lundi 27 avril 2009
La lapidation dans l'islam
La lapidation dans l'islam
De
nombreux hadîth (qui correspondent aux paroles, aux actes, au
consentement implicite, et au portrait moral et physique du Prophète)
parlent de la lapidation. Bon
nombre d’entre eux sont « muttafaq ‘alaïhi » (que s’accordent à
authentifier el Bukhârî et Muslim). Je ne sais pas ce que cela signifie
à vos yeux, mais pour la majorité des adeptes de « l’islâm sounnite »,
cela représente le plus haut degré d’authentification qui soi après le
Livre d’Allâh. [1]
Il y a notamment la fameuse histoire de Mâ’iz ibn Mâlik el-Aslamî qui implora à quatre reprises au Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) d’appliquer sur lui la loi d’Allâh. À chaque fois, le plus clément des hommes (sallallahu ’alayhi wa sallam) se détournait de lui, et se demanda même s’il était sain d’esprit. Mais, la foi et le repentir de Mâ’iz étaient tellement grands qu’il insista sans relâche jusqu’à ce que le Prophète se plie à sa volonté. Le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) reprocha même aux Compagnons de l’avoir suivi pour en finir avec lui, alors qu’il cherchait à s’enfuir au cours de l’exécution. [2] Une version chez Muslim précise que son repentir fut tellement sincère qu’il aurait suffi à une communauté entière. [3]
Il y a également l’histoire émouvante de la femme de la tribu de juhaïna, connue sous le nom de ghâmidiya. Celle-ci vint voir le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) alors qu’elle était enceinte et lui demanda de la purifier. Ce dernier la renvoya et lui suggéra de revenir après l’accouchement, ce qu’elle fit. Cependant, il la renvoya à nouveau et lui suggéra de revenir après le sevrage du nouveau-né, ce qu’elle fit. Il voulut la renvoyer encore, mais elle revint avec son enfant qui tenait un morceau de pain dans la main pour lui faire comprendre qu’il n’avait plus besoin du sein maternel. C’est alors que la sentence lui fut appliquée. Après l’événement, le Prophète jura que si son repentir avait été distribué sur soixante-dix habitants de Médine, il leur aurait suffi. [4] En cela, l’évènement n’est pas tragique. Il est, tout au plus, dramatique. En regard de sa finalité, c’est un évènement heureux, et c’est d’ailleurs l’essentiel. Cette brave femme, dont le courage n’a rien à envier à beaucoup d’hommes, fut promise au Paradis.
En outre, rien n’indique dans ces deux histoires que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) était en désaccord avec ce châtiment ou qu’il s’opposait à ce châtiment. Je ne sais pas si vous pesez bien vos paroles, mais pour votre défense, il me semble que vous confondez entre deux choses : entre les lois universelles (el-Irâda el-kawniyyah) et les lois textuelles d’Allâh (el-Irâda e-shar’iyyah). Qu’un homme puisse avoir de la compassion envers celui ou celle qui subit une peine, ou même éprouver une certaine répulsion envers celle-ci est tout à fait naturel. Cependant, cela ne doit pas empêcher d’appliquer la loi avec rigueur. Lorsque le v. 2 de la s. la lumière, condamne tout sentiment de compassion qui pourrait faire obstacle à la sentence, cela ne signifie pas qu’il veut faire de nous des brutes. Concevez la nuance. Il est certain que le Prophète est le plus sensible des hommes, mais au même moment il est le plus prompt à se soumettre au Décret divin qui décèle des sagesses innombrables. Les apparences sont souvent trompeuses, sans compter que le Très-Haut éprouve la fidélité des hommes en leur imposant des peines difficiles à appliquer… wa Allâh A’lâm !
L’anecdote la plus éloquente sur le sujet est celle des deux bédouins qui se présentèrent au Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) afin qu’il tranche entre eux sur une affaire d’adultère dans laquelle étaient impliqués le fils de l’un et la femme de l’autre. L’un d’eux, qui semblait plus cultivé, pria au Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) de juger entre eux par le Livre d’Allâh. « Je vais juger entre vous par le Livre d’Allâh, répondit-il » Il ordonna ensuite de fouetter le coupable qui n’était pas marié et de l’expulser un an, en sachant qu’il n’est pas fait mention de la sanction d’expulsion dans le Coran. Quant à la femme, elle avoua son crime et fut lapidée. [5]
Ibn Hajar el-‘Asqalânî et e-Nawawî avant lui, pour ne citer qu’eux, relèvent que la lapidation est légitimée à l’unanimité des savants musulmans. Ainsi, votre position rejoint celle de certains kharijites et mu’tazilites (qui retrouvent à notre époque leurs heures de gloire par le biais des néo-rationalistes, à la grande joie des orientalistes !) qui ne reconnaissent pas son statut sous prétexte que le Coran n’en fait pas mention. [6] Tiens, comme les jours se ressemblent ! Est-ce un hasard… Ainsi, la loi prévoit la lapidation pour l’homme ou la femme marié et la peine du fouet pour l’homme ou la femme célibataire. [7] Je ne veux pas ici nourrir les débats entre les savants sur certains détails, mais il faut savoir en gros que la lapidation est établie par le Coran, la Sounnah du prophète, celle des quatre khalifes et le consensus des savants musulmans.
Le Calife ‘Oumar était un inspiré. Il donne l’impression de s’adresser à vous lorsqu’il dit du haut de son minbar : « Allâh envoya Mohammed en toute vérité. Il lui a révélé notamment le Verset de la lapidation. Nous l’avons lu et bien assimilé. Nous avons également appliqué la lapidation après sa mort. J’ai bien peur qu’avec le temps quelqu’un dise : « Nous ne trouvons pas la lapidation dans le Livre d’Allâh », et qu’il s’égare ainsi pour avoir délaissé un commandement révélé par Allâh. La lapidation est une vérité dans le Livre d’Allah le Très-Haut contre l’homme ou la femme marié qui a commis l’adultère ; à condition d’en apporter la preuve ou qu’il y ait eu une grossesse ou un aveu. » [8] Voici le Verset dont l’énoncé fut abrogé et que rapportent certaines annales suspectes [9] : (L’homme âgé ou la femme âgée lapidez-les jusqu’à ce que mort s’ensuive). [10] Selon une autre hypothèse, qui ne va vraiment dans le sens de votre thèse, la sentence n’est pas explicitement évoquée dans le Coran, qui nous commande toutefois d’obéir à celui sur lequel il fut révélé. [11] Le quatrième Calife, pour sa part, avait bien compris la chose. C’est pourquoi il fit fouetter une femme adultère un jeudi, et lapider un vendredi. Lorsqu’il dut s’expliquer sur la chose, il confia qu’elle fut fouettée selon le Livre d’Allâh et lapidée selon la Sounnah du Messager d’Allâh. [12]
Ensuite, vous dites : « La Sourate « les femmes » (Sourate 4, Verset 15) prévoit qu’une femme convaincue d’adultère soit « enfermée dans une maison jusqu’à sa mort, à moins que Dieu ne lui offre un moyen de salut ». Cependant, la Révélation s’est déroulée sur 23 ans. Des Versets plus précis sur cette question de l’adultère par exemple sont venus après celui compris dans la Sourate des femmes (qui prévoit l’enfermement ; NDLR). L’inscription dans le temps de la Révélation à permis de développer ce que les savants musulmans appellent « la science de l’abrogation ». Ainsi, la recommandation de l’enfermement a été abrogée par un Verset de la Sourate de la lumière qui recommande de châtier les adultères par le fouet. Lorsqu’il a reçu ce Verset, le Prophète a dit « voilà l’issue offerte par Dieu aux femmes adultères dans la Sourate plus ancienne ».
Il y a plusieurs remarques à faire sur ce passage. La première qui vient à l’esprit, c’est qu’apparemment, vous n’êtes pas offusqué par l’enfermement de la femme convaincue d’adultère jusqu’à sa mort et par la peine de fouet puisque le Coran en parle. N’avez-vous pas peur de choquer ainsi les Occidentaux ? En revanche, comme nous le verrons plus loin, vous ne faites pas la différence entre les peines corporelles prescrites par le Coran et celles qui y sont inexistantes en leur apposant sans distinction un « non » catégorique. Vous êtes en effet : « personnellement opposé à l’application aujourd’hui des peines corporelles, du fouet à la lapidation en passant par l’ablation des membres, etc. » Alors pourquoi toute cette polémique sur la légitimité de la lapidation en regard des textes scripturaires de l’Islam.
Autre remarque, la plupart des textes que les dissidents à la Révélation utilisent en leur faveur se retournent contre eux. [13] C’est normal, me direz-vous, car, comme nous l’avons souligné auparavant, les égarés de toutes confessions, s’appuient généralement sur des arguments ambigus au détriment des arguments formels, trahissant ainsi qu’ils sont plus animés par les passions que par la recherche de la vérité. [14] Ce manque de bonne foi ou, pour le moins, ce manque de rigueur les fait sombrer dans les contradictions les plus aberrantes. Ainsi, ici vous donnez foi aux paroles du Prophète qui prévient que le v. 4 de la sourate les femmes est abrogé, alors que le hadîth sur le sujet est simplement rapporté par Muslim. [15] En revanche, vous ne donnez pas foi à plusieurs hadîth que s’accordent à rapporter el Bukhârî et Muslim et qui ne font qu’enrichir une loi existante ; ce qui en soi est plus concevable que l’abrogation d’une loi… c’est sans commentaire !
Pire, vous omettez de dire que l’issue offerte par Dieu aux femmes adultères ne porte pas uniquement sur l’abrogation du verset en question par le v. 2 de la sourate la lumière, et qui prescrit de châtier les adultères au fouet. Il s’agit également d’apporter une nouvelle loi disant qu’il faille lapider la femme adultère mariée. En cela, le v. 2 de la sourate la lumière, n’a pas pour vocation d’abroger un autre Verset. Il ne fait que spécifier que le fouet concerne la femme célibataire indépendamment de la femme mariée comme le souligne pertinemment Ibn Hajar. [16] Voilà ce que le hadîth en question révèle. Selon ‘Oubâda ibn e-Sâmit, le Messager d’Allâh a dit : « Prenez de moi, prenez de moi ! Allâh leur a offert une issue. Pour l’homme vierge avec la femme vierge, il est prévu cent coups de fouet et l’expulsion d’un an, et pour l’homme marié avec la femme mariée, cent coups de fouet et la lapidation. » Est-ce un manque de bonne foi ! Je n’en suis pas sûre, car certains manuscrits de sahîh Muslim ne font pas mention du passage en gras…
Notes
[1] Certains orientalistes ont vainement cherché à dénigrer la valeur historique du corpus des hadîth, mais Allâh n’entend que préserver sa religion, comme le formule le Verset : Certes, Nous avons descendu le Rappel, et il Nous incombe de le garder [el-hijr ; 9].
[2] Ce hadîth est rapporté par el Bukhârî (6815, 6825) et Muslim (4396). Cette histoire prouve que la lapidation ne s’applique pas uniquement sur les femmes, contrairement à ce que laissent entendre les détracteurs de la dernière religion révélée aux hommes.
[3] Rapporté par Muslim (4406).
[4] Rapporté par Muslim (4408).
[5] Rapporté par el Bukhârî (6827, 6828) et Muslim (4410).
[6] Voir : sharh sahîh Muslim d’e-Nawawî (11/189) et Fath el-Bârî (15/602).
[7] Certains font la distinction entre la fornication qui concerne l’homme ou la femme célibataire et l’adultère qui concerne l’homme ou la femme marié.
[8] Rapporté par el-Bukhârî (6830) et Muslim (4394).
[9] Voir e-sounan el-koubra de Nassâ-î (4/7156).
[10] Ce Verset aurait été intégré au départ dans la sourate les coalisés ; voir : sharh sahîh Muslim (11/192), Fath el-Bârî (15/635) et subûl e-salâm de San’ânî (7/108).
[11] Voir : Fath el-Bârî (15/635).
[12] Voir : Fath el-Bârî (15/605-606) ; cette annale est en partie rapportée par el Bukhârî (6812) ; elle est également rapportée par e-Daraqutnî (3/123-124) et e-Nassâ-î dans e-sunan el-koubra (4/269-270).
[13] Voir : el-Jawâb e-Sahîh li man baddala din el-Massîh (1/104-105).
[14] Voir notamment : El-Jawâb e-Sahîh li man baddala din el-Massîh (2/710) et majmû’ el fatâwa (3/62-63).
[15] Voir : Muslim (4390, 4391, 3392).
[16] Voir : Fath el-Bârî (15/606-607).
Source : http://www.manhajulhaqq.com/spip.php?article528
samedi 18 avril 2009
Quelques réflexions étonnantes sur le Saint Coran
Quelques réflexions étonnantes sur le Saint Coran
Le Coran recèle d'innombrables merveilles. Ce livre
est un concentré de la création, permettant à la pensée humaine de
s'apercevoir des secrets de la création et de ses liens avec le
Créateur. Nous avons relevé quelques coïncidences ayant trait à la
magie des chiffres. En les étudiant, l'homme se rapprochera de son
Créateur et s'apercevra mieux de Ses miracles.
Divers mots sont répétés, de façon stupéfiante, dans le Coran et une fois comptés, ils sont étonnamment égaux. Les mots " monde" et "Au-delà" sont répétés 115 fois tous les deux. Cette égalité et harmonie se retrouvent dans de nombreux cas.
Le grand Prophète de l'islam a récité les versets du Coran, pendant 23 ans. Il ne pouvait sans la révélation divine réussir à égaliser le nombre des mots. S'il avait même réussi à le faire, il l'aurait considéré comme le plus grand avantage du Coran et l'aurait relevé à l'intention des Musulmans.
Mais le Prophète (saws) n'a rien indiqué de la sorte, le monde de l'Islam ignorant lui-même ces spécificité du Coran. Allah a permis ces découvertes, en cette ère de progrès ahurissants des ordinateurs, a révélé les immenses secrets de Son livre, et' prouvé l'authenticité du Coran, par les chiffres et le calcul, à l'homme ignorant et inique.
Maître Abol Razaq Nofel écrit dans la préface de son ouvrage :
"J'ignorais que le Coran était doté de tant d'harmonie. Chaque fois que j'ai entrepris un sujet de recherche dans le Coran, j'y ai trouvé une surprise. Et quelle surprise: une répétition de chiffres; une harmonie dans les sujets abordés, soient qu'ils se ressemblent, soient qu'ils soient tout à fait différents. C'est là un miracle, qui n'est révélé qu'au chercheur, qu'à l'étudiant ou qu'au lecteur à la foi absolue, que le Coran n'est que la révélation d'Allah au dernier de Ses prophètes; car ce miracle est surhumain et bien au-dessus de la raison de l'homme. "
Le monde et l'au-delà
Le terme monde est répété 115 fois, autant que le mot " au-delà".
Il ne faut pas croire qu'ils viennent toujours ensemble et que pour cette raison, leur nombre est égal. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ces deux mots ne sont accolés qu'une cinquantaine de fois, chacun venant séparément, au moins une fois et demie en plus, au total 115 fois pour chacun d'entre eux.
Le miracle des chiffres ne se limite pas, seulement, à l'égalité des termes ou sujets identiques, relatés ou même contraires. Cette harmonie des chiffres est venue au jour pour d'autres cas.
Autre surprise du Coran : le mot "el kufr", impiété et le terme "kufran" se répètent, respectivement, 17 et 8 fois, totalisant 25. Or le mot "el Iman", la foi, et "Imanan", dérivé de la même racine, reviennent, aussi, au total, 25 fois, contrairement à cette égalité des 2 mots "kufr" et "Iman". Iman et ses dérivés reviennent 84 fois dans le Coran. Bien que "Kufr" et ses dérivés ne se répètent que 506 fois, le synonyme de "kufr", "zilal" et ses dérivés reviennent 191 fois, totalisant avec "kufr" 697, Iman et ses dérivés 811 fois. La soustraction de ces deux chiffres donne 114, c'est-à-dire le nombre des sourates du Coran (peut être cela signifie-t-il que l'impiété et la foi sont séparés, par un seul Coran).
La multiplicité est un autre miracle du Coran. Certains termes sont le multiple de 2, 3 ou plus d'autres termes, et cela, non pas par hasard, mais bien par une intention volontaire, servant à prouver un but.
Par exemple le mot "er Rahman", qualité divine, vient 51 fois. Le mot "er Rahim" (miséricordieux) se répète 95 fois, sous cette forme, et 20 fois, sous la forme "Rahiman". La racine Rahim revient 115 fois, mais une seule fois qualifiant le Prophète (saws) lui-même.
Aussi Allah est qualifié 114 fois "er Rahim", tandis que "Rahman" (clément) ne revient que 57 fois, c'est-à-dire la moitié des sourates du Coran.
Les chiffres 7 dans le Coran
Certaines harmonies sont le fait du chiffre sept dans le Coran, qui a désigné 7, en tant que chiffre des cieux et le répète aussi 7 fois.
Lorsqu'il parle de la création du ciel et de la terre en six jours ou période, il le fait 7 fois. Quand le Coran présente les créatures à Allah, en rangs, il le dit 7 fois : "Et ils seront présentés en rang devant ton Seigneur." (sourate 18 Verset 48). Allah a répété les dérivés de rang en 7 autres versets. Les dérivés de "Saf", rang, reviennent aussi 7 fois :
"Et très certainement Nous t'avons apporté les sept de ceux que l'on répète, et aussi la grande lecture." (sourate 15 Verset 87).
