Retour à l'islam

A la reconquête de l'identité islamique authentique et décomplexée !

samedi 28 février 2009

Le Waqf : un héritage éternel

bismi_lah


Le Waqf : un héritage éternel


Les propriétés dites waqf, étendues dans toutes les régions du monde musulman et possédant une ampleur exceptionnelle, ont constitué depuis toujours une part importante du patrimoine des pays d’islam.
                                                   

Elles ont joué un rôle non négligeable dans les destinées économiques et politiques de ses États et de leur peuple. De tout temps, considérablement développés par les fidèles, certains waqf ont pris la forme de grandes propriétés, et la modernité aidant, se sont transformés en associations aux multiples activités économiques, sociales et caritatives. Une partie des dépenses publiques tel que l’enseignement, l’assistance, la construction et l’entretien des édifices culturels est traditionnellement alimentée par les revenus du waqf.

Présent également dans la vie privée, sous le titre du waqf familial, il constitue au sein de la famille une propriété indépendante et inaliénable qui se transmet de génération en génération.       

Sur le plan juridique, le waqf soulève beaucoup de discussions à tel point qu’à une époque, certains foqaha (spécialistes du droit musulman), bien que très minoritaires, semblent avoir mis en cause sa validité. Même si cette position a toujours été minorisée, il n’empêche que beaucoup de difficultés et d’ambiguïtés restent à lever dans le waqf, entre autre, concernant sa nature juridique ou son régime de propriété. Voilà une raison supplémentaire pour s’intéresser à cette institution originale et à ses différents aspects. En effet, le droit musulman est constitué d’un ensemble de préceptes religieux (donc moraux) et juridiques dont le waqf constitue un exemple caractéristique.

La place importante que tient ainsi le waqf autant en théorie que dans la vie de tous les jours, rend nécessaire une étude exhaustive qui englobe les cinq grandes écoles : Imamite, Chaféïte, Malékite, Hanafite et Hanbalite ; c’est à dire la base des législations des pays musulmans en la matière. Mais il est évident que nous ne pouvons pas aborder dans le détail, dans les limites de cet article, toutes les législations concernées.

Nous sommes malgré tout contraints d’apporter quelques précisions à propos de cette notion. Le waqf signifie littéralement arrêt, immobilisation, emprisonnement. Du point de vue juridique, on relève de nombreuses définitions. Ibn-Arafa, un des plus grands jurisconsultes malékites, l’a défini comme "un acte de disposition à titre gratuit sur l’utilité d’une chose pendant la durée de celle-ci, la nue-propriété restant réellement sur la tête du constituant durant sa vie et fictivement après sa mort". Selon Ibn-Rachid, un autre faqih de cette école, "c’est un acte à titre gratuit mettant à la disposition, les utilités du bien à titre perpétuel". D’après la définition classique de l’école Imamite qui a d’ailleurs inspiré le code civil iranien, il se présente comme "immobilisation du fonds en faisant orienter ses utilités".

Ces définitions ne semblent pas réunir tous les caractères distinctifs de l’institution. Une définition du waqf pour être complète, doit comprendre expressément les trois points suivants :

             1- qu’il constitue un acte à titre gratuit.

             2- qu’il emporte le séquestre de la chose constituée et la cession des utilités et revenus.

             3- qu’il est fait à titre perpétuel.

Nous arrivons ainsi à la définition suivante :

             "Le waqf est la cession à titre gratuit des utilités d’une chose et l’immobilisation de cette chose pendant toute sa durée."                                      

Employé dans ce sens, le terme waqf présente un acte juridique mais le mot s’utilise aussi pour évoquer toute une fondation créée par cet acte et jouissant d’une sorte de personnalité juridique.

Il faut noter que le terme habous est également employé par les auteurs. Bien que stricto sensu, sa signification soit plus large, on l’a toujours considéré comme synonyme de waqf, sauf que ce dernier est utilisé de préférence au Moyen-Orient alors que habous est plutôt préféré dans les pays nord-africains .

Concernant le but du waqf, il faut dire qu’il est avant tout un acte religieux par lequel le waqif (le constituant) cherche la satisfaction et la récompense d'Allah. Les musulmans qui consacrent leurs biens à des œuvres de bienfaisance en vue de se rapprocher un peu plus d’Allah sont toujours très nombreux.

Dans un esprit communautaire, le constituant cherche également à faire accéder le plus grand nombre possible de personnes à l’usage de son bien. Le waqf désigne essentiellement une institution recherchant un profit d’intérêt général : des écoles, des orphelinats, des hôpitaux, des mosquées, des pauvres, etc. Ainsi il réalise d’une manière assurée, organisée et durable les souhaits généraux du waqif et aussi bien, il lui permet de le prolonger après sa mort. L’objectif précédent était pieux et religieux, celui-ci est plutôt social.

C’est dans ce but que le législateur islamique a fait naître cette institution inconnue avant la venue du Prophète (saws). Sans légiférer en la matière, le Coran invite les fidèles à consacrer une partie de leur bien à des œuvres de bienfaisance "car tout ce que vous aurez donné, Allah le saura". (Coran, sourate 2, verset 86), mais il ne comporte aucune indication relative au waqf. Par contre le sunna (les enseignements du Prophète (saws)) ne garde pas le même silence ; un des compagnons du Prophète (saws) lui ayant demandé comment il pourrait disposer de sa terre de Khaybar pour être agréable à Dieu, aurait reçu la réponse suivante : "Immobilise-la de façon à ce qu’elle ne puisse être ni vendue, ni donnée, ni transmise en héritage et distribue les revenus aux pauvres." et c’est loin d’être le seul Hadith en la matière.

Le Prophète (saws) lui-même constitua le premier habous dans l’islam. Arrivé à Médine, il y fit construire une mosquée lui annexant sept jardins dont le revenu fut consacré à des œuvres pieuses. D’autres musulmans ont suivi cet exemple à leur manière. C’est ainsi que les habous se sont multipliés dans les premiers siècles de l’islam.

Telle serait d’après l’histoire musulmane l’origine du waqf mais sa règlementation par les jurisconsultes n’a été élaborée qu’au cours du deuxième siècle de l’hégire. Assez rapidement l’institution a subi de notables transformations. Si à l’origine, à une époque où la foi était très vive, les waqf n’ont été que des libéralités pieuses inspirées par le seul désir d’être agréable à Allah, il n’en a pas été toujours ainsi par la suite. Les objectifs suivants se sont introduits dans la pratique de la population musulmane et ont fait apparaitre parallèlement une conception utilitaire :

1- Le propriétaire musulman a trouvé dans le habous familial (Durri ou Ahli), un moyen utile de soustraire ses biens à la dévolution successorale règlementée par les dispositions impératives en la matière. Il dispose alors plus librement de sa succession.

2- Certains avaient recours à l’institution du waqf pour assurer la sauvegarde des biens familiaux à l’intérieur de la famille et de les préserver contre une éventuelle dissipation de la part d’un enfant trop prodigue.

3- Pour mettre ses biens à l’abri des spoliations arbitraires des souverains, les prémunir contre l’éventualité d’une confiscation et pour échapper à la fiscalité parfois injuste des gouverneurs, on trouvait dans le habous un moyen satisfaisant pour conserver intact ses biens et pour les consacrer après soi et sa descendance, à une fondation de bienfaisance. La très grande propriété de Malek-Abad à Machhad a été mise par exemple en waqf par crainte d’une spoliation de la part de Réza Shah                    

Une fois valablement constitué, le waqf devient, en principe, obligatoire et produit ses effets. Les principaux effets du habous sont l’inaliénabilité et l’insaisissabilité du bien. La véritable finalité du habous, nous l’avons dit, est de perpétuer l’œuvre voulue par le waqif : pour cela, l’objet affecté, chargé de lui procurer ses ressources, est immobilisé, retiré de la circulation ; il ne peut être donné, échangé, ou vendu. Il est aussi, insaisissable : étant hors du commerce, il n’entre pas dans le gage du créancier et ne peut en aucun cas faire l’objet d’une saisie.                      

Cependant, en ce qui concerne l’inaliénabilité, le principe n’est pas sans réserve. L’expérience prouve qu’il faut parfois prendre des mesures de remplacement, pour que l’œuvre vive : échanger l’objet du waqf contre un autre ou bien le vendre. La nécessité, plus forte que tous les calculs humains, oblige de substituer un immeuble qui rapporte à un autre qui ne rapporte plus. Avec plus ou moins de rigueur, presque tous les rites ont accepté cette nécessité malgré leur respect pour la volonté du constituant.

Ces décisions reviennent à l’administrateur (mutawalli). La fondation une fois créée, c’est l’administrateur et non le constituant ou le bénéficiaire qui la gère, la sauvegarde et en accomplit le but. Il est en principe désigné par le constituant. Il ne doit être ni mineur, ni majeur en tutelle, ni celui dont la malhonnêteté est manifeste, ou a été préalablement démontré. Toute autre personne peut être nommée administrateur. Il arrive assez souvent que le waqif confère à cette charge un caractère héréditaire et spécifie qu’elle sera assumée par les descendants de l’administrateur à tour de rôle leur vie durant. Quant au constituant lui-même, toutes les écoles hormis la Malékite qui voulait éviter tout abus éventuel, lui ont octroyé le droit de se réserver l’administration du habous sa vie durant ou pour un temps limité. Toujours est-il qu’il est sous le contrôle et la surveillance du Cadi. Il arrive que le constituant omette de désigner un mutawalli ou de déterminer ses successeurs. Dans ce cas, c’est toujours le Cadi, cet important magistrat, qui assure la nomination d’un gérant.

Le qadi ou Hâkème-Char’ est responsable de l’intérêt général dans la communauté musulmane. Les pouvoirs de ce magistrat sont très étendus. En matière du Waqf, il exerce un contrôle permanent et absolu sur la gestion de l’administrateur ; il peut demander à tout moment une reddition de compte et s’assurer que les revenus sont bien affectés au but prévu par le waqif. Il a même le droit de prendre des mesures contraires aux dispositions de l’acte constitutif, si l’intérêt de la fondation l’exige ou si le waqf lui-même est menacé. Il révoque le mutawalli s’il s’est avéré incapable ou infidèle, ou s’il a commis une faute grave dans l’exercice de ses fonctions.

De nos jours, suite à la modernisation de l’état et au développement de l’administration publique, cette charge est attribuée aux fonctionnaires. Les pays musulmans ont vu, au cours de ces 2 derniers siècles, une vague de centralisation étatique des habous et de créations de ministères ou d’organisations gouvernementales ayant en charge toutes les affaires concernant les waqf (registre, contrôle, gestion etc.). En voici quelques exemples :                                      

En Iran, c’était ce ministère de l’instruction publique et des waqf qui se chargeait de la fonction ailleurs dévolue à la direction générale des waqfs, et dont la charge concernant les habous est définie par la loi organique de décembre 1934 : "Le ministre de l’instruction publique est chargé de la gestion des waqf dépourvus de mutawalli. Il peut, éventuellement, en abandonner la gestion à un préposé." (Art. 1)

"Le ministre de l’instruction publique est chargé d’un contrôle strict des waqfs publics ayant un mutawalli attitré, reconnu par les documents laissés par le waqif. Le ministre devra veiller à ce que l’administrateur remplisse ses obligations selon les dispositions du document en question." (Art. 2)                                    

Aujourd’hui, ce ministère est remplacé par l’Organisation des waqf et des affaires de bienfaisance dont le directeur est nommé par la plus haute autorité religieuse du pays.

En Turquie, au début du XIX ème siècle a été créée une administration centrale des waqfs qui fut transformée en ministère en 1840. Arrivé au pouvoir, Mustafa Kemal Ataturk a établi un contrôle étroit de l’état sur les waqf publics. La loi N° 429 de mars 1924 créa à Ankara un département des affaires cultuelles, rattaché à la présidence du conseil des ministres et dont le directeur est nommé par le président de la république (Art. 1, 3 et 4). L’administration de toutes les mosquées et des édifices religieux entre dans les attributions de ce haut fonctionnaire (Art. 5). En outre, la loi a supprimé le ministère des waqf (Art. 3) et institué une direction générale ayant pour mission "de règlementer les affaires des waqf d’une manière qui corresponde au véritable avantage de la nation". (Art. 7)

En Bosnie-Herzégovine, fut instituée en 1883 une commission des waqf qui était chargée de constater tous les habous du pays, d’en contrôler la gestion et d’élaborer de nouveaux règlements sur l’administration des waqf. En 1884, on institua sur une plus vaste échelle dans tous les districts, des commissions sous la présidence d’un juge qui avaient pour tâche de relever tous les biens waqf existant dans les districts, d’inspecter toutes les mosquées et édifices waqf, et en particulier de surveiller les administrateurs et les desservants de ces waqf, de présenter leurs comptes à la commission centrale des waqf et d’en exécuter les décisions.

Au Maroc, dès le Protectorat, fut créée une administration des habous, basée sur la notion de service public. Le traité du 30 mars 1912 conclu entre la France et le Maroc stipule dans son article préliminaire que le régime de protectorat "sauvegardera la situation religieuse, le respect et le prestige traditionnel du sultan, l’exercice de la religion musulmane et des institutions religieuses, notamment de celle des habous." (Bulletin officiel du Maroc, 1er nov. 1912, n° 1, p. 1). Mais par ailleurs, on a admis la nécessité de réorganiser l’institution et de la faire évoluer à l’intérieur de son cadre traditionnel : de ce fait, la gestion des habous publics a été centralisée entre les mains d’un organisme spécialisé : la direction générale des habous, créée par décret du 31 octobre 1912 ; transformée en ministère en 1915.

En Tunisie, avant le protectorat avait été prise l’initiative d’une réforme : par les décrets du 14 mars et du 2 juin 1874, il fut institué une administration centrale, dénommée La Djemaïa des habous, qui avait pour mission la réorganisation et la centralisation de la gestion des habous publics.

Ainsi, traversant les siècles sur de vastes territoires, et touchant à presque tous les paramètres de la vie économique, sociale et politique des pays musulmans, cette fondation caritative est devenu aujourd’hui une grande ressource d’intérêt général au sein de la communauté musulmane, qui a entrepris de continuer cette merveilleuse tradition, en essayant de favoriser de nouveaux waqf, conserver les anciens et affecter les bénéfices aux causes les plus nobles.

 

             Source : http://www.iqna.ir/fr/news_detail.php?ProdID=367151




mercredi 25 février 2009

El Barzakh

bismi_lah


El Barzakh

Parmi les étapes terrifiantes du long voyage vers l’autre-monde figure le Barzakh (le monde intermédiaire entre la mort et le Jour de la Résurrection) que le Coran évoque : “Derrière eux (après la mort), il y a une barrière (barzakh) jusqu’au Jour où ils seront ressuscités” (Sourate el-Mu’minûn : 23/100.)

