vendredi 28 novembre 2008
La mort arrive quand le quota de vie est épuisé
La mort arrive quand le quota de vie est épuisé
Beaucoup pensent que si la mort est identique et commune à tous ; ses causes, elles, sont multiples.
Leurs préjugés se décompensent donc par des opinions semblables aux suivantes :
La mort peut survenir à cause d’une maladie mortelle comme le cancer par exemple.
Elle peut arriver en raison d’une blessure par une arme tranchante ou par balle.
Elle atteint l’homme en conséquence de brûlures, après que la tête se soit détachée du corps ou encore après un arrêt cardiaque, etc.
Tous ces éléments sont, à leurs yeux, des causes directes
conduisant à la mort. Autrement dit, la mort arrive inéluctablement
lorsque ces phénomènes se produisent.
C’est sur la base de cette compréhension que s’est vulgarisée
l’expression « les causes sont multiples, mais la mort est unique ».
En vérité, la mort est unique, et sa cause aussi est unique. Cette
cause n’est autre chose que l’arrivée à son terme du délai de vie
(el-adjel). Quant à toutes ces choses qui se produisent en précédent
souvent la mort, elles sont des circonstances accompagnant la mort et
non des causes à la mort…
En effet, le propre de la cause est qu’elle est suivie
immanquablement de sa conséquence, alors que la conséquence ne se
produit qu’après que sa cause se soit manifestée.
Par contre, la circonstance correspond à un contexte particulier,
avec des formes spécifiques qui sont habituellement associées à un
évènement. Mais, cette circonstance n’est pas nécessairement suivie de
l’évènement. Il se peut qu’une circonstance habituelle de la mort se
produise sans que la mort ne suive.
Il se peut aussi que la mort survienne sans qu’une circonstance habituelle ne l’ait précédée.
Celui qui analyse de nombreuses situations durant lesquelles la
mort arrive, et qui analyse la mort elle-même, aboutit à la conclusion
que ces situations peuvent se produire sans être suivies de la mort. La
mort peut arriver sans qu’un contexte habituel du décès soit décelé.
Par exemple, une personne peut recevoir un coup de couteau mortel.
Les médecins s’accordent alors à diagnostiquer une mort certaine. Puis,
le blessé ne succombe finalement pas à la mort et survit en guérissant
totalement.
La mort peut aussi survenir sans aucune cause apparente, comme cela
peut être le cas lors d’un arrêt cardiaque impromptu. La mort arrive
alors violemment, sur le champ. Les médecins peuvent conduire des
analyses détaillées sans parvenir à identifier une cause à cet arrêt
cardiaque.
Les faits divers de ce type sont très nombreux et biens connus des
médecins. Les hôpitaux peuvent faire état de milliers de semblables
morts inexpliquées.
C’est ainsi que « la cause » qui conduit habituellement avec
« certitude » à la mort peut se produire sans que la personne ne
succombe à la mort. Et d’un autre côté, la mort subite peut survenir
sans que l’on ne puisse discerner aucune cause.
Cette vérité conduit les médecins à la prudence dans leurs
pronostics. Ils disent par exemple « un tel malade n’a plus aucun
espoir selon toutes les médecines, mais une guérison peut tout de même
se produire. En ce cas, cela dépasse notre science ». Inversement, ils
peuvent dirent « un tel a une excellente santé. Il n’y a rien à
craindre pour lui ». Puis, la mort vient tout de même le frapper par
surprise. Ces cas de figures sont des réalités sensibles, perçues par
les médecins mais également par chacun d’entre nous. Ils témoignent
clairement que ces situations qui précèdent la mort ne sont absolument
pas des causes. Si elles étaient réellement des causes, elles ne
pourraient faire défaillance, et la mort ne pourrait survenir sous
d’autres formes. L’occurrence d’une défaillance, ne serait-ce qu’une
seule fois, et un seul cas de mort hors ces situations habituelles,
suffit à prouver de manière incisive qu’elles ne sont pas des causes
mais des circonstances. La véritable cause de la mort est à rechercher
ailleurs.
Cette véritable cause ne peut être perçue par la raison parce
qu’elle sort du champ de la perception. Nous ne pouvons connaître la
véritable cause qu’en nous en remettant à Allah. Cette information du
Créateur doit être attestée de manière tranchée tant dans
l’authenticité que dans la signification de message divin.
Et dans les faits, Allah subhânahu nous a révélé, dans de nombreux
versets, que la véritable cause à la mort est l’épuisement du terme de
la vie alloué à chaque créature. Il nous a aussi informé que Le Seul
qui donne la mort est notre Créateur, le Très-Haut. Cette vérité est
mentionnée dans de nombreux versets :
﴿ وَمَا كَانَ لِنَفْسٍ أَنْ تَمُوتَ إِلَّا بِإِذْنِ اللَّهِ كِتَابًا مُؤَجَّلًا […] ﴾
[3:145] Personne ne peut mourir que par la permission d'Allah, et au moment prédéterminé […]
﴿ اللَّهُ يَتَوَفَّى الْأَنْفُسَ حِينَ مَوْتِهَا […] ﴾
[39:42] Allah reçoit les êtres au moment de leur mort […]
﴿ وَاللَّهُ يُحْيِي وَيُمِيتُ […] ﴾
[3:156] […] C'est Allah qui donne la vie et la mort. […]
﴿ رَبِّيَ الَّذِي يُحْيِي وَيُمِيتُ […] ﴾
[2:258] […] « J'ai pour Seigneur Celui qui donne la vie et la mort » […]
﴿ أَيْنَمَا تَكُونُوا يُدْرِكُكُمُ الْمَوْتُ وَلَوْ كُنْتُمْ فِي بُرُوجٍ مُشَيَّدَةٍ […] ﴾
[4:78] Où que vous soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous dans des tours imprenables. […]
﴿ قُلْ يَتَوَفَّاكُمْ مَلَكُ الْمَوْتِ الَّذِي وُكِّلَ بِكُمْ […] ﴾
[32:11] Dis: « L'Ange de la mort, qui est chargé de vous, vous fera mourir. […] ».
﴿ قُلْ إِنَّ الْمَوْتَ الَّذِي تَفِرُّونَ مِنْهُ فَإِنَّهُ مُلَاقِيكُمْ […] ﴾
[62:8] Dis: « La mort que vous fuyez va certes vous rencontrer. […] »
﴿ نَحْنُ قَدَّرْنَا بَيْنَكُمُ الْمَوْتَ […] ﴾
[56:60] Nous avons prédéterminé la mort parmi vous. […]
﴿ إِنَّ أَجَلَ اللَّهِ إِذَا جَاءَ لَا يُؤَخَّرُ […] ﴾
[71:4] […] quand vient le terme fixé par Allah, il ne saurait être différé […]
﴿ فَإِذَا جَاءَ أَجَلُهُمْ لَا يَسْتَأْخِرُونَ سَاعَةً وَلَا يَسْتَقْدِمُونَ […] ﴾
[16:61] […] Puis, quand leur terme vient, ils ne peuvent ni le retarder d'une heure ni l'avancer.
Ces versets, et d’autres encore, sont tranchés tant dans
l’authenticité que dans leur signification : la mort est produite par
Allah et la cause de cette mort est l’achèvement de notre délai de vie.
La cause n’est en aucun cas cette circonstance qui a précédé la mort.
De là, il devient obligatoire légalement et rationnellement pour le
musulman de croire fermement que ce qu’il peut considérer comme des
causes à la mort ne sont, en réalité, que des circonstances. Il doit
croire avec certitude que la véritable cause à la mort est l’achèvement
du délai de vie, et que celui qui donne la mort, comme il donne la vie,
est Allah.
Lorsque le terme arrive à échéance, l’homme ne peut ni le retarder,
ni le précipiter. Personne ne peut se protéger, ni fuir la mort. La
mort arrive inéluctablement.
Quant à ces situations que l’homme redoute et essaie de repousser,
elles ne sont que des circonstances parmi d’autres, accompagnant
habituellement la mort.
La mort ne doit donc pas susciter la peur ou la terreur, car l’homme ne peut absolument pas y échapper.
L’homme ne meurt que parce qu’il a épuisé son échéance vitale, que
la mort survienne « naturellement » ou après un accident, une maladie,
des brûlures, des blessures etc.
La mort est entre les mains d’Allah, et l’échéance à vivre aussi.
Source : http://albadil.edaama.org/articles.php?id_article=130&theme=aquida
mardi 25 novembre 2008
Afrique : Les gros(ses) con(ne)s
Afrique : Les gros(ses) con(ne)s
L'Afrique
en général et le Sénégal en particulier reçoivent la visite d'une
catégorie d'étrangers que nous appelons les Gros cons européens.
Mais
au sein de la population sénégalaise vit aussi une espèce de Gros cons
africains.
Découvrons ensemble ces espèces à part.
La Grosse conne européenne
La conne européenne (appelons-la la Grosse conne) est tout simplement
une crétine avec des théories fumeuses et un look très spécifique.
Avant d'arriver au Sénégal, elle avait déjà acheté son pantalon Batik
vert jaune rouge. Car la Grosse conne est souvent coooooooool comme une
rastafarienne (attention : si tu n'es pas rastafarienne mais que tu
corresponds aux autres critères d'identification, tu peux quand même
être une Grosse conne).
La Grosse conne a des conversations qui deviennent vite gonflantes.
Elle fume parfois des spliffs mais ce n'est pas une caractéristique
obligatoire. Elle est rarement très jolie et adore faire chier la
planète en jouant avec son djembé à deux balles.
La Grosse conne rêve d'aller à Kafountine pour retourner aux sources de
l'Humanité, cultiver du chanvre et dormir sur la plage en parlant de la
solidarité africaine et en se demandant combien elle pourrait gagner si
elle était assistante sociale au Sénégal. La Grosse conne un peu vioque
(plus souvent observable à Saly et ses environs) remercie Jah de lui
avoir offert un Gros con africain 20 ans plus jeune qu'elle aime et qui
l'aime du plus profond de son coeur malgré sa poitrine qui a commencé à
se faire la malle à partir des années 80. Dès ses premiers jours au
Sénégal elle téléphone à l'ambassade de France pour connaître les
modalités d'obtention d'un visa pour celui qu'elle appelle déjà "son
mari". La Grosse conne de Saly est l'espèce la plus naïve de Grosse
conne. Elle a rarement le look Ajahman Rastafaraï.
Chez elle en Europe, la Grosse conne peut travailler dans différents
secteurs : même si le plus souvent elle se contente de servir dans des
cafés l'été pour ne rien glander et toucher le RMI le reste de l'année,
il n'est pas rare qu'elle travaille aussi dans des secteurs dit
"sociaux" (assistance sociale, associations, enseignement, etc...). Qui
d'autre d'ailleurs que des associations, des cafés ou l'éducation
nationale embaucherait une Grosse conne ?
Outre sa tenue vestimentaire, on peut reconnaître la Grosse conne grâce
à sa coupe de cheveux. En effet elle se fait tresser "à l'africaine"
dès que la première occasion se présente. C'est pour elle un signe
d'intégration et de respect de la culture africaine. Si la Grosse conne
est donc rarement jolie avant d'arriver, elle devient généralement
insortable dès cette première séance de tressage. Car rien n'est plus
laid que des tresses africaines sur une tête de blanche. Peu importe,
elle n'a pas peur du ridicule même si le jour de son retour elle peut
avoir un soupçon de regret en voyant la vingtaine d'autres qui se
préparent comme elle à monter dans l'avion avec la même coupe à la con
et le même djembé à la con. Elle qui se croyait unique, rebelle et
originale...
N'ayant pas peur du paradoxe, la Grosse conne peut avoir déblatéré 10
minutes avant la séance de tressage sur les Africaines qui se
blanchissent la peau pour ressembler à des Blanches. Mais ça ne la
dérange pas de se faire des raies sur la tête laissant apparaître son
affreux crâne blanchâtre pour faire comme les Africaines. La Grosse
conne est décidément très très conne.
La Grosse conne est d'une naïveté affligeante et comme on vous l'a dit
plus haut, sa conversation et ses théories fumeuses sont rapidement
gonflantes. Parmi les hautes pensées philosophiques et déclarations
inédites que la peut sortir, on retrouve souvent les suivantes :
- "Chez nous c'est le stress alors qu'ici c'est cooooooooooooool !"
- "Chez nous y'a pas de solidarité ici vous êtes tous solidaiiiiiiiiiiiiiiiiiires !"
- "Pourquoi voulez-vous venir en Europe, ici vous êtes tellement biennnnnnnnnnnn !"
(ces trois premières théories fumeuses peuvent être prononcées à
proximité de trois enfants talibés en train de mendier et d'une vieille
femme en train de mourir du paludisme. Dans ce cas là - et uniquement
dans ce cas là - vous avez le droit de mettre un grand gnon dans la
gueule de la Grosse conne)
- "Demain je retourne à Kafountine !"
- "Combien gagne une assistante sociale au Sénégal ? Je rêve de m'installer ici !" (allez ça aussi ça mérite un gnon)
La Grosse conne se retrouve souvent dans ce qu'elle appelle "une
galère". En effet, vu que le plus souvent ceux qu'elle rencontre au
Sénégal sont des Gros cons africains, il n'est pas rare : qu'elle se
fasse arrêter par les flics, qu'elle se fasse piquer son passeport ou
ses tunes, qu'elle se fasse entuber sur le paiement de la Peugeot 504
avec laquelle elle est descendue d'Europe. Même si la Grosse conne
n'est généralement pas une "fille facile" elle ne dédaigne pas coucher
avec un " africain" qui évidemment rêve de rester au Sénégal et n'a
aucune arrière-pensée. Elle s'en sort au mieux avec des mycoses sur la
chatte au pire avec un DAS qu'elle aura bien mérité. Au moins à son
retour, elle coûtera cher à la sécurité sociale mais pas longtemps et
ne coûtera rien à la collectivité pour sa retraite.
Outre les Gros cons, elle ne dédaigne pas discuter avec tous ceux que
les gens normaux étrangers et sénégalais considèrent comme des
parasites et des casses-couilles : vendeurs "d'objets d'art",
pseudo-guides de mes couilles, tapeurs de djembés à deux balles,
rastafariens malades, crados et chômeurs, etc....
Enfin, la Grosse conne, une fois revenue en France peut avoir des idées
ingénieuses que personne n'a jamais eu avant : comme par exemple vendre
des bijoux sénégalais de fabrication écologique sur les marchés du
Tarn-et-Garonne ou donner des cours de djembé.
Si vous croisez une Grosse conne pendant votre séjour au Sénégal, ne la
battez pas. Elle pourrait être votre soeur ou votre petite copine : les
Grosse conne sont si nombreuses à visiter l'Afrique.
NB : Au Sénégal, la plupart des Grosses connes sont françaises (car
les Français sont les plus nombreux étrangers). Mais les belges,
espagnoles, italiennes et hollandaises commencent aussi à venir.
Suissesses et Américaines font rarement partie des Grosses connes.
Hasard ou non, ce sont souvent aussi les plus jolies et les moins
gonflantes.
Les Gros cons européens
Ils sont généralement moins casse-couilles que les Grosses connes. Mais
à peine. Les pires sont les Gros cons parisiens puisqu'ils allient dans
ce cas là leur connerie à leur bo-bohitude.
Il se peut que ce soit des "teuffeurs" et qu'ils aiment dans ce cas là
les "Sound Systems". Ils peuvent rêver d'emmener leur C25 aménagé au
Sénégal pour faire profiter le pays de leur science musicale.
Niveau look, le Gros con ressemble évidemment à la Grosse conne. Il
peut cependant avoir de plus gros piercings. C'est d'ailleurs parfois
son domaine professionnel : le Gros con est notablement souvent
tatoueur ou piercer. Il peut se faire faire des tresses à l'africaine,
même s'il n'est pas pédé. Mais c'est assez rare, car le Gros con repart
généralement avec la même coupe qu'à son arrivée : cheveux longs ou
crépuisés genre "rastafarien".
Ses théories sont aussi fumeuses que celles des Grosses connes. Mais il
peut avoir plus de difficultés à les exprimer puisque le Gros con fume
systématiquement et en grande quantité des spliffs. Il parle le plus
souvent comme un adolescent attardé mais il est persuadé d'atteindre le
zénith de la lumière philosophique.
Le Gros con a une moyenne d'âge plus jeune que celle de la Grosse
conne. En effet, la plus conne des Grosses connes âgées arrive toujours
à gagner deux tunes en servant dans un café et sa connerie n'est pas
incompatible avec son travail dans le "social" ou dans la maléducation
nationale. Ce n'est pas le cas du Gros con qui est bien plus rapidement
complètement dépendant du RMI. Cela rend donc, heureusement pour les
Sénégalais, l'achat d'un billet d'avion plus difficile (bien que sur
Senegalaisement.com tu trouves toujours des billets les moins chers du
marché).
Dans son sac, au retour, en plus du djembé que ramène inévitablement la
Grosse conne, on peut trouver des instruments plus divers (cora,
balafon, etc...) ainsi que parfois, pour les plus cons, un peu d'herbe
(achetée "direct-producteur" à Kafountine).
Les Gros cons africains
Le Gros con africain pue. Car comment imaginer le contraire quand on a
un scalp inlavable de 4,5kg sur la tête ? Mais ça dégage sans doute des
phéromones qui plaisent à certaines filles, notamment aux Grosses
connes, donc amen. Après tout, si il n'y avait pas d'avantages à être
un Gros con, y'en aurait pas autant...
Le Gros con africain est en effet souvent (mais pas toujours) un rasta.
Il n'y a absolument aucune connotation religieuse à l'inverse des vrais
rastafariens de Jamaïque : être rasta pour ces Gros cons signifie
seulement avoir des locks, schlinguer un peu, fumer des spliffs sans
rien glander de la journée, trouver des Gros cons européens ou un autre
type de touristes à qui taper quelques tunes pour la bière et le spliff
du lendemain.
Parmi les théories fumeuses et déclarations inédites du Gros con africain :
- "Moi, je quitterais jamais l'Afrique pour venir en Europe."
- "Viens visiter ma boutique d'objets d'art, je suis un artiste"
- "Salut les cool, comment ça va ?"
- "Tu veux que je t'emmène à Kafountine ?"
- "Tu viens d'où, de Brest ? Je connais bien Brest"
- "Je donne des cours de Djembé"
- "Mon frère a un campement"
- "Je suis né à Mbour"
- "On est collants comme des mouches mais pas piqûants comme des moustiques."
- "Finalement par amour pour toi, je veux bien sacrifier mon amour de Jah et de l'Afrique et venir en Europe"
- "J'ai un décès dans la famille, t'as pas 10.000 CFA pour m'aider à payer l'enterrement ?"
Les connaissant, jamais un Sénégalais ne leur ferait confiance, y'a
donc forcément que les Gros cons européens pour fréquenter et apprécier
la compagnie de ces parasites qui n'en glandent pas une, n'aident
généralement pas leur famille malgré leurs théories à la con, et ne
surgissent de leur néant intellectuel que pour fumer des spliffs avec
l'argent qu'ils auront pu extorquer aux Gros cons européens et
suffoquer "Ha Jah Jah Africa" aux oreilles compatissantes.
Le Gros con africain est souvent malade. Il a parfois les dents
pourries. Sa vie peut devenir difficile, surtout en basse saison,
époque où peu de Gros cons européens sont là pour écouter ses conneries
et lui filer quelques tunes. Certains mois, il peut louper certains
repas car la population sénégalaise n'est pas aussi con que les Gros
cons européens et dit généralement à ces parasites de travailler s'ils
veulent bouffer.
Certains Gros cons européens passent tout leur séjour au Sénégal en
compagnie de Gros cons africains. Si bien qu'ils pensent que tous les
Sénégalais sont des Gros cons qui ne glandent rien à part fumer des
spliffs. Ils n'ont pas compris que justement, s'ils ne voient que des
Gros cons africains, c'est justement parce que le métier de ces
derniers est de coller aux basques des Gros cons européens qui
rentreront en Europe sans finalement rien avoir compris au véritable
Sénégal qui a adopté le travail et l'honnêteté comme ligne de vie et
non pas la glande, l'argent facile et le spliff.
Il est clair que c'est dans les zones touristiques que l'on rencontre
le plus de Gros cons africains. Gorée, Saly, Ngor, Cap Skirring,
Kafountine, Saint-Louis, Abéné accueillent la plus grande concentration
de Gros cons en Afrique de l'Ouest
NB à l'attention des s européens : 99% des Sénégalais ne jouent pas
du djembé. Si vous êtes entourés de parasites munis de cet instrument
disgracieux, c'est que vous êtes bien un européen entourés de s
africains. Félicitations.
Les Grosses connes africaines
Il n'y a pas ou trop peu de Grosses connes africaines pour en faire un article.
Questions/Réponses :
Peut-on avoir le look rasta et n'être pas une ?
La réponse est oui à condition de ne pas imposer au monde ses théories
fumeuses à la con, principal signe de reconnaissance des Gros cons.
Je suis un rebelle, j'ai campé dans le Larzac à l'appel de José Bové, suis-je un Gros con?
J'ai bien peur que oui. L'altermondialiste anarchiste est quasiment
toujours un persuadé de faire parti des gentils de cette planète. Le
s'est généralement fait taper sur la gueule "par des éléments
incontrôlés du 9.3." lors des manifs contre le CPE et ce n'est que
justice.
NB : pour ceux qui ne comprennent pas le second degré (et notamment
les blondes) et pour les Gros cons qui se sont reconnus et s'assument, cliquez ici.
Christian Costeaux
Source : http://www.senegalaisement.com
samedi 22 novembre 2008
L'implication du concept d'el Walaa'
L'implication du concept d'el Walaa'
Ecrit par un groupe de tollab. Traduit Par El-Mourabitoune.
