Retour à l'islam

A la reconquête de l'identité islamique authentique et décomplexée !

vendredi 28 novembre 2008

La mort arrive quand le quota de vie est épuisé

bismi_lah


La mort arrive quand le quota de vie est épuisé


Beaucoup pensent que si la mort est identique et commune à tous ; ses causes, elles, sont multiples.

Leurs préjugés se décompensent donc par des opinions semblables aux suivantes : 
La mort peut survenir à cause d’une maladie mortelle comme le cancer par exemple.
Elle peut arriver en raison d’une blessure par une arme tranchante ou par balle.
Elle atteint l’homme en conséquence de brûlures, après que la tête se soit détachée du corps ou encore après un arrêt cardiaque, etc.

Tous ces éléments sont, à leurs yeux, des causes directes conduisant à la mort. Autrement dit, la mort arrive inéluctablement lorsque ces phénomènes se produisent.

C’est sur la base de cette compréhension que s’est vulgarisée l’expression « les causes sont multiples, mais la mort est unique ».

En vérité, la mort est unique, et sa cause aussi est unique. Cette cause n’est autre chose que l’arrivée à son terme du délai de vie (el-adjel). Quant à toutes ces choses qui se produisent en précédent souvent la mort, elles sont des circonstances accompagnant la mort et non des causes à la mort…

En effet, le propre de la cause est qu’elle est suivie immanquablement de sa conséquence, alors que la conséquence ne se produit qu’après que sa cause se soit manifestée.

Par contre, la circonstance correspond à un contexte particulier, avec des formes spécifiques qui sont habituellement associées à un évènement. Mais, cette circonstance n’est pas nécessairement suivie de l’évènement. Il se peut qu’une circonstance habituelle de la mort se produise sans que la mort ne suive.

Il se peut aussi que la mort survienne sans qu’une circonstance habituelle ne l’ait précédée.

Celui qui analyse de nombreuses situations durant lesquelles la mort arrive, et qui analyse la mort elle-même, aboutit à la conclusion que ces situations peuvent se produire sans être suivies de la mort. La mort peut arriver sans qu’un contexte habituel du décès soit décelé.

Par exemple, une personne peut recevoir un coup de couteau mortel. Les médecins s’accordent alors à diagnostiquer une mort certaine. Puis, le blessé ne succombe finalement pas à la mort et survit en guérissant totalement.

La mort peut aussi survenir sans aucune cause apparente, comme cela peut être le cas lors d’un arrêt cardiaque impromptu. La mort arrive alors violemment, sur le champ. Les médecins peuvent conduire des analyses détaillées sans parvenir à identifier une cause à cet arrêt cardiaque.

Les faits divers de ce type sont très nombreux et biens connus des médecins. Les hôpitaux peuvent faire état de milliers de semblables morts inexpliquées.

C’est ainsi que « la cause » qui conduit habituellement avec « certitude » à la mort peut se produire sans que la personne ne succombe à la mort. Et d’un autre côté, la mort subite peut survenir sans que l’on ne puisse discerner aucune cause.

Cette vérité conduit les médecins à la prudence dans leurs pronostics. Ils disent par exemple « un tel malade n’a plus aucun espoir selon toutes les médecines, mais une guérison peut tout de même se produire. En ce cas, cela dépasse notre science ». Inversement, ils peuvent dirent « un tel a une excellente santé. Il n’y a rien à craindre pour lui ». Puis, la mort vient tout de même le frapper par surprise. Ces cas de figures sont des réalités sensibles, perçues par les médecins mais également par chacun d’entre nous. Ils témoignent clairement que ces situations qui précèdent la mort ne sont absolument pas des causes. Si elles étaient réellement des causes, elles ne pourraient faire défaillance, et la mort ne pourrait survenir sous d’autres formes. L’occurrence d’une défaillance, ne serait-ce qu’une seule fois, et un seul cas de mort hors ces situations habituelles, suffit à prouver de manière incisive qu’elles ne sont pas des causes mais des circonstances. La véritable cause de la mort est à rechercher ailleurs.

Cette véritable cause ne peut être perçue par la raison parce qu’elle sort du champ de la perception. Nous ne pouvons connaître la véritable cause qu’en nous en remettant à Allah. Cette information du Créateur doit être attestée de manière tranchée tant dans l’authenticité que dans la signification de message divin.

Et dans les faits, Allah subhânahu nous a révélé, dans de nombreux versets, que la véritable cause à la mort est l’épuisement du terme de la vie alloué à chaque créature. Il nous a aussi informé que Le Seul qui donne la mort est notre Créateur, le Très-Haut. Cette vérité est mentionnée dans de nombreux versets :

﴿ وَمَا كَانَ لِنَفْسٍ أَنْ تَمُوتَ إِلَّا بِإِذْنِ اللَّهِ كِتَابًا مُؤَجَّلًا […]

[3:145] Personne ne peut mourir que par la permission d'Allah, et au moment prédéterminé […]

﴿ اللَّهُ يَتَوَفَّى الْأَنْفُسَ حِينَ مَوْتِهَا […]

[39:42] Allah reçoit les êtres au moment de leur mort […]

﴿ وَاللَّهُ يُحْيِي وَيُمِيتُ […]

[3:156]  […] C'est Allah qui donne la vie et la mort. […]

﴿ رَبِّيَ الَّذِي يُحْيِي وَيُمِيتُ […]

[2:258] […] « J'ai pour Seigneur Celui qui donne la vie et la mort » […]

﴿ أَيْنَمَا تَكُونُوا يُدْرِكُكُمُ الْمَوْتُ وَلَوْ كُنْتُمْ فِي بُرُوجٍ مُشَيَّدَةٍ […]

[4:78]  Où que vous soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous dans des tours imprenables. […]

﴿ قُلْ يَتَوَفَّاكُمْ مَلَكُ الْمَوْتِ الَّذِي وُكِّلَ بِكُمْ […]

[32:11] Dis: « L'Ange de la mort, qui est chargé de vous, vous fera mourir. […] ».

﴿ قُلْ إِنَّ الْمَوْتَ الَّذِي تَفِرُّونَ مِنْهُ فَإِنَّهُ مُلَاقِيكُمْ […]

[62:8] Dis: « La mort que vous fuyez va certes vous rencontrer. […] »

﴿ نَحْنُ قَدَّرْنَا بَيْنَكُمُ الْمَوْتَ […]

[56:60] Nous avons prédéterminé la mort parmi vous. […]

﴿ إِنَّ أَجَلَ اللَّهِ إِذَا جَاءَ لَا يُؤَخَّرُ […]

[71:4]  […] quand vient le terme fixé par Allah, il ne saurait être différé […]


﴿ فَإِذَا جَاءَ أَجَلُهُمْ لَا يَسْتَأْخِرُونَ سَاعَةً وَلَا يَسْتَقْدِمُونَ […]

[16:61] […] Puis, quand leur terme vient, ils ne peuvent ni le retarder d'une heure ni l'avancer.



Ces versets, et d’autres encore, sont tranchés tant dans l’authenticité que dans leur signification : la mort est produite par Allah et la cause de cette mort est l’achèvement de notre délai de vie. La cause n’est en aucun cas cette circonstance qui a précédé la mort.

De là, il devient obligatoire légalement et rationnellement pour le musulman de croire fermement que ce qu’il peut considérer comme des causes à la mort ne sont, en réalité, que des circonstances. Il doit croire avec certitude que la véritable cause à la mort est l’achèvement du délai de vie, et que celui qui donne la mort, comme il donne la vie, est Allah.

Lorsque le terme arrive à échéance, l’homme ne peut ni le retarder, ni le précipiter. Personne ne peut se protéger, ni fuir la mort. La mort arrive inéluctablement.

Quant à ces situations que l’homme redoute et essaie de repousser, elles ne sont que des circonstances parmi d’autres, accompagnant habituellement la mort.

La mort ne doit donc pas susciter la peur ou la terreur, car l’homme ne peut absolument pas y échapper.

L’homme ne meurt que parce qu’il a épuisé son échéance vitale, que la mort survienne « naturellement » ou après un accident, une maladie, des brûlures, des blessures etc.

La mort est entre les mains d’Allah, et l’échéance à vivre aussi.

Source : http://albadil.edaama.org/articles.php?id_article=130&theme=aquida



Laysagharib



mardi 25 novembre 2008

Afrique : Les gros(ses) con(ne)s

bismi_lah


Afrique : Les gros(ses) con(ne)s


imagesL'Afrique en général et le Sénégal en particulier reçoivent la visite d'une catégorie d'étrangers que nous appelons les Gros cons européens.
Mais au sein de la population sénégalaise vit aussi une espèce de Gros cons africains.
Découvrons ensemble ces espèces à part.



La Grosse conne européenne

La conne européenne (appelons-la la Grosse conne) est tout simplement une crétine avec des théories fumeuses et un look très spécifique.

Avant d'arriver au Sénégal, elle avait déjà acheté son pantalon Batik vert jaune rouge. Car la Grosse conne est souvent coooooooool comme une rastafarienne (attention : si tu n'es pas rastafarienne mais que tu corresponds aux autres critères d'identification, tu peux quand même être une Grosse conne).

La Grosse conne a des conversations qui deviennent vite gonflantes. Elle fume parfois des spliffs mais ce n'est pas une caractéristique obligatoire. Elle est rarement très jolie et adore faire chier la planète en jouant avec son djembé à deux balles.

La Grosse conne rêve d'aller à Kafountine pour retourner aux sources de l'Humanité, cultiver du chanvre et dormir sur la plage en parlant de la solidarité africaine et en se demandant combien elle pourrait gagner si elle était assistante sociale au Sénégal. La Grosse conne un peu vioque (plus souvent observable à Saly et ses environs) remercie Jah de lui avoir offert un Gros con africain 20 ans plus jeune qu'elle aime et qui l'aime du plus profond de son coeur malgré sa poitrine qui a commencé à se faire la malle à partir des années 80. Dès ses premiers jours au Sénégal elle téléphone à l'ambassade de France pour connaître les modalités d'obtention d'un visa pour celui qu'elle appelle déjà "son mari". La Grosse conne de Saly est l'espèce la plus naïve de Grosse conne. Elle a rarement le look Ajahman Rastafaraï.

Chez elle en Europe, la Grosse conne peut travailler dans différents secteurs : même si le plus souvent elle se contente de servir dans des cafés l'été pour ne rien glander et toucher le RMI le reste de l'année, il n'est pas rare qu'elle travaille aussi dans des secteurs dit "sociaux" (assistance sociale, associations, enseignement, etc...). Qui d'autre d'ailleurs que des associations, des cafés ou l'éducation nationale embaucherait une Grosse conne ?

Outre sa tenue vestimentaire, on peut reconnaître la Grosse conne grâce à sa coupe de cheveux. En effet elle se fait tresser "à l'africaine" dès que la première occasion se présente. C'est pour elle un signe d'intégration et de respect de la culture africaine. Si la Grosse conne est donc rarement jolie avant d'arriver, elle devient généralement insortable dès cette première séance de tressage. Car rien n'est plus laid que des tresses africaines sur une tête de blanche. Peu importe, elle n'a pas peur du ridicule même si le jour de son retour elle peut avoir un soupçon de regret en voyant la vingtaine d'autres qui se préparent comme elle à monter dans l'avion avec la même coupe à la con et le même djembé à la con. Elle qui se croyait unique, rebelle et originale...

N'ayant pas peur du paradoxe, la Grosse conne peut avoir déblatéré 10 minutes avant la séance de tressage sur les Africaines qui se blanchissent la peau pour ressembler à des Blanches. Mais ça ne la dérange pas de se faire des raies sur la tête laissant apparaître son affreux crâne blanchâtre pour faire comme les Africaines. La Grosse conne est décidément très très conne.

La Grosse conne est d'une naïveté affligeante et comme on vous l'a dit plus haut, sa conversation et ses théories fumeuses sont rapidement gonflantes. Parmi les hautes pensées philosophiques et déclarations inédites que la peut sortir, on retrouve souvent les suivantes :

- "Chez nous c'est le stress alors qu'ici c'est cooooooooooooool !"
- "Chez nous y'a pas de solidarité ici vous êtes tous solidaiiiiiiiiiiiiiiiiiires !"
- "Pourquoi voulez-vous venir en Europe, ici vous êtes tellement biennnnnnnnnnnn !"

(ces trois premières théories fumeuses peuvent être prononcées à proximité de trois enfants talibés en train de mendier et d'une vieille femme en train de mourir du paludisme. Dans ce cas là - et uniquement dans ce cas là - vous avez le droit de mettre un grand gnon dans la gueule de la Grosse conne)

- "Demain je retourne à Kafountine !"
- "Combien gagne une assistante sociale au Sénégal ? Je rêve de m'installer ici !" (allez ça aussi ça mérite un gnon)

La Grosse conne se retrouve souvent dans ce qu'elle appelle "une galère". En effet, vu que le plus souvent ceux qu'elle rencontre au Sénégal sont des Gros cons africains, il n'est pas rare : qu'elle se fasse arrêter par les flics, qu'elle se fasse piquer son passeport ou ses tunes, qu'elle se fasse entuber sur le paiement de la Peugeot 504 avec laquelle elle est descendue d'Europe. Même si la Grosse conne n'est généralement pas une "fille facile" elle ne dédaigne pas coucher avec un " africain" qui évidemment rêve de rester au Sénégal et n'a aucune arrière-pensée. Elle s'en sort au mieux avec des mycoses sur la chatte au pire avec un DAS qu'elle aura bien mérité. Au moins à son retour, elle coûtera cher à la sécurité sociale mais pas longtemps et ne coûtera rien à la collectivité pour sa retraite.

Outre les Gros cons, elle ne dédaigne pas discuter avec tous ceux que les gens normaux étrangers et sénégalais considèrent comme des parasites et des casses-couilles : vendeurs "d'objets d'art", pseudo-guides de mes couilles, tapeurs de djembés à deux balles, rastafariens malades, crados et chômeurs, etc....

Enfin, la Grosse conne, une fois revenue en France peut avoir des idées ingénieuses que personne n'a jamais eu avant : comme par exemple vendre des bijoux sénégalais de fabrication écologique sur les marchés du Tarn-et-Garonne ou donner des cours de djembé.

Si vous croisez une Grosse conne pendant votre séjour au Sénégal, ne la battez pas. Elle pourrait être votre soeur ou votre petite copine : les Grosse conne sont si nombreuses à visiter l'Afrique.

NB : Au Sénégal, la plupart des Grosses connes sont françaises (car les Français sont les plus nombreux étrangers). Mais les belges, espagnoles, italiennes et hollandaises commencent aussi à venir. Suissesses et Américaines font rarement partie des Grosses connes. Hasard ou non, ce sont souvent aussi les plus jolies et les moins gonflantes.



Les Gros cons européens

Ils sont généralement moins casse-couilles que les Grosses connes. Mais à peine. Les pires sont les Gros cons parisiens puisqu'ils allient dans ce cas là leur connerie à leur bo-bohitude.

Il se peut que ce soit des "teuffeurs" et qu'ils aiment dans ce cas là les "Sound Systems". Ils peuvent rêver d'emmener leur C25 aménagé au Sénégal pour faire profiter le pays de leur science musicale.

Niveau look, le Gros con ressemble évidemment à la Grosse conne. Il peut cependant avoir de plus gros piercings. C'est d'ailleurs parfois son domaine professionnel : le Gros con est notablement souvent tatoueur ou piercer. Il peut se faire faire des tresses à l'africaine, même s'il n'est pas pédé. Mais c'est assez rare, car le Gros con repart généralement avec la même coupe qu'à son arrivée : cheveux longs ou crépuisés genre "rastafarien".

Ses théories sont aussi fumeuses que celles des Grosses connes. Mais il peut avoir plus de difficultés à les exprimer puisque le Gros con fume systématiquement et en grande quantité des spliffs. Il parle le plus souvent comme un adolescent attardé mais il est persuadé d'atteindre le zénith de la lumière philosophique.

Le Gros con a une moyenne d'âge plus jeune que celle de la Grosse conne. En effet, la plus conne des Grosses connes âgées arrive toujours à gagner deux tunes en servant dans un café et sa connerie n'est pas incompatible avec son travail dans le "social" ou dans la maléducation nationale. Ce n'est pas le cas du Gros con qui est bien plus rapidement complètement dépendant du RMI. Cela rend donc, heureusement pour les Sénégalais, l'achat d'un billet d'avion plus difficile (bien que sur Senegalaisement.com tu trouves toujours des billets les moins chers du marché).

Dans son sac, au retour, en plus du djembé que ramène inévitablement la Grosse conne, on peut trouver des instruments plus divers (cora, balafon, etc...) ainsi que parfois, pour les plus cons, un peu d'herbe (achetée "direct-producteur" à Kafountine).



Les Gros cons africains

Le Gros con africain pue. Car comment imaginer le contraire quand on a un scalp inlavable de 4,5kg sur la tête ? Mais ça dégage sans doute des phéromones qui plaisent à certaines filles, notamment aux Grosses connes, donc amen. Après tout, si il n'y avait pas d'avantages à être un Gros con, y'en aurait pas autant...

Le Gros con africain est en effet souvent (mais pas toujours) un rasta. Il n'y a absolument aucune connotation religieuse à l'inverse des vrais rastafariens de Jamaïque : être rasta pour ces Gros cons signifie seulement avoir des locks, schlinguer un peu, fumer des spliffs sans rien glander de la journée, trouver des Gros cons européens ou un autre type de touristes à qui taper quelques tunes pour la bière et le spliff du lendemain.

Parmi les théories fumeuses et déclarations inédites du Gros con africain :

- "Moi, je quitterais jamais l'Afrique pour venir en Europe."
- "Viens visiter ma boutique d'objets d'art, je suis un artiste"
- "Salut les cool, comment ça va ?"
- "Tu veux que je t'emmène à Kafountine ?"
- "Tu viens d'où, de Brest ? Je connais bien Brest"
- "Je donne des cours de Djembé"
- "Mon frère a un campement"
- "Je suis né à Mbour"
- "On est collants comme des mouches mais pas piqûants comme des moustiques."
- "Finalement par amour pour toi, je veux bien sacrifier mon amour de Jah et de l'Afrique et venir en Europe"
- "J'ai un décès dans la famille, t'as pas 10.000 CFA pour m'aider à payer l'enterrement ?"

Les connaissant, jamais un Sénégalais ne leur ferait confiance, y'a donc forcément que les Gros cons européens pour fréquenter et apprécier la compagnie de ces parasites qui n'en glandent pas une, n'aident généralement pas leur famille malgré leurs théories à la con, et ne surgissent de leur néant intellectuel que pour fumer des spliffs avec l'argent qu'ils auront pu extorquer aux Gros cons européens et suffoquer "Ha Jah Jah Africa" aux oreilles compatissantes.

Le Gros con africain est souvent malade. Il a parfois les dents pourries. Sa vie peut devenir difficile, surtout en basse saison, époque où peu de Gros cons européens sont là pour écouter ses conneries et lui filer quelques tunes. Certains mois, il peut louper certains repas car la population sénégalaise n'est pas aussi con que les Gros cons européens et dit généralement à ces parasites de travailler s'ils veulent bouffer.

Certains Gros cons européens passent tout leur séjour au Sénégal en compagnie de Gros cons africains. Si bien qu'ils pensent que tous les Sénégalais sont des Gros cons qui ne glandent rien à part fumer des spliffs. Ils n'ont pas compris que justement, s'ils ne voient que des Gros cons africains, c'est justement parce que le métier de ces derniers est de coller aux basques des Gros cons européens qui rentreront en Europe sans finalement rien avoir compris au véritable Sénégal qui a adopté le travail et l'honnêteté comme ligne de vie et non pas la glande, l'argent facile et le spliff.

Il est clair que c'est dans les zones touristiques que l'on rencontre le plus de Gros cons africains. Gorée, Saly, Ngor, Cap Skirring, Kafountine, Saint-Louis, Abéné accueillent la plus grande concentration de Gros cons en Afrique de l'Ouest

NB à l'attention des s européens : 99% des Sénégalais ne jouent pas du djembé. Si vous êtes entourés de parasites munis de cet instrument disgracieux, c'est que vous êtes bien un européen entourés de s africains. Félicitations.



Les Grosses connes africaines

Il n'y a pas ou trop peu de Grosses connes africaines pour en faire un article.


Questions/Réponses :

Peut-on avoir le look rasta et n'être pas une ?

La réponse est oui à condition de ne pas imposer au monde ses théories fumeuses à la con, principal signe de reconnaissance des Gros cons.

Je suis un rebelle, j'ai campé dans le Larzac à l'appel de José Bové, suis-je un Gros con
?

J'ai bien peur que oui. L'altermondialiste anarchiste est quasiment toujours un persuadé de faire parti des gentils de cette planète. Le s'est généralement fait taper sur la gueule "par des éléments incontrôlés du 9.3." lors des manifs contre le CPE et ce n'est que justice.

NB : pour ceux qui ne comprennent pas le second degré (et notamment les blondes) et pour les Gros cons qui se sont reconnus et s'assument, cliquez ici.

