mercredi 29 octobre 2008
Pauvre islam de France
Pauvre Islam de France
lundi 25 février 2008 - par Abdelaziz Chaambi
Depuis
l’époque coloniale, la France a maintenu une continuité dans ses
relations avec l’Islam et les Musulmans, caractérisées par quelques
mots clé : contrôle, suspicion et répression. Il y a eu les Bureaux
Arabes instaurés en 1844 par la France en Algérie dont le but était de
faciliter l’infiltration pour mieux connaître les populations
autochtones et faciliter la colonisation. Ces bureaux pousseront
l’hypocrisie jusqu’à prétendre « défendre les intérêts des Indigènes
face à l’avidité des Européens.
Puis viendra la CIAM (commission interministérielle des affaires musulmanes) instaurée en 1911. L’objectif était de donner à la France une meilleure connaissance des données islamiques pour mieux déraciner une identité et la substituer par une autre.
C’est Alfred Lechatelier ancien officier des Bureaux Arabes puis des Affaires Indigènes, qui en 1910 eut l’idée de créer une institution de préparation et de contrôle des questions musulmanes en usant de plusieurs moyens : mainmise sur les Habous, nationalisation de l’enseignement de l’Arabe et des Mosquées, interdiction de publications, livres , affiches etc… jusqu’à l’organisation du pèlerinage à la Mecque par le biais d’achat d’hôtels à la Mecque et à Médine pour « accueillir » les pèlerins qui en fait seront surveillés pour éviter qu’ils ne soient contaminés par le souffle de la Nahdha au Moyen-Orient, et prévenir ainsi tout contact avec d’autres mouvements nationalistes pan-arabistes et pan-islamistes.
La CIAM ancêtre du CFCM ?
A partir de 1931, la CIAM envisage la participation en son sein de 5 représentants musulmans notables, nommés par les autorités françaises qui siègeront avec différents représentants des ministères dont celui de la guerre. En 1935, le gouvernement Laval décide d’élargir la CIAM à 5 autres membres élus. Après avoir rempli sa mission tout en essuyant de vives critiques de la part des musulmans qui y ont vu l’anti-chambre de la trahison, la CIAM disparaîtra en Avril 1937.
La nomination de ces 5 représentants musulmans par le gouvernement français et la proposition de leur rémunération par Aristide Briand alors président du Conseil et ministre des affaires étrangères augurait des rapports d’instrumentalisation et des multiples entorses à la laïcité dont sera à l’origine notre ancien ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkosy, lors de la création du Conseil Français du Culte Musulman dans lequel il nommera les personnes de son choix, avant de nommer son Préfet Musulman. (1)
Continuité coloniale ?
S’immisçant dans les affaires religieuses en vue de promouvoir une élite indigène pour remettre en cause les enseignements religieux comme ceux qui étaient prodigués par la célèbre université Zaytouna en Tunisie, la France jusqu’à ce jour, cherche encore à promouvoir une élite post-colonisée. Un bulletin de renseignements militaires daté du 17 Août 1920 affirmait : « En ouvrant aux enfants de cette bourgeoisie, les portes de nos lycées et nos facultés , en les soustrayant ainsi aux enseignements rétrogrades de la Djama-Zitouna , nous avons donné libre cours à leur activité intellectuelle, nous les avons délivrés des limites étroites et bornées des règles coraniques »(2)
Ceux qui se définissent comme musulmans et soutenus par une certaine classe médiatico-politique qui s’empresse de nous les présenter surtout comme de bons musulmans, alors que la plupart d’entre eux n’ont aucune idée de la direction de la Qibla et n’ont jamais apprécié la rupture d’un Jeûne. Certes il est de leur droit absolu de se dire musulmans, mais alors comment qualifier celles et ceux qui pratiquent les 5 piliers de l’Islam ? Des Intégristes, des Fondamentalistes, des Islamistes, voire des terroristes potentiels.
Vous remarquerez que lors des bulletins d’informations en France, les termes présumés islamistes reviennent souvent, c’est-à-dire présumés coupables. Encore mieux : notre secrétaire d’Etat Fadela Amara vient de nous apprendre sur une chaîne de télévision le 10 Février 2008 qu’il y avait plus grave encore que l’économie parallèle (c’est-à-dire vendre de la drogue pour détruire des êtres humains) l’islamisme dans nos quartiers. Donc musulmans de France et du monde, lorsque vous militez politiquement au nom de vos références religieuses vous êtes présumés coupables, voire plus dangereux que les dealers et leur drogue, alors que nos amis Marxistes, Libres Penseurs ou Catholiques et Juifs engagés politiquement eux, font œuvre utile pour répandre les lumières ou la Justice sociale.
Parmi ces serviteurs de la politique néo-coloniale, il existe deux catégories : la première qui œuvre par conviction et fait subir aux musulmans "les dégâts collatéraux" de leurs discours, en les faisant passer pour les ennemis des valeurs occidentales, républicaines ou démocratiques, qui seraient dogmatiquement leur espace exclusif .
La deuxième catégorie, celle des des alimentaires dont certains d’entre eux sont disposés à offrir leurs services moyennant finances (subventions, emplois etc.). Une sous- catégorie s’est révélée récemment à l’occasion de la venue de Hirsi Ali en attaquant ouvertement l’Islam et les Musulmans et non plus l’intégrisme ou l’extrémisme.
Toutes ces catégories ont cette particularité de parler pour les musulmans, de penser pour ces derniers, de s’ériger en spécialistes de l’islam et de ses adeptes, de prendre les musulmans pour leur objet d’étude ou de les présenter comme « les mauvais objets » de la société, avec cette fâcheuse tendance à reproduire les rapports de domination que leur impose une classe médiatico-politique qui les confine à un rôle de faire-valoir.
STRATEGIE IMPERIALISTE
Les forces d’occupation impérialistes ont pris conscience que leur politiques criminelles en Irak, en Afghanistan et en Palestine et leurs soutiens aux dictateurs sanguinaires sont rejetés par les populations de cette région. C’est pourquoi, elles se lancent dans une campagne internationale, visant à changer l’image de cette politique d’agression en tentant de se rapprocher des musulmans pour mieux comprendre leur fonctionnement, à travers des campagnes de financements d’études sur l’Islam, la culture musulmane, la place des religions, le dialogue des cultures et même l’islamophobie. Cette campagne, va même jusqu’à faire pression sur certaines dictatures arabes pour faire une place dans le jeu politique à certains mouvements dits islamistes, à condition bien sûr qu’ils restent dans l’Axe du Bien défini par Monsieur Bush.
En France, on constate que certains hommes politiques avec à leur tête le chef de l’Etat, sont disposés, en plus d’octroyer des subventions et autres gratifications, à ébranler le socle de la République et du vivre ensemble pour instaurer des rapports clientélistes avec la « communauté musulmane » qui souvent se focalise sur des enjeux mineures, ou des dossiers comme ceux de la construction de mosquées. Une telle démarche clientéliste détournerait les musulmans des enjeux sociaux et politiques les plus importants. La question palestinienne notamment en est une parfaite illustration. Elle tend à devenir une question taboue dans les mosquées et les prêches du Vendredi, tout comme l’est l’expulsion de dizaines d’imams dans le silence assourdissant de nos chers représentants du culte musulman.
Notes :
1 : Pascal Le Pautremat, La politique musulmane de la France au XXème siècle , édition Maisonneuve et Larose
2 : Idem
Source : http://oumma.com/Pauvre-Islam-de-France
dimanche 26 octobre 2008
L'uranium pillé du Niger
Comment la France pille l'Uranium du Niger
Le nucléaire, l'uranium et l' "indépendance énergétique" française
Sur le site internet de COGEMA [1] on trouve
les précisions suivantes: "Le groupe COGEMA est
l'un des leaders mondiaux pour la production d'uranium naturel,
il en produit de l'ordre de 7 000 tonnes par an soit environ 20%
de la production mondiale. (...) En France plus de 70 000 tonnes
d'uranium ont été exploitées depuis 1946.
Les principaux gisements se situaient dans le Limousin, le Forez,
la Vendée et l'Hérault (...). Dès le début
des années soixante, les équipes de prospection
du groupe COGEMA ont engagé des recherches hors de France
(...). Les succès les plus remarquables ont été
rencontrés au Gabon (près de 27 000 tonnes d'uranium
découvertes et exploitées de 1960 à 1999)
et surtout au Niger (près de 80 000 tonnes d'uranium produites
depuis l'origine) (...)".
L'année 1988 correspond à la production maximale des mines d'uranium en France mais à partir de cette date les fermetures de sièges miniers vont se succéder (a). Pourtant, 8 ans plus tard, dans la publication CEA "Memento sur l'énergie 1996" il est indiqué au chapitre "Réserves énergétiques françaises" que le taux d'indépendance de la France vis-à-vis de l'uranium est de 100% alors que les mines françaises sont en fin de vie. Dans les publications ultérieures ce chapitre a disparu.
Notons que cette façon de voir l'indépendance de la France est parfaitement logique dans le système économique actuel. La production d'une entreprise n'appartient pas au pays où l'entreprise est implantée mais à son propriétaire. Si les mines d'uranium en Afrique ou ailleurs sont la propriété de COGEMA alors l'uranium produit est français. L'économie moderne nous a permis de récupérer des territoires coloniaux que nous avions perdus. Une façon moderne de gérer la colonisation ! Ainsi, notre soit disant "indépendance énergétique" qui serait due à l'uranium vient, en réalité, d'Afrique depuis bien des années déjà, mais aussi du Canada, d'Australie, et COGEMA développe désormais des activités minières en Asie centrale dans des républiques de l'ex-URSS (Kazakhstan et Mongolie).
La réalité Cogéma et ses mythes
Une plainte avec constitution de partie civile pour pollution, mise en danger de la vie d'autrui, abandon et dépôt de déchets concernant tous les sites miniers du Limousin a été déposée contre Cogéma en mars 1999 par l'association Sources et Rivières du Limousin, 3 ans après que plusieurs associations aient dénoncé la radioactivité des eaux du Lac de St Pardoux [2]. La COGEMA, en tant que personne morale, a été effectivement mise en examen le 30 août 2002 pour "pollution, abandon et dépôt de déchets".
Comment est-ce possible ? Les habitants du Limousin et de tous les sites miniers ne doivent-ils pas être rassurés et heureux des activités menées par COGEMA - la prospection, l'activité minière et la réhabilitation après la fermeture des installations - si l'on en croit le panégyrique publicitaire de COGEMA qu'on peut trouver sur internet ? Citons quelques passages. Les activités minières Cogéma ce n'est pas seulement "Découvrir et produire" mais aussi: "Favoriser le développement durable (...) En fin d'exploitation, COGEMA réaménage les sites miniers pour les rendre au milieu naturel et maintient une surveillance sur les sites une fois réaménagés. Sans attendre la phase de réaménagement, COGEMA entreprend à chaque stade des opérations, des actions de précaution et de prévention, afin de minimiser les impacts et les risques environnementaux". "La sécurité et la santé des travailleurs, COGEMA a été pionnière dans la profession pour la protection des mineurs contre les radiations ionisantes (...)". "Les relations avec les populations locales, COGEMA est à leur écoute et contribue à la vie économique et sociale de façon adaptée à chaque situation : - Assistance médicale dans les pays ne disposant pas de système de santé publique (exemple de l'hôpital d'Arlit au Niger) (...) " Cette auto-complaisance a de quoi faire grincer les dents. Nous allons la confronter à deux réalités, celle du Limousin et celle d'Arlit au Niger.
Cogéma et les mines d'uranium en Limousin
Ne manquez pas de voir le film de Thierry Lamireau "Uranium en Limousin" en Realvideo 21Kb [3] qui raconte une autre histoire, moins triomphaliste et plus triste, de sites saccagés, d'opposants, de travailleurs malades. L'histoire racontée par un médecin, de son patient qui a ses mouchoirs toujours jaunes comme est jaune la couleur du "yellowcake" issu des traitements chimiques du minerai d'uranium (b), qui va mourir et être autopsié et dont les résultats ne seront jamais communiqués.
Les oppositions à COGEMA ont été nombreuses en Limousin comme en témoigne la dizaine d'associations [4] créées au cours des ans dans toute la région. Michèle Granier (CLADE) nous fait un bref résumé: "En Limousin, la Division Minière de la Crouzille exploite l'uranium depuis 1949. Au début des années 1970 la contestation naît dans la population et une plainte en justice est déposée lorsque les déchets et matériaux provenant du démantèlement de l'usine du Bouchet [5] en région parisienne sont déversés dans une mine à ciel ouvert, Le Brugeaud, où sont stockées les boues de concentration du minerai. (Il a été question de 40 - 50 curies de radium 226 provenant du Bouchet). Il y a eu une grande variété de luttes ponctuelles, par exemple contre les permis d'exploitation dans les secteurs miniers.
Dans les années 90 les opposants ont obtenu une pré-étude sur l'état radiologique des sites d'exploitation du Limousin, payée par les Conseils général et régional, effectuée par la CRIIRAD, association indépendante (Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité), et la société ALGADE choisie par la COGEMA. Les deux séries de mesures ont été concordantes mais pas l'interprétation des résultats ! Les conclusions de la DRIRE (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement) ont été celles d'ALGADE qui dédouanent la COGEMA, en bref: l'exploitation minière n'a eu aucun impact sanitaire en Limousin. L'inertie des élus et de la population aidant, les recommandations formulées par la CRIIRAD ont été enterrées. Mais cela n'empêche pas les problèmes de refaire surface très périodiquement: réservoirs d'eau potable de la ville de Limoges contaminés par les eaux d'exhaure des anciennes mines d'uranium "abandonnées ou délaissées". Lac touristique de Saint-Pardoux faisant de la "rétention" de radioactivité dans les sédiments ; maison à taux de radon record, vendue à des particuliers par COGEMA, que Kouchner - le ministre de la santé - fait évacuer, le tout avec procès à la clé (annulation de la vente au motif que COGEMA étant "expert en la matière" a réalisé une vente en connaissance du vice caché) ; plainte déposée par Sources et Rivières du Limousin pour empoisonnement des eaux du Limousin aboutissant en 2002 à la mise en examen de COGEMA (à suivre). Plainte le 2 octobre 2002 contre l'Etat français, Ministère de l'environnement chargé des installations classées, déposée par l'ADEPAL [5] auprès de la Commission des communautés européennes au sujet de l'autorisation préfectorale accordée à COGEMA de stockage de 199 900 tonnes d'oxyde d'uranium appauvri à Bessines, dans des hangars de surface (c). (Avec la réponse récente de la CCE l'Etat a gagnéA suivre). D'autres actions ont eu lieu au cours des ans, on ne peut les citer toutes (d).
Hors Limousin
Concernant la Division minière du Forez, l'étude mandatée par le collectif des Bois Noirs, la Mairie de Saint Priest la Prugne et les élus locaux sera rendue début 2003. (A noter que la fermeture du site date de 20 ans et que c'est l'état du site et les préoccupations de santé des populations qui obligent les élus à se pencher sur le problème (mesures de la contamination du site par la CRIIRAD et SUBATECH choisi par COGEMA).
Par ailleurs la Division minière de
Vendée a, elle aussi, demandé à la CRIIRAD
de faire une étude qui a obligé l'industriel à
reprendre certains sites. Quant à la Division de Lodève
(Hérault) elle sert de vitrine de "réaménagement
modèle" mais il faut noter que jusqu'à présent
la contestation ne s'est pas fait entendre. Il se pourrait que
s'engage le même processus que sur tous les sites visités
par COGEMA".
Le scandale d'Arlit.
COGEMA soit-disant: "pionnière
pour la protection des mineurs d'uranium" !
Pour illustrer les "bonnes oeuvres" de la COGEMA en
Afrique, le site minier d'Arlit au Niger est exemplaire et nous
donnons ci-après la traduction par Anne-Marie Chenet (Stop
Nogent) d'un article de Roger Moody publié par Wise-Amsterdam
le 22 avril 1982 [6] :
"Scandale de l'uranium au Niger" "Des gamins de 15 et 16 ans se font irradier dans les mines sous contrôle français au Niger. Il n'y a quasiment aucune protection contre l'inhalation de gaz radon. La main d'oeuvre, presque exclusivement des nomades Touaregs, reste totalement ignorante des effets de l'exploitation minière. La détection des radiations et les contrôles sanitaires sont inexistants."
Ce ne sont là que quelques uns des faits rapportés par un réalisateur de télévision britannique qui, avec une équipe de caméramans de l'émission Panorama (UK) ont été les premiers étrangers à visiter Arlit dans la partie nord du Niger. [Le réalisateur] Christopher Olgiati est un jeune homme grand et mince, parlant avec aisance. Il n'exprime pas de griefs particuliers contre le gouvernement militaire du Président Kountché : de fait il le défend contre l'accusation qui s'est répandue selon laquelle le gouvernement aurait permis aux Lybiens de détourner le minerai d'uranium. (Olgiati pense que c'est peut-être une désinformation qu'a fait courir la CIA).
Pour ce que j'en sais Chris Olgiati peut très bien être un défenseur de l'énergie nucléaire. Mais ce qui l'a choqué lors de sa visite durant 10 jours de cette région uranifère, une des plus importantes de la planète, ce sont les conditions de vie de la main d'œuvre locale. Et le contraste avec celles des Français qui occupent les postes de direction.
