une troisième épouse. Ces visions des choses sont d’autant plus compliquées que les musulmans ont depuis longtemps oublié de penser par eux même, avec leurs propres outils intellectuels et leurs propres références religieuses et culturelles.


L’influence occidentale sur la femme musulmane, quant à sa conception de la polygamie est hélas immense et catastrophique. Comme tous les aspects de cette religion, le point de vue islamique doit être réinstauré. Bien que la polygamie soit, certes, un sujet sensible à cause de la jalousie naturelle de la femme, les musulmans ne peuvent reléguer cette pratique au fond d’une étagère du « musée de l’islam d’avant » et y recourir « qu’en cas de nécessité absolue », ou considérer qu’il s’agit d’une exception à la règle, ou même comme un point caduque, car malgré son caractère non obligatoire (mais recommandé), non seulement la polygamie fait partie intégrante de notre religion, mais en plus, elle est une miséricorde d’Allah, qui procure à l’homme comme à la femme, de très nombreux avantages, si elle est pratiquée correctement, bien entendu.


Bien que la majorité des musulmans sombre dans l’imitation servile des kouffar, le Prophète (saws) nous a enseigné qu’il y aura toujours, parmi eux, un groupe de vrais croyants sur la voie droite. Si nous souhaitons faire partie de ceux-là, nous devons nous débarrasser au plus vite de tous les résidus de l’influence occidentale qui a envahit notre existence, surtout concernant le mariage et la famille et accepter sans réserve le point de vue de l’Islam, entre autre sur la polygamie.



jeudi 4 septembre 2008

intimité dans le couple

bismi_lah


L'intimité dans le couple


De nos jours, les conceptions de la manière dont le couple devrait fonctionner, sont purement occidentales, et sont reprises pieusement par tous, y compris par les musulmans modernes, qui, comme toujours, ne font que singer grossièrement l’Occident et ses idées décadentes, tout en enrobant cela d’une très fine couche islamique pour se donner bonne conscience.


Ainsi, il n’est de cesse aujourd’hui, sur tous les supports, d’entendre conseiller aux couples musulmans, de « partager » des projets, des activités, des tâches quotidiennes, et l’homme est clairement sermonné en ce sens, puisqu’il lui est reproché de ne pas suffisamment s’impliquer dans son couple, de ne pas assez sortir avec sa femme, de ne pas lui faire assez de cadeaux, de compliments, de surprises, etc. Bref, la femme devient de plus en plus exigeante, on doit trouver ça normal (puisque les occidentaux nous l’ont dit), et l’homme, lui, doit s’y adapter et tout faire pour répondre à ces nouvelles exigences de présence et d’intimité.


Il est d’ailleurs coquasse de remarquer, que pendant qu’on enjoint à l’homme de s’impliquer plus dans son couple et son foyer, on encourage la femme à, au contraire, prendre plus de libertés, de travailler, de sortir, voir ses proches, ses amis, faire du sport, des qiyam, etc. C'est-à-dire, grosso modo : « toi, musulman, dépêche toi de rentrer à la maison faire la vaisselle et passer l’aspirateur, et au passage t’oublieras pas d’acheter des fleurs ; et toi, musulmane, c’est bon, t’inquiète pas, le boulot sera fait, tu peux aller t’épanouir avec tes copines à l’extérieur ! » 

            

           Or, une fois encore, en examinant la nature des rapports conjugaux traditionnels chez les musulmans « d’avant », nous nous apercevons qu’ils n’étaient pas tout à fait de cette nature. L’homme et la femme, étant profondément et en tout point différents, ils évoluaient dans des univers parallèles. Les hommes avaient leurs propres occupations, leurs propres tâches, leurs propres espaces, à l’extérieur comme à l’intérieur de  la maison. Les femmes, elles, avaient aussi leurs propres occupations, tâches, espaces. Les deux mondes cohabitaient très bien, mais en étant en fait, très séparés.

 

           Aujourd’hui hélas, c’est l’inverse qui est la norme, la promiscuité et l’intimité sont de mises. Or, nous pouvons nous interroger sur le réel avantage ou non de cette proximité permanente. En effet, à force d’être collés l’un à l’autre, comment peut-on se retrouver ? A force de se voir tout le temps, comment encore se regarder ?