Un jour l’Imam es-Sâdiq (as) dit : “...Car par Allah je crains pour vous le Barzakh !” On lui demanda alors : “Et qu’est-ce que le Barzakh ?” Il répondit : “C’est la tombe depuis la mort jusqu’au Jour de la Résurrection” (“Safînat el-Bihâr” : 1/71)

Dans son livre “Lub el-Lubâb”, el-Qotb el-Râwandî écrit que les morts se présentent chaque nuit de jeudi à vendredi du mois de Ramadhân en larmes. Ils appellent leurs familles, leurs enfants et leurs proches en criant : “Compatissez à notre sort et faites-nous la faveur de bénéficier de vos bonnes actions et de vos bienfaits. Ne nous oubliez pas, qu’Allah vous entoure de Sa Miséricorde ! Car nous sommes assis dans des prisons étroites, accablées d’une profusion d’angoisses et d’afflictions profondes. Ne soyez pas avares de vos du‘â’ et de vos aumônes en notre faveur, avant que votre sort ne soit pareil au nôtre.

Ce faisant, peut-être Allah vous entourera-t-Il de Sa Miséricorde ! Quels remords ! Nous étions comme vous dans l’aisance, mais nous n’avons pas fait des dépenses pour la cause d’Allah. Il s’est ensuivi que notre argent est devenu un malheur pour nous, et un bénéfice pour les autres ! Ecoutez-nous! N’oubliez pas de nous accorder vos actes de bienfaisance ! Faites-nous la faveur de donner en aumône en notre nom, un dirham, un pain ou tout ce que vous voulez ! Car demain sera votre tour de nous rejoindre et de pleurer comme nous, sans que vos larmes ne servent à rien, tout comme les nôtres ne nous sont d’aucune utilité ! Saisissez donc l’occasion avant qu’il ne soit trop tard et avant que votre sort ne soit comme le nôtre !” (“Safînat el-Bihâr” : 1/71)

On rapporte que le Prophète (saws) recommanda un jour : “Envoyez vos cadeaux à vos morts !” Lorsqu’on lui demanda quels étaient les cadeaux des morts, il répondit :“L’aumône et le du‘â’ ”, et d’ajouter : “Les âmes des morts viennent chaque vendredi vers ce monde devant les maisons. Ils se mettent à crier tristement et à se lamenter en appelant leurs familles, leurs amis et leurs enfants à l’aide et à la compassion : “Soyez compatissants envers nous en dépensant ce que nous possédions, qu’Allah vous couvre de Sa Miséricorde ! D’autres ont bénéficié de nos biens, alors qu’on nous demande d’en fournir les comptes.

Compatissez à notre sort par l’offre en aumône d’un dirham, un pain ou un vêtement, qu’Allah vous revête de l’habit du Paradis !” Puis le Prophète (saws) pleura tellement que ses larmes l’empêchèrent de parler et que tous ses compagnons éclatèrent en sanglots. Et le Prophète (saws) d’ajouter : “Ce sont vos frères de religion. Ils se sont transformés en terre après avoir joui de la vie. Ils crient de douleur des supplices et disent. “Si nous avions dépensé des biens dont nous disposions entre nos mains pour l’agrément d’Allah, nous n’aurions pas besoin de vous !” Puis ils retournent avec un soupir et des remords en s’écriant : “Envoyez-nous rapidement vos aumônes” (“Jami‘ el-Akhbâr”, p. 197.)

Selon un autre hadith, le Prophète (saws) dit aussi : “Quand l’un d’entre vous fait l’aumône au nom d’un mort, un Ange porte cette aumône sur un plateau de lumière dont les rayons s’étendent jusqu’au ciel, et il s’arrête au bord de la tombe en criant à tue-tête : “Que la paix soit sur vous, ô habitants des tombes. C’est le cadeau de vos parents pour vous”. Le mort le reçoit alors et le met dans sa tombe, laquelle s’élargit tout de suite”. Le Prophète (saws) d’ajouter :“Sachez que quiconque offre une aumône au nom d’un mort, obtiendra d’Allah une récompense spirituelle aussi grande que la montagne d’Uhud, et le Jour de la Résurrection, il sera sous l’ombre du Trône d’Allah, à un moment où il n’y aura pas d’autre ombre. L’aumône sauve aussi bien les morts que les vivants" (“Jami‘ el-Akhbâr”, p. 197.)

Selon el-‘Allâmah el-Majlicî dans “Zâd el-Ma‘âd”, le croyant ne doit pas négliger de se rappeler ses proches morts, car ceux-ci n’ont plus la possibilité d’accomplir des bonnes actions et les actes de bienfaisance (pour se racheter) et espèrent vivement que leurs descendants, leurs proches et leurs frères croyants en général le font à leur place et en leur nom. Ils attendent d’eux un geste de bienfaisance de leur part et surtout leur do‘â’ lors de la Prière de la Nuit.

Le croyant doit faire le do‘â’ à ses parents après les Prières obligatoires et dans les lieux saints, sans oublier les bonnes œuvres dédiées à leur mémoire. Car selon le Hadîth : “Peut-être un homme qui avait été noté comme ‘âq (désobéissant à ses parents) de leur vivant, serait-t-il considéré comme bâr (obéissant et bienfaiteur envers ses parents) après leur mort, grâce aux bonnes œuvres qu’il aura accomplies en leur nom. De même un homme qui avait été noté comme bâr envers ses parents de leur vivant, serait-il enregistré comme ‘âq envers eux, à cause de son manque d’accomplissement d’actes de bienfaisance qui leur sont dus”.

Parmi les devoirs les plus importants qu’on doit accomplir envers les parents et les proches figure l’acquittement de leurs dettes impayées et de toutes autres obligations non acquittées envers les gens ou envers Allah. Ainsi, on doit s’efforcer accomplir en leur nom (soit soi-même, soit en déléguant un autre -moyennant rémunération- pour le faire) un pèlerinage dû qu’ils auraient manqué ou tous autres actes d’adoration qu’ils auraient négligés. Selon un hadith sain (çahîh) l’Imam es-Sâdiq (as) accomplissait chaque nuit deux rak‘ah de prière dédiées à son fils, et chaque jour deux autres rak‘ah au nom et à la place de ses parents. Dans la première rak‘ah, de chaque prière il récitait après la sourate el-Hamd, la sourate el-Qadr (97), et dans la seconde la sourate el-Kawthar (108).

Toujours selon l’imam al-Sâdiq (p) : “Il arrive que le mort qui se trouve en difficulté soit subitement soulagé et que l’on l’informe que ce soulagement est dû à la prière faite à son bénéfice par un tel frère croyant”. Et lorsque le rapporteur de ce hadith demanda à l’Imam s’il était possible qu’on accomplisse une prière de 2 rak‘ah pour 2 morts à la fois, il répondit par l’affirmative. Il dit également : “Le mort se réjouit du do‘â’ et de l’istigh-fâr (“Jami‘ el-Akhbâr”, p. 197.)

” Et l’Imam d’ajouter : “La Prière, le jeûne, le Pèlerinage, l’aumône, l’acte de bienfaisance et le do‘â’ faits au nom d’un mort parviennent à sa tombe”. Il dit également : “La récompense (la rétribution = ajr) de ces actes (faits au nom d’un mort) bénéficie aussi bien au mort à qui ils sont destinées qu’à la personne qui les lui a dédiés. Selon un autre hadith attribué à l’Imam es-Sâdiq (as) : “Tout Musulman qui accomplit une oeuvre (acte de piété ou de bienfaisance) au bénéfice d’un mort, Allah lui accorde une double récompense tout en faisant parvenir la rétribution de cette oeuvre audit mort.”(Mafâtîh al-Jinân, 2e partie, pp. 71-72)


Source : http://www.bostani.com/manazil.htm


dimanche 22 février 2009

Contre le CRIF !

bismi_lah


Contre le CRIF !


sarkozy_chandelierAppel à manifester le 2 mars contre le dîner de cons du CRIF


Manifestons contre les assassins et leurs complices franco-israéliens le 2 mars, à partir de 18H, au Pré Catelan (Bois de Boulogne) !



Collectif Résistance


Comme chaque année, le Lobby Sioniste parisien organise son dîner de Cons, cérémonie obligatoire d'allégeance au Sionisme à laquelle les politiciens de droite comme de gauche se sentent obligés de participer par crainte de se faire traiter d'antisémite et d'être excommuniés de la vie publique.

Le CRIF, officine Sioniste dont une grande partie des activités consiste à défendre en France les intérêts d'un état étranger et qui a le culot de revendiquer sur son site être le "porte parole de la communauté juive de France auprès des pouvoirs publics, en est sa représentation politique" compte notamment parmi ses membres:

l'Agence Juive Pour Israël, une institution sioniste para étatique dont l'objectif est de renforcer l'état sioniste en recrutant les français de confession israélite qui, par ignorance et/ou lavage de cerveau - y compris dans certaines "synagogues" devenues au fil du temps des centres de recrutement pour le "Djihad Sioniste" contre le peuple Palestinien - confondent Sionisme et Judaïsme.

L'ABSI Keren Or, l'Association Pour le Bien Etre des Soldats Israéliens, dont l'activité principale est de collecter des fonds qui financeront ensuite le "Bien Etre" des SS - Soldats Sionistes (bourses d'études, amélioration de l'ordinaire lorsqu'ils sont en mission "Opération Plomb Durci" par exemple...)

Le KKL, Keren Kayemeth Le Israël, une organisation qui se définit comme suit sur son site :

"Le sigle KKL signifie « Keren Kayemeth LeIsraël » ou « fonds pour l’existence d’Israël ». Fondé en 1901 par Theodor Herzl lors du Ve Congrès sioniste, le KKL est le bras exécutif du peuple juif pour la rédemption et le développement de la terre d’Israël. Sa première vocation fut de racheter des terres en Eretz Israël en vue de l’installation de pionniers juifs. Parmi ses tâches traditionnelles, liées à la gestion des terres, on compte :

· Le défrichement de terrains pour l’agriculture,
· Le reboisement et l’afforestation,
· L’aménagement de sites pour l’habitation, l’agriculture et l’industrie."

En clair, une organisation qui participe depuis le début au nettoyage ethnique de la Palestine et à la colonisation.

Sans oublier la Fédération Sioniste de France (FSF).

Bref avec le CRIF, c'est "plus Sioniste que moi Tu Meurs" !

Mmes et Mrs les élus, savez-vous qu'en participant à cette soirée, vous cautionnez les activités de ces associations, donc du Colonialisme Sioniste ?

Ce dîner de Cons, se tiendra le lundi 2 mars, à partir de 19h et sera retransmis en direct aux frais des contribuables par la chaîne TV d'information politique Public Senat. Son invité d'honneur : Nicolas Sarkozy, principal instrument du lobby sioniste en France.

Selon le site du Lobby Sioniste :

"Un dialogue s’instaurera entre le président du CRIF et l’hôte d’honneur de cette édition 2009, le "Président de la République", Nicolas Sarkozy, devant des centaines de personnalités du monde politique, de membres du gouvernement, ainsi que des diplomates, des représentants de la société civile, des communautés religieuses, de la sphère médiatique et culturelle."

On aurait pu penser qu'après les crimes de guerre commis à Gaza par l'état sioniste du 27 décembre au 18 janvier et soutenus sans vergogne sur la place publique par cette officine Sioniste, les élus de ce pays, y compris au plus au niveau de l'Etat - La France est une République laïque faut-il le rappeler, ou le communautarisme, de quelque nature qu'il soit n'a pas sa place, encore moins lorsque celui ci sert des intérêts étrangers - auraient la décence de ne plus souscrire à ce genre d'asservissement au régime Sioniste de Tel Aviv.

De nombreux citoyens vivent ce défilé d'élus politiques à ce dîner de Cons non seulement comme un asservissement, mais comme une humiliation. Les élus n'ont pas été mandatés par le vote citoyen pour participer à ce genre d'acte de soumission politique, reflet d'une dérive clientéliste de plus en plus prégnante et déstabilisante du tissu sociétal républicain laïque français et facteur de surenchère communautariste puisque maintenant le CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires de France) organise lui aussi son dîner de Cons. Ce dernier n'a néanmoins pas eu le succès souhaité, Sarkozy n'ayant pas daigné s'y montrer.

Pour les Sionistes c'est "toujours prêt" pour les autres c'est " casses toi pauv' con".

En tout état de cause, puisque le Lobby Sioniste annonce la venue à ce dîner de Cons de Sarkozy, du parti de l'étranger, c'est qu'il a bien l'intention de participer à ce "dialogue" qui n'en doutons pas sera très chaleureux compte tenu de sa "relation privilégiée" avec l'Etat Sioniste.

A quand la dissolution de toutes ces organisations qui sapent les fondements de la République Laïque ?

LE 2 MARS, A PARTIR DE 18H, MANIFESTONS CONTRE LA REUNION DES ASSASSINS ET DE LEURS COMPLICES FRANCO-ISRAELIENS SUR TOUTES LES VOIES D'ACCES AU RESTAURANT DU PRE CATELAN AU BOIS DE BOULOGNE !
MERCI DE FAIRE PASSER LE MESSAGE.



Source :
http://www.alterinfo.net

jeudi 19 février 2009

La tewbah (le repentir) et les conditions de son acceptation

bismi_lah


La tewbah (le repentir) et les conditions de son acceptation


Allah est le Tout-pardonneur, Sa Miséricorde est immense, et Il apprécie que le serviteur pécheur se repente sincèrement. Mais s’il y a des péchés qui pourraient être amnistiés par la simple expression du regret par le pécheur, il y en a d’autres qui requièrent réparation, sans laquelle le repentir n’est pas accepté. Or, beaucoup de croyants, ignorant cette condition de l’acceptation du repentir, la découvriront à l’approche de la mort et/ou quand il sera trop tard pour réparer.

Les péchés susceptibles d'être effacés à la suite du repentir accepté sont de différentes sortes :

1- Un péché qui ne soit passible que d'une peine applicable dans l'Au-delà, tel que le port de la soie et des bagues en or par les hommes, par exemple. Il suffit ici de regretter ce péché et de décider sincèrement de ne plus le commettre, pour que le repentir soit accepté et le châtiment dont le pécheur est passible dans l'Au-delà soit annulée.

2- Les péchés qui sont passibles d'une autre peine : ils sont de différentes catégories :

Il y a parmi les péchés, celui qui relève du Droit d'Allah, et celui qui relève du droit des gens.

En ce qui concerne le premier, le péché de la violation d'un droit d'Allah, il peu être :

1- soit un droit financier, comme dans le cas où on a commis un péché dont le rachat consiste à affranchir un ou des esclaves: auquel cas, le pécheur est tenu de payer obligatoirement le rachat, s'il en a les moyens, et sa peine ne sera pas amnistiée par le simple regret du péché commis,

2- soit un droit non financier, tel que la Prière ou le jeûne non accomplis à temps, auquel cas, il suffit de les accomplir à titre tardif,

3- soit un acte répréhensible passible d'un châtiment corporel prescrit par Allah, tel que la consommation de l'alcool, auquel cas, le pécheur a le choix entre :

a- la non-divulgation de ce péché à personne, et la repentance décidée devant Allah (entre le pécheur et Allah),

b- ou la confession devant une autorité religieuse compétente, ce qui requiert l'application de la peine prescrite; mais il est préférable d'opter pour le premier choix : se taire sur son péché et s'en repentir sincèrement devant Allah.