"Arlit est absolument au milieu de nulle part" m'a-t-il dit dans une interview en exclusivité." C'est une oasis artificielle construite selon le modèle colonial. Elle a sa propre ville-dortoir avec supermarchés, courses de chevaux, produits de luxe importés de la métropole. Un incroyable choc culturel si l'on compare avec les travailleurs nomades". Selon Olgiati c'est la main d'œuvre nomade qui vient vers la compagnie plutôt que l'inverse. Souvent les nomades ne restent pas plus d'une semaine, prennent leur paie et s'en vont. Certains ne restent qu'une journée. "C'était la grande récrimination française" dit Olgiati, "les ouvriers ne font juste que passer".
"Il va de soi que les Français n'informent pas les indigènes qu'ils travaillent dans les mines les plus dangereuses du monde, ils n'entendent jamais parler de mesures dosimétriques des rayonnements et un suivi sanitaire quel qu'il soit est impensable".
"Un sympathique directeur d'Arlit nous a concédé que les nomades travaillaient dans l'ignorance absolue de ce qui pouvait leur arriver dans 20 ou 30 ans". Il y a de grandes mines souterraines à Arlit que l'équipe de la télévision a visitées : "une journée sous terre était plus qu'assez "a commenté Olgiati. Le renouvèlement d'air semblait correct mais le bruit du forage était insupportable. Je n'ai vu personne porter de masque. Les mineurs remontent des galeries en fin de journée recouverts de poussière radioactive de la tête aux pieds". Arlit n'est pas la seule mine d'uranium du Niger mais elle a été la première et elle reste la 2ème en importance. La production commerciale a démarré en 1971 - la production a été de 1900 tonnes en 1980. La teneur moyenne en uranium est actuellement de 0,25% mais en 1978 elle atteignait les 3%. Si l'on se réfère au terrible taux de mortalité parmi les mineurs des mines de Kerr McGee dans les années 50-60 (et leurs conditions de travail étaient probablement meilleures qu'ici) cela signifie que les Français ont signé l'arrêt de mort de milliers de Nigériens dans les années à venir.
Seulement le tiers du consortium SOMAIR d'Arlit appartient au gouvernement nigérien. La COGEMA (filiale du CEA, Commissariat à l'énergie atomique) en détient 27% tandis que la société IMETAL en détient aujourd'hui 19% à travers la compagnie française MOKTA. L'autre géant français de l'uranium MINATOME détient 8% des actions. Des parts moindres sont détenues par Urangesellschaft (6,5%) ouest-allemande et la société italienne AGIP (6,5%) (e). Mais la direction est solidement tenue par les Français. "J'ai eu l'impression d'être en première ligne" dit Olgiati. "Arlit est très important pour les Français. Ils ont une station émettrice très puissante qui communique directement avec la France et ils ont littéralement haï qu'il y ait une équipe de télévision ici". L'uranium du Niger est non seulement indispensable au programme électronucléaire massif de la France mais aussi à sa production d'armement (...). L'uranium est transporté vers le monde extérieur par camions vers le Bénin et aussi vers la Lybie par Agadez à 250 km au sud-est d'Arlit où l'avion prend la relève. Chaque convoi est gardé sévèrement mais des accidents et des déversements de "yellowcake" sont chose courante. "Il y a toutes sortes d'histoires qui circulent au sujet de déversements d'uranium hors des camions et qui contaminent les réserves d'eau" dit Olgiati.
Cependant, le plus grand danger est la mine elle-même. Ici, des gens parmi les plus pauvres de la planète travaillent dans un environnement parmi les plus mortels qui soient pour fournir l'énergie aux norias de trains mus à l'électricité des nations les plus riches et alimenter leurs bombes en combustible. Ils sont maintenus dans l'ignorance totale des conséquences de leur travail et lorsqu'ils mourront leur corps ne sera même pas soumis à la formalité d'un examen post-mortem [autopsie]. Il serait difficile de trouver un exemple plus frappant de néo-colonialisme rampant.
Remarque : Ce scandale des conditions de travail des mineurs d'uranium africains n'a jamais fait partie des préoccupations syndicales en France. Ni d'ailleurs des ONG comme Médecins du Monde que nous avons essayé de sensibiliser à ce problème, mais sans succès [7].
Ceci n'est pas étonnant puisque même en France les syndicats des mineurs d'uranium ne se sont guère intéressés à l'excès de mortalité par cancers chez les mineurs d'uranium en particulier par cancers du poumon. Bien plus, ils ont contribué à masquer le problème comme en témoigne le fait que la réunion sur le thème des déchets miniers et de la surmortalité par cancer chez les mineurs d'uranium [8] n'a pu se tenir à Bessines le 16 décembre 1993 que sous la protection des gendarmes pour empêcher l'intervention violente des dirigeants syndicaux (CGT) qui voulaient casser le matériel de projection de Thierry Lamireau.
Bella Belbéoch,
lettre d'information du Comité Stop Nogent-sur-Seine n°95.
Références:
[1] COGEMA : compagnie générale des matières nucléaires, dont la présidente est Anne Lauvergeon (ancienne sherpa de François Mitterrand). Dans le cadre de la réorganisation de la filière nucléaire, création le 3 septembre 2001 par CEA-Industrie, Framatome et COGEMA, du groupe AREVA dont le directoire est présidé par Anne Lauvergeon. Dans AREVA: un pôle nucléaire avec COGEMA et Framatome ANP - Framatome Advanced Nuclear Power Inc.- (66% Framatome et 34% Siemens) et un pôle "technologie de l'information et de la communication" avec FCI (Framatome connections international) et ST Microelectronics. [Framatome ANP est très présent aux USA, entre autres pour assurer la maintenance des réacteurs]
[2] La Montagne, 7 sept. 2002 "La Cogéma mise en examen"
[3] Thierry Lamireau, 6, rue de l'Annonciade, Clos de la Sauge 74150 Rumilly. Uranium en Limousin, film/vidéo de 36 mn, 1ère version 1993, Copyright Thierry Lamireau 1995. Plusieurs fois primé: mai 1994 2ème prix au Festival audiovisuel des cultures minorisées d'Europe. Septembre 1994 "Meilleure uvre vidéo" 5èmes rencontres de l'image-nature et environnement, Martigues. Novembre 1994 1er prix catégorie "amateur", Rencontres documentaires traces de vie Vicle Comte/Clermont-Ferrand. Mars 1995, Prix du ministère de l'environnement au festival eurorégional du film d'environnement de Roubaix. Projeté dans plusieurs festivals dont le festival du film scientifique de Palaiseau (Novembre 1995) et le festival "territoires en images" (Institut de géographie, Paris, Mars 2002).
[4] Amis de la terre Limousin et Marche, APMA association de la protection des monts d'Ambazac, ALV les amis du Limousin vert, APPSP association pour la protection du pays de Saint-Pardoux, AICIN association intercommunale d'information sur le nucléaire, ADEMAU association de défense des monts d'Auriat, CRIIRAD Marche-Limousin, CLAN collectif limousin pour une alternative au nucléaire, CLADE coordination limousine anti-déchets radioactifs, ADEPAL association de défense du pays arédien en Limousin. Il en manque peut-être !
[5] En région parisienne, à l'usine du Bouchet (CEA) les murs de certains laboratoires étaient devenus jaunes-orangés, comme les poudres d'uranates traités... N'étant pas d'une santé florissante les travailleurs du Bouchet ont eu du mal à se recaser pour raisons médicales dans les centres CEA après la fermeture de l'usine en 1971 et certains devaient être licenciés ce qui est apparu comme le début d'une campagne plus générale de licenciements prévus par l'administration du CEA qui a entraîné une riposte du personnel ("Non à la politique du citron pressé, non aux licenciements"), les syndicats ont appelé à la grève le 5 mai 1971, largement suivie à Saclay.
Il n'y a pas eu d'étude épidémiologique sérieuse des travailleurs du Bouchet. Obtenir la reconnaissance en maladie professionnelle de ceux morts par cancer est un véritable parcours du combattant. En 1990 la décontamination du site n'était toujours pas terminée et suscita de multiples protestations d'habitants du voisinage (Ballancourt, Itteville, Vert-le-Petit) en particulier des Amis de la Terre. Le Parisien des 28-29 avril 1990 titrait "Essonne : 20 000 tonnes de déchets nucléaires dorment près de Paris".
[6] WISE-Amsterdam, Number 134.967, 22.4.82 (WISE, World Information Service on Energy). Nous remercions Wise-Amsterdam pour nous avoir retrouvé ce document de 1982. (En 1982 Roger Moody habitait Londres. Militant très actif il a, entre autres, fondé un groupe de recherche et d'action en faveur des minorités indigènes coloniales, il collaborait à Wise-Amsterdam, et devait se rendre en Australie visiter une mine appartenant à COGEMA).Wise publie désormais un bulletin Nuclear Monitor conjointement avec Nuclear Information and Resource Service (NIRS, Washington- USA). Contact: WISE Amsterdam, PO Box 59636, 1040 LC Amsterdam, http://www.antenna.nl/wise
[7] Lors de cette rencontre le 12 mai 1987 avec plusieurs membres de Médecins du Monde (le président était à l'époque Bernard Kouchner) nous avons expliqué les problèmes liés aux mines d'uranium, l'importance des mesures de radioprotection (évidemment ces mesures ont un coût qui se répercute sur le prix de l'uranium), signalé ce témoignage paru dans le bulletin de WISE sur l'emploi d'adolescents Touareg. Nous leur avons suggéré de faire une enquête sur les conditions de travail à Arlit. Cela ne devait pas poser de problèmes car des médecins de MdM sont présents en Afrique. Aucun écho, si ce n'est qu'au cours de la discussion il est apparu qu'une des femmes présentes était descendue dans une mine souterraine d'Arlit (il y a aussi à Arlit des mines à ciel ouvert). Elle ne s'était pas inquiétée des conditions de travail mais a pali quand on a expliqué l'importance du radon etdes poussières d'uranium sur l'incidence des cancers du poumon.
[8] Roger Belbéoch, "Les risques de cancer chez les mineurs d'uranium français" La Gazette Nucléaire 129/130, décembre 1993, p.10-15. Colloque Uranium et santé, Limoges novembre 1993.
Notes:
a) Dossier: l'uranium, par Pierre-Christian GUIOLLARD http://www.minerapole.com/f_/fi_01_1.html. Jouac, la toute dernière mine d'uranium française non loin de Limoges, a fermé le 31 mai 2001. D'après la publication CEA Informations utiles, Edition 2001, la répartition de la production d'uranium en 1999 par les compagnies du groupe COGEMA (5528 tonnes) était la suivante: Afrique 58% ; Canada 32% ; Jouac 8% ; divers (USA) 2%.
b) Le "yellowcake" est un concentré issu du traitement chimique du minerai. C'est un diuranate de couleur jaune. A Bessines ces traitements étaient effectués à l'usine SIMO (société industrielle des minerais de l'ouest). C'est sous forme de "yellowcake" que l'uranium est ensuite envoyé aux différentes usines de conversion.
c) La présence d'un tel tonnage d'oxyde d'uranium appauvri sous forme de poudre n'a guère mobilisé les antinucléaires hors Limousin. Et pourtant si un avion s'écrasait sur les hangars ou si un incendie se déclarait (acte malveillant, amorçage de réaction chimique transformant UO2 résiduel en U3O8 etc.) ce serait pire que la dispersion des oxydes formés par l'impact des obus utilisés dans la guerre du Golfe et au Kosovo car, dans les hangars, c'est déjà de l'oxyde d'uranium sous forme de poudre qui se disperserait.
d) Action collective symbolique réussie à Auriat: deux forages destinés à l'étude de l'enfouissement en couche géologique profonde de déchets radioactifs sont définitivement bouchés. Il ne s'agissait pas de la Cogéma mais de forages de l'Institut de Protection et de la Sûreté Nucléaire (IPSN).
e) D'après Wise-Amsterdam (mise à jour 2 août 2002) deux groupes SOMAIR et COMINAK se partagent l'exploitation de l'uranium au Niger dans les sites respectifs d'Arlit et Akouta et COGEMA est majoritaire: SOMAIR: 56,86% COGEMA, 6,54% Urangeselschaft Allemagne, 36,6% ONAREM Niger. COMINAK: 34% COGEMA, 31% ONAREM Niger, 25% OURD Japon, 10% ENUSA Espagne http://www.antenna.nl/wise/uranium/uoafr.html
A lire :
- Communiqué de la Criirad, 16/02/2005:
Areva - Niger - Uranium
- (format word): Malgré l'opposition des filiales de la
Cogéma, la CRIIRAD et SHERPA ont mis le pied au Niger et commencé
les investigations autour des sites miniers (déc. 2003).
- Le Limousin radioactif
- Radon, un gaz mortel qui vient du sol
Action :
- "Sortir du nucléaire" décline l'offre d'Areva et lance une souscription pour une inspection indépendante.
Source : http://www.dissident-media.org/infonucleaire/niger.html
jeudi 23 octobre 2008
Le Jihad est de deux types
Les deux types de Jihad
Texte de Cheikh 'Abdullah' Yussuf Azzam, qu'Allah accepte son martyr, extrait de "Défense des terres musulmanes", traduit par Al-Mourabitoune
Rappel sur les deux types de Fard (obligation ou
devoir)...
Fard 'Ayn
C'est le Fard qui représente un devoir obligatoire à exécuter par chaque Musulman comme la prière ou le jeûne.
Fard Kifaya
C'est le Fard qui, s'il est exécuté par un groupe, l'obligation n'incombe plus
au reste des Musulmans. La signification de Fard Kifaya est que, s'il n'y a pas
assez de personnes qui y répondent, alors tous les Musulmans sont dans le péché.
Si une quantité suffisante des gens y répond, le reste de la communauté
Musulmane est exempté et n'est plus dans le péché.
L'appel à pratiquer ce type d'obligation est dans le commencement comme l'appel
à pratiquer un Fard Ayn qui est alors délié en un Fard Kifaya par la
participation de certains des gens à cette pratique.
Mais un Fard Ayn n'est pas délié par un nombre précis de gens l'exécutant.
C'est pourquoi Fakhr er-Razi a défini le Fard Kifaya comme l'obligation qui est
effectuée sans compter sur les âmes d'entre ceux qui l'exécutent.
L'Imam ech-Chafi'i a dit : "un Fard Kifaya est un ordre adressée
à chaque Musulman mais ne recherchant en réalité une réponse que de quelque
volontaire".
La définition convenue par la majorité des savants, parmi eux Ibn Hajib, Amdi el- et Ibn Abdu chakur, déclare que le Fard Kifaya est obligatoire sur chaque
Musulman, mais son exécution ne l'est plus lorsqu'une quantité suffisante
répond à l'appel.
De nos jours, beaucoup de polémiquent tourne autour de la décision de partir au
jihad qui est considéré comme un Fard Kifaya, signifiant donc comme nous
l'avons vu que c'est une obligation qui incombe à chaque Musulman, mais qui ne
l'est plus sur la majorité lorsque certains l'exécutent.
Le cheikh AbdAllah Azzam (Rahimahullah) avaient éclairci cela comme suit :
Le Jihad contre les impies est de deux types:
1) Le Jihad offensif (lorsque l'ennemi est attaqué sur son propre territoire)
Dans ce type de jihad, les mécréants ne se réunissent pas pour se battre contre
les Musulmans. Le combat devient alors un Fard Kifaya avec l'exigence minimum de
nommer des partisans pour garder les frontières et d'envoyer une armée au moins
une fois par an pour terroriser les ennemis d'Allah. Il est un devoir de Foi que
d'assembler et faire sortir une unité armée en territoire de guerre de temps
en temps chaque année. De plus, il est de la responsabilité de la population
Musulmane que de contribuer à cela et si aucune armée n'est envoyée, chaque musulman
est dans le péché.
Les savants ont mentionné que ce type de jihad est essentiel pour le maintien
du paiement de la Jizya. Les savants du fiqh ont aussi dit
: "Ce Jihad est une Da'wah employant la force et il est obligatoire de
l'exécuter avec toutes les capacités disponibles, jusqu'à ce qu'il ne restent
que des Musulmans ou des gens qui se soumettent à l'Islam."
2) Le Jihad défensif
Il consiste à expulser les kouffar de notre terre et c'est un Fard 'Ayn, un
devoir obligatoire sur tous ! Il est la plus importante des obligations et
surgit dans les conditions suivantes :
A) Si les kouffar entre sur une terre appartenant aux Musulmans.
B) Si les armées se rencontrent dans la bataille et s'ils commencent à
s'approcher l'une de l'autre.
C) Si l'Imam appelle une personne ou des gens à marché en avant, alors ils
doivent marcher.
D) Si les kouffar capturent et emprisonnent des Musulmans.
Concernant la première condition, les pieux prédécesseurs, ceux qui leur ont
succédé, les Savants des quatre écoles de fiqh (Maliki, Hanafi, Chafi'i
et Hanbali), les rapporteurs de Hadith (Muhaddithine) et les commentateurs du
Coran (Moufassirine) ont convenu (Ijma') qu'à toutes les époques islamiques,
le Jihad pouvait devenir Fard 'Ayn sur tous les Musulmans du Monde entier contre
l'Ennemi (kafir) qui entre en terre Musulmane.