El Walaa' est réservé aux croyants et interdit envers les mécréants
L'une des branches de la foi est l'application du principe d'el Walaa' (faire preuve d'alliance, d'amitié, de soutient, de protection...) envers les croyants.
Les musulmans ont en fait une législation prescrivant le rapprochement et la liaison avec toute personne partageant leur croyance et ayant des objectifs communs, lesquels sont encadrés par cette croyance.
Allah
dit :
Vous
n'avez d'autres alliés qu'Allah, Son messager, et les croyants qui
accomplissent la Salât, s' acquittent de la Zakât, et s'inclinent
[Sourate El Ma'ida 5:55]
Ce verset, de part le mot "Inamaa" qui l'introduit, est une exception emphatique qui restreint l'alliance à ceux mentionnés.
De plus, le verset n'a pas commandé d'alliance avec ceux qui n'ont de musulman que le nom et qui délaissent les croyances et les préceptes de la religion mais plutôt il ordonne de s'allier avec les véritables croyants qui ne manifestent pas de mécréance et qui possèdent les attributs de ceux qui accomplissent la prière, payent la zakat et sont soumis à la chari'ah (c-à-d les raki'oune).
Notons aussi que ce verset n'a pas commandé de faire preuve de Walaa' uniquement en faveur de ceux de son mezheb (branche juridique) ou de ceux qui reçoivent un enseignement du même cheykh ou de ceux qui sont du même pays ou de ceux qui ont la même compréhension des questions jurisprudentielles.
Ni que l'alliance est réservée à ceux qui ont donné l'allégeance (bay'ah) au dirigeant en place. Plutôt, le verset exige l'alliance (el Walaa') avec tous les croyants. Le Coran n'exige le désaveux (el Bara'a, c-à-d la dissociation, le reniement...) qu'envers les mécréants.
Allah
dit :
Certes,
vous avez eu un bel exemple (à suivre) en Ibrahim et en ceux qui
étaient avec lui, quand ils dirent à leur peuple : "Nous vous
désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors d'Allah. Nous vous
renions. Entre vous et nous, l'inimitié et la haine sont à jamais
déclarées jusqu'à ce que vous croyiez en Allah, seul"
[Sourate el Mutahinah 60:4]
Et Il (
) dit :
O
les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens; ils
sont alliés les uns des autres. Et celui d' entre vous qui les prend
pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens
injustes.
[Sourate el Ma'idah 5:51]
Ainsi faire preuve de Walaa' avec les mécréants contre les musulmans ou faire preuve d'amitié et de proximité par amour pour eux ou pour leur voie n'est pas simplement déclaré comme interdit mais comme un acte de mécréance (kufr).
Allah (
) dit :
Que
les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de
croyants. Quiconque le fait contredit la religion d'Allah...
[Sourate Aal Imran 3:28] et
O
les croyants! Ne prenez pas pour alliés les mécréants au lieu des
croyants. Voudriez- vous donner à Allah une preuve évidente contre vous?
[Sourate en-Nisa' 4:144]
Les mécréants sont, entre autres, alliés
contre l'Islam et naturellement contre les musulmans du fait de leurs
croyances communes, leurs objectifs, leur point de référence et leurs
méthodologies.
Les musulmans, qui ont pour prescription d'aimer et de détester en Allah, seraient emmené naturellement à faire preuve de Walaa' uniquement avec des croyants si leur croyance est véritable.
Abou Oumamah
rapporte que le Prophète
a dit : "Celui qui aime pour Allah et déteste pour Allah et donne pour Allah et refuse pour Allah a parfait la foi" (Rapporté par Abou Daoud, Tirmidhi et Ahmed).
Et Abou Dharr
a rapporté que le Messager d'Allah
a dit : "La meilleur action est d'aimer en Allah et de détester en Allah" (Rapporté par Abou Daoud).
Donc, il est inconcevable que de véritables croyants souhaitent choisir la proximité, l'amitié, l'amour et l'alliance envers des mécréants tout comme il serait erroné qu'ils détestent des véritables croyants excepté de manière proportionnelle à leur éloignement de l'Islam.
La foi et le principe d'el Walaa' nous oblige à réconcilier les croyants entre eux et mettre de coté les conflits et hostilités
Allah
dit :
Craignez Allah, maintenez la concorde entre vous et obéissez à Allah et à Son messager, si vous êtes croyants
[Sourate el Anfaal 8:1]
Les querelles et divergences ne sont pas un objectif des croyants mais c'est plutôt la réconciliation des différences et l'unité qui en sont un.
La fraternité n'a pas simplement besoin d'un salut symbolique mais plutôt d'un salut suivit par un véritable effort pour maintenir la sécurité, l'honneur et les droits des croyants.
Les croyants devraient entre eux toujours se sentir concerné au détriment des conflits qui prennent place parmi eux au lieu de permettre la dégradation de leurs relations au point de se combattre ou de faussement appliquer les concepts de hijr (boycotte temporaire) ou même de baraa' (dissociation permanente). Le Walaa' et la fraternité envers les croyants nécessite leur réconciliation.
Allah
dit :
Les
croyants ne sont que des frères. Établissez la concorde entre vos
frères, et craignez Allah, afin qu'on vous fasse miséricorde
[Sourate el Hujuraat 49:10] Et Il (
) dit :
...et ne vous disputez pas, sinon vous fléchirez et perdrez votre force...
[Sourate el Anfaal 8:46]
Les mécréants n'occupent pas simplement les terres des musulmans dans la forme que représentent les régimes despotique et leur armé, service de sécurité [torture] et espions mais aussi par ce dispositif de taghout qui vient aider les croisées dans leurs invasions étrangères en Afghanistan, Iraq et d'autres pays où les Musulmans sont tués en masse, torturés et violés.
Qu'est ce qui pouvait être meilleur pour le diable et ses alliés que cela au lieu de musulmans répondant à une alliance et une coopération mutuelle ? A la place de cela ils font le contraire de sorte qu'ils ne présentent aucune force, protection et réponse efficace !
Jabir
a rapporté que le Messager d'Allah
a dit : "Le
diable envoie un détachement pour mettre la fitna entre les gens.
Aussi le plus haut degré est attribué à celui qui est le meilleur
d'entre eux à faire la fitna." (Rapporté par Mouslim)
Les musulmans ne devraient pas gaspiller leur temps dans le grand péché qu'est la médisance, la calomnie, et le fait de continuer l'hostilité et l'antagonisme qui endommage les relations communautaires et empêche le travail de revivification de la oumma musulmane et de la civilisation Islamique.
Les Musulmans ne sont pas préservés contre les conspirations, tortures et tueries en masse de la part des mécréants et pourtant ils sont occupés à se nuire.
Abdullah Ibn 'Amru
a relaté que le Messager d'Allah
a dit : "Le musulman est celui dont les musulmans n'ont à craindre de sa langue et de sa main..." (Rapporté par Boukhari et Mouslim)
Plutôt les croyants devrait faire l'invocation Coranique suivante:
...ne mets dans nos cœurs aucune rancœur pour ceux qui ont cru...
[Sourate el Hachr 59:10]
La sounnah demande un maximum d'effort pour arranger les divisions et hostilités entre les croyants. L'Imam Ali
a rapporté que le Prophète
a dit : "Il y aura des divergences après moi. Aussi si tu peux les arranger fait le." (Rapporté par Ahmed)
La division et l'isolement entre les croyants continuera aussi longtemps que les musulmans ne répondront pas avec maturité et sincérité à la recommandation de la Sounna d'abandonner les divisions nuisibles dans les relations.
Ce n'est pas seulement pour le bien commun de la communauté mais pour nos propres âmes. Nous ne devons pas seulement souhaiter reconstruire des relations fraternelles avec ces croyants avec qui nous avons rompus et qui nous sont proche, mais plutôt, les croyants devraient être les premiers dans la revivification de la fraternité.
'Ata ibn Yazid
a rapporté que le Prophète
a dit : "Il
n'est pas permit à un musulman de couper les relations avec son frère
plus de trois nuits consécutives de sortes que tout deux s'éloigne l'un
de l'autre. Le meilleur d'entre eux est celui qui fait le premier pas". (Rapporté par Boukhari et Mouslim)
La foi et le principe d'el Walaa' préconisent la coopération entres croyants
En plus pour les croyants de cesser leur partisana et conflits personnels, il faut aussi qu'ils travaillent ensemble dans l'accomplissement de leur engagement et en servant les objectifs de la charia.
Si les musulmans refusaient la coopération dans l'exécution des engagements dont les objectifs pourraient être mieux exécutés s'ils étaient fait collectivement, alors ils seraient dans le péché.
Allah
dit :
Entraidez-
vous dans l' accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne
vous entraidez pas dans le péché et la transgression.
[Sourate el Ma'idah 5:2]
L'ordre de coopérer est donné à tout les croyants dans le début du verset:
O vous qui avez cru...
.
Le Coran parle de perdition pour celui qui n'assiste pas un autre dans
l'appel à la vérité et la persévérance dans son établissement.
Par
le Temps ! L'homme est certes, en perdition, sauf ceux qui croient et
accomplissent les bonnes œuvres, s'enjoignent mutuellement la vérité et
s'enjoignent mutuellement l'endurance.
[Sourate el Asr 103:1-3]
Ces versets sont appuyés par un ordre provenant de la sounna. Abou Moussa
rapporte en effet que le Prophète
a dit : "Le croyant est pour le croyant semblable aux briques [d'une construction], l'une supporte l'autre" (Rapporté par Boukhari et Mouslim).
Les péchés et les erreurs des gens ne devraient pas être une excuse pour éviter de coopérer comme le rapporte Ibn Mas'oud
du Prophète
qui a dit : "Un
musulman qui se mêle aux gens et supporte avec patience leur nuisance
est meilleur que celui qui ne se mêle pas aux gens et ne supporte pas
leur mal". (Rapporté par Et-Tirmidhi et Ibn Majah)
Si un musulman qui agit de manière erroné est mis à l'écart, comment pourra-t-il donc être corrigé et comment la communauté pourra-t-elle être allégé de son mal ?
A ce propos, Anas
relate que le Prophète
a dit : "Aide ton frère qu'il soit l'oppresseur ou l'oppressé". Ils demandèrent : "Nous comprenons le fait de l'aider lorsqu'il est oppressé, mais comment l'aider lorsqu'il est oppresseur ?" Le Prophète
répondit : "En l'empêchant de commettre son acte". (Rapporté par Boukhari et Mouslim).
El Walaa' nécessite de mettre en application les devoirs de fraternité
El Walaa' provient du premier pilier de l'unité islamique, tiré de la croyance islamique. De el Walaa' nous tirons les devoirs de fraternité qui recouvre nombre de domaines tel le social, l'économique, le militaire, etc...
Lorsque les croyants mettent en pratique les devoirs de la fraternité, il y a une augmentation inévitable des bénéfices collectifs, de l'esprit communautaire et de la cohésion sociale.
Le hadith suivant liste quelques devoirs de fraternité principaux qui ont souvent été abandonné de nos jours même par ceux d'entre nous qui prétendent suivre l'Islam.
Abou Horeyrah a rapporté que le Prophète
a dit : "Prenez-garde
aux suspicions, certes la suspicion est le plus mensonger des récits.
N'essayez pas de trouver des fautes chez les autres, ne vous espionnez
pas les uns les autres, ne vous entre-tuez pas, ne vous éloignez pas
les uns des autres et soyez les serviteurs d'Allah, des frères comme on
vous l'a ordonné. Le musulman est le frère du musulman. Il ne lui fait
aucun mal ni ne l'abandonne ni ne le méprise. La crainte d'Allah est
ici, la crainte d'Allah est ici (et il,
,
pointa sur son cœur). Il est mauvais qu'un musulman regarde de haut son
frère. Tout musulman est sacré pour le musulman, son sang, son honneur,
ses biens. Allah
ne regarde pas vos corps ou vos formes, mais il regarde vos cœurs et vos actions." (Rapporté par Boukhari et Mouslim).
La foi et el Walaa' commande de collaborer dans l'opposition à l'oppression et au blâmable
Parmi les devoirs d'el Walaa' il y a la correction mutuel dans la recommandation du convenable (el Ma'rouf) et l'interdiction du blâmable (el Mounkar).
Allah
dit :
Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable et interdisent le blâmable
[Sourate et-Tewbah 9:71]
Nu'mane ibn Bashir
rapporte que le Prophète
a dit : "Les croyants sont comme un seul corps, si la tête à mal, c'est tous le corps qui souffre de fièvre et d'insomnie". Et dans une autre version : "L'amour,
la bonté et la fraternité réciproque des croyants est pareille à celle
d'un même corps. Lorsqu'une partie du corps a mal, c'est tout le corps
qui a mal, touché par l'insomnie et la fièvre". (Rapporté par Mouslim et en des termes similaire par Boukhari).
Les musulmans doivent cesser de s'opprimer et doivent coopérer à délivrer de l'oppression les croyants qui en ont le plus besoin.
Anas Ibn Malek
rapporte que le Prophète
a dit : "Aide ton frère qu'il soit l'oppresseur ou l'oppressé" (jusqu'à
la fin du hadith déjà cité et rapporté par Boukhari et Mouslim). Ainsi
si les croyants ne stoppaient pas le mounkar et l'oppression alors en
plus d'être dans le péché ils deviendraient plus faibles et divisés.
'Abdullah ibn Mas'oud rapporte que le Prophète
a dit : "Non,
par Allah. Vous devez commander le bien (ma'rouf) et interdire le
blâmable (mounkar) et vous devez arrêter la main de l'oppresseur, le
plier à se conformer à la vérité et le forcer à faire le bien ou alors
Allah montera tout le cœurs des un contre les autres " (Rapporté par Abou Daoud).
El Walaa' nous pousse à fournir un soutient et une protection
Allah
a dit :
Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres.
[Sourate et-Tewbah 9:71].
Les croyants sont dans l'obligation de protéger et soutenir tous les musulmans, quel que soit leur endroit; du mieux qu'ils peuvent.
Mais les croyants de part le monde ne doivent pas simplement se soutenir l'un l'autre, ils doivent également coopérer à soutenir ceux qui sont dans un plus grand besoin.
Ibn 'Umar
rapporte que le Prophète
a dit : "Le
musulman est le frère du musulman, il ne lui cause pas de tord, ni ne
le trahit. Celui qui aide son frère sera aidé par Allah. Et celui qui
soulage un croyant d'une épreuve sera soulagé d'une des épreuves du
jour du jugement par Allah. Et celui qui cache le défaut d'un musulman,
Allah cachera ses défauts le jour du jugement." (Rapporté par Boukhari et Mouslim)
Combien de Musulmans proche et éloigné subissent des préjudices à cause des négligences de ceux capables d'aider?
De nos jours, les musulmans ont été affectés par les pièges du chaytane et des alliés du Taghout. Ils ont ignoré ce qu'impliquait el Walaa' et les devoirs de fraternité et ont à la place concentré leurs efforts à se "rentrer dedans".
Les musulmans de différentes opinions, enseignants, organisations, écoles... se sont focalisé les uns contre les autres et ont la plupart du temps été entrainé dans une spirale de calomnies mutuelles, suspicions et médisances.
Les musulmans ne s'intéressent à leurs
frères qu'à partir du moment où ils partagent leurs propres points de
vue et ils s'opposent à tous les autres, négligeant leur droits même
s'ils partagent la même croyance et le même but final, adorer Allah
.
Il est temps pour les musulmans de penser de l'avant, de déjouer les plans de chaytan (qui est de créer de l'inimité entre les croyants) en respectant le principe d'el Walaa' envers tous les croyants.
Les musulmans doivent se réconcilier de leur disputes et divergences et se réunir sur ce qu'ils s'accordent et rendent leur croyance et but communs plus importants que leurs divergences et différence d'opinions.
Le message des activistes islamistes à leurs frères ne devrait pas être "Êtes vous pour ou contre nous ?" mais plutôt "Nous sommes avec vous tant que vous êtes croyants". Les croyants de différents mouvements et tendances devraient se réunir à soutenir ceux qui en ont le plus besoins qu'eux.
Par fierté et pour des raisons
personnelles nous argumentons à contrecœur pour empêcher d'aider
l'opprimé. Aimerions-nous être abandonné à nos ennemis et oppressé
pendant que nos frères polémiquent ? Anas
a rapporté que le Prophète
a dit : "Par
Celui qui détient mon âme entre Ses Mains, un serviteur ne sera
véritablement croyant tant qu'il n'aimera pour son frère ce qu'il aime
pour lui-même" (Rapporté par Boukhari et Mouslim).
Si les croyants ne font preuve de Walaa' envers les croyants, ils ne seront pas victorieux dans ce monde ni dans l'autre
Allah
nous a informé que les mécréants se supportent et s'allient les uns aux
autres et que si nous ne faisons également pas preuve de walaa' envers tout autre, alors les calamités et la corruption continuera sur terre.
Ainsi, faire preuve de walaa' envers les croyants est une mesure nécessaire afin de recevoir l'appui divin et mettre fin à la menace de l'ennemi par une victoire physique et un changement positif de la société et du monde.
Allah
a dit :
Et
ceux qui n'ont pas cru sont alliés les uns des autres. Si vous n'
agissez pas ainsi (en rompant les liens avec les infidèles et en
s'alliant avec les croyants), il y aura discorde sur terre et grand
désordre
[Sourate el Anfal 8:73]
Le succès pour ces croyants qui font preuve de walaa' les uns envers les autres est également affirmé par le verset:
Et quiconque prend pour alliés Allah, Son messager et les croyants, réussira car c' est le parti d' Allah qui sera victorieux
[Sourate el Ma'idah 5:56] Et:
Tu
n'en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour
dernier, qui prennent pour amis ceux qui s'opposent à Allah et à Son
Messager, fussent- ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les
gens de leur tribu. Il a prescrit la foi dans leurs cœurs et Il les a
aidés de Son secours. Il les fera entrer dans des Jardins sous lesquels
coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Allah les
agrée et ils L'agréent. Ceux-là sont le parti d' Allah. Le parti d'
Allah est celui de ceux qui réussissent
[Sourate el Mujaadilah 58:22]
Ainsi même les relations familiales sont un rempart au succès dans les deux mondes si l'alliance (el walaa') est étendu à eux alors qu'ils sont incroyants.
Conclusion : ne soyez pas victimes des "divisions et envahissement" mais pensez comme une seule oumma
Si les musulmans abandonnent le sectarisme et l'isolationnisme et commence à accomplir les tenants d'el Walaa' et de la fraternité, l'esprit partisan (hizbiyah) et l'hostilité aura plus de difficulté à se développer.
Des ponts seront bâtis entre les diverses sections de la oumma par lesquels les musulmans pourront reconstruire ce qui a été perdu.
Les musulmans seront plus motivé dû à l'atmosphère positive qui règnera dans l'ensemble de la communauté envers laquelle le taghout et ses alliés ont travaillé à garder divisé.
Les oppressés et les musulmans dans le besoin seront soulagé grâce aux efforts combinés des musulmans, la connaissance et les ressources seront disponible.
La communauté se développera dans la force et le plus important de tous, les musulmans pourront espérer l'appui Divin étant donné qu'ils abandonnent leurs comportements hostiles injustifiés l'un envers l'autre comme ont leur a ordonné.
'Oubadah ibn es Samit
rapporte du Prophète le hadith Qoudsi suivant : "Allah
dit : "Mon amour est réservé à ceux qui s'aiment en moi..." " (Rapporté par Ahmed et El Hakim)
mercredi 19 novembre 2008
El-Qods dans le Coran et la Sunna
El-Qods dans le Coran et la Sunna
Par Dr Abd al-Fattah
EI-Awaisi, conférencier dans l'université de Stirling en Angleterre. Article
publié dans le Journal Of Islamic El-Qods Studies, V1 N°2, 1981.
El-Qods est considérée comme
l'endroit distinct - sinon le plus distinct - sur la terre. C'est parce qu’Allah
l’Exalté l'a préférée indépendamment des autres endroits de la terre, en
l'honorant et la glorifiant. Allah le Tout Puissant a mobilisé, pour cette
ville, les âmes, les sentiments et les émotions des fidèles; Il a fait attacher
leurs cœurs à elle et leur fait aspirer vers elle. El-Qods est si liée à la foi
des musulmans qu’elle représente une image vivante dans leurs esprits. En
effet, de nombreux Versets Coraniques évoquent cette ville bénie. De plus,
beaucoup de Hadiths du Prophète Mohammed (saws) la mentionnent tout en
énumérant ses vertus et ses traits spéciaux.
Une de ces vertus mentionnées
dans le Saint Coran et la tradition du Prophète Mohammed (saws) est qu'elle est
considérée comme une terre bénie :
l. En ce qui concerne le
prophète Ibrahim (as), le Saint Coran énonce : "Et Nous le sauvâmes, ainsi que
Lot, vers une terre que Nous avions bénie pour tout l'univers". (21:71)
2. "Et (Nous avons
soumis) à Suleymen le vent impétueux qui, par son ordre, se dirigea vers la
terre que Nous avions bénie. Et Nous avions en tout une bonne
connaissance" (21:81)
3. "Et Nous avions placé
entre eux et les cités que Nous avions bénies, d'autres cités proéminentes, et
Nous avions évalué les étapes de voyage entre elles. Voyagez entre elles
pendant des nuits et des jours, en toute sécurité." (34:18)
4. "Et les gens qui
étaient opprimés, Nous les avons fait hériter les contrées orientales et
occidentales de la terre que Nous avons bénies." (7:137)
5. "Gloire et Pureté à
celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur (Mohammed) de la Mosquée el-Haram
à la Mosquée El-Aqsa dont Nous avons béni l'alentour, afin de lui faire voir
certaines de Nos merveilles." (17:1)
6. Il est rapporté que le Prophète
Mohammed (saws) a dit : "Allah a béni ce qui se trouve entre Al-'Arish
et l'Euphrate, et a rendu la Palestine particulièrement sainte." ('Ala'
ed-Din Ali el-Muttaqi Ibn Husarn ed-Din el-Hindi, Kenz el-'Umal fi Sunan el-'Aqwal
wel Af’al, (Mu'asasat er-Risalah, Beyrut, 1979), pp. 303-304; voir aussi
Ibn'Asakir, Tahdhib Tarikh Dimeshq el-Kabir, (Dar el-Masiyrah, Beyrut, 1979),
part 1, p.35.)