Christian Costeaux


Source
: http://www.senegalaisement.com


samedi 22 novembre 2008

L'implication du concept d'el Walaa'

bismi_lah


L'implication du concept d'el Walaa'


Ecrit par un groupe de tollab. Traduit Par El-Mourabitoune.

 

El Walaa' est réservé aux croyants et interdit envers les mécréants

L'une des branches de la foi est l'application du principe d'el Walaa' (faire preuve d'alliance, d'amitié, de soutient, de protection...) envers les croyants.

Les musulmans ont en fait une législation prescrivant le rapprochement et la liaison avec toute personne partageant leur croyance et ayant des objectifs communs, lesquels sont encadrés par cette croyance.

Allah dit : Vous n'avez d'autres alliés qu'Allah, Son messager, et les croyants qui accomplissent la Salât, s' acquittent de la Zakât, et s'inclinent[Sourate El Ma'ida 5:55]

Ce verset, de part le mot "Inamaa" qui l'introduit, est une exception emphatique qui restreint l'alliance à ceux mentionnés.

De plus, le verset n'a pas commandé d'alliance avec ceux qui n'ont de musulman que le nom et qui délaissent les croyances et les préceptes de la religion mais plutôt il ordonne de s'allier avec les véritables croyants qui ne manifestent pas de mécréance et qui possèdent les attributs de ceux qui accomplissent la prière, payent la zakat et sont soumis à la chari'ah (c-à-d les raki'oune).

Notons aussi que ce verset n'a pas commandé de faire preuve de Walaa' uniquement en faveur de ceux de son mezheb (branche juridique) ou de ceux qui reçoivent un enseignement du même cheykh ou de ceux qui sont du même pays ou de ceux qui ont la même compréhension des questions jurisprudentielles.

Ni que l'alliance est réservée à ceux qui ont donné l'allégeance (bay'ah) au dirigeant en place. Plutôt, le verset exige l'alliance (el Walaa') avec tous les croyants. Le Coran n'exige le désaveux (el Bara'a, c-à-d la dissociation, le reniement...) qu'envers les mécréants.

Allah dit : Certes, vous avez eu un bel exemple (à suivre) en Ibrahim et en ceux qui étaient avec lui, quand ils dirent à leur peuple : "Nous vous désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors d'Allah. Nous vous renions. Entre vous et nous, l'inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu'à ce que vous croyiez en Allah, seul"[Sourate el Mutahinah 60:4]

Et Il () dit : O les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d' entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes.[Sourate el Ma'idah 5:51]

Ainsi faire preuve de Walaa' avec les mécréants contre les musulmans ou faire preuve d'amitié et de proximité par amour pour eux ou pour leur voie n'est pas simplement déclaré comme interdit mais comme un acte de mécréance (kufr).

Allah () dit : Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion d'Allah...[Sourate Aal Imran 3:28] et O les croyants! Ne prenez pas pour alliés les mécréants au lieu des croyants. Voudriez- vous donner à Allah une preuve évidente contre vous?[Sourate en-Nisa' 4:144]

Les mécréants sont, entre autres, alliés contre l'Islam et naturellement contre les musulmans du fait de leurs croyances communes, leurs objectifs, leur point de référence et leurs méthodologies.
   
Les musulmans, qui ont pour prescription d'aimer et de détester en Allah, seraient emmené naturellement à faire preuve de Walaa' uniquement avec des croyants si leur croyance est véritable.

Abou Oumamah rapporte que le Prophète a dit : "Celui qui aime pour Allah et déteste pour Allah et donne pour Allah et refuse pour Allah a parfait la foi" (Rapporté par Abou Daoud, Tirmidhi et Ahmed).

Et Abou Dharr a rapporté que le Messager d'Allah a dit : "La meilleur action est d'aimer en Allah et de détester en Allah" (Rapporté par Abou Daoud).

Donc, il est inconcevable que de véritables croyants souhaitent choisir la proximité, l'amitié, l'amour et l'alliance envers des mécréants tout comme il serait erroné qu'ils détestent des véritables croyants excepté de manière proportionnelle à leur éloignement de l'Islam.

 

La foi et le principe d'el Walaa' nous oblige à réconcilier les croyants entre eux et mettre de coté les conflits et hostilités

Allah dit : Craignez Allah, maintenez la concorde entre vous et obéissez à Allah et à Son messager, si vous êtes croyants[Sourate el Anfaal 8:1]

Les querelles et divergences ne sont pas un objectif des croyants mais c'est plutôt la réconciliation des différences et l'unité qui en sont un.

La fraternité n'a pas simplement besoin d'un salut symbolique mais plutôt d'un salut suivit par un véritable effort pour maintenir la sécurité, l'honneur et les droits des croyants.

Les croyants devraient entre eux toujours se sentir concerné au détriment des conflits qui prennent place parmi eux au lieu de permettre la dégradation de leurs relations au point de se combattre ou de faussement appliquer les concepts de hijr (boycotte temporaire) ou même de baraa' (dissociation permanente). Le Walaa' et la fraternité envers les croyants nécessite leur réconciliation.

Allah dit : Les croyants ne sont que des frères. Établissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin qu'on vous fasse miséricorde[Sourate el Hujuraat 49:10] Et Il () dit : ...et ne vous disputez pas, sinon vous fléchirez et perdrez votre force...[Sourate el Anfaal 8:46]

Les mécréants n'occupent pas simplement les terres des musulmans dans la forme que représentent les régimes despotique et leur armé, service de sécurité [torture] et espions mais aussi par ce dispositif de taghout qui vient aider les croisées dans leurs invasions étrangères en Afghanistan, Iraq et d'autres pays où les Musulmans sont tués en masse, torturés et violés.

Qu'est ce qui pouvait être meilleur pour le diable et ses alliés que cela au lieu de musulmans répondant à une alliance et une coopération mutuelle ? A la place de cela ils font le contraire de sorte qu'ils ne présentent aucune force, protection et réponse efficace !

Jabir a rapporté que le Messager d'Allah a dit : "Le diable envoie un détachement pour mettre la fitna entre les gens. Aussi le plus haut degré est attribué à celui qui est le meilleur d'entre eux à faire la fitna." (Rapporté par Mouslim)

Les musulmans ne devraient pas gaspiller leur temps dans le grand péché qu'est la médisance, la calomnie, et le fait de continuer l'hostilité et l'antagonisme qui endommage les relations communautaires et empêche le travail de revivification de la oumma musulmane et de la civilisation Islamique.

Les Musulmans ne sont pas préservés contre les conspirations, tortures et tueries en masse de la part des mécréants et pourtant ils sont occupés à se nuire.

Abdullah Ibn 'Amru a relaté que le Messager d'Allah a dit : "Le musulman est celui dont les musulmans n'ont à craindre de sa langue et de sa main..." (Rapporté par Boukhari et Mouslim)

Plutôt les croyants devrait faire l'invocation Coranique suivante: ...ne mets dans nos cœurs aucune rancœur pour ceux qui ont cru...[Sourate el Hachr 59:10]

La sounnah demande un maximum d'effort pour arranger les divisions et hostilités entre les croyants. L'Imam Ali a rapporté que le Prophète a dit : "Il y aura des divergences après moi. Aussi si tu peux les arranger fait le." (Rapporté par Ahmed)

La division et l'isolement entre les croyants continuera aussi longtemps que les musulmans ne répondront pas avec maturité et sincérité à la recommandation de la Sounna d'abandonner les divisions nuisibles dans les relations.

Ce n'est pas seulement pour le bien commun de la communauté mais pour nos propres âmes. Nous ne devons pas seulement souhaiter reconstruire des relations fraternelles avec ces croyants avec qui nous avons rompus et qui nous sont proche, mais plutôt, les croyants devraient être les premiers dans la revivification de la fraternité.

'Ata ibn Yazid a rapporté que le Prophète a dit : "Il n'est pas permit à un musulman de couper les relations avec son frère plus de trois nuits consécutives de sortes que tout deux s'éloigne l'un de l'autre. Le meilleur d'entre eux est celui qui fait le premier pas". (Rapporté par Boukhari et Mouslim)

 

La foi et le principe d'el Walaa' préconisent la coopération entres croyants

En plus pour les croyants de cesser leur partisana et conflits personnels, il faut aussi qu'ils travaillent ensemble dans l'accomplissement de leur engagement et en servant les objectifs de la charia.

Si les musulmans refusaient la coopération dans l'exécution des engagements dont les objectifs pourraient être mieux exécutés s'ils étaient fait collectivement, alors ils seraient dans le péché.

Allah dit : Entraidez- vous dans l' accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression.[Sourate el Ma'idah 5:2]

L'ordre de coopérer est donné à tout les croyants dans le début du verset: O vous qui avez cru.... Le Coran parle de perdition pour celui qui n'assiste pas un autre dans l'appel à la vérité et la persévérance dans son établissement.

Par le Temps ! L'homme est certes, en perdition, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s'enjoignent mutuellement la vérité et s'enjoignent mutuellement l'endurance.[Sourate el Asr 103:1-3]

Ces versets sont appuyés par un ordre provenant de la sounna. Abou Moussa rapporte en effet que le Prophète a dit : "Le croyant est pour le croyant semblable aux briques [d'une construction], l'une supporte l'autre" (Rapporté par Boukhari et Mouslim).

Les péchés et les erreurs des gens ne devraient pas être une excuse pour éviter de coopérer comme le rapporte Ibn Mas'oud du Prophète qui a dit : "Un musulman qui se mêle aux gens et supporte avec patience leur nuisance est meilleur que celui qui ne se mêle pas aux gens et ne supporte pas leur mal". (Rapporté par Et-Tirmidhi et Ibn Majah)

Si un musulman qui agit de manière erroné est mis à l'écart, comment pourra-t-il donc être corrigé et comment la communauté pourra-t-elle être allégé de son mal ?

A ce propos, Anas relate que le Prophète a dit : "Aide ton frère qu'il soit l'oppresseur ou l'oppressé". Ils demandèrent : "Nous comprenons le fait de l'aider lorsqu'il est oppressé, mais comment l'aider lorsqu'il est oppresseur ?" Le Prophète répondit : "En l'empêchant de commettre son acte". (Rapporté par Boukhari et Mouslim).

 

El Walaa' nécessite de mettre en application les devoirs de fraternité

El Walaa' provient du premier pilier de l'unité islamique, tiré de la croyance islamique. De el Walaa' nous tirons les devoirs de fraternité qui recouvre nombre de domaines tel le social, l'économique, le militaire, etc...

Lorsque les croyants mettent en pratique les devoirs de la fraternité, il y a une augmentation inévitable des bénéfices collectifs, de l'esprit communautaire et de la cohésion sociale.

Le hadith suivant liste quelques devoirs de fraternité principaux qui ont souvent été abandonné de nos jours même par ceux d'entre nous qui prétendent suivre l'Islam.

Abou Horeyrah a rapporté que le Prophète a dit : "Prenez-garde aux suspicions, certes la suspicion est le plus mensonger des récits. N'essayez pas de trouver des fautes chez les autres, ne vous espionnez pas les uns les autres, ne vous entre-tuez pas, ne vous éloignez pas les uns des autres et soyez les serviteurs d'Allah, des frères comme on vous l'a ordonné. Le musulman est le frère du musulman. Il ne lui fait aucun mal ni ne l'abandonne ni ne le méprise. La crainte d'Allah est ici, la crainte d'Allah est ici (et il, , pointa sur son cœur). Il est mauvais qu'un musulman regarde de haut son frère. Tout musulman est sacré pour le musulman, son sang, son honneur, ses biens. Allah ne regarde pas vos corps ou vos formes, mais il regarde vos cœurs et vos actions." (Rapporté par Boukhari et Mouslim).

 

La foi et el Walaa' commande de collaborer dans l'opposition à l'oppression et au blâmable

Parmi les devoirs d'el Walaa' il y a la correction mutuel dans la recommandation du convenable (el Ma'rouf) et l'interdiction du blâmable (el Mounkar).

Allah dit : Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable et interdisent le blâmable[Sourate et-Tewbah 9:71]

Nu'mane ibn Bashir rapporte que le Prophète a dit : "Les croyants sont comme un seul corps, si la tête à mal, c'est tous le corps qui souffre de fièvre et d'insomnie". Et dans une autre version : "L'amour, la bonté et la fraternité réciproque des croyants est pareille à celle d'un même corps. Lorsqu'une partie du corps a mal, c'est tout le corps qui a mal, touché par l'insomnie et la fièvre". (Rapporté par Mouslim et en des termes similaire par Boukhari).

Les musulmans doivent cesser de s'opprimer et doivent coopérer à délivrer de l'oppression les croyants qui en ont le plus besoin.

Anas Ibn Malek rapporte que le Prophète a dit : "Aide ton frère qu'il soit l'oppresseur ou l'oppressé" (jusqu'à la fin du hadith déjà cité et rapporté par Boukhari et Mouslim). Ainsi si les croyants ne stoppaient pas le mounkar et l'oppression alors en plus d'être dans le péché ils deviendraient plus faibles et divisés.

'Abdullah ibn Mas'oud rapporte que le Prophète a dit : "Non, par Allah. Vous devez commander le bien (ma'rouf) et interdire le blâmable (mounkar) et vous devez arrêter la main de l'oppresseur, le plier à se conformer à la vérité et le forcer à faire le bien ou alors Allah montera tout le cœurs des un contre les autres " (Rapporté par Abou Daoud).

 

El Walaa' nous pousse à fournir un soutient et une protection

Allah a dit : Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres.[Sourate et-Tewbah 9:71].

Les croyants sont dans l'obligation de protéger et soutenir tous les musulmans, quel que soit leur endroit; du mieux qu'ils peuvent.

Mais les croyants de part le monde ne doivent pas simplement se soutenir l'un l'autre, ils doivent également coopérer à soutenir ceux qui sont dans un plus grand besoin.

Ibn 'Umar rapporte que le Prophète a dit : "Le musulman est le frère du musulman, il ne lui cause pas de tord, ni ne le trahit. Celui qui aide son frère sera aidé par Allah. Et celui qui soulage un croyant d'une épreuve sera soulagé d'une des épreuves du jour du jugement par Allah. Et celui qui cache le défaut d'un musulman, Allah cachera ses défauts le jour du jugement." (Rapporté par Boukhari et Mouslim)

Combien de Musulmans proche et éloigné subissent des préjudices à cause des négligences de ceux capables d'aider?

De nos jours, les musulmans ont été affectés par les pièges du chaytane et des alliés du Taghout. Ils ont ignoré ce qu'impliquait el Walaa' et les devoirs de fraternité et ont à la place concentré leurs efforts à se "rentrer dedans".

Les musulmans de différentes opinions, enseignants, organisations, écoles... se sont focalisé les uns contre les autres et ont la plupart du temps été entrainé dans une spirale de calomnies mutuelles, suspicions et médisances.

Les musulmans ne s'intéressent à leurs frères qu'à partir du moment où ils partagent leurs propres points de vue et ils s'opposent à tous les autres, négligeant leur droits même s'ils partagent la même croyance et le même but final, adorer Allah .

Il est temps pour les musulmans de penser de l'avant, de déjouer les plans de chaytan (qui est de créer de l'inimité entre les croyants) en respectant le principe d'el Walaa' envers tous les croyants.

Les musulmans doivent se réconcilier de leur disputes et divergences et se réunir sur ce qu'ils s'accordent et rendent leur croyance et but communs plus importants que leurs divergences et différence d'opinions.

Le message des activistes islamistes à leurs frères ne devrait pas être "Êtes vous pour ou contre nous ?" mais plutôt "Nous sommes avec vous tant que vous êtes croyants". Les croyants de différents mouvements et tendances devraient se réunir à soutenir ceux qui en ont le plus besoins qu'eux.

Par fierté et pour des raisons personnelles nous argumentons à contrecœur pour empêcher d'aider l'opprimé. Aimerions-nous être abandonné à nos ennemis et oppressé pendant que nos frères polémiquent ? Anas a rapporté que le Prophète a dit : "Par Celui qui détient mon âme entre Ses Mains, un serviteur ne sera véritablement croyant tant qu'il n'aimera pour son frère ce qu'il aime pour lui-même" (Rapporté par Boukhari et Mouslim).

 

Si les croyants ne font preuve de Walaa' envers les croyants, ils ne seront pas victorieux dans ce monde ni dans l'autre

Allah nous a informé que les mécréants se supportent et s'allient les uns aux autres et que si nous ne faisons également pas preuve de walaa' envers tout autre, alors les calamités et la corruption continuera sur terre.

Ainsi, faire preuve de walaa' envers les croyants est une mesure nécessaire afin de recevoir l'appui divin et mettre fin à la menace de l'ennemi par une victoire physique et un changement positif de la société et du monde.

Allah a dit : Et ceux qui n'ont pas cru sont alliés les uns des autres. Si vous n' agissez pas ainsi (en rompant les liens avec les infidèles et en s'alliant avec les croyants), il y aura discorde sur terre et grand désordre[Sourate el Anfal 8:73]

Le succès pour ces croyants qui font preuve de walaa' les uns envers les autres est également affirmé par le verset: Et quiconque prend pour alliés Allah, Son messager et les croyants, réussira car c' est le parti d' Allah qui sera victorieux[Sourate el Ma'idah 5:56] Et: Tu n'en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui prennent pour amis ceux qui s'opposent à Allah et à Son Messager, fussent- ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu. Il a prescrit la foi dans leurs cœurs et Il les a aidés de Son secours. Il les fera entrer dans des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Allah les agrée et ils L'agréent. Ceux-là sont le parti d' Allah. Le parti d' Allah est celui de ceux qui réussissent[Sourate el Mujaadilah 58:22]

Ainsi même les relations familiales sont un rempart au succès dans les deux mondes si l'alliance (el walaa') est étendu à eux alors qu'ils sont incroyants.

 

Conclusion : ne soyez pas victimes des "divisions et envahissement" mais pensez comme une seule oumma

Si les musulmans abandonnent le sectarisme et l'isolationnisme et commence à accomplir les tenants d'el Walaa' et de la fraternité, l'esprit partisan (hizbiyah) et l'hostilité aura plus de difficulté à se développer.

Des ponts seront bâtis entre les diverses sections de la oumma par lesquels les musulmans pourront reconstruire ce qui a été perdu.

Les musulmans seront plus motivé dû à l'atmosphère positive qui règnera dans l'ensemble de la communauté envers laquelle le taghout et ses alliés ont travaillé à garder divisé.

Les oppressés et les musulmans dans le besoin seront soulagé grâce aux efforts combinés des musulmans, la connaissance et les ressources seront disponible.

La communauté se développera dans la force et le plus important de tous, les musulmans pourront espérer l'appui Divin étant donné qu'ils abandonnent leurs comportements hostiles injustifiés l'un envers l'autre comme ont leur a ordonné.

'Oubadah ibn es Samit rapporte du Prophète le hadith Qoudsi suivant : "Allah dit : "Mon amour est réservé à ceux qui s'aiment en moi..." " (Rapporté par Ahmed et El Hakim)


mercredi 19 novembre 2008

El-Qods dans le Coran et la Sunna

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El-Qods dans le Coran et la Sunna


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Par Dr Abd al-Fattah EI-Awaisi, conférencier dans l'université de Stirling en Angleterre. Article publié dans le Journal Of Islamic El-Qods Studies, V1 N°2, 1981.

 

El-Qods est considérée comme l'endroit distinct - sinon le plus distinct - sur la terre. C'est parce qu’Allah l’Exalté l'a préférée indépendamment des autres endroits de la terre, en l'honorant et la glorifiant. Allah le Tout Puissant a mobilisé, pour cette ville, les âmes, les sentiments et les émotions des fidèles; Il a fait attacher leurs cœurs à elle et leur fait aspirer vers elle. El-Qods est si liée à la foi des musulmans qu’elle représente une image vivante dans leurs esprits. En effet, de nombreux Versets Coraniques évoquent cette ville bénie. De plus, beaucoup de Hadiths du Prophète Mohammed (saws) la mentionnent tout en énumérant ses vertus et ses traits spéciaux.

Une de ces vertus mentionnées dans le Saint Coran et la tradition du Prophète Mohammed (saws) est qu'elle est considérée comme une terre bénie :

l. En ce qui concerne le prophète Ibrahim (as), le Saint Coran énonce : "Et Nous le sauvâmes, ainsi que Lot, vers une terre que Nous avions bénie pour tout l'univers". (21:71)

2. "Et (Nous avons soumis) à Suleymen le vent impétueux qui, par son ordre, se dirigea vers la terre que Nous avions bénie. Et Nous avions en tout une bonne connaissance" (21:81)

3. "Et Nous avions placé entre eux et les cités que Nous avions bénies, d'autres cités proéminentes, et Nous avions évalué les étapes de voyage entre elles. Voyagez entre elles pendant des nuits et des jours, en toute sécurité." (34:18)

4. "Et les gens qui étaient opprimés, Nous les avons fait hériter les contrées orientales et occidentales de la terre que Nous avons bénies." (7:137)

5. "Gloire et Pureté à celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur (Mohammed) de la Mosquée el-Haram à la Mosquée El-Aqsa dont Nous avons béni l'alentour, afin de lui faire voir certaines de Nos merveilles." (17:1)

6. Il est rapporté que le Prophète Mohammed (saws) a dit : "Allah a béni ce qui se trouve entre Al-'Arish et l'Euphrate, et a rendu la Palestine particulièrement sainte." ('Ala' ed-Din Ali el-Muttaqi Ibn Husarn ed-Din el-Hindi, Kenz el-'Umal fi Sunan el-'Aqwal wel Af’al, (Mu'asasat er-Risalah, Beyrut, 1979), pp. 303-304; voir aussi Ibn'Asakir, Tahdhib Tarikh Dimeshq el-Kabir, (Dar el-Masiyrah, Beyrut, 1979), part 1, p.35.)