Ou bien :
"I1 est aussi de ceux qui font largesses de leurs biens dans le sentier d'Allah, comme d'un grain d'où naissent sept épis à cent grains l'épi. Car Allah multiplie en faveur de qui Il veut." (sourate 2 Verset 261).
"Oui, si tout ce qu'il y a d'arbres sur terre devenait plumes et que la mer et sept mers après elle, fournissent l'encre, les paroles de Dieu ne seraient pas épuisées." (sourate 31 Verset 27).
A propos de la Géhenne, le Coran dit : "Elle a sept portes; à chaque porte, partie d'entre eux sera répartie." (sourate 15 Verset 44). La première sourate du Coran comporte 7 versets et sept aussi représente le nombre des mots compris dans le témoignage.
Le miracle de 19 et la répétition des mots.
L'un des miracles du Saint Coran réside dans son ordre numérique spécial, que personne d'autre qu'Allah ne pouvait instaurer. L'homme est incapable d'en ordonner les bases sur le chiffre 19, car la probabilité de l'avoir fait a été calculée par l'ordinateur et revient à 1 divisé par: 6x26 x 1024 x 626; C'est-à-dire, en pratique, zéro.
1- La phrase "Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux" est composée de 19 lettres.
2- Le Coran possède 114 sourates un multiple 6 de 19.
3- Les 5 premiers versets de la Sainte " 'Alaq " (sourate 96), la 1ère sourate révélée au Prophète comprennent 19 mots.
4- La première révélation de la Sourate " 'Alaq " a compris 76 mots, c'est-à-dire 19 x 4.
5- La première révélation de la Sourate " 'Alaq " comprend 19 versets.
6- La première sourate révélée, comptée à rebours, de la fin, est la 19ème.
7- La Sourate " 'Alaq " totalise 285 mots, c'est-à-dire 19 x 15.
8- La dernière sourate du Saint Coran comporte 19 mots.
9- Le premier verset de la dernière sourate du Coran est composé de 19 lettres.
10- Les neuf premiers versets de la Sourate "el Qalam" (sourate 68) comportent 38 mots, c'est-à-dire 19 x 2.
11- Les dix premiers versets de la 3ème sourate révélée "al Mozamel" comprennent 57 mots, c'est-à-dire 19 x 3.
12- Le Verset 30 de la Sourate "el Modasser" (sourate 74) cite le chiffre 19. "Ils sont dix-neuf à y veiller."
Le miracle scientifique du Coran
Les enseignements du Coran ont haussé la valeur et le respect du savoir des Arabes et de tous les Musulmans. Avant tout le monde, le Coran a admiré la science et les savants, au point de dire dans la Sourate "l'Araignée" (sourate 29), Verset 49 : "Ce sont au contraire des versets évidents dans les poitrines de ceux à qui science a été donnée. Et ne nient Nos signes que les prévaricateurs."
Dans la sourate 45, Versets 3 à 5, il est dit:
"Oui, il y a dans les cieux et la terre, des signes, certes, pour les croyants. Et dans votre propre création, tout comme en ce qu'Il fait foisonner du genre animal, il y a des signes pour les gens qui croient avec certitude.
De même, dans l'alternance de la nuit et du jour, et dans ce que Allah fait descendre du ciel, de par l'eau nourricière, - par quoi Il donne vie à la terre une fois morte, - et dans le déploiement des vents, il y a des signes, pour les gens qui comprennent."
Le livre d'Allah, tout au long de la révélation, a divisé la science connue de l'époque en : astronomie, physique, chimie, les observatoires, la biologie botanique, la géologie etc... Ces sciences de base, en progressant, rapprochent les peuples d'Allah et renforcent la foi en Lui.
La sourate 35, Verset 28, dit :
"Il y en a de même, parmi les hommes, et les animaux et les bestiaux. Les couleurs de tout cela sont différentes. Rien d'autres : craignent Allah parmi Ses esclaves, ceux qui savent. Oui Allah est Puissant, Pardonneur."
Plus intéressant encore, c'est que les premiers versets révélés du Coran ont trait absolument à l'enseignement et à l'apprentissage. La première révélation annonce l'aube du savoir et le rang éminent de la science, et que la raison divine portera aussi le drapeau de cette mission. Comment il n'en serait pas ainsi, alors que les cinq premiers versets de la première sourate révélée:
"Lis, par le nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l'homme d'un caillot de sang. Lis ! Car ton Seigneur, le Très Noble, c'est Lui qui a enseigné par la plume. Il a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas."
Le Saint Coran, dans presque 750 versets, traite de certains aspects de la science, en tant que sujets généraux. Ces versets, dans une ère où les individus et les sociétés ont foi en la science, sont une nouvelle découverte. C'est là l'un des miracles du Coran où la force et la puissance des nations est évaluée par la science, la technologie, la culture, la connaissance, l'innovation et les découvertes. Ces notions étonnantes du Coran n'ont pas trait uniquement à une culture ou à une époque déterminée. La plume, c'est-à-dire le premier instrument d'écriture, est la première chose sur laquelle le Créateur de ce monde a juré. Les Musulmans, ainsi motivés, ont rédigé divers ouvrages scientifiques.
Source : http://www.albouraq.org/bibliotheque/coran/rfcoran.htm
lundi 6 avril 2009
Le sens du Bien en Islam
Le sens du Bien en Islam
Parmi les caractéristiques intrinsèques au musulman, il y a l'amour et la compassion. Ces deux qualités découlent d'une sincérité dans la foi qui l'amène à considérer tout ce qu'il a comme venant de Dieu. et tout ce qu'il donne il le donne à lui. Celui à qui est accordée cette grâce, son cœur déborde d'amour pour les êtres, même si aucune relation ne le lie à eux, car sa conduite s'inspire de l'amour ardent qui passionne son cœur et qui coule de la fontaine inépuisable de l'amour divin.
Y a-t-il en effet un stimulant plus fort que la foi et la sérénité envers Dieu, ainsi que l'espérance en sa Miséricorde et Sa récompense future pour encourager l'homme à faire le bien d'une façon désintéressée et loin de toute amère-pensée ?
Ainsi donc, la piété et la bienfaisance n'ont de véritable sens que s'ils émanent d'un cœur sincère et visent un objectif sacré, en l'occurrence la satisfaction de Dieu.
Cela dit, l'Islam œuvre constamment en vue de guider les consciences vers ce but sacré et sublime.
Pour ce faire, il ouvre à l'homme les vastes horizons de l'intelligence et de l'imagination et les met en adéquation avec les aspects physiques et métaphysiques de l'univers de façon à ce qu'il s'imprègne de l'immensité et de l'éternité de la puissance divine et afin qu'apparaisse, devant lui, la Vérité, dans tout son éclat.
Évidemment seuls ceux qui font preuve d'une adoration dévouée à Dieu et qui se souviennent constamment de lui, peuvent éprouver ce genre de perception supra-humaine.
En effet, le dévouement au Créateur et la recherche de Sa proximité et de Sa protection font parvenir l'homme à une station spirituelle telle qu'il peut pénétrer le sens véritable du "vicariat de Dieu", (khilâfat Allâh) et qu'il devient un être imprégné d'amour devant lequel la voie de la vertu sera aplanie.
Par ses préceptes et ses enseignements, l'Islam nourrit en l'homme ce genre de sentiments naturels qui existent en chacun de nous. Une fois que l'amour devient le reflet de ces sentiments et déborde sur le cœur de l'homme, celui-ci sera forcément enclin à suivre la voie du bien et à se dévouer pour ses semblables. En revanche, la haine et la volonté de faire le mal ne peuvent tenir dans un tel cœur et finiront par se dissiper, car l'amour ne saurait cohabiter dans un même cœur avec l'infâmie et les souillures de l'âme.
Il va de soi que la guidance de l'Islam et l'éducation morale et spirituelle qu'il destine à l'humanité entière laissent à l'intérieur de l'âme une influence bénéfique considérable, une fois qu'elle s'en imprègne. De fait, en prenant conscience de l'existence d'une relation étroite et ferme entre sa personne et le monde qui l'entoure, l'homme agirait en conséquence, en respectant et en se conformant aux lois de l'univers, c'est-à-dire en étant en harmonie avec l'ordre cosmique tel qu'il a été établi. Ce faisant, il aura pour toutes les créatures un regard plein de compassion, à l'exception de celles qui sont nuisibles. L'homme parvenu à cet état spirituel où se révèlent sa grandeur et sa noblesse dans toute leur plénitude. sera purifié de toutes les souillures de l'âme. Il constituera un facteur positif dans l'existence humaine et partant dans l'ordre cosmique.
N'est-ce pas la connaissance spirituelle qu'avait le prophète qui lui faisait dire à propos de ceux qui s'étaient opposés à son message : "Seigneur, dirige mon peuple sur la bonne voie, car il est dans l'ignorance". Bien plus la compassion du Prophète (saws) n'englobait pas seulement son peuple, elle s'étendait à toutes les créatures. C'est ainsi qu'il enseignait à ses compagnons la généralisation du bien et de la compassion même envers les animaux. Un jour il leur raconta ce qui suit : "Alors qu'il souffrait de la soif en plein désert, un homme vit un puits dans lequel il descendit pour se désaltérer. En remontant, il vit un chien haletant et mourant de soif. Pris de pitié, il redescendit dans le puits et remplit ses chaussures pour pouvoir donner de l'eau au chien. Dieu lui pardonna toutes ses fautes passées à cause de ce geste-là." Les compagnons lui dirent : "Serons-nous récompensés pour notre compassion à l'égard des animaux ?" Il répondit : "Oui ! Vous serez récompensés en venant en aide à tout ce qui possède un cœur."
Ceci dit, il nous incombe de ne jamais agir par anticipation ou avec des idées préconçues devant n'importe quel évènement, mais de toujours chercher à en connaitre les raisons. C'est comme le malade que le médecin ausculte pour connaître les symptômes de son mal.
Le sens du bien dans le monde moderne
Nous savons tous que les pays riches consacrent une part de leur budget à l'aide aux pays pauvres. Ceci est une bonne chose en soi, mais malheureusement, cette aide n'est jamais dénuée d'arrière-pensées non louables. Les considérations humanitaires ne sont pas les seules à entrer en ligne de compte. C'est souvent des raisons bassement mercantiles ou politiques qui déterminent cette aide. On maintient en vie des pays qui, s'ils entraient en révolution mettraient en danger les pays riches eux-mêmes. Quant aux actes charitables accomplis par certaines personnes qui veulent d'ailleurs donner à leurs actes une publicité la plus large, ils ne sont souvent que des manœuvres de snobisme qui finissent le plus souvent en pure perte ou des tremplins pour lancer de nouvelles stars de la politique mondiale.
On veut bien penser que, bien que ce soit l'intention d'un acte qui détermine sa valeur, dans ces cas-là le résultat soit pris en considération si quelque aide matérielle parvenait quand même aux malheureux du monde. Mais ce serait faire injure à la morale que d'assimiler une bonne action à une équation mathématique, ne prenant en compte que les chiffres.
Voici ce que dit Alexis Carrel à ce propos :
"Le mobile de nos actions est l'acquisition d'un progrès personnel, et en premier lieu les intérêts financiers et la satisfaction de l'instinct de mise en valeur de sa personnalité, de la recherche de la promotion et des grades, ainsi que de la gloire et du rang social. Ces visées se camouflent parfois sous les masques de l'ostentation et de l'amour du genre humain. Il nous est possible d'observer les défis secrets et les trahisons inavouées dans les milieux militaires, les universités, les milieux politiques et judiciaires, où l'idée d'honneur est souvent défigurée.
Ceux qui se consacrent à une grande cause, ou s'efforcent sincèrement sans ostentation sont souvent considérés par la plupart de gens comme des fous misérables. On peut observer les signes de la recherche de l'intérêt personnel partout. Dans une femme qui se consacre aux œuvres de bienfaisance, mais ne nourrissant pas dans son cœur le moindre sentiment d'aide au nécessiteux, et qui en fait convoite un poste de direction d'une œuvre de bienfaisance par exemple ou bien encore de recevoir la médaille d'honneur dont elle pourra tirer plus tard quelque bénéfice quand elle ouvrira une boutique commerciale par exemple.
Dans un médecin célèbre qui conseille ses étudiants et ses patients d'utiliser un médicament pour lequel il reçoit un pot de vin de la part du fabriquant.
Dans un homme de science universitaire qui ne vise pas dans ses efforts le progrès scientifique, mais qui espère acquérir une chaire à l'Académie des sciences, titre qui lui ouvrira la porte à ses intérêts matériels. Dans des médecins qui ne respectent pas le coté moral de leur profession dans leurs expérience, et la préservation du secret de leurs patients.
Dans un étudiant qui tente de corrompre le secrétaire de la faculté pour obtenir les question qui seront posées aux prochains examens. Dans des étudiants qui se livrent à la commercialisation au marché noir des avantages matériels qui leur sont offerts pour leurs études.
Souvent, la recherche de l'intérêt personnel se cache sous le voile de la science, de l'humanitarisme, du sacrifice et de l'intégrité. Nous sommes soucieux de gagner de l'argent, car l'argent est tout, et il nous confère la puissance. On peut tout acheter avec. L'argent satisfait nos misérables désirs."
Il va de soi que cette conception du bien qu'ont les pays riches est dénuée de tout sentiment noble qui donne au geste charitable toute sa valeur humaine. Ce qui n'est pas le cas bien sûr, dans l'enseignement religieux des prophètes, où chaque acte de bienfaisance est un maillon d'une chaîne de vaste solidarité sociale qui relie toutes les catégories sociales et tous les individus. Voici à titre d'exemple ce qu'enseigne l'Islam :
"Un homme vint un jour chez le Prophète (saws) et lui dit : J'ai faim O envoyé de Dieu"; Celui-ci envoya quelqu'un auprès de son épouse pour lui apporter de quoi nourrir l'homme affamé. On lui apprit qu'il n'y avait rien chez lui, sinon de l'eau. L'Envoyé de Dieu (saws) se tourna alors vers ses compagnons et leur dit: "Lequel de vous veut donner l'hospitalité à cet homme-ci ?" Un homme des Ansar (premiers musulmans de Médine) accepta d'être l'hôte de l'invité de Prophète. Cet homme se rendit donc chez lui accompagné de l'indigent, mais sa femme lui apprit que la nourriture disponible pouvait juste suffire aux membres habituels de la famille. Il demanda quand même que le repas fut servi, et s'asseyant lui-même dans un coin sombre, il se débrouilla pour que son invité qui mangea à sa faim, ne se rendit pas compte qu'il ne mangeait pas.
Dans ce même ordre d'idées, El-Majlisi rapporte dans le niveau de sa réflexion s'approfondit "Tout musulman doit faire chaque jour une bonne action". quelqu'un lui dit : "Et qui peut supporter cette tâche ?" Il répondit : "En débarrassant la voie des objets qui l'encombrent, tu auras accompli une bonne action."
Il y a lieu de signaler cependant que ce genre de bonnes actions que l'Envoyé de Dieu (saws) compare à un simple geste consistant à enlever des pierres sur la voie, constitue le minimum que peut accomplir un musulman dénué de moyens et de ressources pouvant lui permettre de faire mieux. Quant à ceux dont la position sociale est plus aisée, ils doivent faire des actes de charité en fonction de leurs ressources et de leur rang social. En d'autres termes, chaque membre de la société est tenu de faire des actions de bienfaisance proportionnellement à ses capacités.
Un de mes amis, qui exerçait dans un service des œuvres sociales m'a fait un jour, la confidence suivante : "Chaque jour, avant de commencer mon travail, je me suis fixé un programme consistant à faire une bonne action ne serait-ce que de donner des conseils à celui qui ne sait pas comment commencer son travail."
En effet, si chaque musulman applique selon ses capacités les directives du Prophète (saws) en matière d'éthique, nul doute que la vie sociale aura plus de dynamisme et partant plus d'efficacité et que beaucoup de problèmes seraient ainsi résolus.
Source : http://www.albouraq.org/bibliotheque/cheminperfection/07.htm#4
vendredi 27 mars 2009
La vie après la mort
La Vie après la Mort
Nous croyons qu'Allah Tout-Puissant ramènera tous les hommes à la Vie après leur mort, le Jour Promis, pour récompenser les vertueux, et punir les pécheurs. Tous les adeptes des Religions divines, et tous les philosophes croyants sont d'accord, à l'unanimité, sur ce point. Quant au Musulman, il ne peut que croire absolument à cette Résurrection, dès lors qu'il croit en Allah et au fait que Mohammed est le Messager qu'Allah a envoyé pour apporter la Guidance et la Religion vraie, et pour révéler le Saint Coran qui nous parle de la Résurrection, de la Récompense, de la Punition, du Paradis et de ses Bénédictions, de l'Enfer et de ses flammes. En effet, le Coran parle explicitement et implicitement de tout cela dans un millier de Versets environ.
Les Musulmans Chiites, quant à eux, croient non seulement à la Résurrection, mais aussi que les morts seront ramenés à la vie sous leur forme, avec leur corps et leur âme originels. Ils considèrent cette croyance comme l'une des croyances de l'Islam, et s'appuient sur le Saint Coran pour le corroborer :
«L'homme pense-t-il que Nous ne rassemblerons pas ses ossements ? Nous avons certainement le pouvoir de les restaurer, jusqu'aux bouts des doigts» (Sourate el-Qayâmah, 75:3-4), et:
«S'il y a quelque chose qui t'étonne, ce serait la parole de ceux qui disent: "Lorsque nous serons poussière, reviendrons-nous vraiment de nouveau à la vie ?"» (Sourate er-Ra`d, 13:5).