Aussi (lors d'une invasion), les enfants
du pays devront y participer sans la permission des parents, la femme
sans la permission de son mari et l'élève (Taleb) sans la permission de
son professeur. Et, si les Musulmans de cette terre ne peuvent pas
expulser les Kouffar à cause du manque de forces, parce qu'ils
diminuent, sont indolents ou n'agissent simplement pas, alors le Fard
Ayn (l'obligation) se diffuse dans la forme d'un cercle touchant les
plus proches puis les plus proches suivants, etc... Ce processus continue jusqu'à ce que cela devienne
un Fard Ayn sur le monde entier.
Le cheikh Ibn Teymiyah dit à ce sujet : "À propos du jihad
défensif, visant à repousser un agresseur, c'est le plus gérable type de jihad.
Comme il a était convenu par tout le monde, il est obligatoire de protéger la
religion et ce qui est sacré. La première obligation après la Foi est (le Jihad
dans) l'expulsion de l'ennemi agresseur qui assaille la religion et les
affaires temporelles. Il n'est requis aucune exigence particulière comme les
provisions ou le transport, et on le combat plutôt en usant de toute capacité immédiate. Les ouléma, nos égaux et d'autres ont parlé de cela."
Ibn Teymiyah développe son avis concernant l'absence de l'exigence de transport
dans sa réponse au Juge qui a dit : "si le jihad devient Fard 'Ayn sur les gens
d'un pays, une des exigences, en comparaison au Hadj, est qu'il faut avoir des
provisions et une monture si la distance est tel que l'on raccourcit la prière". Et il ajoute : "Ce que le Juge a dit en comparaison au Hadj n'a jamais été
exposé auparavant par personne et est un argument faible. Le Jihad est
obligatoire parce qu'il est pour la répulsion du mal de l'ennemi, donc il a la
priorité sur la Hijra. Or pour la Hijra aucun transport n'est considéré
nécessaire.
Lors du Jihad, certaines choses prennent des priorités. On rapporte dans un
hadith sahih relaté par Ibn Ebaad Asaamat que le Prophète (saws) a dit : "Il est
(obligatoire) sur le Musulman d'écouter et d'obéir dans la privation comme dans
la prospérité, dans ce qu'il aime comme dans ce qu'il déteste et même si on ne
lui donne pas ses droits ". Donc, le pilier de la plus importante des obligations, est de marcher en avant
dans les temps difficile aussi bien que prospère.
Comme il a été exposé et contrairement au Hadj, l'obligation reste donc présente
dans les temps de privation. Et cela est (mentionné) dans le Jihad offensif. Il
donc est clair que le jihad défensif porte un plus grand degré d'obligation.
Défendre les choses sacrées et la religion contre l'agresseur est obligatoire,
comme c'était convenu par chacun. La première obligation après la foi (el Iman)
est le repoussement de l'ennemi agresseur qui assaille la religion et les
affaires temporelles".
A présent, voyons l'avis des 4 écoles de fiqh qui sont
tous d'accord sur ce point :
Fiqh Hanafi
Ibn Aabidin a dit : "Le Jihad devient un devoir obligatoire (Fard 'Ayn) si
l'ennemi attaque une des frontières des Musulmans. Son obligation incombe
également aux autres pays musulmans voisins qui sont les plus proches du pays
attaqué. Pour ceux qui sont loin, c'est un devoir facultatif (Fard Kifaya), si
leur aide n'est pas exigée. S'ils sont indispensables, peut-être parce que les
voisins attaque l'ennemi mais ne peuvent pas résister, ou qu'ils sont indolents
et ne participe pas au jihad, alors cela devient Fard 'Ayn sur ceux derrière
eux, comme l'obligation de prier et jeûner. Il n'y a aucune excuse pour eux à le
délaisser. S'ils sont aussi incapables, alors cela devient Fard 'Ayn sur ceux
derrière eux, et ainsi de suite jusqu'à ce que le jihad ne devienne Fard 'Ayn
sur toute la Oumma Islamique de l'Est à l'Ouest".
Et partage cet avis juridique : El-Kassani, Ibn Najim et Ibn Hammam.
Fiqh Maliki
Dans la rissala Hashiyat de Dussuqi il est exposé : "Le Jihad devient un devoir
obligatoire (Fard 'Ayn) lors d'une attaque surprise par l'ennemi." Dussuqi a dit :
"partout où cela arrive, le jihad devient immédiatement Fard 'Ayn sur chaque
personne, qu'elle soit femme, esclave ou enfant sans même avoir l'autorisation
de son mari, maître ou parents".
Fiqh Chafi'i
Il est dit dans Nihayatu-l-Mahtaj de Ramli : "s'ils s'approchent d'un de nos
pays et que la distance entre eux et nous devient inférieur à la distance
permettant de raccourcir la prière (prière de voyage - 55 km), alors les gens de ce
territoire doivent le défendre et cela devient un devoir obligatoire (Fard 'Ayn)
même sur les gens pour qui il n'y a d'habitude aucune obligation de participer
au jihad; à savoir le pauvre, les enfants, les esclaves, le débiteur et les
femmes."
Fiqh Hanbali
Dans El Mughni, Ibn El Qudamah dit : "Le Jihad devient un devoir obligatoire
(Fard 'Ayn) dans 3 situations :
1) Si les deux côtés se rencontrent dans la bataille et s'ils s'approchent
l'un de l'autre.
2) Si le Kafir entre en terre musulmane, le jihad devient Fard 'Ayn sur ses
habitants.
3) Si l'Imam appelle les gens à marcher en avant il est obligatoire pour eux
d'obéir. "
Ibn Teymiyah a fait la remarques suivante
concernant ceci : "Et si l'ennemi entre sur une terre Musulmane, il n'y a sans
aucune doute qu'il devient obligatoire pour le pays le plus proche de participer
au Jihad et ensuite le suivant plus proche pour repousser l'ennemi, car certes,
les pays Musulmans sont comme une seule terre. Et il est obligatoire de
participer au Jihad sur le territoire attaqué, même sans la permission des
parents ou du maître et les narrations annoncées par l'Imam Ahmad sont claires
sur ce point."
Et cette situation est connue par la oumma.
Source : http://www.ribaat.org/index.php?a=news&pg=106
mardi 21 octobre 2008
L'âge du mariage en islam
L'âge du mariage en islam
Un sujet concernant l'islam, un de plus, a suscité ces dernières semaines de violentes diatribes dans les médias, notamment occidentaux, contre l'islam authentiques et ses adeptes. Ce sujet est le suivant : En islam, à partir de quel âge une fille peut être légalement mariée ?
Bien évidemment, un torrent d'indignations et d'insultes a pu être déversé sur l'islam authentique et ses adeptes, suite à la diffusion de nombreux reportages et articles rapportant le témoignage de jeunes filles musulmanes de 8 ou 9 ans ayant été mariées légalement au Yemen et en Arabie Saoudite, ce qui fut immédiatement assimilé ni plus ni moins à de la pédophilie.
Soit dit en passant, combien même ce serait le cas, il est très étonnant que ça dérange tant que cela l'Occident alors que les crimes pédophiles constituent justement le passe temps favori de son élite dirigeante illuminati...
La polémique a enflé encore au Maroc lorsqu'un courageux cheikh (Mohammed Abderrahmane El Maghrawi) a osé faire son devoir en rappelant simplement la légalité islamique sur ce sujet (voir : http://www.rue89.com/2008/10/07/maroc-un-cheikh-autorise-le-mariage-des-filles-de-neuf-ans?page=4).
Alors, écoutons à ce sujet le bref discours d'un autre cheikh (Ahmed el Mu'bi) qui en est malheureusement réduit, à cause de l'effroyable aliénation des musulmans de nos jours, à devoir lui aussi rappeler un fait islamique connu et reconnu depuis 14 siècles, partout dans le monde musulman.
Voilà, je trouve qu'il s'est exprimé avec mesure et clarté, que dire de plus ?
Pour résumer en une phrase : Le musulman peut parfaitement épouser une fille de n'importe quel âge par un acte de mariage islamique, mais ce mariage, bien que totalement valide et complet, ne peut toutefois être "consommé" (pénétration) qu'à partir de l'âge de 9 ans (en réalité 8 ans et 9 mois en calendrier solaire, car il s'agit de 9 ans en calendrier lunaire).
En effet, que cela plaise ou non aux kouffar, et que cela plaise ou non aux mounafiqine, il en est ainsi en islam, et le premier musulman à en avoir donné l'exemple est notre Prophète (saws) qui a épousé Aïcha bint Abi Bakr lorsqu'elle avait 6 ans (http://hadith.al-islam.com/Display/Display.asp?Doc=1&Rec=3267).
Alors de deux choses l'une, soit le musulman accepte cette loi islamique et la respecte, et dans ce cas il est un musulman authentique et honorable, soit au contraire, il considère l'action de notre Prophète (saws) comme une horreur honteuse, et se révolte contre cette loi en la déclarant illégale ou dépassée, et dans ce cas il cesse d'être musulman (le kafir quant à lui, peu nous importe son avis, le simple fait de s'informer de ce qu'il en pense c'est déjà lui faire trop d'honneur).
Il existe cependant une troisième solution (pour les "bien pensants") : La contestation de l'authenticité des ahadith prouvant l'âge du mariage de Aïcha.
Pourquoi pas ? Mais en vérité, cela ne change absolument rien, car il n'existe de toute façon aucun verset du Saint Coran, ni aucun hadith authentique, qui stipule un âge minimal pour qu'une fille puisse être mariée !
Qu'on me l'indique si je me trompe !
La décadence et l'aliénation massives des musulmans de notre époque, y compris de nombre de pseudo "ouléma", sont vraiment affligeantes, car elles font lire l'islam aux musulmans non plus avec les yeux de "l'intelligence islamique authentique" mais avec ceux des préjugés et des conjectures stupides de l'idéologie occidentale droits-de-l'hommiste moderne, ce qui ne peut biensur qu'à aboutir, si la tendance n'est pas rapidement inversée, à rendre l'islam de plus en plus étranger aux musulmans.
Cela est un signe manifeste de la fin des temps.
Plus que jamais donc, que chacun se prépare...
dimanche 19 octobre 2008
L'impossible voiture propre
L'impossible voiture propre
L’automobile en France, c’est comme la croissance : tout est bon pour éviter de la remettre en cause. Comme la croissance, industriels et médias dominants à leur service s’évertuent à la maquiller en « verte », « propre » ou « durable » pour mieux nous faire oublier une cruelle réalité : épiphénomène spatial et temporel, la civilisation de l’automobile est insoutenable.
Nicholas Georgescu-Roegen affirmait : « Chaque fois que nous produisons une voiture, nous le faisons au prix d'une baisse du nombre de vies à
venir ». Néanmoins, si la voiture propre n’existe pas, la voiture « moins sale » si. Elle est extrêmement simple à mettre à place tout de suite et à grande échelle.
Il suffit de limiter la cylindrée des automobiles. Une mesure politique évidente que se refuse à mettre en place actuellement notre société. A la place, les journalistes des médias dominants s’émerveillent devant des 4 x 4 et des voitures de sport équipés de moteurs hybrides et donc renommés « voitures propres »[sic]. Néanmoins, limiter la cylindrés de automobiles ne doit pas avoir pour effet pervers de rendre plus pérenne la civilisation de l’automobile. L’objectif doit bien être de s’affranchir de cette objet et du modèle de civilisation qui lui est lié. Jean-Marc jancovici affirme avec raison face à la question « Qu’est-ce qu’une voiture propre ? » « C’est pas plus de 50 millions d’unités sur la planète ». Autant dire pour nous les ambulances et les camions de pompiers.
Avant même d'avoir fait son premier kilomètre, une automobile aura produit une part importante de sa pollution. Chaque nouvelle voiture demande pour sa construction 300 000 litres d'eau. L'édification d'un véhicule, « propre » ou non, exige 20 fois plus de matières premières que son seul poids, soit 30 tonnes pour produire une voiture de 1,5 tonne (1). à l'autre bout de la chaîne, ce sont 2 millions de véhicules particuliers légers qui sont jetés annuellement en France, soit, notamment, 280 000 tonnes de vieux pneus, 30 000 tonnes de résidus de batteries et 400 000 tonnes de déchets industriels spéciaux (2). Même si une partie de plus en plus large de ces déchets sont recyclés, leur transformation entraîne à son tour de nouvelles pollutions.
Dotée d'un parc nucléaire surdimensionné, la France cherche à promouvoir la voiture électrique sous le label « voiture propre ». Pourtant, celle-ci présente un écobilan largement inférieur à un véhicule classique, à moteur thermique embarqué. D'après l'ADEME (3), la voiture électrique nécessite 62 % d'énergie en plus pour le même rendement. L'énergie est produite hors du véhicule. Elle doit donc être transportée, puis stockée, ce qui engendre à chaque étape d'importantes déperditions. Les batteries (plomb, cadmium...) nécessaires à ce stockage sont elles-mêmes hautement nocives et produisent des déchets à durée de vie infinie. Un des rares avantages du véhicule électrique est le faible niveau de nuisance sonore à faible vitesse. A partir de 60 km/h, ce gain disparaît, les bruits de frottement l'emportant sur ceux du moteur.
La belle légende du moteur à eau
« Le moteur à eau existe et il ne demande qu’à être développé. Il suffira bientôt de remplir le réservoir de son automobile avec de l’eau pour faire avancer sa voiture. Cette invention n’est pas mise en œuvre à cause des compagnies pétrolières qui rachètent tous les brevets pour continuer à engranger des milliards sur le pétrole et protéger leur business. On dit même que les géniaux inventeurs seraient discrètement assassinés. » Voici en quelques phrases résumé ce mythe du « moteur à eau », largement répandu dans notre société(1). Cette belle fable, si elle répond parfaitement à un fantasme collectif, ne résiste malheureusement pas à la réalité. Le « moteur à eau » est assimilé à 2 types de production énergétique directement associés à l’eau.
Le moteur à hydrogène.
En associant 2 molécules d’hydrogène à 1 molécule d’oxygène, on obtient une explosion (qui produit de l’énergie). Pour obtenir ces molécules d’hydrogène, la solution la plus fiable est d’utiliser l’électrolyse de l’eau. On sépare alors l’oxygène et l’hydrogène des molécules d’eau. Mais l’électrolyse nécessite de l’énergie. Selon les lois de la physique, si l’explosion des molécules d’oxygène et d’hydrogène fournit de l’énergie, séparer ces mêmes molécules nécessite un apport d’énergie au moins équivalent à celui produit par l’explosion. Entre les 2 manipulations, il y a déperdition : le bilan énergétique de l’opération est forcément négatif. Contrairement au pétrole ou au gaz, l’hydrogène n’existe pas à l’état naturel. Il ne peut être qu’un vecteur d’énergie, comme une pile classique.
La voiture hybride
Les « voitures hybrides », type Prius, font état d’un écobilan
calamiteux. En effet, si en fonctionnement elle émettent moins de gaz
carbonique que les automobiles classiques, la prise en compte de
l’ensemble de la chaîne – fabrication, fonctionnement, recyclage – leur
est très défavorable. Ces automobiles font appel pour leur fabrication
à des matériaux rares nécessitants beaucoup d’énergie pour leur
extraction et leur transformation. Les batteries qu’elles utilisent
pour stocker l’énergie sont un fléau environnemental. Ceci autant à
cause des matières premières nécessaires à leur fabrication que
lorsqu’elles deviennent des déchets hautement toxiques. Ces véhicules
sont dotés de deux moteurs ce qui aggrave d’autant leur écobilan.
Le moteur pantone
C’est une technologie ancienne. Il s’agit d’ajouter un peu de vapeur d’eau dans un moteur à combustion classique afin d’en améliorer le rendement. Cet ajout d’eau ne peut être que très marginal. Le système pantone fonctionne sur des gros moteurs fixes (comme un groupe électrogène) car l’injection d’eau alourdie les véhicules (réservoir d’eau, pompe, etc.). L’amélioration du rendement ne compense pas le surplus de consommation lié à l’augmentation du poids du moteur.
Pourtant, même si elle est totalement irrationnelle, cette idée du « moteur à eau » n’en demeure pas moins un mythe très populaire, et ce jusque dans les rangs des écologistes !
Fantasme facile
Le « moteur à eau » révèle simplement un fantasme bien ancré dans notre inconscient collectif. Dans notre société de consommation, c’est-à-dire celle de l’inversion des valeurs, la science a été inconsciemment sacralisée. La science, « on y croit », on a la « foi » dans les capacités de l’homme à trouver de nouvelle technique. Surtout, cette croyance permet de s’affranchir de sa responsabilité personnelle et politique. Je peux continuer à rouler en voiture sans me remettre en cause puisque je transfère ma responsabilité sur de méchantes compagnies pétrolières qui cachent les solutions permettant de rouler sans polluer… Malheureusement, cette idée-là est encore une fois totalement contredite par les faits. Les premiers investisseurs dans les énergies alternatives sont aujourd’hui les compagnies pétrolières. Le Pdg de la BP (British Pétroleum) a dit en 2002 que BP devait signifier maintenant « beyond petroleum » (au-delà du pétrole). Les premiers à tirer la sonnette d’alarme et à rappeler qu’il n’y a aucune alternative à notre consommation actuelle de pétrole sont souvent des anciens cadres de l’industrie pétrolière.