La bénédiction, ici, comme l’expliquent les savants, est à la fois physique et morale. La bénédiction physique est représentée par son emplacement exceptionnel aussi bien géographique que stratégique. Sa bénédiction est surtout morale parce que, sur sa terre, les anges sont descendus et les Messagers d'Allah ont prêché. C'est le pays où des prophètes nobles comme Issa, Dawud (as) et Suleymen (as) naquirent, grandirent et eurent leurs missions; la ville vers laquelle d'autres prophètes ont émigré, comme Ibrahim et Lot; la ville où des prophètes ont été enterrés, comme Ibrahim (as), Ishaq (as), Ja’qob (as), Yussef (as) et Mussa (as). C'est le pays où le Prophète Mohammed (saws) a prié avec les autres prophètes, en tant que leur Imam dans la Mosquée El-Aqsa au cours de son voyage nocturne et son ascension, comme rapporte l'Imam Ahmed Ibn Hanbal, dans son Musned, de la part d'Ibn Abbas. C'est également l'endroit où les anges sont descendus. En effet, Jibril (as) descendait du ciel apportant l'instruction divine aux prophètes et aux messagers de Allah pour la transmettre ensuite à l'humanité entière. D'autres anges descendaient pour accomplir une mission spécifique. Ainsi Le Saint Coran énonce les versets suivants : "T'est-il parvenu le récit des visiteurs honorables d'Ibrahim ? Quand ils entrèrent chez lui et dirent : "Salam !" Il (leur) dit : "Salam, visiteurs inconnus." Puis il alla discrètement à sa famille et apporta un veau gras. Ensuite il l'approcha d'eux..."Ne mangez-vous pas ?" dit-il. Il ressentit alors de la peur vis-à-vis d'eux. Ils dirent : "N'aie pas peur" Et ils lui annoncèrent (la naissance) d'un garçon plein de savoir." (51:24-28).

En bref, le Prophète Mohammed (saws) a décrit la bénédiction morale, selon Et-Tirmidhi dans son Sahih, de la part de Zeyd Ibn Thabit el-Ansari : "J'ai entendu le messager de Allah dire : "Combien la Syrie (historique, esh-Châm) est bénie ! Et combien la Syrie est bénie !" et comment est-ce ? Ô Messager de Allah ! Les gens lui demandèrent. "Les anges de Allah ont répandu leurs ailes au-dessus de la Syrie" il répondit". (Mohammed Nasir ed-Din el-Albani, Silsilat el-Ahadith es-Sahiha, (el-Mekteb el-lslami, Beyrut), 2nde édition, part 2, p. 5, Hadith No. 503).

Ibn Abbas ajouta : "Les prophètes ont construit El-Qods, et y ont vécu. Il n'y a un seul pouce d’elle sans qu'un prophète n'y ait pas prié ou un ange ne s'y est pas tenu."

Parmi les aspects de cette bénédiction, physique et morale :

• L'endroit vers lequel le prophète Ibrahim (as) a émigré

• La terre sainte

• La terre du Voyage Nocturne et de l'Ascension (La terre d'el-Israa wel-Mi'raj).

• La terre vers laquelle les musulmans se sont tournés la première fois pour accomplir la prière (La première Qibla).

• La terre de lutte sainte pour l'amour d’Allah

• La terre de promesse

• Le centre pour le futur empire (Khilafa) islamique.

• L'endroit où les gens seront ressuscités et rassemblés le jour du jugement.


I) L'endroit vers où le prophète Ibrahim (as) a émigré

Dans la période de la souveraineté Cananéenne sur Palestine, le prophète Ibrahim (qui était un Amorrite des Arabes qui ont établi l'état babylonien en Irak) a émigré vers El-Qods quand son peuple voulait le tuer. Il a laissé son pays, Ur en Irak, vers 1800 Avant J-C, lui et son neveu Lot (as) ainsi que d'autres fidèles, pour essayer de propager son message de tewhid. C'est clairement indiqué dans les Versets Coraniques et la tradition sainte du Prophète Mohammed (saws), y compris ce qui suit :

1. "Nous dîmes : "O feu ! Sois pour Ibrahim (as) une fraîcheur salutaire". Ils voulaient ruser contre lui, mais ce sont eux que Nous rendîmes les plus perdants. Et Nous le sauvâmes, ainsi que Lot, vers une terre que Nous avions bénie pour tout l'univers". (21:69-71)

2. " Lot crut en lui. Il dit : "Moi, j'émigre vers mon Seigneur, car c'est Lui le Tout Puissant, le Sage" (29:26)

3. Abu Dawud rapporte qu'Abdullah Ibn Umar dit : "J'ai entendu le Messager d’Allah dire : "Il y aura migration après migration. Le meilleur des habitants de la terre vivra dans l'endroit vers où Ibrahim a émigré, et les habitants mauvais resteront ailleurs sur terre". (Sunan Abu Dawud (Dar al-Fikr, Bierut), part 3, p.4, Hadith No. 2482).

 

II) La terre sainte

Elle s’appelle aussi la terre purifiée, parce qu'elle fut purifiée de l'idolâtrie et fut un logement pour les prophètes et les croyants, leur lieu saint et l'endroit de leur enterrement. Cette description fut rapportée dans les Versets Coraniques et la tradition prophétique, y compris ce qui suit :

1. Le Saint Coran a cité le prophète Mussa (as) disant à son peuple, après leur départ de l'Egypte: "Ô mon peuple ! Entrez dans la terre sainte qu'Allah vous a prescrite". (5:21)

2. Ibn Asakir a rapporté que Mu'adh Ibn Jabal dit : "La terre sainte se trouve entre El-'Arish et l'Euphrate".

Elle fut également appelée la terre sainte en raison des lieux saints islamiques qu'elle contient, comme la Mosquée El-Aqsa que l'Islam considère comme son troisième lieu saint. El Bukhari et Muslim, dans leurs Sihah sur la tradition prophétique, ont rapporté de la part d'Abu Horeyra que le Messager de Allah (saws) a dit : "Ne faites délibérément un voyage qu'à 3 mosquées : cette Mosquée la mienne (en Médine), la Mosquée sacrée (à la Mecque), et la Mosquée El-Aqsa". (Ahmed Ibn Ali Ibn Hijr el-'Asqalani, Feth el-Bari Li Charhi Sahihi-l-Bukhari, (el-Mektabah es-Salafiyah, Le Caire), part 3, p.63; et part 4, pp.73, 241).

Dans un autre hadith, le Prophète (saws) a décrit la vertu de vivre près de la Mosquée El-Aqsa et d’y accomplir la prière. Et-Tabarani et El-Bazzar ont rapporté de la part d'Abu el-Darda' que le Prophète Mohammed (saws) avait dit : "Une prière dans la Mosquée sacrée vaut 100.000 prières, une prière dans ma Mosquée vaut 1000 prières, et une prière à El-Qods vaut 500 prières, que dans n'importe quelle autre Mosquée. (Ibid, part 3, p. 97).

L'histoire de la Mosquée d'El-Aqsa, selon un Hadith du Prophète (saws), retourne à la période d'Adam (as) quand il a construit pour la 1ère fois la Mosquée El-Aqsa 40 ans après la construction de la Ka'ba à la Mecque. Abu Dharr déclara : "J'ai demandé au Messager d’Allah au sujet de la 1ère Mosquée sur Terre. Il a répondu: "la Mosquée sacrée (à la Mecque)"; j'ai demandé "et puis ?" Il a dit : "la Mosquée El-Aqsa"; J'ai demandé : "Et combien de temps était-il passé entre (la construction de) ces 2 (Mosquée) ?" Il a répondu "40 ans". Ensuite elle a été rénovée - la 1ère fois - par le prophète Ja’qob, et puis - pour la 2ème fois - par le prophète Dawud. L'édifice fut achevé par le prophète Suleymen. Ka'b el-Ahbaar - qui avait été un des grands savants juifs dans la période préislamique et qui est devenu musulman - a rapporté que "Suleymen a construit El-Qods sur ses anciennes bases." Ez-Zarkashi a écrit dans la page 30 de son livre intitulé A'lam el Masajid que "Suleymen a rénové la Mosquée El-Aqsa, il ne l'a pas construite."

 

III) La terre du Voyage Nocturne et de l'Ascension (El-israa wel-Mi'raj) :

Le Prophète Mohammed (saws) a voyagé la nuit de la Mecque (la Mosquée sacrée) à El-Qods, puis il s’est fait monté aux cieux les plus élevés. El-Qods était le point central entre son voyage terrestre (le Voyage Nocturne) et son Ascension. Elle était l'endroit où son voyage nocturne a terminé et son ascension a commencé. Le Saint Coran énonce :

1. "Gloire et Pureté à celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur (Mohammed) de la Mosquée el-Haram à la Mosquée el-Aqsa dont Nous avons béni l'alentour, afin de lui faire voir certaines de Nos merveilles." (17:1).

2. Lors de son ascension, le Prophète (saws) a vu Jibril (as) sous sa forme d'origine : "Il l'a pourtant vu, lors d'une autre descente, près de la Sidratu-l-Muntaha (le lotus de la limite, un arbre au 7ème ciel); près d'elle se trouve le jardin de Ma'awa; au moment où le lotus était couvert de ce qu'il couvrait. La vue n'a nullement dévié ni outrepassé la mesure. Il a bien vu certaines de grandes merveilles de son Seigneur." (53:13-18).

 

IV) La terre de la première Qibla (direction de la salat)

Les musulmans avaient l'habitude de s'orienter vers El-Qods quand ils priaient. Ceci continua pendant 16 ou 17 mois, jusqu'à ce que la direction de la salat ait été changée de El-Qods vers la Sainte Ka'ba, au milieu du mois de Cha'ban, ou probablement pendant Rajab, la 2ème année après l'émigration du Prophète vers la Médine : "Certes Nous te voyons tourner le visage en tous sens dans le ciel. Nous te faisons donc orienter vers une direction qui te plaît. Tourne donc ton visage vers la Mosquée sacrée. Où que vous soyez, tournez-y vos visages..." (2:144).

 

V) La terre de l'immuabilité et de la lutte sacrée (Ribat et Jihad) :

Il existe beaucoup de Hadiths du Prophète Mohammed (saws) indiquant qu'une personne qui habite à El-Qods est comme quelqu'un en état de lutte ou en garnison prêt à la défendre dans le sentier d’Allah. Parmi ces ahdith, nous citons :

1. Mu'adh Ibn Jabal a rapporté que le Prophète (saws) a dit: "O Mu'adh! Allah Le Tout-Puissant vous permettra de conquérir la Syrie après ma mort, d'El-'Arish à l'Euphrate. Leurs hommes et femmes seront mis en garnison jusqu' au jour de Jugement." (Imam Muslim, Sahih Muslim wel-Jami' es-Sahih, (Dar el-Fikr, Beyrut, 1978), 2nd édition, tome 1, p. 3 70).

2. L'Imam Ahmed a rapporté dans son Musned qu'Abu Umama eL-Bahili a transmis ce dire du Prophète (saws) : "Un groupe de ma communauté (Umma) est encore bien informé au sujet de la vérité, ils vainquent leur ennemi, et ceux qui sont en désaccord avec eux, ne peuvent pas leur nuire jusqu'à ce que la commande de Allah Tout-Puissant vienne à eux. Ils sont ainsi." "Ô messager de Allah !" lui a été demandé, "où sont-ils ?" Il répondit : "Dans et autour de El-Qods" (Ahmed lnb Hanbal, Musnad al-lmam Ahmed, (el-Mekteb el-lslami Lil Tiba'a wen-Nachr, Beyrut), part 5, p.269).

3. Au regard de la bataille décisive sur les rives du fleuve Jourdain, Ibn Hajr El 'Asqalani a rapporté qu'Abu Idris el-Khaulani a entendu Nahik Ibn Surim es-Sakuni rapporte ces propos du Prophète Mohammed (saws) : "Vous combattrez les kuffar jusqu'à ce que le reste de vous combatte sur le fleuve Jourdain, vous à l'est et eux à l'ouest." Es-Saukuni dit qu'il ne savait pas où se trouve le Jourdain à cette époque. (Ahmed Ibn Ali Ibn Hijr el-'Asqalani, el-'lsaba fi Tamyiz es-Sahaba, (el-Mektebah et-Tijariyah el-Kubra, Le Caire, 1939), part 3, p.545).

Ceci signifie que cette bataille que le Prophète (saws) a prévue aurait lieu sur les deux rives du fleuve Jourdain. Le camp de musulmans serait à l'est du fleuve, en Jordanie, et les autres forces auraient leur camp à l'ouest du fleuve, en Palestine.

 

VI) La terre de Promesse

(Voir Abd el-Fettah EI-Aweysi, el-Bisharat en-Nabawiya bil-Khilafa el-lslamiya el-Qadima, (Dar el-Hasan, Hebron, 1991), pp. 23-33)

Allah, Gloire à Lui, a promis Ses serviteurs qui croient en Lui et font du bien qu'ils défient leurs ennemis, qu’ils s'installent fermement et qu’ils gouvernent El-Qods. Le Saint Coran indique à cet égard :

1. "Nous avions décrété pour les enfants d'Israël, (et annoncé) dans le Livre : "Par deux fois vous sèmerez la corruption sur terre et vous allez transgresser d'une façon excessive. Lorsque vint l'accomplissement de la première de ces deux (prédictions), Nous envoyâmes contre vous certains de Nos serviteurs doués d'une force terrible, qui pénétrèrent à l'intérieur de vos demeures. Et la prédiction fut accomplie. Ensuite, Nous vous donnâmes la revanche sur eux; et Nous vous renforçâmes en biens et en enfants. Et Nous vous fîmes (un peuple) plus nombreux: Si vous faîtes le bien, vous le faites à vous-même; et si vous faites le mal, vous le faites à vous (aussi). Puis, quand vint la dernière (prédiction) ce fut pour qu'ils (vos ennemis) affligent vos visages et entrent dans la Mosquée, comme ils y étaient entrés la première fois, et pour qu'ils détruisent complètement ce dont ils se sont emparés." (17:4-7).

2. "Et après lui, Nous dîmes aux Enfants d'Israël : "Habitez la terre." Puis, lorsque viendra la promesse de la (vie) dernière, Nous vous ferons venir en foule." (7:104).

3. "Où qu'ils se trouvent, ils sont frappés d'avilissement, à moins d'un secours providentiel d'Allah ou d'un pacte conclu avec les hommes. Ils ont encouru la colère d'Allah, et les voilà frappés de malheur, pour n'avoir pas cru aux signes d'Allah, et assassiné injustement les prophètes, et aussi pour avoir désobéi et transgressé." (3:112).

4. "Et lorsque ton Seigneur annonça qu'Il enverra certes contre eux quelqu'un qui leur imposera le pire châtiment jusqu'au Jour de la Résurrection. En vérité ton Seigneur est prompt à punir mais Il est aussi Pardonneur et Miséricordieux. Et Nous les avons répartis en communauté sur la terre. Il y a parmi eux des gens de bien, mais il y en a qui le sont moins. Nous les avons éprouvés par des biens et par des maux, peut-être reviendraient-ils (au droit chemin)." (7:167-168).

5. "Et Nous avons certes écrit dans le Zabur, après l'avoir mentionné (dans le Livre céleste), que la terre sera héritée par Mes bons serviteurs" (21:105).

6. "Allah a promis à ceux d'entre vous qui ont cru et fait les bonnes œuvres qu'Il leur donnerait la succession sur terre comme Il l'a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnerait force et suprématie à leur religion qu'Il a agréée pour eux. Il leur changerait leur ancienne peur en sécurité. Ils M'adorent et ne M'associent rien et celui qui mécroit par la suite, ce sont ceux-là les pervers." (24:55).

 

VII) Le Centre pour la future Khilafa Islamique

(Ibid, pp. 33-48)

Quand les souffrances et les conflits s'intensifieront à la fin du temps, El-Qods serait le centre et le siège pour la future Khilafa islamique. En effet :

1. L'Imam Ahmed a rapporté de la part de Ma'qal Ibn Yasar que le Prophète (saws) avait dit : "La tyrannie ne sera pas longue pour apparaître après mon départ. Quand une tyrannie apparaît, une même quantité de justice partira, jusqu'à ce que des gens naissent sous la tyrannie et ne sachent jamais autre chose; alors Allah apportera la justice, et quand la justice arrive, une même quantité de tyrannie disparaîtra, jusqu'à ce que les gens naissent sous la justice et ne sachent rien d'autre." (Ahmed Ibn Hanbal, op. cit., part 5, p. 27).

2. L'Imam En-Nu'man a rapporté de la part d'Ahmed Ibn Bashir que le Prophète (saws) avait dit : "La prophétie durera avec vous tant que Allah le voudra. Ensuite, Il y mettra fin quand Il veut y mettre fin. Puis, il y aura une succession correctement guidée (Khilafa) selon la méthode de prophétie, et les choses seront comme Allah voudra. Ensuite, Il y mettra fin quand Il veut y mettre fin. Puis, il y aura un royaume vorace, et les choses seront comme Allah voudra. Ensuite, Il y mettra fin quand Il veut y mettre fin. Puis, il y aura un royaume puissant, et les choses seront comme Allah voudra. Ensuite, Il y mettra fin quand Il veut y mettre fin. Après, il y aura une Khilafa selon la méthode de Prophétie." Puis il (le Prophète) est resté silencieux. (Ibid, part 4, p.273).

3. Ibn'Asakir a rapporté, d'après Yunus Ibn Meysara Ibn Halbas, que le Prophète (saws) avait dit : "Cette question (la Khilafa) sera après moi à la Médine, puis en Syrie, puis dans la péninsule (Jazira), puis en Irak, puis à la Médine, puis à El-Qods, Si elle est à El-Qods, son pays d'origine est là-bas, et si n'importe quelle personne l'expulse, elle ne reviendra jamais là-bas." (Ibn'Asakir, op.cit., part 1, p. 42).

4. Les Imams Ahmed, El-Hakim et Abu Dawud ont rapporté qu'Abdullah Ibn Zughb el-Ibadi a entendu Abdullah Ibn Hawwala ez-Zadi dire : "Le Prophète a mis sa main sur ma tête, et puis a dit : "Ibn Hawwala, si tu vois que la Khilafa a pris comme demeure la terre sainte, alors le tremblement de terre, les tribulations et les grands événements seront actuels, et la Dernière Heure ce jour-là sera plus proche au peuple que l'est ma main à ta tête." (Ahmed Ibn Hanbal, op.cit., part 5, p.288; voir aussi Abu Dawud, op.cit., part 3, p. 19).

5. Ibn Sa'd a rapporté d'après Abderrahman Ibn Abi Umayra el-Mazni: " Il y aura un serment d'allégeance selon des conseils de guidage à El-Qods." ('Ala' ed-Din el-Hindi, op.cit., part 14, p. 148, Hadith No. 38199).

 

VIII)   La terre où les morts seront ressuscités et rassemblés

Cette déclaration peut être trouvée dans les énonciations suivantes :

1. L'Imam Ahmed dans son Musned a rapporté que la fille de Meymuna bint Sa'd avait dit au Prophète (saws) : "Ô Prophète! Donne-nous une déclaration (fatwa) au sujet de El-Qods" Il répondit : "C'est la terre où ils seront ressuscités et rassemblés." (Mohammed Nasir ed-Din el-Albani, Takhrij Ahadith Fada'il ech-Châm wa Dimashq li -Rab'i wa ma'hu Manaqib ech-Châm wa Ahlihi li Cheykhi-l-lslam IbnTeymiya (El-Mekteb el-Islami, Beyrut, 1403 AH), 4ème Edition, pp. 14-16).

2. Le Saint Coran indique : "Et sois à l'écoute, le jour où le Crieur criera d'un endroit proche" (50:41). Les commentateurs disent que l'endroit proche où Israfil soufflera sa trompette n'est autre que la roche d’El-Qods. Selon les théologiens, c’est sur cette terre que les gens seront rassemblés le jour du jugement.

Pour résumer, la dévotion des musulmans pour El-Qods n'est pas un résultat des objectifs terrestres ou colonialistes, ni un désir matériel dans le but d'accroître leur royaume et leur domination; elle n'est non plus basée sur des réclamations nationalistes racistes fausses. C'est cette association des préceptes spéciaux qui constituent les raisons principales et fondamentales, et la motivation par laquelle les musulmans restent très soucieux à l'égard de El-Qods et préoccupés de la façon dont il faut procéder pour la préserver et la libérer inchallah.