«Avons-Nous échoué dans l'accomplissement de la première création ? (Nous avons un pouvoir total sur toute chose) Cependant, les incroyants sont dans la confusion à propos de la vie future» (Sourate Qâf, 50:15).
La Résurrection corporelle n'est, schématiquement, que le retour de l'homme à la vie, le Jour du Jugement, sous sa forme originelle, après avoir été mort et décomposé. Il n'est pas nécessaire de croire à plus de détails concernant cette croyance simple et générale à laquelle nous appelle le Coran, tout comme il n'est pas nécessaire de croire à plus de précision que n'en apporte le Coran à propos de ce qui suit la Résurrection corporelle, à savoir, par exemple, le Compte des actions de l'homme, le Pont (es-Serât), la Balance (el-Mîzân), le Paradis, l'Enfer, la Récompense et le Châtiment. Car savoir exactement et en détails si les corps reviendront sous leur forme originel;le ou sous une forme similaire lors de la Résurrection corporelle, si les âmes périront comme les corps ou bien si elles survivront jusqu'à ce qu'elles retournent aux corps le Jour de la Résurrection, si la Résurrection concerne seulement l'homme ou bien si elle s'applique également à toutes les sortes d'animaux, si elle s'opérera d'un seul coup ou progressivement, n'est accessible qu'à des savants versés dans ces questions.
Il nous suffit aussi de croire au Paradis et à l'Enfer, sans avoir besoin de savoir s'ils sont déjà créés, s'ils se trouvent dans les Cieux ou sur Terre, ou si l'un d'eux est dans les Cieux et l'autre sur Terre.
De même, lorsque nous croyons à la Balance, il n'est pas nécessaire de savoir s'il s'agit d'une entité spirituelle ou si elle est matérielle, avec plateaux. Il n'est pas nécessaire non plus de savoir si le Pont est matériel, comme la lame d'une épée, ou mince comme un cheveu, ou bien s'il s'agit d'une voie spirituelle. En un mot, il n'est pas nécessaire de savoir si le Pont est matériel ou d'une autre nature.(243)
L'Islam a présenté la Résurrection corporelle sous sa forme la plus simple. Si quelqu'un cherche à aller au-delà de ce que le Coran dit à ce propos pour entrer dans les détails, afin de satisfaire sa curiosité, ou d'effacer un doute que les non-croyants lui auraient suggéré par des arguments rationnels ou des raisonnements logiques, il risque d'aller au devant de difficultés et de souffrir de conflits intérieurs sans fin.
Rien, dans notre Religion, ne nous incite à perdre notre énergie dans la recherche de tels détails, qui ont rempli les livres des théologiens et des philosophes. Aucune nécessité religieuse, sociale ou politique non plus ne justifie les controverses et les polémiques qui ont fait couler beaucoup d'encre, en vain, sur ces détails.
Les doutes et les scepticisme qu'on soulève à propos de ces détails peuvent être facilement dissipés par notre conviction que l'homme est incapable d'atteindre la solution de ces problèmes qui dépassent l'entendement humain, qui sont hors de la portée de notre esprit, et qui se situent au-dessus de notre niveau terrestre. Il nous suffit de savoir qu'Allah Omniscient et Omnipotent nous a informé de la réalité de la Résurrection et de l'avènement du Jour du Jugement. La science, l'expérimentation, et toute autre méthode de vérification humaine sont absolument incapables d'aborder une chose qui est au-delà de la compréhension de l'homme tant qu'il vit en ce bas-monde.
Dès lors, l'homme ne peut ni
accepter, ni rejeter la croyance à la Résurrection, jusqu'à ce qu'il meure et
qu'il soit transféré de ce monde-ci vers le Monde Eternel. Comment pourrait-il
donc la prouver ou la nier par sa pensée indépendante ou par son expérience ? A
moins, bien entendu, de se livrer à la conjecture, à la spéculation, à
l'exclusion et à l'étonnement pour juger ce qu'il ne connaît pas. Or, de par la
nature de son esprit, l'homme s'étonne de tout ce à quoi il n'est pas habitué
et de tout ce qu'il n'a pas touché par sa connaissance ou ses sens, exactement
comme celui qui s'étonne par ignorance de la vérité de la Résurrection et du
Jour du Jugement : «Qui fera revivre les ossements qui auront été réduits en
poussière?» (Sourate Yâs-Sîn, 36:78).
La seule raison de son étonnement, c'est le fait de n'avoir jamais vu un mort arrivé au stade de la décomposition revenir à la vie. Mais il oublie comment il a été lui-même créé de rien, et comment les particules de son corps, dispersées çà et là dans la terre et l'atmosphère, se sont transformées en une forme humaine douée d'esprit et de parole. Le Saint Coran dit à ce propos : «L'homme ne pense-t-il pas à la façon dont Nous l'avons créé d'une goutte de sperme ? Et maintenant (au lieu d'être humble et reconnaissant) il devient désobéissant . Il nie la Résurrection, mais il a oublié sa création"(Sourate Yâs-Sîn,36: 77-78). Et : "[O Mohammed ! Dis-lui :] Celui qui l'a créé une première fois le fera revivre. Il a la meilleure connaissance de tout la création." (Sourate Yâs-Sîn, 36:79)
Donc, nous demandons à l'homme qui nierait la Résurrection, alors qu'il a accepté la croyance en le Créateur de l'Univers, en Son Pouvoir, en la Prophétie de son Envoyé, et en tout ce que ce dernier a apporté, et alors qu'il est incapable de saisir les secrets de sa création à travers sa connaissance et son intelligence, et alors qu'il ignore comment il a été élaboré à partir d'une goutte de sperme qui n'a ni volonté, ni bon sens, ni perception de sa propre existence, et qui aboutit à un homme doué d'intelligence et de bon sens, et pourvu de sentiments et de sens de la proportion(244), nous demandons à cet homme pourquoi il s'étonne après tout cela qu'il puisse revenir à la vie après qu'il aura été réduit en ossements et en poussière, et pourquoi il essaie ainsi de chercher à atteindre à une connaissance qui ni son expérience, ni son savoir ne sont capables d'appréhender.
Il faut dire à un tel homme qu'il n'a d'autre possibilité que de se résigner humblement et de reconnaître cette vérité qui nous a été révélée par le Créateur de l'Univers, le Tout-Puissant qui a créé de néant et de poussière ce même homme sceptique. Il faut lui dire que toute tentative de sa part de découvrir ce que sa science et son savoir ne peuvent absolument ni découvrir, ni saisir, est puérilité, spéculation vaine, et regard absurde dans des ténèbres noires.
Bien que l'homme ait atteint un haut degré de progrès et d'avancement dans le domaine de la science et de la technologie: découverte de l'électricité et du radar, et de l'atome, avec les différentes applications étonnantes, ainsi que nombre d'autres découverts qui auraient été impossibles ou même simplement inimaginables il y a quelques siècles, il est toujours incapable de comprendre leur vraie nature (par exemple, celles de l'électricité et de l'atome). Dans ces conditions, comment pourrait-il espérer comprendre les secrets de la création, ou découvrir les faits relatifs à la Résurrection et au Jour du Jugement ?
Ce qui doit occuper et intéresser l'homme, après qu'il a cru à l'Islam, c'est d'éviter de se soumettre à ses bas désirs, de penser à améliorer son sort dans ce bas-monde et dans l'Autre Monde, d'oeuvrer en vue de se rapprocher d'Allah, de réfléchir aux difficultés qu'il rencontrera, après sa mort, dans sa tombe, et lors de sa Résurrection, et quand il se trouvera devant Allah l'Omniscient et l'Omnipotent pour répondre de ses actions dans ce bas-monde. C'est pourquoi il doit se préparer à ces échéances et suivre tout de suite la Voie de la Piété. Allah dit, en effet:
«Redoutez le Jour où chaque âme sera responsable d'elle-même, où aucune intercession(245) ni aucun rachat ne seront acceptés, et où personne ne sera secouru» (Sourate al-Baqarah, 2:48).
Notes :
243. Voir Kachf al-Ghetâ', par al-`Allamah Kâchef-ul-Ghetâ'.
244. Le Coran dit: «Nous avons créé l'homme d'argile fine, puis nous en avons fait une goutte de sperme contenue dans un réceptacle solide; puis, de cette goutte, nous avons fait un caillot de sang, puis, de cette masse nous avons créé des os; nous avons revêtu les os de chair, produisant ainsi une autre création.» (Sourate al-Mo'menoun, 23:12-14)
245. Cela signifie que les pécheurs impénitents ne mériteront aucune intercession
Source : http://www.bostani.com/Livres/croyance.htm#LA_R%C9SURRECTION
mardi 24 mars 2009
Les Devoirs d'un Musulman envers un autre Musulman
Les Devoirs d'un
Musulman envers un autre Musulman
L'un des plus beaux et des plus significatifs des Principes de l'Islam qui caractérisent ses adeptes, est la Fraternité islamique entre les Musulmans, sans distinction de situation sociale, de couleur de la peau, de race ou d'origine géographique. L'Islam enjoint à ses adeptes de cultiver l'esprit de Fraternité parmi eux. La raison pour laquelle les Musulmans d'hier et d'aujourd'hui ont perdu leur dignité réside dans leur négligence de cet aspect suprême des enseignements islamiques.
Selon l'Imam Ja`far es-Sâdeq, la Fraternité islamique veut qu'un Musulman aime pour son Frère ce qu'il aime pour lui-même, et qu'il ne souhaite pas pour son Frère ce qu'il ne souhaite pas pour lui-même. Les Musulmans doivent donc prêter une oreille attentive à cette injonction simple et claire que les Imams de Ahl el Beyt ont souvent mise en évidence. Ils doivent s'alarmer de ce qu'il est aujourd'hui difficile de souscrire à ce principe important de l'Islam. A quel point les Musulmans sont donc écartés de nos jours de l'esprit de la Fraternité ! S'ils avaient été justes les uns envers les autres et s'ils avaient connu la signification du principe de la Fraternité, ils ne se seraient jamais permis de trahir, voler, torturer et tuer leurs Frères de Religion et il n'y aurait pas eu d'oppression ni de vol, de falsification, de médisance, de calomnie, de trahison, de jalousie, d'insolence, d'irrespect, de haine et d'égoïsme entre eux.
En réalité, si les Musulmans avaient pris
vraiment conscience du moindre avantage de l'esprit de Fraternité, et s'ils
avaient agi sérieusement selon cet esprit, il n'y aurait eu aucune inimitié, ni
aucun esprit d'animosité entre eux et, au contraire, ils auraient mené une vie
individuelle et sociale prospère et pleine de succès au sein d'une communauté
plus fraternelle. L'injustice et l'oppression auraient été rayées de la surface
de la Terre, les musulmans seraient des Frères, tous égaux, et l'humanité, sous leur conduite, aurait
atteint le plus haut degré de bonheur social, et le rêve de cité idéale des
anciens philosophes aurait été réalisé.
L'amour et l'amabilité étant le trait essentiel des rapports entre les hommes
dans une telle humanité fraternelle, celle-ci n'aurait plus besoin de
gouvernants, de tribunaux, de police ni de prisons. Si la
Fraternité islamique avait prévalu, les Musulmans n'auraient jamais accepté de
se soumettre à aucun colonisateur ni ne se seraient jamais résignés devant
aucun tyran. La Terre aurait été tout autre et se serait transformée en un
Paradis terrestre et en une demeure de bonheur.
Si la loi de l'amour avait prévalu entre les hommes, conformément aux enseignements islamiques, le mot "justice" ne serait plus en usage dans notre langue, en ce sens que nous n'aurions plus besoin de la Justice ni de ses lois, ni par conséquent de l'utilisation du mot qui la désigne, du fait que la loi de l'amour suffirait à répandre le bien et la paix, le bonheur et la tranquillité de l'esprit. Car l'homme n'a besoin de recourir à la justice et à la loi que s'il perd l'amour de celui envers lequel il doit appliquer la justice. Mais lorsqu'il s'agit d'une personne qu'il aime, comme son fils ou son frère, il est porté à lui faire du bien et des concessions, par amour et avec bienveillance, et non pas par souci d'appliquer la justice, ni par intérêt.
Le secret de cette vérité humaine réside dans le fait que l'homme n'aime normalement que lui-même et ce qui convient à lui-même. Il est difficile d'aimer quelqu'un ou quelque chose qui ne fasse pas partie de son soi, sauf si ce quelqu'un ou quelque chose a un lien avec son soi, ou qu'il en conçoit une image désirable pour son soi. De même, il est difficile de sacrifier volontairement ses désirs et ce qu'il aime pour quelqu'un d'autre qu'il n'aime pas ou qu'il n'affectionne pas, sauf, bien entendu, si prend naissance en lui une doctrine plus forte que les désirs, comme la doctrine de l'amour de la Justice et de la bienfaisance; auquel cas, s'il consent à sacrifier l'un de ses désirs, il le ferait pour en satisfaire un autre, plus fort, en l'occurrence sa doctrine de la Justice, si cette doctrine venait à faire partie de ses désirs ou même de son soi.
Cette doctrine idéaliste requiert, pour se
former chez un individu, que celui-ci transcende les conditions matérielles
pour atteindre à l'idéal suprême de la Justice et de l'altruisme, et ce, après
s'être heurté à l'impossibilité de susciter en lui-même le sentiment de
Fraternité sincère et de sympathie entre lui et ses semblables.
La première chose que le Musulman doit donc s'efforcer d'acquérir, c'est le sentiment de Fraternité envers les autres, S'il n'y parvient pas, et il est fort probable qu'il n'y parvienne pas, en raison de la prédominance de ses nombreux désirs et de son égoïsme, il doit alors former en lui-même la doctrine de la Justice et de l'altruisme, conformément aux préceptes islamiques. S'il n'y parvenait pas, là non plus, il ne mériterait plus d'être Musulman, sauf par le nom, car la Justice est la dernière frontière de l'Islam, au-delà de laquelle il n'y a qu'infidélité et ténèbres complètes, et dans ce cas il sortirait de l'Islam et Allah, selon l'expression de l'Imam Ja`far es-Sâdeq, ne lui accorderait ni Sa Clémence, ni Sa Miséricorde.
Très souvent, les désirs temporels et égoïstes de l'homme le dominent et il en résulte pour lui une grande difficulté à se préparer à la simple acceptation de la doctrine de la Justice, sans parler de l'acquisition de cette doctrine sous sa forme complète, plus forte que les désirs. C'est pourquoi les droits de Fraternité constituent l'enseignement islamique le plus difficile à appliquer, étant donné que l'homme n'a pas ce sentiment sincère de Fraternité.
C'est cette difficulté qui a conduit l'Imam es-Sâdeq à présenter de manière schématique l'explication des droits d'un musulman sur un autre Musulman, lorsqu'il s'adressa à l'un de ses adeptes, El-Mo`allâ ibn Khoneys, craignant que celui-ci ne puisse apprendre ce qu'il ne pourrait pas appliquer. El-Mo`allâ rapporte ainsi sa conversation avec l'Imam Ja`far es-Sâdeq :
El-Mo`allâ : «Quels sont les droits d'un Musulman sur un autre Musulman ?»
L'Imam : «Il a 7 droits et 7 devoirs. Chacun de ces droits sur autrui constitue, en même temps, un devoir pour lui. S'il néglige l'un de ces devoirs, il aura désobéi à Allah et ne bénéficiera pas de Sa Grâce».
El-Mo`allâ : «Quels sont ces devoirs ?»
L'Imam : «O Mo`allâ ! J'ai de la compassion pour toi. Je crains que, si je te les enseigne, tu ne réussisses pas à les appliquer».
El-Mo`allâ : «J'espère que, par la Grâce d'Allah, je les mettrai en pratique».
El-Mo`allâ raconte que le Saint Imam finit par lui énumérer les 7 devoirs-droits et lui dit que le plus simple d'entre eux était celui-ci : «Désire pour ton Frère ce que tu désires pour toi-même, et ne lui souhaite pas ce que tu ne souhaites pas pour toi-même».
Gloire à Allah! C'est cela le devoir le plus facile à accomplir ! Pourquoi donc les Musulmans, ou ceux qui croient l'être, n'appliquent-ils pas le devoir le plus simple que l'Islam leur impose ? Et qui plus est, ils accusent l'Islam lui-même d'être à l'origine du retard terrible dans lequel sombrent les Musulmans, alors que ceux-ci s'abstiennent d'accomplir ce que leur Religion enjoint de plus simple !
Nous mentionnons, pour mémoire seulement, et pour prendre conscience de notre impardonnable manquement à notre devoir, les 7 devoirs-droits de chaque Musulman, tels que l'Imam es-Sâdeq les a énumérés :
1- Aime pour ton Frère ce que tu aimes pour toi-même, et ne lui souhaite pas ce que tu ne souhaites pas pour toi.
2- Evite de le mettre en colère, fais lui plaisir, et conforme-toi à ce qu'il désire.
3- Aide-le par ton âme, tes biens, ta langue, tes mains, tes pieds.
4- Sois son œil, son guide, et son miroir.
5- Ne mange pas à satiété tant qu'il a faim, ni ne bois à satiété tant qu'il a soif, ni ne t'habille tant qu'il est dans la nudité.