Les biocarburants : un mythe à couler
Nous pouvons dire que le pétrole est un biocarburant. Un litre de pétrole est constitué de 23 tonnes de matières organiques qui ont été transformées sur une période d’au moins 1 million d’années. Tout cela pour faire avancer une automobile de 15 km en moyenne ! Un autre « bio-carburant », le bois, est beaucoup plus rentable. Pour faire avancer la voiture de 15 km, il suffit de 15 kg de bois dans un moteur à gazogène. Problème : il faut démarrer le moteur à gazogène 90 minutes avant de partir. Autre problème : voici 200 ans, la France était pratiquement dépourvue de forêt, tant le bois était recherché. Il était une ressource précieuse que nos ancêtres réservaient à la construction, au chauffage ou à la cuisson des aliments. Vital, il était impensable de s’en servir pour des usages superflus. Or, c’est exactement ce que nous proposent les adeptes des biocarburants à grande échelle.
Manger ou conduire
Lorsque le pétrole va se raréfier, c’est-à-dire très bientôt, les rendements de l’agriculture vont diminuer, car les engrais deviendront rares ou très chers (les engrais sont constitués de produits de synthèse fait à partir de pétrole ou sont importés grâce au pétrole). La France va devoir nourrir 62 millions de personnes sans engrais autres que naturels. Il faudra sortir des monocultures intensives pour retrouver une agriculture paysanne ayant de faibles besoins énergétiques.
Pour remplacer tout le pétrole utilisé actuellement dans les transports par de l’huile végétale, il faudrait multiplier par 3 les surfaces cultivées en France, et les consacrer uniquement au pétrole ! Les biocarburants à grande échelle ne peuvent être que le fruit d’une monoculture qui nécessite beaucoup d’engrais et d’énergie, voire des OGM, à l’opposé de l’agriculture « bio-durable ». Qu’allons-nous préférer : produire de la nourriture pour tous ou cultiver des biocarburants pour le tiers des automobiles et camions français ? Dans le futur, les biocarburants ne pourront servir que pour des applications de première nécessité : pour les ambulances ou des travaux pénibles qui nécessitent beaucoup d’énergie, dans l’agriculture par exemple. Pour cela l’huile de tournesol semble la plus cohérente : elle a besoin de peu chimie. Ce n’est pas le cas du diester (à base d’huile végétale) et l’éthanol (fabriqué à base de betterave ou de blé) produit grâce à des réactions chimiques à base de… pétrole. Mais, même dans le cas de l’huile, la rentabilité énergétique est en question. Pour produire 1 litre de biocarburants, la consommation peut atteindre 0,9 litre de pétrole1. Dans ce cas mieux vaut utiliser directement le pétrole : on pollue 2 fois moins. Selon une étude publiée dans la revue scientifique Critical Reviews in Plant Science : « La production d’éthanol nécessite la consommation de six unités d’énergie pour produire une unité d’éthanol. » Les biocarburants vont de toute façon se retrouver en concurrence, s’il reste des surfaces agricoles disponibles, avec les animaux de trait. Tracteurs ou percherons que le meilleur et le plus durable l’emporte !
Se libérer d'une perception de la science pervertie en foi.
En matière d’énergie, la pire des catastrophes écologiques serait l’arrivée d’une source d’énergie gratuite et infinie, et cela même si elle était « non polluante ». En effet, toute production d’énergie induit inéluctablement la consommation d’autres matières premières. Moins nous produisons d’énergie, quelle que soit la source, moins nous polluons et moins nous consommons de ressources naturelles.
Effet pervers de la « voiture écologique »
La « voiture écologique », qui ne consomme que 3 litres tous les 100 km, rend la conduite automobile meilleur marché est plus attrayante. Le nombre de voitures sur les routes et le nombre de kilomètres parcourus augmentent en conséquence. Il s'agit du même effet pervers que pour les véhicules neufs : l'automobiliste recourt plus facilement à une automobile en bon état, surtout si elle bénéficie d'un label environnemental. Son déplacement ne se reportera alors pas sur un mode véritablement écologique (marche à pied, vélo, transport en commun...). De plus, si les véhicules neufs émettent moins de CO2, ces gains sont souvent annulés par l'arrivée de la climatisation en série, grosse dévoreuse d'énergie et productrice de polluants hautement toxiques (CFC...).
L'automobile : avant tout une civilisation
La pollution atmosphérique, le pillage des ressources naturelles non-renouvelables et les déchets ne constituent qu'une partie des nuisances de la « voiture propre ». Le bruit, les millions de morts, de blessés, avec leur cortège de traumatismes physiques et psychiques, l'insécurité, le stress, la haine, l’envahissement de l’espace, le bétonnage et la déshumanisation de notre cadre de vie demeurent. Même mue par un moteur au jus de carotte bio, l'automobile resterait la principale source de nuisances écologiques et sociales de nos civilisations. La pollution atmosphérique ne fait que nous la rendre plus visible.
Il est important de comprendre que l'achat d'une voiture ne se limite pas à l'acquisition du véhicule en tant que tel mais aussi à tout l'univers qui lui est lié, c'est-à-dire des autoroutes, les rocades, les stations-service, les pétroliers pour transporter le carburant, les grandes surfaces (atteignables grâce à la voiture), les usines (pour produire ces automobiles et cet univers)... tout un milieu qui engendre un mode de vie à l'origine de la majeure partie de la crise environnementale. Utiliser une automobile de petite cylindrée est bien sûr mieux que de rouler dans un 4X4, mais dans un cas comme dans l’autre c’est toujours 4 roues sur une caisse roulant à vive allure qui formate un environnement qui sera quasiment le même dans un cas comme dans l’autre. Rappelons que 80 % de la population mondiale n’utilise pas de voiture, que l’automobile ne s’est généralisée en Europe que depuis 40 ans. L’automobiliste est un marginal tant dans le temps que dans l’espace.
L'obsession de la recherche d'une solution technique aux nuisances causées par l'automobile est symptomatique de l'idéologie dominante. Les scientistes voudraient qu'au nom du réalisme, nous fassions une croix sur notre rêve humaniste d'un monde sans voiture. Non seulement une approche véritablement rationnelle exige exactement l'inverse, mais, nous le savons, la seule réponse crédible à la crise écologique est culturelle, philosophique, politique. Les réponses techniques, si elles sont importantes, demeurent secondaires. Le problème n'est pas de construire des voitures propres, mais d'arrêter de produire des voitures. Le discours des défenseurs de « l'automobile écologique » rejoint en fait celui des promoteurs du « développement durable » ou de la « croissance soutenable ». Il consiste à repeindre en vert un système fondé sur deux croyances irrationnelles : le caractère infini des ressources planétaires et la capacité illimitée de la biosphère à absorber notre expansion. Une attitude culturellement contre-productive, car elle cautionne un système fondamentalement destructif. A l'image de la voiture propre vantée par EDF, elle présentera un écobilan négatif.
Vincent Cheynet
Lire aussi :
Automobile
et décroissance
et par Jean-Marc Jancovici : Que
pouvons nous espérer des biocarburants ?
1 - T&E Bulletin - n° 89 - Juin 2000.
2 - L'auto ou la ville - n° 2 - Avril 1996.
3 - Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie.
Source : http://www.decroissance.org/?chemin=textes/voiturepropre
vendredi 17 octobre 2008
Grand Jihad et petit Jihad
Qu'est ce que le grand Jihad et le petit Jihad ? Il nous a semblé important de dénoncer une de ces fausses notions visant à
étouffer "l'esprit du Jihad" dans la oumma et fortement propagé par
certains sites "musulmans" francophone. C'est l'idée du "Jihad
Akbar" (Grand Jihaad) et
du "Jihad Asghar" (Petit Jihad). Selon cette croyance, le fait de lutter contre les
désirs du "nefs" (de l'ego) serait considéré comme le jihad "le plus
grand", par opposition au jihad du champ de bataille qui lui serait le "petit
Jihad". En effet, l'occasion ne s'est peut être pas présentée pour ces gens (selon la
volonté d'Allah) mais le
fait est qu'ils n'ont jamais rejoint un camp de moujahidine. Dans un tel camp,
ils auraient vu le peu de luxe qui leur aurait fait sentir la différence entre
"un jour dans le camp" et "un jour dans leur université", ce lieu plein de
nourriture, de divertissement et de salles climatisées. Une simple bataille suffirait à corriger toutes leurs fausses idées sur la
question. En seulement quelques heures, le soldat peut voir des choses dont
l'horreur donnerait des cheveux gris à des enfants : bombardements, fusillades
balayant les âmes de la plupart de ses frères bien-aimé qui ont partagé avec lui
son voyage, formation, ribât (garder la première ligne) et Jihad. Quelle
serait la position de ces gens si des missiles et des obus éclateraient sur
leurs têtes et au-dessous de leurs pieds ? Quel sera leur avis sur la question
s'ils voyaient de leurs propres yeux la dispersion de bras, de pieds, et
d'intestins d'un corps saint, muni de membres bien proportionnés mais qui
devient handicapé, démembré ou paralysé à vie ? En voici d'autres : "D'après Abu Hureyrah,
on a demandé au Prophète (saws) : 'Ô
Messager d'Allah ! Quel acte pourrait être équivalent au Jihad fi sabilillah ?
' Il (saws)
répondit : "Vous n'auriez pas la force de faire cet acte" Vous souhaitez dire que ces jeunes gens sont dans un petit Jihad, tandis que
jeûner et couper son jeûne sur de délicieux repas serait un Jihad plus grand ? Le Moujahid se bat continuellement avec ses désirs qui languissent toujours pour
être accompli. Et il fait face, étant loin de sa femme et de ses enfants,
mangeant une nourriture étrange, dormant sur par terre au lieu de son lit
douillet, à beaucoup d'autres choses qui ne répondent pas à ses envies. Et une manière à laquelle le Chaytan livre ses
batailles contre les Moujahidine est - parmi d'autres - d'enflammer la passion
des incrédules et des Mouchrikoune afin qu'ils se battent de manière acharné
contre les Musulmans et affaiblissent la résolution des Musulmans ou Moujahidine
afin qu'ils soient peu disposés et effrayés de se battre contre eux : "Le Jihad du nefs et le Jihad par la richesse,
s'ils ne poussent pas à établir l'Appel à la Vérité et à se mettre debout à côté
d'elle, recommandant le bien et interdisant le mal, et à mettre sa vie et ses
biens dans le Chemin d'Allah, ce sont des Jihads déficients et inadéquats. Wallahou a3lem !
Compilé et
traduit par Al-Mourabitoune à parti des travaux d'Abu Khubeyb, d'Abu
Zubeyr ainsi que ceux d'Abu Fadl de l'excellent magazine de Nida'ul-Islam.
Les raisons données par ces gens pour faire du "Jihad contre les désirs et le Chaytan", un Jihad Akbar, sont celles-ci :
- Le champ de bataille est illimité
- La lutte se déroulera jusqu'au dernier soupir
- C'est une lutte difficile car son essence est l'homme contre lui-même
- L'ennemi est invisible et ne peut être détecté par les cinq sens
Ceci alors que dans le cas du Jihad contre les kouffar, il n'est pas
question d'un temps aussi long et d'un champ d'action aussi vaste et difficile
que celui de la lutte contre ses propres désirs. Suite à cela, le Jihad contre
les incrédules sur le champ de bataille serait considéré comme un Jihad
Asghar (c'est-à-dire un Jihad plus petit, ou moindre).
En examinant la vie de ceux qui soutiennent de telles idées, il est aisé de
comprendre d'où provient leur confusion sur la question. Ce sont souvent des
gens qui enseignent dans des universités, qui écrivent dans des magazines ou qui
donnent des conférences sur le combat et le statut de martyr mais qui ont tous
un point en commun : ils n'ont jamais participé au Jihad !
Comment ces gens peuvent-ils sentir la vraie valeur du Jihad s'ils n'ont jamais
participé à des régiments de guerre, ni n'ont mis les pieds dans ces arènes de
tumultes ?
Après avoir vécu cette expérience, il sera impossible pour eux d'oser égaliser
le jihad avec un quelconque autre moyens pacifistes de da'wah.
Mais discutons plutôt d'un point de vue scientifique sur les arguments emmené
par ces gens pour défendre leur dire.
Afin de classifier ces deux sortes de Jihad, ces gens se sont basés sur une
histoire mentionnée par El Khatib el Baghdadi dans son livre, "l'Histoire de
Bagdad", transmit par Yahya ibn el 'Ala, qui a dit :
"Leyth nous a rapporté, d'après 'Ata, d'après Abu Rabah, d'après Jabir,
que le Prophète (saws) en
revenant d'une de ses batailles leur a dit : "Nous revenons saints et saufs, nous
rentrons du Jihad Asghar (petit jihad) vers le Jihad Akbar (grand Jihad).
Les compagnons demandèrent : Ô Prophète, quel Jihad peut il être plus grand que
celui que l'ont vient d'accomplir ? Il répondit : Le Jihad (la lutte, l'effort)
d'un serviteur (d'Allah) contre ses propre désirs". [Tarikh el Baghadadi 13/49]
Ce concept, malgré le fait qu'il soit basé sur un hadith, peut être réfuté sur
plusieurs aspects, que nous vous mentionnerons ci après :
Premièrement :
Ce hadith ne peut pas être employé comme preuve légale car il est faible (si ce
n'est pas faux !).
El 'Iraqy dit dans Takhriju Ahadithil Ihya' que "El Bayhaqi a aussi mentionné
ce hadith nous provenant de Jabir et il a un Isnad da'if (chaîne de
transmission faible)" [cf Risalah Jihad, Hasan el-Banna].
Es-Souyouti a aussi prononcé un verdict de faiblesse dans son
livre : "El Jam'i es-Saghir".
Il s'avère aussi que ce hadith est faible car dans son "Sanad", il y a un
narrateur du nom de Khalaf ibn Mohammed ibn Ismail el Khiyam qui a fait qu'El
Hakim a déclarer à propos de ce récit : "Ce hadith est
incertain".
Abu Ya'la el Khalili a dit à propos de ce narrateur : "Il se trompait
souvent, était peu fiable et relatait des ahadith inconnus." [Mashariul
' eshwaq ila Masuril ' Ushshaq 1/31]
El-Hakim et Ibn Abi Zur'ah ont statué ainsi : "Nous écrivons souvent des
déclarations de Khalaf ibn Mohammed ibn Ismail que nous prenons seulement à
titre d'exemple et nous rejetons toute responsabilité venant de lui."
[Mizanul I'tidal 1/662]
On pourrait prétendre qu'un hadith da'if (faible) peut être accepté dans des
questions de piété et d'actes surérogatoire. Mais ceci est dans notre contexte
inacceptable, car nous ne croyons pas que le Jihad est un acte surérogatoire.
En effet, comment peut-il en être ainsi alors que le Messager d'Allah (saws) a dit
que l'ascétisme de sa nation se trouve dans le Jihad ?
Pire que faible, toute personne qui fait des recherches sur Yahya ibn el 'Ala el
Bajili, le narrateur de ce hadith, trouvera des éléments de sa biographie qui
lui feront abandonner cet homme en tant que rapporteur de hadith.
Ibn Hajar el 'Asqalani a dit de lui dans Et-taqrib : "Il a été accusé de
forger des Ahadith."
Dans El Mizan de l'Imam Edh-Dhahabi, ont trouve que :
Amru ibn Ali, En-Nasa'i et Ed-Daraqutni ont dit que "ce hadith doit être
rejeté" alors que Abu Hatim a dit qu' "il n'est pas un bon
narrateur" et que l'imam Ahmad Ibn Hanbal soutient que : "c'est un
menteur et un trafiqueur de Ahadith" !
Ibn Adi dit quant à lui : "Ce hadith est faux !" [Tahdhibut
Tahdhib 11/261-262]
Avis qui rejoint celui d'Ibn Teymiyyah qui a déclaré :
"Il y a un Hadith lié à un groupe de gens qui déclarent que le Prophète (saws) a dit
après la bataille de Tabuk :
' Nous sommes rentré du Jihad Asghar vers le Jihad Akbar '.
Ce hadith n'a aucune source (La Asla Laha), personne parmi les gens de
science Islamique ne l'ont relaté. Le Jihad contre les incrédules est la
plus noble des actions et c'est en plus l'action la plus importante pour
l'humanité. "
[El Furqan beyna Awliya'i-Rahman wa Awliya'i-Chaytan, pg 44-45].
Bref, ce hadith inventé est quasi le seul argument de nos coreligionnaire sur la
question. Ou plutôt non, certains emploie la "déclaration" d'un Tabi'ine du nom
de Ibrahim ibn Abi Ablah qui aurait dit à des gens revenue d'une bataille : "Vous
revenez du Jihad Asghar, est ce que le Jihad Akbar que vous avez l'intention
de faire est le Jihadul qalbi (Jihad du coeur) ?" [Siyaru A'laamin Nubala
6/325]
Daruqutni déclare que Ibrahim ibn Abi Ablah est quelqu'un de fiable en lui-même,
mais que la chaîne de transmission est rompue. [Siyaru A'laamin Nubala
6/324].
Suite à cela, la déclaration ci-dessus ne peut pas être attribuée à Ibrahim ibn
Abi Ablah à moins que la chaîne de transmission ne soit authentique. Et même
s'il serait établit que sa déclaration est vraiment valable, nous devons savoir
qu'il n'était qu'un simple être humain qui a pu se tromper et qui a pu dire de
temps à autres des choses imparfaites. Il n'était pas infaillible.
Deuxièmement :
En plus d'être faible (si ce n'est faux), ce hadith contredit de manière
explicite des versets clairs du Coran, qui placent le Jihad contre les
incrédules comme étant la meilleurs des actions après la foi.