Source : http://www.angelfire.com/journal/sunnah/Dossier/statut_Jerusalem.html


dimanche 16 novembre 2008

L'islam comme arme de résistance au mondialisme

bismi_lah



L'islam comme arme de résistance au mondialisme


jjcx06gfniqab_sTribune libre de David L'Epée (Unité Populaire, la section suisse d'E&R) publiée sur VoxNR, suivi du point de vue de Michel Drac, également membre d'E&R, pour Scriptoblog.



L'ISLAM : UNE ALTERNATIVE À QUOI ?


Si un bilan devait être dressé de ces premières années du XXIe siècle, nul doute – les historiens du futur en attesteront certainement – que la question de l’Islam occuperait une place centrale dans les sujets les plus marquants de la période que nous traversons. Cette période, qui débute à la chute de l’empire soviétique, sera vraisemblablement considérée avec le recul comme une parenthèse géopolitique, quelques décennies durant lesquelles, brièvement, aura triomphé l’unilatéralisme, le pouvoir d’une seule puissance : la puissance nord-américaine. Parenthèse, dis-je, car tout semble à l’œuvre un peu partout dans le monde pour nous ramener à plus ou moins brève échéance à une période de multipolarité, dans une sorte d’accélération de l’histoire qui se manifeste par des signes aussi éloquents que la remise sur pieds de la Fédération de Russie, la montée en puissance de la Chine, la régénération politique d’une partie importante de l’Amérique du Sud, le réveil du monde arabe, et, de manière générale, un regain d’agitation dans les zones contrôlées par l’empire étasunien (guerre d’usure en Irak, refus à l’Est des boucliers anti-missiles de l’OTAN, exaspération au Japon et en Corée du Sud face à la présence militaire américaine, tensions sécessionnistes au cœur même de l’empire, etc.). Je ne vais pas me prêter ici au jeu des perspectives et des paris quant à la forme que prendra demain le nouvel ordre mondial désaméricanisé mais je vais me pencher plutôt sur la période que nous traversons en ce moment, une parenthèse qui n’a rien d’une stagnation.

De l’actuel leadership étasunien on ne doit pas déduire que tout autre modèle alternatif a cessé d’exister depuis la chute de l’URSS. Le communisme est moribond, certes, mais l’histoire a horreur du vide et à un mouvement international d’opposition de masse ne pouvait que succéder un autre mouvement international d’opposition de masse. Cette opposition, nous le savons tous, a aujourd’hui le visage de l’Islam.

De Moscou à Téhéran, de la moustache du petit père des peuples à la barbe du prophète, les convergences sont frappantes. Les médias occidentaux ne s’y trompent pas, d’ailleurs, puisqu’ils réservent bien souvent aux musulmans le même traitement diabolisant et discriminatoire qu’ils réservaient hier aux activistes communistes. Même chasse aux sorcières, mêmes amalgames calomnieux, même stigmatisation, mêmes accusations délirantes de terrorisme et de subversion, et, bien sûr, même peur d’une infiltration massive de cette subversion au cœur même du monde occidental. Les conversions, l’influence idéologique de l’Islam déstabilisent l’establishment au même titre qu’hier l’adhésion des travailleurs au Parti ou aux syndicats rouges. La comparaison s’arrête là mais c’est déjà beaucoup.

Cette "prolifération" fait d’autant plus peur qu’elle est grandement favorisée par le contexte démographique. Pour des raisons culturelles et économiques qui ne sont un secret pour personne, les pays occidentaux à forte immigration musulmane sont aujourd’hui le théâtre de ce que nous pourrions appeler une substitution progressive de peuplement. L’équation en est simple : immigration musulmane massive + regroupement familial + démographie explosive de cette immigration + dénatalité indigène = substitution ethno-culturelle d’un peuplement à un autre sur un territoire donné. La question de savoir s’il faut le déplorer ou s’en réjouir n’entre pas en ligne de compte dans cette analyse, il s’agit de faits et de faits indiscutables. Une certaine gauche applaudit au nom de l’idéologie multiculturaliste et xénophile tandis qu’une certaine droite vitupère au nom des vieilles chimères ethnocentristes et racialistes, mais, une fois de plus, les extrémistes des deux bords ont un train de retard et l’histoire ne les a pas attendus. Relevons tout de même qu’en dépit du discours cosmopolisant véhiculé par les médias du système, les immigrés migrent très rarement par choix ou par amour de leur terre d’accueil et les musulmans sont loin, c’est le moins qu’on puisse dire, d’être des fanas du métissage généralisé…

La question se complique encore – et devient plus intéressante – quand on sait qu’en plus de ses atouts démographiques, l’Islam peut compter, de plus en plus, sur un pouvoir de séduction qui va grandissant. Un exemple paru dans la presse il y a quelques mois m’avait particulièrement frappé. Un groupuscule islamiste qui fomentait des attentats en Allemagne avait été démantelé et ses membres arrêtés. Le seul hic de l’affaire, qui lassa les forces de l’ordre dubitatives, c’est qu’un nombre important des membres de ce groupe armé n’étaient ni des migrants arabo-musulmans ni des fils d’immigrés mais de jeunes Allemands de souche ! Doit-on vraiment s’en étonner ? L’Europe de l’Ouest, tout comme les Etats-Unis, n’est-elle pas un terrain particulièrement propice aux menées du prosélytisme islamiste ? Deux des plus grands "idéaux de masse" de notre histoire – le christianisme et le socialisme – ayant quasiment tiré leur révérence ou étant sur le point de le faire (ce constat s’applique particulièrement à notre coin d’Europe), il se trouve que nous n’avons rien de crédible à opposer à cette formidable espérance que représente l’Islam pour des millions et des millions d’individus à travers le monde. L’histoire a horreur du vide, je l’ai dit, et une place délaissée ne reste jamais longtemps vacante. Ceux qui, chez nous, s’étonnent du nombre croissant de conversions de nos compatriotes à la foi musulmane n’ont vraisemblablement pas compris que l’homme ne vit pas que de fêtes et de shopping, comme ils n’ont de toute évidence pas compris non plus que si nous n’avons à opposer à l’Islam que notre économie de marché et notre consumérisme hédoniste, alors c’est que nous avons déjà perdu.

La séduction de l’Islam s’exerce avant tout dans nos quartiers les plus défavorisés, de par la forte présence d’immigrés arabo-musulmans bien sûr, mais aussi pour des raisons beaucoup plus profondes. Ces raisons tiennent en grande partie à ce que nous appellerons les "convergences morales" qui existent entre certaines valeurs de l’Islam et les valeurs propres aux classes populaires de notre société. Ces valeurs recoupent en gros ce que Georges Orwell appelait la comon decency, soit un ensemble d’idées très précises de « ce qui se fait » et « ce qui ne se fait pas », un certain sens de l’honneur, de la famille, une certaine fierté identitaire et une virilité exacerbée. Virilité que beaucoup de jeunes travailleurs font leur, parce qu’elle correspond à l’image qu’ils souhaitent donner d’eux-mêmes et parce que les bas salaires qu’ils touchent (quand ce n’est pas l’absence pure et simple d’un emploi) sont au contraire ressentis par eux comme des facteurs humiliants de dévirilisation. Compensant ainsi leur faible pouvoir d’achat et leur impuissance à exercer une influence réelle sur la société qui les entourent, ils se laissent souvent séduire par un Islam viril – machiste, diront certains – qui leur enseigne le respect des aînés, de la mère notamment, et qui leur apprend à se prémunir physiquement contre tout affront les visant ou attentant aux valeurs que nous venons de mentionner (1). En un autre temps, ces jeunes Européens, à la recherche de valeurs du même type, se seraient identifiés à une expression européenne, culturellement enracinée, de ces valeurs – le catholicisme, le scoutisme, telle ou telle mouvance philosophique ou culturelle ou que sais-je encore – mais le fait est que l’Europe moderne ne propose plus aucune de ces alternatives. Comme l’explique l’essayiste Guillaume Faye (auteur à prendre avec des pincettes mais qui a parfois des éclairs de lucidité), « le surgissement de l'Islam radical est le contrecoup des excès du cosmopolitisme de la modernité qui voulut imposer au monde entier le modèle de l'individualisme athée, le culte de la marchandise, la déspiritualisation des valeurs et la dictature du spectacle. » (2) Le choix de l’Islam par certains de nos compatriotes n’est tout de même pas qu’un choix par défaut, certes, mais on ne voit guère en même temps quelle autre offre morale et spirituelle pourrait lui faire concurrence.

Ceux parmi nous qui, sous l’influence débilitante des médias à discours unique, voient l’Islam banlieusard comme un univers barbare où les mosquées côtoient les caves à tournantes, sont donc bien loin de la réalité. Le fait est que ces médias cherchent sciemment, à chaque manifestation d’incivilité des jeunes immigrés arabo-musulmans (ou de ceux qui les côtoient) à mettre lesdites incivilités sur le compte de l’influence pernicieuse de l’Islam, comme si le Coran préconisait à ses lecteurs de dealer des stupéfiants, d’agresser les chauffeurs de bus, de brûler les voitures et de violer des femmes en bande. On présente les voyous en Lacoste et en casquette de base-ball comme des sectateurs de Mahomet alors que nous savons pertinemment que ces gens-là ont été allaités au rap américain, aux vidéos porno, à la culture bling-bling de MTV et au fantasme de l’argent facile entretenu par la pensée ultralibérale. Rien de commun avec l’Islam, on en conviendra. Rien de commun entre ce lumpenprolétariat acculturé et hyper-consumériste et la République islamique d’Iran, par exemple, qui développe jusque dans le domaine de la publicité une méfiance soutenue face aux écueils de la société de consommation (3). Rien de commun entre ces ados décérébrés accros aux sites X et les activistes musulmans du Maghreb en guerre contre Canal+ et son Journal du Hard (4) . Ceux que d’aucuns appellent les "racailles" ne sont en définitive pas des musulmans en puissance – ce sont des Américains en puissance.

Serions-nous donc pris en tenaille entre deux modèles antagonistes de société (le musulman et l’étasunien) dont aucun n’est vraiment le nôtre ? Serions-nous donc déjà hors de la course, sommés de choisir entre deux conceptions de la vie dont aucune n’est européenne ? Je me souviens d’un slogan identitaire qui avait circulé en Suisse il y a quelques années sous forme de graffitis sur les murs et qui disait "ni McDo ni kebab". Une certaine conception de la neutralité suisse, dira-t-on… Ce type de slogans, construit sur le vieux modèle du célèbre "ni trust ni soviet" de la guerre froide, ne va certes pas chercher bien loin mais il met en exergue cette question du retour de la bipolarité mondiale que j’évoquais au début de cet article et l’abyssale absence de l’Europe dans le nouveau jeu géopolitique et idéologique qui est en train de se dessiner. Si nous ne parvenons pas sur le moyen terme à régénérer ce que nous pourrions appeler une vraie pensée européenne (et je me permets de ne pas être très optimiste sur ce point), il viendra immanquablement un moment où il nous faudra affronter ce choix difficile et prendre parti, au moins à titre individuel, pour un des deux camps en présence. Lequel ?

En pleine guerre froide, Alain de Benoist, éminent intellectuel français, s’était, sur le même modèle, élevé au dessus des préjugés anticommunistes en cours dans les milieux qu’il fréquentait (la "nouvelle droite") et il avait écrit, s’attirant la foudre de nombreux de ses camarades : « Certains ne se résignent pas à la pensée d’avoir un jour à porter la casquette de l’Armée Rouge. De fait, ce n’est pas une perspective agréable. Nous, nous ne supportons pas l’idée d’avoir un jour à passer ce qui nous reste à vivre en mangeant des hamburgers du côté de Brooklyn. » (5) En remplaçant la casquette de l’Armée Rouge par le keffieh palestinien, nous aurions, je crois, un énoncé clair du dilemme qui est aujourd’hui le nôtre, à nous jeunes Européens.

J’étais, il y a quelques jours, assis dans le bus à côté d’une femme voilée entourée de trois ou quatre enfants en bas âge et je feuilletais Le Matin Bleu. Il était question, dans la brève que je lisais (car il n’y a que des brèves dans Le Matin Bleu) d’une jeune Italienne qui participait en ce moment à une émission de télévision où elle avait mis aux enchères sa virginité ; elle espérait au moins empocher un million et demi d’euros. Le journaliste expliquait que ce nouveau concept à la mode nous venait d’outre-Atlantique (allons donc !) où l’hymen d’une jeune Américaine avait trouvé acquéreur sur Internet pour la somme faramineuse d’1,2 millions de dollars. Et la jeune fille d’expliquer : « Je n’ai pas de dilemme moral, nous vivons dans une société capitaliste. » Ecœuré, j’ai refermé mon journal et je me suis surpris, sans y penser, à observer cette mère de famille voilée en train de parler à ses enfants. J’ai alors réalisé l’abîme incommensurable qui séparait ces deux mondes, celui – fait de droiture et de préceptes stricts – de l’Islam, et celui, jouisseur et cynique, d’un Occident abandonné aux ravages du libéralisme apatride. Ces deux sphères idéologiques sont résolument inconciliables.

S’il fallait vraiment choisir – et quant à moi, je ne le ferais pas de bon cœur car ce combat n’est pas le mien – alors il faudrait peut-être se poser une question très simple : préféreriez-vous que votre fille se convertisse à l’Islam ou qu’elle mette sa virginité aux enchères sur Internet ? Quant à moi, je n’hésiterais pas une seconde.

David L'Epée

Source
: http://www.voxnr.com


Notes

1 - J’ai voulu mettre l’accent sur cette question de la virilité parce qu’aux dires de nombreux musulmans (et on ne peut pas entièrement leur donner tort), c’est précisément ce qui ferait défaut à notre actuelle conception de la vie. Je ne parle pas de la conception européenne en tant que telle mais de ce qu’elle est devenue depuis quelques décennies sous l’influence de certaines idées libérales et de la religion dite des "droits de l’homme". Il faut bien avouer que convertis comme nous le sommes à l’auto-masochisme, au reniement permanent de nos origines et au mépris de toutes les manifestations morales ou physiques de la force (à laquelle nous préférons maintenant des valeurs plus "féminines" telles que la douceur, les concessions, la tolérance), nous ne sommes plus vraiment de taille à tenir tête lors d’un hypothétique choc des civilisations. Evolution positive ou dommageable ? Je me permets de suspendre mon jugement.

2 - Guillaume Faye, "L’Archéofuturisme", éditions de l’Aencre, 1998

« L’Iran a interdit aux vedettes du cinéma et du sport de faire de la publicité, affirmant que les célébrités ne devaient pas promouvoir la culture de la consommation. "L’utilisation de l’image des artistes, des sportifs et des personnalités culturelles est interdite dans les publicités commerciales" a déclaré Ali Reza Karimi, directeur général du Ministère de la culture en charge de la publicité. Il a ajouté que les artistes et les célébrités "doivent promouvoir la culture des notions chevaleresques plutôt que celle de la consommation". » (AFP, 9 juillet 2008)

3 - « Le parquet antiterroriste de Paris a ouvert une enquête préliminaire après des menaces proférées à l'encontre de Canal+ exigeant que la chaîne cryptée cesse la diffusion de films pornographiques vers le Maghreb. La chaîne avait déposé plainte après avoir reçu un courrier anonyme fin juin. Son ou ses auteurs, qui se présentent comme musulmans, menacent de "faire sauter le siège" de la chaîne, situé au sud-ouest de Paris, si elle ne met pas fin à la diffusion chaque premier samedi du mois de son film pornographique, diffusé aux abonnés du Maghreb et du Moyen-Orient grâce au satellite Hotbird. » (AFP, 8 juillet 2008) Ce communiqué m’a rappelé un texte du libre penseur français Marc-Edouard Nabe, sympathisant anarchisant de la cause musulmane, qui écrivait dans son journal La Vérité (n°1, novembre 2003) : « La pudeur manque. Il ne faut pas s’étonner que ce soit à coups de bombes que certains cherchent à l’imposer. Oui, chaque attentat est non pas un attentat à la pudeur, mais pour la pudeur ! »

4 - Alain de Benoist, in. Eléments n°41, mars-avril 1981

jeudi 13 novembre 2008

Militer au milieu des ruines

bismi_lah


Militer au milieu des ruines...


Nous sommes indubitablement entrés dans une ère de recomposition politique. Depuis l’échec du FN à l’élection présidentielle, la droite nationale, canal historique, est convulsée de doutes et semble être entrée dans un processus irréversible se dislocation.

Monopolistique il y a encore 10 ans, elle est aujourd’hui bousculée à la fois sur sa droite par l’émergence d’une nouvelle génération qui se retrouve plutôt sur le positionnement des identitaires et sur sa gauche par l’irruption d’une gauche nationale qui a trouvé en la personne d’Alain Soral un porte-parole charismatique. Au milieu, la tendance catholique a pris ses distances avec un FN en voie de “marinisation” et, malgré une valse-hésitation, éprouve bien du mal se reconnaitre dans un MPF désormais rangé derrière Sarkozy l’Américain. Orpheline et sans parti fixe, ses meneurs sont, comme beaucoup à droite, demandeur d’une alternative nouvelle.


La fin des mouvements de masse

Reste toutefois à prendre en compte un contexte politique sérieusement sinistré. L’époque n’est plus au mouvement de masse, la dépolitisation des foules est générale et les vocations se font de plus en plus rares.

Désormais réservé à une caste d’experts ou de vieux bourlingueurs, le champ miné du politique offre bien des embuches aux néophytes qui, de plus en plus dépourvus de bagages idéologiques solides, se montrent mal à l’aise dans le maniement des concepts et arguments. Ils font alors des proies faciles pour ceux qui, parmi nos adversaires, se disent nos amis et savent déguiser leur discours afin de mieux abuser de leur naïveté.

Le fait que la révolution des blogs sur Internet ait permis de faire émergé une population de cybermilitants et de forumeurs de qualité ne doit pas nous faire oublier la foultitude de ceux grossiers, médiocres, contreproductifs, ineptes, manipulés et brouillons qui ont inondé la toile. Ajoutons à cela, cette déplorable culture du pseudo qui permet au dernier des crétins de dire tout et n’importe quoi dans le plus total anonymat. Internet a ceci de profondément pervers qu’il procure au bloggeur anonyme l’illusion gratifiante de l’engagement militant sans lui en faire assumer les risques ni subir les conséquences.

Désormais, l’engagement politique emprunte des voies autonomes et individuelles qui permettent à tout un chacun de trouver rapidement une tribune en s’affranchissant de la difficile étape, pourtant hautement formatrice, du militantisme de contact dans le cadre d’un mouvement politique structuré. S’en suit un extraordinaire fourbi dans lequel s’insinuent manipulateurs malintentionnés, excentriques volubiles, amateurs facilement influençables, égos surdimensionnés et faux-amis retors qui n’ajoutent que de la confusion à la confusion. Qui se cache derrière tel site qui dégueule sa bile, dans le plus total anonymat, sur untel ou untel ?

Qui est derrière celui-là qui verse dans une surenchère islamophobe et ordurière ? Combien sont-ils réellement ceux-là qui se présentent, sur leur site, comme un mouvement révolutionnaire d’envergure nationale et inondent la toile de communiqués au contenu toujours plus grandiloquent ?

Ajoutons à cela que si Internet sait être un formidable outil de diffusion de nos idées, il peut aussi se révéler un redoutable amplificateur de discorde interne et d’auto-intoxication. La moindre brouille est alors relatée avec moult détails sur tel forum, abondamment commentée sur tel blog et déformée sur tel autre, et tout cela au vu et au su de tout le monde. Tout le monde se monte réciproquement le bourrichon en affirmant à qui mieux mieux qu’il représente un courant structuré et puissant en militants. Poudre de perlimpinpin que tout cela !


Une cyberagitation qui cache mal un cruel manque de bras

Ce qui semble surtout être la spécificité de notre époque, c’est cette extraordinaire cyberagitation comparée à la faible capacité de mobilisation militante, en termes humains et quantitatifs, des organisations politiques toutes tendances confondues dès lors qu’il s’agit de sortir sur le terrain du monde réel. Ce sentiment d’être constamment confronté à des forces ou des interlocuteurs factices est probablement la marque de fabrique de cette nouvelle façon de faire de la politique qui caractérise nos sociétés de l’abrutissement festif et de la virtualité médiatique.

Nous sommes entrés dans l’ère de l’intox tous azimuts dont l’unique principe repose sur la capacité à abuser ou à bluffer son adversaire. Dans ce jeu de dupes théâtralisé, les rapports de forces ne valent plus que pour ce que chacun veut bien leur accorder et dépendent essentiellement du crédit que leur donnent les médias de masse.

Une dizaine de salariés associatifs professionnels, filmée avec un angle fermé au JT du 20h, vitupérant des slogans aussi ineptes que généreux, suffit parfois à faire croire à une mobilisation portée par une adhésion populaire massive et spontanée. De même, une poignée de militants identitaires dont une action d’agitprop serait accidentellement médiatisée peut laisser entendre, à l’écoute des commentaires inquiets du journaliste, qu’un courant de fond est sur le point d’ébranler la société française. Nous savons qu’il n’en est rien.