Par ailleurs, être intimes, ce n'est pas seulement être proche de son conjoint ou encore établir une proximité sexuelle avec lui, celle-ci étant d’ailleurs bien plus aisée à maintenir lorsqu’il reste une distance à franchir, être intime est une façon d'entrer en contact avec l'autre en s'ouvrant avec confiance et en accueillant la réalité de l'autre. Cela suppose d'ouvrir son intériorité et de laisser l'autre la découvrir. Et pour se dévoiler, il faut être en contact avec ce qu'il y a de plus profond en soi. Ce qui s'y cache n'est pas toujours beau, souvent cela est sombre, triste, faible, contradictoire, peu élogieux. Alors pouvons-nous assurer aux deux conjoints qu’accéder aux profondeurs misérables de l’autre, va vraiment les rapprocher ? N’est ce pas là plutôt un grand piège ?

            

            Pour prendre un petit exemple de la normalisation occidentale des rapports conjugaux chez les musulmans (normalisation occidentale que vous légitimez malheureusement, à défaut de la dénoncer), évoquons cette habitude ancrée maintenant en nous, qui consiste pour l’homme et pour la femme, à dormir côte à côte dans le même lit. Cette norme est devenue totalement évidente, comme si de tout temps et partout, elle avait existé, alors que non seulement il n’en est rien, mais qu’en plus, bien des études (occidentales, donc qui devraient mériter votre attention) montrent qu’au plan de l’hygiène tant physique que psychologique du couple, cela n’est en rien bénéfique.


            Au contraire, bien des couples se « subissent », se couchant, après avoir partagé… un plateau repas devant une débilité de TF1 ou M6, côte à côte sans l’avoir vraiment choisi, alors que l’un ronfle, l’autre est insomniaque, madame aime lire au lit alors que monsieur souhaiterait qu’elle éteigne afin qu’il puisse dormir, madame bouge beaucoup pendant le sommeil et se bat contre les oreillers, alors que monsieur tente si bien que mal de ne pas être éjecté du lit, monsieur est traîneux le matin, alors que madame n’en peut plus de ce laisser-aller, etc.

            

            Tout cela pour dire que dormir dans le même lit n’a rien de spécialement fantastique, ne représente aucunement la matérialistation suprême de la vie de couple, et pourtant, tout le monde se croit obligé de le faire. Pourquoi ? Tout simplement, pour faire comme tout le monde, et surtout comme les occidentaux, nos véritables maîtres, nous ont appris à faire. Pourtant, non seulement cela implique de nombreux désagréments générateurs de conflits, mais en plus cela n’aide pas du tout le désir, déjà bien fragilisé par la vie stressante et tordue que nous menons, à se maintenir vivace.


            Dormir séparément permettrait au contraire, d’éviter la sensation d’étouffement qui peut résulter de la dictature de la proximité-mixité qui nous égare, et puis cette distance à franchir pour avoir des rapports charnels peut justement constituer une source de désir et d’excitation, ce qui tend à confirmer que sur ce plan, et pour rejoindre ainsi une grande norme islamique hélas méprisée, la polygamie est très bénéfique et stimulante pour le couple.  

            

 Ce que je veux dire à travers cet exemple, c’est que les musulmans ont malheureusement adopté la palette des normes occidentales basiques en ce qui concerne la tenue de leur foyer et la gestion de leurs relations conjugales, alors qu’elle est non seulement contraire aux us et coutumes islamiques authentiques, mais qu’elle leur est finalement bien plus dommageable que bénéfique. Mais pour le comprendre, encore faudrait-il que les musulmans lèvent leur tête, et sortent de la prison mentale dans laquelle les enferment leurs profonds complexes et de leurs lâches compromissions. Il serait temps qu’ils commencent enfin à se poser cette question fondamentale :


« Est-il normal que je vive à 99% comme mes voisins kouffar ? »


l'autorité masculine

bismi_lah
 


L'autorité dans le couple



             Notre saint Prophète Mohammed (saws) nous a prévenu, qu'à la fin des temps, nous assisterions à une inversion générale des valeurs. Et il en est ainsi aujourd'hui, particulièrement dans les rapports conjugaux, concernant le principe de l'autorité.

 

             En effet, dans le couple, la famille, la société, et même le monde, la question de l’autorité est fondamentale. La légitimité de l’autorité et la manière dont elle doit s’exercer, et par extension, ce que cela révèle en termes d’inégalité entre l’homme et la femme en islam. Il s’agit là d’une question évidemment si vaste, cruciale et complexe, que nous ne pouvons la traiter exhaustivement ici, mais nous pouvons tout de même nous y pencher quelque peu.