La bénédiction, ici, comme
l’expliquent les savants, est à la fois physique et morale. La bénédiction
physique est représentée par son emplacement exceptionnel aussi bien
géographique que stratégique. Sa bénédiction est surtout morale parce que, sur
sa terre, les anges sont descendus et les Messagers d'Allah ont prêché. C'est
le pays où des prophètes nobles comme Issa, Dawud (as) et Suleymen (as) naquirent,
grandirent et eurent leurs missions; la ville vers laquelle d'autres prophètes
ont émigré, comme Ibrahim et Lot; la ville où des prophètes ont été enterrés, comme
Ibrahim (as), Ishaq (as), Ja’qob (as), Yussef (as) et Mussa (as). C'est le pays
où le Prophète Mohammed (saws) a prié avec les autres prophètes, en tant que
leur Imam dans la Mosquée El-Aqsa au cours de son voyage nocturne et son
ascension, comme rapporte l'Imam Ahmed Ibn Hanbal, dans son Musned, de la part
d'Ibn Abbas. C'est également l'endroit où les anges sont descendus. En effet, Jibril
(as) descendait du ciel apportant l'instruction divine aux prophètes et aux
messagers de Allah pour la transmettre ensuite à l'humanité entière. D'autres
anges descendaient pour accomplir une mission spécifique. Ainsi Le Saint Coran
énonce les versets suivants : "T'est-il parvenu le récit des visiteurs
honorables d'Ibrahim ? Quand ils entrèrent chez lui et dirent : "Salam !"
Il (leur) dit : "Salam, visiteurs inconnus." Puis il alla
discrètement à sa famille et apporta un veau gras. Ensuite il l'approcha
d'eux..."Ne mangez-vous pas ?" dit-il. Il ressentit alors de la peur
vis-à-vis d'eux. Ils dirent : "N'aie pas peur" Et ils lui annoncèrent
(la naissance) d'un garçon plein de savoir." (51:24-28).
En bref, le Prophète Mohammed
(saws) a décrit la bénédiction morale, selon Et-Tirmidhi dans son Sahih, de la
part de Zeyd Ibn Thabit el-Ansari : "J'ai entendu le messager de Allah
dire : "Combien la Syrie (historique, esh-Châm) est bénie ! Et combien la
Syrie est bénie !" et comment est-ce ? Ô Messager de Allah ! Les gens lui
demandèrent. "Les anges de Allah ont répandu leurs ailes au-dessus de la
Syrie" il répondit". (Mohammed Nasir ed-Din el-Albani, Silsilat el-Ahadith es-Sahiha,
(el-Mekteb el-lslami, Beyrut), 2nde édition, part 2, p. 5, Hadith No. 503).
Ibn Abbas ajouta : "Les
prophètes ont construit El-Qods, et y ont vécu. Il n'y a un seul pouce d’elle
sans qu'un prophète n'y ait pas prié ou un ange ne s'y est pas tenu."
Parmi les aspects de cette
bénédiction, physique et morale :
• L'endroit vers lequel le
prophète Ibrahim (as) a émigré
• La terre sainte
• La terre du Voyage Nocturne
et de l'Ascension (La terre d'el-Israa wel-Mi'raj).
• La terre vers laquelle les
musulmans se sont tournés la première fois pour accomplir la prière (La
première Qibla).
• La terre de lutte sainte
pour l'amour d’Allah
• La terre de promesse
• Le centre pour le futur
empire (Khilafa) islamique.
• L'endroit où les gens seront ressuscités et rassemblés le jour du jugement.
I) L'endroit vers où le
prophète Ibrahim (as) a émigré
Dans la période de la
souveraineté Cananéenne sur Palestine, le prophète Ibrahim (qui était un
Amorrite des Arabes qui ont établi l'état babylonien en Irak) a émigré vers El-Qods
quand son peuple voulait le tuer. Il a laissé son pays, Ur en Irak, vers 1800
Avant J-C, lui et son neveu Lot (as) ainsi que d'autres fidèles, pour essayer
de propager son message de tewhid. C'est clairement indiqué dans les Versets
Coraniques et la tradition sainte du Prophète Mohammed (saws), y compris ce qui suit :
1. "Nous dîmes : "O
feu ! Sois pour Ibrahim (as) une fraîcheur salutaire". Ils voulaient ruser
contre lui, mais ce sont eux que Nous rendîmes les plus perdants. Et Nous le
sauvâmes, ainsi que Lot, vers une terre que Nous avions bénie pour tout
l'univers". (21:69-71)
2. " Lot crut en lui. Il
dit : "Moi, j'émigre vers mon Seigneur, car c'est Lui le Tout Puissant, le
Sage" (29:26)
3. Abu Dawud rapporte
qu'Abdullah Ibn Umar dit : "J'ai entendu le Messager d’Allah dire :
"Il y aura migration après migration. Le meilleur des habitants de la
terre vivra dans l'endroit vers où Ibrahim a émigré, et les habitants mauvais
resteront ailleurs sur terre". (Sunan Abu Dawud (Dar al-Fikr,
Bierut), part 3, p.4, Hadith No. 2482).
II) La terre sainte
Elle s’appelle aussi la terre
purifiée, parce qu'elle fut purifiée de l'idolâtrie et fut un logement pour les
prophètes et les croyants, leur lieu saint et l'endroit de leur enterrement.
Cette description fut rapportée dans les Versets Coraniques et la tradition prophétique,
y compris ce qui suit :
1. Le Saint Coran a cité le
prophète Mussa (as) disant à son peuple, après leur départ de l'Egypte: "Ô
mon peuple ! Entrez dans la terre sainte qu'Allah vous a prescrite".
(5:21)
2. Ibn Asakir a rapporté que
Mu'adh Ibn Jabal dit : "La terre sainte se trouve entre El-'Arish et
l'Euphrate".
Elle fut également appelée la
terre sainte en raison des lieux saints islamiques qu'elle contient, comme la
Mosquée El-Aqsa que l'Islam considère comme son troisième lieu saint. El
Bukhari et Muslim, dans leurs Sihah sur la tradition prophétique, ont rapporté
de la part d'Abu Horeyra que le Messager de Allah (saws) a dit : "Ne faites
délibérément un voyage qu'à 3 mosquées : cette Mosquée la mienne (en Médine),
la Mosquée sacrée (à la Mecque), et la Mosquée El-Aqsa". (Ahmed Ibn Ali
Ibn Hijr el-'Asqalani, Feth el-Bari Li Charhi Sahihi-l-Bukhari, (el-Mektabah es-Salafiyah,
Le Caire), part 3, p.63; et part 4, pp.73, 241).
Dans un autre hadith, le Prophète
(saws) a décrit la vertu de vivre près de la Mosquée El-Aqsa et d’y accomplir
la prière. Et-Tabarani et El-Bazzar ont rapporté de la part d'Abu el-Darda' que
le Prophète Mohammed (saws) avait dit : "Une prière dans la Mosquée sacrée
vaut 100.000 prières, une prière dans ma Mosquée vaut 1000 prières, et une
prière à El-Qods vaut 500 prières, que dans n'importe quelle autre Mosquée. (Ibid,
part 3, p. 97).
L'histoire de la Mosquée d'El-Aqsa,
selon un Hadith du Prophète (saws), retourne à la période d'Adam (as) quand il
a construit pour la 1ère fois la Mosquée El-Aqsa 40 ans après la construction
de la Ka'ba à la Mecque. Abu Dharr déclara : "J'ai demandé au Messager d’Allah
au sujet de la 1ère Mosquée sur Terre. Il a répondu: "la Mosquée sacrée (à
la Mecque)"; j'ai demandé "et puis ?" Il a dit : "la
Mosquée El-Aqsa"; J'ai demandé : "Et combien de temps était-il passé
entre (la construction de) ces 2 (Mosquée) ?" Il a répondu "40
ans". Ensuite elle a été rénovée - la 1ère fois - par le prophète Ja’qob,
et puis - pour la 2ème fois - par le prophète Dawud. L'édifice fut achevé par
le prophète Suleymen. Ka'b el-Ahbaar - qui avait été un des grands savants
juifs dans la période préislamique et qui est devenu musulman - a rapporté que
"Suleymen a construit El-Qods sur ses anciennes bases." Ez-Zarkashi a
écrit dans la page 30 de son livre intitulé A'lam el Masajid que "Suleymen
a rénové la Mosquée El-Aqsa, il ne l'a pas construite."
III) La terre du Voyage
Nocturne et de l'Ascension (El-israa wel-Mi'raj) :
Le Prophète Mohammed (saws) a
voyagé la nuit de la Mecque (la Mosquée sacrée) à El-Qods, puis il s’est fait
monté aux cieux les plus élevés. El-Qods était le point central entre son
voyage terrestre (le Voyage Nocturne) et son Ascension. Elle était l'endroit où
son voyage nocturne a terminé et son ascension a commencé. Le Saint Coran
énonce :
1. "Gloire et Pureté à
celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur (Mohammed) de la Mosquée el-Haram
à la Mosquée el-Aqsa dont Nous avons béni l'alentour, afin de lui faire voir
certaines de Nos merveilles." (17:1).
2. Lors de son ascension, le Prophète
(saws) a vu Jibril (as) sous sa forme d'origine : "Il l'a pourtant vu,
lors d'une autre descente, près de la Sidratu-l-Muntaha (le lotus de la limite,
un arbre au 7ème ciel); près d'elle se trouve le jardin de Ma'awa; au moment où
le lotus était couvert de ce qu'il couvrait. La vue n'a nullement dévié ni
outrepassé la mesure. Il a bien vu certaines de grandes merveilles de son
Seigneur." (53:13-18).
IV) La terre de la première
Qibla (direction de la salat)
Les musulmans avaient
l'habitude de s'orienter vers El-Qods quand ils priaient. Ceci continua pendant
16 ou 17 mois, jusqu'à ce que la direction de la salat ait été changée de El-Qods
vers la Sainte Ka'ba, au milieu du mois de Cha'ban, ou probablement pendant
Rajab, la 2ème année après l'émigration du Prophète vers la Médine : "Certes
Nous te voyons tourner le visage en tous sens dans le ciel. Nous te faisons
donc orienter vers une direction qui te plaît. Tourne donc ton visage vers la
Mosquée sacrée. Où que vous soyez, tournez-y vos visages..." (2:144).
V) La terre de
l'immuabilité et de la lutte sacrée (Ribat et Jihad) :
Il existe beaucoup de Hadiths
du Prophète Mohammed (saws) indiquant qu'une personne qui habite à El-Qods est
comme quelqu'un en état de lutte ou en garnison prêt à la défendre dans le
sentier d’Allah. Parmi ces ahdith, nous citons :
1. Mu'adh Ibn Jabal a
rapporté que le Prophète (saws) a dit: "O Mu'adh! Allah Le Tout-Puissant
vous permettra de conquérir la Syrie après ma mort, d'El-'Arish à l'Euphrate.
Leurs hommes et femmes seront mis en garnison jusqu' au jour de Jugement."
(Imam Muslim, Sahih Muslim wel-Jami' es-Sahih, (Dar el-Fikr, Beyrut,
1978), 2nd édition, tome 1, p. 3 70).
2. L'Imam Ahmed a rapporté
dans son Musned qu'Abu Umama eL-Bahili a transmis ce dire du Prophète (saws) :
"Un groupe de ma communauté (Umma) est encore bien informé au sujet de la
vérité, ils vainquent leur ennemi, et ceux qui sont en désaccord avec eux, ne
peuvent pas leur nuire jusqu'à ce que la commande de Allah Tout-Puissant vienne
à eux. Ils sont ainsi." "Ô messager de Allah !" lui a été
demandé, "où sont-ils ?" Il répondit : "Dans et autour de El-Qods"
(Ahmed lnb Hanbal, Musnad al-lmam Ahmed, (el-Mekteb el-lslami Lil Tiba'a wen-Nachr,
Beyrut), part 5, p.269).
3. Au regard de la bataille
décisive sur les rives du fleuve Jourdain, Ibn Hajr El 'Asqalani a rapporté
qu'Abu Idris el-Khaulani a entendu Nahik Ibn Surim es-Sakuni rapporte ces
propos du Prophète Mohammed (saws) : "Vous combattrez les kuffar jusqu'à
ce que le reste de vous combatte sur le fleuve Jourdain, vous à l'est et eux à
l'ouest." Es-Saukuni dit qu'il ne savait pas où se trouve le Jourdain à
cette époque. (Ahmed Ibn Ali Ibn Hijr el-'Asqalani, el-'lsaba fi Tamyiz es-Sahaba,
(el-Mektebah et-Tijariyah el-Kubra, Le Caire, 1939), part 3, p.545).
Ceci signifie que cette
bataille que le Prophète (saws) a prévue aurait lieu sur les deux rives du
fleuve Jourdain. Le camp de musulmans serait à l'est du fleuve, en Jordanie, et
les autres forces auraient leur camp à l'ouest du fleuve, en Palestine.
VI) La terre de Promesse
(Voir Abd el-Fettah EI-Aweysi,
el-Bisharat en-Nabawiya bil-Khilafa el-lslamiya el-Qadima, (Dar el-Hasan,
Hebron, 1991), pp. 23-33)
Allah, Gloire à Lui, a promis
Ses serviteurs qui croient en Lui et font du bien qu'ils défient leurs ennemis,
qu’ils s'installent fermement et qu’ils gouvernent El-Qods. Le Saint Coran
indique à cet égard :
1. "Nous avions décrété
pour les enfants d'Israël, (et annoncé) dans le Livre : "Par deux fois
vous sèmerez la corruption sur terre et vous allez transgresser d'une façon
excessive. Lorsque vint l'accomplissement de la première de ces deux
(prédictions), Nous envoyâmes contre vous certains de Nos serviteurs doués
d'une force terrible, qui pénétrèrent à l'intérieur de vos demeures. Et la
prédiction fut accomplie. Ensuite, Nous vous donnâmes la revanche sur eux; et
Nous vous renforçâmes en biens et en enfants. Et Nous vous fîmes (un peuple)
plus nombreux: Si vous faîtes le bien, vous le faites à vous-même; et si vous
faites le mal, vous le faites à vous (aussi). Puis, quand vint la dernière
(prédiction) ce fut pour qu'ils (vos ennemis) affligent vos visages et entrent
dans la Mosquée, comme ils y étaient entrés la première fois, et pour qu'ils détruisent
complètement ce dont ils se sont emparés." (17:4-7).
2. "Et après lui, Nous
dîmes aux Enfants d'Israël : "Habitez la terre." Puis, lorsque
viendra la promesse de la (vie) dernière, Nous vous ferons venir en
foule." (7:104).
3. "Où qu'ils se trouvent,
ils sont frappés d'avilissement, à moins d'un secours providentiel d'Allah ou
d'un pacte conclu avec les hommes. Ils ont encouru la colère d'Allah, et les
voilà frappés de malheur, pour n'avoir pas cru aux signes d'Allah, et assassiné
injustement les prophètes, et aussi pour avoir désobéi et transgressé."
(3:112).
4. "Et lorsque ton
Seigneur annonça qu'Il enverra certes contre eux quelqu'un qui leur imposera le
pire châtiment jusqu'au Jour de la Résurrection. En vérité ton Seigneur est
prompt à punir mais Il est aussi Pardonneur et Miséricordieux. Et Nous les
avons répartis en communauté sur la terre. Il y a parmi eux des gens de bien,
mais il y en a qui le sont moins. Nous les avons éprouvés par des biens et par
des maux, peut-être reviendraient-ils (au droit chemin)." (7:167-168).
5. "Et Nous avons certes
écrit dans le Zabur, après l'avoir mentionné (dans le Livre céleste), que la
terre sera héritée par Mes bons serviteurs" (21:105).
6. "Allah a promis à
ceux d'entre vous qui ont cru et fait les bonnes œuvres qu'Il leur donnerait la
succession sur terre comme Il l'a donnée à ceux qui les ont précédés. Il
donnerait force et suprématie à leur religion qu'Il a agréée pour eux. Il leur
changerait leur ancienne peur en sécurité. Ils M'adorent et ne M'associent rien
et celui qui mécroit par la suite, ce sont ceux-là les pervers." (24:55).
VII) Le Centre pour la
future Khilafa Islamique
(Ibid, pp. 33-48)
Quand les souffrances et les
conflits s'intensifieront à la fin du temps, El-Qods serait le centre et le
siège pour la future Khilafa islamique. En effet :
1. L'Imam Ahmed a rapporté de
la part de Ma'qal Ibn Yasar que le Prophète (saws) avait dit : "La
tyrannie ne sera pas longue pour apparaître après mon départ. Quand une
tyrannie apparaît, une même quantité de justice partira, jusqu'à ce que des
gens naissent sous la tyrannie et ne sachent jamais autre chose; alors Allah
apportera la justice, et quand la justice arrive, une même quantité de tyrannie
disparaîtra, jusqu'à ce que les gens naissent sous la justice et ne sachent
rien d'autre." (Ahmed Ibn Hanbal, op. cit., part 5, p. 27).
2. L'Imam En-Nu'man a
rapporté de la part d'Ahmed Ibn Bashir que le Prophète (saws) avait dit :
"La prophétie durera avec vous tant que Allah le voudra. Ensuite, Il y
mettra fin quand Il veut y mettre fin. Puis, il y aura une succession
correctement guidée (Khilafa) selon la méthode de prophétie, et les choses
seront comme Allah voudra. Ensuite, Il y mettra fin quand Il veut y mettre fin.
Puis, il y aura un royaume vorace, et les choses seront comme Allah voudra.
Ensuite, Il y mettra fin quand Il veut y mettre fin. Puis, il y aura un royaume
puissant, et les choses seront comme Allah voudra. Ensuite, Il y mettra fin
quand Il veut y mettre fin. Après, il y aura une Khilafa selon la méthode de
Prophétie." Puis il (le Prophète) est resté silencieux. (Ibid, part 4,
p.273).
3. Ibn'Asakir a rapporté,
d'après Yunus Ibn Meysara Ibn Halbas, que le Prophète (saws) avait dit :
"Cette question (la Khilafa) sera après moi à la Médine, puis en Syrie,
puis dans la péninsule (Jazira), puis en Irak, puis à la Médine, puis à El-Qods,
Si elle est à El-Qods, son pays d'origine est là-bas, et si n'importe quelle
personne l'expulse, elle ne reviendra jamais là-bas." (Ibn'Asakir,
op.cit., part 1, p. 42).
4. Les Imams Ahmed, El-Hakim
et Abu Dawud ont rapporté qu'Abdullah Ibn Zughb el-Ibadi a entendu Abdullah Ibn
Hawwala ez-Zadi dire : "Le Prophète a mis sa main sur ma tête, et puis a
dit : "Ibn Hawwala, si tu vois que la Khilafa a pris comme demeure la
terre sainte, alors le tremblement de terre, les tribulations et les grands
événements seront actuels, et la Dernière Heure ce jour-là sera plus proche au
peuple que l'est ma main à ta tête." (Ahmed Ibn Hanbal, op.cit., part 5,
p.288; voir aussi Abu Dawud, op.cit., part 3, p. 19).
5. Ibn Sa'd a rapporté
d'après Abderrahman Ibn Abi Umayra el-Mazni: " Il y aura un serment
d'allégeance selon des conseils de guidage à El-Qods." ('Ala'
ed-Din el-Hindi, op.cit., part 14,
p. 148, Hadith No. 38199).
VIII) La terre où les morts seront ressuscités et
rassemblés
Cette déclaration peut être
trouvée dans les énonciations suivantes :
1. L'Imam Ahmed dans son Musned
a rapporté que la fille de Meymuna bint Sa'd avait dit au Prophète (saws) :
"Ô Prophète! Donne-nous une déclaration (fatwa) au sujet de El-Qods"
Il répondit : "C'est la terre où ils seront ressuscités et
rassemblés." (Mohammed Nasir ed-Din el-Albani, Takhrij Ahadith Fada'il ech-Châm
wa Dimashq li -Rab'i wa ma'hu Manaqib ech-Châm wa Ahlihi li Cheykhi-l-lslam
IbnTeymiya (El-Mekteb el-Islami, Beyrut, 1403 AH), 4ème Edition, pp. 14-16).
2. Le Saint Coran indique :
"Et sois à l'écoute, le jour où le Crieur criera d'un endroit proche"
(50:41). Les commentateurs disent que l'endroit proche où Israfil soufflera sa
trompette n'est autre que la roche d’El-Qods. Selon les théologiens, c’est sur
cette terre que les gens seront rassemblés le jour du jugement.
Pour résumer, la dévotion des musulmans pour El-Qods n'est pas un résultat des objectifs terrestres ou colonialistes, ni un désir matériel dans le but d'accroître leur royaume et leur domination; elle n'est non plus basée sur des réclamations nationalistes racistes fausses. C'est cette association des préceptes spéciaux qui constituent les raisons principales et fondamentales, et la motivation par laquelle les musulmans restent très soucieux à l'égard de El-Qods et préoccupés de la façon dont il faut procéder pour la préserver et la libérer inchallah.