Quant au péché relevant du droit des gens, il est de différentes catégories :

A- S'il s'agit d'un droit financier, le pécheur doit rembourser son ayant droit ou ses héritiers,

B- et s'il s'agit d'un droit non financier, plusieurs cas de figure se présentent :

a- si le péché consiste à avoir induit délibérément quelqu'un en erreur, il suffit, dans ce cas de réorienter la victime correctement,

b- si le péché est d'une catégorie passible d'une peine (corporelle), tel que l'injure, l'insulte, et que la victime l'entend (directement ou indirectement), le pécheur doit s'apprêter à subir la peine prescrite, mais si la victime n'est pas au courant de la médisance (insulte, injure etc.) dont il a été l'objet, le pécheur doit l'en informer (pour que sa repentance soit acceptée), bien que les ouléma divergent sur ce dernier point : la plupart d'entre eux croient que le fait d'informer la victime d'une insulte dont il a fait l'objet pourrait l’affliger et l'humilier, et que par conséquent, il n'est pas nécessaire que le pécheur informe sa victime de l'insulte (injure, médisance) qu'il lui a faite".(1)

Moralité : Pour que le repentir soit accepté et valable, lorsqu'il s'agit d'avoir causé un préjudice ou dégât matériel, corporel ou moral à quelqu'un, il faut absolument réparer ledit dégât ou préjudice, ou que la victime accepte volontiers de pardonner au fautif le préjudice qu'il lui a fait subir. Tant que ce dégât n'est pas réparé ou que la victime, n'a pas pardonné, le repentir restera en principe sans effet et ne sera pas accepté. Or, beaucoup de gens conçoivent mal la notion de Miséricorde d'Allah, laquelle est, certes, infinie, mais cela ne doit pas faire oublier la Justice d'Allah, Laquelle est impeccable et n'accepte pas que le fautif jouisse de l'impunité, pendant que ses victimes subissent ses méfaits. De là, les peines prescrites par Allah, lesquelles doivent être d'abord appliquées, avant que le pécheur puisse espérer obtenir le Pardon d'Allah et être couvert par Son immense Miséricorde. En effet, est-il concevable que l'on usurpe les biens de quelqu'un ou que l'on détruise la vie de quelqu'un et d'aller passer impunément des jours agréables et tranquilles, tout en espérant obtenir le Pardon d'Allah et être couvert par Sa Miséricorde, en se contentant de dire : « Je m’excuse, je regrette sincèrement ce que j’ai fait », sans assumer les conséquences de ses méfaits ?!

1. " 'Ayn al-Hayât", pp.189-190.


Source : http://www.bostani.com/Repentir.htm


lundi 16 février 2009

Le célibat dans l'islam

bismi_lah


Le célibat dans l'islam


L'islam condamne le choix du célibat, voici quelques paroles du ¨Prophète (saws) et de sa sainte famille (as) sur le sujet :


عن رسول الله (ص) قال : لركعتان يصلّيهما متزوِّجٌ أفضل من صلاة رجل اعزب يقوم ليله ويصوم نهاره .

Le Messager d’Allah (P) dit : «Deux rak‘ah de Prière accomplies par un homme marié valent mieux que toutes les Prières accomplies par un célibataire qui passe la nuit en priant et le jour en jeûnant. »[1]

عن رسول الله (ص) قال : اراذل موتاكم العزّاب.

Le Messager d’Allah dit : «Les plus vils de vos morts sont les célibataires. »[2]

عن الامام الصادق (ع) قال : ركعتان يصلّيهما متزوج افضل من سبعين ركعة يصلّيهما اعزب.

Selon l’Imam al-Sâdiq (p) : «Deux rak‘ah (cycle de prière) accomplies par quelqu’un de marié valent mieux que soixante-dix rak‘ah accomlies par un célibataire. »[3]

 

عن رسول الله (ص) قال : ما بني بناءً في الاسلام احبّ الى الله من التزويج.

 Le Messager d’Allah (P) dit : «Il n’est pas une institution établie en Islam, qui soit plus aimée d’Allah que le mariage. »[4]

عن رسول الله (ص) قال : من تزوّج فقد احرز نصف دينه فليَـتَّــقِ الله في النصف الباقي.

Le Messager d’Allah (P) dit : «Quiconque se marie, acquiert la moitié de sa religion, qu’il craigne Allah pour la seconde moitié. »[5]

عن رسول الله (ص) قال : من احبَّ فطرتي فليستنّ بِسُنَّتي ومن سُنَّتي النكاح.

Le Messager d’Allah (P) dit : «Quiconque aimerait ma nature innée qu’il suive ma Sunnah (Tradition), or le mariage fait partie de ma Sunnah ».[6]

عن رسول الله (ص) قال : زَوِّجوا اياماكُمْ ، فَإنَّ اللهَ يُحَسِّنُ لَهُمْ في أخلاقِهِمْ وَيُوَسِّعُ لَهُم في أرْزاقِهِم ويَزيدُهُم في مُرُوّاتِهِم .

 Le Messager d'Allah (P) dit : «Mariez vos célibataires, car en conséquence de quoi Allah améliorera leurs mœurs, élargira leur moyens de subsistance et renforcera leur qu

ali

té humaine. »[7]

عن رسول الله (ص) قال : من كان له ما يتزوج به فلم يتزوّج فليس منّا.

Le Messager d’Allah (P) dit : «Quiconque a les moyens de se marier et ne le fait pas, n’est pas des nôtres. »[8]

 عن رسول الله (ص) قال : التمسوا الرزق بالنكاح.

Le Messager d’Allah (P) dit : «Attendez-vous aux moyens de subsistance (rizq) en vous mariant (le mariage appelle les bienfaits d’Allah). »[9]

عن الامام الكاظم (ع) عن رسول الله (ص) قال : ما يمنع المؤمن ان يتخذ اهلاً لعل الله ان يرزقه نسمة تثقل الارض بلا اله الاّ الله.

Le Messager d’Allah (P), cité par l’Imam al-Kâdhim (p), dit : «Qu’est-ce qui empêche un croyant de se marier pour qu’Allah lui donne une progéniture qui donne du poids à la terre avec «Il n’y a de dieu qu’Allah»? »[10]

عن الامام الصادق (ع) قال : من ترك التزويج مخافة العيلة فقتد اساء الظن بربه، لقوله سبحانه وتعالى : " اِن يكونوا فقراء يُغنِهم الله من فضله".

L’Imam al-Sâdiq (p) dit : «Quiconque s’abstient du mariage de crainte de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de sa future famille, aura eu mauvaise foi en son Seigneur, Lequel –Il est glorifié et Sublime- dit : «S’ils sont pauvres, Allah les enrichira par Sa Grâce.[11] ». »[12]  

 عن رسول الله (ص) قال : تزوجوا النساء، فانهن يأتين بالمال

Le Prophète (P) dit : « Mariez-vous, vos femmes seront la cause de la venue des biens chez vous (l’argent vient en se mariant) ».[13]

عن النبي (ص) قال : يا شاب تزوَّج وايَّاك والزنا، فأنَّهُ ينزع الايمان من قَلْبِكَ.

Le Prophète (P) dit : «O jeune ! Marie-toi, et gare-toi de l’adultère, car elle arrache la foi de ton cœur! »[14]

عن الصادق الامام (ع) قال : قال امير المؤمنين علي (ع) : افضل الشفاعات ان تشفع بين اثنين في نكاح حتى يجمع الله بينهما. 

Selon l’Imam al-Sâdiq (p), le Commandeur des croyants, l’Imam Ali (p) dit : «La meilleure des intercessions est celle consiste à intercéder auprès d’un homme et d’une femme en faveur leur mariage jusqu’à ce qu’Allah les réunisse. »[15]

عن رسول الله (ص) قال : تزوَّجوا ، فأِنّي مكاثر بكم الاُمم يوم القيامة حتى أن السقط ليجىء محبنطئاً على باب الجنة ، فيقال له : ادخل الجنة ، فيقول : لا ، حتى يدخل أبواي الجنة قبلي.

Incitant les Croyants à se marier, le Messager d’Allah (P) dit : «Mariez-vous, car je compte dominer la compétition avec les (autres) nations le Jour de la Résurrection par votre grand nombre. Et sachez que, même le fœtus avorté, lorsqu’il viendra à la porte du Paradis, et que l’on lui dit : «Entres-y », il répond, plein de colère : «Non, je n’entre pas jusqu’à ce mes parents m’y précèdent d’abord. »[16]

عن الامام الصادق (ع) قال : تزوَّجوا ولا تطلّقوا ، فأِن الطلاق يهتزّ منه العرش.

L’Imam al-Sâdiq (p) dit : «Mariez-vous et ne divorcez pas, car le divorce fait trembler (de colère) le Trône (d’Allah). »[17]

عن الامام الصادق (ع) قال : تزوَّجوا ولا تطلّقوا ، فأِن الله لا يحب الذوّاقين و الذوّاقات[18].

L’Imam al-Sâdiq (p) dit : «Mariez-vous et ne divorcez pas,  car Allah n’aime pas les «goûteurs» et les «goûteuses»[19]. »

  


[1] Makârim al-Akhlâq”, op. cit., 8e Partie, Chap. 1, p. 197.

[2]Makârim al-Akhlâq”, op. cit., 8e Partie, Chap. 1, p. 197.

[3] Id. Ibid.

[4] Makârim al-Akhlâq”, op. cit., 8e Partie, Chap. 1, p. 196.

[5] “Makârim al-Akhlâq”, op. cit., 8e Partie, Chap. 1, p. 196.

[6] “Makârim al-Akhlâq”, op. cit., 8e Partie, Chap. 1, p. 196.

[7] « Nawâdir al-Râwandî », p. 36.

[8] “Makârim al-Akhlâq”, op. cit., 8e Partie, Chap. 1, p. 196.

[9] “Makârim al-Akhlâq”, op. cit., 8e Partie, Chap. 1, p. 196.

[10] “Makârim al-Akhlâq”, op. cit., 8e Partie, Chap. 1, p. 196.

[11] Sourate al-Nûr, 24/32.

[12] “Makârim al-Akhlâq”, op. cit., 8e Partie, Chap. 1, p. 196.

[13] Makârim al-Akhlâq”, op. cit., 8e Partie, Chap. 1, p. 196.

[14] Makârim al-Akhlâq”, op. cit., 8e Partie, Chap. 1, p. 196.

[15] Makârim al-Akhlâq”, op. cit., 8e Partie, Chap. 1, p. 196.

[16] Makârim al-Akhlâq”, op. cit., 8e Partie, Chap. 1, p. 196.

[17] Id. Ibid.

[18] الذين يكثرون الزواج والطلاق من النساء والرجال.

[19] Ceux et celles qui multiplient les mariage et le divorce.


Source : http://www.bostani.com/Celibat.htm


vendredi 13 février 2009

Comment expliquer le succès du Hamas ?

bismi_lah


Comment expliquer le succès du Hamas ?


inter_090214_hamas2Pour les grands médias, l’affaire semble entendue : le Hamas est terroriste, intégriste et fanatique. Pourtant, ce mouvement a gagné les dernières élections et sa popularité ne cesse de croître auprès des Palestiniens. Pourquoi ? [Grégoire Lalieu et Michel Collon l'ont] demandé à Mohamed Hassan, auteur de L’Irak face à l’occupation, et un des meilleurs spécialistes du Moyen-Orient...


Qu’est réellement le Hamas ?

Le Hamas est un mouvement politique issu d’un des plus vieux mouvements politiques d’Egypte, les Frères Musulmans. Le mot « Hamas » signifie l’éveil, il fait référence à quelque chose en éruption… C’est un mouvement nationaliste islamiste que l’on pourrait comparer au mouvement nationaliste irlandais. Face à l’occupation coloniale de l’Irlande par les Britanniques, se développa à partir de 1916 un mouvement de résistance, l’Irish Republican Army. Comme les Irlandais étaient catholiques et les colons britanniques protestants, l’occupant tenta d’en faire une guerre de religions. La religion peut être utilisée pour mobiliser un peuple pour une cause.


Quel contexte historique explique l’émergence du Hamas ?


Pour le comprendre, nous devons prendre en considération différents événements historiques. Le premier est la guerre des Six Jours qui discrédita le nassérisme en 1967. Nasser était un président égyptien qui encouragea une révolution arabe pour l’indépendance et le développement. Suite à la sévère défaite que lui infligea Israël, son idéologie perdit en influence. Après sa mort, l’Egypte et Israël entrèrent à nouveau en conflit lors de la guerre d’Octobre en 1973. L’Egypte et la Syrie voulait récupérer des territoires sous occupation israélienne. Finalement, l’Egypte et Israël signèrent un accord, mais cet événement marqua une profonde division dans le monde arabe entre les pays qui étaient prêts à accepter les conditions israéliennes et ceux qui voulaient résister comme la Syrie, l’Algérie, l’Irak… Bien sûr, la question palestinienne restait un élément crucial dans ces conflits. La résistance à Israël avait d’ailleurs mené à la formation de l’OLP, l’Organisation pour la Libération de la Palestine. Cette organisation a été créée dans le but de rassembler les différents mouvements de résistance pour allier leurs efforts dans la résistance à Israël. Avant de négocier avec cette organisation lors des accords d’Oslo, Israël la considérait comme un groupe terroriste et lui infligea plusieurs défaites qui peuvent expliquer l’émergence du Hamas.

La première défaite survint avec le septembre noir de 1970. L’OLP avait son quartier général en Jordanie où le roi Hussein négocia un accord avec Israël pour réprimer brutalement l’insurrection palestinienne. L’OLP fut alors obligée de fuir vers Beyrouth. La seconde importante défaite survint en 1982. Israël attaqua le Liban et la plupart des combattants de l’OLP durent partir très loin de la Palestine. Le QG de l’organisation fut établi à Tunis. C’est dans ce contexte particulier qu’arrive la première Intifada en 1987. L’Intifada était un soulèvement populaire en réaction à l’occupation israélienne qui a démarré à Gaza et a ensuite gagné la Palestine tout entière. Comme je l’ai dit, l’OLP se situait très loin à ce moment-là. Le Hamas au contraire se trouvait en Palestine et prit part à l’Intifada. Cet événement marque l’arrivée de ce mouvement qui débuta dans les prisons ! Les prisons étaient habituellement considérées comme un lieu de punition. Mais après que des résistants de l’Intifada furent emprisonnés, la donne changea ! C’est dans les prisons que le Hamas commença à recruter et à se développer en tant qu’organisation. Avec l’Intifada, le Hamas fut exposé à l’opinion palestinienne, l’opinion israélienne et l’opinion internationale.