 

     Nous lisons et entendons souvent concernant le couple, le concept selon lequel, après la période de fusion du « Nous », vient celle de la distanciation, dans laquelle chacun se recentre sur son « Je » et cette question est toujours traitée comme si, bien évidemment, il y avait dans le couple deux « Je », sur le même plan, à égalité l’un par rapport à l’autre. Et d'aucun d'insister, sur la nécessité par exemple, d’établir « ensemble » les principaux objectifs du couple, la hiérarchie des priorités, la répartition des tâches, etc. Cette idée de « ensemble » est régulièrement mise en avant, comme si l’homme et la femme, dans le couple, étaient naturellement à égalité, deux associés sur le même plan, ayant les mêmes droits et les mêmes devoirs.

 

     Cette vision du couple, et du statut de la femme par rapport à l’homme, est purement occidentale et moderne. Elle ne correspond donc en rien à l’histoire des sociétés humaines depuis la Création, ce qui signifie qu’elle n’est en rien naturelle, mais au contraire une dégénérescence occidentale récente (une cinquantaine d’années environ). Plus que cela, cette vision du couple et de l’égalité entre l’homme et la femme, en son sein, est à mon avis, complètement contraire à l’approche islamique.

 

     En effet, en islam, déjà dès le départ du mariage (sans parler d’avant et après), il existe une inégalité fondamentale entre l’homme et la femme sur leur autonomie de décision puisque l’homme peut choisir librement la femme qu’il veut épouser, alors que la femme, elle, ne peut épouser un homme qu’après l’autorisation de son père. De plus l’homme peut épouser une chrétienne ou une juive, alors qu’une femme musulmane n’a pas cette possibilité, ce qui montre bien qu’Allah place définitivement l’autorité dans le couple, dans les mains de l’homme, et interdit donc pour cela, à la femme musulmane de se placer sous l’autorité d’un mari infidèle. Ensuite, c’est bien la femme qui quitte son foyer pour rejoindre celui de son mari, et non l’inverse. La femme n’a pas le droit de sortir de son domicile sans l’autorisation de son mari, et non l’inverse. La femme n’a pas le droit d’inviter une personne chez elle sans l’autorisation préalable de son mari, et non l’inverse. Si la femme ne veut pas avoir un rapport charnel avec son mari, elle est maudite par les anges jusqu’au matin, alors que l’homme, non. C’est l’homme qui a le droit de donner un nom à ses enfants et non la femme. C’est l’homme qui a le droit de divorce, et non la femme. C’est l’homme qui est le tuteur légal de ses filles, et non la femme. C’est l’homme qui a le droit coranique de se séparer provisoirement de sa femme au lit, et non la femme. C’est l’homme qui a le droit de lever la main sur sa femme en cas de rébellion, et non l’inverse. Les exemples de règles claires et indiscutables montrant l’inégalité fondamentale entre l’homme et la femme dans le couple, sont si nombreux que nous n’allons pas tous les citer ici, mais il est flagrant que cette idée à la mode, prétendant que l’homme et la femme seraient égaux et se doivent donc de décider des choses « ensemble », est totalement contraire à l’esprit islamique authentique.

 

     Dans la mesure où la femme musulmane se trouve logée, nourrie, blanchie, par son mari, il est d’ailleurs logique qu’Allah donne à son mari pleine et entière autorité sur elle, comme il est stipulé dans le verset n° 34 de la sourate n° 4. Logique, car si l’homme avait plus de responsabilités, mais pas plus de pouvoir, il aurait toutes les peines du monde à assumer pleinement ses responsabilités et ce serait alors une injustice à son égard, or Allah est parfaitement Juste.

 

     C’est pourquoi, comme nous l’avons déjà souligné, attribuer à la femme une indépendance financière et de mouvement, contribue directement à saper l’autorité naturelle et légitime de l’homme sur sa femme, et à inciter celle-ci à déborder les limites islamiques qui doivent être les siennes, pour réclamer la parité (encore un concept très à la mode) dans l’autorité et le pouvoir.

 

     Attention, je ne dis pas que la femme est inférieure à l’homme, mais seulement que, bien qu’ayant dans l’absolu la même valeur que lui, elle se doit de lui être soumise, de comprendre que son rôle est d’obéir à son mari, et que c’est lui qui est le chef de famille, au sens plein et entier du mot « chef ». Ainsi, la femme musulmane doit obéir à son mari en tout, sauf ce qui serait haram (hadith sahih n° 1847 rapporté par Ibn Mâja, n° 9281 rapporté par Ahmed et n° 3179 rapporté par En-Nassa’i). Le Prophète (saws) a été encore plus loin dans le hadith sahih (n° 1828 rapporté par Abu Dâoûd, n° 1079 rapporté par Et-Tirmîdhi et n° 1842 et 1843 rapportés par Ibn Mâja) : « si j’avais du ordonner à une créature de se prosterner devant une autre, j’aurais ordonné à la femme de se prosterner devant son mari ». Plus clair que cela, tu meurs !