Et malheureusement, si ces artifices suffisent parfois à tromper nos propres partisans, quelques journalistes crédules et des populations atones réduites à l’état de spectatrices, nous savons surtout qu’ils se montrent bien incapables d’inquiéter l’establishment qui sait, quant à lui, parfaitement à quoi s’en tenir sur la capacité de nuisance réelle des organisations politiques dissidentes.

A cet égard, l’ancien leader activiste d’un mouvement pacifiste outre-Atlantique des années soixante, Todd Gitlin, a dressé un bilan négatif des stratégies qui faisaient la part trop belle aux champs médiatiques. Il démontra de quelle manière “les médias choisissaient en vue de les rendre célèbre “les dirigeants du mouvement” qui correspondaient le plus fidèlement à ce que doit être un dirigeant d’opposition pour être conforme à ce que les clichés préfabriqués attendent de lui”. Les mouvements radicaux commencèrent alors à caler leurs choix tactique et stratégique sur les attentes supposées des médias, privilégiant ainsi le sensationnel sur le fond et le court terme sur le long terme. De façon pernicieuse, les médiatiques les incitèrent à abandonner leurs thématiques trop radicales pour une posture démago-militante plus acceptable, faisant la part belle à l’émotionnel. Exclus des plateaux, les radicaux authentiques furent réduits au silence et la scène de l’opposition politique finit par être phagocytée par une poignée d’hurluberlus pittoresques, tragicomiques et sans consistance.


Des frigos pleins au milieu du grand chaos

Il convient donc de repenser le politique à la mesure de la réalité d’aujourd’hui.

Grandes absentes des confrontations politiques, les masses tondent leur pelouse, vont à la pêche, bronzent à Paris-plage, dealent et gèrent leur petit bizness parallèle dans leur quartier sordide, s’avachissent devant des séries TV débiles, déambulent hagards au milieu des immenses travées d’hypermarchés, écoutent du rap en boucle, suivent des séances de fitness et draguent en “vélib”. Les populations votent encore, mais au quotidien elles se désintéressent magistralement des grandes questions politiques de leur temps, dont les débats ne rassemblent plus qu’une infime minorité dans le cadre de revues ou réunions publiques confidentielles.

Les médias, tous passés entre les mains de grands consortiums mondiaux, discutent en boucle de la violence routière, du problème des accès pour handicapé ou du manque de voies cyclables, prenant bien soin d’évacuer de leur tintamarre les vrais problèmes. Ainsi, les questions brûlantes n’étant jamais posées, les bonnes réponses à leur apporter peuvent-elles être reportées sine die et les mauvaises prises dans le plus grand secret, à l’insu du peuple, bien évidement. Qu’une telle attitude soit à terme génératrice de problèmes encore plus insolubles importe peu, tellement la confiance de l’hyperclasse mondiale en la capacité hypnotique des médias est grande. Le tapage médiatique s’amplifiera donc à mesure que la situation se dégradera.

Cet état de fait permet aux décideurs économiques et leurs comparses des ministères de continuer à mener leurs affaires en dépit d’une situation de chaos généralisé. Mais ne nous trompons pas, car si le système tient, c’est aussi parce que les fondamentaux sont là ! Quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, les ventres restent pleins, les frigos remplis et dans chaque foyer trône un écran plat géant de dernière génération. La réalité est là : la machine économique capitaliste tourne, croit et satisfait encore aux besoins premiers. Certes, le pouvoir d’achat baisse. La violence, l’égoïsme et la barbarie s’insinuent imperceptiblement partout, au travail, dans la rue, à l’école, au sein même des familles dites recomposées mais en fait décomposées. Sans aucun doute, le niveau culturel moyen s’est affaissé en dessous de seuils rarement atteints. Tout ceci est vrai et indiscutable.

Mais, répétons-le encore une fois, les frigos restent pleins. Ne pas vouloir voir cette réalité, ne pas la prendre en compte, c’est ne rien comprendre à ce massif courant de dépolitisation qui nous accable, l’élection triomphale de Sarkozy en étant une des vagues la plus visible. Dans les faits, la promesse de l’abondance capitaliste est remplie.


Des formes nouvelles de souffrance non perçues comme d’origine politique

Pourtant les gens souffrent, disent certains. Certes ! Mais les souffrances ont radicalement changé de nature.

Là où il y a un siècle les miséreux avaient faim et froid, aujourd’hui ils souffrent d’obésité quand ils ne sont pas insomniaques et gavés d’anxiolytiques. Les troubles modernes relèvent (en apparence seulement) de moins en moins de la politique et de plus en plus de la psychiatrie. Ils ne frappent plus des populations de déshérités, mais des individus mentalement paumés, plongés en une profonde déréliction et confrontés à une situation mêlant échecs existentiel, professionnel et affectif. On pense par exemple à ce père menant une vie morne, dont la femme est sous prozac, qui tente désespérément de reconstruire une relation affective avec sa fille anorexique. Quel discours politique tenir à cet homme profondément malheureux, mais dont le ventre est bien rempli ? S’il avait seulement faim, tout serait plus simple. Comment lui expliquer que ce qu’il vit n’est pas seulement le produit d’un échec individuel mais aussi la conséquence d’un projet de société matérialiste dont il est en quelque sorte une victime ? Comment lui faire comprendre qu’à ce titre, les tourments qu’il affronte appellent des réponses proprement politiques qui interrogent l’ensemble des postulats moraux de la modernité ainsi que tout le système de valeurs sur lequel elle repose ? Ce profond sentiment d’ennui qui le ronge, et avec lui toute l’humanité moderne - que d’aucuns cherchent à oublier dans l’aliénation par le travail et d’autres dans une boulimie consommatrice névrotique – offre-t-elle réellement une autre échappatoire que d’ouvrir son existence sur le tragique en jetant dans la balance le confort de sa vie réglée et bien rangée ?

Si les Français aspiraient vraiment à changer de vie, ils comprendraient que la seule issue pour échapper à leur condition serait de s’engager en en acceptant tous les risques. Or, il n’en est rien, car ils sont repus, et un homme repu est toujours un homme vautré, vide de toute volonté et abandonné par le courage. On voit bien ici l’extraordinaire difficulté du défi qu’il nous est donné de relever. A sa simple énonciation, on saisit la chimère d’une lutte qui emprunterait les moyens et techniques d’une persuasion simpliste.


Des mutations psychologiques majeures à l’œuvre aujourd’hui

A cet égard, c’est toute la formulation de notre discours politique qu’il faut repenser.

Pour viser juste, nous devons donc entrer dans le labyrinthe psychologique de nos contemporains afin d’en décrypter les mutations exercées sur eux par l’avènement de la postmodernité. Dans son ouvrage “La culture du narcissisme”, Christopher Lasch souligne le fait essentiel qu’un nombre croissant de psychiatres ont observé et décrit dans leur travail quotidien, depuis le tournant des années 50, une modification dans la forme des névroses faisant ainsi apparaitre des pathologies inconnues qui échappaient aux grandes catégories de diagnostics jusqu’alors établies.

Parmi ces troubles mentaux nouveaux, souvent définis comme des malaises vagues et mal définis, Lasch distingue clairement l’apparition en force d’un narcissisme de type pathologique qui s’est cristallisé tout au long de la seconde moitié du XXème siècle pour devenir le trait comportemental caractéristique de l’individu moderne. Ce diagnostic repose sur l’hypothèse d’une “continuité existant entre le normal et l’anormal”.

Autrement dit, l’apparition de nouvelles névroses dans les cabinets des spécialistes de psychiatrie, révèlerait en fait une évolution globale de la personnalité dans notre société. Lasch s’est alors appliqué à relever tous les indices d’une prégnance inédite du narcissisme sur notre société. Cette prégnance a remodelé les mentalités contemporaines au point d’avoir permis l’émergence d’une humanité nouvelle qui se reconnaît à “son désir ardent de bien s’entendre avec autrui ; son besoin d’être, même dans sa vie privée, en accord avec les grandes organisations ; sa façon d’essayer de se vendre comme si sa propre personnalité était un produit auquel on pouvait assigner une valeur marchande ; son besoin névrotique d’être aimé, rassuré et de se gratifier oralement ; l’aisance avec laquelle ses valeurs peuvent être corrompues.”

L’homme contemporain vit désormais sous le régime implacable de l’obsession de soi, se considère libre parce qu’ouvert à une sexualité tous azimuts, montre des signes patents d’hypocondrie, craint la dépendance affective, éprouve souvent une incapacité à s’affliger de la peine d’autrui et traverse l’existence dans la terreur de vieillir et de mourir.

Dépourvu d’un “sur-moi” élevé, le narcissique s’avère un individu dénué d’amour propre qui vit exclusivement par le truchement du regard des autres. Alors que la postmodernité chante en boucle le mirage d’un individu libre et émancipé, l’homme postmoderne, par son incapacité à assumer l’altérité solitaire et les relations conflictuelles, se révèle un être profondément conformiste et docile. Ceci explique pourquoi il fuit généralement l’affrontement et la compétition, qu’elle soit sportive ou professionnelle, pour leur préférer les manigances et les tactiques d’évitement. L’écart entre une image de soi innervée par un sentiment de supériorité et d’indépendance et la réalité d’une existence caractérisée par la fuite, l’esquive systématique, l’égoïsme, le renoncement, les petits reniements, la peur du qu’en-dira-t-on, un besoin d’être aimé et un reflexe de repli devant toutes les formes de rivalité alimente dans l’esprit de l’individu moderne de douloureuses frustrations enfouies ainsi qu’un profond sentiment de vide existentiel. Ce tiraillement insupportable cherche alors une évasion dans des formes de pathologie mentale, et notamment celle du narcissisme clinique. A cet instant, le narcisse moderne exprime l’impression nihiliste d’un malaise vague et indéfini, mélange d’une vie non accomplie, d’un quotidien factice strictement subordonné à tous les conformismes dominants auquel s’ajoute l’absence de valeurs propres réellement vécues et d’opinions clairement assumées, qui sont souvent endossées peureusement ou honteusement. Tel est le portrait type, à décliner à des degrés divers et sous des variantes multiples, d’un grand nombre des contemporains auxquels nous nous adressons !


Un nouveau type humain narcissique engendré par la société libérale

Les causes que pointe Christopher Lasch pour expliquer cette mutation survenue dans les psychologies occidentales sont multiples, mais toutes puisent leur élément actif dans les conditions sociales induites par le fonctionnement de la société libérale.

A ce titre, l’individualisme prôné par le libéralisme plonge chaque individu dans la sauvage bousculade d’une société ouverte à tous les conflits possibles et inimaginables. S’en suit un chaos que chacun est fermement sommé d’affronter seul. Ce sentiment de l’individu qui se regarde comme une monade cernée de toute part, notamment par la menace diffuse du tous contre tous, invite en retour le commun des mortels, par réflexe d’autoprotection, à se fondre dans la masse en se pliant aux plus vils des conformismes. C’est en partant de ce constat que Lasch arrive à la conclusion paradoxale que Narcisse, c’est-à-dire l’archétype même de l’individu libéral, s’avère être finalement celui le plus enclin à se conformer “aux normes sociales par crainte d’être puni par autrui”.

A ce titre, “l’éthique d’autopréservation et de survie psychique prend donc racine, non seulement dans les conditions objectives de la guerre économique, dans l’accroissement du taux de criminalité et dans le désordre social, mais également dans l’expérience du vide et de l’isolement.” Par ailleurs, l’idée trompeuse de vivre la fin de l’Histoire vient percuter de plein front l’équilibre familial. Ainsi, “les parents modernes tentent de faire en sorte que leurs enfants se sentent aimés et voulus ; mais cela ne cache guère une froideur sous-jacente, éloignement typique de ceux qui ont peu à transmettre à la génération suivante et qui ont décidé, de toute façon, de donner priorité à leur droit de s’accomplir eux-mêmes. L’association du détachement affectif et d’un comportement destiné à convaincre l’enfant de sa position privilégiée dans la famille constitue un terrain d’élection pour l’éclosion de la structure narcissique de la personnalité.”

Derrière les attitudes crâneuses se targuant de tendre vers un épanouissement immédiat se cache en fait la perception d’une société absurde, dangereuse, et surtout sans avenir ; autant de sentiments inspirés par un narcissisme incapable de s’identifier à une quelconque postérité. Tout se mesurant à la micro-échelle d’une existence étriquée, le fait de prendre des risques pour autre chose que sa survie propre est immédiatement analysé comme un comportement d’idiot. L’homme généreux, l’idéaliste, l’altruiste courageux ou le Saint se voient ainsi relayés au rang de simplets et de grands benêts. De facto, l’attitude narcissique non seulement est regardée comme socialement valorisante, mais constitue aussi, dans un environnement libéral, une des conditions nécessaires à la réussite professionnelle. La spirale peut alors dérouler son cercle infernal dont le terme n’est autre que la mort pur et simple du politique. Tout ceci doit nous inciter à comprendre que nous avons bel et bien changé d’époque et que le capitalisme avancé a, en quelque sorte, modelé une nouveau type anthropologique.


Le militantisme est le chemin de notre propre guérison

En conclusion nous pouvons dire que si l’on déplore que notre époque, rongée par l’individualisme, ne soit plus celle des grands mouvements de masse, force est de constater que le pendant de cette désertion collective fait la part belle aux minorités agissantes.

Avec peu de militants, il est aujourd’hui parfaitement possible d’occuper le vaste champ vierge du politique, à la seule condition toutefois d’aligner des militants parfaitement formés et courageux. Certes, le temps n’est donc pas aux foules en colère (pas encore du moins), mais comprenons bien que ceci le rend d’autant plus ouvert aux menées d’une élite militante pour peu que celle-ci soit déterminée et sérieuse. Mieux vaut donc viser la constitution d’une équipe locale d’une poignée de militants sérieux, disciplinés et capables de tenir un raisonnement individuel que de vouloir réunir cent excités incontrôlables et offerts à toutes les manipulations de l’adversaire.

Si notre époque est à l’élitisme militant, cela implique aussi que chaque militant doit se regarder comme un exemple. Or, le premier des exemples qu’il se doit de donner est celui du courage. Mais ne rêvons pas, le courage ne se décrète pas. Et ceci encore moins lorsqu’il doit être porté collectivement par tout un groupe. A cet égard, seule une solide et véritable chaine de solidarité et d’entraide militante pourra susciter l’éveil en chacun de nous de ce courage. Un courage hautement nécessaire et sans lequel toute entreprise politique est vouée à l’échec. Pour être efficace, cette chaine doit être polymorphe pour s’incarner dans des réseaux et sociétés parallèles dont leur but premier serait l’aide aux militants lésés. Cette chaine passerait par la mise en place de système d’aide à l’emploi, de mutualité d’entraide, de simili-agence immobilière, d’associations de rencontre communautaires, des cercles d’éducation privée faisant coopérer entre elles des familles. Autant cette tâche apparait comme un pont-aux-ânes, autant elle est probablement la plus difficile à mettre en œuvre car elle active chez nous les pulsions comportementales les plus atrophiées par le capitalisme terminal qui nous conditionne. En cela, elle nous invite à nous considérer comme des gens humbles voués à une vie d’abnégation et de partage. Ceci implique donc de louer les vertus d’une éthique en rupture totale avec les valeurs libérales. Ici encore, seule l’exemplarité pourra donner corps à cette éthique nouvelle, sans laquelle tous nos discours seront vains et condamnés à résonner dans le vide. Il ne s’agit donc pas de se mentir en cédant aux sirènes médiatiques ou en ne s’engageant que superficiellement. La politique ne doit pas être abordée comme un hobby mais bel et bien comme l’investissement d’une vie entière. C’est uniquement parce que nous serons exemplaires, en opposant au monde moderne un véritable contre-modèle humain, que nous triompherons.

Le militantisme doit d’abord et avant tout être un engagement intégral si l’on veut qu’il affute en nous les qualités humaines nécessaires. Comprenons bien que la modernité a fait de nous des hommes déglingués, de grands malades qui s’ignorent. Et ce n’est seulement que par le militantisme, dans l’âpreté d’une vie faite de lutte et de don de soi, que chacun d’entre nous trouvera le chemin de sa propre guérison mentale et morale. En quelque sorte, le moyen devient ici la solution. Là, et nulle part ailleurs, se situe la vraie rupture avec le monde moderne ! Quatre mots d’ordre doivent désormais guider nos pas : Détermination, Solidarité, Partage et Courage.

Karl Hauffen


Source
: numéro 12 d'ID Magazine


lundi 10 novembre 2008

Le Jihad dans le sentier de l'Amérique

bismi_lah


Le Jihad dans le sentier de l'Amérique



28216493_m Rissalah du Shaykh Nâsir Al Fahd (hafizahullah)
Tiré de http://www.tawhed.ws/r?i=3294.
Traduit par Al-Mourabitoune.

 

Au Nom d'Allah, Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux.
Louange à Allah, et que le Salut et la Paix soient sur le Messager d'Allah,

Ensuite,

Ces derniers temps, nous avons entendu les nouvelles du Jihad et l'intensification de la résistance contre les croisés en Irak (lit. dans le pays des deux fleuves) et, parallèlement à ça, nous avons pris connaissance de la position de ce royaume surnommé l'Arabie Saoudite vis-à-vis de cette résistance et le refus qu'il affiche de lui apporter tout soutient.

Par ce réquisitoire, je ne cherche pas à prouver la légitimité du Jihad et du soutien qu'il faut lui apporter, mais plutôt de mettre au grand jour l'hypocrisie de cet État par une comparaison simple entre ses prises de position lors du précédent Jihad Afghan contre les russes et ceux de l'actuel Jihad Irakien et Afghan contre les américains.

Premièrement

Les Russes lancèrent une opération militaire de grande envergure en envahissant "uniquement" l'Afghanistan et ils placèrent un gouvernement qui leur était soumis tandis que les Américains ont envahi non seulement l'Irak mais aussi l'Afghanistan, et ils mirent aussi dans chacun de ces deux pays un gouvernement soumis à leur volonté. Et l'État Saoudien n'avait pas reconnu le gouvernement pro-russe à l'époque en Afghanistan, mais aujourd'hui il reconnait ces deux gouvernements pro-américains.

Deuxièmement

L'État Saoudien incita les moujahedine afghans à combattre et les aida matériellement et moralement, tandis qu'il considère les moujahedine en Irak comme des criminels, qu'il menace ceux qui essaient de les aider et qu'il considère tout soutien (aux moujahedine) comme un crime, même si c'est par l'abstrait tel le Qounout et les Dou'aah en leur faveur.

Troisièmement

L'État Saoudien laissa les cheikhs et savants approuver le Jihad Afghan et émettre des fatawa à son sujet, mais aujourd'hui toute fatwa pour le Jihad en Irak est considérée comme un délit, pire, il a mit des savants qui émettent des fatawa interdisant ce Jihad et interdisant d'y participer.

Quatrièmement

L'État Saoudien aida fortement tous les jeunes qui partaient au Jihad (contre les Russes) en Afghanistan, tandis que maintenant c'est un délit d'aller au Jihad en Irak, et toute personne qui essaie de s'y rendre et se fait attraper va droit en prison.

Cinquièmement

Il avait accueilli les chefs du Jihad afghan et leur permettait de donner des conférences sur son sol, mais maintenant il se joint aux croisés et traque les chefs du Jihad en Irak.

Brève conclusion sur ce qui ressort d'une telle comparaison

Lorsque le Jihad en Afghanistan s'effectuait contre l'ennemi de l'Amérique et au profit des intérêts américains, c'était pour l'État Saoudien un Jihad dans le sentier d'Allah, et les cheikhs avaient le droit de donner des fatawa allant en ce sens, et l'on y apportait un soutien tant au niveau matériel que moral, et tout jeune désireux d'y participer avait droit à des facilités et on l'appelait Moujahid.

Mais lorsque de nos jours le Jihad en Afghanistan et en Irak fut établi contre l'Amérique et les intérêts Américains, il devint du terrorisme, de l'outrance et de l'extrémisme, on recherche et on tue ceux qui y participent, on fait emprisonner ceux qui les soutiennent par une fatwa ou de l'argent et a fortiori ceux qui les aident par l'envoi d'hommes, les cheikhs n'ont pas le droit de donner des avis juridiques en ce sens, mais au contraire on donne des fatawa interdisant de s'y rendre et qualifiant les opérations qui s'y produisent comme des actes de terrorisme et non de jihad.

Il est donc clair que cet État ne reconnaît pas de Jihad dans le sentier d'Allah ni autre, en fait il ne reconnaît que "le Jihad dans le sentier de l'Amérique". Ce que les croisés autorisent, ils (les gouverneurs Saoudiens) l'autorisent et le soutiennent, et ce qu'ils prohibent devient interdit.

Mais Allah est souverain en Son commandement, quelque répulsion qu'en aient les mécréants.


vendredi 7 novembre 2008

L'imposture Obama

bismi_lah


L'imposture Obama


inter_081106_obama2Depuis mercredi, des milliers d’hystériques postent des messages hallucinatoires, proche du délire mystique, sur tout ce que la toile compte de forums. Un véritable festival où la bêtise rivalise avec l’aveuglement, cédant ainsi au séducteur Obama.