Source : http://www.angelfire.com/journal/sunnah/Dossier/statut_Jerusalem.html
dimanche 16 novembre 2008
L'islam comme arme de résistance au mondialisme
L'islam comme arme de résistance au mondialisme
Tribune libre de David L'Epée (Unité Populaire, la section suisse
d'E&R) publiée sur VoxNR, suivi du point de vue de Michel Drac,
également membre d'E&R, pour Scriptoblog.
L'ISLAM : UNE ALTERNATIVE À QUOI ?
Si un bilan devait être dressé de ces premières années du XXIe siècle,
nul doute – les historiens du futur en attesteront certainement – que
la question de l’Islam occuperait une place centrale dans les sujets
les plus marquants de la période que nous traversons. Cette période,
qui débute à la chute de l’empire soviétique, sera vraisemblablement
considérée avec le recul comme une parenthèse géopolitique, quelques
décennies durant lesquelles, brièvement, aura triomphé
l’unilatéralisme, le pouvoir d’une seule puissance : la puissance
nord-américaine. Parenthèse, dis-je, car tout semble à l’œuvre un peu
partout dans le monde pour nous ramener à plus ou moins brève échéance
à une période de multipolarité, dans une sorte d’accélération de
l’histoire qui se manifeste par des signes aussi éloquents que la
remise sur pieds de la Fédération de Russie, la montée en puissance de
la Chine, la régénération politique d’une partie importante de
l’Amérique du Sud, le réveil du monde arabe, et, de manière générale,
un regain d’agitation dans les zones contrôlées par l’empire étasunien
(guerre d’usure en Irak, refus à l’Est des boucliers anti-missiles de
l’OTAN, exaspération au Japon et en Corée du Sud face à la présence
militaire américaine, tensions sécessionnistes au cœur même de
l’empire, etc.). Je ne vais pas me prêter ici au jeu des perspectives
et des paris quant à la forme que prendra demain le nouvel ordre
mondial désaméricanisé mais je vais me pencher plutôt sur la période
que nous traversons en ce moment, une parenthèse qui n’a rien d’une
stagnation.
De l’actuel leadership étasunien on ne doit pas déduire que tout autre
modèle alternatif a cessé d’exister depuis la chute de l’URSS. Le
communisme est moribond, certes, mais l’histoire a horreur du vide et à
un mouvement international d’opposition de masse ne pouvait que
succéder un autre mouvement international d’opposition de masse. Cette
opposition, nous le savons tous, a aujourd’hui le visage de l’Islam.
De Moscou à Téhéran, de la moustache du petit père des peuples à la
barbe du prophète, les convergences sont frappantes. Les médias
occidentaux ne s’y trompent pas, d’ailleurs, puisqu’ils réservent bien
souvent aux musulmans le même traitement diabolisant et discriminatoire
qu’ils réservaient hier aux activistes communistes. Même chasse aux
sorcières, mêmes amalgames calomnieux, même stigmatisation, mêmes
accusations délirantes de terrorisme et de subversion, et, bien sûr,
même peur d’une infiltration massive de cette subversion au cœur même
du monde occidental. Les conversions, l’influence idéologique de
l’Islam déstabilisent l’establishment au même titre qu’hier l’adhésion
des travailleurs au Parti ou aux syndicats rouges. La comparaison
s’arrête là mais c’est déjà beaucoup.
Cette "prolifération" fait d’autant plus peur qu’elle est grandement
favorisée par le contexte démographique. Pour des raisons culturelles
et économiques qui ne sont un secret pour personne, les pays
occidentaux à forte immigration musulmane sont aujourd’hui le théâtre
de ce que nous pourrions appeler une substitution progressive de
peuplement. L’équation en est simple : immigration musulmane massive +
regroupement familial + démographie explosive de cette immigration +
dénatalité indigène = substitution ethno-culturelle d’un peuplement à
un autre sur un territoire donné. La question de savoir s’il faut le
déplorer ou s’en réjouir n’entre pas en ligne de compte dans cette
analyse, il s’agit de faits et de faits indiscutables. Une certaine
gauche applaudit au nom de l’idéologie multiculturaliste et xénophile
tandis qu’une certaine droite vitupère au nom des vieilles chimères
ethnocentristes et racialistes, mais, une fois de plus, les extrémistes
des deux bords ont un train de retard et l’histoire ne les a pas
attendus. Relevons tout de même qu’en dépit du discours cosmopolisant
véhiculé par les médias du système, les immigrés migrent très rarement
par choix ou par amour de leur terre d’accueil et les musulmans sont
loin, c’est le moins qu’on puisse dire, d’être des fanas du métissage
généralisé…
La question se complique encore – et devient plus intéressante – quand
on sait qu’en plus de ses atouts démographiques, l’Islam peut compter,
de plus en plus, sur un pouvoir de séduction qui va grandissant. Un
exemple paru dans la presse il y a quelques mois m’avait
particulièrement frappé. Un groupuscule islamiste qui fomentait des
attentats en Allemagne avait été démantelé et ses membres arrêtés. Le
seul hic de l’affaire, qui lassa les forces de l’ordre dubitatives,
c’est qu’un nombre important des membres de ce groupe armé n’étaient ni
des migrants arabo-musulmans ni des fils d’immigrés mais de jeunes
Allemands de souche ! Doit-on vraiment s’en étonner ? L’Europe de
l’Ouest, tout comme les Etats-Unis, n’est-elle pas un terrain
particulièrement propice aux menées du prosélytisme islamiste ? Deux
des plus grands "idéaux de masse" de notre histoire – le christianisme
et le socialisme – ayant quasiment tiré leur révérence ou étant sur le
point de le faire (ce constat s’applique particulièrement à notre coin
d’Europe), il se trouve que nous n’avons rien de crédible à opposer à
cette formidable espérance que représente l’Islam pour des millions et
des millions d’individus à travers le monde. L’histoire a horreur du
vide, je l’ai dit, et une place délaissée ne reste jamais longtemps
vacante. Ceux qui, chez nous, s’étonnent du nombre croissant de
conversions de nos compatriotes à la foi musulmane n’ont
vraisemblablement pas compris que l’homme ne vit pas que de fêtes et de
shopping, comme ils n’ont de toute évidence pas compris non plus que si
nous n’avons à opposer à l’Islam que notre économie de marché et notre
consumérisme hédoniste, alors c’est que nous avons déjà perdu.
La séduction de l’Islam s’exerce avant tout dans nos quartiers les plus
défavorisés, de par la forte présence d’immigrés arabo-musulmans bien
sûr, mais aussi pour des raisons beaucoup plus profondes. Ces raisons
tiennent en grande partie à ce que nous appellerons les "convergences
morales" qui existent entre certaines valeurs de l’Islam et les valeurs
propres aux classes populaires de notre société. Ces valeurs recoupent
en gros ce que Georges Orwell appelait la comon decency, soit un
ensemble d’idées très précises de « ce qui se fait » et « ce qui ne se
fait pas », un certain sens de l’honneur, de la famille, une certaine
fierté identitaire et une virilité exacerbée. Virilité que beaucoup de
jeunes travailleurs font leur, parce qu’elle correspond à l’image
qu’ils souhaitent donner d’eux-mêmes et parce que les bas salaires
qu’ils touchent (quand ce n’est pas l’absence pure et simple d’un
emploi) sont au contraire ressentis par eux comme des facteurs
humiliants de dévirilisation. Compensant ainsi leur faible pouvoir
d’achat et leur impuissance à exercer une influence réelle sur la
société qui les entourent, ils se laissent souvent séduire par un Islam
viril – machiste, diront certains – qui leur enseigne le respect des
aînés, de la mère notamment, et qui leur apprend à se prémunir
physiquement contre tout affront les visant ou attentant aux valeurs
que nous venons de mentionner (1).
En un autre temps, ces jeunes Européens, à la recherche de valeurs du
même type, se seraient identifiés à une expression européenne,
culturellement enracinée, de ces valeurs – le catholicisme, le
scoutisme, telle ou telle mouvance philosophique ou culturelle ou que
sais-je encore – mais le fait est que l’Europe moderne ne propose plus
aucune de ces alternatives. Comme l’explique l’essayiste Guillaume Faye
(auteur à prendre avec des pincettes mais qui a parfois des éclairs de
lucidité), « le surgissement de l'Islam radical est le contrecoup des
excès du cosmopolitisme de la modernité qui voulut imposer au monde
entier le modèle de l'individualisme athée, le culte de la marchandise,
la déspiritualisation des valeurs et la dictature du spectacle. » (2)
Le choix de l’Islam par certains de nos compatriotes n’est tout de même
pas qu’un choix par défaut, certes, mais on ne voit guère en même temps
quelle autre offre morale et spirituelle pourrait lui faire concurrence.
Ceux parmi nous qui, sous l’influence débilitante des médias à discours
unique, voient l’Islam banlieusard comme un univers barbare où les
mosquées côtoient les caves à tournantes, sont donc bien loin de la
réalité. Le fait est que ces médias cherchent sciemment, à chaque
manifestation d’incivilité des jeunes immigrés arabo-musulmans (ou de
ceux qui les côtoient) à mettre lesdites incivilités sur le compte de
l’influence pernicieuse de l’Islam, comme si le Coran préconisait à ses
lecteurs de dealer des stupéfiants, d’agresser les chauffeurs de bus,
de brûler les voitures et de violer des femmes en bande. On présente
les voyous en Lacoste et en casquette de base-ball comme des sectateurs
de Mahomet alors que nous savons pertinemment que ces gens-là ont été
allaités au rap américain, aux vidéos porno, à la culture bling-bling
de MTV et au fantasme de l’argent facile entretenu par la pensée
ultralibérale. Rien de commun avec l’Islam, on en conviendra. Rien de
commun entre ce lumpenprolétariat acculturé et hyper-consumériste et la
République islamique d’Iran, par exemple, qui développe jusque dans le
domaine de la publicité une méfiance soutenue face aux écueils de la
société de consommation (3).
Rien de commun entre ces ados décérébrés accros aux sites X et les
activistes musulmans du Maghreb en guerre contre Canal+ et son Journal
du Hard (4) . Ceux que d’aucuns appellent les "racailles" ne
sont en définitive pas des musulmans en puissance – ce sont des
Américains en puissance.
Serions-nous donc pris en tenaille entre deux modèles antagonistes de
société (le musulman et l’étasunien) dont aucun n’est vraiment le nôtre
? Serions-nous donc déjà hors de la course, sommés de choisir entre
deux conceptions de la vie dont aucune n’est européenne ? Je me
souviens d’un slogan identitaire qui avait circulé en Suisse il y a
quelques années sous forme de graffitis sur les murs et qui disait "ni
McDo ni kebab". Une certaine conception de la neutralité suisse,
dira-t-on… Ce type de slogans, construit sur le vieux modèle du célèbre
"ni trust ni soviet" de la guerre froide, ne va certes pas chercher
bien loin mais il met en exergue cette question du retour de la
bipolarité mondiale que j’évoquais au début de cet article et
l’abyssale absence de l’Europe dans le nouveau jeu géopolitique et
idéologique qui est en train de se dessiner. Si nous ne parvenons pas
sur le moyen terme à régénérer ce que nous pourrions appeler une vraie
pensée européenne (et je me permets de ne pas être très optimiste sur
ce point), il viendra immanquablement un moment où il nous faudra
affronter ce choix difficile et prendre parti, au moins à titre
individuel, pour un des deux camps en présence. Lequel ?
En pleine guerre froide, Alain de Benoist, éminent intellectuel
français, s’était, sur le même modèle, élevé au dessus des préjugés
anticommunistes en cours dans les milieux qu’il fréquentait (la
"nouvelle droite") et il avait écrit, s’attirant la foudre de nombreux
de ses camarades : « Certains ne se résignent pas à la pensée d’avoir
un jour à porter la casquette de l’Armée Rouge. De fait, ce n’est pas
une perspective agréable. Nous, nous ne supportons pas l’idée d’avoir
un jour à passer ce qui nous reste à vivre en mangeant des hamburgers
du côté de Brooklyn. » (5) En remplaçant la casquette de l’Armée Rouge
par le keffieh palestinien, nous aurions, je crois, un énoncé clair du
dilemme qui est aujourd’hui le nôtre, à nous jeunes Européens.
J’étais, il y a quelques jours, assis dans le bus à côté d’une femme
voilée entourée de trois ou quatre enfants en bas âge et je feuilletais
Le Matin Bleu. Il était question, dans la brève que je lisais (car il
n’y a que des brèves dans Le Matin Bleu) d’une jeune Italienne qui
participait en ce moment à une émission de télévision où elle avait mis
aux enchères sa virginité ; elle espérait au moins empocher un million
et demi d’euros. Le journaliste expliquait que ce nouveau concept à la
mode nous venait d’outre-Atlantique (allons donc !) où l’hymen d’une
jeune Américaine avait trouvé acquéreur sur Internet pour la somme
faramineuse d’1,2 millions de dollars. Et la jeune fille d’expliquer :
« Je n’ai pas de dilemme moral, nous vivons dans une société
capitaliste. » Ecœuré, j’ai refermé mon journal et je me suis surpris,
sans y penser, à observer cette mère de famille voilée en train de
parler à ses enfants. J’ai alors réalisé l’abîme incommensurable qui
séparait ces deux mondes, celui – fait de droiture et de préceptes
stricts – de l’Islam, et celui, jouisseur et cynique, d’un Occident
abandonné aux ravages du libéralisme apatride. Ces deux sphères
idéologiques sont résolument inconciliables.
S’il fallait vraiment choisir – et quant à moi, je ne le ferais pas de
bon cœur car ce combat n’est pas le mien – alors il faudrait peut-être
se poser une question très simple : préféreriez-vous que votre fille se
convertisse à l’Islam ou qu’elle mette sa virginité aux enchères sur
Internet ? Quant à moi, je n’hésiterais pas une seconde.
David L'Epée
Source : http://www.voxnr.com
Notes
1 - J’ai voulu mettre l’accent sur cette question de la virilité
parce qu’aux dires de nombreux musulmans (et on ne peut pas entièrement
leur donner tort), c’est précisément ce qui ferait défaut à notre
actuelle conception de la vie. Je ne parle pas de la conception
européenne en tant que telle mais de ce qu’elle est devenue depuis
quelques décennies sous l’influence de certaines idées libérales et de
la religion dite des "droits de l’homme". Il faut bien avouer que
convertis comme nous le sommes à l’auto-masochisme, au reniement
permanent de nos origines et au mépris de toutes les manifestations
morales ou physiques de la force (à laquelle nous préférons maintenant
des valeurs plus "féminines" telles que la douceur, les concessions, la
tolérance), nous ne sommes plus vraiment de taille à tenir tête lors
d’un hypothétique choc des civilisations. Evolution positive ou
dommageable ? Je me permets de suspendre mon jugement.
2 - Guillaume Faye, "L’Archéofuturisme", éditions de l’Aencre, 1998
« L’Iran a interdit aux vedettes du cinéma et du sport de faire de la
publicité, affirmant que les célébrités ne devaient pas promouvoir la
culture de la consommation. "L’utilisation de l’image des artistes, des
sportifs et des personnalités culturelles est interdite dans les
publicités commerciales" a déclaré Ali Reza Karimi, directeur général
du Ministère de la culture en charge de la publicité. Il a ajouté que
les artistes et les célébrités "doivent promouvoir la culture des
notions chevaleresques plutôt que celle de la consommation". » (AFP, 9
juillet 2008)
3 - « Le parquet antiterroriste de Paris a ouvert une enquête
préliminaire après des menaces proférées à l'encontre de Canal+
exigeant que la chaîne cryptée cesse la diffusion de films
pornographiques vers le Maghreb. La chaîne avait déposé plainte après
avoir reçu un courrier anonyme fin juin. Son ou ses auteurs, qui se
présentent comme musulmans, menacent de "faire sauter le siège" de la
chaîne, situé au sud-ouest de Paris, si elle ne met pas fin à la
diffusion chaque premier samedi du mois de son film pornographique,
diffusé aux abonnés du Maghreb et du Moyen-Orient grâce au satellite
Hotbird. » (AFP, 8 juillet 2008) Ce communiqué m’a rappelé un texte du
libre penseur français Marc-Edouard Nabe, sympathisant anarchisant de
la cause musulmane, qui écrivait dans son journal La Vérité (n°1,
novembre 2003) : « La pudeur manque. Il ne faut pas s’étonner que ce
soit à coups de bombes que certains cherchent à l’imposer. Oui, chaque
attentat est non pas un attentat à la pudeur, mais pour la pudeur ! »
4 - Alain de Benoist, in. Eléments n°41, mars-avril 1981
jeudi 13 novembre 2008
Militer au milieu des ruines
Militer au milieu des ruines...
Nous sommes indubitablement entrés dans une ère de recomposition politique.
Depuis l’échec du FN à l’élection présidentielle, la droite nationale,
canal historique, est convulsée de doutes et semble être entrée dans un
processus irréversible se dislocation.
Monopolistique il y a encore 10 ans, elle est aujourd’hui bousculée à
la fois sur sa droite par l’émergence d’une nouvelle génération qui se
retrouve plutôt sur le positionnement des identitaires et sur sa gauche
par l’irruption d’une gauche nationale qui a trouvé en la personne
d’Alain Soral un porte-parole charismatique. Au milieu, la tendance
catholique a pris ses distances avec un FN en voie de “marinisation”
et, malgré une valse-hésitation, éprouve bien du mal se reconnaitre
dans un MPF désormais rangé derrière Sarkozy l’Américain. Orpheline et
sans parti fixe, ses meneurs sont, comme beaucoup à droite, demandeur
d’une alternative nouvelle.
La fin des mouvements de masse
Reste toutefois à prendre en compte un contexte politique sérieusement
sinistré. L’époque n’est plus au mouvement de masse, la dépolitisation
des foules est générale et les vocations se font de plus en plus rares.
Désormais réservé à une caste d’experts ou de vieux bourlingueurs, le
champ miné du politique offre bien des embuches aux néophytes qui, de
plus en plus dépourvus de bagages idéologiques solides, se montrent mal
à l’aise dans le maniement des concepts et arguments. Ils font alors
des proies faciles pour ceux qui, parmi nos adversaires, se disent nos
amis et savent déguiser leur discours afin de mieux abuser de leur
naïveté.
Le fait que la révolution des blogs sur Internet ait permis de faire
émergé une population de cybermilitants et de forumeurs de qualité ne
doit pas nous faire oublier la foultitude de ceux grossiers, médiocres,
contreproductifs, ineptes, manipulés et brouillons qui ont inondé la
toile. Ajoutons à cela, cette déplorable culture du pseudo qui permet
au dernier des crétins de dire tout et n’importe quoi dans le plus
total anonymat. Internet a ceci de profondément pervers qu’il procure
au bloggeur anonyme l’illusion gratifiante de l’engagement militant
sans lui en faire assumer les risques ni subir les conséquences.
Désormais, l’engagement politique emprunte des voies autonomes et
individuelles qui permettent à tout un chacun de trouver rapidement une
tribune en s’affranchissant de la difficile étape, pourtant hautement
formatrice, du militantisme de contact dans le cadre d’un mouvement
politique structuré. S’en suit un extraordinaire fourbi dans lequel
s’insinuent manipulateurs malintentionnés, excentriques volubiles,
amateurs facilement influençables, égos surdimensionnés et faux-amis
retors qui n’ajoutent que de la confusion à la confusion. Qui se cache
derrière tel site qui dégueule sa bile, dans le plus total anonymat,
sur untel ou untel ?
Qui est derrière celui-là qui verse dans une surenchère islamophobe et
ordurière ? Combien sont-ils réellement ceux-là qui se présentent, sur
leur site, comme un mouvement révolutionnaire d’envergure nationale et
inondent la toile de communiqués au contenu toujours plus grandiloquent
?
Ajoutons à cela que si Internet sait être un formidable outil de
diffusion de nos idées, il peut aussi se révéler un redoutable
amplificateur de discorde interne et d’auto-intoxication. La moindre
brouille est alors relatée avec moult détails sur tel forum,
abondamment commentée sur tel blog et déformée sur tel autre, et tout
cela au vu et au su de tout le monde. Tout le monde se monte
réciproquement le bourrichon en affirmant à qui mieux mieux qu’il
représente un courant structuré et puissant en militants. Poudre de
perlimpinpin que tout cela !
Une cyberagitation qui cache mal un cruel manque de bras
Ce qui semble surtout être la spécificité de notre époque, c’est cette
extraordinaire cyberagitation comparée à la faible capacité de
mobilisation militante, en termes humains et quantitatifs, des
organisations politiques toutes tendances confondues dès lors qu’il
s’agit de sortir sur le terrain du monde réel. Ce sentiment d’être
constamment confronté à des forces ou des interlocuteurs factices est
probablement la marque de fabrique de cette nouvelle façon de faire de
la politique qui caractérise nos sociétés de l’abrutissement festif et
de la virtualité médiatique.
Nous sommes entrés dans l’ère de l’intox tous azimuts dont l’unique
principe repose sur la capacité à abuser ou à bluffer son adversaire.
Dans ce jeu de dupes théâtralisé, les rapports de forces ne valent plus
que pour ce que chacun veut bien leur accorder et dépendent
essentiellement du crédit que leur donnent les médias de masse.
Une dizaine de salariés associatifs professionnels, filmée avec un
angle fermé au JT du 20h, vitupérant des slogans aussi ineptes que
généreux, suffit parfois à faire croire à une mobilisation portée par
une adhésion populaire massive et spontanée. De même, une poignée de
militants identitaires dont une action d’agitprop serait
accidentellement médiatisée peut laisser entendre, à l’écoute des
commentaires inquiets du journaliste, qu’un courant de fond est sur le
point d’ébranler la société française. Nous savons qu’il n’en est rien.