Abdullah Yussuf Azzam (qu'Allah accepte son martyr) nous rappel dans une de
ses dernière rissala que même entretenir et visiter El Masjid el Haram n'est
pas comparable au Jihad fi sabilillah, comme cela est rapporté dans le Sahih
Mouslim a propos des causes de la révélation des versets 19 à 22 de la sourate Et-Tewba :
Ferez-vous
de la charge de donner à boire aux pèlerins et d'entretenir la Mosquée Sacrée
(des devoirs) comparables ( au mérite) de celui qui croit en Allah et au Jour
Dernier et lutte dans le sentier d'Allah ? Ils ne sont pas égaux auprès d'Allah
; et Allah ne guide pas les gens injustes. Ceux qui ont cru, qui ont émigré et
qui ont lutté par leurs biens et leurs personnes dans le sentier d'Allah ont
les plus hauts rangs auprès d'Allah... Et se sont eux les victorieux. Leur
Seigneur leur annonce de Sa part miséricorde et agrément et des jardins ou il y
aura pour eux un délice permanent Où ils demeureront éternellement. Certes, il y
a auprès d'Allah une énorme récompense
[Sourate Et-Tewba, verset 22].
Le cheikh rajoute : « La raison en est que des compagnons du Prophète furent
en désaccord entres eux quant aux actions qui, après l'imane (la foi) étaient
les meilleures aux yeux d'Allah. Certains disaient que c'était l'entretien
de la Mosquée sacrée, d'autres que c'était de donner à boire aux pèlerins et
d'autres disaient que c'était le Jihad. Les versets ci-dessus sont une réponse
définitive et claire que le jihad est meilleur que l'entretien ou la visite de
la Mosquée Sacrée, en particulier quand nous savons que la raison de le
révélation de ces versets était une dispute entre les compagnons à propos de
cette question. Les causes de la révélation ne peuvent pas être mal interprétées
ou altérées parce que la signification est précise et ne laisse aucune place à
la mauvaise interprétation. »
Un autre verset du Coran vient confirmé celui-ci de manière aussi clair et
montre que le Jihad en-Nefs n'est aucunement égale au Jihad contre les kouffar :
Ne
sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez eux - sauf ceux qui ont
quelques infirmités - et ceux qui luttent corps et biens dans le sentier
d'Allah. Allah donne à ceux qui luttent corps et biens un grade d'excellence
sur ceux qui restent chez eux. Et à chacun Allah a promis la meilleure
récompense; et Allah a mis les combattants au-dessus des non combattants
en leur accordant une rétribution immense; des grades de supériorité de Sa part
ainsi qu'un pardon et une miséricorde. Allah est Pardonneur et Miséricordieux
[Sourate En-Nisa' 4:95-96]
Troisièmement :
Ce hadith contredit une masse de récit rapporté qui ont été prononcé par le
Prophète (saws)
(moutawatir Ahadith) et qui font la plaine excellence du Jihad. Nous n'en
mentionnerons que quelques-uns d'entre eux :
"Un matin ou un soir passez [dans le combat] fi sabilillah est meilleurs que
le monde et tout ce qu'il contient. " [Boukhari wa Mouslim]
"Rester debout une heure dans les rangs du Jihad fi sabilillah (bataille dans
le Chemin d'Allah) est meilleur que rester positionné (dans la prière) pendant
soixante ans. " [Sahih El Jami']
Abu Hureyrah a
dit à ce propos : "Est-ce que quelqu'un parmi vous serez capable de resté
debout dans sa prière sans s'arrêter et de jeûner continuellement pour autant
qu'il vie ?" Les gens ont dit, "Oh Abu Houreyrah! Qui pourrait le supporter ?"
Il répondit : "Par Allah! Un jour accomplit par un moujahid fi sabilillah est
meilleur que cela !"
De plus, la revendication d'entre ceux qui disent que ' la lutte contre l'ego (Jihad en-Nefs) est le Plus grand Jihad parce que l'individu doit sans cesse se
contrôler, aussi bien la journée que la nuit, peut être réfutée par le hadith
suivant :
Rashid rapporte d'après Sa'd rar que d'après un des Compagnons, un homme a
dit : "Oh Messager d'Allah! Pourquoi les croyants seront tous questionnés dans
leurs tombes, sauf les martyrs ?" Il (saws)
répondit : "Les coups d'épées se heurtant au-dessus de leurs têtes sont des
questions suffisante pour eux." [Sahih El-jam'i]
En gros, ce hadith faible contredit bien des ahadith dont l'authenticité n'est
nullement à rejeter et qui prouvent qu'aucun actes possible d'accomplir est
meilleur que le Jihad contre les Kouffar.
Ils répétèrent la questions deux ou trois fois et à chaque fois le Prophète
répondait : "Vous n'auriez pas la force de faire cet acte". Lorsque la question
fut prononcé pour la troisième fois, le Prophète
répondit : "Celui qui sort pour le Jihad est semblable à une personne qui
continu de jeûner et qui se tient debout dans la prière constamment, obéissant
aux versets d'Allah et ne montrant aucune lassitude pour son jeûne et sa prière
jusqu'à ce que le Moujahid reviennent du champs de bataille" (Rapporté par
Mouslim 4636)
Il y a un autre hadith relaté par El Boukhari (Vol 4, 44) qui va dans le même
sens et où Abu Hureyrah rapporte :
"Un homme est venu chez le Messager d'Allah (saws) et a
dit : 'enseigne-moi un acte dont la récompense est égale à celle du Jihad. ' Il (saws)
répondit : ' Je ne trouve pas un tel acte. ' Puis il (saws)
compléta : "Pourriez vous, tandis que le Moujahid part au Combat, rester dans
la mosquée sans cesser de prier et jeûner ?" L'homme s'excusa : ' Mais qui le
pourrais ?' ".
D'autre hadith vont dans le même sens mais ceux que nous avons vu suffisent
clairement à déclarer que le Jihad fi sabilillah est l'acte le plus haut et
qu'il n'y a aucun autre acte pouvant l'égaler. Est-ce qu'il est possible qu'un
acte décrit comme l'acte le plus méritoire soit synonyme de Jihad Asghar (petit
Jihad ou Jihad moindre) ?
Quatrièmement :
Cette notion totalement fausse et calomnieuse implique l'injustice et cause du
tord au statut de Moujahid. Allah nous a
ordonné de pratiquer la justice dans nos verdicts, lorsqu'il dit :
Pratiquez
l'équité: cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est
certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites
[Sourate El-Maidah 5:8]
Est-ce là faire preuve d'équité et prononcer un verdict juste lorsque nous
disons que nos frères qui se trouvent sur des terres de dangers et de batailles
sont dans un petit Jihad, lorsque les mines éclatent au-dessous de leurs pieds,
propulsant leur corps dans les airs et éparpillant leurs membres et leur sang
partout, au point que leurs cadavres purs ne puissent être rassemblé dans une
tombe ?
Par Allah! C'est une mesure inégale et si vous deviez soumettre la question aux
plus grands savants sur terre, ils ne parviendraient jamais à un verdict si
disparate.
Ceci car il faut savoir que dans le combat contre son propre égaux (Moujahadatun
Nefsi), loin du champ de bataille, on ne fait face qu'à un seul ennemie, à
savoir, l'ennemi invisible : le Désir et Chaytan. Tandis que dans le
Jihad fi sabilillah, le Jihad se fait contre plusieurs ennemis sur le champ de
bataille, à savoir, l'ennemi visible et l'ennemi invisible : c'est-à-dire les
incrédules et hypocrites mais également ses propres désir qui appellent toujours
le combattant vers le mal. Ses désirs peuvent lui rendre visite de façons
diverses et le pousser à abandonner le champ de bataille par l'utilisation de la
crainte, du doute, de la privation et de la tristesse.
Le
combat vous a été prescrit alors qu'il vous est désagréable. Or, il se peut que
vous ayez de l'aversion pour une chose alors qu'elle vous est un bien. Et il se
peut que vous aimiez une chose alors qu'elle vous est mauvaise. C'est Allah qui
sait, alors que vous ne savez pas
[Sourate El-Baqarah 2 : 216]
Enfin il y a le fait que Chaytan se bat toujours contre ceux qui font le
Jihad. Et parfois Chaytan (qu'il soit maudit) s'établit fermement, au côté de
ses amis incrédules :
Les
croyants combattent dans le sentier d'Allah, et ceux qui ne croient pas
combattent dans le sentier du Taghout. Eh bien, combattez les alliés du Diable,
car la ruse du Diable est certes, faible
[Sourate En-Nisa' 4:76]
Et
rappelez-vous lorsque le diable a fait que leur mauvais actes semblent justes et
leur a dit : "Personne au monde ne peut vous vaincre ce jour, en vérité, je suis
votre allié... "
Ibn 'Abbas a
déclaré :
"Lors de la bataille de Badr, Iblis est venu et a porté sa bannière avec
l'armée et celle du groupe de Chaytan. Il est entré sous la forme d'un homme de
Bani Mudlej du nom de Suraqah ibn Malik ibn Ju'shum et a dit au Mouchrikoun :
'Personne n'est capable de vous défaire ce jour et je suis votre protecteur. ' "
Alors, au moment où ces hommes se sont réunis, le Messager d'Allah (saws) a
ramassé une poignée de terre et l'a jeté aux visages des Mouchrikoune, les
forçant à reculer. Lorsque Jibril arriva, Iblis le vit et leva sa troupe des
Mouchrikoune puis parti en courant, lui et ses disciples. Ceux qui avaient été
sous son emprise appelèrent :
"O Suraqah! Vous aviez jurer de nous protéger !?" Iblis répondit :
"En effet, mais je vois ce que vous ne voyez pas et je crains Allah car Allah a
le châtiment dur." [Hadith mawqaf relaté par Ibn Jarir Et-Tabari]
En conclusion :
L'Egyptien, le docteur Mohammed Amin, dit dans son livre, "le Chemin de la
Propagation Islamique" :
Il est stupéfiant que le moment de mise à l'épreuve et de sévérité, dans lequel
les pieds sont secoués et le coeur remonte à la gorge, soit appelé le moment "du
Petit Jihad", tandis que les moment de sécurité et de confort dans des maisons
sûres, au milieu de sa famille et ses amis, puisse être appelé les moment "du
Grand Jihad" !
Avec de pareilles appellations, ceux qui tournent le dos se réjouissent d'être
derrière, croyant suivre le chemin du Messager d'Allah (saws) et de
ses Compagnons. De
tels gens trouvent le contentement et le réconfort de cette façon, tandis qu'en
réalité ils ne trompent que leurs faibles âmes, les vraies valeurs des actes
sont elles, entièrement à l'opposé. "
Nous conclurons alors avec quelques vers qui ont été envoyés par AbdAllah Ibn
Moubarak, le savant Moujahid, qu'Allah lui fasse miséricorde, à son ami Fudheyl
Ibn 'Ayad, qui était connu sous le nom de 'abid el haramein (l'adorateur des
mosquées sacrées) car il avait l'habitude de prêcher les dirigeants et de les
faire pleurer sans touché aucun salaire tellement il était un adorateur sincère.
AbdAllah ibn Moubarak lui dit :
"O 'abid el haramein, si tu nous avez vu sur le champ de bataille, tu saurez
que tu es en train de jouer avec ta religion !
Tu es celui dont les joues ruissèlent de larmes (par crainte d'Allah) alors que
nos poitrines sont couvertes de sang (qui coulent des blessures des combats).
Tu es en train de jouer avec votre adoration car alors que vous, adorateurs,
offrez vos larmes, les Moujahidine offrent leur sang et leur vie."
mercredi 15 octobre 2008
La gélatine est elle licite ?
La gélatine est elle licite ?
La question de savoir si la gélatine, ou plutôt les produits contenant de la gélatine, sont ils purs et propres à la consommation pour les musulmans, revient de temps en temps en surface.
Nous
souhaitons donner ici des explications détaillées pour rassurer nos frères et
sœurs musulmans et leur démontrer que la gélatine est pure et que l'on peut
consommer tous les produits contenant la gélatine, qu'elle soit d'origine
végétale ou animale, égorgé de la manière islamique ou pas.
Qu'est ce que la gélatine ?
La
gélatine peut être d'origine végétale ou animale.
Quand
elle est d'origine végétale, la question de son impureté rituelle (Najâssa) ne
se pose pas, et elle est donc propre à la consommation pour les musulmans.
Pour
la gélatine d'origine animale, la matière première utilisée pour sa fabrication
est le collagène, une protéine naturelle, dérivée des peaux et des os d'animaux
( Principalement : Os et peaux bovines et porcines). Cette protéine est obtenue
par hydrolyse partielle du collagène contenu dans les os et les peaux des
animaux.
Les
éléments de base d'une protéine sont les acides aminés. Notre corps est capable
de fabriquer les protéines dont il a besoin à partir d'acides aminés.
La
fabrication de la gélatine commence par un dégraissage minutieux des os (ou des
peaux ), qui élimine les tissus mous et les graisses. Par la suite, les os secs
sont baignés plusieurs jours dans l'acide chlorhydrique. Une fois
déminéralisés, ils subissent un traitement acide, ou pour les peaux, un
traitement alcalin (généralement à la chaux), pendant plusieurs semaines.
L'extraction se fait dans l'eau chaude. La solution de gélatine ainsi obtenue
est filtrée, concentrée et stérilisée ( à environ 140° ) avant séchage.
La
gélatine contient : 84-90% de protéines, 1-2% de sels minéraux, 8-15% d'eau.
Pour
plus de détails sur ces procédés de fabrication, voir le site internet : www. gelatine.org
Il
faut savoir que grâce à ces nombreuses propriétés (gélifiante, liante,
moussante, filmogène, épaississante), la gélatine est utilisée dans
l'alimentation, la pharmacie, la photographie, et d'autres applications
techniques.
Maintenant,
pour affirmer que la gélatine est un produit rituellement pur, il faut consulter
les jurisprudences islamiques (Massâil) suivantes :
1- Istihàlà
(transformation).
Selon
Ayatollah El Kho’i (ar), et Ayatollah Sistâni :
"
Si une chose impure subit un changement tel, qu'elle entre dans la catégorie
des choses pures, elle devient pure, par exemple, si du bois impur brûle et est
réduit en cendre, ou un chien tombe dans un marécage de sel et se transforme en
sel, alors ils deviennent pur. Mais une chose impure ne devient pas pure si son
essence ou sa catégorie ne change pas, comme, si du blé impur est moulu en
farine, ou utilisé pour du pain, il ne devient pas pur. "
Par
ailleurs, nous savons que les protéines, sels minéraux et l'eau ne sont pas
intrinsèquement impurs ('Ayné najâssat).
2- L'avis de Aytollah El Kho’i, sur la question :
"
Question : La gélatine dérivée du porc ou du chien est elle pure ?
La
gélatine dérivée des animaux halal (comme vache, bouc, etc.) non égorgés selon
la chari’a est elle pure ?
La
gélatine dérivée des animaux non halal tels que le chien et le porc est elle
pure ?
Réponse
: Si une matière de quelque origine que ce soit change en autre chose que sa
catégorie initiale, alors elle est considérée pure tant qu'elle ne touche pas
une autre impureté. Et le règlement pour la gélatine est le même qu'expliqué
précédemment.
Mais
dans le cas ou la gélatine ne subit pas un changement et si elle dérive des
parties de chien ou de porc ou d'un animal qui mange des excréments humains
n'ayant pas subi de quarantaine (istibraa), alors elle est impure et haram.
De
même (elle est haram et impure) si elle dérive des parties autres que les os.
Mais si la gélatine dérive des os d'autres que chiens et porcs, et n'est pas
devenue impure à cause d'une impureté secondaire, alors il est permis de la
manger même mélangée à autre chose. " (Réponse obtenue par Mawlana S.M.
Rizvi , ‘alim eddîne de Jam’at de Toronto - détail déjà publié dans Noor n° 44 de Aout 1999 – Jam’at de la Réunion).
3- L'avis
de Ayatollah Sistâni sur la gélatine :
"
Question : La gélatine est une matière qui entre dans la composition de
nombreux aliments en Occident. Est il licite pour nous de la consommer si on ne
sait pas si son origine était végétale ou animal ? Quelle serait la réponse si
elle était d'origine animal et qu'elle provenait des os ou de ce qui les
entoure comme les cartilages, par exemple, et que nous ne savons pas si cet
animal est licite ou illicite à être mangé ?
Réponse
: Il est permis de la consommer en cas de doute sur son origine. Par contre, si
on sait qu'elle est d'origine animale, il n'est pas licite de la prendre sans
avoir, d'abord et par précaution, la certitude qu'elle provenait d'un animal
égorgé selon la loi musulmane et ce même si elle provenait de ses os. Mais si
on sait qu'il y a eu transformation de sa matière première pendant sa
fabrication chimique, dans ce cas il n'y a pas d'empêchement à la consommer
sans restriction. Il n'y pas, non plus, d'empêchement à ajouter un peu de cette
gélatine dans la nourriture si elle s'y dissout même si on doute du fait que
cet animal a été égorgé ou non selon la loi musulmane. " ( Code de
pratiques pour les musulmans en Occident - page 190 - question n° 178)
En conclusion, comme nous avons appris dans la 1ère partie de cet article que dans la fabrication de la gélatine, la matière première d'origine subit 2 transformations chimiques (Hydrolyse, puis réaction acido-basique) et que les molécules de la matière d'origine ne subsistent plus dans la matière finale. La gélatine est donc évidemment un produit ayant certainement subi une transformation totale = Istihàlà. Et comme, les avis de nos 2 Ayatollah considèrent comme rituellement pur le produit d'un Istihàlà, toute gélatine d'origine animale est donc forcément licite.
mardi 14 octobre 2008
Les dangers de l'aspartame
Les dangers de l'aspartame
Historique de l'aspartame
1965 : découvert par hasard aux États-Unis, par un
scientifique qui cherchait à mettre au point un médicament contre les ulcères.
