lundi 30 mars 2009
La Kronenbourg du Salon du Halal
La Kronenbourg du Salon du Halal
Nous étions hier et avant-hier au Salon du halal (plus précisément
au Salon des marques de distributeurs, dit “MDD”). Comme chaque année,
il y avait à boire et à manger, dans tous les sens du terme. Comme
chaque année, c’était le bal des hypocrites, avec une petite nouveauté
: la présence d’une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs
musulmans qui entend bien ne plus laisser le halal pollué par des
entrepreneurs aux visées uniquement et bassement mercantiles, bassement
non pas en ce qu’ils cherchent à faire de l’argent - ce qui non
seulement n’est pas répréhensible, mais même parfaitement normal -,
mais en ce qu’ils se fichent du halal comme de l’an mil. Or, il ne sera
jamais acceptable que le halal soit traité comme il l’est aujourd’hui.
Ca n’est pas acceptable, car le halal relève de la sacralité. On est là
bien au-delà des normes d’hygiène, de règlementations techniques et
administratives. Non, le halal n’est pas une marchandise.
Un gros poisson, vieux de la vieille et non musulman, dans le halal depuis trente ans, confiait hier, sans détours, lors d’une discussion informelle, que le marché du halal est un panier de crabes. Tout le monde le sait, beaucoup en profite d’une manière ou d’une autre : les uns affichant ouvertement leur appétit inextinguible, les autres se cachant derrière leur petit doigt arguant que le halal est en lui-même complexe. Oui, pour définir ce qui est halal de ce qui ne l’est pas on ne peut faire l’économie des divergences en la matière et des avis juridiques parfois contradictoires. Cela étant, l’apparente complexité n’en est pas une. Mais, il est plus simple et surtout plus rentable de s’accorder sur l’idée d’un halal difficile à définir, sur l’imposture d’une “nébuleuse de définitions”.
Hier, donc, au détour d’un stand on pouvait voir, là posée près des
rayons où s’exposaient différents produits du carré halal du Salon une
canette de Kronenbourg. Tout un symbole. Certes, cette canette de bière
n’était pas officiellement là. On ne voudrait
conclure à la hâte : un exposant ou un visiteur a dû la laisser là,
après un passage dans l’espace halal. Quoiqu’il en soit, c’est tout un
symbole. L’incarnation même de cette hypocrisie suitante d’un marché
vérolé par le faux-halal.
Source : http://www.al-kanz.org/2009/03/27/kronenbourg-salon-halal/
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