Et malheureusement, si ces artifices suffisent parfois à tromper nos
propres partisans, quelques journalistes crédules et des populations
atones réduites à l’état de spectatrices, nous savons surtout qu’ils se
montrent bien incapables d’inquiéter l’establishment qui sait, quant à
lui, parfaitement à quoi s’en tenir sur la capacité de nuisance réelle
des organisations politiques dissidentes.
A cet égard, l’ancien leader activiste d’un mouvement pacifiste
outre-Atlantique des années soixante, Todd Gitlin, a dressé un bilan
négatif des stratégies qui faisaient la part trop belle aux champs
médiatiques. Il démontra de quelle manière “les médias choisissaient en
vue de les rendre célèbre “les dirigeants du mouvement” qui
correspondaient le plus fidèlement à ce que doit être un dirigeant
d’opposition pour être conforme à ce que les clichés préfabriqués
attendent de lui”. Les mouvements radicaux commencèrent alors à caler
leurs choix tactique et stratégique sur les attentes supposées des
médias, privilégiant ainsi le sensationnel sur le fond et le court
terme sur le long terme. De façon pernicieuse, les médiatiques les
incitèrent à abandonner leurs thématiques trop radicales pour une
posture démago-militante plus acceptable, faisant la part belle à
l’émotionnel. Exclus des plateaux, les radicaux authentiques furent
réduits au silence et la scène de l’opposition politique finit par être
phagocytée par une poignée d’hurluberlus pittoresques, tragicomiques et
sans consistance.
Des frigos pleins au milieu du grand chaos
Il convient donc de repenser le politique à la mesure de la réalité d’aujourd’hui.
Grandes absentes des confrontations politiques, les masses tondent leur
pelouse, vont à la pêche, bronzent à Paris-plage, dealent et gèrent
leur petit bizness parallèle dans leur quartier sordide, s’avachissent
devant des séries TV débiles, déambulent hagards au milieu des immenses
travées d’hypermarchés, écoutent du rap en boucle, suivent des séances
de fitness et draguent en “vélib”. Les populations votent encore, mais
au quotidien elles se désintéressent magistralement des grandes
questions politiques de leur temps, dont les débats ne rassemblent plus
qu’une infime minorité dans le cadre de revues ou réunions publiques
confidentielles.
Les médias, tous passés entre les mains de grands consortiums mondiaux,
discutent en boucle de la violence routière, du problème des accès pour
handicapé ou du manque de voies cyclables, prenant bien soin d’évacuer
de leur tintamarre les vrais problèmes. Ainsi, les questions brûlantes
n’étant jamais posées, les bonnes réponses à leur apporter
peuvent-elles être reportées sine die et les mauvaises prises dans le
plus grand secret, à l’insu du peuple, bien évidement. Qu’une telle
attitude soit à terme génératrice de problèmes encore plus insolubles
importe peu, tellement la confiance de l’hyperclasse mondiale en la
capacité hypnotique des médias est grande. Le tapage médiatique
s’amplifiera donc à mesure que la situation se dégradera.
Cet état de fait permet aux décideurs économiques et leurs comparses
des ministères de continuer à mener leurs affaires en dépit d’une
situation de chaos généralisé. Mais ne nous trompons pas, car si le
système tient, c’est aussi parce que les fondamentaux sont là ! Quoi
que l’on dise, quoi que l’on fasse, les ventres restent pleins, les
frigos remplis et dans chaque foyer trône un écran plat géant de
dernière génération. La réalité est là : la machine économique
capitaliste tourne, croit et satisfait encore aux besoins premiers.
Certes, le pouvoir d’achat baisse. La violence, l’égoïsme et la
barbarie s’insinuent imperceptiblement partout, au travail, dans la
rue, à l’école, au sein même des familles dites recomposées mais en
fait décomposées. Sans aucun doute, le niveau culturel moyen s’est
affaissé en dessous de seuils rarement atteints. Tout ceci est vrai et
indiscutable.
Mais, répétons-le encore une fois, les frigos restent pleins. Ne pas
vouloir voir cette réalité, ne pas la prendre en compte, c’est ne rien
comprendre à ce massif courant de dépolitisation qui nous accable,
l’élection triomphale de Sarkozy en étant une des vagues la plus
visible. Dans les faits, la promesse de l’abondance capitaliste est
remplie.
Des formes nouvelles de souffrance non perçues comme d’origine politique
Pourtant les gens souffrent, disent certains. Certes ! Mais les souffrances ont radicalement changé de nature.
Là où il y a un siècle les miséreux avaient faim et froid, aujourd’hui
ils souffrent d’obésité quand ils ne sont pas insomniaques et gavés
d’anxiolytiques. Les troubles modernes relèvent (en apparence
seulement) de moins en moins de la politique et de plus en plus de la
psychiatrie. Ils ne frappent plus des populations de déshérités, mais
des individus mentalement paumés, plongés en une profonde déréliction
et confrontés à une situation mêlant échecs existentiel, professionnel
et affectif. On pense par exemple à ce père menant une vie morne, dont
la femme est sous prozac, qui tente désespérément de reconstruire une
relation affective avec sa fille anorexique. Quel discours politique
tenir à cet homme profondément malheureux, mais dont le ventre est bien
rempli ? S’il avait seulement faim, tout serait plus simple. Comment
lui expliquer que ce qu’il vit n’est pas seulement le produit d’un
échec individuel mais aussi la conséquence d’un projet de société
matérialiste dont il est en quelque sorte une victime ? Comment lui
faire comprendre qu’à ce titre, les tourments qu’il affronte appellent
des réponses proprement politiques qui interrogent l’ensemble des
postulats moraux de la modernité ainsi que tout le système de valeurs
sur lequel elle repose ? Ce profond sentiment d’ennui qui le ronge, et
avec lui toute l’humanité moderne - que d’aucuns cherchent à oublier
dans l’aliénation par le travail et d’autres dans une boulimie
consommatrice névrotique – offre-t-elle réellement une autre
échappatoire que d’ouvrir son existence sur le tragique en jetant dans
la balance le confort de sa vie réglée et bien rangée ?
Si les Français aspiraient vraiment à changer de vie, ils
comprendraient que la seule issue pour échapper à leur condition serait
de s’engager en en acceptant tous les risques. Or, il n’en est rien,
car ils sont repus, et un homme repu est toujours un homme vautré, vide
de toute volonté et abandonné par le courage. On voit bien ici
l’extraordinaire difficulté du défi qu’il nous est donné de relever. A
sa simple énonciation, on saisit la chimère d’une lutte qui
emprunterait les moyens et techniques d’une persuasion simpliste.
Des mutations psychologiques majeures à l’œuvre aujourd’hui
A cet égard, c’est toute la formulation de notre discours politique qu’il faut repenser.
Pour viser juste, nous devons donc entrer dans le labyrinthe
psychologique de nos contemporains afin d’en décrypter les mutations
exercées sur eux par l’avènement de la postmodernité. Dans son ouvrage
“La culture du narcissisme”, Christopher Lasch souligne le fait
essentiel qu’un nombre croissant de psychiatres ont observé et décrit
dans leur travail quotidien, depuis le tournant des années 50, une
modification dans la forme des névroses faisant ainsi apparaitre des
pathologies inconnues qui échappaient aux grandes catégories de
diagnostics jusqu’alors établies.
Parmi ces troubles mentaux nouveaux, souvent définis comme des malaises
vagues et mal définis, Lasch distingue clairement l’apparition en force
d’un narcissisme de type pathologique qui s’est cristallisé tout au
long de la seconde moitié du XXème siècle pour devenir le trait
comportemental caractéristique de l’individu moderne. Ce diagnostic
repose sur l’hypothèse d’une “continuité existant entre le normal et
l’anormal”.
Autrement dit, l’apparition de nouvelles névroses dans les cabinets des
spécialistes de psychiatrie, révèlerait en fait une évolution globale
de la personnalité dans notre société. Lasch s’est alors appliqué à
relever tous les indices d’une prégnance inédite du narcissisme sur
notre société. Cette prégnance a remodelé les mentalités contemporaines
au point d’avoir permis l’émergence d’une humanité nouvelle qui se
reconnaît à “son désir ardent de bien s’entendre avec autrui ; son
besoin d’être, même dans sa vie privée, en accord avec les grandes
organisations ; sa façon d’essayer de se vendre comme si sa propre
personnalité était un produit auquel on pouvait assigner une valeur
marchande ; son besoin névrotique d’être aimé, rassuré et de se
gratifier oralement ; l’aisance avec laquelle ses valeurs peuvent être
corrompues.”
L’homme contemporain vit désormais sous le régime implacable de
l’obsession de soi, se considère libre parce qu’ouvert à une sexualité
tous azimuts, montre des signes patents d’hypocondrie, craint la
dépendance affective, éprouve souvent une incapacité à s’affliger de la
peine d’autrui et traverse l’existence dans la terreur de vieillir et
de mourir.
Dépourvu d’un “sur-moi” élevé, le narcissique s’avère un individu dénué
d’amour propre qui vit exclusivement par le truchement du regard des
autres. Alors que la postmodernité chante en boucle le mirage d’un
individu libre et émancipé, l’homme postmoderne, par son incapacité à
assumer l’altérité solitaire et les relations conflictuelles, se révèle
un être profondément conformiste et docile. Ceci explique pourquoi il
fuit généralement l’affrontement et la compétition, qu’elle soit
sportive ou professionnelle, pour leur préférer les manigances et les
tactiques d’évitement. L’écart entre une image de soi innervée par un
sentiment de supériorité et d’indépendance et la réalité d’une
existence caractérisée par la fuite, l’esquive systématique, l’égoïsme,
le renoncement, les petits reniements, la peur du qu’en-dira-t-on, un
besoin d’être aimé et un reflexe de repli devant toutes les formes de
rivalité alimente dans l’esprit de l’individu moderne de douloureuses
frustrations enfouies ainsi qu’un profond sentiment de vide
existentiel. Ce tiraillement insupportable cherche alors une évasion
dans des formes de pathologie mentale, et notamment celle du
narcissisme clinique. A cet instant, le narcisse moderne exprime
l’impression nihiliste d’un malaise vague et indéfini, mélange d’une
vie non accomplie, d’un quotidien factice strictement subordonné à tous
les conformismes dominants auquel s’ajoute l’absence de valeurs propres
réellement vécues et d’opinions clairement assumées, qui sont souvent
endossées peureusement ou honteusement. Tel est le portrait type, à
décliner à des degrés divers et sous des variantes multiples, d’un
grand nombre des contemporains auxquels nous nous adressons !
Un nouveau type humain narcissique engendré par la société libérale
Les causes que pointe Christopher Lasch pour expliquer cette mutation
survenue dans les psychologies occidentales sont multiples, mais toutes
puisent leur élément actif dans les conditions sociales induites par le
fonctionnement de la société libérale.
A ce titre, l’individualisme prôné par le libéralisme plonge chaque
individu dans la sauvage bousculade d’une société ouverte à tous les
conflits possibles et inimaginables. S’en suit un chaos que chacun est
fermement sommé d’affronter seul. Ce sentiment de l’individu qui se
regarde comme une monade cernée de toute part, notamment par la menace
diffuse du tous contre tous, invite en retour le commun des mortels,
par réflexe d’autoprotection, à se fondre dans la masse en se pliant
aux plus vils des conformismes. C’est en partant de ce constat que
Lasch arrive à la conclusion paradoxale que Narcisse, c’est-à-dire
l’archétype même de l’individu libéral, s’avère être finalement celui
le plus enclin à se conformer “aux normes sociales par crainte d’être
puni par autrui”.
A ce titre, “l’éthique d’autopréservation et de survie psychique prend
donc racine, non seulement dans les conditions objectives de la guerre
économique, dans l’accroissement du taux de criminalité et dans le
désordre social, mais également dans l’expérience du vide et de
l’isolement.” Par ailleurs, l’idée trompeuse de vivre la fin de
l’Histoire vient percuter de plein front l’équilibre familial. Ainsi,
“les parents modernes tentent de faire en sorte que leurs enfants se
sentent aimés et voulus ; mais cela ne cache guère une froideur
sous-jacente, éloignement typique de ceux qui ont peu à transmettre à
la génération suivante et qui ont décidé, de toute façon, de donner
priorité à leur droit de s’accomplir eux-mêmes. L’association du
détachement affectif et d’un comportement destiné à convaincre l’enfant
de sa position privilégiée dans la famille constitue un terrain
d’élection pour l’éclosion de la structure narcissique de la
personnalité.”
Derrière les attitudes crâneuses se targuant de tendre vers un
épanouissement immédiat se cache en fait la perception d’une société
absurde, dangereuse, et surtout sans avenir ; autant de sentiments
inspirés par un narcissisme incapable de s’identifier à une quelconque
postérité. Tout se mesurant à la micro-échelle d’une existence
étriquée, le fait de prendre des risques pour autre chose que sa survie
propre est immédiatement analysé comme un comportement d’idiot. L’homme
généreux, l’idéaliste, l’altruiste courageux ou le Saint se voient
ainsi relayés au rang de simplets et de grands benêts. De facto,
l’attitude narcissique non seulement est regardée comme socialement
valorisante, mais constitue aussi, dans un environnement libéral, une
des conditions nécessaires à la réussite professionnelle. La spirale
peut alors dérouler son cercle infernal dont le terme n’est autre que
la mort pur et simple du politique. Tout ceci doit nous inciter à
comprendre que nous avons bel et bien changé d’époque et que le
capitalisme avancé a, en quelque sorte, modelé une nouveau type
anthropologique.
Le militantisme est le chemin de notre propre guérison
En conclusion nous pouvons dire que si l’on déplore que notre époque,
rongée par l’individualisme, ne soit plus celle des grands mouvements
de masse, force est de constater que le pendant de cette désertion
collective fait la part belle aux minorités agissantes.
Avec peu de militants, il est aujourd’hui parfaitement possible
d’occuper le vaste champ vierge du politique, à la seule condition
toutefois d’aligner des militants parfaitement formés et courageux.
Certes, le temps n’est donc pas aux foules en colère (pas encore du
moins), mais comprenons bien que ceci le rend d’autant plus ouvert aux
menées d’une élite militante pour peu que celle-ci soit déterminée et
sérieuse. Mieux vaut donc viser la constitution d’une équipe locale
d’une poignée de militants sérieux, disciplinés et capables de tenir un
raisonnement individuel que de vouloir réunir cent excités
incontrôlables et offerts à toutes les manipulations de l’adversaire.
Si notre époque est à l’élitisme militant, cela implique aussi que
chaque militant doit se regarder comme un exemple. Or, le premier des
exemples qu’il se doit de donner est celui du courage. Mais ne rêvons
pas, le courage ne se décrète pas. Et ceci encore moins lorsqu’il doit
être porté collectivement par tout un groupe. A cet égard, seule une
solide et véritable chaine de solidarité et d’entraide militante pourra
susciter l’éveil en chacun de nous de ce courage. Un courage hautement
nécessaire et sans lequel toute entreprise politique est vouée à
l’échec. Pour être efficace, cette chaine doit être polymorphe pour
s’incarner dans des réseaux et sociétés parallèles dont leur but
premier serait l’aide aux militants lésés. Cette chaine passerait par
la mise en place de système d’aide à l’emploi, de mutualité d’entraide,
de simili-agence immobilière, d’associations de rencontre
communautaires, des cercles d’éducation privée faisant coopérer entre
elles des familles. Autant cette tâche apparait comme un pont-aux-ânes,
autant elle est probablement la plus difficile à mettre en œuvre car
elle active chez nous les pulsions comportementales les plus atrophiées
par le capitalisme terminal qui nous conditionne. En cela, elle nous
invite à nous considérer comme des gens humbles voués à une vie
d’abnégation et de partage. Ceci implique donc de louer les vertus
d’une éthique en rupture totale avec les valeurs libérales. Ici encore,
seule l’exemplarité pourra donner corps à cette éthique nouvelle, sans
laquelle tous nos discours seront vains et condamnés à résonner dans le
vide. Il ne s’agit donc pas de se mentir en cédant aux sirènes
médiatiques ou en ne s’engageant que superficiellement. La politique ne
doit pas être abordée comme un hobby mais bel et bien comme
l’investissement d’une vie entière. C’est uniquement parce que nous
serons exemplaires, en opposant au monde moderne un véritable
contre-modèle humain, que nous triompherons.
Le militantisme doit d’abord et avant tout être un engagement intégral
si l’on veut qu’il affute en nous les qualités humaines nécessaires.
Comprenons bien que la modernité a fait de nous des hommes déglingués,
de grands malades qui s’ignorent. Et ce n’est seulement que par le
militantisme, dans l’âpreté d’une vie faite de lutte et de don de soi,
que chacun d’entre nous trouvera le chemin de sa propre guérison
mentale et morale. En quelque sorte, le moyen devient ici la solution.
Là, et nulle part ailleurs, se situe la vraie rupture avec le monde
moderne ! Quatre mots d’ordre doivent désormais guider nos pas :
Détermination, Solidarité, Partage et Courage.
Karl Hauffen
Source : numéro 12 d'ID Magazine
lundi 10 novembre 2008
Le Jihad dans le sentier de l'Amérique
Au Nom d'Allah, Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux. Ensuite, Ces derniers temps, nous avons entendu les nouvelles du Jihad et
l'intensification de la résistance contre les croisés en Irak (lit. dans le pays des deux fleuves) et, parallèlement à ça, nous
avons pris connaissance de la position de ce royaume surnommé l'Arabie
Saoudite vis-à-vis de cette résistance et le refus qu'il affiche de lui
apporter tout soutient. Par ce réquisitoire, je ne cherche pas à prouver la légitimité du
Jihad et du soutien qu'il faut lui apporter, mais plutôt de mettre au
grand jour l'hypocrisie de cet État par une comparaison simple entre
ses prises de position lors du précédent Jihad Afghan contre les russes
et ceux de l'actuel Jihad Irakien et Afghan contre les américains. Premièrement Les Russes lancèrent une opération militaire de grande envergure en
envahissant "uniquement" l'Afghanistan et ils placèrent un gouvernement
qui leur était soumis tandis que les Américains ont envahi non
seulement l'Irak mais aussi l'Afghanistan, et ils mirent aussi dans
chacun de ces deux pays un gouvernement soumis à leur volonté. Et l'État Saoudien n'avait pas reconnu le gouvernement pro-russe à
l'époque en Afghanistan, mais aujourd'hui il reconnait ces deux
gouvernements pro-américains. Deuxièmement L'État Saoudien incita les moujahedine afghans à combattre et les
aida matériellement et moralement, tandis qu'il considère les
moujahedine en Irak comme des criminels, qu'il menace ceux qui
essaient de les aider et qu'il considère tout soutien (aux
moujahedine) comme un crime, même si c'est par l'abstrait tel le
Qounout et les Dou'aah en leur faveur. Troisièmement L'État Saoudien laissa les cheikhs et savants approuver le Jihad
Afghan et émettre des fatawa à son sujet, mais aujourd'hui toute fatwa
pour le Jihad en Irak est considérée comme un délit, pire, il a mit des
savants qui émettent des fatawa interdisant ce Jihad et interdisant d'y participer. Quatrièmement L'État Saoudien aida fortement tous les jeunes qui partaient au Jihad (contre
les Russes) en Afghanistan, tandis que maintenant c'est un délit d'aller au
Jihad en Irak, et toute personne qui essaie de s'y rendre et se fait
attraper va droit en prison. Cinquièmement Il avait accueilli les chefs du Jihad afghan et leur permettait de
donner des conférences sur son sol, mais maintenant il se joint aux
croisés et traque les chefs du Jihad en Irak. Brève conclusion sur ce qui ressort d'une telle comparaison Lorsque le Jihad en Afghanistan s'effectuait contre l'ennemi de
l'Amérique et au profit des intérêts américains, c'était pour l'État
Saoudien un Jihad dans le sentier d'Allah, et les cheikhs avaient le
droit de donner des fatawa allant en ce sens, et l'on y apportait un
soutien tant au niveau matériel que moral, et tout jeune désireux d'y
participer avait droit à des facilités et on l'appelait Moujahid. Mais lorsque de nos jours le Jihad en Afghanistan et en Irak fut
établi contre l'Amérique et les intérêts Américains, il devint du
terrorisme, de l'outrance et de l'extrémisme, on recherche et on tue
ceux qui y participent, on fait emprisonner ceux qui les soutiennent
par une fatwa ou de l'argent et a fortiori ceux qui les aident par
l'envoi d'hommes, les cheikhs n'ont pas le droit de donner des avis
juridiques en ce sens, mais au contraire on donne des fatawa
interdisant de s'y rendre et qualifiant les opérations qui s'y
produisent comme des actes de terrorisme et non de jihad. Il est donc clair que cet État ne reconnaît pas de Jihad dans le
sentier d'Allah ni autre, en fait il ne reconnaît que "le Jihad
dans le sentier de l'Amérique". Ce que les croisés autorisent, ils (les
gouverneurs Saoudiens) l'autorisent et le soutiennent, et ce qu'ils
prohibent devient interdit. Mais Allah est souverain en Son commandement, quelque répulsion qu'en aient les mécréants.
Le Jihad dans le sentier de l'Amérique
Rissalah du Shaykh Nâsir Al Fahd (hafizahullah)
Tiré de http://www.tawhed.ws/r?i=3294.
Traduit par Al-Mourabitoune.
Louange à Allah, et que le Salut et la Paix soient sur le Messager d'Allah,
vendredi 7 novembre 2008
L'imposture Obama
L'imposture Obama
Depuis mercredi, des milliers d’hystériques postent des messages
hallucinatoires, proche du délire mystique, sur tout ce que la toile
compte de forums. Un véritable festival où la bêtise rivalise avec
l’aveuglement, cédant ainsi au séducteur Obama.