En goûtant une pincée de sa poudre, il se serait rendu compte qu'elle avait un
goût étonnamment sucré.
1974 : mis sur le marché aux Etats-Unis.
1981 : autorisé en France. (Or en septembre
1980 un comité de la Food and Drug Administration (FDA) se prononçait déjà
contre l'aspartame)
1996 : le médecin et professeur Ralph G.
Walton, du collège de médecine de la Northeastern Ohio Universities, décide
d'analyser l'ensemble des études scientifiques reliées à la consommation
d'aspartame. Ses observations parlent d'elles-mêmes: parmi les 174 études
analysées, 74 étaient financées par l'industrie de l'aspartame, et 100 %
d'entre elles concluaient qu'il n'y avait aucun problème avec ce produit!
Cependant, sur 90 études indépendantes (non financées), 83 (92 %) ont plutôt
relevé un ou plusieurs problèmes reliés à l'usage de cet édulcorant. L'aspartame
est l'objet de controverse depuis son apparition ; même son approbation
relève d'une décision plus politique que scientifique
Les lobbies de l'industrie pharmaceutique et chimique ont le bras très long. Maintenant il existe plus de 5000 produits contenant cette substance chimique. Et avec des revenus se chiffrant dans les milliards de dollars par année, la compagnie Monsanto (qui fabrique l’aspartame) n'est pas prête de lâcher le morceau...
L'aspartame ne fait pas maigrir
Ce produit crée chez le consommateur un besoin
maladif d'hydrates de carbone et le fait grossir, de plus l'aspartame entretient
le goût du sucre et ne permet pas de modifier les habitudes alimentaires,
seul gage d'une perte de poids durable
· Le formaldéhyde s'accumule dans les cellules
graisseuses, particulièrement dans les hanches et les cuisses
· Une étude effectuée chez un petit groupe de
femmes à la diète démontre qu'elles ont tendance à manger davantage
durant les jours qui suivent l'ingestion de boissons sucrées à l'aspartame,
comparativement à l'ingestion de boissons sucrées naturellement (étude
effectuée par J.H. Lavin et ses collaborateurs, parue en janvier 1997 dans une
revue scientifique internationale sur l'obésité).
Quand l’aspartame est soumis à une température au-delà
de 30°C (quand on l’ajoute au café, ou dès qu’un produit est transporté
l’été) …
L'alcool méthylique de l'aspartame se transforme en formaldéhyde
(carcinogène connu, du même groupe de drogues que le cyanure et l'arsenic,
poisons mortels) puis en acide formique (responsables de tumeurs au
cerveau) qui, à son tour, cause l'acidose métabolique…
Des pertes de mémoire ! L'acide aspartique et la
phénylalanine sont des neurotoxiques, ils constituent des protéines (...), qui,
alors passent la barrière sanguine du cerveau et détériorent les neurones…
Des troubles nerveux ! La phénylalanine de
l'aspartame fait chuter le seuil des crises et la sérotonine, ce qui cause des
maniaco-dépressions, des crises de panique, de rage, de violence… détruit le
système nerveux. Ce produit modifie aussi le taux de dopamine dans le cerveau
Des enfants retardés ! La phénylalanine se
concentre dans le placenta, faisant naître des attardés mentaux.
Reproduit les symptômes de
La sclérose en plaques
Lupus systémique
Rétinopathie
Aggrave la maladie d'Alzheimer
Symptômes de la maladie de l’aspartame (92 symptômes
prouvés)
Maux de tête
Spasmes
Engourdissements dans les jambes
Crampes
Vertiges
Nausées
Acouphène
Douleurs articulaires
Dépressions
Crises d'angoisse
Discours incohérent
Vision trouble
Pertes de mémoire
Changement d’humeur
Symptômes fibromyalgiques
Douleur aux jointures
Troubles menstruels
Épilepsie
Pour certaines personnes sensibles, une gomme à mâcher,
par exemple, peut causer un mal de tête ou augmenter l'appétit !
L'aspartame est particulièrement mortel pour les diabétiques. Tout médecin sait l'effet qu'aurait de l'alcool-des-bois sur un diabétique.
Si vous souffrez d'un problème de santé persistant et que vous utilisez des produits édulcorés à l'aspartame (boissons diète, gommes à mâcher, sachets, yogourts, etc.), cessez complètement d'en consommer durant un mois afin de voir si vos symptômes diminuent. Et de preference cessez toute consomation d'aspartame. Preferez une utilisation moderée de sucre.
Source : http://magarcenciel.over-blog.com/article-6274680.html
dimanche 12 octobre 2008
Principes d'économie islamique
Quelques principes d'économie islamique
En ces temps de crise financière, et bientôt économique, grave, il est bon de rappeler quelques principes de base de l'économie en islam.
Extrait de "Iqtisadouna" de Seyyed Mohammed Bâqer es-Sadr
Nature
des liens entre l'Economie islamique et tous les autres éléments de l'Islam.
Nous ne pouvons pas mettre en évidence, dans cet exposé, tous les aspects de cette corrélation dans l'Economie islamique, ni les aspects de la corrélation et de l'interaction entre elle et toutes les caractéristiques et les autres éléments islamiques qui lui sont liés. Aussi nous bornerons-nous à en citer quelques exemples.
Le lien de l'Economie islamique avec la Croyance, laquelle est la source de l'approvisionnement spirituel de la Doctrine. En effet, la Croyance pousse le Musulman à s'adapter à la Doctrine, celle-ci étant l'émanation de celle-là, ce qui confère à la Doctrine un caractère de Foi et une valeur subjective -abstraction faite de la qualité des résultats objectifs qu'elle (la Doctrine) enregistre sur le plan pratique- et crée dans l'âme du Musulman un sentiment de sécurité intérieure au sein de la Doctrine -celle-ci étant considérée comme émanant de la Croyance à laquelle il adhère. Ainsi, la force de la garantie de l'exécution, le caractère de Foi et de spiritualité, la sécurité intérieure,.. toutes ces caractéristiques constituent des traits qui distinguent l'Economie islamique grâce à la Croyance fondamentale sur laquelle elle repose, et dans le cadre général duquel elle se forme. C'est pourquoi ces caractéristiques n'apparaissent pour le chercheur que s'il étudie l'Economie islamique à la lumière de la Foi et voit dans quelle mesure elle est en interaction avec celle-ci.
L'attachement de l'Economie islamique aux conceptions islamiques de l'univers et de la vie, et sa façon propre d'interpréter les choses, tels que la conception islamique de la propriété privée et du gain. En effet, l'Islam considère la propriété comme un droit de patronage impliquant une responsabilité, et non pas comme un pouvoir absolu. De même, il confère au gain une conception plus étendue et plus large que ne lui donne le calcul purement matériel, en faisant entrer dans le cadre du gain, dans cette acception islamique, beaucoup d'activités considérées comme une perte dans une optique non islamique.
Il est naturel que cette conception islamique de la propriété laisse une trace dans la façon de jouir du droit de la propriété privée et de sa limitation, conformément à son cadre islamique. De même, il est naturel que le domaine économique soit affecté lui aussi par la conception islamique du gain et par le degré que détermine la profondeur et la concentration de la conception ; et par conséquent, celle-ci influe sur le cours de l'Economie islamique pendant son application. L'Economie islamique doit donc être étudiée à travers ces données, et il n'est pas permis de l'isoler de l'influence de différentes conceptions à travers l'application.
Le lien de l'Economie islamique avec les sentiments et passions que l'Islam diffuse dans le milieu islamique et qui sont fondés sur ses conceptions particulières. Il s'agit des sentiments tels que la fraternité générale, qui fait jaillir dans le coeur de chaque Musulman une fontaine d'amour pour autrui, et de partage des malheurs et des joies d'autrui. Cette fontaine s'enrichit et jaillit au prorata du degré du sentiment passionnel de fraternité, de la fusion de l'entité spirituelle de l'homme avec les passions islamiques. Ces sentiments et passions jouent un rôle important dans l'adaptation de la vie économique, et soutiennent la Doctrine dans les buts qu'elle poursuit.
Le lien entre la Doctrine économique et la politique financière de l'État, au point que celui-ci permet de considérer sa politique financière comme une partie du programme de la Doctrine économique de l'Islam, la politique financière de l'Etat étant constituée de sorte à se rencontrer avec la politique économique générale et à oeuvrer en vue de réaliser les buts de l'Economie islamique. La politique financière en Islam ne se contente pas de couvrir les frais nécessaires de l'État, mais vise à contribuer au rétablissement de l'équilibre social et de la solidarité publique. C'est pourquoi il était nécessaire de considérer la politique financière comme une partie de la politique économique générale, et d'insérer les statuts relatifs à l'organisation financière de l'Etat dans la structure de la règlementation générale de la vie économique, comme nous allons le voir dans les chapitres prochains.
Le lien entre l'Economie islamique et le régime politique en Islam, car la séparation entre les deux conduit à une erreur dans l'étude. En effet, l'autorité gouvernante a de larges pouvoirs économiques ainsi que de grandes propriétés dont elle dispose à sa guise et selon son appréciation. Ces pouvoirs et propriétés doivent être toujours étudiés en même temps que l'autorité en Islam, ainsi que les garanties que celui-ci exige quant à l'intégrité et à la droiture du détenteur de l'autorité, garanties qui doivent être traduites par son infaillibilité ou son attachement à la concertation et à la justice, et qui sont exigées par les différentes écoles juridiques islamiques. C'est à la lumière de ces garanties que nous pouvons étudier la place de l'Etat dans la Doctrine économique et croire à la juste nécessité de conférer à ce dernier les pouvoirs et les droits que lui prescrit l'Islam.
Le lien entre l'abolition du capital usuraire et les autres statuts islamiques relatifs à la spéculation, à la solidarité générale et à l'équilibre social. Si l'on étudie isolément la prohibition de l'intérêt usuraire, on trouvera qu'elle est de nature à poser de graves problèmes pour la vie économique. Mais si nous la considérons comme une partie d'une seule et même opération jumelée, nous remarquerons que l'Islam a trouvé auxdits problèmes des solutions claires et appropriées à la nature, aux buts et aux objectifs de la Législation islamique, et ce grâce à ses statuts relatifs à la spéculation, à l'équilibre, à la solidarité et à l'argent, comme nous le verrons plus loin.
Le lien entre certains statuts de la propriété privée dans l'Economie islamique et les statuts du Jihâd qui régissent les relations des Musulmans avec les non-musulmans pendant la guerre. En effet, l'Islam a permis au Tuteur d'asservir les prisonniers de guerre, considérés comme une partie du butin, et de les partager entre les combattants, au même titre que les autres parties du butin. Les ennemis de l'Islam, les croisés, ont l'habitude de présenter ce statut de la Législation islamique séparément de ses conditions et de ses circonstances pour faire croire que l'Islam constitue une de ces législations esclavagistes et d'asservissement que l'homme a connues depuis les époques les plus sombres de l'Histoire, et que seules les civilisations européennes modernes, qui auraient libéré l'humanité et l'auraient débarrassée de la boue et de l'humiliation, pourraient sauver l'homme de cette législation.
L'asservissement des prisonniers de guerre en Islam. Pour étudier objectivement l'Islam et son statut du butin, il faut savoir avant tout dans quelles conditions quelque chose peut être considéré comme butin selon l'optique de l'Islam. Et ensuite, comment, et dans quelles limites, l'Islam a permis au Tuteur d'asservir le prisonnier de guerre en le considérant comme une partie du butin. Et quel type de gouvernant est ce Tuteur à qui on a donné l'autorisation d'asservir le prisonnier de guerre à ce titre. Lorsque nous aurons compris toutes ces questions, nous pourrons juger correctement le statut du butin établi par l'Islam.
Ainsi, la condition fondamentale de la conception islamique du butin est que celui-ci soit obtenu dans une guerre légitime de Jihâd et dans une bataille menée conformément aux règles doctrinales. Si la guerre ne revêt pas le caractère de Jihâd, le bien saisi n'est pas considéré comme butin. Et ce caractère de Jihâd dépend de deux choses :
1) La guerre doit être autorisée par l'Autorité légale, pour diffuser le Message de l'Islam. Car ce n'est pas faire le Jihâd que de déclencher des guerres de pillage et de vol, comme c'était le cas dans les batailles de l'anté-Islam, ou des guerres visant à s'emparer des richesses et des marchés d'un pays, comme c'est le cas des guerres capitalistes.
2) Les missionnaires musulmans doivent annoncer publiquement leur Message islamique et expliquer ses aspects principaux appuyés d'arguments et de preuves. Une fois que l'Islam a exposé le bien-fondé de sa thèse et que les vis-à-vis, bien qu'ils n'aient plus d'arguments logiques et sains à opposer au Message, persistent à récuser la Lumière (de l'Islam), à ce moment-là seulement il ne reste à l'Appel islamique, en tant qu'appel idéologique universel soucieux de défendre les véritables intérêts de l'humanité, qu'à frayer son chemin par les forces matérielles, par le Jihâd armé. Et c'est dans de telles conditions seulement que les acquisitions de la guerre sont considérées comme butin dans l'optique de l'Islam.
Quant au statut de prisonnier de guerre en tant que butin, il a trois applications : le prisonnier de guerre peut être ou gracié, ou libéré après paiement d'une rançon, ou asservi. L'asservissement est donc l'un des trois traitements possibles que l'Autorité légale doit appliquer au prisonnier de guerre.
Et lorsqu'on sait à ce propos que l'Autorité légale est tenue d'appliquer le plus pertinent des trois traitements, et celui qui se conforme le mieux à l'intérêt général (Ce qui est impossible avant la réapparition de l'Imam el-Mehdî), comme l'ont souligné el-Fâdhel et ech-Châhid eth-Thâni, ainsi que d'autres faqîh de l'Islam, et que l'on ajoute à ce fait une autre vérité islamique, à savoir que porter l'Appel islamique aux pays impies ne revêt pas le caractère d'une autorisation générale, mais n'est autorisé que lorsqu'il y a un Dirigeant Infaillible qui se charge lui-même de la direction de l'invasion et conduit la marche des forces de l'Islam dans ses combats de Jihâd, lorsque nous tenons compte de l'ensemble de ces deux vérités, nous pouvons en conclure que l'Islam n'autorise l'asservissement du prisonnier de guerre que lorsque cette mesure s'avère plus appropriée que la grâce et la rançon à la fois, et que seule une Autorité légale infaillible (qui ne se trompe pas dans sa connaissance et sa distinction du "plus approprié") est autorisée à opter pour l'asservissement.
On ne peut rien reprocher à l'Islam concernant ce statut, car il s'agit d'un statut sur lequel ne divergent pas les diverses doctrines sociales, quelles que soient leurs conceptions de l'asservissement. En effet, l'asservissement pourrait s'avérer parfois plus pertinent que la grâce et la rançon à la fois, si l'ennemi lui-même recourt à l'asservissement des prisonniers de guerre qu'il capture. Dans un tel cas, il devient nécessaire d'user de rétorsion vis-à-vis de l'ennemi et de le traiter de la même façon. S'il y a des cas dans lesquels l'asservissement est préférable à la grâce et à la rançon, pourquoi l'Islam ne précise-t-il pas ces cas ? En fait, il s'est dispensé d'une telle précision en chargeant le gouvernant infaillible, exempt d'erreur et de caprice, qui conduit politiquement la bataille de Jihâd, de cette tâche. C'est donc ce gouvernant infaillible qui a la responsabilité de distinguer ces cas et d'agir selon son jugement personnel.
Si nous examinons l'application du statut islamique du prisonnier de guerre à travers la vie politique de l'Etat islamique, nous remarquerons que l'asservissement n'a été choisi que dans les cas où il était le plus approprié des trois traitements, l'ennemi avec lequel l'Etat islamique était en conflit armé ayant traité les prisonniers de guerre de cette façon.
Il n'y a donc pas lieu de critiquer la promulgation générale de l'autorisation de l'asservissement, ni d'y objecter, car l'Islam n'a autorisé à asservir les prisonniers de guerre que lorsque cela apparaît le plus conforme à l'intérêt général aux yeux du Gouvernant infaillible ; de même, il n'y a pas lieu de critiquer l'application de cette autorisation, qui n'est intervenue, chaque fois, que dans la mesure où l'asservissement s'avérait être le plus approprié des trois traitements.
Le lien
entre l'Economie et la Législation pénale en Islam. En effet, la solidarité
générale et la sécurité sociale dans l'Economie islamique éclairent la nature de
la peine dont sont passibles certains crimes. Ainsi, la peine d'amputation de la
main, réservée au voleur, paraîtrait relativement sévère dans un milieu
capitaliste où un grand nombre de membres de la société sont laissés à la merci
du sort et dans les difficultés de la lutte pour la survie. En revanche, dans un
milieu islamique où existe un terrain propice pour l'Economie islamique et où la
société vit dans le giron de l'Islam, ce n'est guère une sévérité que de traiter
le voleur fermement, après que l'Economie islamique lui a trouvé tous les moyens
de mener une vie généreuse, et effacé de sa vie tous les motifs pouvant
l'acculer au vol.