Comment l’OLP réagit-elle à l’Intifada ?

Avec l’Intifada, l’OLP se divisa en deux ailes : la plus forte qui voulait continuer la résistance et qui était basée à Tunis et une autre moins importante qui voulait négocier un accord. Ces membres-là se cachaient et n’eurent pas le courage de défendre leurs opinions jusqu’aux accords d’Oslo où ils se manifestèrent au grand jour et devinrent plus forts. Arafat était un tacticien et après la fin de la première Intifada, il utilisa les différents courants palestiniens dans le but de ramener l’OLP en Palestine.


Quelles étaient ces lignes ?

D’abord, vous avez ceux qui voulaient continuer le combat contre Israël sans concession. Arafat devait les marginaliser pour obtenir quelque chose. D’un autre côté, vous avez ceux qui voulaient capituler, et ils dirigent le gouvernement palestinien aujourd’hui. Enfin, il y a la bourgeoisie qui souhaitait tirer profit d’une négociation. Arafat les utilisa pour obtenir ce qu’il voulait. Cela nous mène aux Accords d’Oslo en 1993. Ces accords ont permis à l’OLP de revenir en Palestine mais à part ça, ce fut une grande défaite. Les Palestiniens acceptèrent 22% de leurs terres. Il n’y a aucun accord dans l’Histoire qui confère à une partie seulement 22% de ce qu’elle demandait ! L’OLP n’était plus considérée comme une organisation terroriste et gagna la reconnaissance d’Israël, mais elle réussit pas à réellement améliorer la situation à Gaza et en Cisjordanie. Rien dans l’accord n’a été mentionné pour mettre fin à la colonisation israélienne. Cet élément a discrédité l’autorité palestinienne auprès de la population et a aussi contribué au succès du Hamas en tant que mouvement de résistance. Un autre élément important est le fait que l’autorité palestinienne, qui recevait des fonds de l’Occident, est devenue corrompue. Rien n’indique que le Hamas ait ce problème. D’une part, ses principales sources de revenus proviennent d’un système basé sur la charité dans le monde musulman. D’autre part, vu qu’ils critiquent l’autorité palestinienne sur le problème de la corruption, ils veillent sérieusement à ce que cela ne se produise pas dans leurs rangs.


Comment expliquer le succès du Hamas ?

Trois facteurs expliquent le succès du Hamas. Le premier est le maintien de la résistance et le refus de toute solution imposée, ce qui correspond à la volonté de la population. Le second facteur est que le Hamas exige le retour des réfugiés de 1948 et de 1967. En 1948, après la création de l’Etat d’Israël, beaucoup de Palestiniens furent expulsés du territoire. Avec la guerre des Six Jours en 1967, environ 300.000 réfugiés partirent en Jordanie. Aujourd’hui, c’est plus de six millions de réfugiés qui n’ont pas le droit de revenir dans leur pays ! En revanche, en tant qu’Etat juif, Israël accueille n’importe quel juif de n’importe où : Espagne, Russie, Ethiopie… Des personnes qui n’ont jamais été vues en Palestine auparavant! La question des réfugiés est un élément important des revendications palestiniennes dont le Hamas s’est fait le porte-parole.

Le dernier facteur qui a contribué au succès du Hamas est l’élimination au sein de la communauté palestinienne des personnes corrompues par Israël pour obtenir des informations. Quelques-uns ont été éliminés physiquement et la plupart - des délinquants, des alcooliques ou des dealers - ont été réintégrés via les programmes sociaux du Hamas. L’information ne circulait donc plus. C’est très important. Israël avait créé une société corrompue où tout le monde était contre tout le monde et a exploité cela pour construire un réseau d’informations et établir un certain contrôle sur la résistance palestinienne. C’est typique d’une mentalité coloniale. Les Britanniques ont appliqué cela en Irlande du Nord. Rien de nouveau. Mais le Hamas a réussi à détruire ce réseau, ce qui constitue une grande victoire sur Israël.


Certains disent qu’Israël a délibérément favorisé l’ascension du Hamas. Est-ce vrai ?

Pas du tout ! Il n’y en a aucune preuve. Israël a toléré le Hamas en espérant que surviennent des conflits interpalestiniens. Ils voulaient affaiblir l’OLP et le Fatah. Mais ils ne s’attendaient pas à la qualité, la capacité et l’organisation dont a fait preuve le Hamas en se développant de telle manière. Toute puissance coloniale considère immanquablement ses sujets comme des enfants naïfs.


Comment un mouvement islamiste est-il devenu si populaire en Palestine?

Sous l’occupation à Gaza et dans les autres territoires, il n’était pas possible pour les Palestiniens de discuter ouvertement ou même d’imaginer leur futur excepté dans deux endroits : la mosquée et l’université. Le Hamas était bien entendu déjà actif dans le premier. Mais il a ensuite commencé, comme n’importe quel autre parti politique, à se manifester dans les organisations étudiantes. Le marché est ouvert pour tous les partis ! Le Hamas a donc recruté de jeunes étudiants brillants, qui étaient bien perçus dans la société en raison de leur dévouement et de leur honnêteté. C’était facile pour le Hamas de les convaincre, car la volonté de résister les unissait. Il n’y a pas de mystère! Le Hamas exprime ouvertement ce que la population ressent dans son cœur. Avec les éléments les plus combatifs, les plus intelligents et les plus éduqués de la société, le Hamas est devenu une grande organisation.


Comment les autorités palestiniennes ont-elles réagi à l’évolution du Hamas ?

Elles ont été touchées par la corruption et les scandales. Même des journalistes palestiniens les ont condamnées pour ça. Arafat était une espèce d’arbitre entre les différentes factions. Mais après sa mort, les contradictions entre le Hamas et le Fatah sont devenues antagoniques. Israël a exploité ces dissensions et a entrepris d’utiliser le Fatah pour entamer la popularité du Hamas. Ils pensaient que celui-ci n’accepterait pas de participer à des élections. C’est pourquoi ils mirent vite sur pied un scrutin. Tout le monde fut surpris que le Hamas accepte de participer, mais personne ne fut réellement inquiet. Ils pensaient en effet que le mouvement, en présentant une manière de penser dogmatique et très limitée, serait vaincu par le parti majoritaire. Contre toute attente, le Hamas créa une coalition et offrit une image flexible, très loin de ce qu’on aurait pu attendre d’une organisation fondamentaliste. En fait, le Hamas souhaite un Etat islamiste mais la réalité est différente.


Le Hamas va-t-il ou non instaurer un régime islamiste en Palestine ?

Un régime islamiste est le but ultime du programme du Hamas, mais il faut comprendre qu’il ne pourra jamais l’appliquer. En effet, sur le terrain, l’organisation est basée sur un mouvement patriotique. Il faut savoir que la guerre brutale menée par Israël contre Gaza n’a pas seulement mobilisé les forces du Hamas, mais bien toutes les forces patriotiques, y compris celles du Fatah. Cette agression a unifié le peuple palestinien. Le Hamas peut-il devenir un mouvement plus progressiste en alliance avec d’autres mouvements ? Oui, en raison de l’agression israélienne. L’idée que le Hamas puisse créer une société basée sur des modes de productions islamistes est une illusion. C’est tout simplement impossible. Sur bien des points, cette organisation ressemble au Hezbollah qui dit : « Le Liban est un pays d’une grande diversité, nous n’en représentons qu’une fraction et notre but est d’édifier avec tous les progressistes libanais une économie nationale indépendante. » Je voudrais vous faire remarquer au passage que personne ne pose ce genre de question pour des pays comme l’Arabie Saoudite.


Quel est le programme socio-économique du Hamas ?

Leur projet est une économie capitaliste marquée par une intervention importante de l’Etat. Notons qu’actuellement, même les libéraux européens souhaitent une intervention de l’Etat ! Si vous regardez l’Iran, vous avez un régime islamiste : du capitalisme avec une intervention de l’Etat. Mais ils refusent les dominations extérieures et redistribuent les richesses provenant du pétrole. En ce qui concerne le Hamas, il faut savoir que ce n’est pas essentiellement leur programme social qui a séduit les Palestiniens mais bien le fait que ce mouvement incarne la résistance. Et aujourd’hui, la résistance est ce qui compte le plus pour le peuple de Palestine.


Quel est le rôle de la femme selon le Hamas ?

Leur vision de la femme en théorie et en pratique est différente. Pourquoi ? En Palestine, la situation est très difficile. Les femmes doivent travailler pour gagner leur propre croûte et élever leurs enfants. Le Hamas ne pourra jamais les empêcher de travailler et les forcer à rentrer à la maison. À part quelques riches pays pétroliers, personne ne pense comme ça dans le monde arabe. Comment le Hamas pourrait-il retirer de la société plus de 50% des éléments les plus actifs de la société palestinienne ? En fait, celui qui ne respecte pas la femme est celui qui croit qu’il est possible de la contrôler comme un sujet passif.
Il y a des différences culturelles entre le monde arabe et l’Occident qui ne sont pas bien comprises parce qu’elles reposent sur des clichés. Prenons un exemple. Quand vous allez dans une librairie par ici, vous voyez des tas de magazines avec des blondes nues aux gros seins sur les couvertures… Personne ne se dit que c’est dégoûtant et que ces femmes devraient être mieux traitées. Mais quand on voit une femme portant un foulard, on parle d’oppression ! Il y a une sorte d’hypocrisie en Occident. Par exemple, en Indonésie, le régime actuel a été mis en place en 1965 par un coup d’Etat au cours duquel un million de communistes ont été massacrés. Aujourd’hui, la plupart des femmes portent le foulard là-bas. Mais personne ne s’indigne de leur situation, car ce pays produit du pétrole et est aligné sur l’Occident.


Pourquoi le Hamas est-il rejeté en Europe ?

L’islam n’est pas bien vu en Europe parce que cette dernière s’identifie au christianisme. Il y a un réel rejet de la contribution musulmane au développement de la civilisation occidentale. En tant que groupe islamiste, le Hamas est donc mal perçu. Mais pourquoi une personne, qui condamne le sionisme, a-t-elle un problème avec le Hamas? Et pourquoi la même personne, qui soutient la cause irlandaise, n’a-t-elle aucun souci en ce qui concerne une organisation catholique ? Les différences culturelles expliquent cela et c’est un phénomène que l’on peut observer.

Je reviens juste d’Egypte. J’ai pu constater qu’en traversant la Méditerranée, on change de monde, on change de façon de penser. Je ne blâme pas les Européens, ils sont marqués par leur éducation et la propagande médiatique. De plus, nous sommes dans un système où nous devons toujours identifier des ennemis pour justifier notre propre existence. Mais je crois qu’il faut faire la part des choses. Moi-même, en tant que marxiste vivant dans un pays occidental, j’ai bien sûr des contradictions avec le Hamas ou le Hezbollah. Je regrette que la résistance soit menée par un mouvement qui prend son inspiration dans l’Islam. Mais ces contradictions sont secondaires actuellement. En revanche, je suis complètement opposé à des personnes telles qu’Abbas ou Moubarak, qui sont des laïcs mais qui servent les intérêts des Etats-Unis. Je lis les infos en arabe, je connais bien la situation là-bas et je perçois les contradictions d’un point de vue différent de celui de la gauche européenne.


Pourquoi la gauche européenne ne supporte-t-elle pas ouvertement la résistance palestinienne ?

Le problème de la gauche européenne, c’est qu’elle refuse de faire une grande alliance contre l’impérialisme, à cause du Hamas, des femmes voilées et de toutes sortes de prétextes. En fait, elle se laisse aller à la grande alliance des Chrétiens contre l’Islam, elle rentre dans la 'guerre des civilisations’ lancée par les idéologues américains. Elle subit très profondément cette influence, beaucoup plus qu’elle ne le croit. Pourquoi la gauche européenne ne s’énerve-t-elle pas lorsque des fascistes chrétiens, comme les phalangistes, massacrent au Liban ? Pour ma part, en tant que laïc, j’ai soutenu la résistance des Irlandais contre l’occupation britannique et je n’avais aucun problème avec le fait que ces Irlandais étaient catholiques. En fait, le problème de l’Européen, c’est qu’il a été élevé dans une civilisation qui a des préjugés sur les juifs et les musulmans.


Pourquoi la question palestinienne est-elle si importante pour les Etats-Unis ?

La Palestine est un petit pays qui est malgré tout devenu l’un des enjeux les plus importants dans le monde pour deux raisons. La première est que l’Etat colon qui a été créé, doit être défendu par les puissances impériales, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, pour devenir l’élément dominant du Moyen-Orient. C’est un moyen d’écraser le mouvement révolutionnaire démocratique dans la région. Si vous écrasez la question palestinienne, vous empêchez une alliance du monde arabe avec toutes les lignes de résistance en Irak, au Liban… Avant, c’était le Shah d’Iran qui jouait le rôle de policier dans la région. Les Etats-Unis avaient placé une dictature militaire pour servir leurs intérêts dans la région. Aujourd’hui, c’est Israël. L’un des exemples les plus marquants de cette pratique est la révolution dans le Yémen du Nord dans les années 60. Un putsch avait été lancé par quelques officiers soutenus par l’Egypte pour instaurer une république démocratique. Le Cheik qui dirigeait le Yémen s’enfuit en Arabie Saoudite. Alors, les Britanniques organisèrent des troupes contre la jeune république pour écraser le mouvement nationaliste arabe et des soldats, entraînés par Israël, furent impliqués pour combattre les forces de libération. Israël envoya également des milices au Salvador, au Sri Lanka, en Colombie… En fait, partout où les Etats-Unis sont impliqués, Israël était ou est impliqué.
La seconde raison est l’enjeu de Jérusalem en tant que ville sainte. C’est la seconde ville en ordre d’importance pour l’Islam. La question mobilise donc tous les musulmans à travers le monde. Jérusalem est aussi très importante pour les chrétiens palestiniens. Israël ne l’abandonnera pas. Ce serait considéré comme une victoire pour les Palestiniens et l’Islam. De plus, située sur la frontière entre Israël et la Cisjordanie, Jérusalem occupe une position stratégique dans la politique d’expansion israélienne. En fait, il faut savoir que cet Etat n’a pas de frontières bien définies. Il n’a même pas de constitution ! Israël a donc les coudées franches pour continuer à s’étendre.


En massacrant aussi sauvagement à Gaza, quel message Israël veut-il faire passer ?

Le message est : « Israël sera toujours là, même avec l’arme nucléaire. Il peut vous imposer ce qu’il veut ».

Et ça marchera ?

Non, parce que de l’autre côté il y a des combattants qui n’ont plus rien à perdre et qui sont prêts à se sacrifier, chose que l’on ne trouvera pas dans les rangs de Tsahal. Avec son attaque, Israël n’a rien obtenu sur le fond. Tout du contraire, le Hamas va ressortir renforcé de ce conflit. Même en Cisjordanie, les gens disent que s’il y avait des élections, ils voteraient pour ce parti. En fait, ceux qui résistent gagnent toujours.