Chacun se trouve des affinités avec le nouveau locataire de la Maison
Blanche, poussant le grotesque à un niveau rarement atteint. Rama Yade
osant affirmer : « Ce qui s'est passé là, c'est une chute du mur de
Berlin fois dix. Je crois que ce matin, nous avons tous envie d'être
Américains ». (obèses ?).
Ce pauvre Bayrou, qui dans une déclaration laisse poindre son envie
d’être le futur « Obama français » (fraternité d’oreilles ?), jusqu'à
Christine « Colgate » Lagarde, affirmant que Sarkozy, lui aussi, est
Obamanoïde, car issu d’une minorité (la hongroise ou celle que l’on ne
peut nommer ?)
Et enfin, la réaction du puissant et belliciste CRIF : « Le CRIF espère
que le nouveau chef de l'exécutif américain s'opposera avec
détermination et sans angélisme aux projets nucléaires du régime
iranien fanatique, agressif et négationniste. » (à coups de frappes
nucléaires tactiques ?)
Après des semaines de dévastation financière où même en minimisant à
outrance l’ampleur de la catastrophe, les médias se trouvent bien
obligés d’en rendre compte, ces derniers communient dans la même
ferveur pro-Obama, encensant l’Amérique et son nouveau messie aux
grandes oreilles, occultant ainsi la dépression à venir, pour un temps
seulement.
Oublier l’hégémonie américaine, ses guerres, ses morts, ses mensonges, ses manipulations.
L’Irak, l’Afghanistan, Guantanamo, le Patriot Act. Désormais, il faut
croire au « rêve américain » sous peine d’être accusé de racisme ou de
nostalgie de la présidence Bush.
Mais quel Obama soutiennent ils ?
L’Obama dont la campagne n’a pas été financée par « des petits dons de
petites gens » mais par les lobbies de la finance, de l’assurance et de
l’immobilier ? (dont Warren Buffet, l’homme le plus riche du monde, ami
de Bill Gates, et pressenti pour être le secrétaire au trésor,
l’équivalent de notre ministre des finances)
L’Obama dont la couleur de peau va, probablement, servir à mobiliser
l’Amérique des ghettos contre les classes moyennes que le système veut
broyer ?
L’Obama qui, allez savoir, instaura dans quelques mois la loi
martiale et enverra les GI's mater le peuple plongé dans la misère ?
L’Obama qui bombarderait l’Iran ?
L’Obama qui poursuivra l’agression atlantiste contre la Russie et ses alliés ?
L’Obama qui intensifiera la guerre en Afghanistan ou dès qu’une rafale de Kalachnikov est tirée en l’air, on rase un village ?
L’Obama qui laissera crever cette Afrique qui aujourd’hui sautille de joie dans les rues ?
L’Obama qui maintiendra la présence américaine en Irak ?
Nous prendre pour des cons et poursuivre la politique d’asservissement
et de destruction du monde au nom de la sauvegarde des intérêts de
l’Empire, Yes he can !
Tout comme les millions de naïfs qui ont cru en Chamberlain agitant un
bout de papier à Munich en 1938, promettant la paix au Monde, les
millions de crédules en auront pour leurs frais, mais seront-ils aussi
mobilisés dans quelques mois pour dénoncer l’imposteur Obama ?
James G.
Source : http://www.egaliteetreconciliation.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=2502&Itemid=108
mardi 4 novembre 2008
Hausse des tarifs pour un passeport
Forte hausse des tarifs pour l'obtention d'un passeport
L’Assemblée Nationale a voté le texte le 24 octobre, en fin de matinée dans le
cadre de l’examen du budget 2009. Le citoyen va payer très cher le
passage au passeport biométrique.
En effet pour un adulte, on passe de de 60 à 89 € !
Pour
un adolescent, de 15 à 18 ans, cela en coûtera 40 €, soit 15 €
de plus qu’aujourd’hui.
Enfin, les enfants passent aussi à la caisse (donc leurs parents). Pour un moins de 15 ans, c’était gratuit…Maintenant, cela sera facturé 20 €.
Pour le gouvernement, c’est le “prix de l’innovation” et surtout cela correspondrait au prix de revient du passeport. Le ministre du Budget Eric Woerth précisé de plus que “la carte d’identité reste gratuite et que l’on n’est pas obligé d’avoir un passeport”.
L’opposition estime de son côté qu’il s’agit d’une nouvelle taxe sur les ménages.
Et oui, alors que l'Etat-voleur offre des centaines de milliards d'euro aux banques privées, le brave citoyen-mouton lui, est appelé à payer toujours plus pour être encore plus surveillé !
Tout va bien, ça s'appelle la démocratie...
samedi 1 novembre 2008
L'islam et la Révolution algérienne de 1954
L'islam et la Révolution algérienne du 1er novembre 1954
Par Ahmed Ben Bella
Bismillahi-rahmani-rahim
Si l'on veut comprendre le rapport de l'Islam avec la révolution du 1er novembre 1954, il faut l'intégrer dans une réflexion plus large couvrant la période de l'occupation coloniale. C'est en effet, au rythme d'une révolution armée par décennie que la lutte contre l'occupant français s'est poursuivie sans relâche. La révolution du 1er novembre ne se différenciant de ses précédentes que parce qu'elle fut victorieuse.
La permanence de la lutte
Depuis pratiquement le début de l'occupation coloniale en 1830 et jusqu'à 1847,
l'émir Abdelkader leva le flambeau de la libération et mena une lutte souvent
victorieuse contre le colonialisme français. Vers 1860, la première révolte armée des
Ouled Sidi Cheikh dans le Sud Oranais, menaça sérieusement le présence française en
Algérie; lutte reprise en 1882 par les Ouled Sidi Cheikh avec la même intensité. Entre
temps, en 1871, éclatait la révolution d'El Mokrani, dans l'Est algérien, qui faillit
bien tout emporter. Encore ne s'agit-il ici que des révolutions armées ayant un
caractère global, national, voire maghrébin, puisque la lutte de l'émir Abdelkader
déterminera un conflit armé entre la France et le Maroc avec la bataille d'Isly qui se
déroula non loin de la frontière algéro-marocaine.
Il y eut bien d'autres luttes armées qui, même si elles furent de moindre importance,
n'en constituèrent pas moins un sujet de préoccupation sérieux pour le colonialisme
français. Le soulèvement du Dahra s'étendit sur plus de 200 kilomètres entre
Ténès et Mostaganem et auquel fut lié le nom de Boumaza; le soulèvement de Zaatchas
dans l'Est algérien lié au nom de Bouziane; celui de Marguerite près de Miliana, de
Flatters dans le Sahara, les soulèvements des Aurès et des environs de Tlemcen en 1914
contre l'institution du service militaire pour les Algériens.
L'énumération qui précède n'a d'autre objet que celui de souligner une permanence :
l'élan irrésistible de tout un peuple dans son combat contre l'occupant étranger. Ce
peuple paiera un prix effroyablement élevé le droit de redevenir enfin maître de sa
destinée. Deux millions d'Algériens et d'Algériennes sur les 4 millions que comptait
alors l'Algérie de 1830, seront fauchés lors des 15 années de la lutte menée par
l'émir Abdelkader. Récemment, au cours de la Révolution de Novembre 1954 qui prit fin
en 1962, sur 8 millions, l'Algérie se verra amputée de 1 million et demi de ses enfants.
A ces chiffres astronomiques, il faut ajouter les centaines de milliers d'autres victimes
qui ont péri lors des 2 soulèvements des Ouled Sidi Cheikh, en 1869 et 1880, dont
chacun dura plus de 2 ans; celles du soulèvement armé de Mokrani qui embrasa presque
toute l'Algérie. Qui pourra faire le sinistre décompte de ces morts, de ceux du Dahra,
de Zaatchas, de Marguerite, des Flatters, des Aurès et de bien d'autres combats
encore...?
La révolution armée du 1er novembre 1954 s'inscrit dans cette mouvance permanente : le
refus global d'un peuple à se soumettre, à plier devant la force brutale et meurtrière
d'un colonialisme tout puissant, bardé de sciences et de technologies.
L'invariance : l'Islam
Parfois, ce peuple fut obligé de reculer devant la force aveugle et barbare de la
supériorité des engins de mort lancés contre lui; ses ressorts, tendus à l'extrême,
avaient besoin, de temps en temps d'une pause, pour ne pas se rompre, pour ne pas se
briser définitivement. Mais, répondant à un appel lancinant, parfois ténu, surgi du
plus profond de lui-même, le peuple algérien fit face à son destin, reprenant aussitôt
son combat pour renaître, pour imposer son droit à la vie. Pour cela, il dût puiser
cette volonté de lutter et de combattre dans les limites extrêmes de ses sources
physiques et morales. Un facteur irrigua en permanence ce comportement, impulsa ces
ressorts mentaux: l'Islam. Dans ce terreau fécond s'ancrent nos motivations profondes,
nos latences. C'est notre sanctuaire. Quand il nous faut accomplir un geste capital, un
effort suprême, quand le mur de nos certitudes s'effondre, que les coups pleuvent sur
nous et que notre être profond est menacé, c'est vers ce sanctuaire que nous nous
tournons, que nous cherchons refuge, pour reprendre notre souffle, pour puiser la force de
poursuivre le combat.
C'est là une réalité qui a fait, qui fait, la texture même de notre vie. Si la
colonisation a finalement échoué, cela est dû à un fait irréfragable : l'Islam. Qui
n'a pas compris cela, n'a rien compris à la révolution algérienne, n'a pas saisi
l'intelligence profonde des événements qui se sont déroulés sur notre terrain. On peut
arguer d'autres facteurs qui y ont contribué, en premier lieu, le génie de notre peuple.
Certes le peuple algérien cultive une qualité suprême; il est de ceux qui savent dire :
Non! Et l'on sait combien les refus, plus que les acquiescements, sanctionnent un sort et
déterminent une destinée. "Garde le Mim, et le Mim te gardera" (Min est la
première lettre de la négation et du rejet en arabe); c'est tout un peuple aux côtés
des Hachems de Abdelkader qui lancera ce dicton à la face du général Bugeaud en 1841.
On pourrait énumérer encore bien d'autres traits de caractères innés de notre peuple
admirablement doué dans les grands moments. Mais ce ne sont point ces traits
caractéristiques, à eux seuls, qui peuvent expliquer toute une histoire, ni encore moins
la fonder. Le levier puissant, c'est la base indestructible de notre archéologie,
l'élément essentiel de ce subconscient si bien décrit par Jung, de notre psyché,
enfoui au tréfonds de notre être et qui, pourtant, commande notre vie.
Ce qui précède a pour but de situer d'emblée le cadre de notre recherche, le sens
profond de sa problématique. Ce cadre peut certes, paraître arbitraire, trop exigu,
s'agissant de ce qui nous intéresse. En effet, comment traiter de la révolution
algérienne sans traiter des causes de la colonisation, de la période turque qui l'a
précédée; de la course dans le bassin méditerranéen, et, plus loin, des rapports du
monde de l'Islam avec la chrétienté. Les rapports, principalement avec l'Espagne,
l'histoire de l'Andalousie musulmane, de la reconquista et l'occupation de Tanger, de la
côte nord-africaine par les Portugais, mais surtout par les Espagnols, les enclaves de
Mers El Kebir, Oran, Djidjelli, Bône, Djerba et Tripoli qu'ils ont souvent occupées; ces
rapports ne forment-ils pas la trame serrée des faits qui vont peser d'une manière
décisive sur ce qui se passera par la suite?
Nous voilà ainsi contraints d'élargir le cadre de nos investigations, de fixer avec
rigueur un cheminement, de remonter davantage dans le temps et l'espace. Cela seul permet
un jugement autorisé. Depuis 13 siècles, le facteur islamique est le noeud
gordien de nos latences, le noyau dur de notre identité. Nous sommes le produit des
défis qu'il a subi ou fait subir. Le rapport avec le monde chrétien qui fut souvent un
rapport d'affrontement n'a pas peu contribué à façonner notre histoire et à dessiner
les contours de notre monde actuel. Mais ce rapport n'est pas linéaire, n'est pas fait
seulement d'affrontements. Il y eu aussi de grands moments de synthèse, d'ouverture vers
l'autre, d'espaces ouverts pour plus de compréhension. Ils coïncident avec les grands
moments de notre histoire tout court. Des patrimoines universels, tels les enseignements
d'Aristote, de Platon ou de Socrate, par exemple, furent sauvés de l'oubli par les
musulmans. Des micro-systèmes culturels virent le jour, tels ceux d'Andalousie, du Grand
Mogol ou de la Sicile. C'est là que la quête humaniste prendra mille couleurs, où l'ode
à la joie de Schiller eut les échos les plus profonds.
Notre vie, celle de ceux qui nous ont précédé, a été faite de ces moments d'affrontement ou de paix, de négation ou de compréhension; ils viennent s'y fixer en
contrepoint pour laisser au fond de nous des marques indélébiles. Un parfum puissant
propre à l'Islam, à son génie, à ses constituants essentiels et à son âme s'en
dégage. Nous le découvrons également lorsque l'affrontement ou l'apaisement ont un
caractère intérieur. Car le monde de l'Islam n'a pas eu seulement affaire à l'autre,
celui qui occupe la sphère étrangère; il a eu aussi affaire à lui-même, à ce qui se
produisit dans sa sphère intérieure. C'est là une équivalence qui nia pas été
suffisamment soulignée. C'est ainsi que la querelle intérieure s'est toujours posée au
nom de l'Islam, d'un Islam plus pur, plus authentique. Elle s'est toujours située à
l'intérieur, jamais en dehors de l'Islam. C'est là un fait rare, sinon unique, dans
l'histoire des hommes.
L'événement du 1er novembre 1954 n'est unique que par le fait qu'il a, cette fois, été
sanctionné par la victoire. Il n'est, en lui-même, qu'un continuum des soulèvements
armés précédents qui se sont régulièrement succédés au rythme d'un soulèvement,
voire de deux soulèvements par décennie, il est le continuum d'une même grande querelle
de l'histoire et animé des mêmes motivations.
Les Zaouiyas, âme d'une résistance
Avec l'affrontement du pouvoir ottoman en Algérie, le peuple algérien se mobilise pour
faire face à cette nouvelle situation. La résistance s'organise aussitôt autour des
confréries religieuses. Ce sont elles qui vont devenir l'âme de cette résistance,
respectant en cela une longue tradition. l'origine de ces confréries remonte en effet au
VIIIe siècle, alors que des croyants musulmans, engagés dans le djihad, décidèrent de
se rassembler en un ribat (ou lien), dans un lieu choisi pour y mener une vie consacrée
exclusivement à Dieu et pour combattre dans sa d'oie. Le ribat est d'ailleurs à
l'origine des ordres religieux qui se multiplièrent par la suite dans la chrétienté. De
ribat, dérive le nom de Marabout (ou celui qui est lié), ce nom ayant donné lieu, du
reste, à Rabat, l'actuelle capitale du Maroc.
Au XVe siècle, la notion de ribat prit une grande ampleur au Maghreb, et, sous
l'impulsion de chefs spirituels, de nombreuses confréries
virent le jour: Tidjaniya, Rahmaniya, Derqaoua, Qadiriya, Djazouliya, Senoussiya etc.
Furent également créées des maisons-mères ou zaouiyas. La zaouiya est une véritable
institution. C'est autour d'elle que s'ordonne un peu la vie de la région : lieu de
prière, de Dhikr (rituel de litanies particulières à chaque zaouiya, à chaque ordre
religieux), on y dispense aussi un savoir religieux, et en premier lieu, l'apprentissage
du Coran. Mais c'est là aussi que se règlent les conflits, petits et grands, qui
surgissent au sein de la communauté, que s'organisent les travaux communs dans les champs
etc. Les zaouiyas rayonnent à travers tout le pays et, parfois, hors des frontières, par
des institutions relayant la maisonmère, par les Moqqadems, porteurs de son message à
ses disciples ou Khouans. Elles constituent un véritable filet enserrant dans ses mailles
tout le corps social du pays. Les services fournis par les confréries religieuses sont en
principe gratuits et elles vivent grâce aux dons des Zakat ou des Sadaqat.
On a parfois des difficultés à concevoir l'étendue du pouvoir détenu finalement par
ces confréries à travers leur réseau d'institutions, des Moqqadems et des Khouans sur
les populations rurales et également - encore qu'à un degré moindre-sur les populations
citadines. C'est ainsi que les campagnes baignent dans une spiritualité
intense, parfois très pure. De là, les nombreux démêlés et avatars des zaouiyas
avec la puissance publique et le pouvoir. De là aussi, l'inclinaison de ce dernier à
tenter d'en faire des instruments au service de ses desseins. C'est en tout cas ce que
s'attachera à faire le colonialisme français, non sans succès parfois.
Le débat sur le contenu
Les confréries religieuses, leurs pratiques religieuses et le contenu de l'Islam
qu'elles véhiculent font problème. Elles ont donné lieu à un débat inépuisable qui
se poursuit de nos jours encore, bien qu'elles se rattachent à des grands noms, de
Salihines, dont la pureté, l'élévation d'esprit et l'ascèse sont unanimement reconnues
et respectées de tous. Mais, l'attachement qui confine à l'adoration de ces saints
hommes par les fidèles Khouans, certaines pratiques comme les visites aux mausolées, les
élevant en instance suprême, en intercesseurs auprès d'Allah, enfreint au dogme
essentiel de l'Islam de l'Unicité ou Tawhid; cela aggravé parfois par un charlatanisme
aberrant. D'où une forte réaction du mouvement réformiste de la Salafiya impulsé par
Abdou en Égypte et son association des oulémas. Réaction dont la critique puise ses
arguments dans les enseignements d'Ibn Teymiyah, le grand réformateur du XIIe siècle.
Critique également formulée par le wahhabisme et son maître à penser Mohammed Ben
Abdelwahhab.
En Algérie, cette réaction prit souvent une forme de confrontation exacerbée. Poussée
trop loin, elle parut, un moment, jeter une confusion dangereuse relativement au problème
des priorités, des urgences. Fallait-il accorder la priorité à la lutte contre le
colonialisme, ou s'attaquer d'abord à purifier le dogme, et, par voie de conséquences,
à affronter les confréries ? C'est là un débat qui conduirait, si nous voulions
l'engager, à des développements dépassant le cadre de ce propos. Toutefois et selon
notre point de vue, l'histoire a déjà tranché.
Ces distorsions n'ont pas empêché les confréries religieuses et surtout leurs
disciples, de rejoindre massivement les rangs de la révolution armée du 1er novembre
1954 dont l'ossature cela tout le monde en convient fut surtout campagnarde. Le mysticisme
populaire distillé par les zaouïas et dans lequel baignaient les campagnes algériennes,
constitua un levier puissant en faveur de la lutte armée, et cela dès les débuts de la
révolution, alors que le mouvement salafi marquera de fortes réticences, pour ne pas
dire réprobations, ne rejoignant le F.L.N. que plus d'une année après le déclenchement
de la révolution.
En 1830, et alors que commence l'ère de l'occupation coloniale, ce sont les confréries,
et autour d'elles tout un peuple, qui organisent la résistance ou colonialisme.
La Kadiriya : l'émir Abdelkader
Cette première résistance s'étendra de 1832 à 1847. Un homme exceptionnel incarne
l'âme de cette résistance : Abdelkader; qui
appartient à la confrérie de la Kadiriya du douar El Guetna, non loin de Mascara, dans
l'Ouest algérien et au Sud d'Oran. En Avril 1832, les tribus se réunissent pour se
fédérer et proclamer le djihad (guerre sainte) pour chasser les troupes françaises
d'Algérie. Le 21 novembre 1832, ces mêmes tribus se réunissent à nouveau pour choisir
un chef. Elles demandent à Si Mahieddine, chef de la zaouiya de la Guetna, de désigner
son fils, Abdelkader. A 24 ans, Abdelkader devient le chef de la résistance algérienne.
"Si j'ai accepté le pouvoir, dit-il, c'est pour avoir le droit de marcher le premier
et de vous conduire dans les combats de Dieu. Je gouvernerai le Livre de la Loi à la
main, et, si la loi l'ordonne, referai moi-même, de mes deux mains, une saignée
derrière le cou de mon frère". Pendant 15 années, il s'en tiendra à une
stricte application de ce principe. Quant à la guerre contre l'occupant français, il la
mène au nom du djihad, pour la gloire de Dieu.
Des stances de la veine populaire, conservées par la mémoire collective, exaltent le
combat : "C'est moi qui suit El Hadj Abdelkader, fils de Mahieddine, il importe peu
que mas sachiez mon nom, je ne vise point à la grandeur... Je ne veux aucun des prestiges
auxquels vous pensez... Nous entrerons dans Alger, nous chasserons le kafir...".
Abdelkader organisera le pays en fonction du combat; mais laissons la parole à Louis
Lataillade qui en fait la description suivante : "En 1839, le sultanat est divisé en 8 grandes provinces dirigées par les khalifas. A l'intérieur de chacune d'elles, des
territoires commandés par les aghas. Puis viennent les tribus avec leurs caïds, des
fractions de tribus avec leurs cheikhs. Tous les fonctionnaires sont payés en argent et
en nature, de manière à éviter les exactions. Ils ont prêté serment, prélèvent les
impôts, la "zakat" sur les bestiaux, l'"achour" sur les moissons.
Tout individu qui s'estime lésé a le droit d'en référer à Abdelkader. Les cadis
rendent la justice et, en période d'opérations, l'un d'entre eux assisté de 2
'adouls- ses assesseurs - accompagne chaque colonne militaire..."
"La morale publique est étroitement surveillées; la prostitution, le vin, les
cartes et même le tabac sont interdits. L'instruction est encouragée par les
"zaouiyas..."