Chacun se trouve des affinités avec le nouveau locataire de la Maison Blanche, poussant le grotesque à un niveau rarement atteint. Rama Yade osant affirmer : « Ce qui s'est passé là, c'est une chute du mur de Berlin fois dix. Je crois que ce matin, nous avons tous envie d'être Américains ». (obèses ?).

Ce pauvre Bayrou, qui dans une déclaration laisse poindre son envie d’être le futur « Obama français » (fraternité d’oreilles ?), jusqu'à Christine « Colgate » Lagarde, affirmant que Sarkozy, lui aussi, est Obamanoïde, car issu d’une minorité (la hongroise ou celle que l’on ne peut nommer ?)

Et enfin, la réaction du puissant et belliciste CRIF : « Le CRIF espère que le nouveau chef de l'exécutif américain s'opposera avec détermination et sans angélisme aux projets nucléaires du régime iranien fanatique, agressif et négationniste. » (à coups de frappes nucléaires tactiques ?)

Après des semaines de dévastation financière où même en minimisant à outrance l’ampleur de la catastrophe, les médias se trouvent bien obligés d’en rendre compte, ces derniers communient dans la même ferveur pro-Obama, encensant l’Amérique et son nouveau messie aux grandes oreilles, occultant ainsi la dépression à venir, pour un temps seulement.

Oublier l’hégémonie américaine, ses guerres, ses morts, ses mensonges, ses manipulations.
L’Irak, l’Afghanistan, Guantanamo, le Patriot Act. Désormais, il faut croire au « rêve américain » sous peine d’être accusé de racisme ou de nostalgie de la présidence Bush.

Mais quel Obama soutiennent ils ?

L’Obama dont la campagne n’a pas été financée par « des petits dons de petites gens » mais par les lobbies de la finance, de l’assurance et de l’immobilier ? (dont Warren Buffet, l’homme le plus riche du monde, ami de Bill Gates, et pressenti pour être le secrétaire au trésor, l’équivalent de notre ministre des finances)
L’Obama dont la couleur de peau va, probablement, servir à mobiliser l’Amérique des ghettos contre les classes moyennes que le système veut broyer ?
L’Obama qui, allez savoir, instaura dans quelques mois la loi martiale et enverra les GI's mater le peuple plongé dans la misère ?
L’Obama qui bombarderait l’Iran ?
L’Obama qui poursuivra l’agression atlantiste contre la Russie et ses alliés ?
L’Obama qui intensifiera la guerre en Afghanistan ou dès qu’une rafale de Kalachnikov est tirée en l’air, on rase un village ?
L’Obama qui laissera crever cette Afrique qui aujourd’hui sautille de joie dans les rues ?
L’Obama qui maintiendra la présence américaine en Irak ?

Nous prendre pour des cons et poursuivre la politique d’asservissement et de destruction du monde au nom de la sauvegarde des intérêts de l’Empire, Yes he can !

Tout comme les millions de naïfs qui ont cru en Chamberlain agitant un bout de papier à Munich en 1938, promettant la paix au Monde, les millions de crédules en auront pour leurs frais, mais seront-ils aussi mobilisés dans quelques mois pour dénoncer l’imposteur Obama ?

James G.

Source : http://www.egaliteetreconciliation.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=2502&Itemid=108

mardi 4 novembre 2008

Hausse des tarifs pour un passeport

bismi_lah


Forte hausse des tarifs pour l'obtention d'un passeport


passeportL’Assemblée Nationale a voté le texte le 24 octobre, en fin de matinée dans le cadre de l’examen du budget 2009. Le citoyen va payer très cher le passage au passeport biométrique.

En effet pour un adulte, on passe de de 60 à 89 € !

Pour un adolescent, de 15 à 18 ans, cela en coûtera 40 €, soit 15 € de plus qu’aujourd’hui.

Enfin, les enfants passent aussi à la caisse (donc leurs parents). Pour un moins de 15 ans, c’était gratuit…Maintenant, cela sera facturé 20 €.

Pour le gouvernement, c’est le “prix de l’innovation” et surtout cela correspondrait au prix de revient du passeport. Le ministre du Budget Eric Woerth précisé de plus que “la carte d’identité reste gratuite et que l’on n’est pas obligé d’avoir un passeport”.

L’opposition estime de son côté qu’il s’agit d’une nouvelle taxe sur les ménages.

Et oui, alors que l'Etat-voleur offre des centaines de milliards d'euro aux banques privées, le brave citoyen-mouton lui, est appelé à payer toujours plus pour être encore plus surveillé !

Tout va bien, ça s'appelle la démocratie...


samedi 1 novembre 2008

L'islam et la Révolution algérienne de 1954

bismi_lah


L'islam et la Révolution algérienne du 1er novembre 1954



Par Ahmed Ben Bella
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Bismillahi-rahmani-rahim

Si l'on veut comprendre le rapport de l'Islam avec la révolution du 1er novembre 1954, il faut l'intégrer dans une réflexion plus large couvrant la période de l'occupation coloniale. C'est en effet, au rythme d'une révolution armée par décennie que la lutte contre l'occupant français s'est poursuivie sans relâche. La révolution du 1er novembre ne se différenciant de ses précédentes que parce qu'elle fut victorieuse.

La permanence de la lutte

Depuis pratiquement le début de l'occupation coloniale en 1830 et jusqu'à 1847, l'émir Abdelkader leva le flambeau de la libération et mena une lutte souvent victorieuse contre le colonialisme français. Vers 1860, la première révolte armée des Ouled Sidi Cheikh dans le Sud Oranais, menaça sérieusement le présence française en Algérie; lutte reprise en 1882 par les Ouled Sidi Cheikh avec la même intensité. Entre temps, en 1871, éclatait la révolution d'El Mokrani, dans l'Est algérien, qui faillit bien tout emporter. Encore ne s'agit-il ici que des révolutions armées ayant un caractère global, national, voire maghrébin, puisque la lutte de l'émir Abdelkader déterminera un conflit armé entre la France et le Maroc avec la bataille d'Isly qui se déroula non loin de la frontière algéro-marocaine.

Il y eut bien d'autres luttes armées qui, même si elles furent de moindre importance, n'en constituèrent pas moins un sujet de préoccupation sérieux pour le colonialisme français. Le soulèvement du Dahra s'étendit sur plus de 200 kilomètres entre Ténès et Mostaganem et auquel fut lié le nom de Boumaza; le soulèvement de Zaatchas dans l'Est algérien lié au nom de Bouziane; celui de Marguerite près de Miliana, de Flatters dans le Sahara, les soulèvements des Aurès et des environs de Tlemcen en 1914 contre l'institution du service militaire pour les Algériens.

L'énumération qui précède n'a d'autre objet que celui de souligner une permanence : l'élan irrésistible de tout un peuple dans son combat contre l'occupant étranger. Ce peuple paiera un prix effroyablement élevé le droit de redevenir enfin maître de sa destinée. Deux millions d'Algériens et d'Algériennes sur les 4 millions que comptait alors l'Algérie de 1830, seront fauchés lors des 15 années de la lutte menée par l'émir Abdelkader. Récemment, au cours de la Révolution de Novembre 1954 qui prit fin en 1962, sur 8 millions, l'Algérie se verra amputée de 1 million et demi de ses enfants. A ces chiffres astronomiques, il faut ajouter les centaines de milliers d'autres victimes qui ont péri lors des 2 soulèvements des Ouled Sidi Cheikh, en 1869 et 1880, dont chacun dura plus de 2 ans; celles du soulèvement armé de Mokrani qui embrasa presque toute l'Algérie. Qui pourra faire le sinistre décompte de ces morts, de ceux du Dahra, de Zaatchas, de Marguerite, des Flatters, des Aurès et de bien d'autres combats encore...?

La révolution armée du 1er novembre 1954 s'inscrit dans cette mouvance permanente : le refus global d'un peuple à se soumettre, à plier devant la force brutale et meurtrière d'un colonialisme tout puissant, bardé de sciences et de technologies.

L'invariance : l'Islam

Parfois, ce peuple fut obligé de reculer devant la force aveugle et barbare de la supériorité des engins de mort lancés contre lui; ses ressorts, tendus à l'extrême, avaient besoin, de temps en temps d'une pause, pour ne pas se rompre, pour ne pas se briser définitivement. Mais, répondant à un appel lancinant, parfois ténu, surgi du plus profond de lui-même, le peuple algérien fit face à son destin, reprenant aussitôt son combat pour renaître, pour imposer son droit à la vie. Pour cela, il dût puiser cette volonté de lutter et de combattre dans les limites extrêmes de ses sources physiques et morales. Un facteur irrigua en permanence ce comportement, impulsa ces ressorts mentaux: l'Islam. Dans ce terreau fécond s'ancrent nos motivations profondes, nos latences. C'est notre sanctuaire. Quand il nous faut accomplir un geste capital, un effort suprême, quand le mur de nos certitudes s'effondre, que les coups pleuvent sur nous et que notre être profond est menacé, c'est vers ce sanctuaire que nous nous tournons, que nous cherchons refuge, pour reprendre notre souffle, pour puiser la force de poursuivre le combat.

C'est là une réalité qui a fait, qui fait, la texture même de notre vie. Si la colonisation a finalement échoué, cela est dû à un fait irréfragable : l'Islam. Qui n'a pas compris cela, n'a rien compris à la révolution algérienne, n'a pas saisi l'intelligence profonde des événements qui se sont déroulés sur notre terrain. On peut arguer d'autres facteurs qui y ont contribué, en premier lieu, le génie de notre peuple. Certes le peuple algérien cultive une qualité suprême; il est de ceux qui savent dire : Non! Et l'on sait combien les refus, plus que les acquiescements, sanctionnent un sort et déterminent une destinée. "Garde le Mim, et le Mim te gardera" (Min est la première lettre de la négation et du rejet en arabe); c'est tout un peuple aux côtés des Hachems de Abdelkader qui lancera ce dicton à la face du général Bugeaud en 1841. On pourrait énumérer encore bien d'autres traits de caractères innés de notre peuple admirablement doué dans les grands moments. Mais ce ne sont point ces traits caractéristiques, à eux seuls, qui peuvent expliquer toute une histoire, ni encore moins la fonder. Le levier puissant, c'est la base indestructible de notre archéologie, l'élément essentiel de ce subconscient si bien décrit par Jung, de notre psyché, enfoui au tréfonds de notre être et qui, pourtant, commande notre vie.

Ce qui précède a pour but de situer d'emblée le cadre de notre recherche, le sens profond de sa problématique. Ce cadre peut certes, paraître arbitraire, trop exigu, s'agissant de ce qui nous intéresse. En effet, comment traiter de la révolution algérienne sans traiter des causes de la colonisation, de la période turque qui l'a précédée; de la course dans le bassin méditerranéen, et, plus loin, des rapports du monde de l'Islam avec la chrétienté. Les rapports, principalement avec l'Espagne, l'histoire de l'Andalousie musulmane, de la reconquista et l'occupation de Tanger, de la côte nord-africaine par les Portugais, mais surtout par les Espagnols, les enclaves de Mers El Kebir, Oran, Djidjelli, Bône, Djerba et Tripoli qu'ils ont souvent occupées; ces rapports ne forment-ils pas la trame serrée des faits qui vont peser d'une manière décisive sur ce qui se passera par la suite?

Nous voilà ainsi contraints d'élargir le cadre de nos investigations, de fixer avec rigueur un cheminement, de remonter davantage dans le temps et l'espace. Cela seul permet un jugement autorisé. Depuis 13 siècles, le facteur islamique est le noeud gordien de nos latences, le noyau dur de notre identité. Nous sommes le produit des défis qu'il a subi ou fait subir. Le rapport avec le monde chrétien qui fut souvent un rapport d'affrontement n'a pas peu contribué à façonner notre histoire et à dessiner les contours de notre monde actuel. Mais ce rapport n'est pas linéaire, n'est pas fait seulement d'affrontements. Il y eu aussi de grands moments de synthèse, d'ouverture vers l'autre, d'espaces ouverts pour plus de compréhension. Ils coïncident avec les grands moments de notre histoire tout court. Des patrimoines universels, tels les enseignements d'Aristote, de Platon ou de Socrate, par exemple, furent sauvés de l'oubli par les musulmans. Des micro-systèmes culturels virent le jour, tels ceux d'Andalousie, du Grand Mogol ou de la Sicile. C'est là que la quête humaniste prendra mille couleurs, où l'ode à la joie de Schiller eut les échos les plus profonds.

Notre vie, celle de ceux qui nous ont précédé, a été faite de ces moments d'affrontement ou de paix, de négation ou de compréhension; ils viennent s'y fixer en contrepoint pour laisser au fond de nous des marques indélébiles. Un parfum puissant propre à l'Islam, à son génie, à ses constituants essentiels et à son âme s'en dégage. Nous le découvrons également lorsque l'affrontement ou l'apaisement ont un caractère intérieur. Car le monde de l'Islam n'a pas eu seulement affaire à l'autre, celui qui occupe la sphère étrangère; il a eu aussi affaire à lui-même, à ce qui se produisit dans sa sphère intérieure. C'est là une équivalence qui nia pas été suffisamment soulignée. C'est ainsi que la querelle intérieure s'est toujours posée au nom de l'Islam, d'un Islam plus pur, plus authentique. Elle s'est toujours située à l'intérieur, jamais en dehors de l'Islam. C'est là un fait rare, sinon unique, dans l'histoire des hommes.

L'événement du 1er novembre 1954 n'est unique que par le fait qu'il a, cette fois, été sanctionné par la victoire. Il n'est, en lui-même, qu'un continuum des soulèvements armés précédents qui se sont régulièrement succédés au rythme d'un soulèvement, voire de deux soulèvements par décennie, il est le continuum d'une même grande querelle de l'histoire et animé des mêmes motivations.

Les Zaouiyas, âme d'une résistance

Avec l'affrontement du pouvoir ottoman en Algérie, le peuple algérien se mobilise pour faire face à cette nouvelle situation. La résistance s'organise aussitôt autour des confréries religieuses. Ce sont elles qui vont devenir l'âme de cette résistance, respectant en cela une longue tradition. l'origine de ces confréries remonte en effet au VIIIe siècle, alors que des croyants musulmans, engagés dans le djihad, décidèrent de se rassembler en un ribat (ou lien), dans un lieu choisi pour y mener une vie consacrée exclusivement à Dieu et pour combattre dans sa d'oie. Le ribat est d'ailleurs à l'origine des ordres religieux qui se multiplièrent par la suite dans la chrétienté. De ribat, dérive le nom de Marabout (ou celui qui est lié), ce nom ayant donné lieu, du reste, à Rabat, l'actuelle capitale du Maroc.

Au XVe siècle, la notion de ribat prit une grande ampleur au Maghreb, et, sous l'impulsion de chefs spirituels, de nombreuses confréries virent le jour: Tidjaniya, Rahmaniya, Derqaoua, Qadiriya, Djazouliya, Senoussiya etc. Furent également créées des maisons-mères ou zaouiyas. La zaouiya est une véritable institution. C'est autour d'elle que s'ordonne un peu la vie de la région : lieu de prière, de Dhikr (rituel de litanies particulières à chaque zaouiya, à chaque ordre religieux), on y dispense aussi un savoir religieux, et en premier lieu, l'apprentissage du Coran. Mais c'est là aussi que se règlent les conflits, petits et grands, qui surgissent au sein de la communauté, que s'organisent les travaux communs dans les champs etc. Les zaouiyas rayonnent à travers tout le pays et, parfois, hors des frontières, par des institutions relayant la maisonmère, par les Moqqadems, porteurs de son message à ses disciples ou Khouans. Elles constituent un véritable filet enserrant dans ses mailles tout le corps social du pays. Les services fournis par les confréries religieuses sont en principe gratuits et elles vivent grâce aux dons des Zakat ou des Sadaqat.

On a parfois des difficultés à concevoir l'étendue du pouvoir détenu finalement par ces confréries à travers leur réseau d'institutions, des Moqqadems et des Khouans sur les populations rurales et également - encore qu'à un degré moindre-sur les populations citadines. C'est ainsi que les campagnes baignent dans une spiritualité intense, parfois très pure. De là, les nombreux démêlés et avatars des zaouiyas avec la puissance publique et le pouvoir. De là aussi, l'inclinaison de ce dernier à tenter d'en faire des instruments au service de ses desseins. C'est en tout cas ce que s'attachera à faire le colonialisme français, non sans succès parfois.

Le débat sur le contenu

Les confréries religieuses, leurs pratiques religieuses et le contenu de l'Islam qu'elles véhiculent font problème. Elles ont donné lieu à un débat inépuisable qui se poursuit de nos jours encore, bien qu'elles se rattachent à des grands noms, de Salihines, dont la pureté, l'élévation d'esprit et l'ascèse sont unanimement reconnues et respectées de tous. Mais, l'attachement qui confine à l'adoration de ces saints hommes par les fidèles Khouans, certaines pratiques comme les visites aux mausolées, les élevant en instance suprême, en intercesseurs auprès d'Allah, enfreint au dogme essentiel de l'Islam de l'Unicité ou Tawhid; cela aggravé parfois par un charlatanisme aberrant. D'où une forte réaction du mouvement réformiste de la Salafiya impulsé par Abdou en Égypte et son association des oulémas. Réaction dont la critique puise ses arguments dans les enseignements d'Ibn Teymiyah, le grand réformateur du XIIe siècle. Critique également formulée par le wahhabisme et son maître à penser Mohammed Ben Abdelwahhab.

En Algérie, cette réaction prit souvent une forme de confrontation exacerbée. Poussée trop loin, elle parut, un moment, jeter une confusion dangereuse relativement au problème des priorités, des urgences. Fallait-il accorder la priorité à la lutte contre le colonialisme, ou s'attaquer d'abord à purifier le dogme, et, par voie de conséquences, à affronter les confréries ? C'est là un débat qui conduirait, si nous voulions l'engager, à des développements dépassant le cadre de ce propos. Toutefois et selon notre point de vue, l'histoire a déjà tranché.

Ces distorsions n'ont pas empêché les confréries religieuses et surtout leurs disciples, de rejoindre massivement les rangs de la révolution armée du 1er novembre 1954 dont l'ossature cela tout le monde en convient fut surtout campagnarde. Le mysticisme populaire distillé par les zaouïas et dans lequel baignaient les campagnes algériennes, constitua un levier puissant en faveur de la lutte armée, et cela dès les débuts de la révolution, alors que le mouvement salafi marquera de fortes réticences, pour ne pas dire réprobations, ne rejoignant le F.L.N. que plus d'une année après le déclenchement de la révolution.

En 1830, et alors que commence l'ère de l'occupation coloniale, ce sont les confréries, et autour d'elles tout un peuple, qui organisent la résistance ou colonialisme.

La Kadiriya : l'émir Abdelkader

Cette première résistance s'étendra de 1832 à 1847. Un homme exceptionnel incarne l'âme de cette résistance : Abdelkader; qui appartient à la confrérie de la Kadiriya du douar El Guetna, non loin de Mascara, dans l'Ouest algérien et au Sud d'Oran. En Avril 1832, les tribus se réunissent pour se fédérer et proclamer le djihad (guerre sainte) pour chasser les troupes françaises d'Algérie. Le 21 novembre 1832, ces mêmes tribus se réunissent à nouveau pour choisir un chef. Elles demandent à Si Mahieddine, chef de la zaouiya de la Guetna, de désigner son fils, Abdelkader. A 24 ans, Abdelkader devient le chef de la résistance algérienne. "Si j'ai accepté le pouvoir, dit-il, c'est pour avoir le droit de marcher le premier et de vous conduire dans les combats de Dieu. Je gouvernerai le Livre de la Loi à la main, et, si la loi l'ordonne, referai moi-même, de mes deux mains, une saignée derrière le cou de mon frère". Pendant 15 années, il s'en tiendra à une stricte application de ce principe. Quant à la guerre contre l'occupant français, il la mène au nom du djihad, pour la gloire de Dieu.

Des stances de la veine populaire, conservées par la mémoire collective, exaltent le combat : "C'est moi qui suit El Hadj Abdelkader, fils de Mahieddine, il importe peu que mas sachiez mon nom, je ne vise point à la grandeur... Je ne veux aucun des prestiges auxquels vous pensez... Nous entrerons dans Alger, nous chasserons le kafir...".

Abdelkader organisera le pays en fonction du combat; mais laissons la parole à Louis Lataillade qui en fait la description suivante : "En 1839, le sultanat est divisé en 8 grandes provinces dirigées par les khalifas. A l'intérieur de chacune d'elles, des territoires commandés par les aghas. Puis viennent les tribus avec leurs caïds, des fractions de tribus avec leurs cheikhs. Tous les fonctionnaires sont payés en argent et en nature, de manière à éviter les exactions. Ils ont prêté serment, prélèvent les impôts, la "zakat" sur les bestiaux, l'"achour" sur les moissons. Tout individu qui s'estime lésé a le droit d'en référer à Abdelkader. Les cadis rendent la justice et, en période d'opérations, l'un d'entre eux assisté de 2 'adouls- ses assesseurs - accompagne chaque colonne militaire..."

"La morale publique est étroitement surveillées; la prostitution, le vin, les cartes et même le tabac sont interdits. L'instruction est encouragée par les "zaouiyas..."