LE CADRE GENERAL DE L'ECONOMIE ISLAMIQUE.
La Doctrine économique en Islam se distingue des autres doctrines économiques que nous avons étudiées par son cadre religieux général. En effet, la Religion est le cadre global de tous les systèmes de la vie en Islam. Lorsque l'Islam traite de chacune des branches de la vie, il la mélange à la Religion et la façonne dans le cadre du lien religieux de l'homme avec son Créateur et avec l'Au-delà.
C'est ce cadre qui rend le régime islamique capable de réussir et d'assurer la réalisation des intérêts sociaux généraux de l'homme ; car la réalisation de ces intérêts sociaux ne peut être garantie qu'à travers la Religion.
Pour éclairer ce point, nous devons étudier les intérêts de l'homme dans la vie et l'existence qu'il mène, et savoir dans quelle mesure ils peuvent être réalisés et garantis. Ceci nous conduira à la vérité que nous venons d'évoquer, à savoir que les intérêts sociaux de l'homme ne peuvent être réalisés et garantis qu'à travers un système qui jouit d'un vrai cadre religieux.
Les causes de la différence entre les intérêts naturels et les intérêts sociaux.
Lorsque nous étudions les intérêts de l'homme dans la vie, et l'existence qu'il mène, nous remarquons qu'ils sont susceptibles d'être répartis en deux catégories :
1) Les intérêts que la nature fournit à l'homme en sa qualité d'être spécial, tels que les plantes médicinales par exemple. Il est de l'intérêt de l'homme de se procurer ces médicaments de la nature ; et cet intérêt n'a pas de lien avec ses relations sociales avec les autres. L'homme, en tant qu'être exposé aux virus nuisibles, a besoin de ces médicaments, et ce, qu'il vive isolément ou dans le cadre d'une société soudée.
2) Les intérêts que le système social garantit pour l'homme en sa qualité d'être social lié par des relations avec ses semblables, tels que l'intérêt que l'homme tire du système social lorsqu'on lui permet d'échanger ses produits contre les produits des autres, ou lorsqu'on assure ses moyens d'existence dans le cas où il est infirme ou incapable de travailler.
Appelons la première catégorie : les intérêts naturels, et la seconde : les intérêts sociaux.
Pour que l'homme puisse assurer ses intérêts naturels et sociaux, il faut le doter de la faculté de connaître ces intérêts et les moyens de les trouver, ainsi que de la motivation qui le pousse à les rechercher. Ainsi, les médicaments préparés pour guérir la tuberculose, par exemple, peuvent être mis à la disposition de l'homme, lorsque celui-ci apprend que la tuberculose peut être guérie par un médicament, découvre le moyen de le fabriquer, et a la motivation qui le pousse à découvrir et à préparer ces médicaments. De même, en tant qu'intérêt social, la garantie des moyens d'existence dans le cas de l'incapacité au travail, dépend de la connaissance par l'homme de l'avantage de cette garantie, des modalités de sa réglementation et de la motivation qui pousse à promulguer cette législation et à l'exécuter.
Il y a donc deux conditions essentielles sans lesquelles le genre humain ne peut s'assurer une vie complète dans laquelle il trouverait ses intérêts naturels et sociaux, et ce sont :
1) L'homme doit connaître ces intérêts ;
2) Il doit avoir une motivation qui le pousse, après les avoir connus, à les réaliser.
Les intérêts naturels.
Si nous observons les intérêts naturels de l'homme, tels que la préparation de médicaments contre la tuberculose, nous remarquerons que l'humanité a été munie de possibilités de se les procurer. L'humanité possède une faculté intellectuelle par laquelle elle peut percevoir les phénomènes de la nature et les intérêts qu'ils renferment. Cette faculté, bien qu'elle se développe lentement à travers l'Histoire, chemine sur une ligne complète à la lumière de l'expérience et de nouvelles expérimentations. Plus cette faculté se développe, plus l'homme devient capable de percevoir ses intérêts et de connaître les avantages qu'il peut obtenir de la nature.
Outre cette faculté intellectuelle, l'humanité est dotée d'une motivation personnelle qui assure son impulsion pour ses intérêts naturels. Les intérêts naturels de l'homme rencontrent l'impulsion personnelle de chaque individu. L'obtention des médicaments, par exemple, ne constitue pas un intérêt pour un individu à l'exclusion des autres, ni une utilité pour un groupe à l'exclusion des autres. La société humaine est toujours poussée à s'assurer les intérêts naturels par les motivations personnelles des individus, lesquelles motivations s'accordent toutes sur la nécessité de ces intérêts, en tant qu'utilité personnelle pour tous les individus.
Ainsi nous apprenons que l'homme est constitué, psychologiquement et intellectuellement, d'une façon particulière qui le rend capable de s'assurer les intérêts naturels et de compléter cet aspect de sa vie à travers son expérience de la vie et de la nature.
Les intérêts sociaux.
Quant aux intérêts sociaux, ils dépendent à leur tour, comme nous l'avons vu, de la perception par l'homme de l'organisation sociale qui lui convient, et de la motivation psychologique pour cette organisation et son exécution. Dans quelle mesure l'homme remplit-il ces deux conditions nécessaires pour assurer ses intérêts sociaux ? Est-il doté de la faculté intellectuelle de percevoir ses intérêts sociaux et de la motivation qui le pousse à les réaliser, comme c'est le cas pour ses intérêts naturels ?
Examinons la première condition, et notons à cet égard qu'il est courant de dire que l'homme ne peut pas percevoir l'organisation sociale qui lui assurerait la satisfaction de tous ses intérêts sociaux et s'adapterait à sa nature et à sa constitution générale, car il est incapable de comprendre la situation sociale dans toutes ses caractéristiques, et la nature humaine dans tout son contenu.
Les adeptes de cette idée en concluent que le système social doit être élaboré pour l'humanité et que l'on ne peut pas laisser celle-ci élaborer elle-même ce système, son savoir étant limité, et ses capacités intellectuelles incapables de sonder tous les secrets de la question sociale. Et c'est sur cette conclusion qu'ils asseyent leur preuve de la nécessité de la Religion pour la vie de l'homme, et du besoin de l'humanité de Messagers et de Prophètes, puisque ceux-ci sont capables, par le truchement de la Révélation, de déterminer les vrais intérêts de l'homme dans sa vie sociale, et de les montrer aux gens.
Mais à notre avis, le problème apparaît plus clairement lorsque nous traitons de la deuxième condition. Le point essentiel n'est pas : comment l'homme perçoit-il les intérêts sociaux ? Mais : comment cet homme est-il poussé à les réaliser et à organiser la société de manière à les assurer ? Le fond du problème est que l'intérêt social ne concorde pas, dans la plupart des cas, avec la motivation personnelle, car il s'oppose aux intérêts particuliers des individus. En effet, la motivation personnelle qui assurait l'impulsion de l'homme pour les intérêts naturels de l'humanité n'a pas la même attitude vis-à-vis de ses intérêts sociaux. Ainsi, alors que la motivation personnelle amène l'homme à tenter de trouver un remède servant l'intérêt de tous les individus, cette même motivation personnelle contrecarre la réalisation de beaucoup d'intérêts sociaux et empêche de trouver, ou d'exécuter, l'organisation qui garantit ces intérêts.
Le problème de la contradiction entre le motif personnel et l'intérêt social.
A la lumière de ce qui précède, nous saisissons la différence fondamentale entre les intérêts naturels et les intérêts sociaux. Les motivations personnelles des individus ne se heurtent pas aux intérêts naturels de l'humanité ; mieux, elles poussent les individus à les trouver et à exploiter pour cela leurs facultés intellectuelles. De cette façon, le genre humain possède les possibilités qui lui garantissent ses intérêts naturels d'une façon progressive et conformément au degré de ces possibilités qui se développent à travers l'expérience. Pour ce qui concerne les intérêts sociaux, tout au contraire, les motivations personnelles qui découlent de l'amour de l'homme pour sa propre personne, et qui le poussent à préférer son intérêt à celui d'autrui, l'empêchent d'exploiter sincèrement sa conscience pratique pour assurer les intérêts sociaux, chercher l'organisation sociale qui garantit ces intérêts, et exécuter cette organisation.
Ainsi, il apparaît clairement que le problème social qui empêche l'humanité de se perfectionner socialement, est la contradiction existant entre les intérêts sociaux et les motivations personnelles. Et si l'humanité n'est pas dotée des possibilités de réconciliation entre les intérêts sociaux et les motivations fondamentales qui régissent les individus, la société humaine ne peut pas réaliser sa perfection sociale. Quelles sont donc ces possibilités ?
L'humanité a besoin d'une motivation qui s'accorde avec les intérêts sociaux, tout comme les intérêts naturels qui ont trouvé dans la motivation personnelle un allié.
La science peut-elle résoudre le problème ?
D'aucuns prétendent que la science, qui s'est développée considérablement, est à même de résoudre le problème social, car l'homme, cet être grandiose qui a pu effectuer des pas de géant dans les domaines de la vie et de la nature, pénétrer les plus profonds de leurs secrets, résoudre les plus merveilleuses de leurs énigmes, parvenant même à faire exploser l'atome et à libérer ses énergies énormes, à découvrir les astres et à y lancer ses fusées, à monter à bord d'avions supersoniques, à asservir les forces de la nature pour transmettre à travers des distances de centaines de milliers de kilomètres et sous forme de sons audibles et d'images visibles, ce qui se passe dans le monde, cet homme qui a pu réaliser toutes ces conquêtes scientifiques en une courte période historique, et vaincre dans tous ses combats contre la nature, est sûrement capable, grâce à son savoir et à sa clairvoyance, d'édifier la société heureuse et soudée, de fonder lui-même l'organisation sociale qui assure les intérêts sociaux de l'humanité. L'homme n'a donc plus besoin d'autre source -dont s'inspirer pour résoudre son problème social- que la science, qui l'a conduit d'une victoire à l'autre dans tous les domaines.
Ces prétentions reflètent, en fait, l'ignorance par ceux qui les émettent de la fonction de la science dans la vie humaine. En effet, la science, quoiqu'elle évolue et se développe, n'est autre chose qu'un instrument servant à découvrir les vérités objectives dans les divers domaines, et à interpréter impartialement la réalité de façon à la refléter avec le plus haut degré possible de précision et de profondeur. Ainsi, elle nous apprend, par exemple, dans le domaine social, que le capitalisme conduit à contrôler avec la rigueur d'une loi les salaires, et à les réduire à la portion congrue. Et dans le domaine de la nature, elle nous apprend que l'utilisation d'une matière chimique donnée conduit à ce qu'une maladie grave bouleverse la vie d'un homme. Lorsque la science met en évidence cette vérité-ci et cette vérité-là, elle a rempli sa fonction et enrichi l'humanité d'un nouveau savoir. Mais l'ombre de cette maladie grave ou de cette loi terrible qu'est la loi rigoureuse des salaires, ne se dissipe pas du simple fait que la science a découvert la relation entre la substance chimique et la maladie en question, ou entre le capitalisme et la loi rigoureuse. L'homme peut se débarrasser de cette maladie en évitant ce qui y conduit, et de cette loi rigoureuse des salaires en détruisant le cadre capitaliste de la société. Là, une question se pose : qui peut garantir que l'homme se débarrassera de cette maladie ? Et de ce cadre ? La réponse, en ce qui concerne la maladie, est très claire : la motivation personnelle de l'homme suffit, à elle seule, à éloigner celui-ci de la matière spéciale dont la science a découvert les effets dangereux, car cette matière est en opposition avec l'intérêt personnel de l'individu. Pour ce qui concerne la loi rigoureuse des salaires et la destruction du cadre capitaliste, la vérité scientifique qui a découvert le lien entre ledit cadre et ladite loi par exemple, ne constitue pas une force poussant à l'action et au changement de cadre. L'action a besoin d'une motivation, et les motivations personnelles des individus ne se rencontrent pas toujours : elles divergent selon la divergence des intérêts particuliers. Ainsi, il faut distinguer la découverte de la vérité scientifique, de l'action menée à la lumière de cette vérité en vue de rendre la société heureuse. La science découvre la vérité jusqu'à un certain point, mais ce n'est pas elle qui la développe.
Le matérialisme historique et le problème.
Se référant au matérialisme historique, le marxisme dit à ce propos : laissez de côté le problème lui-même, les lois de l'Histoire se chargeront de le résoudre un de ces jours. Le problème n'est-il pas que les motivations personnelles sont incapables d'assurer les intérêts et le bonheur de la société, étant donné qu'elles émanent des intérêts particuliers qui divergent le plus souvent d'avec les intérêts sociaux généraux ? Il ne s'agit donc pas d'un problème, mais de la vérité des sociétés depuis l'aube de l'Histoire, où toute chose se déroulait conformément à la motivation personnelle qui se reflétait dans la société sous forme de classe, provoquant la lutte entre les motivations personnelles des différentes classes, lutte dans laquelle le vainqueur était toujours et inévitablement la motivation personnelle de la classe qui contrôlait les moyens de production. Ainsi, la motivation personnelle est-elle inévitablement le souverain jusqu'à ce que les lois de l'Histoire fournissent la solution radicale du problème en édifiant la société sans classes dans laquelle les motivations personnelles disparaissent pour laisser la place à des motivations collectives, conformément à la propriété collective.
Mais comme nous l'avons vu ailleurs, de telles prédictions faites par le matérialisme historique ne reposent pas sur un fondement scientifique, et on ne peut donc en attendre une solution déterminante du problème.
La Religion est l'unique solution à la contradiction.
Le problème demeure donc tel quel : le problème d'une société régie par la motivation personnelle. Et tant que le dernier mot est à la motivation personnelle dictée à chaque individu par son intérêt particulier, c'est l'intérêt possédant la force d'exécution qui domine. Dans cette société où se bousculent les égoïsmes contradictoires, qui peut garantir à celle-ci (la société) que sa loi sera promulguée conformément aux intérêts sociaux de l'humanité, cette loi n'étant que l'expression de la force régnant sur la société ?
Nous ne pouvons pas attendre d'un appareil social tel que l'appareil gouvernemental, qu'il donne un coup de frein définitif aux motivations personnelles, un tel appareil étant l'émanation de la société elle-même. Le problème dans la société est donc le problème de la société tout entière, car c'est la motivation personnelle qui la régit.
De tout ce qui précède on peut conclure que la motivation personnelle est provocatrice du problème social, et que cette motivation est originelle chez l'homme, car elle émane de son amour de soi.
Est-il donc écrit pour l'humanité qu'elle doive vivre toujours ce problème social qui émane de ses motivations personnelles et de sa nature, et qu'elle subisse les conséquences malheureuses de cette nature ?
L'humanité fait-elle exception au système de l'univers où tout être est doté de possibilités de perfectionnement, et muni d'une nature susceptible de le conduire à sa propre perfection, comme l'ont montré les expériences scientifiques, en plus de la preuve philosophique ?
C'est là qu'intervient le rôle de la Religion, comme la seule solution du problème. En effet, la Religion est le seul cadre dans lequel la question sociale peut trouver la juste solution. Car la solution dépend de la réconciliation entre les motivations personnelles et les intérêts sociaux généraux ; et c'est cette réconciliation que la Religion est à même de fournir à l'humanité, car la Religion est l'énergie spirituelle capable de compenser chez l'homme les plaisirs éphémères auxquels il renonce dans sa vie terrestre dans l'espoir de gagner le bonheur durable, capable de le pousser à sacrifier son existence, ayant la foi que cette existence limitée qu'il sacrifie n'est que le prélude à une existence durable et éternelle, capable de susciter dans sa pensée une nouvelle vision de ses intérêts et une conception du gain et de la perte plus sublime que la vision commerciale et matérielle. Une conception du plaisir qui considère la perte au profit de la société comme la voie du gain, et la protection des intérêts d'autrui comme une façon de protéger les intérêts de l'individu dans une vie plus sublime et plus transcendante. De cette façon, les intérêts sociaux généraux sont liés aux motivations personnelles, parce qu'ils sont considérés comme des intérêts de l'individu dans le calcul religieux de celui-ci.
Dans le Coran on trouve partout des confirmations de ce sens. Elles visent toutes à forger justement cette vision nouvelle chez l'individu, aux dépens de ses intérêts et de ses gains. Le Coran dit en effet :
«Quiconque, homme ou femme, fait le bien en étant Croyant... Voilà ceux qui entreront au Paradis où ils recevront de tout à profusion.» (Sourate el-Mu'min, 40 : 40)
«Quiconque fait le bien le fait pour soi, et quiconque agit mal le fait à son propre détriment.» (Sourate Fuççilat, 41 : 46)
«Ce Jour-là, les gens surgiront par groupes pour que leurs actions soient connues. Celui qui aura fait le poids d'un atome de bien le verra, et celui qui aura fait le poids d'un atome de mal le verra.» (Sourate ez-Zalzalah, 99 : 6-8)
«Ne crois surtout pas que ceux qui sont tués dans le Chemin d'Allah soient morts. Ils sont vivants, pourvus de biens auprès de leur Seigneur.» (Sourate Âl 'Imrân, 3 : 169)
«Il n'appartient pas aux habitants de Médine, ni à ceux des Bédouins qui sont autour d'eux, de rester en arrière du Prophète d'Allah, ni de préférer leur propre vie à la sienne. Ils n'éprouveront ainsi ni soif, ni fatigue, ni faim dans le Chemin d'Allah. Ils ne fouleront aucune terre en provoquant la colère des incrédules et n'obtiendront aucun avantage sur un ennemi sans qu'une bonne oeuvre ne soit inscrite en leur faveur. Allah ne laisse pas perdre la récompense de ceux qui font le bien. Ils ne feront aucune dépense, petite ou grande, ils ne franchiront aucune vallée sans que cela ne soit inscrit en leur faveur afin qu'Allah les récompense pour les meilleures de leurs actions.» (Sourate et-Tewbah, 9 : 120-121)
La Religion nous présente, à travers ces Textes coraniques, une image merveilleuse dans laquelle les motivations personnelles sont liées aux voies du bien dans la vie, et l'intérêt de l'individu est tellement transformé que celui-ci est convaincu que ses intérêts particuliers et les véritables intérêts généraux de l'humanité, définis par l'Islam, sont indissociables.