 

     Non seulement la femme doit obéissance à son mari, mais en plus cette obéissance doit être enrobée d’amour, de crainte, de confiance, d’admiration, de reconnaissance, de gratitude, de joie, de dévouement, puisque c’est tout cela qui est contenu dans la « prosternation ». L’homme, responsable de sa famille et désirant son bien, décide où aller et comment y aller, et la femme, ayant confiance en Allah et en son mari, lui obéit et le soutient. Voilà le véritable « ensemble » islamique.

 

     Tout comme l’homme se grandit et s’honore en s’humiliant devant Allah et en se soumettant pleinement à Lui, la femme se grandit et s’honore en se soumettant pleinement à son mari. Nous pouvons même aller jusqu’à dire que, si une femme musulmane n’arrive pas à se soumettre pleinement à son mari, elle ne parviendra jamais à se soumettre pleinement à Allah.

 

     Malheureusement, les femmes musulmanes actuelles, à la mentalité complètement déformée par l’Occident et ses idées séduisantes et maléfiques d’égalité, ne comprennent plus cela et succombent au mirage de l’émancipation, agressive ou douce, selon qu’elles soient non pratiquantes ou pratiquantes, et non seulement cela va à l’encontre de leur religion, mais cela, en plus, conduit à la perte de l’identité masculine (complètement castrée de nos jours), et féminine, avec à la fin un accroissement des tensions et des conflits.

 

     Au lieu de relever tout cela, et dès lors, encourager vigoureusement les musulmans, dans l’intérêt même de l’harmonie de leurs couples, à revenir à leurs racines islamiques authentiques, en acceptant et en assumant fièrement le statut spécifique de chacun, je constate avec regret, que la majorité des savants et penseurs musulmans contribuent plutôt à légitimer leur égarement, en faisant l’incessante éloge du « ensemble » égalitaire, et en le présentant même comme une recommandation islamique.

 

     Bienvenue au royaume de l'inversion...


autonomie de la femme

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L'autonomie de la femme musulmane


Dans l'analyse de la situation culturelle des musulmans de nos jours, il est un point qui mérite attention, celui du rapport de la femme musulmane au monde extérieur, à l’argent et à la consommation. Ce rapport vécu par l'immense majorité des musulmans aujourd'hui, est là encore, très éloigné, me semble t’il, de la vision islamique authentique sur ce sujet.


En effet, il n'est de cesse de lire et d'entendre partout que la femme, musulmane en l'occurence, a un besoin naturel de sortir de chez elle pour mener des activités professionnelles, sociales, culturelles ou religieuses, en dehors de son foyer, dans l’espace public. Cela est présenté, là encore, comme normal et islamiquement légitime, si bien qu'il est demandé clairement à l’époux musulman d’inclure, dès le départ et dans le développement de la relation conjugale ensuite, cette donnée fondamentale dans le schéma relationnel du couple. Cette nécessité pour la femme musulmane de mener des activités dans l’espace public, est donc un trait incontournable et naturel, que le musulman se doit de valider et d’intérioriser, afin de permettre l’épanouissement psychologique de son épouse.


Je pense, pour ma part, que cette donnée n’est pas aussi « naturelle » qu’on la présente, puisqu’elle n’est pas consubstantielle à la nature psychique de la femme, mais plutôt, une fois de plus, elle est le simple et amer reflet de l’occidentalisation massive des musulmanes modernes, et de ce fait, elle est plus à traiter comme une anomalie, issue de cette dégénérescence globale, à corriger activement, qu’une norme absolue à admettre.


L’esprit islamique dans ce domaine, tend, au contraire, à encourager la femme musulmane à rester dans son foyer et en sortir le moins possible. Fatima Ez-Zahara (as), la vénérable fille du Prophète (saws) et la femme la plus élevée d’entre toutes (seyyidet nisa’i-l 3alamîn), a dit en ce sens : « La meilleure femme est celle qui ne voit aucun homme (en dehors des mahram évidemment) et qu’aucun homme ne voit ». N’est-ce pas là clairement en contradiction avec cette déviance moderne qui encourage les musulmanes à mener de plus en plus d’activités dans l’espace public, quitte à, bien souvent, faire des concessions intolérables en termes de règles islamiques (hijab, mixité, etc.) ?