Azan, l'un des biographes de l'émir, écrit : "En administration indigène, Bugeaud n'a été que son disciple... L'illustre maréchal si infatué de sa personne, a eu la loyauté de qualifier Abdelkader "d'homme de génie" du haut de la tribune de la Chambre des députés".

Le maréchal Soult ajoutera, pour sa part : "Il n'y a présentement dans le monde que 3 hommes auxquels on puisse légitimement accorder la qualification de "grands" et, tous trois appartiennent à l'Islam. Ce sont Abdelkader, Mohamet Ali et Chamyl". Chamyl est ce héros circassien qui va arracher aux Russes l'indépendance de son pays.

Le pays tout entier est galvanisé, au nom du djihad, dans cette lutte contre l'occupant français. Les dirigeants français tentent alors de s'attaquer à la notion même du t djihad, de la vider de son contenu. Grâce à Léon Roches, l'un des transfuges français ayant rejoint l'émir, allant jusqu'à un simulacre d'islamisation avant de fuir et d'apparaître pour ce qu'il était en réalité : un espion français, une fatwa put être obtenue des universités de la Zitouna er d'El Azhar. Elle était rédigée ainsi :

"Quand un peuple musulman dont le territoire a été envahi par les kouffars, les a combattus aussi longtemps qu'il a conservé l'espoir de les en chasser, et quand il est certain que la continuation de la guerre ne peur amener que misère, ruine et mort pour les musulmans, sans aucune chance de victoire, ce peuple, tout en conservant l'espoir de secouer leur joug avec l'aide d'Allah, peut accepter de vivre sous leur domination, à la condition expresse qu'ils conserveront le libre exercice de leur religion et que leurs femmes et leurs filles seront respectées".

Cette fatwa, qui a trouvé des oulémas pour accepter de l'écrire, ne produira pas les effets escomptés. Le peuple, sous la conduite de l'émir, poursuivra sa lutte sans désemparer.

Abdelkader remportera plusieurs importantes victoires contre l'ennemi français dont l'armée sera défaite au cours de batailles mémorables. A la Macta d'abord, puis à la Tafna. Il luttera ainsi sans répit durant 15 années avant que le sort des armes ne lui soit défavorable. Son combat s'achèvera en 1847, et, après quelques années d'exil, il obtiendra enfin la permission de se rendre avec sa famille en terre d'Islam, à Damas, où il finira ses jours. Disciple mystique d'Ibn 'Arabi, il laissera en outre des écrits d'une haute spiritualité, notamment un Diwan où il écrit :

"Je suis Dieu, je suis créature, je suis seigneur, je suis serviteur;
"Je suis le Trône et la nature qu'on piétine; je suis l'enfer et je suis l'éternité bienheureuse.
"Je suis l'eau, je suis le feu; je suis l'air et la terre;
"Je suis le "combien" et le "comment".
"Je suis la présence et l'absence; Je suis l'Essence et l'attribut; je suis la proximité et l'éloignement; "Tout est mon être; je suis le Seul, je suis l'Unique".

Zaatchas; Mokrani et cheikh El Haddad;
les Ouled Sidi Cheikh et Bouamama

La lutte menée par Abdelkader à peine terminée en 1847 que Zaatchas, dans l'Est algérien, se soulève en 1849. Sous la direction de Bouziane, son chef religieux, cette petite ville mènera un combat héroïque. D'abord tenue en échec, l'armée française mettra 2 années pour en venir à bout, non sans difficulté. Il lui faudra se battre maison par maison. Pas âme qui vive n'échappa au terrible carnage. Pas un homme, pas une femme, pas un vieillard, pas un enfant ne survécut au massacre.

Seuls, rapporte la chronique, les chiens qui, condamnés à errer dans les campagnes alentour et devenus "sauvages", s'attaquèrent aux convois de l'armée française, des années durant.

Les troupes coloniales durent lutter de 1849 à 1852, pour parvenir à occuper la petite Kabylie, mais ce n'est qu'en 1853 que la France put y asseoir son autorité.

En 1864, éclate la révolte des Ouled Sidi cheikh, dans le Sud oranais, qui, sous la direction de leur zaouiya, mettra en danger la présence française en Algérie. Ce n'est qu'après 6 années de combats acharnés que l'armée française parviendra à juguler cette révolte.

En 1869 l'administration militaire fait place à l'administration civile. C'est désormais le règne des colons et les débuts du système de la "colonie de colonisation" qui va mettre l'Algérie en coupe réglée. Si jusqu'ici l'espoir d'une Algérie redevenant elle-même avait persisté, il s évanouissait avec la mainmise des colons sur les terres algériennes. Hugonnet, un général français lucide écrivait le 25 mai 1869 : "La question des Arabes est complètement coulée. Il leur faudra bel et bien ou mourir ou s'expatrier ou prendre la blouse et subir comme salariés la loi du plus fort et du plus roué... Se réveilleront-ils pour le dernier coup de fusil ? Je le souhaite pour leur bonheur...".

Avec El Mokrani qui, en 1871, fera parler la poudre, l'honneur est sauf, général...

C'est en effet le 14 mars 1871 que, sous la direction du bachagha El Mokrani est déclenchée une insurrection dont l'inspirateur et l'âme sera le cheikh El Haddad et la confrérie des Rahmaniya. El Mokrani entraîne derrière lui 150.000 guerriers. Mais la disproportion des forces en faveur des troupes françaises est trop grande; celle des armements l'est davantage, et, l'insurrection échoue. L'administration coloniale frappe fort : près de 50.000 hectares de terre son confisqués et inflige une amende, considérable à l'époque, de 30 millions de francs, sans compter les déportations en Nouvelle-Calédonie.

En 1882, ce sont encore les Ouled Sidi Cheikh qui se révolteront, avec à leur tête, Bouamama. L'insurrection qui sembla un moment, proche de la victoire, échouera finalement après 2 années de combats. Ainsi, de 1864 à pratiquement 1884, 20 années durant, la lutte menée par les Ouled Sidi Cheikh s'était poursuivie.

Le combat contre l'occupant, même s'il revêt un caractère moins intense, n'en continuera pas moins dans le Sahara, lors de l'affaire Marguerite, près de Miliana. Une forte effervescence gagnant le pays à la veille même de la Première Guerre mondiale, alors que les populations algériennes refuseront la conscription et le service militaire obligatoire. Ce fut le cas dans les Aurès et à Tlemcen où 800 personnes choisiront de s'exiler en Syrie pour échapper à cette mesure.

Mais 1945 annonce le 1er novembre 1954

Trente ans à peine séparent ces derniers événements de ceux de 1945 où, à Sétif, Guelma, Kherrata, Héliopolis, 45.000 Algériens trouveront la mort. Et cela au moment même où l'Europe célèbre sa victoire sur l'Allemagne. Victoire dans laquelle les Algériens et lus généralement, les Maghrébins prirent une part importante.

Neuf ans plus tard, enfin, est déclenchée la révolution armée, cette fois victorieuse, du 1er novembre 1954. Après 7 années et demie de lutte, la longue nuit coloniale prenait fin. Le peuple algérien devenait indépendant.

Dans cette longue errance du peuple algérien à la recherche de lui-même, à travers plaines, collines, déserts sablonneux et montagnes, dans ce long parcours parsemé de larges flaques de sang, où l'Islam fut toujours le recours suprême, les confréries religieuses jouèrent un rôle prépondérant. Il n'est pas question de faire ici l'apologie du contenu de l'Islam qu'elles véhiculaient. Non, nous voulons avant tout poser les termes d'une histoire lucide, sans l'encombrer de jugements péremptoires, voire simplistes. Un homme qui nous observe depuis longtemps, Jacques Berque, a dit avec perspicacité : "On aurait tort... de considérer que les diverses formes que revêt alors le mysticisme populaire engagent la totalité de l'Islam maghrébin. Généralement réservé à l'égard du sophisme et des observances locales, l'Islam des oulémas se manifestait aussi vigoureusement, surtout, mais pas seulement dans les villes".

"Appuyé par une grande tradition, redouté et cultivé par le pouvoir colonial. Il pourvoyait généralement aux grandes charges de la "khotba" ou ""prône hebdomadaire", de la Judiciaire" qâdâ ou de la consultation doctrinale "iftâ". Ses dignitaires auront joué, par la force des choses, un rôle d'intermédiaire ou de tampon entre la masse des croyants et les autorités, soit du Beylik ottoman, soit plus tard de l'établissement français. Un tel rôle les engageaient évidemment à des compromis. Cet Islam là, quelque fut sa valeur doctrinale ou morale, entrait dans le siècle et s'exposait à la récupération, tandis que l'Islam maraboutique et confrérique pouvait, lui, se tapir dans des refuges et manifester à l'égard des officiels quelque réserve ou même occasionnellement la révolte.
Ces diverses attitudes, oscillant entre Intransigeance et la collaboration, ne peuvent être correctement appréciés que compte tenu des milieux, des périodes, des circonstances. Elles défient donc tout jugement péremptoire.

"Disons seulement qu'à l 'encontre d'une opinion très répandue aujourd'hui, l'Islam des marabouts et des confréries a généralement assumé, pendant un demi siècle au moins après la conquête d'Alger, une résistance violente ou sournoise, dont l'Islam citadin, par la force des choses, était généralement incapable. Le soulèvement du marabout kabyle Bel Haddad de l'ordre des Rahmaniya (1871), le massacre de la mission Flatters à l'instigation du sénoussisme (1880) illustrèrent dramatiquement entre autres, cette résistance de l 'Islam confrérique et maraboutique à l'impérialisme. Et cela au point de provoquer jusque dans l'imagination française un durable ébranlement. Il est vrai cependant que, par une sorte d'ironie de l'histoire, un ralliement assez général de ces forces, se dessina vers la fin du siècle. Une génération encore et la majorité des marabouts et cheikhs étaient tenus, sans grande chance d'erreur, pour des auxiliaires de l'administration, tandis que les oulémas, surtout citadins, tiraient les premières conclusions de la modernité, marquant ainsi une étape dans la voie de la restitution nationale. J'insistai plus haut sur la convertibilité réciproque des modes. Elle produit, d'époque en époque, des configurations nouvelles et les plus curieux chassés-croisés. La situation que je voudrais évoquer pour finir est toutefois antérieure, et de beaucoup, au retournement de la fin du XIXe siècle. De l'émir Abdelkader, préposé Qâdirite, à Bouamama, en passant par le Medhi Boumaza, par l'illuminé des Derqâwa qui manqua s'emparer un jour de la redoute de Sidi Bel-Abbès, par d'innombrables autres Mehdis, par l'insurrection de la tribu maraboutique des Ouled Sidi Cheikh, par celle de Mokrani et des Rahmaniya Kabyles - bref 50 ans de chronique haletante et sanglante font ressortir, en conjonction avec d'autres facteurs ou dans un isolement épique, la vitalité toujours active de cette sorte d'Islam et les responsabilités qu'il savait prendre à l'égard de l'impérialisme... la société indigène ne reste nullement passive. . . contre les disgrâces qu'elle subit, elle déploie un dynamisme de sauvegarde. Mais trop souvent c'est un dynamisme inversé. contre l'éclatement, la distorsion, l'humiliation, la vieille culture se mobilise sous son signe le plus unanime. La religion prend en charge les attitudes de rassemblement, de récollection... on s'explique que l'initiation confrérique, aux yeux de beaucoup, offre à l'histoire malheureuse une réponse apparemment adéquate... La religion maîtresse du verbe et du souffle, rend au colonisé la conscience d'une identité imprescriptible... Dans les zones où le convoque l'enseignement des cheikhs, plus d'outrage à essayer, plus de bassesses à commettre, plus de bassesses à commettre, plus de mensonges à consentir, plus de bas intérêts à servir, à commencer par les siens propres. Le fidèle, en ce dialogue orgueilleux et humilié, ranime au fond de lui-même l'invariance qui, peut être un jour lui rendra l'histoire par surcroît".

La lutte sous sa forme moderne :
l'Étoile Nord- Africaine

Ce que dit Jacques Berque est important. Cette invariance, tantôt fracassante dans le bruit des combats, tantôt souterraine, va resurgir sous une forme moderne avec la création de mouvements politiques dès la Première Guerre mondiale. C'est le propre petit-fils de l'émir, Abdelkader, l'émir Khaled, qui initie cette nouvelle voie en devenant président de "l'Étoile Nord Africaine", mouvement politique créé en 1926 et regroupant des dirigeants maghrébins. Messali, lui, succédera peu après. Un événement considérable occupe alors l'horizon du Maghreb : la lutte de l'émir Abdelkrim, "notre précurseur" diront Ho Chi Min et Mao Tsé Toung. Abdelkrim qui remporte une victoire écrasante sur les Espagnols à Anoual, faisant 10.000 prisonniers et parvient à faire chanceler la présence française au Maroc. Ce n'est qu'en alliant leurs forces que l'Espagne et la France parviendront péniblement à endiguer l'élan impétueux des moudjahidine d'Abdelkrim.

L'Étoile Nord Africaine, tout d'abord proche du parti Communiste, s'en démarquera, affirmant plus nettement les thèses indépendantistes, alors qu'à l'origine elle avait été créée pour "la défense des intérêts matériels, moraux et sociaux des musulmans nord africains". Dissoute en
1929 parce qu'elle revendiquait l'indépendance pour l'Afrique du Nord, elle reprit son activité en 1935 pour être à nouveau dissoute le 26 janvier 1837.

"L'Étoile, dira Charles André Julien, se distingua des autres partis indigènes par une doctrine à base essentiellement religieuse. . . qu'elle propagea par son journal publié en français "El Ouma"...
L'assemblée générale du 18 mai 1933 précisa son programme. Sur le plan religieux, elle proclama la fraternité et l'unité de l'Islam, affirmée par ses délégués au Congrès Islamo-Européen de Genève du 12 septembre 1935... Sur le plan national, elle revendiqua la reconnaissance de la langue arabe comme langue officielle...".

La situation qui se développe en Afrique du Nord va conduire l'Étoile Africaine à redoubler d'efforts dès 1933. Des manifestations se déroulent en Tunisie contre les naturalisés français, également à Rabat et à Fez contre la promulgation du dahir berbère qui tenta de soustraire les berbères à la législation islamique. L'Algérie ne fut pas en reste avec des manifestations à la suite d'une interdiction aux oulémas de prêcher dans les mosquées.

A l'Assemblée générale qui se tint en mai 1933, des statuts furent élaborés, et un programme adopté, il fut retenir ceci pour ce qui est de la section algérienne : "Notre programme... doit être considéré par nous comme un pacte national liant l'ensemble de la population musulmane algérienne, travaillant avec dévouement et abnégation pour la défense de nos intérêts, nos revendications Médiates et l'indépendante de notre pays.

"Pour notre salut, pour notre avenir, pour occuper une place digne de notre race dans le monde, jurons tous sur le Coran et par l 'Islam de travailler avec acharnement pour sa réalisation et pour son triomphe final.

"Ce programme politique pour l'Algérie est à peu près le même que celui du Maroc et de la Tunisie, évidemment en tenant compte de la position générale de ces deux pays et de leur constitution politique".

En 1934, lors d'un meeting organisé à Paris, l'Étoile Nord-Africaine fait voter une motion qui dit en particulier : "Les musulmans nord-africains, au nombre de 3500 le 19 août 1934, à 14 h 30. . . Après avoir entendu l'exposé des divers orateurs, approuvant sans réserve l'action de l'Étoile Nord Africaine et se déclarant prêts à la soutenir par tous les moyens. Ils stigmatisent avec force la provocation de l'impérialisme français laquelle a engendré à Constantine un drame sanglant. Ils affirment leur solidarité effective et agissante avec les victimes de la répression. Ils déclarent approuver entièrement la fière attitude de nos coreligionnaires qui ont relevé le défi et répondu à la profanation de la mosquée musulmane, à l'insulte des fidèles et de notre vénéré Prophète. Ils s'élèvent hautement contre l'incarnation de plusieurs centaines de nos coreligionnaires innocents et réclament avec force leur libération immédiate, la levée de l'état de siège et de séparent aux cris de : A bas le code infâme de l'indigénat ! A bas les lois d'exception ! A bas la commune mixte du mouchardage de la rue Le Comte ! Vive la lutte émancipatrice des musulmans nord africains ! Vive l'indépendance de l'Afrique du Nord ! Vive l'Islam !".

L'action de l'Étoile, initiée en France, va se transplanter sur le terroir nord-africain en éclatant sous la forme de Néo-Destour en Tunisie, de l'Action Marocaine au Maroc et du Parti du Peuple Algérien (P.P.A.) crée le 11 mars 1937. Le P.P.A. sera d'ailleurs presque aussitôt dissout et ses dirigeants, dont Messali, arrêtés. La coloration arabo-islamique plus prononcée du P.A.A. et de l'Association des oulémas qui est créée en 1931 est, pour une grande part, due à l'influence de Chekib Arslan qui entretient des rapports suivis avec les mouvements nationalistes et religieux en Afrique du Nord. Réfugié à Genève après des déboires avec l'impérialisme français, il fut formé à l'école de Djamal Eddine El Afghani, de Abdou et de Cheikh Reda. Cet homme nommé le "prince de l'éloquence" et qui fut à la tête de la délégation permanente à Genève du Comité syro-palestinien, fondé au Caire en 1921, va jouer un rôle prépondérant dans les événements qui se dérouleront en Afrique du Nord. "En servant d'arbitre dans les confits musulmans, dit de lui Charles-André Julien, en adressant aux chefs de partis des directives permanentes ou des solutions de cas litigieux en multipliant les articles et les correspondances particulières; en publiant une revue en français "La Nation Arabe" largement diffusée de Java au Maroc parmi les élites à qui elles fournit des documents commentés et des bases doctrinales. Chekib Arslan fit de la maison de l'avenue Ernst Hentsch, où il avait installé son bureau d'information, l'ombilic du monde musulman... Singulière personnalité que celle de ce féodal libanais, qui, de son bureau de Genève, distribua 18 ans durant, les mots d'ordre à l'Islam méditerranéen et dont influence survit à toutes les compromissions... Nul plus que lui ne contribua à répandre l'idée que l'Algérie, la Tunisie et le Maroc sont des éléments de la communauté musulmane à laquelle l'unissent la religion, la langue et la culture".

En vérité, Chekib Arslan, qui fut grand à bien des égards, ne répandit point cette idée. Il ne fit qu'oeuvrer à sa résurgence, spectaculairement. Car, de l'émir Abdelkader à El Mokrani et Cheikh El Haddad, de Bouziane des Zaatchas à Boumaza du Dahra, à Bouamama et les Ouled Sidi Cheikh, à tant et tant d'autres pour finir à Messali et cheikh Ben Badis, cette idée même était la semence enfouie aux tréfonds de nous-mêmes, elle impulse nos flux vitaux, détermine l'axiologie de nos mouvements essentiels, nous habite littéralement.

Mahfoud Kaddache dans son livre Histoire du nationalisme algérien, énonce cette vérité relativement au rapport du contenu idéologique du discours de l'Étoile et de l'influence de Chekib Arslan : "...Cette approche du nationalisme arabe, sa prudente réserve à l'égard du communisme sont importantes, à notre avis, si l 'on veut saisir la complexe évolution du nationalisme algérien qui puisait sa source idéologique dans les deux courants, prolétaire et spirituel. Les travailleurs émigrés formés au dur combat de la réalité ouvrière, restaient sensibles au message qui venait de ce qui représentait leur passé et leur attachement à la civilisation arabo-islamique. Ce qui évoquait Damas, Bagdad et le Caire restait pour eux sacré. On le verra plus concrètement lorsque Chekib Arslan, guide du nationalisme arabe, accueillera à Genève Messali et prendre fait et cause pour l'Étoile Nord Africaine".

La filiation orientale

La filiation remonte plus loin encore. Les idées de la Nahda (ou renaissance) qui tire sa substance des enseignements de Ibn Teymiyah ce savant théologien du Houran en Syrie , enseignement repris par Mohammed Ben Abdelwahhab et le wahhabisme dès la moitié du XVIIIe siècle et dont la mis à jour sera faite par Djamal Eddine Al Afghani, Abdou et Cheikh Reda a atteint, par ondes concentriques de plus en plus larges, les confins de l'Afrique du Nord. Le cheikh Abdou fera d'ailleurs deux voyages en Afrique du Nord au début des années 1900. Mais les flux d'idées et de personnes eurent un caractère permanent entre le Moyen Orient et le Maghreb. Dès 1911, le peuple libyen, se solidarisant avec la Turquie et le calife installé à Istanbul, mènera une lutte de résistance contre l'Italie qui déclare la guerre à la Turquie et se propose d'occuper la Libye. Cette résistance durera plus de 20 ans et sera l'une des plus longues, des plus sanglantes et des plus sanglantes et des plus héroïques luttes de libération de notre temps. Elle évoque la très belle figure de Omar el Mokhtar. Des échos de cette lutte sans merci parvenait en Algérie où l'on parlait de moudjahidine prisonniers que l'armée italienne assassinait en les larguant de ses avions. L'un des descendants de l'émir Abdelkader luttait d'ailleurs aux côtés des moudjahidine libyens. Et je me souviens que, traversant marocains, lors de la guerre d'Italie, les souvenirs de cette lutte héroïque me revenaient en mémoire.