Source : http://www.michelcollon.info

mardi 10 février 2009

Le statut de la raison dans le Coran et la Sunna

bismi_lah


Le statut de la raison dans le Coran et la Sunna


… Nous abordons maintenant la question de la raison dans la Tradition (Hadîth) du Prophète (saws) et des Imâms (as), car cette Tradition élargit les perspectives ouvertes par le Coran et mettent l’accent sur les particularités de la raison et son dynamisme dans la vie de l’homme. Cela nous conduit à une conclusion définitive, à savoir que la raison est le fondement de la totalité de l’Islam. L’homme est raison dans la mesure où celle-ci représente, de par son essence, le sens de l’homme. L’Islam est raison puisqu'Allah, à Lui la Grandeur et la Gloire, l’a décrétée dans ses Livres et l’a inspirée à Son Prophète (saws) dans tous ses concepts et ses lois, à partir de la rationalité de l’Islam qui doit être comprise par les hommes. Comment se présente la raison dans le Coran ?                 

 

Les usages coraniques de la notion de raison

Il convient ici de donner une idée claire du mot ou du terme « raison ». Ce terme s’utilise dans divers contextes. Pour les moralistes, ce terme signifie l’instinct qui est à l’intérieur de l’homme. Si nous remplaçons cette expression par une autre, on peut dire que la raison est l’énergie emmagasinée dans l’essence de l’homme et qui permet à l’homme de s’approprier, dans ses contemplations et dans tout ce qui l’entoure, un dynamisme qui produit l’idée et la comprend. C’est en cela que consiste la différence entre l’homme et l’animal. L’homme possède cette énergie sacrée -comme le disent certains penseurs- qui lui permet de s’ouvrir à la vie toute entière, à la réalité toute entière et à l’univers tout entier, dans un processus d’inspiration et de génération.

La raison s’inspire de ce qu’elle voit, de ce qu’elle entend et de ce qu’elle sent. En même temps, elle en produit l’idée, alors que l’animal ne possède pas cette capacité. Les images peuvent s’imprimer dans la tête de l’animal. Il peut agir suite à l’entraînement, mais il ne peut pas produire une pensée ou s’approprier une idée par inspiration. Tout ce qu’il possède est un instinct figé en-soi, mais qui se meut dans la mesure où les autres le mettent en mouvement dans un cadre particulier. Voilà ce qui est l’origine ou le fondement du terme « raison ». Mais le terme peut être utilisé pour désigner les idées évidentes ou nécessaires qui sont accessibles même à l’enfant pourvu de discernement, comme lorsqu’on dit que le « tout » est plus grand que la partie, que la chose au nombre de ‘un’ est différente de la chose au nombre de ‘deux’, ou que la chose au nombre de ‘un’ ne peut pas se trouver dans deux endroits différents.

Ainsi naît la question des ‘intelligibles’ qui sont considérés comme étant les fondements de la pensée, comme les propositions : ‘les deux contraires ne se réunissent pas’, ou ‘les deux contraires ne se réunissent pas au niveau d’un seul et même objet et d’un seul et même moment’, parmi d’autres propositions nécessaires dont parlent les logiciens et les philosophes. Le terme ‘raison’ peut être utilisé pour désigner aussi cette science qui est accessible à l’être humain vivant dès ses premiers contacts avec la réalité ambiante. Il s’utilise aussi pour désigner les expériences et les connaissances de l’homme. Nous savons, en effet que l’expérience est l’une des sources de la connaissance. Cela a été découvert par l’homme et les savants musulmans ont eu le privilège de le transporter en Occident qui l’a utilisé pour faire progresser son propre mouvement scientifique qui était basé sur les philosophies contemplatives précédentes. L’Occident a ainsi pu réactiver l’expérience et s’en inspirer pour découvrir les secrets des choses, les secrets de la vie et les secrets de l’homme.                 

Le progrès réalisé par l’Occident est, peut-être, le fruit de l’union de l’expérience et de la contemplation, union qui a donné naissance à la raison expérimentale, car plus il expérimente, l’homme devient plus conscient et plus capable de connaître les choses par son intelligence. L’expérience fournit l’idée à l’homme ainsi que le fondement réel de l’idée. Il existe à ce propos un adage populaire qui dit : « Renseigne-toi auprès d’une personne expérimentée et ne te renseigne pas auprès d’une personne sage », du fait que l’homme qui vit l’expérience tient l’idée à partir de ses fondements, alors que la personne sage est la personne cultivée et instruite tiennent l’idée à partir des expériences des autres. On peut nuancer l’idée sous-tendue par cet adage populaire à l’aide de l’exemple suivant : Si nous prenons une personne qui vient d’avoir son diplôme d’architecte et un maçon qui pratique son travail en tant que tel depuis vingt ans, nous constatons que celui-ci connaît mieux la terre et la construction sur cette terre que l’architecte qui a tenu l’idée à partir des personnes du même genre que le moisson, alors que notre maçon a lui-même vécu l’expérience et il est dans son pouvoir d’approfondir l’expérience de celui qui a étudié l’art architectural… Il en est de même dans le domaine de l’agriculture où l’agriculteur qui passe 30 ou 40 ans à cultiver la terre possède plus d’expérience qu’un diplômé de la faculté d’agriculture. La raison expérimentale est donc la raison de l’homme et on a dit que les expériences sont une raison nouvelle en plus ou une raison en continuation.

Le quatrième sens qu’on donne au terme ‘raison’ se représente dans la raison pratique. L’homme s’affirme en tant qu’homme lorsqu’il vit cette raison à travers la contemplation et l’expérience, ce qui lui permet de distinguer le vrai et le faux, le beau et le laid. Après cela vient le rôle de la dimension pratique qui conduit l’esprit à appliquer ce dont il a eu connaissance. La personne sage est celle qui, constatant qu’une chose est mauvaise, l’évite, et constatant qu’une chose est bonne la recherche. Une telle personne est considérée comme appartenant à la catégorie des personnes sages. Quant à la personne qui sait qu’une chose est mauvaise sans que cela ne l’empêche de l’éviter, elle le fait parce qu’elle se laisse conduire par ses désirs et ses passions et, de ce fait, elle n’est pas considérée comme appartenant à la catégorie des personnes sages, même si elle connaît les choses par sa pensée. Cette personne ne se conduit pas rationnellement au niveau de son action et de ses comportements.

Le premier fondement de cette classification repose sur la création de l’homme par Allah, à Lui la Grandeur et la Gloire, qui a déposé en lui les potentialités qui tendent à se développer, à progresser, à se mouvoir et à produire. En se conduisant, l’homme se conduit à partir de la lecture qu’il fait des autres et à partir des lectures que les autres ont en fondé la pensée, à travers leurs expériences, ou à travers la volonté spontanée dirigée par la raison de l’homme dans le sens de sa vie.

                   

La raison, une énergie qui englobe la vie

Tout ce mouvement trouve son origine dans l’énergie de la raison, car cette énergie n’est pas une énergie fermée, mais une énergie ouverte à la contemplation et à l’expérience, et ouverte également à la dimension pratique. La raison représente une énergie dynamique qui englobe toute la réalité de l’homme. A la lumière de tout cela, je considère que la raison est l’argument de Allah auprès de ses serviteurs. Allah argue à partir de cette énergie rationnelle qu’Il a déposée dans l’existence des serviteurs. Certains se posent des questions au sujet de ceux qui n’ont pas reçu un révélation divine, comme c’est le cas de ceux qui vivent dans les régions primitives et inconnues du monde et qui n’ont pas reçu la culture ou les religions ou l’Appel : Comment ces gens-là qu’on classe dans la catégorie des ignorants, des faillibles ou des inconscients, seront-ils jugés par Allah ? Comment les juger et leur demander de rendre des comptes parce qu’ils n’ont pas adhéré à l’Islam, alors qu’ils ne possèdent pas les moyens de l’enseignement et de l’Appel. Certains répondent en disant qu'Allah les juge à partir de ce que leurs raisons saisissent. Il y a dans la raison quelque chose qui brille, qui rayonne et qui éclaire, pour l’homme, une idée déterminée qui rencontre certains éléments de la doctrine comme, par exemple, la croyance à l’unicité divine qui est ((La prime nature selon laquelle Allah a instauré les humains)) (Coran XXX, 30). Allah punit donc l’homme, ou le récompense selon ce qu’il saisit grâce à sa raison parmi les choses qu’il ne peut pas connaître par les moyens dont disposent les humains qui vivent dans d’autres régions. La raison est donc le fondement et nous verrons, si Allah le veut, dans les textes auxquelles nous nous référerons, qu'Allah récompense l’homme selon sa raison et punit l’homme selon sa raison. Mais il est à savoir que la quantité de la récompense ou de la punition n’est pas équivalente à la taille de l’action, mais à la taille de la conscience qu’on a de l’action.

                   

La raison est le fondement de la connaissance et de la doctrine         

D’où nous disons que la raison est ce qui gère toutes les affaires de l’homme. C’est par la raison que nous prouvons l’existence d'Allah. C’est par la raison que nous saisissons la prophétie du Prophète (saws) à travers les preuves qu’il met à la disposition de notre pensée. Même la question de l’imâmat, quant à la nature de sa nécessité, est saisissable par la raison, même si la détermination de la personne de l’Imâm se fait par référence au Texte. C’est aussi par la raison que nous saisissons l’Invisible (gheyb), car la raison ne saisit pas les choses à travers leurs seuls aspects sensibles, mais aussi à travers la possibilité et l’impossibilité. Elle analyse les choses pour aboutir à des conclusions comme ‘le polythéisme est faux’ du fait que cette proposition est impliquée par des preuves. Si l’on pose la question : « le Paradis et l’Enfer existent-ils ? » ou « l’Autre monde existe-t-il ou non ? », la raison nous répond tout d’abord que l’Autre monde est possible, puis elle examine les preuves pour aboutir à la conclusion pour laquelle l’Autre monde est ce qui justifie l’existence de la responsabilité dans le système humain créé par Allah, chose qui peut nous être suggérée par le Noble Verset qui dit : ((Pensez-vous que Nous vous ayons créés en pure gratuité, et que de vous-mêmes il ne Nous fût pas fait retour ?)) (Coran XXIII, 115), la gratuité étant impossible s’agissant de Allah, le Très-Haut.      

Nous pensons également que les savants contemporains ne disent pas d’ordinaire de la chose qui fait l’objet de leur recherche qu’elle est impossible. Ils disent plutôt qu’elle est possible, mais qu’il faut chercher pour savoir si le possible est ou n’est pas réel. C’est pour cette raison qu’ils ont évolué. Ibn Sînâ (Avicenne) a dit à ce propos : « Laisse tout ce que tu entends dans le coin de la possibilité jusqu’au moment où il te sera prouvé par l’argument clair ». Toute chose est donc possible, mais s’il nous est péremptoirement prouvé qu’elle est, sous un aspect ou un autre, impossible, nous disons alors qu’elle est impossible. Mais la coutume en vigueur dans nos sociétés en Orient veut que nous disions que cette chose est intelligible ou inintelligible, au point que certains intellectuels te disent lorsque tu leur parles des djinns, que c’est inintelligible. Lorsque tu leur parles de l’Autre monde, ils te disent que c’est inintelligible et mettent cela dans le rang des légendes. Mais nous savons que l’homme dit d’une chose qu’elle est inintelligible rien que parce qu’elle ne lui est pas familière. Cependant la différence est très grande, pour une chose, entre le fait de ne pas être familière et le fait de ne pas être intelligible.      

Nous disons donc à ce propos qu’il n’est pas familier pour les hommes dans notre vie de côtoyer les djinns, mais qu’il est rationnellement possible que des créatures s’appelant ‘djinns’ ou d’autres créatures existent bel et bien. L’homme a maintenant découvert beaucoup de microbes invisibles à l’œil nu et beaucoup de choses dont nous ne sentions pas l’existence.

             

La méthode rationnelle, une voie qui permet d’évoluer                

C’est cette méthode de réflexion qui fait évoluer la pensée et élever la raison, car la raison peut élever l’homme aux plus hauts degrés. Lorsque tu te poses une question et tu l’abordes par la contemplation ou par l’expérience, tu te mets à chercher des conclusions prévues ou imprévues. Mais si tu commences par donner des réponses préétablies en disant que c’est inintelligible, il est alors normal que tu te figes et que tu te retrouves dans une situation ne te permettant pas de faire évoluer ta réalité. Cela peut se refléter non seulement au niveau de l’aspect en relation avec la connaissance ou la science, mais aussi au niveau de toutes les dimensions sociales et politiques aussi bien que même au niveau personnel et pratique. Tu as maintenant des aspirations ou des ambitions données et tu en parles. D’autres te disent qu’elles sont impossibles ou inintelligibles et, toi-même, tu ne t’es même pas posé la question de savoir si c’est possible ou impossible.

Cela arrive souvent dans les affaires politiques pour conduire à la sclérose de peuples entiers suite à ce genre de réflexion pour lequel telle ou telle réalité est impossible à changer dans la mesure où l’homme ne s’investit pas dans des affaires impossibles. Cela est présent aussi sur le plan social. Beaucoup de problèmes sont responsables du retard de nos sociétés, comme les mentalités tribales, certaines traditions sociales fondées sur des légendes et certaines autres traditions religieuses fondées sur des mythes. La sclérose a continué d’exister à cause de ces idées préétablies pour lesquelles rien n’est utile ou personne n’accepterait le changement. Les idées préétablies pour lesquelles telles ou telles choses sont impossibles sont responsables de la sclérose de la raison dans beaucoup de régions en Orient et même dans les régions musulmanes.

Pour tout cela, nous disons qu’il nous est indispensable de faire évoluer cette question de la raison, pour faire en sorte que notre culture soit fondée sur la raison à la maison et à l’école, dans le commerce et dans l’économie, dans la politique et au niveau des instances scientifiques. Nous devons agir pour que la raison soit elle-même la culture.

                

La mentalité fondée sur l’Invisible

Nous trouvons dans ce domaine certaines idées pour lesquelles la raison n’a aucune valeur en comparaison avec la Loi, ou que la raison n’a pas de valeur du point de vue de la religion, en général, ou de l’Islam, en particulier. Ces idées semblent vouloir dire que la raison c’est renier l’Invisible qui est le fondement même de la religion. Mais ces idées prouvent qu’elles ne sont pas assez conscientes de la question de la raison en Islam. En ce qui concerne la question de l’Invisible, la raison nous dit que tout ce dont parlent les religions comme l’existence d’un monde autre que le nôtre, comme le Paradis et l’Enfer, comme le châtiment et la récompense, est possible. La raison affirme la possibilité de l’existence de l’Invisible. Quant à la présence effective des réalités Invisibles dans la conscience, elle est en relation avec l’expérience personnelle et nous la connaissons seulement à travers les déclarations de la personnes impliquée qui est la seule à pouvoir nous donner une idée nous permettant de constater sa sincérité.