Alors bien sûr, nous pouvons comprendre qu’aujourd’hui la femme musulmane ne soit plus tout à fait capable de s’épanouir dans le seul cadre de son foyer, mais au lieu de trouver cela normal et de le légitimer en adaptant l’islam à cette nouvelle donne, ne serait il pas plus islamiquement intègre, de dénoncer cette situation comme la résultante logique mais inacceptable de l’adoption par les musulmans des normes socioculturelles occidentales anti-islamiques, et de ne considérer d’éventuels aménagements à concéder, que comme très provisoires ?


Evidemment, les activités sociales, religieuses ou culturelles, n’ont pas un impact énorme sur la vie du foyer, mais elles peuvent représenter un problème sérieux quand elles prennent un temps important ou qu’elles s’instituent petit à petit comme un droit sacré de la femme, alors qu’elles ne le sont en aucun cas.


Par ailleurs, la possibilité même de mener ces activités, implique bien entendu, comme nous l’avons évoqué précédemment, un nombre très réduit d’enfants à charge, car la musulmane traditionnelle qui a huit ou dix enfants à gérer, en plus de sa maison et son mari, n’a pas de temps à perdre à faire je ne sais quel bénévolat, qiyam, ou manifestation…


Là où le problème de l’activité de la femme musulmane hors de son foyer se pose, à mon avis, avec le plus d’acuité, c’est lorsqu’il s’agit de l’activité professionnelle extérieure.


            En effet, nous n’allons pas développer ici un cours de fiqh détaillé sur cette question, mais dans les grandes lignes nous pouvons tout de même rappeler, que la femme musulmane n’est pas tenue de participer financièrement aux frais de base de son foyer, qui sont entièrement à la charge légale exclusive de son mari. De ce fait, elle n’est pas tenue de travailler, et même si cela n’est pas interdit dans l’absolu, le travail de la femme n’est donc pas une nécessité pour elle, il relève ainsi de ce qui est facultatif, et à ce titre, il est soumis à de nombreuses conditions et restrictions, et surtout, à l’approbation préalable de son mari. En aucun cas donc, la femme musulmane ne peut prétendre, alors que c’est ce qui est malheureusement suggéré dans vos ouvrages, en faire un droit absolu en soi. Nous parlons bien, encore une fois, du travail dans l’espace public, et non du travail de la femme dans l’espace domestique.


En ce qui concerne donc l’activité professionnelle de la femme musulmane dans l’espace public, il faut évidemment qu’il respecte un certain nombre de conditions (hijab, non mixité, proximité géographique, horaires compatibles avec la gestion du foyer, nature de l’emploi, etc.) très difficiles à réunir aujourd’hui, et faire donc suite à une autorisation de la part de son mari. Il est regrettable que ce point islamique important n’ait pas été rappelé dans vos livres.


Ce que met en exergue la volonté des femmes musulmanes de travailler à l’extérieur, c’est le processus logique de décadence dans lequel les musulmans sont tombés. Processus logique, car bien sûr, si nous poussons la jeune fille musulmane à suivre des études (au lieu de se marier), elle abouti à l’obtention d’un diplôme, et la jeune fille musulmane se dira donc par la suite : « je n’ai pas étudié de l’âge de 6 ans jusqu’à l’âge de 22 ou 25 ans, et obtenu des diplômes, pour ne rien en faire après ! » Effectivement c’est logique. Mais c’est justement pour cette raison que les musulmans devraient remettre en cause la base même du système anti-islamique dans lequel ils se retrouvent prisonniers, car la mécanique logique de ce système, qui s’est mise en place chez eux depuis un demi-siècle, a fini par broyer complètement l’identité islamique réelle qui était jadis la leur.


En effet, on encourage la fille à étudier (au lieu de la pousser à se marier), souvent elle y arrive bien, donc, on l’incite à continuer le plus tardivement possible, elle a ses diplômes, donc forcément, ensuite, elle veut mettre en application ce qu’elle a étudié, elle veut travailler. Elle se met à travailler, elle gagne de l’argent, parfois plus que son mari. D’un côté, son travail lui prend énormément de temps et d’énergie, si bien qu’elle aura du mal à satisfaire pleinement son mari et son foyer, sauf au prix d’être très stressée et fatiguée, et de l’autre côté, son emploi lui procure un revenu conséquent qui lui donne, qu’on ait l’honnêteté de le reconnaitre ou qu’on fasse semblant de ne pas le voir, un pouvoir énorme sur son mari, et un potentiel d’indépendance redoutable.