6- S'il n'a pas de serviteur et que toi tu en as un, tu dois lui envoyer le tien pour laver ses vêtements, faire sa cuisine, préparer son lit.
7- Acquitte ses obligations, accepte son invitation, rends-lui visite lorsqu'il est malade, et assiste à ses funérailles quand il meurt. Si tu sais qu'il a besoin de quelque chose, tu dois prendre l'initiative de satisfaire son besoin, sans attendre qu'il te le demande.
Et l'Imam es-Sâdeq de conclure :
«Quand tu auras accompli ces devoirs, ton amitié fraternelle aura rejoint son amitié fraternelle, et son amitié fraternelle aura rejoint ton amitié fraternelle»*.
(Il y a sur ce sujet de nombreux hadiths rapportés des Imams dans "Wasâ'el ech-Chî`ah")
Note :
*. "Al-Kâfî, 2/135, H. 2; "Wasâ'el al-Chî`ah", 12/205, H. 6097; "Al-Kheçâl", 2/350, H. 26; "Moçâdaqat al-Ikhwân", 143/4; "Al-Amâlî" d'al-Tousî, p. 98, H. 149/3.
Source : http://www.bostani.com/Livres/croyance.htm#L'Appel_%E0_l'Unit%E9_Islamique
mercredi 18 mars 2009
L'Oppression et l'Injustice
L'Oppression et l'Injustice
Les Saints Imams ont considéré que l'usurpation du droit d'autrui et la perpétration de l'oppression et de la cruauté étaient l'un des pires péchés, et ils ont condamné fermement de telles pratiques, se fondant en cela sur les injonctions du Saint Coran qui dit à ce propos: «Ne pense pas qu'Allah ignore les actions des oppresseurs. Ils a différé la Punition jusqu'au Jour du Jugement, où leurs yeux se fixeront d'horreur» (Sourate 14 : verset 42).
L'Imam Ali a fustigé avec force dans ses sermons la pratique de l'oppression et de l'injustice :
«Je jure, par Allah, que si l'on m'offrait tout ce qu'il y a dans les sept cieux et tout ce qui existe sous le Soleil de cette Terre, en échange d'un péché consistant à arracher de la bouche d'une fourmi le tégument d'un grain d'orge, je ne le frais pas»(216).
Cette affirmation montre à quel point un Musulman doit être pointilleux lorsqu'il est question d'injustice, et combien il doit être prudent pour éviter de commettre la moindre injustice, et ferme dans la condamnation de l'oppression ! Ne doit-il pas se garder de frustrer une fourmi en lui arrachant l'enveloppe de grain d'orge, même si on lui offrait contre cet acte les sept Cieux ? Que alors de ceux qui sucent le sang des Musulmans, pillent leurs biens, violent leur honneur et leur dignité ! Quelle sera la gravité de leur péché en comparaison de celui que l'Imam Ali refuse de commettre, même contre l'offre de tout ce que le Ciel et la Terre renferment! Et quelle sera leur position par rapport à l'intégrité de l'Imam Ali ! La justice exemplaire que prêche l'Imam Ali est ce que la Religion exige des êtres humains.
Oui, l'injustice et l'oppression sont parmi les choses les plus graves qu'Allah a interdites. C'est pourquoi, la condamnation et la fustigation de l'injustice tiennent la première place dans les hadiths et les Supplications des Ahl-ul-Beyt, qui se sont attachés constamment à mettre leurs adeptes en garde contre l'oppression et les oppresseurs.
Telle fut effectivement toujours la position et l'attitude des Ahl-ul-Beyt, une attitude fondée sur une Justice impeccable et sur le refus absolu de l'oppression, même vis-à-vis de ceux qui les agressaient et les offensaient personnellement. L'histoire bien connue du Syrien qui avait offensé et injurié l'Imam el-Hassan, lequel répondit à l'offense par une attitude aimable et sympathique qui fit réfléchir son offenseur et l'amena à regretter sa mauvaise conduite(217), est révélatrice de la clémence et de l'indulgence de l'Imam, et représentative du souci de tous les Ahl-ul-Beyt d'éviter tout ce qui pourrait conduire à la moindre injustice. Nous avons déjà vu dans les Supplications de l'Ornement des Adorateurs, l'Imam Zeyn el-`Abedîn, cette sublime morale consistant à pardonner aux offenseurs leurs offenses, et à demander pour eux le Pardon d'Allah. Certes, la Loi autorise que l'on réponde à l'agression par une agression égale, et que l'on invoque contre l'agresseur le Châtiment d'Allah(218). Mais ce qui est autorisé par la Loi n'interdit nullement que l'on s'arme d'une tendance au pardon et à la clémence, tendance qui s'inscrit dans la noble morale. Le souci d'éviter d'être injuste a fait que les Imams d'Ahl-ul-Beyt ont considéré que l'exagération dans l'invocation du Châtiment d'Allah contre un agresseur pourrait équivaloir à une injustice. L'Imam es-Sâdeq dit à ce propos :
«Un opprimé qui invoque de manière excessive l'anathème sur son oppresseur pourrait devenir, de ce fait, oppresseur lui-même»(219).
Qu'Allah soit Glorifié ! Un opprimé qui ne fait que souhaiter de manière
excessive la punition de celui qui l'a opprimé, devient lui-même oppresseur !
Que dire alors de celui qui prend l'initiative de l'oppression et de
l'agression, qui attaque le premier les gens, viole leur honneur, pille leurs
biens, les dénonce aux oppresseurs, les induit en erreur pour les jeter dans
une situation périlleuse, les diffame, leur nuit, ou les espionne! Quel est le
statut d'un tel malfaiteur dans la Jurisprudence des Ahl-ul-Beyt ? Ceux-ci
considèrent de tels individus comme étant les plus éloignés d'Allah, les plus
condamnables par Lui, et les plus détestables dans leurs actions et dans leurs mœurs.
La Coopération avec les Oppresseurs
Étant donné la gravité du péché d'injustice et de ses conséquences, Allah a prohibé la coopération avec les oppresseurs.
«Ne vous inclinez pas vers les injustes, sinon vous seriez atteints par le Feu de l'Enfer; ne prenez pas de protecteur en dehors d'Allah, autrement vous ne serez pas secourus» (Sourate 11 : verset 113).
Telles sont donc les règles de bonnes conduites du Saint Coran, règles reprises et développées dans les enseignements des Imams d'Ahl-ul-Beyt, qui se sont attachées à inciter leurs adeptes à s'éloigner des oppresseurs, à ne pas prendre contact avec eux, à ne pas coopérer avec eux, et à ne pas s'associer avec eux, même pour un fragment de datte(220).
Il ne fait pas de doute que le plus grand malheur qui se soit abattu sur l'Islam et les Musulmans, c'est l'indulgence de ceux-ci vis-à-vis des oppresseurs, leur mutisme à propos des méfaits qu'ils ont commis, leur coopération avec eux, sans parler de leur complicité avec eux, de l'appui qu'ils leur ont apporté, et de leur contribution aux injustices qu'ils ont commises. Les calamité qu'a subies et connues la Nation Musulmane ne sont que la conséquence logique de cette déviation des Musulmans du Droit Chemin et de la Voie de la Vérité. Le résultat de cette déviation fut qu'à la longue la Religion finit par s'affaiblir et sa force par se dissiper, pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui, très éloignée de la Voie que lui avait tracée le Saint Prophète (saws), et de la puissance qu'il lui avait assurée. Les musulmans ou ceux qui se disent Musulmans sont tombées aujourd'hui dans un tel lamentable que, loin d'éviter de chercher un protecteur en dehors d'Allah, comme le Coran(221) le leur enseigne, il tendent leurs mains à leurs ennemis et agresseurs (aussi bien les faibles que les forts d'entre eux) et les aident ainsi à perpétuer et accentuer leur agression contre eux. Leur soumission aux puissances non musulmanes et à leurs oppresseurs n'est plus à démontrer.
Les Imams d'Ahl-ul-Beyt avaient déployé tous leurs efforts pour mettre leurs adeptes en garde contre la coopération avec les oppresseurs, et insisté auprès de leurs partisans pour qu'il s'abstiennent de se pencher vers les injustes et de marcher avec eux. Ces mises en garde qu'ils avaient faites aux Musulmans sont innombrables. Citons-en un exemple: la lettre de l'Imam Zeyn el-Abidîne à Mohammed ibn Moslem ez-Zoharî, après que celui-ci avait soutenu leurs oppresseurs dans leurs oppressions:
«N'est-il pas vrai qu'en faisant appel à toi, ils ont fait de toi un essieu pour faire tourner les moulins de leur injustice, un pont les menant vers leurs méfaits, une échelle conduisant à leur déviation, un instrument appelant à leur égarement, un véhicule marchant sur leur voie ? Par toi, ils ont semé le doute dans l'esprit des sages, et attiré le cœur des ignorants vers eux. Aucun de leurs plus fidèles ministres, ni aucun de leurs plus forts partisans, n'était parvenu à apporter autant d'eau que tu en as apportée à leur moulin de corruption, ni à attirer vers eux autant de gens que tu en as attirés vers eux. Que c'est peu ce qu'ils t'ont donné, et que c'est énorme ce qu'ils t'ont soutiré ! Que c'est insignifiant ce qu'ils ont construit pour toi, à côté de toute la destruction qu'ils t'ont apportée ! Regarde donc toi-même ton âme, car personne d'autre ne la regardera, et demande-lui des comptes comme un homme responsable»(222).
Cette dernière partie de la lettre : «Demande des comptes à ton âme, comme un homme se soumet à l'emprise de ses bas désirs, il se moque au fond de lui-même de sa dignité, c'est-à-dire qu'il ne se sent pas responsable de ses actions, parce qu'il ne peut pas en prendre conscience, et qu'il pense que ce qu'il fait ne peut pas être l'objet de comptes. Tels sont en fait les mystères de l'âme qui s'habite, afin qu'il ne soit pas sous l'emprise de l'illusion, et qu'il ne néglige pas sa responsabilité vis-à-vis de lui-même».
Il y a une autre conversation, encore plus significative entre le septième Imam, Mousâ el-Kâdhem, et Safwân Jammâl, qui était un adepte sûr de l'Imam et l'un des rapporteurs dignes de foi de ses hadiths. Dans ses "Rejâl" (Biographie des Rapporteurs des hadiths), el-Kâchî rapporte de la façon suivante cette conversation entre l'Imam et Safwân :
L'Imam : «O Safwân ! Toutes tes actions sont bonnes, sauf une !»
Safwân : «Que je sois sacrifié pour toi ! Laquelle ?»
L'Imam : «Le fait d'avoir loué des chameaux à Hâroun er-Rachîd !»
Safwân : «Par Allah! Je ne les ai prêtés à loyer ni pour son plaisir, ni pour qu'il en fasse un usage illégal, ni pour la chasse, ni pour un divertissement, mais pour qu'il s'en serve dans son voyage à la Mecque ! En outre, ce n'est pas moi qui les accompagne, mais mes serviteurs.»
L'Imam : «O Safwân! Doit-il te payer pour cela ?»
Safwân : «Oui».
L'Imam : «Ne désires-tu pas qu'ils reviennent vivants afin que tu sois payé ?»
Safwân : «Si!»
L'Imam : «Alors, quiconque souhaite qu'ils restent vivants est un des leurs et ira par conséquent en Enfer!»
Çafwân raconte qu'il vendit immédiatement ses chameaux, après cette conversation, pour éviter de les louer à un oppresseur, en l'occurrence Hâroun er-Rachîd(223).
S'il suffit donc de souhaiter qu'un oppresseur reste vivant, pour être
passible du Châtiment de l'Enfer, que dire donc de ceux qui aident constamment
l'oppresseur, qui l'encouragent dans son oppression, ou pis, de ceux qui
adoptent la voie de l'oppresseur et qui se joignent à lui dans toutes les
cruautés qu'il commet !
Occuper une Fonction dans un État Oppresseur
Si soutenir les oppresseurs, même avec un fragment de datte, ou même par le simple souhait qu'ils restent en vie, est une chose contre laquelle les Imams d'Ahl-ul-Beyt ont mis vivement en garde les Musulmans, quel péché impardonnable serait de participer à un gouvernement oppresseur, d'accepter d'y occuper une fonction ou de lui prêter serment d'allégeance, ou pis encore, de faire partie des piliers d'un pouvoir injuste et de contribuer activement à l'installation et à la consolidation de ce pouvoir. Car, comme l'a dit l'Imam es-Sâdeq, "un régime oppresseur, c'est le minage de tout le bon droit, le ravivage total du faux, la résurgence de l'injustice, du despotisme et de la corruption."(224)
Toutefois, les Saints Imams ont autorisé que l'on accepte d'occuper un poste dans un régime injuste si le but de cette acceptation est d'oeuvrer en vue de sauvegarder la justice, d'appliquer les peines prescrites par la Loi Divine, d'aider les Croyants, l'ordonner le bien et d'interdire le mal. L'Imam Mousâ el-Kâdhem a dit, à ce propos : «Il y a, parmi les oppresseurs, certains hommes à travers lesquels Allah établit Sa Convention et Sa Preuve, et qu'IL rend puissants afin qu'ils protègent les serviteurs pieux d'Allah et améliorent les affaires des Musulmans... Ces hommes-là sont de vrais Croyants. Ils sont le Phare d'Allah sur Terre et Sa Lumière parmi Ses serviteurs»(225).
Sur ce sujet, il y a beaucoup de hadiths qui expliquent comment doivent se comporter les gouverneurs et les employés. La lettre de l'Imam es-Sâdeq à Abdullah en-Najâchî, l'Empire d'Ahwâz, en est une illustration.(226)
Notes :
216. "Nahju-l-Balâghah"
217. Voir: "Manâqeb Ibn Chahr
Achoub", 4/19, où l'auteur rapporte le récit suivant d'el-Mobarred et
d'Ibn `A'ichah : «Un Syrien vit l'Imam el-Hassan sur sa monture. Il se mit à le
maudir et l'Imam restait silencieux. Lorsqu'il vida son sac, l'Imam el-Hassan
vint vers lui, le salua et lui sourit en disant : «O Cheikh ! Je te crois un
étranger. Sans doute as-tu fait une méprise. Si tu as des reproches à nous
faire, nous les acceptons. Si tu nous demandes quelque chose, nous te
l'accordons. Si tu as une question à nous poser, nous te répondons. Si tu nous
demandes de te transporter, nous te transportons. Si tu as faim, nous te
donnons à manger. Si tu es nécessiteux, nous pourvoyons à tes besoins. Si tu es
chassé de chez toi, nous te donnons refuge. Si tu as un besoin, nous le
satisfont. Il vaudrait mieux pour toi d'apporter ton bagage chez nous et d'être
notre hôte jusqu'à la date de ton départ, car nous avons une maison vaste, une
grande hospit
ali
té et beaucoup d'argent». Lorsque le Syrien entendu ce discours, ses larmes coulèrent et il dit : «J'atteste que tu es le C
ali
fe d'Allah sur terre, car Allah sait mieux que quiconque à qui confier Ses messages. Toi et ton père, vous étiez les plus détestables des créatures d'Allah pour moi. Et te voilà maintenant, le plus aimé de la créature d'Allah pour moi.» Et liant le geste à la parole, il transporta son bagage chez l'Imam jusqu'au son départ, et devint un partisan des Ahl-ul-Beyt».
218. Car le Coran dit: «Soyez hostile envers quiconque vous est hostile, dans la mesure où il vous est hostile» (Sourate al-Baqarah, 2:194).
219. "Al-Kâfî", 2/250, H. 17; "`Eqâb al-A`mâl", p. 274.
220. Voir: "Wasâ'el al-Chî`ah", 17/183, Sect. "Tahrîm Ma`ounat al-Dhâlemîn".
221. Allusion au Verset 113 de la Sourate Houd cité plus haut.
222. Voir: "Tohaf al-`Oqoul", p. 275.
223. Voir: "Rejâl al-Kâchî", p. 440, H. 828.
224. "Tohaf al-`Oqoul", p. 332.
225. "Behâr al-Anwâr", 75/381, H. 46.
226. Voir l'édition commentée de "Wasâ'el al-Chî`ah", 17/196, H. 22338, ainsi que le reste des Hadith de la Section 46.
Source : http://www.bostani.com/Livres/croyance.htm#L%27Oppression_et_l%27Injustice
dimanche 15 mars 2009
La circulation des biens
La circulation des biens
La circulation (l'échange) est l'un des fondements de la vie économique. Son importance n'est pas moindre que celle de la production ou de la distribution, bien qu'elle leur soit historiquement postérieure. En effet, l'existence historique de la production et de la distribution est toujours associée à l'existence sociale de l'homme. Là où il y a une société humaine, il est nécessaire qu'elle exerce, pour pouvoir poursuivre sa vie et assurer ses moyens d'existence, une forme de production, et qu'elle redistribue la richesse produite sur ses membres, sous n'importe quelle forme convenue. Donc, l'homme ne peut pas avoir une vie sociale sans production et distribution.