Azan, l'un des biographes de l'émir, écrit : "En administration indigène, Bugeaud
n'a été que son disciple... L'illustre maréchal si infatué de sa personne, a eu la
loyauté de qualifier Abdelkader "d'homme de génie" du haut de la tribune de la
Chambre des députés".
Le maréchal Soult ajoutera, pour sa part : "Il n'y a présentement dans le monde que 3 hommes auxquels on puisse légitimement accorder la qualification de
"grands" et, tous trois appartiennent à l'Islam. Ce sont Abdelkader, Mohamet
Ali et Chamyl". Chamyl est ce héros circassien qui va arracher aux Russes
l'indépendance de son pays.
Le pays tout entier est galvanisé, au nom du djihad, dans cette lutte contre l'occupant
français. Les dirigeants français tentent alors de s'attaquer à la notion même du t
djihad, de la vider de son contenu. Grâce à Léon Roches, l'un des transfuges français
ayant rejoint l'émir, allant jusqu'à un simulacre d'islamisation avant de fuir et
d'apparaître pour ce qu'il était en réalité : un espion français, une fatwa put être
obtenue des universités de la Zitouna er d'El Azhar. Elle était rédigée ainsi :
"Quand un peuple musulman dont le territoire a été envahi par les kouffars, les a
combattus aussi longtemps qu'il a conservé l'espoir de les en chasser, et quand il est
certain que la continuation de la guerre ne peur amener que misère, ruine et mort pour
les musulmans, sans aucune chance de victoire, ce peuple, tout en conservant
l'espoir de secouer leur joug avec l'aide d'Allah, peut accepter de vivre sous leur
domination, à la condition expresse qu'ils conserveront le libre exercice de leur
religion et que leurs femmes et leurs filles seront respectées".
Cette fatwa, qui a trouvé des oulémas pour accepter de l'écrire, ne produira pas les
effets escomptés. Le peuple, sous la conduite de l'émir, poursuivra sa lutte sans
désemparer.
Abdelkader remportera plusieurs importantes victoires contre l'ennemi français dont
l'armée sera défaite au cours de batailles mémorables. A la Macta d'abord, puis à la
Tafna. Il luttera ainsi sans répit durant 15 années avant que le sort des armes ne
lui soit défavorable. Son combat s'achèvera en 1847, et, après quelques années d'exil,
il obtiendra enfin la permission de se rendre avec sa famille en terre d'Islam, à Damas,
où il finira ses jours. Disciple mystique d'Ibn 'Arabi,
il laissera en outre des écrits d'une haute spiritualité, notamment un Diwan où il
écrit :
"Je suis Dieu, je suis créature, je suis seigneur, je suis serviteur;
"Je suis le Trône et la nature qu'on piétine; je suis l'enfer et je suis
l'éternité bienheureuse.
"Je suis l'eau, je suis le feu; je suis l'air et la terre;
"Je suis le "combien" et le "comment".
"Je suis la présence et l'absence; Je suis l'Essence et l'attribut; je suis la
proximité et l'éloignement; "Tout est mon être; je suis le Seul, je suis
l'Unique".
Zaatchas; Mokrani et cheikh El Haddad;
les Ouled Sidi Cheikh et Bouamama
La lutte menée par Abdelkader à peine terminée en 1847 que Zaatchas, dans l'Est
algérien, se soulève en 1849. Sous la direction de Bouziane, son chef religieux, cette
petite ville mènera un combat héroïque. D'abord tenue en échec, l'armée française
mettra 2 années pour en venir à bout, non sans difficulté. Il lui faudra se battre
maison par maison. Pas âme qui vive n'échappa au terrible carnage. Pas un homme, pas une
femme, pas un vieillard, pas un enfant ne survécut au massacre.
Seuls, rapporte la chronique, les chiens qui, condamnés à errer dans les campagnes
alentour et devenus "sauvages", s'attaquèrent aux convois de l'armée
française, des années durant.
Les troupes coloniales durent lutter de 1849 à 1852, pour parvenir à occuper la petite
Kabylie, mais ce n'est qu'en 1853 que la France put y asseoir son autorité.
En 1864, éclate la révolte des Ouled Sidi cheikh, dans le Sud oranais, qui, sous la
direction de leur zaouiya, mettra en danger la présence française en Algérie. Ce n'est
qu'après 6 années de combats acharnés que l'armée française parviendra à juguler
cette révolte.
En 1869 l'administration militaire fait place à l'administration civile. C'est désormais
le règne des colons et les débuts du système de la "colonie de colonisation"
qui va mettre l'Algérie en coupe réglée. Si jusqu'ici l'espoir d'une Algérie
redevenant elle-même avait persisté, il s évanouissait avec la mainmise des colons sur
les terres algériennes. Hugonnet, un général français lucide écrivait le 25 mai 1869 :
"La question des Arabes est complètement coulée. Il leur faudra bel et bien ou
mourir ou s'expatrier ou prendre la blouse et subir comme salariés la loi du plus fort et
du plus roué... Se réveilleront-ils pour le dernier coup de fusil ? Je le souhaite pour
leur bonheur...".
Avec El Mokrani qui, en 1871, fera parler la poudre, l'honneur est sauf, général...
C'est en effet le 14 mars 1871 que, sous la direction du bachagha El Mokrani est
déclenchée une insurrection dont l'inspirateur et l'âme sera le cheikh El Haddad et la
confrérie des Rahmaniya. El Mokrani entraîne derrière lui 150.000 guerriers. Mais la
disproportion des forces en faveur des troupes françaises est trop grande; celle des
armements l'est davantage, et, l'insurrection échoue. L'administration coloniale frappe
fort : près de 50.000 hectares de terre son confisqués et inflige une amende,
considérable à l'époque, de 30 millions de francs, sans compter les déportations en Nouvelle-Calédonie.
En 1882, ce sont encore les Ouled Sidi Cheikh qui se révolteront, avec à leur tête,
Bouamama. L'insurrection qui sembla un moment, proche de la victoire, échouera finalement
après 2 années de combats. Ainsi, de 1864 à pratiquement 1884, 20 années durant,
la lutte menée par les Ouled Sidi Cheikh s'était poursuivie.
Le combat contre l'occupant, même s'il revêt un caractère moins intense, n'en
continuera pas moins dans le Sahara, lors de l'affaire Marguerite, près de Miliana. Une
forte effervescence gagnant le pays à la veille même de la Première Guerre mondiale,
alors que les populations algériennes refuseront la conscription et le service militaire
obligatoire. Ce fut le cas dans les Aurès et à Tlemcen où 800 personnes choisiront de
s'exiler en Syrie pour échapper à cette mesure.
Mais 1945 annonce le 1er novembre 1954
Trente ans à peine séparent ces derniers événements de ceux de 1945 où, à Sétif,
Guelma, Kherrata, Héliopolis, 45.000 Algériens trouveront la mort. Et cela au moment
même où l'Europe célèbre sa victoire sur l'Allemagne. Victoire dans laquelle les
Algériens et lus généralement, les Maghrébins prirent une part importante.
Neuf ans plus tard, enfin, est déclenchée la révolution armée, cette fois victorieuse,
du 1er novembre 1954. Après 7 années et demie de lutte, la longue nuit coloniale
prenait fin. Le peuple algérien devenait indépendant.
Dans cette longue errance du peuple algérien à la recherche de lui-même, à travers
plaines, collines, déserts sablonneux et montagnes, dans ce long parcours parsemé de
larges flaques de sang, où l'Islam fut toujours le recours suprême, les confréries
religieuses jouèrent un rôle prépondérant. Il n'est pas question de faire ici
l'apologie du contenu de l'Islam qu'elles véhiculaient. Non, nous voulons avant tout
poser les termes d'une histoire lucide, sans l'encombrer de jugements péremptoires, voire
simplistes. Un homme qui nous observe depuis longtemps, Jacques
Berque, a dit avec perspicacité : "On aurait tort... de considérer que les
diverses formes que revêt alors le mysticisme populaire engagent la totalité de l'Islam
maghrébin. Généralement réservé à l'égard du sophisme et des observances locales,
l'Islam des oulémas se manifestait aussi vigoureusement, surtout, mais pas seulement dans
les villes".
"Appuyé par une grande tradition, redouté et cultivé par le pouvoir colonial.
Il
pourvoyait généralement aux grandes charges de la "khotba" ou
""prône hebdomadaire", de la Judiciaire" qâdâ ou de la consultation
doctrinale "iftâ". Ses dignitaires auront joué, par la force des choses, un
rôle d'intermédiaire ou de tampon entre la masse des croyants et les autorités, soit du
Beylik ottoman, soit plus tard de l'établissement français. Un tel rôle les engageaient
évidemment à des compromis. Cet Islam là, quelque fut sa valeur doctrinale ou morale,
entrait dans le siècle et s'exposait à la récupération, tandis que l'Islam
maraboutique et confrérique pouvait, lui, se tapir dans des refuges et manifester à
l'égard des officiels quelque réserve ou même occasionnellement la révolte.
Ces diverses attitudes, oscillant entre Intransigeance et la collaboration, ne peuvent
être correctement appréciés que compte tenu des milieux, des périodes, des
circonstances. Elles défient donc tout jugement péremptoire.
"Disons seulement qu'à l 'encontre d'une opinion très répandue aujourd'hui,
l'Islam des marabouts et des confréries a généralement assumé, pendant un demi siècle
au moins après la conquête d'Alger, une résistance violente ou sournoise, dont l'Islam
citadin, par la force des choses, était généralement incapable. Le soulèvement du
marabout kabyle Bel Haddad de l'ordre des Rahmaniya (1871), le massacre de la mission
Flatters à l'instigation du sénoussisme (1880) illustrèrent dramatiquement entre
autres, cette résistance de l 'Islam confrérique et maraboutique à l'impérialisme. Et
cela au point de provoquer jusque dans l'imagination française un durable ébranlement.
Il est vrai cependant que, par une sorte d'ironie de l'histoire, un ralliement assez
général de ces forces, se dessina vers la fin du siècle. Une génération encore et la
majorité des marabouts et cheikhs étaient tenus, sans grande chance d'erreur, pour des
auxiliaires de l'administration, tandis que les oulémas, surtout citadins, tiraient les
premières conclusions de la modernité, marquant ainsi une étape dans la voie de la
restitution nationale. J'insistai plus haut sur la convertibilité réciproque des modes.
Elle produit, d'époque en époque, des configurations nouvelles et les plus curieux
chassés-croisés. La situation que je voudrais évoquer pour finir est toutefois
antérieure, et de beaucoup, au retournement de la fin du XIXe siècle. De l'émir
Abdelkader, préposé Qâdirite, à Bouamama, en passant par le Medhi Boumaza, par
l'illuminé des Derqâwa qui manqua s'emparer un jour de la redoute de Sidi Bel-Abbès,
par d'innombrables autres Mehdis, par l'insurrection de la tribu maraboutique des Ouled
Sidi Cheikh, par celle de Mokrani et des Rahmaniya Kabyles - bref 50 ans de
chronique haletante et sanglante font ressortir, en conjonction avec d'autres facteurs ou
dans un isolement épique, la vitalité toujours active de cette sorte d'Islam et les
responsabilités qu'il savait prendre à l'égard de l'impérialisme... la société
indigène ne reste nullement passive. . . contre les disgrâces qu'elle subit, elle
déploie un dynamisme de sauvegarde. Mais trop souvent c'est un dynamisme inversé. contre
l'éclatement, la distorsion, l'humiliation, la vieille culture se mobilise sous son signe
le plus unanime. La religion prend en charge les attitudes de rassemblement, de
récollection... on s'explique que l'initiation confrérique, aux yeux de beaucoup, offre
à l'histoire malheureuse une réponse apparemment adéquate... La religion maîtresse du
verbe et du souffle, rend au colonisé la conscience d'une identité imprescriptible...
Dans les zones où le convoque l'enseignement des cheikhs, plus d'outrage à essayer, plus
de bassesses à commettre, plus de bassesses à commettre, plus de mensonges à consentir,
plus de bas intérêts à servir, à commencer par les siens propres. Le fidèle, en ce
dialogue orgueilleux et humilié, ranime au fond de lui-même l'invariance qui, peut être
un jour lui rendra l'histoire par surcroît".
La lutte sous sa forme moderne :
l'Étoile Nord- Africaine
Ce que dit Jacques Berque est important. Cette
invariance, tantôt fracassante dans le bruit des combats, tantôt souterraine, va
resurgir sous une forme moderne avec la création de mouvements politiques dès la
Première Guerre mondiale. C'est le propre petit-fils de l'émir, Abdelkader, l'émir
Khaled, qui initie cette nouvelle voie en devenant président de "l'Étoile Nord
Africaine", mouvement politique créé en 1926 et regroupant des dirigeants
maghrébins. Messali, lui, succédera peu après. Un événement considérable occupe
alors l'horizon du Maghreb : la lutte de l'émir Abdelkrim, "notre précurseur"
diront Ho Chi Min et Mao Tsé Toung. Abdelkrim qui remporte une victoire écrasante sur
les Espagnols à Anoual, faisant 10.000 prisonniers et parvient à faire chanceler la
présence française au Maroc. Ce n'est qu'en alliant leurs forces que l'Espagne et la
France parviendront péniblement à endiguer l'élan impétueux des moudjahidine
d'Abdelkrim.
L'Étoile Nord Africaine, tout d'abord proche du parti Communiste, s'en démarquera,
affirmant plus nettement les thèses indépendantistes, alors qu'à l'origine elle avait
été créée pour "la défense des intérêts matériels, moraux et sociaux des
musulmans nord africains". Dissoute en
1929 parce qu'elle revendiquait l'indépendance pour l'Afrique du Nord, elle reprit son
activité en 1935 pour être à nouveau dissoute le 26 janvier 1837.
"L'Étoile, dira Charles André Julien, se distingua des autres partis indigènes par
une doctrine à base essentiellement religieuse. . . qu'elle propagea par son journal
publié en français "El Ouma"...
L'assemblée générale du 18 mai 1933 précisa son programme. Sur le plan religieux, elle
proclama la fraternité et l'unité de l'Islam, affirmée par ses délégués au Congrès
Islamo-Européen de Genève du 12 septembre 1935... Sur le plan national, elle revendiqua
la reconnaissance de la langue arabe comme langue officielle...".
La situation qui se développe en Afrique du Nord va conduire l'Étoile Africaine à
redoubler d'efforts dès 1933. Des manifestations se déroulent en Tunisie contre les
naturalisés français, également à Rabat et à Fez contre la promulgation du dahir
berbère qui tenta de soustraire les berbères à la législation islamique. L'Algérie ne
fut pas en reste avec des manifestations à la suite d'une interdiction aux oulémas de
prêcher dans les mosquées.
A l'Assemblée générale qui se tint en mai 1933, des statuts furent élaborés, et un
programme adopté, il fut retenir ceci pour ce qui est de la section algérienne :
"Notre programme... doit être considéré par nous comme un pacte national liant
l'ensemble de la population musulmane algérienne, travaillant avec dévouement et
abnégation pour la défense de nos intérêts, nos revendications Médiates et
l'indépendante de notre pays.
"Pour notre salut, pour notre avenir, pour occuper une place digne de notre race dans
le monde, jurons tous sur le Coran et par l 'Islam de travailler avec acharnement pour sa
réalisation et pour son triomphe final.
"Ce programme politique pour l'Algérie est à peu près le même que celui du Maroc
et de la Tunisie, évidemment en tenant compte de la position générale de ces deux pays
et de leur constitution politique".
En 1934, lors d'un meeting organisé à Paris, l'Étoile Nord-Africaine fait voter une
motion qui dit en particulier : "Les musulmans nord-africains, au nombre de 3500 le 19
août 1934, à 14 h 30. . . Après avoir entendu l'exposé des divers orateurs, approuvant
sans réserve l'action de l'Étoile Nord Africaine et se déclarant prêts à la soutenir
par tous les moyens. Ils stigmatisent avec force la provocation de l'impérialisme
français laquelle a engendré à Constantine un drame sanglant. Ils affirment leur
solidarité effective et agissante avec les victimes de la répression. Ils déclarent
approuver entièrement la fière attitude de nos coreligionnaires qui ont relevé le défi
et répondu à la profanation de la mosquée musulmane, à l'insulte des fidèles et de
notre vénéré Prophète. Ils s'élèvent hautement contre l'incarnation de plusieurs
centaines de nos coreligionnaires innocents et réclament avec force leur libération
immédiate, la levée de l'état de siège et de séparent aux cris de : A bas le code
infâme de l'indigénat ! A bas les lois d'exception ! A bas la commune mixte du mouchardage
de la rue Le Comte ! Vive la lutte émancipatrice des musulmans nord africains ! Vive
l'indépendance de l'Afrique du Nord ! Vive l'Islam !".
L'action de l'Étoile, initiée en France, va se transplanter sur le terroir nord-africain
en éclatant sous la forme de Néo-Destour en Tunisie, de l'Action Marocaine au Maroc et
du Parti du Peuple Algérien (P.P.A.) crée le 11 mars 1937. Le P.P.A. sera d'ailleurs
presque aussitôt dissout et ses dirigeants, dont Messali, arrêtés. La coloration
arabo-islamique plus prononcée du P.A.A. et de l'Association des oulémas qui est créée
en 1931 est, pour une grande part, due à l'influence de Chekib Arslan qui entretient des
rapports suivis avec les mouvements nationalistes et religieux en Afrique du Nord.
Réfugié à Genève après des déboires avec l'impérialisme français, il fut formé à
l'école de Djamal Eddine El Afghani, de Abdou et de Cheikh Reda. Cet homme nommé le
"prince de l'éloquence" et qui fut à la tête de la délégation permanente à
Genève du Comité syro-palestinien, fondé au Caire en 1921, va jouer un rôle
prépondérant dans les événements qui se dérouleront en Afrique du Nord. "En
servant d'arbitre dans les confits musulmans, dit de lui Charles-André Julien, en
adressant aux chefs de partis des directives permanentes ou des solutions de cas litigieux
en multipliant les articles et les correspondances particulières; en publiant une revue
en français "La Nation Arabe" largement diffusée de Java au Maroc parmi les
élites à qui elles fournit des documents commentés et des bases doctrinales. Chekib
Arslan fit de la maison de l'avenue Ernst Hentsch, où il avait installé son bureau
d'information, l'ombilic du monde musulman... Singulière personnalité que celle de ce
féodal libanais, qui, de son bureau de Genève, distribua 18 ans durant, les mots
d'ordre à l'Islam méditerranéen et dont influence survit à toutes les
compromissions... Nul plus que lui ne contribua à répandre l'idée que l'Algérie, la
Tunisie et le Maroc sont des éléments de la communauté musulmane à laquelle l'unissent
la religion, la langue et la culture".
En vérité, Chekib Arslan, qui fut grand à bien des égards, ne répandit point cette
idée. Il ne fit qu'oeuvrer à sa résurgence, spectaculairement. Car, de l'émir Abdelkader
à El Mokrani et Cheikh El Haddad, de Bouziane des Zaatchas à Boumaza du Dahra, à
Bouamama et les Ouled Sidi Cheikh, à tant et tant d'autres pour finir à Messali et
cheikh Ben Badis, cette idée même était la semence enfouie aux tréfonds de nous-mêmes,
elle impulse nos flux vitaux, détermine l'axiologie de nos mouvements essentiels, nous
habite littéralement.
Mahfoud Kaddache dans son livre Histoire du nationalisme algérien, énonce cette
vérité relativement au rapport du contenu idéologique du discours de l'Étoile et de
l'influence de Chekib Arslan : "...Cette approche du nationalisme arabe, sa prudente
réserve à l'égard du communisme sont importantes, à notre avis, si l 'on veut saisir
la complexe évolution du nationalisme algérien qui puisait sa source idéologique dans
les deux courants, prolétaire et spirituel. Les travailleurs émigrés formés au dur
combat de la réalité ouvrière, restaient sensibles au message qui venait de ce qui
représentait leur passé et leur attachement à la civilisation arabo-islamique. Ce qui
évoquait Damas, Bagdad et le Caire restait pour eux sacré. On le verra plus
concrètement lorsque Chekib Arslan, guide du nationalisme arabe, accueillera à Genève
Messali et prendre fait et cause pour l'Étoile Nord Africaine".
La filiation orientale
La filiation remonte plus loin encore. Les idées de la Nahda (ou renaissance)
qui tire sa substance des enseignements de Ibn Teymiyah ce savant théologien du Houran en
Syrie , enseignement repris par Mohammed Ben Abdelwahhab et le wahhabisme dès la moitié du
XVIIIe siècle et dont la mis à jour sera faite par Djamal Eddine Al Afghani, Abdou et
Cheikh Reda a atteint, par ondes concentriques de plus en plus larges, les confins de
l'Afrique du Nord. Le cheikh Abdou fera d'ailleurs deux voyages en Afrique du Nord au
début des années 1900. Mais les flux d'idées et de personnes eurent un caractère
permanent entre le Moyen Orient et le Maghreb. Dès 1911, le peuple libyen, se
solidarisant avec la Turquie et le calife installé à Istanbul, mènera une lutte de
résistance contre l'Italie qui déclare la guerre à la Turquie et se propose d'occuper
la Libye. Cette résistance durera plus de 20 ans et sera l'une des plus longues, des plus
sanglantes et des plus sanglantes et des plus héroïques luttes de libération de notre
temps. Elle évoque la très belle figure de Omar el Mokhtar. Des échos de cette lutte
sans merci parvenait en Algérie où l'on parlait de moudjahidine prisonniers que l'armée
italienne assassinait en les larguant de ses avions. L'un des descendants de l'émir
Abdelkader luttait d'ailleurs aux côtés des moudjahidine libyens. Et je me souviens que,
traversant marocains, lors de la guerre d'Italie, les souvenirs de cette lutte héroïque
me revenaient en mémoire.