Presque au même moment, se trouvent à Istanbul, Al Afghani, Abdallah El Nadhim, égyptien transfuge de la révolte d'Orabi et un Tunisien, Ali Bach Hamba qui se propose de préparer une expédition pour libérer le Maghreb. Il joindra ses efforts à ceux de deux autres Tunisiens : Salah Chérif et Ismaïl Sfai, lesquels en 1915 oeuvrent à partir de Berlin pour l'indépendance des pays maghrébins. Un comité sera créé à Genève pour l'indépendance de l'Algérie et de la Tunisie et l'avènement d'une "République Nord-Africaine".

En 1916, ce comité auquel s'était joint Mohammed, le frère de Ali Hamba, crée la revue "Maghreb". La déclaration en 14 points du Président Wilson est l'occasion pour cette revue de réclamer un référendum en Algérie et en Tunisie qui, écrit elle, "ont toujours formé un seul et même pays... Ce peuple algéro-tunisien n'a pas renoncé à son indépendance...".

Le relais est pris dès 1920 avec la création du Destour de Abdelaâziz Thaâbi, au niveau de la référence arabo-islamique avec une veine Salafi très marquée due aux universités de la Zitouna en Tunisie et la Qaraouiyne à Fès avec le grand théologien Faqih Ben el Arabi Alaoui. Allai El Fassi, qui va bientôt jouer un rôle prépondérant dans les événements qui conduiront à l'indépendance du Maroc, est d'ailleurs un 'alem, professeur de la Qaraouiyne. Ben Badis qui, pour sa part, jouera un rôle central dans la renaissance de la langue arabe en Algérie et, plus généralement, dans la réactualisation des valeurs arabo-islamiques symbolisées par la formule "Un pays, l'Algérie; une religion, l'Islam; une langue, l'arabe", est lui aussi un 'alem sorti des rangs de la Zitouna. En Égypte, le parti Wafd de Saâd Zaghloul voit le jour en 1919 et mène une action pour l'indépendance du pays. L'écho des hauts faits de la résistance parvient en Afrique du Nord, attentive à ce combat pour la dignité. Biladi, biladi, ce chant de Sayed Derwiche est le cri de ralliement de tout un peuple. Repris en Algérie par les scouts musulmans, toute une jeunesse en fera le chant nationaliste par excellence. Et les mêmes paroles, les mêmes airs dédiés à la liberté et la dignité entendus au Caire, en Syrie, au Liban, en Palestine et ailleurs dans le Moyen-Orient, sont repris chez nous. A travers les distances, une communion s'établit, un même espoir habite les hommes et les femmes.

C'est dans cette même mouvance, signe précurseur de l'éveil d'une conscience en quête d'une manifestation plus affirmée, qu'avaient vu le jour les mouvements des "Jeunes Tunisiens" en 1907, des "Jeunes Algériens" en 1914 et des "Jeunes Marocains" en 1919. Ils seront relayés plus tard par le Mouvement des Étudiants Musulmans Nord-africains qui fera preuve d'une remarquable constance dans la revendication unitaire. Son histoire est indissociable du mouvement national au Maghreb auquel il fournira certains de ses dirigeants les plus lucides et les plus dynamiques. Les résolutions de son congrès de Tlemcen, tenu en 1935, témoigne de cette revendication unitaire. Sa résolution finale réclame la liberté et la préservation du culte musulman, le renforcement de l'enseignement de la langue arabe et l'étude de "l'histoire de l'Afrique du Nord dans les écoles primaires publiques...". Ces mesures, dit-elle, "ne visent pas à créer une unité factice, non et non. Nous nous employons, par contre, à susciter une unité ancienne que l'histoire a enregistré et dont elle a témoigné". La finalité est le développement de la "conscience de l'unité nationale de l'Afrique du Nord qui se fonde sur une mentalité unifiée, une religion unique et des sentiments communs".

Durant cette maturation politique, deux monuments historiques vont jouer un rôle déterminant. Le premier moment se situe en 1930 avec la promulgation du dahir berbère soustrayant les berbères à la juridiction musulmane. Cette promulgation coïncide avec les fastes de la célébration à Alger du centenaire de la prise d'Alger, alors qu'en Tunisie se tient le Congrès Eucharistique de Carthage. Le colonialisme aveugle et triomphant signe ainsi sa triple agression culturelle.

Le Rif (terre de conquête chrétienne) est sillonné par des missionnaires;

Des enfants habillés en croisés défilent dans les rues de Tunis;

A Alger, un peuple fier assiste aux fastes d'un événement qui insulte sa dignité.

Tout le monde musulman se dresse contre l'infamie du dahir. Ce dahir qui, en Algérie, évoque dans les mémoires la vaine tentative de christianisation poursuivie par le cardinal Lavigerie et les pères blancs. La vague de protestations orchestrée par l'Étoile Nord Africaine, le Destour et les milieux nationalistes marocains, entraînera une rectification au dahir en 1934. La triple agression culturelle et la réaction qu'elle provoque dans les trois pays nord africains aboutira à une restructuration du mouvement national. En Tunisie, un fort courant né au sein du Destour aboutira, après le congrès de Ksar Helal en 1934, à la création du Néo-Destour animé par Habib Bourguiba. Au Maroc, l'Action Marocaine voit le jour en 1934 qui groupe Allal El Fassi, Hassan El Ouazzani, Ahmed Balafrej et Omar Abdeljalil. En Algérie, l'Association des Oulémas est créée en 1931 et l'Étoile Nord Africaine, engendrera, avec sa section algérienne, le Parti du Peuple Algérien en 1937, présidé par Messali Hadj.

Le second moment historique est constitué par la deuxième guerre mondiale dont les conséquences détermineront le mouvement de libération nationale.

C'est après la défaite de la France en 1940 par les forces allemandes que les trois pays d'Afrique du Nord prendront le relais dans la poursuite de la guerre aux côtés des alliés. Le rôle des soldats nord africains dans les combats d'Afrique du Nord, d'Italie et de France-soldats nord-africains qui fourniront de nombreux cadres expérimentés dans les luttes de libération futures-provoquera un saut important dans la conscience nationale. En 1943, se constitue au Maroc le Parti de l'Istiqlal présidé par Allal El Fassi. En 1946, le Néo-Destour tunisien se restructure. En Algérie, le mouvement des Amis du Manifeste voit le jour en 1944. L'idée de l'indépendance est alors reprise par toutes les familles politiques, à l'exception du Parti Communiste. Les Amis du Manifeste regroupent les partis sans de Ferhat Abbas, anciens partisans de l'assimilation, l'Association des Oulémas qui jouera un rôle important dans la réactualisation de l'arabo-islamisme bien que ses positions politiques furent timorées, et le Parti du Peuple Algériens qui impulsera l'action des Amis du Manifeste.

Les événements de mai 1945 et les massacres qui firent 45 000 victimes sous la répression sauvage de l'action conjuguée de l'armée française et des colons français, produisirent une fracture définitive. La question du recours à la violence pour réaliser l'objectif ultime de l'indépendance fut, en partie, tranché à ce moment au sein du P.P.A., mouvement national le plus radical et qui sera à l'origine du 1er novembre 1954.

En 1947, le P.P.A. se transforme en Mouvement pour le Triomphe des Libertés démocratiques en même temps que se créée l'Organisation Spéciale, organisme paramilitaire secret. C'est cette Organisation Spéciale, qui fera le geste historique scellant le sort du colonialisme en Algérie le 1er novembre 1954.

Entre temps, certaines dates doivent retenir l'attention. Elles marquent les étapes d'une ascension, d'un déterminisme qui conduira à l'indépendance des 3 pays d'Afrique du Nord.

En cette même année 1945 marquée par les massacres du Constantinois en Algérie, la Ligue Arabe voit le jour. 1947 voit la création de l'État d'Israël alors que 1948 enregistre la défaite des armées arabes. C'est un autre défi qui se pose aux Arabes. Il va peser lourd dans l'avenir de la région qui ne connaîtra plus la paix. Les développements de cette confrontation s'étendront de plus en plus, affectant même le Maghreb. Ce que symbolisera le dernier bombardement de la Tunisie par l'aviation libyen détourné par Israël et d'autres développement où les USA seront directement impliqués comme lors de l'affaire de l'avion égyptien détourné sur une base italienne de l'OTAN à la suite du détournement du bateau Achille Lauro.

Cependant 1947 est aussi l'année de la création de l'État Islamique du Pakistan.

Dès 1946 et la création de la Ligue Arabe, des dirigeants nationalistes tunisiens vont commencer à s'établir au Caire, initiant une démarche qu'emprunteront les uns après les autres, tous les dirigeants nationalistes du Maghreb. Habib Thameur, Youssef Rouisi, Rachid Driss seront bientôt suivis pas Bourguiba, Allai El Fassi, Abdelkhalek Torres du Rif et Chadli Mekki du PPA algérien.

L'arrivée au Caire de l'émir Abdelkrim en 1947 va donner une impulsion importante au regroupement des Maghrébins pour la revendication de l'indépendance. Il forme, avec les autres dirigeants nationalistes, un Comité de Libération du Maghreb. La charte adoptée réaffirme l'appartenance du Maghreb à l'Islam et au monde arabe.

La création d'Israël en 1947 et la défaite des armées arabes en 1948 sera douloureusement ressentie dans les consciences des peuples arabes. Deux événements vont jouer un rôle considérable dans la lutte de libération Le premier est l'indépendance de la Libye en 1964, le second est la Révolution de juillet en 1952 en Égypte. L'Africa Corps avait abandonné en Libye un armement important et c'est dans cet immense lot d'armes hétéroclites que l'Organisation Spéciale du P.P.A. (Parti du Peuple Algérien) va, après mille difficultés d'acheminement prélever quelques 300 malheureux mousquetons italiens "Statti". Ils seront le détonateur du 1er novembre 1954 qui fera voler en éclat l'édifice colonialiste construit en 132 ans. Nasser et la Révolution de juillet 1952 tout d'abord, puis d'autres ensuite, pourvoiront au reste et permettront à la lutte de se poursuivre et de se terminer par une victoire.

Pendant ce temps, l'Afrique du Nord est entrée en ébullition. La dissolution du ministère Chenik, les arrestations massives de dirigeants tunisiens donnent le signal à une agitation populaire qui débouchera sur de violents affrontements puis sur une lutte de libération nationale et finalement sur l'autonomie puis l'indépendance du pays en 1956.

La déposition de Mohammed V va déterminer un processus semblable, débouchant également en 1956 sur l'indépendance.

La crise du mouvement national en Algérie, accentuée par le fait de la lutte de libération au Maroc et en Tunisie, alors que l'Algérie semblait en léthargie, déterminera le déclenchement de la révolution armée du 1er novembre 1954. La lutte sera synchronisée, avec plus ou moins de bonheur, avec celle des peuples frères tunisiens et marocain.

Dans la proclamation, le F.L.N. dans l'article premier de son programme, pose la revendication de l'indépendance nationale par "la restauration de l'État souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques".

Cette lutte impitoyable, épuisante, le peuple algérien la mènera en s'arc-boutant sur ses ancrages arabo-islamiques. Chaque fait, chaque circonstance est interprétée par référence à ce patrimoine. Le soldat pour la liberté s'appelle moudjahid c'est d'ailleurs le nom donné à l'organe de presse officiel de la Révolution algérienne: El Moudjahid qui se perpétue de nos jours encore-le mort pour la patrie s'appelle chadid et les combats s'engagent au cri de Allah Akbar fusant tel un trait de feu lancé à la face de la barbarie et de la tyrannie. L'actualité est ainsi soumise à une lecture coranique permanente. Aussi permanente que la référence à l'émir Abdelkader, à Mokrani, à Bouamama et à Boumaza, parallèlement à l'autre lecture axiale en référence à notre Prophète Mohammed, aux califes Abou Bakr, Omar, Othman, Ali et aux grandes figures du Djihad tels Abdel-Mounem ou Tarik Ibn Ziad.

Des tréfonds de nos âmes, resurgissent intacts les souvenirs, les hauts faits insérés aussitôt dans la trame de la vie de tous les jours, au fond des dechras comme sur les chemins de crête lumineux.

Égrenés comme un chapelet de perles, les noms de l'émir Abdelkader, Mokrani, Boumaza, Bouamama, Bouziane et tant et tant d'autres noms, Lalla Khadidija la Kabyle, l'émir Khaled... engrangés les moissons de nos certitudes à travers l'Étoile Nord Africaine, le Parti du Peuple Algérien, le MTLD, l'Organisation Spéciale, le CRUA et le FLN; un langage s'est conservé, un message s'est transmis, une invariance s'est perpétuée.

Le rapport de l'Islam avec la Révolution algérienne est là, en contrepoint, irréfragable. Il est dans cette mouvance ininterrompue entre le Maghreb et le Machreq. Il est dans les yeux rivés sur la Kaâba et un tombeau à Médine. Il est-cela doit être souligné-dans l'attitude magnanime du peuple algérien vis-à-vis des Français, au lendemain même de sa victoire. Il est encore, telle une estampille indélébile sur toutes les chartes, toutes les constitutions, tous les textes fondamentaux de l'après indépendance. Et même lorsque nous paraissons nous en éloigner le plus, lorsque par exemple, le développement se confond avec son contraire et que l'agression culturelle, sous couvert de modernité, se fait triomphante, c'est justement à ce moment là que se produit la récurrence. A ce moment là, notre jeunesse dans une vague irrésistible atteignant toute la terre d'Islam, construit et emplit les mosquées. Alors. à nouveau, notre passé, intensément, resurgit et revit en nous, emplissant notre espace et fondant notre imaginaire redevenu créatif et s'élève, fuse dans l'arc en ciel de ce mot magique: Allah Akbar.

Bien sûr, il nous faut réactualiser, raccorder aux nécessités pluridimensionnelles de notre temps; bien sûr, il nous faut faire preuve d'imagination par un Ijtihad renouvelé et vivant et pour élaborer un projet de civilisation convaincant; bien sûr, il nous faut développer ce qui a fait les grands moments de l'Islam: la tolérance; oui, tout cela est vrai et il nous faudra oeuvrer longtemps encore pour trouver des réponses satisfaisantes aux graves questions qui nous interpellent. Mais, au fond de nous-mêmes, quelque chose d'important s'est remis en marche. La récurrence se produit parfois même là où on l'attendait le moins.

En effet, qui peut dire l'influence qu'a pu produire sur Messali le fait qu'il ait appartenu dans sa jeunesse à la confrérie des Derkaouas? Sur Aït Ahmed, qui lui-même a vécu dans la maison de ses parents, la vie d'une confrérie kabyle? Ou sur moi-même, le fait que mon père ait été Mokkadem de la confrérie des Mouqahliya (fusiliers)? Le fait que durant toute ma jeunesse, j'ai vécu dans une atmosphère imprégnée du Dikr de Khalti Mama, la femme de mon oncle qui s'est éteinte il y a quelques années seulement à l'âge de cent quarante ans et qui, faisant partie de la confrérie de Sidi El Habri, se levait chaque jour vers 3 heures du matin pour ses prières et jeûna un jour sur trois tout au long de sa vie. Toute mon enfance a été imprégnée de cette atmosphère, si bien qu'aujourd'hui encore, il me suffit de faire le silence en moi et de prêter l'oreille pour que la douce musique du Dikr de Kahlti Marna s'élève, émouvante, au fond de moi.

Oui, le message de l'Islam doit être un message de tolérance et de paix.

Oui, il nous faut répéter sans désemparer ce cri lancé au général Gérard par l'émir Abdelkader "Qu'on apprenne enfin à connaître ma religion".

Oui, il nous faut toujours nous inspirer de la valeur et du sens des mots du message de l'Émir au roi des Français :

"Grand roi des Français! Dieu nous a désignés l 'un et l'autre... Il nous a imposé l'obligation de rendre nos sujets heureux... on me dit : signe ou ne signe pas, mais ton refus sera la guerre. Eh bien! moi, je ne signe pas et je veux la paix rien que la paix... Si la guerre éclate à nouveau, plus de commerce... plus de sécurité pour tes colons. Je n'ai pas l'orgueil de croire que je pourrai tenir tête ouvertement à tes troupes, mais je les harcèlerai sans cesse... J'aurai pour moi la connaissance du pays, la frugalité et le dur tempérament des Arabes... Si au contraire tu veux la paix, nos deux pays n'en feront plus qu'un, le moindre de tes sujets jouira de la sécurité la plus absolue, le commerce deviendra réellement libre, nos deux peuples se mêleront chaque jour davantage..."

Oui, certes il nous faudrait constamment méditer ce message de paix. Mais, est-il incompatible avec cette quête sacrée de rester nous-mêmes, et ceci n'épouse-t-il pas cela pour donner son véritable sens à la paix? Pardelà le temps, l'espace, les conflits momentanés et, bien que les modes et les emplois doivent être interprétés différemment pour une adéquation véritable, les paroles de notre regretté Moufdi Zakaria, auteur de notre hymne national, prononcées lors du 4e Congrès de l'Association des Étudiants Nord-Africains à Tlemcen en 1935, ne demeurent-elles pas encore vivantes en nous. Et ne sommes-nous pas tous un peu ces étudiants de 1935 quand il dit :

"J'ai foi en Allah comme divinité, dans l'Islam comme religion, dans le Coran comme Imam, dans la Kaâba comme mausolée, dans notre Seigneur Mohammed - bénédiction et salut d'Allah sur lui- comme Prophète et dans l'Afrique du Nord comme patrie une et indivisible.

"Je jure sur l'Unicité de Dieu que j'ai foi dans l'unicité de l'Afrique du Nord pour laquelle j'agirai tant qu'il y aura en moi un cur qui bat, un sang qui coule et un souffle chevillé au corps.
"L'Islam est notre religion, l'Afrique du Nord notre patrie et l'arabe notre langue.

"Je ne suis ni musulman, ni croyant, ni Arabe si je ne sacrifie pas mon être, mes biens et mon sang pour libérer ma chère patrie (l'Afrique du Nord) des chaînes de l'esclavage et la sortir des ténèbres de l'ignorance et de la misère vers la lumière du savoir, de la prospérité et d'une vie heureuse.

"Tout musulman en Afrique du Nord, croyant en l'unicité de celle-ci, croyant en Dieu et en son Prophète est mon frère et partage mon âme. Je ne fais aucune distinction entre un Tunisien, un Algérien, un Marocain; ni entre un Malékite, un Hanéfite, un Chaféite, un Ibadite et un Hanbalite : ni entre un Arabe et un Kabyle, un citadin et un villageois, un sédentaire et un nomade. Tous sont mes frères, je les respecte et les défend tant qu'ils oeuvrent pour la cause de Dieu et de la patrie. Si je contreviens à ce principe, je me considérerai comme le plus grand traître à sa religion et à sa patrie.

"Je considère quiconque agit pour la division entre les différentes composantes de ma patrie (l'Afrique du Nord) comme le plus grand ennemi de ma patrie et le mien propre. Je le combattrai par tous les moyens, même s'il s'agit du père qui m'a engendré ou de mon frère de père et de mère.

"Ma patrie est l'Afrique du Nord, patrie glorieuse qui a une identité sacrée, une histoire somptueuse, une langue généreuse, une noble nationalité, arabe. Je considère comme exclus de l'unité de ma patrie et exclu de la communauté des musulmans quiconque serait tenté de renier cette nationalité et de rejeter cette identité. Il n'aura qu'à rejoindre la nationalité des autres, en apatride qu'on recueille. Il encourra la colère de Dieu et celle du peuple.

"La distinction s'est opérée entre la lucidité et l'erreur. Ni politique d'assimilation, ni politique de défi . Nous revendiquons un droit usurpé et un patrimoine confisqué. Qu'il nous suffise de les recouvrer. Il ne peut y avoir d'autre alternative : être patriote ou un traître impie.

"Nous ne haïssons pas les races. Tous les hommes sont créatures de Dieu. Nous respectons les étrangers établis chez nous, tant qu'ils nous respectent. Nous ne leur ferons aucun mal s'ils ne portent pas atteinte à nos libertés, à notre dignité et aux richesses de notre pays. S'ils respectent les droits des peuples de céans, nous respecterons leurs droits d'invités. Ils ont les mêmes droits que nous, mais leur incombent aussi les mêmes devoirs. C'est ce qu'ordonne notre sainte religion et nos consciences pures.

"Notre patrie est l 'Afrique du Nord, patrie indissociable de l 'Orient arabe dont nous partageons les joies et les peines, les ardeurs et la quiétude. Nous unissent à lui, pour l'éternité, les liens de la langue, de l'arabisme et de l'Islam".

Mais tout le monde aura compris que pour Moufdi Zakaria et ces étudiants musulmans nord-africains de 1935, comme pour nous-mêmes et ceux qui viendront après nous, qu'il n'y a eu, qu'il n'y a et qu'il n'y aura pour l'éternité qu'une seule et véritable patrie : l'Islam.

Ahmed Ben Bella

Ce texte est une communication de l'ancien président algérien présentée lors de la conférence du Conseil Islamique tenue à Genève les 10 et 11 mars 1985.

Source : http://www.archipress.org/bb/revolu.htm


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