Quant à la circulation, il n'est pas nécessaire qu'elle existe dans la vie de la société dès le début, étant donné que les sociétés mènent souvent, au début de leur création, une sorte d'Economie primitive fermée, c'est-à-dire que chaque famille composant la société produit elle-même tout ce dont elle a besoin, sans recourir aux efforts des autres. Or, cette sorte d'Economie fermée ne laisse pas de place à l'échange tant que tout producteur satisfait par sa production tous ses besoins simples et se contente des articles qu'il produit. L'échange ne commence à avoir un rôle actif sur le plan économique que lorsque les besoins de l'homme se diversifient et se développent, et que les articles dont il a besoin dans sa vie se multiplient, de telle sorte que chaque individu n'est plus capable de produire seul toutes les sortes et formes d'articles dont il a besoin. Alors la société se voit obligée de répartir le travail entre ses membres, et chaque producteur -ou catégorie de producteurs- se spécialise dans la production d'un article particulier qu'il peut produire mieux qu'un autre (article), et il satisfait ses autres besoins par l'échange du surplus des articles qu'il a produits contre ceux que les autres produisent. De cette façon, l'échange naît, dans la vie économique, en tant que moyen de satisfaire les besoins des producteurs, au lieu que chaque producteur se charge lui-même de satisfaire tous ses besoins par sa production directe.
Ainsi donc, l'échange naît pour faciliter la vie et pour répondre à l'élargissement du champ des besoins et à la tendance de la production à la spécialisation et au développement.
Il en résulte que le rôle de l'échange dans la vie économique de la société est celui d'un intermédiaire entre la production et la consommation ou, en d'autres termes, entre les producteurs et les consommateurs. Le producteur trouve toujours par l'échange le consommateur qui a besoin de l'article qu'il produit, et ledit consommateur à son tour produit une autre sorte d'article, et trouve, à travers l'échange, le consommateur qui le lui achète.
Mais l'injustice de l'homme -selon l'expression coranique- qui a privé l'humanité des bénédictions et des bienfaits de la vie, et qui est intervenue dans le domaine de la distribution, au détriment de tel ou tel autre droit, a atteint l'échange aussi, jusqu'à ce qu'elle (l'injustice de l'homme) l'ait transformé et l'ait érigé en un instrument d'exploitation et de complication, au lieu d'être un instrument de satisfaction des besoins, et en un intermédiaire entre la production et l'épargne, et non pas entre la production et la consommation. Il est résulté de cette injustice dans l'échange des drames et toutes sortes d'exploitations, comparables aux situations injustes sur lesquelles a débouché la distribution dans les sociétés capitalistes et communistes.
Pour expliquer le point de vue islamique de l'échange, il est indispensable de connaître l'opinion de l'Islam sur la raison fondamentale pour laquelle l'échange est devenu un instrument injuste d'exploitation, et les résultats qui s'en sont suivis, d'étudier ensuite les solutions que l'Islam a présentées pour ce problème, et de savoir enfin comment il a trouvé à l'échange sa formule juste et ses lois adéquates à ses objectifs.
L'échange, et son évolution historique (du troc à la monnaie).
Avant toute chose, il faut remarquer que l'échange a deux formes :
L'une est l'échange fondé sur le troc ;
L'autre est l'échange fondé sur la monnaie.
L'échange fondé sur le troc consiste à échanger un article contre un autre. Cette forme d'échange est, historiquement, la plus ancienne des formes de l'échange. En effet, chaque producteur, dans les sociétés en voie de spécialisation et de division du travail, obtenait les articles qu'il ne produisait pas lui-même, contre le surplus de l'article dont la production était sa spécialité. Ainsi, celui qui produisait cent kilos de blé en conservait la moitié, par exemple, pour satisfaire ses besoins, et en échangeait l'autre moitié contre une quantité donnée de coton, par exemple, produit par autrui.
Mais cette forme d'échange (le troc) n'a pas pu faciliter la circulation dans la vie économique. Elle devenait de plus en plus difficile et compliquée à la longue et au fur et à mesure que la spécialisation se répandait et que les besoins se diversifiaient ; car le troc obligeait le producteur du blé à chercher le coton dont il avait besoin chez quelqu'un qui désirait se procurer du blé ; mais si le propriétaire du coton avait besoin de fruits et non de blé, et si le producteur du blé n'avait pas de fruits, il ne pouvait pas satisfaire son besoin de coton. Les difficultés sont nées ainsi de la rareté de la concordance entre le besoin de l'acheteur et celui du vendeur.
A cela il faut ajouter la difficulté de concordance entre les valeurs des articles offerts à l'échange. Celui qui possédait un cheval ne pouvait pas se permettre de l'échanger contre un poulet dont il aurait eu besoin, car la valeur de celui-ci était très inférieure à la valeur de celui-là. En tout état de cause, il n'était pas disposé à obtenir un seul poulet en échange d'un cheval tout entier, et celui-ci n'est pas divisible pour que l'on puisse en donner une partie pour l'obtention d'un poulet!
En outre, les opérations d'échange se heurtaient à un autre problème : la difficulté d'évaluer la valeur des choses offertes à l'échange ; car pour estimer la valeur d'une chose, il est indispensable de la comparer aux autres choses, afin que sa valeur soit connue par rapport à chacune de ces choses.
Pour toutes ces raisons, les sociétés fondées sur l'échange commencèrent à penser à modifier le troc de manière à le rendre apte à résoudre ces problèmes. De là est née l'idée de l'utilisation de la monnaie en tant qu'instrument d'échange remplaçant l'article lui-même. Et de cette façon, la seconde forme de l'échange a vu le jour, c'est-à-dire l'échange par la monnaie. Celle-ci est devenue ainsi le représentant de l'article que l'acheteur était obligé d'offrir au vendeur dans le troc. Au lieu que le propriétaire du blé, dans notre précédent exemple, soit contraint de fournir des fruits au producteur du coton contre le coton qu'il voulait lui acheter, il aura désormais la possibilité de vendre son blé contre de l'argent, puis d'acheter avec cet argent le coton qu'il désire. Le producteur du coton achètera à son tour le fruit qu'il demande contre l'argent qu'il aura obtenu.
Conséquences du passage du troc à la monnaie : thésaurisation et déséquilibre.
La représentation de l'article par l'argent dans les opérations d'échange a donc assuré la solution du problème né du troc et l'aplanissement de ses difficultés.
La difficulté de concordance entre le besoin de l'acheteur et celui du vendeur s'est effacée. L'acheteur n'était plus obligé de fournir au vendeur l'article dont il avait besoin, il lui suffisait de lui donner l'argent au moyen duquel il pourrait acheter cet article par la suite à ses producteurs.
La difficulté de concordance entre les valeurs des choses a été aplanie, parce que la valeur de tout article était désormais estimée en argent, lequel est divisible.
De même, il est devenu possible d'estimer facilement les valeurs des choses, car celles-ci étaient désormais évaluées toutes par rapport à un seul et même article, à savoir l'argent, en tant que critère général de la valeur.
Toutes ces facilités ont découlé de la représentation de l'article par l'argent dans tous les domaines de la circulation.
Tel est l'aspect brillant et lumineux de la représentation de l'article par l'argent, aspect qui nous explique comment cette représentation accomplit sa fonction sociale -pour laquelle elle a été créée- qui consiste à faciliter les opérations de la circulation.
Mais cette représentation ne s'est pas arrêtée à ce stade. A la longue, elle va jouer un rôle plus important dans la vie économique, jusqu'à ce qu'il s'en soit suivi des difficultés et des problèmes non moins graves que ceux qui avaient découlé du troc. Mais alors que les problèmes issus du troc étaient naturels, les nouveaux problèmes causés par la représentation de l'article par l'argent sont humains et traduisent toutes les sortes d'injustices et d'exploitations auxquelles a conduit la représentation de l'argent par l'argent dans les domaines de la circulation.
Pour bien comprendre cela, nous devons remarquer les développements qui se sont produits dans les opérations de l'échange comme suite au changement de leur forme, fondée d'abord sur le troc, remplacé ensuite par l'argent.
Dans l'échange fondé sur le troc, il n'y avait pas de ligne de démarcation entre le vendeur et l'acheteur, les deux co-contractants étant à la fois vendeur et acheteur, chacun fournissant à l'autre un article, et en recevant un autre. C'est pourquoi le troc satisfaisait directement les besoins des deux co-contractants en même temps ; chacun d'eux sortait de l'opération de la circulation avec l'article dont il avait besoin pour sa consommation ou sa production, tel que blé ou charrue. A la lumière de ce qui précède, nous savons que l'homme, à l'époque du troc, n'avait pas la possibilité de s'identifier à la personnalité du vendeur sans être en même temps acheteur. Il n'y avait pas de vente sans achat concomitant. Le vendeur fournissait -en tant que vendeur- d'une main son article à l'acheteur, pour recevoir de l'autre main un nouvel article -en tant qu'acheteur. La vente et l'achat étaient couplés dans une seule opération.
En revanche, dans les échanges fondés sur l'argent, la situation est très différente, car l'argent met un point de démarcation entre le vendeur et l'acheteur, le premier étant le propriétaire de l'article, le second celui qui offre de l'argent pour l'obtenir. Le vendeur qui offrait du blé pour obtenir du coton pouvait vendre ce blé et obtenir du coton dans un seul échange fondé sur le troc, alors qu'il est obligé ici (dans les échanges fondés sur l'argent) d'effectuer deux échanges pour obtenir ce qu'il cherche. Dans un premier échange, il joue le rôle de vendeur en vendant son blé contre une somme d'argent, et dans le second échange, il joue le rôle de l'acheteur en achetant du coton avec cet argent ; ce qui signifie la séparation de la vente et de l'achat, alors que ces deux opérations étaient couplées dans le troc. La séparation de la vente et de l'achat dans les opérations de l'échange fondé sur l'argent a permis de retarder l'achat par rapport à la vente. Le vendeur n'est plus obligé, pour vendre son blé, d'acheter à l'autre le coton qu'il produit. Il peut vendre son blé contre une somme d'argent, qu'il conserve, et reporter l'achat du coton à plus tard.
Cette occasion nouvelle que les vendeurs ont trouvée à leur service -l'occasion de retarder l'achat par rapport à la vente- a changé le caractère général des ventes et des échanges. Alors que la vente avait toujours pour objet, à l'ère du troc, l'achat de l'un des articles dont avait besoin le vendeur, à l'ère de la monnaie elle a un nouvel objectif. Le vendeur ne se débarrasse pas de son article pour en obtenir un autre, mais pour gagner plus d'argent, en sa qualité de représentant général de l'article ; l'argent qui lui donne la possibilité d'acheter n'importe quel autre article quand il le voudra... Ainsi, la vente pour l'achat s'est transformée en vente pour se procurer de l'argent. De là est né le phénomène de la thésaurisation des biens et de leur gel, incarné par cet argent. Car l'argent, et par argent nous entendons surtout l'argent en pièces métalliques et en billets de banque, se distingue de tous les autres articles, puisqu'il était inutile de thésauriser tout autre article, étant donné que :
a) la valeur de la plupart des articles baisse à la longue ;
b) la conservation de l'article et son maintien en bon état nécessiteraient de nombreuses dépenses ;
c) le propriétaire de l'article thésaurisé pourrait ne pas trouver, au moment voulu, un autre article dont il aurait besoin ; donc sa thésaurisation ne garantit pas l'obtention de tout ce dont on a besoin à tout moment.
Tout au contraire, l'argent est susceptible d'être conservé et épargné, et son épargne ne demande pas de dépenses. De plus, en tant que représentant général des articles, il garantit au thésauriseur son pouvoir d'achat de tout article à tout moment.
De cette façon sont nées les motivations de la thésaurisation dans les sociétés où l'échange commençait à être fondé sur l'argent et notamment sur la monnaie en or et en argent.
Il s'en est suivi que l'échange a abandonné sa fonction saine d'intermédiaire entre la production et la consommation dans la vie économique, et qu'il est devenu un intermédiaire entre la production et l'épargne. Ainsi le vendeur produit, vend et échange sa production contre de l'argent qu'il épargne et ajoute à sa richesse thésaurisée ; et l'acheteur offre cet argent au vendeur pour obtenir l'article que celui-ci vend, sans pouvoir vendre à son tour son produit, le vendeur ayant thésaurisé et retiré de la circulation son argent.
Il en est résulté aussi un grand déséquilibre
entre la quantité de l'offre et celle de la demande, car l'offre
et la demande tendaient à l'équilibre à l'ère
du troc, étant donné que le producteur produisait pour satisfaire
ses besoins et échanger le surplus de sa production contre d'autres
articles -dont il avait besoin dans la vie- différents de celui
qu'il produisait lui-même. Le produit équivalait donc toujours
à son besoin, c'est-à-dire que l'offre faisait face, toujours,
à une demande équivalente. C'est pourquoi les prix du marché
tendaient vers leur niveau naturel, qui traduisait la valeur réelle
des articles, et leur importance effective dans la vie des consommateurs.
Mais lorsque l'ère de l'argent a commencé, et que l'argent a dominé sur le commerce, et que la production et la vente ont pris une nouvelle orientation, au point que leur raison d'être est devenue la thésaurisation de l'argent et le développement de la possession, et non plus la satisfaction des besoins, il était naturel que l'équilibre entre l'offre et la demande bascule, et que les motivations de l'accaparement jouent leur rôle important dans l'accentuation de cette contradiction entre l'offre et la demande, à tel point que l'accapareur pouvait provoquer une fausse demande en achetant toutes les quantités disponibles de l'article sur le marché, non pas parce qu'il en aurait eu besoin, mais pour en faire monter le prix ; ou encore il offrait l'article à un prix inférieur à son coût pour obliger les autres vendeurs et acheteurs à se retirer de la concurrence et à se déclarer en faillite. De cette façon, les prix se trouvaient dans une situation anormale, le marché tombait sous l'emprise de l'accaparement, et des milliers de petits vendeurs et producteurs étaient pris entre les mains des grands accapareurs qui dominaient le marché.
Et puis, après tout cela, il ne reste que de voir les gens puissants dans le domaine économique profiter de ces occasions que leur fournit l'argent pour s'orienter de toutes leurs forces vers la thésaurisation et vers la vente en vue de l'épargne. Il se mettent à produire et à vendre pour attirer la monnaie en circulation vers leurs coffres-forts et l'absorber progressivement. Ils abolissent ainsi la fonction de l'échange en tant qu'intermédiaire entre la production et la consommation, et précipitent la majorité des gens vers la misère et la pauvreté. Il s'en suit que la consommation faiblit en raison de la baisse du niveau économique du public et de son incapacité à acheter. De même, le mouvement de la production s'interrompt, car l'absence du pouvoir d'achat ou son affaiblissement chez les consommateurs prive la production de ses bénéfices, et le marasme prévaut dans tous les secteurs de la vie économique.
L'usure : le point de vue de l'Islam sur tous les problèmes liés à l'échange.
Les problèmes de l'argent ne se sont pas arrêtés là. En effet, l'argent a débouché sur un autre problème qui pourrait être considéré comme plus grave que tous les problèmes que nous avons exposés. L'argent ne s'est pas limité à son rôle d'instrument d'épargne, mais il est devenu également un instrument d'accroissement des biens par l'intérêt que les prêteurs perçoivent de leurs débiteurs, ou que les banques paient aux capitalistes pour les biens qu'ils y ont déposés. De cette façon, la thésaurisation est devenue, à la place de la production, la cause de la croissance de la richesse dans le milieu capitaliste. Il en est résulté que beaucoup de capitaux se sont déplacés du domaine de la production vers les caisses d'épargne et les banques, et que les commerçants n'entreprenaient plus un projet de production ou de commerce qu'après s'être assurés que le bénéfice que ce projet leur ferait réaliser serait normalement supérieur à l'intérêt qu'ils pourraient toucher sur les biens qu'ils prêteraient ou qu'ils déposeraient dans les banques.
Les biens servant de base à l'intérêt usuraire commencèrent ainsi à affluer vers les banquiers depuis le début de l'époque capitaliste. Ceux-ci se sont mis en effet à attirer les quantités d'argent thésaurisé chez les particuliers en appâtant ces derniers par l'intérêt annuel que leurs clients touchent sur l'argent qu'ils ont déposé chez eux. Ces différentes quantités d'argent se sont donc accumulées dans les coffres des banquiers, au lieu d'être employées dans une production fructueuse, et leur accumulation a conduit à la création de banques et de grands établissements financiers qui ont tenu les rênes de la richesse dans le pays, et ont mis fin à tous les aspects de l'équilibre de la vie économique.
Cet exposé rapide des problèmes de la circulation ou de l'échange montre clairement que ces problèmes ont découlé, tous, de l'argent et de sa mauvaise utilisation dans le domaine de la circulation, puisqu'il a servi d'instrument de thésaurisation, et par conséquent, de croissance de la possession.
Ceci pourrait jeter un peu de lumière sur ce que le Saint Prophète (saws) a dit dans le hadith : «Les dinars jaunes et les dirhams blancs vous tueront comme ils ont tué ceux qui vous ont précédés».
En tout état de cause, l'Islam a traité ces problèmes issus de l'argent, et a pu rétablir l'échange dans sa situation naturelle et son rôle d'intermédiaire entre la production et la consommation.