Presque au même moment, se trouvent à Istanbul, Al Afghani, Abdallah El Nadhim,
égyptien transfuge de la révolte d'Orabi et un Tunisien, Ali Bach Hamba qui se propose
de préparer une expédition pour libérer le Maghreb. Il joindra ses efforts à ceux de
deux autres Tunisiens : Salah Chérif et Ismaïl Sfai, lesquels en 1915 oeuvrent à partir de
Berlin pour l'indépendance des pays maghrébins. Un comité sera créé à Genève pour
l'indépendance de l'Algérie et de la Tunisie et l'avènement d'une "République
Nord-Africaine".
En 1916, ce comité auquel s'était joint Mohammed, le frère de Ali Hamba, crée la revue
"Maghreb". La déclaration en 14 points du Président Wilson est l'occasion pour
cette revue de réclamer un référendum en Algérie et en Tunisie qui, écrit elle,
"ont toujours formé un seul et même pays... Ce peuple algéro-tunisien n'a pas
renoncé à son indépendance...".
Le relais est pris dès 1920 avec la création du Destour de Abdelaâziz Thaâbi, au
niveau de la référence arabo-islamique avec une veine Salafi très marquée due aux
universités de la Zitouna en Tunisie et la Qaraouiyne à Fès avec le grand théologien
Faqih Ben el Arabi Alaoui. Allai El Fassi, qui va bientôt jouer un rôle prépondérant
dans les événements qui conduiront à l'indépendance du Maroc, est d'ailleurs un 'alem,
professeur de la Qaraouiyne. Ben Badis qui, pour sa part, jouera un rôle central dans la
renaissance de la langue arabe en Algérie et, plus généralement, dans la réactualisation
des valeurs arabo-islamiques symbolisées par la formule "Un pays,
l'Algérie; une religion, l'Islam; une langue, l'arabe", est lui aussi un 'alem sorti
des rangs de la Zitouna. En Égypte, le parti Wafd de Saâd Zaghloul voit le jour en 1919
et mène une action pour l'indépendance du pays. L'écho des hauts faits de la
résistance parvient en Afrique du Nord, attentive à ce combat pour la dignité. Biladi,
biladi, ce chant de Sayed Derwiche est le cri de ralliement de tout un peuple. Repris en
Algérie par les scouts musulmans, toute une jeunesse en fera le chant nationaliste par
excellence. Et les mêmes paroles, les mêmes airs dédiés à la liberté et la dignité
entendus au Caire, en Syrie, au Liban, en Palestine et ailleurs dans le Moyen-Orient, sont
repris chez nous. A travers les distances, une communion s'établit, un même espoir
habite les hommes et les femmes.
C'est dans cette même mouvance, signe précurseur de l'éveil d'une conscience en quête
d'une manifestation plus affirmée, qu'avaient vu le jour les mouvements des "Jeunes
Tunisiens" en 1907, des "Jeunes Algériens" en 1914 et des "Jeunes
Marocains" en 1919. Ils seront relayés plus tard par le Mouvement des Étudiants
Musulmans Nord-africains qui fera preuve d'une remarquable constance dans la revendication
unitaire. Son histoire est indissociable du mouvement national au Maghreb auquel il
fournira certains de ses dirigeants les plus lucides et les plus dynamiques. Les
résolutions de son congrès de Tlemcen, tenu en 1935, témoigne de cette revendication
unitaire. Sa résolution finale réclame la liberté et la préservation du culte
musulman, le renforcement de l'enseignement de la langue arabe et l'étude de
"l'histoire de l'Afrique du Nord dans les écoles primaires publiques...". Ces
mesures, dit-elle, "ne visent pas à créer une unité factice, non et non. Nous nous
employons, par contre, à susciter une unité ancienne que l'histoire a enregistré et
dont elle a témoigné". La finalité est le développement de la "conscience de
l'unité nationale de l'Afrique du Nord qui se fonde sur une mentalité unifiée, une
religion unique et des sentiments communs".
Durant cette maturation politique, deux monuments historiques vont jouer un rôle
déterminant. Le premier moment se situe en 1930 avec la promulgation du dahir berbère
soustrayant les berbères à la juridiction musulmane. Cette promulgation coïncide avec
les fastes de la célébration à Alger du centenaire de la prise d'Alger, alors qu'en
Tunisie se tient le Congrès Eucharistique de Carthage. Le colonialisme aveugle et
triomphant signe ainsi sa triple agression culturelle.
Le Rif (terre de conquête chrétienne) est sillonné par des missionnaires;
Des enfants habillés en croisés défilent dans les rues de Tunis;
A Alger, un peuple fier assiste aux fastes d'un événement qui insulte sa dignité.
Tout le monde musulman se dresse contre l'infamie du dahir. Ce dahir qui, en Algérie,
évoque dans les mémoires la vaine tentative de christianisation poursuivie par le
cardinal Lavigerie et les pères blancs. La vague de protestations orchestrée par
l'Étoile Nord Africaine, le Destour et les milieux nationalistes marocains, entraînera
une rectification au dahir en 1934. La triple agression culturelle et la réaction
qu'elle provoque dans les trois pays nord africains aboutira à une restructuration du
mouvement national. En Tunisie, un fort courant né au sein du Destour aboutira, après le
congrès de Ksar Helal en 1934, à la création du Néo-Destour animé par Habib Bourguiba.
Au Maroc, l'Action Marocaine voit le jour en 1934 qui groupe Allal El Fassi, Hassan El
Ouazzani, Ahmed Balafrej et Omar Abdeljalil. En Algérie, l'Association des Oulémas est
créée en 1931 et l'Étoile Nord Africaine, engendrera, avec sa section algérienne, le
Parti du Peuple Algérien en 1937, présidé par Messali Hadj.
Le second moment historique est constitué par la deuxième guerre mondiale dont les
conséquences détermineront le mouvement de libération nationale.
C'est après la défaite de la France en 1940 par les forces allemandes que les trois pays
d'Afrique du Nord prendront le relais dans la poursuite de la guerre aux côtés des
alliés. Le rôle des soldats nord africains dans les combats d'Afrique du Nord, d'Italie
et de France-soldats nord-africains qui fourniront de nombreux cadres expérimentés dans
les luttes de libération futures-provoquera un saut important dans la conscience
nationale. En 1943, se constitue au Maroc le Parti de l'Istiqlal présidé par
Allal El
Fassi. En 1946, le Néo-Destour tunisien se restructure. En Algérie, le mouvement des Amis
du Manifeste voit le jour en 1944. L'idée de l'indépendance est alors reprise par toutes
les familles politiques, à l'exception du Parti Communiste. Les Amis du Manifeste
regroupent les partis sans de Ferhat Abbas, anciens partisans de l'assimilation,
l'Association des Oulémas qui jouera un rôle important dans la réactualisation de
l'arabo-islamisme bien que ses positions politiques furent timorées, et le Parti du
Peuple Algériens qui impulsera l'action des Amis du Manifeste.
Les événements de mai 1945 et les massacres qui firent 45 000 victimes sous la
répression sauvage de l'action conjuguée de l'armée française et des colons français,
produisirent une fracture définitive. La question du recours à la violence pour
réaliser l'objectif ultime de l'indépendance fut, en partie, tranché à ce moment au
sein du P.P.A., mouvement national le plus radical et qui sera à l'origine du 1er
novembre 1954.
En 1947, le P.P.A. se transforme en Mouvement pour le Triomphe des Libertés
démocratiques en même temps que se créée l'Organisation Spéciale, organisme
paramilitaire secret. C'est cette Organisation Spéciale, qui fera le geste historique
scellant le sort du colonialisme en Algérie le 1er novembre 1954.
Entre temps, certaines dates doivent retenir l'attention. Elles marquent les étapes d'une
ascension, d'un déterminisme qui conduira à l'indépendance des 3 pays d'Afrique du
Nord.
En cette même année 1945 marquée par les massacres du Constantinois en Algérie, la
Ligue Arabe voit le jour. 1947 voit la création de l'État d'Israël alors que 1948
enregistre la défaite des armées arabes. C'est un autre défi qui se pose aux Arabes. Il
va peser lourd dans l'avenir de la région qui ne connaîtra plus la paix. Les
développements de cette confrontation s'étendront de plus en plus, affectant même le
Maghreb. Ce que symbolisera le dernier bombardement de la Tunisie par l'aviation libyen
détourné par Israël et d'autres développement où les USA seront directement
impliqués comme lors de l'affaire de l'avion égyptien détourné sur une base italienne
de l'OTAN à la suite du détournement du bateau Achille Lauro.
Cependant 1947 est aussi l'année de la création de l'État Islamique du Pakistan.
Dès 1946 et la création de la Ligue Arabe, des dirigeants nationalistes tunisiens vont
commencer à s'établir au Caire, initiant une démarche qu'emprunteront les uns après
les autres, tous les dirigeants nationalistes du Maghreb. Habib Thameur, Youssef Rouisi,
Rachid Driss seront bientôt suivis pas Bourguiba, Allai El Fassi, Abdelkhalek Torres du
Rif et Chadli Mekki du PPA algérien.
L'arrivée au Caire de l'émir Abdelkrim en 1947 va donner une impulsion importante au
regroupement des Maghrébins pour la revendication de l'indépendance. Il forme, avec les
autres dirigeants nationalistes, un Comité de Libération du Maghreb. La charte adoptée
réaffirme l'appartenance du Maghreb à l'Islam et au monde arabe.
La création d'Israël en 1947 et la défaite des armées arabes en 1948 sera
douloureusement ressentie dans les consciences des peuples arabes. Deux événements vont
jouer un rôle considérable dans la lutte de libération Le premier est l'indépendance
de la Libye en 1964, le second est la Révolution de juillet en 1952 en Égypte. L'Africa
Corps avait abandonné en Libye un armement important et c'est dans cet immense lot
d'armes hétéroclites que l'Organisation Spéciale du P.P.A. (Parti du Peuple Algérien)
va, après mille difficultés d'acheminement prélever quelques 300 malheureux mousquetons
italiens "Statti". Ils seront le détonateur du 1er novembre 1954 qui fera voler
en éclat l'édifice colonialiste construit en 132 ans. Nasser et la Révolution de
juillet 1952 tout d'abord, puis d'autres ensuite, pourvoiront au reste et permettront à
la lutte de se poursuivre et de se terminer par une victoire.
Pendant ce temps, l'Afrique du Nord est entrée en ébullition. La dissolution du
ministère Chenik, les arrestations massives de dirigeants tunisiens donnent le signal à
une agitation populaire qui débouchera sur de violents affrontements puis sur une lutte
de libération nationale et finalement sur l'autonomie puis l'indépendance du pays en
1956.
La déposition de Mohammed V va déterminer un processus semblable, débouchant également
en 1956 sur l'indépendance.
La crise du mouvement national en Algérie, accentuée par le fait de la lutte de
libération au Maroc et en Tunisie, alors que l'Algérie semblait en léthargie,
déterminera le déclenchement de la révolution armée du 1er novembre 1954. La lutte
sera synchronisée, avec plus ou moins de bonheur, avec celle des peuples frères
tunisiens et marocain.
Dans la proclamation, le F.L.N. dans l'article premier de son programme, pose la
revendication de l'indépendance nationale par "la restauration de l'État souverain,
démocratique et social dans le cadre des principes islamiques".
Cette lutte impitoyable, épuisante, le peuple algérien la mènera en s'arc-boutant sur
ses ancrages arabo-islamiques. Chaque fait, chaque circonstance est interprétée par
référence à ce patrimoine. Le soldat pour la liberté s'appelle moudjahid c'est
d'ailleurs le nom donné à l'organe de presse officiel de la Révolution algérienne: El
Moudjahid qui se perpétue de nos jours encore-le mort pour la patrie s'appelle chadid et
les combats s'engagent au cri de Allah Akbar fusant tel un trait de feu lancé à la face
de la barbarie et de la tyrannie. L'actualité est ainsi soumise à une lecture coranique
permanente. Aussi permanente que la référence à l'émir Abdelkader, à Mokrani, à
Bouamama et à Boumaza, parallèlement à l'autre lecture axiale en référence à notre
Prophète Mohammed, aux califes Abou Bakr, Omar, Othman, Ali et aux grandes figures du
Djihad tels Abdel-Mounem ou Tarik Ibn Ziad.
Des tréfonds de nos âmes, resurgissent intacts les souvenirs, les hauts faits insérés
aussitôt dans la trame de la vie de tous les jours, au fond des dechras comme sur les
chemins de crête lumineux.
Égrenés comme un chapelet de perles, les noms de l'émir Abdelkader, Mokrani, Boumaza,
Bouamama, Bouziane et tant et tant d'autres noms, Lalla Khadidija la Kabyle, l'émir
Khaled... engrangés les moissons de nos certitudes à travers l'Étoile Nord Africaine, le
Parti du Peuple Algérien, le MTLD, l'Organisation Spéciale, le CRUA et le FLN; un
langage s'est conservé, un message s'est transmis, une invariance s'est perpétuée.
Le rapport de l'Islam avec la Révolution algérienne est là, en contrepoint,
irréfragable. Il est dans cette mouvance ininterrompue entre le Maghreb et le Machreq. Il
est dans les yeux rivés sur la Kaâba et un tombeau à Médine. Il est-cela doit être
souligné-dans l'attitude magnanime du peuple algérien vis-à-vis des Français, au
lendemain même de sa victoire. Il est encore, telle une estampille indélébile sur
toutes les chartes, toutes les constitutions, tous les textes fondamentaux de l'après
indépendance. Et même lorsque nous paraissons nous en éloigner le plus, lorsque par
exemple, le développement se confond avec son contraire et que l'agression culturelle,
sous couvert de modernité, se fait triomphante, c'est justement à ce moment là que se
produit la récurrence. A ce moment là, notre jeunesse dans une vague irrésistible
atteignant toute la terre d'Islam, construit et emplit les mosquées. Alors. à nouveau,
notre passé, intensément, resurgit et revit en nous, emplissant notre espace et fondant
notre imaginaire redevenu créatif et s'élève, fuse dans l'arc en ciel de ce mot
magique: Allah Akbar.
Bien sûr, il nous faut réactualiser, raccorder aux nécessités pluridimensionnelles de
notre temps; bien sûr, il nous faut faire preuve d'imagination par un Ijtihad renouvelé
et vivant et pour élaborer un projet de civilisation convaincant; bien sûr, il nous faut
développer ce qui a fait les grands moments de l'Islam: la tolérance; oui, tout cela est
vrai et il nous faudra oeuvrer longtemps encore pour trouver des réponses satisfaisantes
aux graves questions qui nous interpellent. Mais, au fond de nous-mêmes, quelque chose
d'important s'est remis en marche. La récurrence se produit parfois même là où on
l'attendait le moins.
En effet, qui peut dire l'influence qu'a pu produire sur Messali le fait qu'il ait
appartenu dans sa jeunesse à la confrérie des Derkaouas? Sur Aït Ahmed, qui
lui-même a
vécu dans la maison de ses parents, la vie d'une confrérie kabyle? Ou sur moi-même, le
fait que mon père ait été Mokkadem de la confrérie des Mouqahliya (fusiliers)? Le fait
que durant toute ma jeunesse, j'ai vécu dans une atmosphère imprégnée du Dikr
de
Khalti Mama, la femme de mon oncle qui s'est éteinte il y a quelques années seulement à
l'âge de cent quarante ans et qui, faisant partie de la confrérie de Sidi El Habri, se
levait chaque jour vers 3 heures du matin pour ses prières et jeûna un jour sur trois
tout au long de sa vie. Toute mon enfance a été imprégnée de cette atmosphère, si
bien qu'aujourd'hui encore, il me suffit de faire le silence en moi et de prêter
l'oreille pour que la douce musique du Dikr de Kahlti Marna s'élève, émouvante, au fond
de moi.
Oui, le message de l'Islam doit être un message de tolérance et de paix.
Oui, il nous faut répéter sans désemparer ce cri lancé au général Gérard par
l'émir Abdelkader "Qu'on apprenne enfin à connaître ma religion".
Oui, il nous faut toujours nous inspirer de la valeur et du sens des mots du message de
l'Émir au roi des Français :
"Grand roi des Français! Dieu nous a désignés l 'un et l'autre... Il nous a
imposé l'obligation de rendre nos sujets heureux... on me dit : signe ou ne signe pas,
mais ton refus sera la guerre. Eh bien! moi, je ne signe pas et je veux la paix rien que
la paix... Si la guerre éclate à nouveau, plus de commerce... plus de sécurité pour
tes colons. Je n'ai pas l'orgueil de croire que je pourrai tenir tête ouvertement à tes
troupes, mais je les harcèlerai sans cesse... J'aurai pour moi la connaissance du pays,
la frugalité et le dur tempérament des Arabes... Si au contraire tu veux la paix, nos
deux pays n'en feront plus qu'un, le moindre de tes sujets jouira de la sécurité la plus
absolue, le commerce deviendra réellement libre, nos deux peuples se mêleront chaque
jour davantage..."
Oui, certes il nous faudrait constamment méditer ce message de paix. Mais, est-il
incompatible avec cette quête sacrée de rester nous-mêmes, et ceci n'épouse-t-il pas
cela pour donner son véritable sens à la paix? Pardelà le temps, l'espace, les conflits
momentanés et, bien que les modes et les emplois doivent être interprétés
différemment pour une adéquation véritable, les paroles de notre regretté Moufdi
Zakaria, auteur de notre hymne national, prononcées lors du 4e Congrès de l'Association
des Étudiants Nord-Africains à Tlemcen en 1935, ne demeurent-elles pas encore vivantes en
nous. Et ne sommes-nous pas tous un peu ces étudiants de 1935 quand il dit :
"J'ai foi en Allah comme divinité, dans l'Islam comme religion, dans le Coran comme
Imam, dans la Kaâba comme mausolée, dans notre Seigneur Mohammed - bénédiction et
salut d'Allah sur lui- comme Prophète et dans l'Afrique du Nord comme patrie une et
indivisible.
"Je jure sur l'Unicité de Dieu que j'ai foi dans l'unicité de l'Afrique du Nord
pour laquelle j'agirai tant qu'il y aura en moi un cur qui bat, un sang qui coule et un
souffle chevillé au corps.
"L'Islam est notre religion, l'Afrique du Nord notre patrie et l'arabe notre langue.
"Je ne suis ni musulman, ni croyant, ni Arabe si je ne sacrifie pas mon être, mes
biens et mon sang pour libérer ma chère patrie (l'Afrique du Nord) des chaînes de
l'esclavage et la sortir des ténèbres de l'ignorance et de la misère vers la lumière
du savoir, de la prospérité et d'une vie heureuse.
"Tout musulman en Afrique du Nord, croyant en l'unicité de celle-ci, croyant en Dieu
et en son Prophète est mon frère et partage mon âme. Je ne fais aucune distinction
entre un Tunisien, un Algérien, un Marocain; ni entre un Malékite, un Hanéfite, un
Chaféite, un Ibadite et un Hanbalite : ni entre un Arabe et un Kabyle, un citadin et un
villageois, un sédentaire et un nomade. Tous sont mes frères, je les respecte et les
défend tant qu'ils oeuvrent pour la cause de Dieu et de la patrie. Si je contreviens à ce
principe, je me considérerai comme le plus grand traître à sa religion et à sa patrie.
"Je considère quiconque agit pour la division entre les différentes composantes de
ma patrie (l'Afrique du Nord) comme le plus grand ennemi de ma patrie et le mien propre.
Je le combattrai par tous les moyens, même s'il s'agit du père qui m'a engendré ou de
mon frère de père et de mère.
"Ma patrie est l'Afrique du Nord, patrie glorieuse qui a une identité sacrée, une
histoire somptueuse, une langue généreuse, une noble nationalité, arabe. Je considère
comme exclus de l'unité de ma patrie et exclu de la communauté des musulmans quiconque
serait tenté de renier cette nationalité et de rejeter cette identité. Il n'aura qu'à
rejoindre la nationalité des autres, en apatride qu'on recueille. Il encourra la colère
de Dieu et celle du peuple.
"La distinction s'est opérée entre la lucidité et l'erreur. Ni politique
d'assimilation, ni politique de défi . Nous revendiquons un droit usurpé et un
patrimoine confisqué. Qu'il nous suffise de les recouvrer. Il ne peut y avoir d'autre
alternative : être patriote ou un traître impie.
"Nous ne haïssons pas les races. Tous les hommes sont créatures de Dieu. Nous
respectons les étrangers établis chez nous, tant qu'ils nous respectent. Nous ne leur
ferons aucun mal s'ils ne portent pas atteinte à nos libertés, à notre dignité et aux
richesses de notre pays. S'ils respectent les droits des peuples de céans, nous
respecterons leurs droits d'invités. Ils ont les mêmes droits que nous, mais leur
incombent aussi les mêmes devoirs. C'est ce qu'ordonne notre sainte religion et nos
consciences pures.
"Notre patrie est l 'Afrique du Nord, patrie indissociable de l 'Orient arabe dont
nous partageons les joies et les peines, les ardeurs et la quiétude. Nous unissent à
lui, pour l'éternité, les liens de la langue, de l'arabisme et de l'Islam".
Mais tout le monde aura compris que pour Moufdi Zakaria et ces étudiants musulmans
nord-africains de 1935, comme pour nous-mêmes et ceux qui viendront après nous, qu'il
n'y a eu, qu'il n'y a et qu'il n'y aura pour l'éternité qu'une seule et véritable
patrie : l'Islam.
Ahmed Ben Bella
Ce texte est une communication de l'ancien président algérien présentée
lors de la conférence du Conseil Islamique tenue à Genève les 10 et 11 mars
1985.
Source : http://www.archipress.org/bb/revolu.htm
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