Comment lui demander ensuite d’être une bonne musulmane soumise à son mari, quand elle a son diplôme, son emploi, son salaire, son compte en banque, sa voiture ? Il est indéniable qu’au niveau psychologique, cela se traduira par une atrophie de la confiance en soi chez l’homme, et une impossibilité pour lui de s’épanouir en temps qu’homme (comment en effet, gronder ma femme quand je sais qu’elle a plus d’argent que moi et qu’elle n’a donc pas besoin de moi), et chez la femme, cela se traduira par un déficit de sentiment de protection de son mari, et une hypertrophie de son propre sentiment de puissance et d’autonomie.


Il est donc extrêmement difficile de concilier l’emploi de la femme musulmane avec son rôle vis-à-vis de son mari. Cette contradiction entraîne de nombreux déséquilibres psychologiques et spirituels chez le mari comme chez la femme, et je ne parle même pas des conséquences catastrophiques en terme de déficit de présence maternelle auprès des enfants.


Alors, l’on objecte souvent, que le salaire de la femme est devenu indispensable. Mais indispensable à quoi ? À quel standing de vie ? Evidemment, pour jouir de la société de surconsommation abrutissante d’aujourd’hui, oui il vaut mieux avoir deux salaires, et plein de crédits en plus (vive Sofinco, Cofidis, Cetelem, Mediatis, etc.) ! Mais si l’on préfère vivre modestement et se contenter de peu, comme le faisait notre saint Prophète (saws) qui est soit disant notre modèle, alors le salaire de l’homme doit suffire, et toute la famille, la femme la première, doit dire un grand « elhamdou lillah ! »


Il faut que la femme apprenne que c’est son mari qui lui ramène à manger, même si ce n’est qu’un morceau de pain. C’est lui qui a le portefeuilles, c’est à lui qu’il faut demander de l’argent si elle en veut. Tout cela correspond, à mon sens, à la vision islamique authentique, et en plus, aux aspirations de la nature profonde de l’homme et de la femme.


Alors, là encore, au lieu de chercher des pseudos solutions et conseils islamiques pour concilier coûte que coûte ces deux aspects antagonistes, attaquons nous plutôt à la racine du problème, à savoir l’abandon de notre mode de vie islamique ancestral au profit du mode de vie destructeur de l’Occident moderne.   


Fécondité

bismi_lah

 

La fécondité de la musulmane


Parmi les signes visibles de l'aliénation des musulmans d'aujourd'hui, il en est un qui peut aisément être constaté : la chute de la fécondité des femmes musulmanes.


En effet, il ressort de plus en plus clairement des publications, conférences, et autres discussions entre musulmans, un étrange principe qui voudrait que la famille islamique doive se contenter de deux ou trois enfants seulement. Pourquoi ? Quelle est la vision islamique du nombre d’enfants souhaitable pour une famille musulmane ? Encore la question de la légitimité.


Une fois de plus, nous ne pouvons faire l’économie du constat que l’effondrement dramatique du taux de fécondité des femmes musulmanes ces trois dernières décennies, parmi les musulmanes non seulement de France mais du monde entier, témoigne encore et toujours de ce phénomène implacable et global de transformation des musulmans dans leurs structures politiques, économiques, sociales, et même culturelles, spirituelles et psychologiques, qui les a amenés à abandonner définitivement leur civilisation propre pour adopter celle de l’Occident décadent.


Évidemment, les justifications les plus diverses ont été bricolées par les musulmans pour tenter de cautionner cette transformation, en mettant en avant tantôt la nécessité de s’adapter à des conditions de vie matérielles plus difficiles qu’auparavant, tantôt le manque d’espace dans les habitations en milieu urbain, ou encore la nécessité de privilégier la qualité de ce que l’on peut apporter à chaque enfant s’ils ne sont que deux ou trois plutôt que dix.


En vérité, tous ces arguments, sont tout à fait contestables et ne sont en fait, que de veines excuses dont le but, comme d’habitude, est de nous faire avaler notre occidentalisation, en la faisant passer comme naturelle et même bénéfique ! Il faudrait presque dire merci aux kouffar de nous avoir appris à mieux vivre…


Si nous nous attachons plutôt à examiner la vision islamique ancestrale sur la question des enfants, nous verrons très vite que l’islam adopte globalement une position nataliste, en faveur donc d’un grand nombre d’enfants par femme. Pour les musulmans, avoir un grand nombre d’enfants a, non seulement, toujours été considéré comme une bénédiction d’Allah, mais en plus, cela a été expressément recommandé par notre Saint Prophète (saws), qui a dit dans un hadith : « Epousez une femme affectueuse et féconde, car je serai fier de votre multitude le jour du jugement. » et dans une autre version : « je surpasserai (par ma communauté) en nombre, les autres prophètes au jour de la résurrection. » (hadith n° 1754 rapporté par Abu Dâoûd et n° 3175 rapporté par En-Nassa’i). Qu’en est-il aujourd’hui ?