Mais il est vrai qu’une autre mentalité existe bel et bien et, de plus, elle est devenue active ou influente. Ses tenants tentent de tout expliquer par l’Invisible et répondent à toute question qu’ils croient à l’Invisible. Il est vrai que nous aussi, nous croyons à l’Invisible. Mais Allah, à Lui la grandeur et la Gloire, n’a pas fondé le système de l’univers et de l’homme sur l’Invisible. Tout phénomène parmi ceux de l’univers est régi par des lois que l’homme est capable de les  découvrir. De même, tout phénomène humain est soumis à une loi que l’homme est en mesure de découvrir. Allah, à Lui la grandeur et la Gloire, n’a donc pas soumis toutes les dimensions de la vie sur l’Invisible. Il existe en effet un Invisible qu'Allah le garde inconnu même par les prophètes (que la paix soit sur eux), et cela est exprimé par l’allocution du prophète Nûh (Noé) (as) dans le Noble verset qui dit : ((Je ne me vante pas auprès de vous de détenir les trésors de Dieu. Je n’ai de l’Invisible nulle connaissance)) (Coran XI, 31). Et il y a un Invisible qu'Allah, le Très-Haut, livre aux prophètes (p) selon le besoin qu’ils en ont pour la transmission de leurs messages, et cela est exprimé par la parole d'Allah dans le Noble Verset qui dit : ((Cela fait partie des histoires de l’Invisible que Nous te révélons)) (Coran XII, 102).

Il est donc faux de tout expliquer par l’Invisible. Si certaines personnes se voient atteintes d’une maladie comme l’épilepsie, nous est-il alors permis de l’expliquer à partir de l’Invisible ? Il en de même pour beaucoup d’affaires comme les victoires  et les défaites dans les guerres. On entend souvent dire qu’un homme monté sur un cheval blanc s’est présenté et qu’il a fait tel ou tel exploit guerrier. Il est vrai qu’un tel événement est arrivé à la bataille de Badr qui s’est déroulée entre les Musulmans et les Polythéistes. Allah, le Très-Haut, nous a parlé de cet événement Invisible et Il l’a permis pour empêcher les Polythéistes de supprimer l’Islam. Mais à la bataille de Uhud, les choses ont suivi l’ordre militaire. Les Musulmans ont été vainqueurs au début de la bataille parce qu’ils ont respecté les règles militaires pour défendre leurs positions. Mais ils ont été vaincus à la fin de la bataille parce qu’ils se sont détournés de ces règles militaires en laissant leurs positions sans défense. Allah, à Lui la grandeur et la Gloire, a révélé dans la Sourate ‘Âl ‘Imrân’ (la Famille de ‘Imrân) plusieurs Versets qui critiquent la conduite qui a causé la défaite des Musulmans. Nous disons que l’Invisible est vrai. La foi en l’Invisible fait partie de nos doctrines. Mais la foi en l’Invisible doit être fondée sur la règle de la raison qui reconnaît sa possibilité, et sur le texte véridique tel qu’il est révélé effectivement au Prophète (saws).


Source : http://francais.bayynat.org.lb/Doctrine/03032007.htm


samedi 7 février 2009

Le futur grand marché transatlantique

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Le futur grand marché transatlantique


Alors que les opinions publiques européennes s’esbaudissent devant le nouveau président des États-Unis, le fringant Barack Obama, le processus d’absorption de l’Union européenne dans l’espace économique et juridique états-unien se poursuit. Le sociologue Jean-Claude Paye observe la construction progressive de l’empire transatlantique et la volonté de ses promoteurs de marchandiser les libertés individuelles.

nato_flagsDans les pays membres de l’ancienne Union européenne, l’Europe des quinze, la question de la souveraineté extérieure est réglée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale . Généralement occupés par l’armée états-unienne et membres de l’OTAN, ces pays ont transféré leur prérogative régalienne, de faire la guerre et d’assurer leur défense, à l’exécutif états-unien. La phase actuelle des relations entre l’Union européenne et les États-Unis est spécifique. Elle consiste dans l’abandon de la souveraineté intérieure des pays membres de l’Europe des 27. Grâce à une hégémonie du droit des États-Unis sur le sol européen, l’exécutif US exerce un pouvoir direct sur les populations européennes. A travers de nombreux accords, cette souveraineté est légitimée par les institutions de l’Union.

L’instauration d’une souveraineté interne de l’exécutif états-unien sur les pays de l’ancien continent conduit à la formation d’une nouvelle forme d’État, à la mise en place d’une structure impériale sous direction américaine. Il s’agit d’une forme d’organisation stable qui diffère fortement de la situation antérieure. Dans le cas où les États-Unis disposaient de la seule souveraineté extérieure des pays européens, un retour en arrière partiel ou plus profond restait possible sans une révolution sociale, tel que l’atteste le retrait de la France, effectué par Charles De Gaule, du commandement de l’OTAN. Une telle tentative d’indépendance d’un pouvoir constitué européen ne serait plus envisageable, si les États-Unis exercent un contrôle direct sur les populations de l’ancien continent.

Un grand marché transatlantique à l’horizon 2015

Une résolution du Parlement européen de mai 2008 opère une légitimation du projet de création d’un grand marché transatlantique pour 2015 [1]. Elle prévoit l’élimination des barrières au commerce, d’ordre douanière, technique ou réglementaire, ainsi que la libéralisation des marchés publics, de la propriété intellectuelle et des investissements. L’accord prévoit une harmonisation progressive des réglementations et surtout la reconnaissance mutuelle des règles en vigueur des deux côtés de l’Atlantique. Dans les faits, c’est le droit états-unien qui s’appliquera.

Parallèlement aux négociations sur l’existence d’un grand marché, des discussions discrètes se sont développées afin de créer un espace commun de contrôle des populations. Un rapport secret, conçu par des experts de six États membres, a établit un projet de création d’une aire de coopération transatlantique en matière de « liberté de sécurité et de justice", d’ici 2014 [2]. Il s’agit de réorganiser les affaires intérieures et la Justice des États membres « en rapport avec les relations extérieures de l’Union européenne », c’est à dire essentiellement en fonction des relations avec les États-Unis.

Plus encore que le transfert des données personnelles et la collaboration des services de police, processus déjà largement réalisé, l’enjeu de la création d’un tel espace consiste dans la possibilité, à terme, de la remise des ressortissants de l’Union aux autorités états-uniennes. Rappelons que le mandat d’arrêt européen, qui résulte de la création d’un « espace de liberté, de sécurité et de Justice » entre les États membres, supprime toutes les garanties qu’offrait la procédure d’extradition. Le mandat d’arrêt repose sur le principe de reconnaissance mutuelle. Il considère, comme immédiatement conforme aux principes d’un État de droit, toutes les dispositions juridiques de l’État demandeur. L’installation d’une telle aire de coopération transatlantique ferait que l’ensemble de l’ordre de droit états-unien serait reconnu par les 27 et que les demandes US d’extradition seraient, après de simples contrôles de procédure, automatiquement satisfaites.

Or, aux États-Unis, le Military Commissions Act of 2006 [3] permet, de poursuivre ou d’emprisonner indéfiniment, toute personne désignée comme ennemi par le pouvoir exécutif. Cette loi concerne tout ressortissant d’un pays avec lequel les USA ne sont pas en guerre. On est poursuivi comme « ennemi combattant illégal » non pas sur des éléments de preuve, mais simplement parce qu’on est nommé comme tel par le pouvoir exécutif. Cette loi, de portée internationale, n’a été contestée par aucun gouvernement étranger.

Grand marché et contrôle des populations

Le parallélisme entre la libéralisation des échanges entre les deux continents et le contrôle états-unien des populations européennes existe durant les 13 années qu’a duré le processus de négociation. Ainsi, le 3 décembre 1995, au sommet USA-UE de Madrid, fût signé le « Nouvel Agenda Transatlantique » visant à promouvoir un grand marché transatlantique, ainsi qu’un plan d’action commun en matière de coopération policière et judiciaire.
Alors que les négociations en matière de coopération policière furent continues, les discussions visant à créer un grand marché connaîtront un point d’arrêt. Elles seront abandonnées en 1998. Il faudra attendre 2005 pour que le projet soit réactivé par une déclaration économique, adoptée lors du sommet US-UE de juin 2005.

Les progrès dans la création d’un marché transatlantique sont dûs à l’action d’un institut euro-américain, le Transatlantic Policy Network. Fondé en 1992 et réunissant des parlementaires européens, des membres du Congrès des États-Unis et d’entreprises privées, il appelle à la création d’un bloc euro-américain au niveaux politique, économique et militaire. Il est soutenu par de nombreux think tanks comme l’Aspen Institute, l’European-American Business Council, le Council on Foreign Relations, le German Marshall Fund ou la Brookings Institution. Il est alimenté financièrement par des multinationales américaines et européennes comme Boeing, Ford, Michelin, IBM, Microsoft, Daimler Chrysler, Pechiney, Michelin, Siemens, BASF, Deutsche Bank, Bertelsmann…

Un élément important de cet « espace de liberté, de sécurité et de justice », le transfert général des données personnelles est en train d’aboutir. Un rapport interne écrit conjointement par des négociateurs appartenant au Ministère de la Justice et au Département de la sécurité de la patrie côté américain et par le Coreper, un groupe de représentants permanents, en ce qui concerne l’Union Européenne, annonce un accord en ce sens pour 2009 [4].
Il s’agit de favoriser la remise de données d’ordre administratif et judiciaire, mais aussi relatives à la « défense du territoire ». Les négociateurs se sont déjà mis d’accord sur 12 points principaux. En fait, il s’agit de remettre, en permanence aux autorités américaines une série d’informations privées, telles le numéro de la carte de crédit, les détails des comptes bancaires, les investissements réalisés, les itinéraires de voyage ou les connexions internet, ainsi que des informations liées à la personne telle la « race », les opinions politiques, les mœurs, la religion...
Les États-uniens inscrivent leurs exigences dans le contexte économique. Pour eux, cet accord se présente comme « une grosse affaire, car cela va diminuer la totalité des coûts pour le gouvernement US dans l’obtention des informations de l’Union européenne. » .
L’enjeu n’est pas de pouvoir transmettre ces données aux autorités US, ce qui est déjà largement réalisé, mais de pouvoir légalement les remettre au secteur privé Il s’agit de supprimer tout obstacle légal à la diffusion des informations et de garantir des coûts les plus bas possibles. Il faut avant tout assurer la rentabilité du marché.

Primauté du droit états-unien

Les négociateurs européens ont abandonné leur propre légalité en ce qui concerne la nécessité d’un contrôle indépendant et ont accepté les critères américains. Ils admettent que le pouvoir exécutif se surveille lui-même en considérant que le système de contrôle interne du gouvernement US offrait des garanties suffisantes. Ils ont accepté que les données concernant la « race », la religion, les opinions politiques, la santé, la vie sexuelle, soient utilisées par un gouvernement à condition « que les lois domestiques fournissent des protections appropriées ». Chaque gouvernement pourrait décider lui-même s’il respecte ou non cette obligation.

Le processus qui conduit à l’installation d’un grand marché transatlantique est l’inverse de celui de la construction de l’Union européenne. Le marché commun européen est d’abord une structure économique basée sur la libéralisation des échanges de marchandises. Le grand marché transatlantique s’appuie sur la primauté du droit US. Il est d’abord une construction politique, même la création d’une Assemblée transatlantique est évoquée. L’exercice de la souveraineté des autorités états-uniennes sur les populations européennes et la légitimation de ce pouvoir par l’Union sont les conditions de la mise en place de nouveaux rapports de propriété et d’échange : transformer les données personnelles en marchandises et libérer ce grand marché de toute entrave.

         
     Jean-Claude Paye

Jean-Claude Paye est sociologue. Derniers ouvrages publiés : La Fin de l’État de droit, La Dispute 2004 ; Global War on Liberty, Telos Press 2007.


[1] Parlement européen, « Résolution du Parlement européen sur les relations transatlantiques », B6-0280/2008, le 28 mai 2008.

[2] Report of the Informel, Hight Level Advisory Group on the Future European Affairs Policy (Future group), « Freedom, Security, Privacy. European Home Affairs in a Open World », June 2008, p. 10, paragraph 50.

[3] S.390 Military Commissions Act of 2006.

[4] Council of the European Union, « Note from Presidency to Coreper, Final Report by EU-US Hight Level Contact Group on information sharing and privacy and personal protection », 9831/08, Brussels 28 mai 2008.


Source : http://www.voltairenet.org/article159047.html


mercredi 4 février 2009

Les châtiments de la tombe

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Les châtiments de la tombe


Extrait d'el Islam, Sou'ale Wa Jawab, du Cheikh Muhammad Saleh Munajjid, Chapitre 'Azab el Qabr Wa Na'imouha, 8829. Publié et mis en forme par Al-Mourabitoune.


 

Louange à Allah,

Le châtiment varie selon le péché commis ici-bas par celui qui le subit. Ceci est valable à la fois pour les infidèles et pour les désobéissants. Des hadith authentiques décrivent le châtiment infligé dans la tombe aux pécheurs. En voici quelques uns :

1/ Frappe à l'aide d'un marteau en fer.

D'après Anas le Prophète a dit : « Quand un fidèle serviteur est déposé dans sa tombe et que ses compagnons s'en vont et qu'il entend encore le bruit de leur souliers, deux anges se présentent à lui, le mettent assis et lui disent :

– « que dis-tu de cet homme Muhammad  ?

– « J'atteste qu'il est l'esclave d'Allah et Son Messager »

–« Regarde le siège qui t'était réservé en enfer. Allah te l'a remplacé par un siège au paradis ». Le Prophète a dit : « Il voit les deux sièges ». Quant à l'infidèle ou l'hypocrite, l'un et l'autre répondra :

– « Je ne sais pas. Je ne disais que ce que les gens disaient »

– « Puisses-tu ne rien savoir et ne rien lire ! Ensuite on lui assènera un coup de marteau entre les oreilles et il lancera un cri que ses voisins entendront à l'exception des hommes et des djinns » (rapporté par el-Boukhari, 1273)

2 à 7/ On installera une couche de feu au fond de sa tombe, l'habilla de feu, lui ouvrira une porte qui débouche sur l'enfer, rendra sa tombe étroite, le frappera avec un énorme marteau qui, d'un coup, pourrait réduire une montagne en poussière et on lui annoncera le châtiment qui l'attend dans l'Au-delà. C'est pourquoi il souhaitera que l'Heure ne vienne pas.