La position islamique vis-à-vis des problèmes de l'échange peut se résumer dans les points principaux suivants :
L'Islam a interdit la thésaurisation des biens en imposant l'impôt de la "Zakât" sur l'argent gelé, impôt qui se renouvelle chaque année, jusqu'à ce qu'il absorbe presque tout le bien thésaurisé, si sa thésaurisation se prolonge plusieurs années. C'est pourquoi le Coran considère la thésaurisation de l'or et de l'argent comme un crime punissable du Châtiment de l'Enfer. Parce que thésauriser signifie naturellement négliger de s'acquitter d'un impôt légalement obligatoire, et que l'acquittement de cet impôt empêche l'accumulation et la thésaurisation de l'argent ; il est donc normal que le Coran menace ceux qui thésaurisent l'or et l'argent, et leur promette l'Enfer: «... Annonce un châtiment douloureux à ceux qui thésaurisent l'or et l'argent sans rien dépenser sur le Chemin d'Allah, le jour où ces métaux seront portés à incandescence dans le Feu de la Géhenne et qu'ils serviront à marquer leurs fronts, leurs flancs et leurs dos : "Voici ce que vous thésaurisiez ; goûtez ce que vous thésaurisiez !"» (Sourate et-Tawbah (9) : 34-35)
De cette façon, l'Islam s'est assuré que l'argent se maintient dans les domaines de la production, de l'échange et de la consommation, et l'a empêché de glisser vers les caisses de thésaurisation et d'épargne.
L'Islam a interdit catégoriquement et fermement l'usure, extirpant de cette façon l'intérêt et ses conséquences graves dans le domaine de la distribution, ainsi que l'atteinte qu'il porte à l'équilibre économique général, ôtant par là même à l'argent son rôle d'instrument à part entière de croissance de la possession, et le rétablissant dans son rôle naturel de représentant général des articles, et d'instrument servant à évaluer leur valeur et à faciliter leur circulation.
Beaucoup de ceux qui ont vécu l'expérience capitaliste et connu de près ses différentes formes et modalités pourraient penser que l'extirpation de l'intérêt équivaudrait à l'extirpation des banques et des établissements financiers, l'abolition des organes de la vie économique, et la paralysie de tous ses nerfs et veines alimentés par lesdites banques et établissements financiers. Mais cette pensée naît chez eux de leur ignorance de la réalité du rôle joué par les banques et les établissements financiers dans la vie économique, ainsi que de la réalité de la forme islamique de l'organisation économique, qui garantit le traitement de tous les problèmes découlant de l'éradication de l'intérêt. C'est ce que nous allons étudier dans un prochain chapitre.
L'Islam
a accordé au Tuteur (le gouvernant légal) les pouvoirs
qui lui donnent le droit d'exercer un contrôle total sur le déroulement
de la circulation et la supervision des marchés, afin d'empêcher
toute attitude de nature à ébranler la vie économique
et à lui porter atteinte, ou bien à ouvrir la voie à
un contrôle individuel illégal du marché et de la circulation.
Source : http://www.bostani.com/iqtisad.htm#7-%20LA%20CIRCULATION.
lundi 9 mars 2009
La victoire finale
La victoire finale
L'Islam explique l'histoire comme étant une lutte constante entre le bien et le mal. Cette lutte se déroule, aux différents niveaux de la société, entre les forces du bien, de la vertu et de l'amour d'Allah, de la justice, de la foi, de l'égalité, du sacrifice, de la pensée correcte, de la pureté et de la vérité d'une part, et d'autre part celles du faux, de l'égoïsme, du matérialisme, du pragmatisme, de la tyrannie, de l'injustice, de l'incroyance, de la discrimination, de la corruption, de la violation des droits des autres. La vraie source de la lutte entre le bon droit et le faux existe à l'intérieur de l'homme lui-même (voir: Sourate ech-Chems, 91:7). Elle se manifeste tantôt sous la forme des flammes de l'égoïsme, de la vénalité et de la lascivité, tantôt sous la force des sentiments les plus nobles, de la recherche d'Allah, de la droiture et de l'amour de l'humanité.
L'impact de ces sentiments sur la société crée des vagues puissantes qui provoquent parfois un conflit débouchant sur la corruption et la misère, et qui entraînent parfois des changements tendant au bonheur et à la prospérité de la société. Il n'y a pas de doute que les changements vers le mieux sont suscités par l'Assistance divine, mais le rôle de l'effort humain et de la lutte ne peut pas être nié.
Un Prophète se soulève. Il réveille les cœurs qui sont potentiellement prêts à accepter la vérité. La foi d'un groupe de convertis est mûre. Ceux-ci combattent avec lui contre la corruption et le mal. Ils continuent de progresser graduellement et ne vacillent à aucun stade, jusqu'à ce que la société connaisse un changement fondamental.
Le polythéisme, les mythes, l'injustice et la corruption s'effondrent. La croyance en Allah, la Vérité et la Justice prennent racine. Avant longtemps, l'égoïsme, la lascivité et les tendances aristocratiques surgissent de l'intérieur de la même société et se mettent rapidement en avant. Occasionnellement, la même société, bien qu'elle maintienne la forme traditionnelle, dévie tellement de la voie introduite par le réformateur qu'elle commence à pourrir de l'intérieur, et une fois de plus, elle revient vers les voies de l'anté-réforme, bien entendu, dans un nouvel habit d'hypocrisie et sous de nouvelles formes d'injustice et de corruption.
Parfois, des éléments extérieurs œuvrent efficacement, avec l'aide de leurs agents intérieurs, en vue de répandre la corruption et la dislocation. Pour atteindre leurs buts égoïstes, ces agents coopèrent volontairement avec l'ennemi extérieur.
Cet état d'injustice, de corruption, de mythe et de fraude incite les gens intelligents et les opprimés à lancer un nouveau mouvement. Ainsi le processus de lutte contre le bon droit et le faux continue.
L'Islam croit que cette pompe, cette démonstration et ce pouvoir du mal étaient éphémères tout au long de l'histoire. Il considère toutes les sortes d'intrigues, de fraudes, d'hypocrisies et de faussetés comme l'écume de l'eau. Elles n'ont pas de racines et sont condamnées à disparaître finalement (cf. Sourate el-Ra'd, 13: 17; Sourate el-Asrâ', 17: 81; Sourate el-Anbiyâ', 21: 18; Sourate ech-Chourâ, 42: 24, et beaucoup d'autres versets).
La Vérité maintient toujours son effet positif soit dans une action individuelle, soit dans un mouvement social même lorsqu'elle est menacée par la fausseté, et elle a toujours besoin de partisans pour la défendre.
L'Islam reconnaît la nécessité des efforts humains, de la persévérance et de la foi dans la mise en œuvre d'un changement social, et considère la faiblesse, le manque de foi et le dévergondage comme les causes de la domination du faux.
En tout cas, c'est cette lutte qui fait l'histoire. Pour ce qui concerne l'avenir, il est brillant. A la fin, le bon droit sera victorieux et la justice prévaudra. Toutes les formes du faux seront annihilées, l'oppression et la tyrannie disparaîtront définitivement.
Une suprématie complète et définitive du bon droit, et une victoire universelle de la justice, se matérialiseront durant la période de l'apparition de Mohammed el-Mahdi, le douzième Imam. A cette époque-là une société islamique idéale sera établie sous l'égide d'un gouvernement idéal (Pour plus de détails, voir: "The Awaiter Saviour", ISP, 1979, et en français: "El-Mahdi", trad., Abbas Ahmed el-BOSTANI, 1983).
Dans les pages suivantes, nous esquissons une perspective de la société et du système de cette époque-là, dépeinte d'après des centaines de hadith décrivant les caractéristiques de cette période. Il est à rappeler que cette société sera une vraie société et que son système ne sera en aucune manière différente de celle prescrite par l'Islam.
Nous nous proposons de diviser cette étude en plusieurs rubriques:
Le Saint Prophète (saws) a dit:
«Il se soulèvera à un moment où le chaos prévaudra dans le monde. Différents pays seront engagés dans des attaques de nuit que les uns lanceront contre les autres. Ni l'aîné n'aura de compassion pour le cadet, ni le fort ne fera preuve de bonté envers le faible».
L'Imam Mohammed el-Bâqir (as) a dit:
«El-Mahdi se soulèvera à une époque de grande anxiété, où les gens seront plongés profondément dans des crises, des perturbations, des désastres et des malaises, et où de vastes massacres, de violentes dissensions et des discordes religieuses seront des signes des temps. A cette époque-là les gens se sentiront affligés et déprimés et seront à couteaux tirés les uns avec les autres. Ils éprouveront, jour et nuit, le désir de se voir morts. Il apparaîtra à un moment de manque total d'espoir».
«Il se lèvera pour établir la justice à une époque où le monde sera plein d'injustice et de tyrannie».
Il n'y a pas de doute qu'il se soulèvera à une époque où le monde entier sera plongé dans l'injustice et la tyrannie, et pour combattre tous ces maux, il aura à engager une lutte terrible. Il aura besoin de partisans fidèles, prêts au sacrifice et possédant toutes les qualités d'un vrai héros.
Le Dirigeant révolutionnaire et ses partisans
Le Saint Prophète a décrit l'Imam de l'Époque dans les termes suivants:
«C'est un homme pieux, pur et ravissant. C'est un admirable dirigeant qui est bien guidé et qui impose la justice. Allah le reconnaît et il reconnaît Allah».
En ce qui concerne la foi et la persévérance de ses compagnons, l'Imam Ja'far es-Çâdiq (as) a dit:
«Chacun de ses compagnons sera si fort qu'on dirait qu'il possède la force de quarante hommes. Leurs cœurs seront aussi forts qu'un morceau d'acier. S'ils passaient sur une colline de fer, ils la perceraient. Ils ne déposeront leurs armes que lorsqu'ils auront plu à Allah».
D'autres rapports nous apprennent qu'à cette époque-là il y aura certaines gens qui seront sincères, vertueux, fidèles, religieux, pieux, consciencieux, tolérants, fermes, constants et attachés à Dieu. Ils seront reconnaissants envers Allah qui les aura rendus héritiers du pouvoir et de la richesse sur la terre et qui aura établi leur foi choisie. Ils n'adoreront qu'Allah, ils feront leurs prières à l'heure prescrite et paieront la zakât à l'échéance. Ils appelleront au bien et interdiront le mal».
On attribue à l'Imam es-Çâdiq (as), les propos suivants, relatifs aux adeptes d'el-Mahdi:
«La peur aura été éliminée de leurs cœurs et placée dans celui de l'ennemi. Chacun d'eux sera plus rapide que la flèche et plus hardi que le lion».
Subir les difficultés pour réaliser le succès
On doit comprendre que le succès ne s'obtiendra pas facilement. Il ne se réalisera qu'après de longues périodes de troubles et d'inconfort.
El-Mufadh-dhal, un compagnon de l'Imam Ja'far es-Çâdiq (as) dit: «Une fois nous parlions d'el-Mahdi en présence de l'Imam (es-Çâdiq). J'ai dit que je souhaitais qu'il réussisse facilement. L'Imam a répondu: "Non, ce ne sera pas ainsi. Le succès ne sera atteint que par la sueur et le sang"».
En d'autres termes, le succès ne se réalisera qu'à la suite de grands efforts et qu'après qu'on aura subi de lourdes pertes.
Un compagnon de l'Imam Mohammed el-Bâqir (as) dit:
«J'ai informé l'Imam qu'on avait dit qu'el-Mahdi aurait une marche calme, et qu'il n'aurait à répandre aucune goutte de sang. L'Imam m'a répondu: "Non, ce ne sera pas ainsi. Si les choses pouvaient se dérouler si calmement, (je jure) par Celui qui dispose de ma vie, que le Prophète de l'Islam n'aurait pas été blessé et ses dents n'auraient pas été cassées dans une bataille. Non, ce n'est pas possible. Par Allah, il n'y a pas d'autre voie que celle dans laquelle nous sommes submergés, vous et nous, dans notre propre sueur et dans notre sang"».
Cela signifie qu'aussi bien les dirigeants que leurs parti sans devront faire des sacrifices avant de parvenir au succès.
L'Imam Ja'far es-Çâdiq (as) a dit également: «Je vois el-Mahdi et ses compagnons comme s'ils étaient menacés par un danger venant de toutes parts: leurs vivres sont épuisés, leurs vêtements usés, leurs fronts portent la marque de leurs prosternations; pendant la journée, ils sont aussi courageux qu'un lion et durant la nuit, ils sont occupés à l'adoration d'Allah, et leurs cœurs sont aussi solides qu'un morceau d'acier».
En tout cas, tous ces sacrifices et toutes ces difficultés auront une fin heureuse.
L'Imam Ja'far es-Çâdiq (as) a dit:
«Il est vrai que l'homme droit mène toujours une vie dure. Mais la fin de ses difficultés n'est pas loin».
Néanmoins, le succès d'el-Mahdi sera largement dû à l'Assistance divine invisible. Beaucoup de hadiths en témoignent.
A la suite de ces sacrifices et de cette Assistance divine, un vrai gouvernement islamique sera établi.
Ci-après quelques rapports qui projettent un peu de lumière sur le système doctrinal et social qui sera établi par el-Mahdi.
Expliquant le verses coranique, «C'est Allah qui a envoyé Son Messager avec la Guidance et la Religion vraie pour la faire prévaloir sur toutes autres religions, en dépit de l'opposition des polythéistes.» (Sourate et-Tawbah, 9: 33), l'Imam es-Çâdiq (as) a dit: «Ce verses se réalisera à l'époque d'el-Mahdi, où les incroyants n'existeront plus longtemps».
A présent, l'Islam est entouré de certaines gens qui sont imprégnés de tellement de mythes et de doutes qu'il apparaît comme une religion différente (de ce qu'il est réellement). Cette situation durera jusqu'à l'apparition d'el-Mahdi.
L'Imam Ja'far es-Çâdiq (as) a dit:
«Dès qu'el-Mahdi apparaîtra, il établira un nouveau système, identique à celui que le Prophète (saws) avait établi au début de l'Islam».
L'Imam Ja'far es-Çâdiq (as) a dit encore:
«El-Mahdi fera ce que le Saint Prophète (saws) avait fait. Il renversera le système existent de la même manière que le Prophète avait brisé le système païen de l'anté-Islam pour le remplacer par le système islamique».
Le nouveau système qu'introduira el-Mahdi semblera tellement bizarre à certains de ceux qui se diront être les défenseurs de la religion et en avoir une parfaite connaissance, qu'ils s'opposeront à lui, mais ils ne seront pas capables de résister au mouvement divin mondial et périront.
Au terme d'un discours détaillé, l'Imam el-Bâqir (as) dit: «En une certaine occasion, alors qu'el-Mahdi sera occupé à relater les Commandements divine et à parler des traditions du Saint Prophète et des Imams, une attaque contre lui sera lancée à partir des lieux de culte. L'Imam ordonnera à ses partisans d'arrêter les insurgés et de les mettre à mort. Ce sera la dernière action hostile contre el-Mahdi».
Lorsque les pécheurs auront été écrasés et que l'attitude islamique correcte aura été généralisée, l'atmosphère conduira à la croissance et à l'expansion de la connaissance.
On rapporte de l'Imam Ali (as) les propos suivants: «Je vois un grand nombre de tentes dressées sous lesquelles des gens sont en train d'apprendre le Coran selon l'ordre dans lequel il a été révélé».
Au cours d'un discours sur cette époque-là, l'Imam Mohammed el-Bâqir (as) a dit:
«La connaissance sera si communément répandue que même les femmes prendront leurs décisions sur la base du Coran et de la Sunnah du Saint Prophète».
La connaissance dans les divers domaines se développera. La somme des découvertes du passé sera très insignifiante par rapport à celles qui seront faites pendant cette période-là. Selon un rapport, l'Imam Ja'far es-Çâdiq (as) a expliqué cette situation d'une façon allégorique: «Si la totalité de la connaissance humaine possible, a-t-il dit, est supposée être de 72 lettres, 2 lettres seulement auront fait partie du passé et les 70 restantes seront découvertes graduellement pendant cette époque-là».
A propos du développement intellectuel et moral des gens, l'Imam Mohammed el-Bâqir (as) dit:
«Lorsque notre Imam el-Qâ'im apparaîtra et que les gens seront sous sa protection, leurs facultés intellectuelles s'épanouiront et leurs qualités humaines seront perfectionnées et porteront leurs fruits».
Durant cette période, les masses des dépossédés seront les maîtres du pouvoir et de la richesse du monde. De nombreux hadiths disent que le verset suivant relate ladite période: «Nous voulions favoriser ceux qui avaient été persécutés sur la Terre et Nous voulions en faire des gouvernants de la Terre». (Sourate el-Qaçaç; 28: 5)
Ainsi, le pouvoir et l'autorité des tyrans et des égoïstes prendront fin et la justice sera restaurée partout sous le nouveau système. Il remplira la Terre de justice après qu'elle aura été pleine d'injustice et de tyrannie.
«L'Imam el-Qâ'im enjoindra la justice. Durant son époque, l'injustice sera défaite. Les chemins seront sûrs. Les droits seront restaurés. L'égalité prévaudra totalement».
L'Imam Mohammed el-Bâqir (as) a dit: «Immédiatement après son apparition, l'Imam el-Qâ'im distribuera la richesse avec égalité, et il restaura les droits des masses».
Lorsque le bon travail aura été confié à l'homme droit et que la justice aura complètement prévalu, tout le monde sera naturellement heureux à tous les égards.
«Les bénédictions tomberont en abondance du Ciel sur la Terre. La Terre fera pousser le meilleur produit. Les arbres porteront des fruits juteux. L'atmosphère de la Terre sera verdoyante et parfumée».
Il est également évident que dans une telle atmosphère les minéraux et les ressources naturelles seront exploités au maximum. Selon un hadith: "Allah lui révèlera les trésors de la Terre".
A la fin, toutes les forces naturelles seront contrôlées par les gens, lesquels auront obtenu les moyens de les utiliser à leur propre avantage. Il y aura progressivement tellement de richesses que personne ne restera pauvre ou nécessiteux.