Encore une partie de notre religion reléguée au, décidemment très chargé, « musée de l’islam d’avant »…


Pourtant, il est établi que la puissance démographique d’une communauté peut se révéler un facteur essentiel de sa survie. Ainsi, si ce n’était la vigueur de la fécondité des algériennes, l’Algérie aurait pu être démographiquement absorbée par la France il y a soixante ans, de même pour les musulmans de Bosnie, du Kossovo ou de Tchétchénie. Ce facteur fut plus décisif encore en ce qui concerne la Palestine qui aurait pu très facilement être vidée de ses habitants, remplacés par les juifs (laa), si les femmes musulmanes palestiniennes n’avaient pas fait huit enfants en moyenne depuis soixante ans. A contrario, les indiens d’Amérique ou les Aborigènes d’Australie ont pu être quasiment éradiqués en raison de leur trop faible nombre.


La musulmane qui fait beaucoup d’enfants, ou plutôt, autant qu’Allah veut lui en donner, plaît à son Créateur, et suit un ordre clair du Prophète (saws), alors que celle qui refuse de le faire, désobéi à cet ordre et fait passer ses propres désirs et conjectures avant l’injonction du Prophète (saws) qu’elle prétend vénérer.


De plus, à la base même de cette logique se trouve, d’une part, la nécessité de se marier à la puberté, ce qui accorde à la femme musulmane la possibilité d’enfanter très tôt et de ne pas attendre d’avoir trente ans pour faire son premier enfant, comme cela est malheureusement devenu la règle, et d’autre part la nécessité générale du jihad qui nécessite une « force de frappe démographique » importante.


            Par ailleurs, la contraception est certes tolérée en islam, surtout par des moyens naturels, mais ne pas y recourir reste malgré tout, dans l’esprit de l’islam, largement préférable, ce qui semble échapper à la grande majorité des musulmans modernes.

Nous pouvons même prolonger cette remise en cause de la contraception en examinant ce qu’elle sous-tend en termes de rapport au corps et à la procréation.

En effet, vouloir à tout prix maîtriser le moment choisi pour tomber enceinte, constitue l’expression manifeste de la volonté de la femme de maîtriser son corps, et sa fécondité, alors que, me semble t’il, islamiquement, le corps de la femme (ainsi que sa capacité d’enfantement) appartient à son époux, dans le sens où Allah (verset n° 223 de la sourate n°  2) et son Prophète (saws) (hadiths sahih n° 4794 et 4795 rapportés par Bokhâri, n° 2594, 2595 et 2596 rapportés par Muslim, n° 1160 rapporté par Et-Tirmîdhi, n° 1829 rapporté par Abu Dâoûd et n° 1853 rapporté par Ibn Mâja) ont clairement affirmé l’entière liberté de l’époux, de jouir du corps de sa femme, quand et où il en a envie, sa femme devant se tenir à sa disposition à tout moment pour le satisfaire, sous peine d’être maudite par les anges du ciel ! Cette farouche volonté de la musulmane d’aujourd’hui de s’approprier son corps et sa fécondité est donc contraire à la lettre et à l’esprit de l’islam, et découle très clairement de la déplorable mais désormais profonde, occidentalisation de la mentalité et du mode de vie des musulmans modernes.


Je regrette donc de la part des tenant de l'islam "d'en haut" (imams, muftis, uléma, intellectuels, etc), leur cautionnement quasi unanime de cette dérive antinataliste (aux relans malthusiens) qui a été suivie, et l'acceptation que le schéma relationnel vécu par les musulmans de nos jours, s’inscrive pleinement dans le modèle familial standard de l’Occident moderne (et qui vous a été enseigné) du couple avec deux enfants, alors que l’islam lui, encourage ouvertement les musulmans à avoir, au contraire, des familles nombreuses.


Un signe de plus de notre déchéance...


 

Définition de la famille

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Taille de la famille

 

Il est intéressant, en corrélation avec les précédents points évoqués, de se pencher sur la définition même de la famille et de sa taille.