Selon Ahmad et Abou Daoud  El-Baraa ibn Azib a dit : « Nous sortîmes avec le Messager d'Allah pour accompagner la dépouille mortelle d'un homme issu des Ansar à sa dernière demeure. Nous arrivâmes à la tombe avant qu'elle ne fût complètement creusée et nous nous installâmes avec le Messager autour de la tombe, dans un silence tel qu'on dirait que des oiseaux perchaient sur nos têtes. A ce moment, le Prophète tenait un bout de bois et perçait le sol avec. Et puis il éleva sa tête et dit : implorez la protection d'Allah  contre le châtiment infligé dans la tombe (il le dit trois fois ou deux ) Puis il poursuivit : « quand un fidèle serviteur quitte ce monde pour l'Au-delà, il lui vient depuis le ciel des anges blancs dont le visage est aussi radieux que le soleil. Ils s'installeront à vue d'œil de lui et seront munis de linceuls et du parfum paradisiaques. C'est alors que l'ange de la mort viendra s'asseoir près de sa tête et lui dira : ô bonne âme ! Sors pour jouir du pardon et de la miséricorde divine. Elle sortira en coulant comme une goutte d'eau qui échappe de la bouche d'un outre. Quand l'ange de la mort recevra l'âme, les autres anges s'en saisiront tout de suite et la mettront dans le linceul et la baigneront dans le parfum et elle en recevra la meilleure odeur de musc sur terre. Les anges remonteront porteurs de cette âme, et chaque fois qu'ils passeront auprès d'un groupe d'ange, ceux-ci diront : « quelle est cette bonne âme ? » - Ils répondront : c'est celle d'Un tel fis d'Un tel en employant les meilleurs noms que le défunt avait dans sa vie d'ici-bas. Arrivés au ciel le plus bas, on en sollicitera l'ouverture qui sera obtenue sitôt demandée. Au niveau de chaque ciel l'âme sera accueillie par les meilleurs et accompagnée jusqu'au ciel suivant ; et ce jusqu'à son arrivée au septième ciel. C'est alors qu'Allah dira : « Placez les écritures concernant mon serviteur dans les plus hautes sphères du septième ciel. Puis ramenez-le à la terre puisque c'est à partir d'elle que j'ai créé mes serviteurs et c'est en elle que je les retournerai et c'est à partir d'elle que Je les ressusciterai. Et puis son âme sera ramenée à son corps, et deux anges se présenteront à lui et le mettront debout et lui diront,

- « Qui est ton Maître »

- « Allah est mon Maître »

- « Quelle est ta religion ? »

- « L'Islam est ma religion »

- « Qu'en est-il de cet homme qui vous a été envoyé ? »

- « Il est le Messager d'Allah »

- « Comment l'avez-vous su ? »

- « J'ai lu le livre d'Allah et y ai adhéré et cru en lui »

Une clameur dira depuis le ciel : « Mon serviteur a dit vrai. Préparez-lui un lit et des vêtements au paradis. Ouvrez-lui une porte débouchant sur le paradis de sorte qu'il pourra en recevoir l'avant-goût et la fraîcheur. On lui élargira sa tombe l'espace d'une vue d'œil, et un homme se présentera à lui pour lui dire ceci : « sois rassuré que ce jour est celui qui t'était promis. »

- « Qui es-tu puisque ton visage présage du bien ? ! »

- « Je suis ta bonne œuvre ! »

- « Maître, fais venir l'Heure pour que je puisse rejoindre ma famille et mes biens »

Quand un serviteur infidèle quitte la vie d'ici-bas pour l'Au-delà, lui viendront du ciel des anges noirs munis de serviettes dures et ils s'installeront à vue d'œil de lui. Puis l'ange de la mort viendra s'asseoir près de sa tête et dira : « ô âme mauvaise ! Sors pour faire l'objet de la colère d'Allah et Son dépit. L'âme se dispersera alors dans son corps. Mais on l'en extraira de manière à déchirer les veines comme une brosse en fer que l'on retire de la laine mouillée. L'ange de la mort la prendra. Et les autres anges s'en saisiront tout de suite et l'envelopperont dans leurs serviettes dures dont se dégagera l'odeur la plus nauséabonde sur terre. Ils remonteront avec cette âme et, chaque fois qu'ils passeront près d'un groupe d'anges ceux-ci diront :

- « Quelle est cette mauvaise âme ? »

- « C'est Un tel fils d'Un tel » en employant les plus désagréables noms dont on l'appelait ici-bas. Et, ce jusqu'à ce qu'ils arrivent au ciel le plus bas. Puis ils en demanderont l'ouverture mais ne l'obtiendront pas. Là, le Prophète récita le verset : Pour ceux qui traitent de mensonges Nos enseignements et qui s' en écartent par orgueil, les portes du ciel ne leur seront pas ouvertes...[Sourate Al-'A`râf 7:40]… Allah dira : mettez les écritures concernant mon serviteur dans un registre placé dans la plus basse couche de la terre. Puis ramenez-le sur terre puisque c'est à partir d'elle que J'ai créé les humains et c'est en elle que Je les retournerai et c'est d'elle que je les ressusciterai. Son âme sera jetée alors. Selon le rapporteur, le Prophète récita ce verset : .. quiconque associe à Allah, c' est comme s' il tombait du haut du ciel et que les oiseaux le happaient, ou que le vent le précipitait dans un abîme très profond[Sourate Al-Hajj 22:31]. Il (le Prophète ) poursuit : « c'est alors que l'âme du défunt sera ramenée à son corps et les anges l'interrogeront en ces termes :

- « Qui est ton Maître ? »

- « Eh bien, eh bien. Je ne sais pas »

- « Quelle est ta religion ? »

- « Eh bien eh bien. Je ne sais pas. »

Une clameur dira depuis le ciel : préparez-lui un lit et des vêtements en enfer. Ouvrez-lui une porte débouchant sur l'enfer. Chaleur et vent brûlant lui viendront de là et sa tombe sera rétrécie de sorte que ses côtes se croiseront. Puis un homme au visage désagréable, aux vêtements désagréables et à l'odeur nauséabonde lui dira : « Sois assuré que ce jour est le mauvais jour qui t'était promis ».

- « Qui es-tu puisque ton visage présage du mal ? »

- « Je suis ta mauvaise œuvre »

« Maître, ne fais pas venir l'Heure »

(rapporté par Abou Dawoud, 4753 et par Ahmad (18063), auteur de la présente version déclarée authentique par al-Albani dans Sahih al-Djami, 1676).

8/ Effondrement du sol.

D'après Ibn Omar le Prophète a dit : « Tandis qu'un homme traînait son pagne en signe d'orgueil, il fut englouti par la terre et il ne cessera de s'y dégringoler jusqu'au jour de la Résurrection » (rapporté par al-Boukhari, 5343 et par Mouslim, 3894).

Le terme « Yatadjaldjatou » signifie s'enfoncer sans cesse.

9/ Déchirer les deux coins de la bouche jusqu'à la nuque.

10/ Ecraser la tête avec des pierres.

11/ Brûler dans un fourneau

12/ Nager dans un fleuve de sang tout en recevant de jets de pierre.

D'après al-Boukhari (1386) et (7047) Samoura…

D'après Samoura Ibn Djundoub , le Messager d'Allah disait souvent à ses compagnons : « Y-a-t-il parmi vous quelqu'un qui aurait fait un rêve ? » - Celui qui en avait fait lui racontait ce qu'il pouvait lui raconter.

Un matin, il dit : « Deux personnes se sont présentées à moi hier (en rêve) et m'ont invité à me lever et à les suivre. Je suis parti avec elles. Ensuite nous avons découvert un homme couché alors qu'un autre se tenait à ses côtés une grosse pierre à la main. Et puis, subitement, il lui a asséné un coup à la tête. Celle-ci a éclaté et la pierre s'est transformée en morceau et les différents fragments ont roulé çà et là. L'homme poursuivait les fragments et chaque foi qu'il en saisissait un, la tête fracturée reprenait sa forme normale et l'homme la frappait de nouveau avec un fragment… Le Prophète dit : « Je leur ai dit : « Gloire à Allah ! Qui sont ces deux hommes ? » Ils m'ont dit : « Avance ».

Nous avons tous avancé jusqu'au moment où nous sommes arrivés auprès d'un homme couché sur le dos alors qu'un autre homme se tenait auprès de lui un crochet en fer à la main. Subitement, il a tranché son visage en deux morceaux ; il le découpait du coin de la bouche à la nuque, du nez (narines) à la nuque et des yeux à la nuque » - Abou Radja, le rapporteur a utilisé le terme yashouqqa. Et puis il le retournait et faisait de l'autre côté ce qu'il a fait du premier. Mais dès qu'il terminait un côté, celui-ci reprenait sa forme normal puis il reprenait l'opération comme au départ. J'ai dit alors : « Gloire à Allah ! Qui sont ces deux personnes ? – Ils m'ont dit : avance.

Nous avons avancé jusqu'au moment où nous sommes arrivés auprès de quelque chose qui ressemble à un four. – Il semble que le Prophète a dit que des voies confuses s'en dégageaient. Nous y avons jeté un regard et découvert qu'il y a avait des hommes et des femmes nues au-dessous desquels des flammes jaillissaient. Quand les flammes les atteignaient , ils criaient . Je leur ai dit : « qui sont ces gens-là ? » Ils m'ont dit : « avance ».

Nous avons avancé jusqu'au moment où nous sommes arrivés aux bords d'une rivière – je crois qu'il a dit : rouge comme du sang. A notre surprise, nous avons découvert qu'un homme y nageait tandis qu'un autre sur la rive avait ramassé beaucoup de pierres. Le nageur continuait à nager et l'autre qui avait ramassé des pierres venait vers lui et le nageur lui ouvrait sa bouche et l'autre y introduisait des pierres. Je leur ai dit : « Qui sont ces gens-là ? ». Ils m'ont dit : « avance ».

Nous avons avancé jusqu'au moment où nous sommes arrivés auprès d'un homme d'une apparence si désagréable qu'on a rarement vu quelqu'un comme lui. Il y avait auprès de lui un feu qu'il alimentait et tournait autour de lui. Je leur ai dit : « qu'est-ce que c'est ? ». Ils m'ont dit : « avance ».

Nous avons avancé jusqu'au moment où nous sommes arrivés dans un jardin florissant qui comportait toutes les couleurs du printemps. Près du jardin, se tenait un homme longiligne au point que sa tête se perdait dans le ciel. A côté de l'homme il y avait le plus important regroupement d'enfants que j'avais jamais vu. Je leur ai dit : « qui sont ces gens-là ? » Ils m'ont dit : « avance ».

Nous avons avancé jusqu'au moment où nous sommes arrivés à un jardin dont je n'avais vu un de plus grand ni de plus beau. Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) dit : « Ils m'ont dit : « entre » nous y sommes entrés et avons débouché sur une cité bâtie avec des briques en or et d'autres en argent. Nous nous sommes dirigés vers la porte de la cité pour qu' elle nous soit ouverte. Ce qui a été fait. Nous y sommes restés et des hommes à moitié d'une beauté que vous n'avez jamais vue et à moitié d'une laideur que vous n'avez jamais vue sont venus à notre rencontre. Il (le Prophète) poursuit : « Ils leur ont dit : « allez vous jeter dans la rivière que voilà. A cet instant, une rivière d'une blancheur pure fait son apparition. Ils sont allés s'y jeter. Et puis ils sont revenus vers nous débarrassés de la laideur susmentionnée et devenus les plus beaux. Il poursuit : ils m'ont dit : ceci est le paradis Eden et voici votre place. Il (le Prophète) dit : j'ai levé le regard vers le haut et découvert à ma grande surprise une maison blanche. Il dit : « Je leur ai dit : « Puisse Allah vous bénir ! Laissez moi l'occuper » Ils ont dit : « Tu n'y entres pas maintenant ». Il dit : « Je leur ai dit : « J'ai vu depuis hier des choses étonnantes ». Qu'est-ce que c'est ?- Ils ont dit : « Nous allons vous en informer :

Quant au premier que tu as découvert alors qu'on lui écrasait la tête avec des pierres, il s'agit de l'homme qui apprend le Coran mais le rejette (pratiquement) et s'endort de façon à rater les prières prescrites. Quant à l'homme que vous avez vu découpé en des tranches allant de sa nuque à ses narines et de ses yeux à sa nuque, il s'agit de l'homme qui quitte sa maison le matin et se livre à des mensonges diffusés en toutes directions. Quant aux hommes et femmes nus que vous avez vus dans l'édifice en forme de four, ils sont les adultères et les adultérines – Quant à l'homme que vous avez vu nager dans la rivière et recevoir des pierres à la bouche, il est celui qui se nourrit de l'usure.

Le terme kaloub désigne un fer à l'extrémité courbée.

Le terme shadq signifie le coin de la bouche

Le terme yashdoukhou signifie : blesser

Le terme toudahdihouhou signifie : il le fait glisser.

Al-Hafiz Ibn Hadjar adit que le hadith indique que certains pécheurs seront châtiés pendant le barzakh (période entre la mort de la résurrection) . Fateh al-Bari, 12/445).

12/ Le bétail volé brûlera sur le voleur

Al-Boukhari (4234) et Moulim (115) ont rapporté qu'Abou Hourayra a dit : « Nous sortîmes avec le Prophète pour nous rendre à Khaybar… Allah nous permit de la conquérir. Nous n'y trouvâmes ni or ni argent, mais nous nous emparâmes de bagages, de denrées et de vêtements. Et nous nous dirigeâmes vers la vallée. Le Messager d'Allah fut alors accompagné d'un de ses esclaves du nom de Rifa'a ibn Zayd. Quand nous nous installâmes dans la vallée, l'esclave du Messager d'Allah se mit à défaire la selle de la monture du Messager quand il fut atteint d'une flèche mortelle. Nous dîmes : quel heureux martyr, ô Messager d'Allah !

– « Pas du tout, au nom de Celui qui tient l'âme de Muhammad en Sa main ! Le tissu se transforme en feu et le brûle ; il le préleva du butin pris lors de la conquête de Kharbay avant la répartition du butin ». Dit le Prophète .

Les gens furent pris de panique et un homme apporta une courroie de chaussure ou deux et dit : « ô Messager d'Allah ! Je les ai ramassées à Khaybar »

- « Une courroie ou deux courroies de feu » Dit le Messager d'Allah .

13/ A côté de ce châtiment physique, il y aura un châtiment moral (psychologique) puisque on montrera à l'infidèle gisant dans sa tombe la place qu'il aurait occupé au paradis s'il avait obéi à Allah, ce qui lui inspirera davantage de remords et de souffrance car il réalise l'importance du bienfait qui lui a échappé.

Ahmad (10577) a rapporté qu'Abou Said al-Khoudri a dit : « J'ai assisté à un enterrement en compagnie du Messager d'Allah et il a dit : « ô gens ! Les membres de cette Umma subiront une épreuve dans leurs tombes. Quand un homme est enterré et que ses compagnons l'ont quitté, un ange se présente à lui un marteau à la main et le met assis et lui dit :

- « que disais-tu de cet homme (Muhammad) ? Si le mort était croyant, il dirait :

- « j'atteste qu'il n'y a pas de divinité en dehors d'Allah et que Muhammad est Son esclave et messager. » Il lui dit :

- « Tu as dit vrai ».