«On paiera un double salaire aux travailleurs. L'égalité entre les gens sera observée. Personne n'aura le droit de recevoir la Zakât. L'argent sera offert aux gens, mais ils déclineront cette offre, parce qu'ils n'en auront pas besoin. Toutes les ressources naturelles du sous-sol et de la surface de la terre seront à la disposition de l'Imam. S'adressant aux gens, celui-ci leur dira: "Voilà la richesse pour laquelle vous vous battiez, vous coupiez vos liens avec vos proches et vos parents, et vous répandiez le sang des autres". Puis il leur donnera de l'argent en quantités inouïes».
Dans ces circonstances, la paix totale, la loi et l'ordre prévaudront.
«A cette époque-là, une paix totale règnera sur le monde. Personne ne nuira à personne. La peur et l'anxiété n'auront pas d'existence. Même les animaux sauvages se déplaceront parmi les gens sans faire de mal à personne. Les gens éprouveront de l'amour et de la sympathie , les uns pour les autres. Ils distribueront la richesse entre eux d'une façon égalitaire. Il n'existera plus aucun pauvre ni aucun nécessiteux. Aucun groupe de gens ne cherchera à dominer un autre groupe. Les aînés se montreront bons envers les cadets, et ceux-ci respecteront ceux-là. Tous les gens seront consciencieux dans leurs actions et leurs décisions».
L'amour, la bonté, l'intégrité et la fraternité prévaudront. Il ne sera pas question de tromper ou de traiter mal quiconque; une sincérité et une cordialité totales domineront.
«Lorsqu'el-Qâ'im apparaîtra, on connaîtra une telle sincérité bienveillante et une telle cordialité que lorsque quelqu'un prendra dans la poche d'un autre ce dont il aura besoin ce dernier ne s'en fera guère».
Toutes les formes de faiblesse, de malaise et d'invalidité disparaîtront.
«Concernant ceux qui vivront à l'époque d'el-Qâ'im, leurs malades recouvreront la santé, et leurs faibles se renforceront».
«Tous les aveugles et les estropiés seront guéris, et tous les gens souffrants se débarrasseront de leurs souffrances».
«Un gouvernement mondial caractérisé par la justice et la droiture sera instauré. Il s'étendra de l'Est à l'Ouest. Tous les gens vivront sous ce gouvernement dans un climat de paix, de justice et de prospérité».
«Des relations cordiales régneront entre les croyants dans le monde entier. On dirait que les gens, d'un bout à l'autre de la Terre, se voient les uns les autres, parlent les uns aux autres et coopèrent les uns avec les autres».
Ces relations seront différentes des relations et des accords de paix de nos jours, qui sont conclus uniquement dans le but de sauvegarder les intérêts des puissances concernées et qui, de ce fait, ne sont pas stables. Tous les accords de ce type seront annulés avec l'apparition d'el-Qâ'im et seront remplacés par un système universel juste».
A cette époque-là, il n'y aura pas d'hypocrisie, ni d'intrigues, de démonstrations de courtoisie, ou de méthodes sournoises. Chacun devra se soumettre de bon cœur au gouvernement légitime. Tous les réfractaires seront annihilés.
Ce gouvernement marqué par la restauration finale et complète de la justice
et du plein développement sera le dernier stade de l'histoire de l'humanité. Le
Gouvernement Divin sera établi après la chute des autres systèmes, pour réaliser
les objectifs désirés. Bien qu'il soit d'une durée limitée, il sera le dernier
mot dans la justice et la droiture. Il sera la fin de l'histoire.
Source : http://www.albouraq.org/bibliotheque/livres/philo_islam_1.htm#_1_150
vendredi 6 mars 2009
Les guides de l'humanité
Les guides de l'humanité
Chaque homme est attache au lien précieux de l'éternité et tout homme ayant des goûts sains peut prendre conscience de son existence grâce à sa perspicacité naturelle. En tout cas il y a dans la société humaine quelques hommes éminents qui en ont une conscience plus claire. Leurs paroles et leur comportement sont l'exemple frappant du lien de l'homme avec l'éternité et de son rôle créatif dans la connaissance et la pratique humaines. Ces hommes sont les prophètes.
Les prophètes sont capables de recevoir des messages - Révélations - directs du monde éternel. Ces messages sont si nets et si lumineux qu'ils illuminent toute leur existence et éclairent pour eux des faits qui sont inconnus des autres. Ils voient la Vérité si clairement qu'on les croirait des récepteurs vidéo sous une forme humaine. Ils apprennent les faits eux-mêmes, puis ils les transmettent aux autres sur ordre d'Allah. C'est ce qu'on appelle la prophétie. Les messages que les prophètes reçoivent laissent une impression profonde et étonnante sur leur âme et leur personnalité. Ils les "ressuscitent" virtuellement, stimulent leurs forces intérieures et opèrent en eux une révolution constructive, fructueuse, sans précédent en ce qui concerne les autres gens.
Les traits distinctifs des prophètes
Ces hommes modèles qui établissent des contacts avec la Source de l'Existence à travers la Révélation ont certains traits distinctifs et certaines particularités. Nous nous proposons de jeter ci-après un peu de lumière sur ces traits.
Tout prophète qu'Allah envoie est doté par Lui d'une extraordinaire force par laquelle il accomplit un ou plusieurs miracles qui portent témoignage de la vérité de sa mission. Le Coran appelle ces miracles accomplis par les prophètes avec la permission d'Allah, "Âyât" ou les "Signes" de la prophétie desdits prophètes parce que les miracles ne peuvent être accomplis par d'autres que les prophètes, les savants théologiens les appellent "Mu'jizât".
Selon le Coran, les gens, à toutes les époques, ont demandé à leurs prophètes respectifs d'accomplir un miracle pour eux, et au cas où une telle demande était formulée par des gens sincères et réellement désireux de connaître la Vérité, et qui ne pouvaient être certains de la prophétie du prophète concerné sans un tel miracle, ce dernier accédait a leur requête légitime. Mais si une telle demande avait un objet autre que le désir de connaître la vérité - par exemple, si la demande revêtait la forme d'un marché et que les gens disaient qu'ils accepteraient le message du prophète, s'il produisait une colline d'or pour eux afin qu'ils deviennent riches - les prophètes rejetaient alors des demandes de ce genre.
L'Infaillibilité signifie immunité contre les péchés et les erreurs. Les prophètes ne commettent pas de péché ni ne sont susceptibles de tomber dans l'erreur dans l'exercice de leurs actions et de leur mission. C'est à cause de cette immunité qu'on peut mettre en eux le maximum de confiance.
Maintenant voyons quelle est la nature de cette infaillibilité. Signifie-t-elle que chaque fois qu'ils sont tentés de commettre un péché ou une erreur, un messager divin se présente a eux pour les en empêcher?
Ou bien, leur nature est-elle telle, qu'ils sont incapables de commettre un péché ou une erreur, de la même façon, par exemple, qu'un ange ne commet pas l'adultère pour la simple raison qu'il n'a pas de besoin sexuel, ou qu'une machine a calculer ne commet pas d'erreur, étant sans cerveau? Ou bien, l'infaillibilité des prophètes est-elle due à leur perspicacité et au degré de leur foi?
Comme nous l'avons déjà dit, selon notre optique, l'infaillibilité des prophètes est de la troisième sorte. L'homme a la faculté de choisir. Il choisit son action sur la base des avantages et des désavantages, du gain et de la perte qu'elle implique. Il est impossible qu'il choisisse quelque chose qui n'ait pas d'avantage pour lui ou qui implique un sérieux désavantage. Un homme réfléchi qui s'intéresse a sa vie ne se jette jamais dans l'enfer ni prend jamais de poison mortel.
Les individus varient selon la force de leur foi et le degré de leur conscience des conséquences des péchés. Plus leur foi est solide, plus leur conscience des désavantages impliques par les péchés est grande, et plus ils sont enclins à éviter les péchés. Nous connaissons personnellement un grand nombre de personnel qui sont très pieuses et qui ont une tendance naturelle à se préserver des péchés. Si quelqu'un leur attribuait un péché, nous réagirions automatiquement pour contredire l'accusation car nous sommes sûrs que celle-ci est fausse.
Plus haut est le degré de la foi, plus grande est la tendance a être moralement bon, et plus faible est la probabilité de commettre un péché. Si la foi est absolument parfaite, cette possibilité est de zéro pour cent. Un homme qui atteint ce degré de foi sent que commettre un péché est aussi mal que prendre un poison mortel ou se jeter dans l'enfer. C'est là le stade que nous appelons infaillibilité.
Donc l'infaillibilité est le résultat de la perfection de la foi et de l'excellence de la morale. Car pour être infaillible, il n'est pas obligatoire qu'il y ait une force extérieure, ni il n'est nécessaire que l'on soit naturellement immunisé contre le péché. Ce n'est honorable pour personne de ne pas pouvoir commettre un péché ou d'être empêché, de force, de le commettre. Une telle personne serait pareille à un prisonnier qui ne peut voler tout simplement parce qu'il est enferme dans une prison. Un tel prisonnier mérite-t-il d'être considéré comme honnête et intègre?
Comme pour l'immunité contre l'erreur, c'est le résultat de la perspicacité des prophètes. Un homme commet une faute lorsqu'il est incapable d'observer directement la Vérité et la découvre seulement à travers des calculs mentaux. De tels calculs peuvent être erronés. Mais s'il a la faculté de voir la Vérité directement, la possibilité d'erreur n'existe plus.
C'est le cas des prophètes. Ils ont un contact direct avec la Réalité. Et comme la Réalité est elle-même bien déterminée, il ne peut pas y avoir d'erreur dans son identification. Prenons-en un exemple. Si nous mettons 100 grains de blé dans un ustensile et que nous répétions la même opération cent fois, nous aurons 10.000 grains. Ni plus ni moins. Mais au moment de compter les grains, il se peut que nous fassions une erreur. Il se peut que nous ayons l'impression d'avoir mis les grains 99 fois, ou 101 fois. Par conséquent, il se peut que nous pensions qu'il y a 9.900 ou 10.100 grains en tout. Mais ce malentendu ne peut changer la réalité. Le nombre des grains restera 10.000. Ni plus ni moins. Quelqu'un qui connaît la vérité sera sûr du nombre, et trouvera exactement le même lorsqu'il aura compté.
La différence entre un prophète un génie
De ce qui précède on peut déduire la principale différence entre un prophète et un génie. Un génie est une personne douée d'une faculté intellectuelle et de calcul extraordinaire, et elle peut donc parvenir à de nouveaux résultats intéressants. Elle peut faire occasionnellement une erreur dans ses calculs. Mais un prophète, outre qu'il est doté de facultés intellectuelles, de pensée et de calcul, est aussi pourvu d'une force additionnelle, appelée Révélation, qui lui fait connaître directement la Réalité. Seuls les prophètes ont cette faculté, et c'est pourquoi le cas d'un prophète est tout a fait différent de celui d'un génie. Comme les deux appartiennent a deux catégories différentes, il n'y a pas de comparaison possible entre eux. Si nous comparons l'acuité de la vue de quelqu'un avec celle d'un autre, une telle comparaison est correcte. Mais si nous comparons l'acuité de la vue d'une personne avec la sensibilité de l'ouïe d'une autre, la comparaison n'est pas plausible. L'éminence d'un génie réside dans ses facultés intellectuelles, alors que la supériorité d'un prophète découle largement de son contact avec la Source de l'Existence, et a pour origine une force totalement différente, connue comme la révélation. De la, les deux cas sont tout a fait différents.
Bien qu'un prophète commence sa marche spirituelle vers Allah en fuyant les gens pour se recueillir, il finit par revenir aux gens dans l'intention de les reformer.
En arabe il y a deux mots pour dire prophète: "Nabi" et "Rasûl". Littéralement, "Nabi" signifie quelqu'un qui apporte des nouvelles, et "Rasûl", quelqu'un qui est envoyé avec un message. Un prophète communique le Message d'Allah aux gens, et de ce fait, il réveille leurs facultés endormies. Il les appelle à Allah et les incite a chercher Son agrément. En d'autres termes, il les appelle à la reforme, à la liberté, à l'intégrité, a la justice, a l'amour et a la lutte pacifique pour la bonne cause et pour d'autres vertus. Il les libère de l'asservissement a leurs passions et a d'autres fausses divinités. La tache essentielle d'un prophète est de guider les gens, de leur inculquer un nouvel esprit et de les organiser en vue de l'agrément d'Allah et du bien de l'humanité.
4. Une ferveur incomparable et une fermeté à toute épreuve dans la lutte contre le polythéisme, l'ignorance et la corruption
Comme les prophètes jouissent du soutien divin, ils n'oublient jamais la mission que leur confie Allah. C'est la raison pour laquelle ils sont extraordinairement sincères dans leur mission. Ils n'ont aucun autre objectif que la guidance des gens. Ils ne demandent jamais aux gens de les payer pour leurs services.
Dans la sourate ech-Chourâ, le Coran a reproduit un résumé de dialogue entre les prophètes et leur peuple. Chaque prophète apporte une sorte de message avec une référence particulière aux problèmes particuliers que rencontrent ses adeptes. En tout cas, il y a un point commun au message de tous les prophètes. Il est le suivant: "Je ne vous demande pas de salaire".
Le message des prophètes était toujours accompagné d'une fermeté incomparable. Comme ils n'ont aucun doute quant à leur mission, ils ont propagé et défendu leur message avec une fermeté inégalable.
Lorsque Moussâ Ibn 'Imrân (Moïse) et son frère Hâroun (Aaron) appelèrent Pharaon à croire en Allah, ils avaient pour tout équipement les vêtements rudes et usagés qu'ils portaient et le bâton qu'ils tenaient dans leur main. Pharaon tomba des nues lorsqu'ils lui dirent fermement: "Ta chute est imminente si tu rejettes notre appel, mais si tu l'acceptes nous garantissons ton honneur".
Le Saint Prophète (que la paix soit sur lui et sur sa descendance) appela, un des premiers jours de l'Islam, où les Musulmans étaient encore très peu nombreux, les anciens de Qoreych et leur communique son message. Il déclare fermement que l'Islam était destiné à devenir universel et que leur bien-être dépendait de leur conversion a cette religion. Ils furent si surpris qu'ils se regardèrent les uns les autres et se dispersèrent sans prononcer un seul mot. C'est à cause de ce courage et de cette ferveur extraordinaire que les prophètes n'acceptèrent jamais de compromis sur les principes.
Lorsque Abû Tâlib, l'oncle du Prophète, communiqua à ce dernier l'offre des Qoreych lui proposant d'être leur roi, lui promettant de lui offrir en mariage leurs plus belles filles et faisant de lui l'homme le plus riche d'entre eux, s'il acceptait de renoncer a se proclamer prophète, il répondit: "Par Allah! Même s'ils mettaient le Soleil dans l'une de mes mains et la Lune dans l'autre, je n'abdiquerais pas ma mission".
Les Prophètes encouragent les individus et la société à évoluer vers l'auto-formation afin d'assurer le bien-être humain. Ils n'ont jamais rien fait qui poisse ruiner l'individu ou la société.
6. Une vie personnelle normale
Bien que les prophètes aient de nombreuses qualités extraordinaires, tels que
l'accomplissement de miracles, l'infaillibilité, la direction dynamique, des
réalisations constructives inégalables et une lutte incessante contre
l'ignorance, le polythéisme et la tyrannie, ils restent néanmoins des êtres
humains et ont toutes les caractéristiques humaines. Ainsi, comme les autres,
ils mangent, ils dorment, ils marchent, ils ont femmes et enfants, et finissent
par mourir. Ils sont soumis a tous les besoins et exigences humaines. Ils ont a
accomplir tous les devoirs qui sont préscrits, à travers eux, aux autres.
Les
règles qui déterminant ce qui est légal et ce qui ne l'est pas s'appliquent
également à eux. Dans certains cas, ils ont plus de devoirs religieux à
accomplir. Par exemple, dans le cas du Saint Prophète, il lui était obligatoire
de demeurer vigilant et d'accomplir des prières pendant les derrières heures de
la nuit. En tout cas, les prophètes ne se dispensent d'aucun acte obligatoire.
Ils craignent Allah comme les autres, et même plus que les autres. Ils
accomplissent plus d'actes de piété que les autres. Ils font des prières,
observent le jeûne, accomplissent le pèlerinage et participant au jihâd. Ils
paient la zakât et oeuvrent en vue du bien-être des autres. Pour gagner leur
vie, ils travaillent, et ils n'aiment pas être une charge pour les autres.
La seule différence entre les prophètes et les autres gens est que les premiers reçoivent la Révélation et ont la qualification nécessaire pour recevoir et prêcher le message d'Allah. En tout cas, cette qualification ne les exclut pas de la catégorie des êtres humains. Leur vie personnelle et privée n'est pas différente de celle des autres. Si elle avait été différente, elle n'aurait pas été un modèle pour les autres. Toute personne désireuse de vivre dans le bien-être doit modeler sa vie sur celle des prophètes. Selon le Coran, si Allah avait envoyé un ange comme prophète, cet ange aurait eu l'apparence humaine, et il aurait parlé et vécu comme les êtres humains. (cf. Sourate el-An'âm, verset 9)
Le rôle de la Révélation dans la vie humaine
Comme nous l'avons dit précédemment, la Révélation joue un rôle fondamental dans la vie des prophètes. Tous les traits distinctifs de leur vie, ou la plupart d'entre eux, tels que l'infaillibilité, la direction sincère la fermeté incomparable et les efforts en vue du bien-être de tous, sont fondes sur la Révélation.