En effet, il est depuis longtemps maintenant présenté comme évident qu'un couple nouvellement constitué, doit tout naturellement quitter ses parents et chercher un appartement où s’installer. Aujourd’hui cela constitue la norme incontestée dans la pratique moderne du mariage.

          

            Là encore, toujours les mêmes dérangeantes mais indispensables questions : depuis quand ? Pourquoi ? Est-ce islamiquement valable ?


Traditionnellement le jeune marié musulman ramenait sa jeune épouse chez ses parents, qui leur aménageaient une grande pièce, voire un étage, si cela était possible ou même une nouvelle petite maison, construite en général par tous les hommes du village ou du clan, sur les terres de celui-ci et adossée à la maison familiale – c’est d’ailleurs ainsi que se sont constitués les villages.


Le fait de quitter ses parents pour habiter seuls dans une nouvelle habitation, loin de la maison patriarcale est donc, une fois de plus, un symptôme de la dégénérescence occidentale moderne qui veut que chacun vive le plus seul possible, ce qui a grandement contribué à la césure générationnelle actuelle. Les parents voient leurs fils partir, en les privant ainsi de leur force et de leur respect, et les enfants quittent leurs parents, se privant ainsi de leur expérience et de leur soutien, chacun est perdant, mais chacun se croit de cette façon plus libre… Libre d’être en fin de compte… seul !


Quoiqu’il en soit, que nous adhérions ou non à cette pratique occidentale de la césure générationnelle, nous ne pouvons en tout cas nier, qu’elle est purement occidentale, moderne, et surtout, totalement étrangère à nos racines culturelles islamiques, et nous avons déjà eu l’occasion de nous exprimer, soit dit en passant, sur l’illégitimité de ces imitations culturelles de l’Occident par les musulmans.


Si l’on s’efforçait de rétablir nos pratiques socioculturelles islamiques ancestrales dans ce domaine, à savoir que le jeune garçon ramène sa jeune épouse chez ses parents, beaucoup de problèmes seraient par là-même résolus ou tout du moins fortement réduits.

            

             En effet, dans ce cas, il n’y aurait plus tellement d’obstacles matériels ou psychologiques au mariage à la puberté. Tout d’abord la chambre du garçon deviendrait la chambre du couple (en attendant l’agrandissement), les frais d’établissement et de vie du nouveau jeune couple seraient réduits et leur subsistance assurée par les parents du garçon. Cela ne ferait en fait pour les parents, qu’une bouche de plus à nourrir, souvent compensée d’ailleurs, par le départ d’une de leurs propres filles en mariage.

         

            De plus, la jeune épouse serait introduite dans la famille de son mari, et serait ainsi familiarisée rapidement et profondément avec le milieu socioéducatif de son mari, ce qui l’aidera par la suite, à mieux s’adapter à lui. Elle apprendrait avec sa belle-mère les diverses pratiques quotidiennes de sa nouvelle famille et donc de son mari, au niveau de l’organisation des tâches et leur hiérarchie, au niveau de l’expression, au niveau culinaire, etc., et serait ainsi plus apte à comprendre son mari et lui être appropriée.

         

            Les jeunes époux auraient en la personne des parents du garçon, avec qui ils vivent, une source de soutien, d’expérience, de conseils, qui leurs seront bien utiles pour gérer leur quotidien, qui serait difficile à gérer sans fortes crises, s’ils étaient seuls, sans repères ni guides.

Enfin, la présence des parents, et surtout de la belle-mère se révèle très précieuse quand surviendra la première grossesse de la fille, qui sera ainsi entourée, conseillée et soutenue jusqu’à l’accouchement et après, au lieu de se retrouver livrée à elle-même, aux maladresses de son mari, et aux divers livres, magazines, et émissions radio ou télé, plus ou moins débilisantes et dangereuses.


Encore une fois, quelle que soit l’opinion que nous pouvons avoir sur la question, la moindre des choses est de reconnaitre qu’en la matière, comme dans quasiment tout le reste de leur vie, les musulmans ont abandonné leur propre mode de vie et d’organisation familiale et sociale, pour le remplacer par le mode de vie occidental moderne, dégradant et destructeur, qui nous a fait passer de la famille élargie à la famille nucléaire, puis à la famille recomposée, monoparentale, homoparentale, ou zooparentale bientôt…


Pourquoi ne pas le dénoncer, ou juste le dire ? Pourquoi faire croire que tout cela est normal, banal, logique, naturel… ? Pourquoi entériner ce postulat qui voudrait que l’islam et son mode de vie traditionnel, serait définitivement obsolète, alors que la modernité occidentale serait, elle, incontournable ?


 

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