Et puis on lui ouvre une porte qui débouche sur l'enfer et lui dit : voilà la place que tu occuperais si tu n'avais pas cru en ton Maître. Maintenant que tu as cru en Lui, voici ta place au paradis et on lui ouvre une porte qui débouche sur le paradis. Il voudra se lever pour y aller, mais on lui dira : calme-toi. Et puis on élargira sa tombe. S'il est mécréant ou hypocrite l'ange lui dira :

- « que disais-tu de cet homme ? »

Il dira

- « Je ne sais pas ; j'ai entendu les gens dire des choses … » L'ange lui dira :

- Puisses-tu ne jamais rien savoir, ne rien lire et ne pas bénéficier de la guidance ! »

Et puis on lui ouvrira une porte qui débouche sur le paradis et lui dira : « voici la place que tu occuperais si tu avais cru en ton Maître. Maintenant que tu n'as pas cru en Lui, Allah, le Puissant et Majestueux te l'a remplacé par celui-ci et on lui ouvrira une porte qui débouche sur l'enfer puis on lui assènera un coup de marteau qu'entendra toutes les créatures d'Allah, exception faite des hommes et des djinns…

Certaines personnes dirent : « ô Messager d'Allah ! Personne ne voit un ange tenant un marteau à la main sans être paniqué !… Le Messager d'Allah a dit : « Allah raffermira ceux qui auront cru grâce à la parole stabilisante » (vérifié par el-Albani dans : Tahqiq Kitab es-Sunna d'Ibn Assim (865).

Voilà une partie des différents types de châtiments réservés dans la tombe à certains désobéissants.

Nous demandons à Allah, le Très Haut de nous protéger contre le châtiment de la tombe.


Source : http://www.ribaat.org/index.php?a=news&pg=2119


dimanche 1 février 2009

Introduction aux sciences du droit et aux fondements du droit

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Introduction aux sciences du droit et aux fondements du droit


1. DÉFINITIONS 

Les oulémas, toutes écoles juridiques confondues, s'accordent à dire que les prescriptions de la charia (ou Loi islamique) déterminent les moindres actes et propos de l'homme, qu'il s'agisse de la pratique du culte, des échanges, des affaires criminelles, du statut personnel ou de n'importe quel genre de contrat ou de comportement. Certaines de ces prescriptions sont clairement définies par les textes du Coran et de la Sunna ; d'autres ne sont pas expressément mentionnées par ces deux sources, mais la charia fournit des preuves et des indices au moyen desquels le spécialiste de l'interprétation juridique (mujtahid) peut systématiquement y accéder et les appréhender. L'ensemble des prescriptions de la Loi islamique portant sur les actes et propos de l'homme, qu'elles soient directement issues des textes du Coran et de la Sunna ou déduites à partir des autres preuves légales à défaut de textes, constitue le droit (fiqh).

Le droit se définit ainsi, dans la terminologie juridique islamique, comme étant la science qui traite des prescriptions légales pratiques émanant de la somme de leurs arguments, ou comme l'ensemble des prescriptions légales pratiques issues de la somme de leurs arguments. En procédant par induction, les oulémas en sont arrivés à la conclusion que les arguments dont sont issues les prescriptions légales pratiques se ramènent à quatre (4) : le Coran, la Sunna, le consensus (idjma') et le raisonnement par analogie (qiyâs), la base de ces arguments et la première source de loi étant le Coran, puis la Sunna qui le définit et le complète en en expliquant ce qui est indéterminé, en spécifiant ce qui est général et en restreignant ce qui est absolu.

C'est pourquoi ils en ont étudié chacun de ces arguments en démontrant en quoi il constitue pour les hommes une autorité en matière de législation et une source de loi dont les prescriptions s'imposent à tous.

C'est pour cela aussi qu'ils ont analysé les modalités d'argumentation, les catégories globales et ce que chacune de celle-ci indique comme prescriptions légales globales.

Les oulémas ont également étudié les prescriptions légales globales déductibles de ces arguments ainsi que les moyens permettant de les dégager des textes, ou de les déduire à partir de références autres que les textes telles que les règles grammaticales et législatives. Ils ont enfin traité de celui qui possède la compétence de puiser les prescriptions de la Loi aux arguments mêmes, c'est-à-dire du spécialiste de l'interprétation juridique ou déduction des lois (ijtihâd) ainsi que les conditions requises pour sa pratique, de même que l'adoption de l'opinion juridique d'autrui (taqlîd) et la loi qui s'y applique.

L'ensemble de ces règles et recherches portant sur les arguments légaux en temps que sources de prescriptions de la Loi, et sur les prescriptions elles-mêmes en tant que résultantes de ces arguments ainsi que tout ce qui se rapporte à ces deux points, constituent les fondements du droit (usûl el fiqh). Les fondements du droit se définissent donc, dans la terminologie juridique islamique, comme étant la science qui traite des règles et des recherches au moyen desquelles on arrive à déduire les prescriptions légales pratiques à partir de la somme de leurs arguments, ou comme l'ensemble des règles et des recherches au moyen desquelles on arrive à dégager les prescriptions légales pratiques à partir de la somme de leurs arguments.


2. OBJET 

La science du droit a pour objet l'étude des actes de l'individu responsable en droit (mukellef) par rapport aux prescriptions légales qu'ils nécessitent; l'homme de loi (faqîh) étudie les actes émanant de l'individu responsable en droit tels que la vente, la location, le gage, la procuration, la prière, le jeûne, le pèlerinage, l'homicide, la diffamation, le vol, l'aveu, le legs pieux ou autres, en vue de déterminer la loi correspondante à chacun d'eux.

La science des fondements du droit, elle, a pour objet l'étude de l'argument légal global par rapport aux prescriptions globales qui le nécessitent; le fondamentaliste (usûlî) étudie le raisonnement par analogie et sa valeur d'autorité, la portée générale des textes et ses restrictions, l'ordre reçu et sa signification, et ainsi de suite.

Pour y voir plus clair, examinons l'exemple suivant. Le Coran est le premier argument légal en matière de loi. Or, ses textes de lois ne s'énoncent pas de la même manière. Certains se présentent en effet comme une formule d'ordre, d'autres comme une formule de défense, d'autres encore comme une formule de généralité ou une formule d'absoluité. Ces différentes formules d'ordre, de défense, de généralité et d'absoluité représentent certaines des catégories globales de l'argument légal général qu'est le Coran.

Le fondamentaliste étudie donc chacune de ces catégories en vue d'aboutir au genre de prescription globale qu'elle indique ; ce faisant, il recourt à une démarche inductive portant sur l'emploi de la langue arabe et sur l'usage légal. S'il s'avère, à l'issue de cette recherche, que la formule d'ordre indique l'obligation, la formule de défense l'interdiction, la formule de généralité la totalité des individus que la portée générale des textes englobe à coup sûr, et la formule d'absoluité l'affirmation de la loi dans l'absolu, le fondamentaliste posera alors les règles suivantes : l'ordre implique l'obligation ; la défense implique l'interdiction ; la portée générale des textes englobe à coup sûr la totalité des individus qui participent de la généralité ; la portée absolue des textes se réfère à l'individu commun sans limitation.

Ces règles globales et toutes celles que le fondamentaliste arrive à établir au travers de son étude sont admises par l'homme de loi, qui les applique aux différentes parties de l'argument global en vue d'aboutir, par leur intermédiaire, à la prescription légale pratique dans ses détails. Il appliquera ainsi la règle l'ordre implique l'obligation au verset [5:1] :

«Croyants ! Respectez vos engagements»,

et jugera que le respect des engagements est obligatoire ; il mettra en application la règle la défense implique l'interdiction par rapport au verset [49:11] :

« Croyants! Ne vous criblez pas de railleries mutuelles »,

pour conclure que la raillerie est interdite ; il appliquera la règle la portée générale des textes englobe à coup sûr la totalité des individus qui participent de la généralité au verset [4:23] :

« il vous est interdit d'épouser vos mères »

pour considérer que toute mère est interdite de mariage (par rapport à son fils) ; il appliquera la règle la portée absolue des textes se réfère à l'individu commun sans limitation au verset [58:3] :

« Ceux qui jurent affranchiront un esclave »

se rapporte à l'expiation du serment du dos (1), et soutiendra que, pour expier une faute, il suffit d'affranchir n'importe quel esclave, musulman ou non. 


La différence entre l'argument global et l'argument partiel d'une part, et la prescription globale et la prescription partielle d'autre part apparaît ainsi clairement.

L'argument global est la catégorie générale d'arguments qui englobe plusieurs parties, exemples : l'ordre, la défense, la portée générale des textes, leur portée absolue, le consensus explicite, le consensus tacite, le raisonnement par analogie dont la cause est stipulée par les textes, le raisonnement par analogie dont la cause est déduite, etc. Ainsi, l'ordre comprend, dans sa totalité, toutes les formules qui s'énoncent comme un ordre ; la défense comprend, dans sa totalité, toutes les formules qui s'énoncent comme une défense et ainsi de suite. L'ordre est donc un argument global et le texte se présentant comme une formule d'ordre un argument partiel ; la défense est un argument global et le texte se présentant comme une formule de défense un argument partiel.

La prescription globale, elle, est la catégorie générale de lois qui englobe plusieurs parties, exemples : l'obligation, l'interdiction, la validité, l'invalidité, etc. Ainsi, l'obligation est une prescription globale qui comprend l'obligation de respecter ses engagements, de constituer les témoins du mariage, ou de satisfaire à tout autre devoir ; l'interdiction est une prescription globale qui comprend la prohibition de la fornication, du vol, ou de tout autre interdit ; il en va ainsi de la validité et de l'invalidité.

L'obligation est donc une prescription globale et l'obligation d'un acte déterminé une prescription partielle ; l'interdiction est une prescription globale et l'interdiction d'un acte précis une prescription partielle. Le fondamentaliste n'étudie ni les arguments partiels, ni les prescriptions partielles qu'ils dénotent. Sa recherche porte uniquement sur les arguments globaux et ce qu'ils indiquent comme prescriptions globales; ce, afin de poser des règles globales applicables pour la déduction de la Loi à partir des arguments de sorte que l'homme de loi puisse les appliquer aux différentes parties de ces arguments en vue d'en dégager la loi dans tous ses détails. L'homme de loi, lui, n'étudie ni les arguments globaux, ni les prescriptions globales qu'ils indiquent. Sa recherche porte exclusivement sur les arguments partiels et ce qu'ils indiquent comme prescriptions partielles.


3. FINALITE 

La science du droit a pour finalité l'application des prescriptions légales aux actes et propos des hommes. En effet, le droit est la référence du juge pour son verdict et du mufti pour sa pratique de la consultation juridique ; c'est aussi la référence permettant à tout individu responsable en droit de connaître les prescriptions de la Loi qui s'appliquent à ses actes et propos. Telle est d'ailleurs la finalité de toute loi, chez n'importe quelle nation : les dispositions juridiques ne visent qu'à codifier les actes et propos des hommes et à informer l'individu responsable en droit sur ce qu'il doit faire et ce qu'il lui est interdit de faire.

La science des fondements du droit, elle, a pour finalité l'application de ses règles et théories à la somme des arguments en vue d'aboutir aux prescriptions légales qu'ils indiquent. En effet, c'est au moyen de ces règles et études que l'on arrive à comprendre les textes du Coran et de la Sunna et à appréhender les lois qu'ils indiquent. C'est aussi grâce à elles que l'on arrive à en dégager le sens caché et à en privilégier certains en cas de divergence de textes. C'est encore grâce à elles que l'on peut déduire, à travers le raisonnement par analogie, la préférence juridique, la présomption de continuité ou autres, la loi qui s'applique à un évènement non prévu par les textes.

En outre, ces règles et études des fondements du droit permettent de comprendre parfaitement les lois qui ont été déduites par les fondateurs des écoles juridiques et d'établir un parallèle entre leurs doctrines respectives s'agissant d'un même évènement. En effet, pour pouvoir bien comprendre une loi et mettre en parallèle deux différentes façons de la concevoir, il faut nécessairement connaître l'argument auquel on se réfère et la manière dont la loi en a été déduite, ce qui ne peut être réalisé sans la science des fondements du droit sur laquelle repose le droit comparé.


4. NAISSANCE ET ÉVOLUTION 

Les règles de droit ont vu le jour en même temps que l'islam. En effet, l'islam est un ensemble de credos, de préceptes moraux et de prescriptions pratiques. A l'époque du Prophète, les prescriptions pratiques étaient constituées des lois contenues dans le Coran et de celles promulguées par le Prophète sous forme de remède à un évènement, de règlement d'un litige ou de réponse à une question.

A cette première période, les règles de droit étaient donc constituées des lois émanant de Dieu et de son Prophète et avaient pour sources le Coran et la Sunna.

A l'époque des Compagnons du Prophète, les musulmans furent confrontés à des évènements et des nouveautés qu'ils n'avaient jamais connus du vivant du Prophète. Les Compagnons qualifiés pour l'interprétation juridique prononcèrent alors des jugements en tranchant les différends, en donnant des avis juridiques et en élaborant des lois. Ils enrichirent ainsi, par leurs déductions, la première série de règles juridiques. A cette deuxième période, les règles de droit étaient donc constituées des lois émanant de Dieu et de son Prophète ainsi que des opinions des Compagnons du Prophète et avaient pour sources le Coran, la Sunna et l'interprétation juridique des Compagnons.

Durant ces deux périodes, les règles de droit n'étaient point consignées. On n'établissait pas non plus de lois hypothétiques ; seules étaient élaborées les lois nécessitées par des évènements réellement vécus. Les lois ainsi élaborées ne revêtaient aucun caractère scientifique : elles n'étaient que des solutions partielles pour remédier à des évènements réels. D'ailleurs, cet ensemble de règles juridiques n'était pas désigné par le terme de science du droit, et les Compagnons qui les élaborèrent n'étaient pas appelés des hommes de loi. A l'époque des deux générations suivantes (tâbi'un et tâbi'u-t-tâbi'in) et de celle des fondateurs des écoles juridiques (vers le 2ème et le 3ème siècle de l'Hégire), l'État islamique s'étendit et de nombreux peuples embrassèrent l'islam.

Les musulmans furent confrontés à des problèmes nouveaux, des théories diverses et une activité culturelle et intellectuelle qui poussèrent les spécialistes de l'interprétation juridique à entreprendre des recherches fécondes et à déduire des lois pour bon nombre d'évènements ; des horizons nouveaux s'ouvrirent alors devant eux pour l'investigation et la recherche et c'est ainsi que s'élargit le domaine de la législation.



[1] le serment du dos ou zihar consiste, pour le mari, à jurer, dans le dessein de la répudier, que sa femme lui est aussi sacrée que sa propre mère.


Source : http://albadil.edaama.org/articles.php?id_article=19&theme=fiqh


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