Nous avons vu comment la Révélation opère une révolution fructueuse et efficace dans la vie des prophètes. Maintenant, voyons quel est son rôle dans notre propre vie.
La révélation ne peut avoir automatiquement un rôle direct dans notre vie, à moins que nous ne reconnaissions les prophètes et que nous ne soyons avertis de cette source extraordinaire de connaissance et de croyance. Si nous ne croyons pas aux prophètes, la seule source de notre connaissance sera notre propre expérience et nos propres idéaux. Mais après avoir reconnu les prophètes et été convaincus qu'ils ont accès à une nouvelle source de connaissance, et que les enseignements qu'ils affirment avoir reçus à travers un contact direct avec la Source de l'Existence ne sont ni leurs idées personnelles, ni le produit de leur expérience personnelle, mais un Message clair du Créateur, la Révélation peut, alors, assurer un rôle déterminant dans notre vie. Nous avons accès, à travers les prophètes, à une nouvelle Source de connaissance sur le Commencement et la Fin de ce Monde, et le moyen de mener une vie droite. Un homme coupé des prophètes a accès à une seule source de connaissance, à savoir, sa propre pensée et sa propre expérience. Mais un homme lié aux prophètes en possède deux: sa propre pensée et son expérience, ainsi que la Révélation.
La relation entre la connaissance, la raison et la Révélation
La relation mutuelle entre la connaissance, la raison et la Révélation peut
être facilement déduite des sources que nous venons d'énumérer, car elles ont
toutes le même but, à savoir, la découverte de la Vérité et son utilisation dans
la vie de l'homme. Mais en ce qui concerne leur crédibilité, elles n'entrent pas
dans la même catégorie. La Révélation est a cent pour cent crédible et sans
ambiguïté. Elle est immunisée contre toute erreur. Mais la crédibilité de la
connaissance et de la raison n'est pas de cent pour cent, car elles comportent
une possibilité d'erreur.
Une étude comparée des faits appris à travers la connaissance et la raison, et de ceux appris à travers la Révélation, montre qu'il n'existe pas la moindre incompatibilité entre eux. Là où une contradiction paraît exister, c'est ou bien lorsque le cas n'est pas fondé sur une Révélation authentique, ou bien lorsque le verdict de la connaissance et de la raison est une pure approximation, et en dépit du fait qu'il revête la forme d'une loi scientifique et qu'il ait une valeur pratique suffisante, sa signification reste seulement relative.
C'est pourquoi, le Coran, cette pure Révélation divine, encourage sans cesse
la pensée, la réflexion et l'apprentissage. Il veut que tout le monde exerce
pleinement ses facultés mentales et essaie d'apprendre toujours plus. En même
temps, nous trouvons que la science pratique objective et le raisonnement
réaliste, non seulement ne sont pas en conflit avec le Coran et son système,
mais qu'ils soulignent la nécessite pour l'homme d'être dévoué à Allah, aux
prophètes et au système qu'ils ont approuvé. Ils veulent que l'homme travaille
sérieusement pour reformer et améliorer son environnement, et profite, pour ce
faire, de toutes les deux sources de connaissance qu'Allah a mises à sa
disposition.
Source : http://www.albouraq.org/bibliotheque/livres/philo_islam_1.htm#_1_76
samedi 28 février 2009
Le Waqf : un héritage éternel
Le Waqf : un héritage éternel
Les propriétés dites waqf,
étendues dans toutes les régions du monde musulman et possédant une
ampleur exceptionnelle, ont constitué depuis toujours une part
importante du patrimoine des pays d’islam.
Elles ont joué un rôle non négligeable dans les destinées économiques et politiques de ses États et de leur peuple. De tout temps, considérablement développés par les fidèles, certains waqf ont pris la forme de grandes propriétés, et la modernité aidant, se sont transformés en associations aux multiples activités économiques, sociales et caritatives. Une partie des dépenses publiques tel que l’enseignement, l’assistance, la construction et l’entretien des édifices culturels est traditionnellement alimentée par les revenus du waqf.
Présent également dans la vie privée, sous le titre du waqf familial, il constitue au sein de la famille une propriété indépendante et inaliénable qui se transmet de génération en génération.
Sur le plan juridique, le waqf soulève beaucoup de discussions à tel point qu’à une époque, certains foqaha (spécialistes du droit musulman), bien que très minoritaires, semblent avoir mis en cause sa validité. Même si cette position a toujours été minorisée, il n’empêche que beaucoup de difficultés et d’ambiguïtés restent à lever dans le waqf, entre autre, concernant sa nature juridique ou son régime de propriété. Voilà une raison supplémentaire pour s’intéresser à cette institution originale et à ses différents aspects. En effet, le droit musulman est constitué d’un ensemble de préceptes religieux (donc moraux) et juridiques dont le waqf constitue un exemple caractéristique.
La place importante que tient ainsi le waqf autant en théorie que dans la vie de tous les jours, rend nécessaire une étude exhaustive qui englobe les cinq grandes écoles : Imamite, Chaféïte, Malékite, Hanafite et Hanbalite ; c’est à dire la base des législations des pays musulmans en la matière. Mais il est évident que nous ne pouvons pas aborder dans le détail, dans les limites de cet article, toutes les législations concernées.
Nous sommes malgré tout contraints d’apporter quelques précisions à propos de cette notion. Le waqf signifie littéralement arrêt, immobilisation, emprisonnement. Du point de vue juridique, on relève de nombreuses définitions. Ibn-Arafa, un des plus grands jurisconsultes malékites, l’a défini comme "un acte de disposition à titre gratuit sur l’utilité d’une chose pendant la durée de celle-ci, la nue-propriété restant réellement sur la tête du constituant durant sa vie et fictivement après sa mort". Selon Ibn-Rachid, un autre faqih de cette école, "c’est un acte à titre gratuit mettant à la disposition, les utilités du bien à titre perpétuel". D’après la définition classique de l’école Imamite qui a d’ailleurs inspiré le code civil iranien, il se présente comme "immobilisation du fonds en faisant orienter ses utilités".
Ces définitions ne semblent pas réunir tous les caractères distinctifs de l’institution. Une définition du waqf pour être complète, doit comprendre expressément les trois points suivants :
1- qu’il constitue un acte à titre gratuit.
2- qu’il emporte le séquestre de la chose constituée et la cession des utilités et revenus.
3- qu’il est fait à titre perpétuel.
Nous arrivons ainsi à la définition suivante :
"Le waqf est la cession à titre gratuit des utilités d’une chose et l’immobilisation de cette chose pendant toute sa durée."
Employé dans ce sens, le terme waqf présente un acte juridique mais le mot s’utilise aussi pour évoquer toute une fondation créée par cet acte et jouissant d’une sorte de personnalité juridique.
Il faut noter que le terme habous est également employé par les auteurs. Bien que stricto sensu, sa signification soit plus large, on l’a toujours considéré comme synonyme de waqf, sauf que ce dernier est utilisé de préférence au Moyen-Orient alors que habous est plutôt préféré dans les pays nord-africains .
Concernant le but du waqf, il faut dire qu’il est avant tout un acte religieux par lequel le waqif (le constituant) cherche la satisfaction et la récompense d'Allah. Les musulmans qui consacrent leurs biens à des œuvres de bienfaisance en vue de se rapprocher un peu plus d’Allah sont toujours très nombreux.
Dans un esprit communautaire, le constituant cherche également à faire accéder le plus grand nombre possible de personnes à l’usage de son bien. Le waqf désigne essentiellement une institution recherchant un profit d’intérêt général : des écoles, des orphelinats, des hôpitaux, des mosquées, des pauvres, etc. Ainsi il réalise d’une manière assurée, organisée et durable les souhaits généraux du waqif et aussi bien, il lui permet de le prolonger après sa mort. L’objectif précédent était pieux et religieux, celui-ci est plutôt social.
C’est dans ce but que le législateur islamique a fait naître cette institution inconnue avant la venue du Prophète (saws). Sans légiférer en la matière, le Coran invite les fidèles à consacrer une partie de leur bien à des œuvres de bienfaisance "car tout ce que vous aurez donné, Allah le saura". (Coran, sourate 2, verset 86), mais il ne comporte aucune indication relative au waqf. Par contre le sunna (les enseignements du Prophète (saws)) ne garde pas le même silence ; un des compagnons du Prophète (saws) lui ayant demandé comment il pourrait disposer de sa terre de Khaybar pour être agréable à Dieu, aurait reçu la réponse suivante : "Immobilise-la de façon à ce qu’elle ne puisse être ni vendue, ni donnée, ni transmise en héritage et distribue les revenus aux pauvres." et c’est loin d’être le seul Hadith en la matière.
Le Prophète (saws) lui-même constitua le premier habous dans l’islam. Arrivé à Médine, il y fit construire une mosquée lui annexant sept jardins dont le revenu fut consacré à des œuvres pieuses. D’autres musulmans ont suivi cet exemple à leur manière. C’est ainsi que les habous se sont multipliés dans les premiers siècles de l’islam.
Telle serait d’après l’histoire musulmane l’origine du waqf mais sa règlementation par les jurisconsultes n’a été élaborée qu’au cours du deuxième siècle de l’hégire. Assez rapidement l’institution a subi de notables transformations. Si à l’origine, à une époque où la foi était très vive, les waqf n’ont été que des libéralités pieuses inspirées par le seul désir d’être agréable à Allah, il n’en a pas été toujours ainsi par la suite. Les objectifs suivants se sont introduits dans la pratique de la population musulmane et ont fait apparaitre parallèlement une conception utilitaire :
1- Le propriétaire musulman a trouvé dans le habous familial (Durri ou Ahli), un moyen utile de soustraire ses biens à la dévolution successorale règlementée par les dispositions impératives en la matière. Il dispose alors plus librement de sa succession.
2- Certains avaient recours à l’institution du waqf pour assurer la sauvegarde des biens familiaux à l’intérieur de la famille et de les préserver contre une éventuelle dissipation de la part d’un enfant trop prodigue.
3- Pour mettre ses biens à l’abri des spoliations arbitraires des souverains, les prémunir contre l’éventualité d’une confiscation et pour échapper à la fiscalité parfois injuste des gouverneurs, on trouvait dans le habous un moyen satisfaisant pour conserver intact ses biens et pour les consacrer après soi et sa descendance, à une fondation de bienfaisance. La très grande propriété de Malek-Abad à Machhad a été mise par exemple en waqf par crainte d’une spoliation de la part de Réza Shah
Une fois valablement constitué, le waqf devient, en principe, obligatoire et produit ses effets. Les principaux effets du habous sont l’inaliénabilité et l’insaisissabilité du bien. La véritable finalité du habous, nous l’avons dit, est de perpétuer l’œuvre voulue par le waqif : pour cela, l’objet affecté, chargé de lui procurer ses ressources, est immobilisé, retiré de la circulation ; il ne peut être donné, échangé, ou vendu. Il est aussi, insaisissable : étant hors du commerce, il n’entre pas dans le gage du créancier et ne peut en aucun cas faire l’objet d’une saisie.
Cependant, en ce qui concerne l’inaliénabilité, le principe n’est pas sans réserve. L’expérience prouve qu’il faut parfois prendre des mesures de remplacement, pour que l’œuvre vive : échanger l’objet du waqf contre un autre ou bien le vendre. La nécessité, plus forte que tous les calculs humains, oblige de substituer un immeuble qui rapporte à un autre qui ne rapporte plus. Avec plus ou moins de rigueur, presque tous les rites ont accepté cette nécessité malgré leur respect pour la volonté du constituant.
Ces décisions reviennent à l’administrateur (mutawalli). La fondation une fois créée, c’est l’administrateur et non le constituant ou le bénéficiaire qui la gère, la sauvegarde et en accomplit le but. Il est en principe désigné par le constituant. Il ne doit être ni mineur, ni majeur en tutelle, ni celui dont la malhonnêteté est manifeste, ou a été préalablement démontré. Toute autre personne peut être nommée administrateur. Il arrive assez souvent que le waqif confère à cette charge un caractère héréditaire et spécifie qu’elle sera assumée par les descendants de l’administrateur à tour de rôle leur vie durant. Quant au constituant lui-même, toutes les écoles hormis la Malékite qui voulait éviter tout abus éventuel, lui ont octroyé le droit de se réserver l’administration du habous sa vie durant ou pour un temps limité. Toujours est-il qu’il est sous le contrôle et la surveillance du Cadi. Il arrive que le constituant omette de désigner un mutawalli ou de déterminer ses successeurs. Dans ce cas, c’est toujours le Cadi, cet important magistrat, qui assure la nomination d’un gérant.
Le qadi ou Hâkème-Char’ est responsable de l’intérêt général dans la communauté musulmane. Les pouvoirs de ce magistrat sont très étendus. En matière du Waqf, il exerce un contrôle permanent et absolu sur la gestion de l’administrateur ; il peut demander à tout moment une reddition de compte et s’assurer que les revenus sont bien affectés au but prévu par le waqif. Il a même le droit de prendre des mesures contraires aux dispositions de l’acte constitutif, si l’intérêt de la fondation l’exige ou si le waqf lui-même est menacé. Il révoque le mutawalli s’il s’est avéré incapable ou infidèle, ou s’il a commis une faute grave dans l’exercice de ses fonctions.
De nos jours, suite à la modernisation de l’état et au développement de l’administration publique, cette charge est attribuée aux fonctionnaires. Les pays musulmans ont vu, au cours de ces 2 derniers siècles, une vague de centralisation étatique des habous et de créations de ministères ou d’organisations gouvernementales ayant en charge toutes les affaires concernant les waqf (registre, contrôle, gestion etc.). En voici quelques exemples :
En Iran, c’était ce ministère de l’instruction publique et des waqf qui se chargeait de la fonction ailleurs dévolue à la direction générale des waqfs, et dont la charge concernant les habous est définie par la loi organique de décembre 1934 : "Le ministre de l’instruction publique est chargé de la gestion des waqf dépourvus de mutawalli. Il peut, éventuellement, en abandonner la gestion à un préposé." (Art. 1)
"Le ministre de l’instruction publique est chargé d’un contrôle strict des waqfs publics ayant un mutawalli attitré, reconnu par les documents laissés par le waqif. Le ministre devra veiller à ce que l’administrateur remplisse ses obligations selon les dispositions du document en question." (Art. 2)
Aujourd’hui, ce ministère est remplacé par l’Organisation des waqf et des affaires de bienfaisance dont le directeur est nommé par la plus haute autorité religieuse du pays.
En Turquie, au début du XIX ème siècle a été créée une administration centrale des waqfs qui fut transformée en ministère en 1840. Arrivé au pouvoir, Mustafa Kemal Ataturk a établi un contrôle étroit de l’état sur les waqf publics. La loi N° 429 de mars 1924 créa à Ankara un département des affaires cultuelles, rattaché à la présidence du conseil des ministres et dont le directeur est nommé par le président de la république (Art. 1, 3 et 4). L’administration de toutes les mosquées et des édifices religieux entre dans les attributions de ce haut fonctionnaire (Art. 5). En outre, la loi a supprimé le ministère des waqf (Art. 3) et institué une direction générale ayant pour mission "de règlementer les affaires des waqf d’une manière qui corresponde au véritable avantage de la nation". (Art. 7)
En Bosnie-Herzégovine, fut instituée en 1883 une commission des waqf qui était chargée de constater tous les habous du pays, d’en contrôler la gestion et d’élaborer de nouveaux règlements sur l’administration des waqf. En 1884, on institua sur une plus vaste échelle dans tous les districts, des commissions sous la présidence d’un juge qui avaient pour tâche de relever tous les biens waqf existant dans les districts, d’inspecter toutes les mosquées et édifices waqf, et en particulier de surveiller les administrateurs et les desservants de ces waqf, de présenter leurs comptes à la commission centrale des waqf et d’en exécuter les décisions.
Au Maroc, dès le Protectorat, fut créée une administration des habous, basée sur la notion de service public. Le traité du 30 mars 1912 conclu entre la France et le Maroc stipule dans son article préliminaire que le régime de protectorat "sauvegardera la situation religieuse, le respect et le prestige traditionnel du sultan, l’exercice de la religion musulmane et des institutions religieuses, notamment de celle des habous." (Bulletin officiel du Maroc, 1er nov. 1912, n° 1, p. 1). Mais par ailleurs, on a admis la nécessité de réorganiser l’institution et de la faire évoluer à l’intérieur de son cadre traditionnel : de ce fait, la gestion des habous publics a été centralisée entre les mains d’un organisme spécialisé : la direction générale des habous, créée par décret du 31 octobre 1912 ; transformée en ministère en 1915.
En Tunisie, avant le protectorat avait été prise l’initiative d’une réforme : par les décrets du 14 mars et du 2 juin 1874, il fut institué une administration centrale, dénommée La Djemaïa des habous, qui avait pour mission la réorganisation et la centralisation de la gestion des habous publics.
Ainsi, traversant les siècles sur de vastes territoires, et touchant à presque tous les paramètres de la vie économique, sociale et politique des pays musulmans, cette fondation caritative est devenu aujourd’hui une grande ressource d’intérêt général au sein de la communauté musulmane, qui a entrepris de continuer cette merveilleuse tradition, en essayant de favoriser de nouveaux waqf, conserver les anciens et affecter les bénéfices aux causes les plus nobles.
Source : http://www.iqna.ir/fr/news_detail.php?ProdID=367151
Haut de Page