En mobilisant la motivation personnelle au service de l'intérêt général, la Religion s'avère être le tenant du rôle fondamental dans la solution du problème social.
Ceci nous permet de savoir que la Religion est un besoin naturel de l'humanité, car la nature, autant elle est le fondement des motivations personnelles dont découle le problème, autant elle doit être dotée de possibilités de solution au problème pour que l'homme ne fasse pas exception à tous les êtres dont la nature, à eux tous, est munie de possibilités qui conduisent tout être à sa perfection. Ces possibilités que possède la nature humaine pour la solution du problème, ne sont autres que la religiosité et la disposition naturelle à lier la vie à la Religion, et de la concevoir (la vie) dans son cadre général (de la Religion).
Donc, la nature humaine a deux côtés : d'un côté elle dicte à l'homme ses motivations personnelles, d'où découle le grand problème social dans la vie de l'homme (le problème de la contradiction entre ces motivations et les intérêts généraux de la société humaine) ; d'un autre côté, elle dote l'homme de la possibilité de résoudre le problème au moyen de son penchant naturel à la religiosité, et en laissant la Religion régir la vie de façon à réconcilier les intérêts généraux et les motivations personnelles... Et c'est de cette façon que la nature a accompli sa fonction de diriger l'homme vers sa perfection. Car si elle se contentait de provoquer le problème sans doter l'homme de la possibilité de le résoudre, celui-ci resterait prisonnier de ce problème, incapable de le résoudre, conduit par sa nature vers ses maux et ses complications (du problème). C'est ce que l'Islam a indiqué très clairement dans cette Parole d'Allah :
«Acquitte-toi des obligations de la Religion en vrai Croyant et selon la nature qu'Allah a donnée aux hommes, en les créant. Il n'y a pas de changement dans la Création d'Allah. Voici la Religion immuable ; mais la plupart des homes ne savent rien.» (Sourate er-Rûm, 30 : 30)
Ce noble Verset indique :
1- La Religion est une affaire de nature humaine selon laquelle tous les hommes sont créés, et la Création d'Allah est immuable.
2- Cette Religion selon laquelle l'humanité a été créée, n'est autre que la vraie Religion, c'est-à-dire la Religion monothéiste qui seule peut s'acquitter de la grande mission de la Religion, et unifier l'humanité selon un critère pratique et une organisation sociale dans laquelle les intérêts sociaux sont sauvegardés. En revanche, les religions polythéistes et de divinités diverses, selon l'expression du Coran, sont en réalité la conséquence du problème, et ne peuvent donc en être la solution, car :
«Ce ne sont vraiment que des noms que vous et vos pères leur avez attribués. Allah ne leur a accordé aucun pouvoir.» (Sourate en-Nejm, 53 : 23)
Ce qui signifie qu'ils sont le produit des motivations personnelles qui ont dicté aux gens les religions polythéistes, selon les divers intérêts personnels, afin de faire dévier leur tendance naturelle à la vraie Religion de son cours normal, et de les empêcher de répondre pertinemment à leur tendance religieuse originelle.
3- La Religion vraie (hanîf) selon laquelle l'humanité a été créée se distingue par le fait qu'elle est une Religion tutrice (Qui veille au bon déroulement de la vie, qui a pouvoir sur la vie. Qui veille aux intérêts des gens. (N.D.T.). Voir : Tafsîr el-Mizân, Tome VII, p. 393 ; Sourate el-An'âm, 6 : 161. (N.D.T.) ) de la vie, «cette Religion tutrice» (sourate 9 : verset 36) , capable de la contrôler et de la façonner dans son cadre général. Quant à la religion qui ne conduit pas la vie ni ne l'oriente, elle est incapable de répondre intégralement au besoin naturel, chez l'homme, de la Religion, et ne peut traiter le problème fondamental dans la vie de l'homme.
De ce qui précède, on peut déduire plusieurs conceptions islamiques de la Religion et de la vie. Le problème fondamental dans la vie de l'homme découle de la nature humaine, car il s'agit du problème des motivations personnelles dans leurs différences et leurs contradictions avec les intérêts généraux. En même temps, cette nature humaine fournit à l'humanité le traitement du problème. Ce traitement n'est autre que la "Religion vraie et tutrice" ("ed-Dîn el-Hanîf el-Qayyem"), car elle est la seule à être capable de réconcilier les motivations personnelles, et d'unifier leurs intérêts et leurs critères pratiques. Il faut donc que la vie ait une Religion vraie et tutrice. Il faut aussi que l'organisation sociale, dans toutes ses branches, soit placée dans le cadre de cette Religion humaine, et traite le problème fondamental dans la vie de l'homme.
A cette lumière, nous apprenons que l'Economie islamique, en sa qualité d'une partie d'une organisation sociale intégrale de la vie, doit être incluse dans le cadre général de cette organisation, en l'occurrence la Religion. La Religion est le cadre général de notre Économie doctrinale.
La fonction de la Religion, en tant que cadre de l'organisation sociale et
économique en Islam, est de réconcilier ces motivations personnelles et les
intérêts particuliers d'un côté, et les vrais intérêts généraux de la société
humaine, telle qu'elle est vue par l'Islam, de l'autre.
Source : http://www.albouraq.org/bibliotheque/livres/notre_economie.htm
vendredi 10 octobre 2008
Eduardo Agnelli : Un martyr de l'islam
Eduardo Agnelli : Un martyre de l'islam (1954-2000)
Voici une histoire inconnue
du public français. Il s’agit de la vie anonyme d’un homme célèbre, la
lutte courageuse d’un homme assoiffé de vérité. Eduardo Agnelli était
élégant, beau et potentiellement très riche. Il appartenait au groupe
envié des « héritiers de la Terre ». Par amour de Dieu, il s’est
converti à l’Islam. Un choix qui lui coûtera son héritage et sa vie.
Hommage à un grand homme resté sans nom dans sa patrie, épris de vérité
et de justice, martyr de l’Islam…
D’après le site de M.Ghaderi (entre autres)
Une histoire de famille
Du mariage de Giovanni Agnelli et de Marella Carraciolo naît Eduardo à New York en 1954. Sa sœur Margherita naît en 1955. Eduardo se marie avec Carolynne Hight-Hebrew, qui lui donnera un enfant en 1972, Giovanni. La famille Agnelli fait partie des dynasties industrielles européennes les plus prospères. A travers les holdings qu’elle détient, Ifi et Ifil, c’est la société en commandite familiale qui dirige, entre autres, le groupe automobile Fiat. Mais ses participations concernent aussi les médias et symboliquement le club de football Juventus de Turin. Le patrimoine net de Ifil à fin 2003 s’élèverait à environ 4Mds d’Euros. Au 30 juin 2007, le bilan consolidé de Ifil montrait un actif de 7.447 Mds d’Euros, selon le rapport semestriel de la holding.
Eduardo et l'Islam : une adhésion authentique
Lors de ses études de sciences religieuses aux Etats-Unis, il découvre le Saint Coran dans la bibliothèque universitaire de Harvard, une découverte qu’il qualifie en ces termes : « J’ai eu l’impression que ces mots n’étaient pas humains, mais qu’il s’agissait d’une parole lumineuse et vraie, une sensation qui s’affermissait au fur et à mesure que j’avançais dans ma lecture …». Il devient musulman sous le nom de « Hicham Aziz ».
La famille d’Eduardo faisant partie des plus grandes fortunes du monde, Eduardo attendait donc d’hériter de son père afin de se consacrer à la propagation de l’Islam en Europe. Toutefois, Eduardo était avant tout un homme de paix qui ne voulait que le bien de l’humanité et de sa famille, comme le montre son entretien accordé au journal italien socialiste « El Manifesto », où il déplore la course au profit et appelle l’humanité à se consacrer aux véritables valeurs humaines.
Sa situation suscitait toutes les envies : il affirmait ainsi que des gens étaient prêts à accepter l’infidélité de leur compagne en contrepartie d’une amitié avec lui.
Lors d’un voyage en Iran en 1988, il rencontra l’Imam Khomeyni pour qui il avait une affection particulière. Il était alors accompagné de son ami de longue date, le conte Luca Gaetani, comme lui héritier d’une des grandes fortunes d’Italie et comme lui assassiné par la suite.
Lors de discussions avec ses amis musulmans d’Iran, Eduardo choisit Mehdi comme nouveau prénom tout en conservant le prénom d’Hicham Aziz pour ses correspondances.
Vers la fin de sa vie, il se préparait à venir étudier la religion à Qom. Il était en particulier très attiré par les études coraniques suite à son attachement personnel au Saint Coran.
Un homme discret mais engagé
Eduardo était sensible aux questions internationales et aux
questions relatives à l’Islam et aux musulmans. Il n’hésitait pas à
prendre positions sur des dossiers sensibles et mettait tout son poids
dans la balance pour influer favorablement sur le cours des événements.
Voici quelques exemples rapportés par des proches :
- il intervint en faveur des palestiniens en téléphonant à des contacts qu’il avait au risque de se mettre dans une situation périlleuse. Eduardo avait conscience que sa vie était menacée par l’entité sioniste, du fait de ses prises de position en tant que personnalité influente en Italie.
- Il rencontre un éditeur italien pour le persuader de ne pas publier les Versets Sataniques de Salman Rushdie.
- Lors des attaques chimiques irakiennes contre l’Iran, Eduardo s’était rendu auprès d’un haut responsable américain, peut-être le Ministre de la Défense, pour demander des explications sur l’inimitié que les États-Unis vouaient à l’Iran. Le haut responsable s’était alors contenté de désigner un mur où il avait attaché une photo de Imam Khomeyni sous forme de cible
- Lors d’une visite d’un site industriel fabriquant des hélicoptères de combat américain, Eduardo se faisait expliquer que ces hélicoptères étaient les plus puissants au monde, indiquant que c’était ce type d’hélicoptères qui avait été utilisé pour attaquer l’Iran dans le désert de Tabass. Eduardo faisait alors remarquer que cette opération avait été un échec manifeste. Le général aurait alors répondu que ceux-là (les iraniens) ont un Dieu plus puissant encore que nos hélicoptères, ne manquant pas de réjouir intérieurement Eduardo.
- Suite à une rixe entre les étudiants révolutionnaires iraniens et les opposants (hypocrites Mujahidin du peuple MKO) sur le sol italien, un certain nombre de révolutionnaires ont été emprisonnés. Après quelques temps, un avocat vint les voir et les fit libérer. Ils comprirent par la suite que cet avocat avait en fait été envoyé par Eduardo.
- Eduardo organisa la production d’un documentaire sur l’Islam et les pays musulmans avec une équipe de journalistes de la chaîne italienne Rai Uno.
Edurado musulman et sa famille
Après sa conversion à l’Islam, Eduardo avait été mis sous une
pression extrême de la part de sa famille, qui le taxait de folie. Ils
l’ont même interné dans un asile psychiatrique à la frontière suisse,
dont le personnel médical, à ses dires, était majoritairement sioniste.
Il finit par s’enfuir pour trouver refuge en Iran pendant quelque
temps.
Afin de le couper de ses relations avec le monde musulman, sa famille n’a pas hésité à proposer à un des amis musulmans d’Eduardo une pension mensuelle de 5000 dollars, avec une voiture et une embauche dans le groupe, à condition de cesser ses relations d’amitié avec Eduardo. Devant le refus de cet ami face à cette proposition, la police et l’administration italiennes ont alors exercé des pressions continues sur cet ami, en procédant quotidiennement à des interventions policières dans son domicile dans le but qu’il cesse toute relation amicale avec Eduardo. La famille d’Eduardo a ainsi acheté nombre des connaissances d’Eduardo afin de l’isoler et lui faire ressentir la solitude. Un jour, le père d’Eduardo, Giovanni, lui reprocha violemment d’avoir atténué ses liens avec le fils de Rockfeller pour lui préférer la compagnie de son ami iranien, Abdollahi.
Eduardo conservait toutefois une estime sincère pour son père. Ainsi, lors de son premier pèlerinage à Machhad, il demanda à l’Imam Reza (as) d'intercéder auprès d'Allah pour que le cœur de son père s’attendrisse à son égard.
Le martyre d'Eduardo
Le corps d’Eduardo Agnelli est retrouvé inerte, la tête commotionnée, le 15 novembre 2000 sous le pont « Général Franco Romano » près de Turin. Le juge chargé de l’enquête déclara un jour plus tard qu’il s’agissait d’un suicide qui ne méritait donc pas d’investigation supplémentaire. Son corps fut inhumé à Turin dans le caveau familial sans la moindre autopsie, en contradiction avec les règles les plus élémentaires en la matière, en particulier concernant une personnalité économique de premier plan.
Un mois avant son assassinat, il était prévu qu’il vienne en Iran. Eduardo avait émis le désir de rencontrer le Guide suprême de la Révolution à cette occasion. Afin de l’en empêcher, sa famille lui avait confisqué son passeport…
Les implications politico-économiques du martyre d'Eduardo
La famille Agnelli représente plus qu’un seul enjeu économique. C’est aussi un centre de pouvoir et d’influence important en Italie. De fait, les événements dramatiques qui touchent cette famille depuis les années 2000, ne manquent pas de susciter quelques interrogations.
On notera qu’Eduardo a été victime d’une campagne de diffamation par la presse italienne dans les années 1990. C’est à ce moment que se préparait la succession de son père, Giovanni aux destinées du puissant groupe Fiat. Afin de le discréditer, en octobre 1990, on l’arrêta soi disant en possession de 300 grammes d’héroïne lors d’un voyage en Afrique. Toutefois, il s’avéra très vite que ces accusations étaient purement mensongères et que l’affaire avait été montée de toute pièce avec la complicité de la police locale corrompue à cette fin. Néanmoins, l’image d’Eduardo s’en trouva gravement atteinte aux yeux du peuple italien et de son entourage, en l’enfonçant encore plus dans sa réputation de marginal qu’on tenait tant à lui coller.
Au début des années 1990, on désigna son neveu Giovanni Umberto comme le successeur de son père à la tête du groupe Fiat. Eduardo lui écrit alors une lettre pour le féliciter tout en lui conseillant de ne pas être à la solde des « adorateurs d’argent ». Toutefois, Umberto meurt brutalement en 1997 d’un cancer rarissime à 36 ans ! On murmura alors le nom de John Jacob Elkann, le neveu maternel d’Eduardo, comme le successeur attitré. Eduardo s’opposa ouvertement à ce choix car il considérait en son for intérieur que son neveu était sous influence sioniste. Sa position privilégiée en sein de la structure familiale Agnelli donnait à l’opposition d’Eduardo un poids gênant. Il semblerait que la détermination d’Eduardo allait se payer au prix cher…
Le soupçon de complot et l'accusation de "conspirationnisme"
Il est intéressant de remarquer que, dans l’arbre généalogique des Agnelli, vient se greffer des branches juives par alliance matrimoniale. Ainsi, nombre de descendants Agnelli sont nés de mère ou de père juif.
La sœur d’Eduardo, Margherita s’est mariée à deux reprises : une première fois avec Alain Elkann et une seconde fois avec Sergio de Pahlen. De son premier mariage avec Alain Elkann, un journaliste français juif et sioniste, naissent trois enfants dont deux garçons, John Jakob (né en 1976) et Lapo (né en 1978). Récemment les médias ont accusé Lapo d’être drogué et on le soupçonne d’être un homosexuel. John Jakob, l’aîné, est naturellement pressenti pour succéder à son grand-père, décédé en 2003, à la tête du groupe.
Parallèlement, on constate que les éléments non-juifs de la famille ou les éléments hostiles à leur vision (tel Eduardo qui était juif par sa mère mais musulman d’adoption), ont été l’objet d’une mort plus ou moins inexpliquée comme son oncle décédé d’un cancer « rare » et non identifié en mai 2004, son père décédé lui aussi d’un cancer, son cousin décédé à 36 ans d’un cancer rarissime, et lui-même, « retrouvé mort » sous le pont « Général Franco Romano » à Turin en 2000.
L’un des instigateurs du souvenir d’Eduardo Agnelli est un ancien diplomate iranien dans la capitale italienne, dont il était devenu un ami intime au cours de leurs discussions. M.Ghaderi a participé à la réalisation du documentaire « Eduardo », réalisé par une équipe de la radio-télévision iranienne, qui accrédite la thèse de l’assassinat d’Eduardo Agnelli. Les autorités italiennes ont officiellement protesté contre la diffusion de ce documentaire par la télévision iranienne et l’équipe de tournage avait d’ailleurs rencontré des difficultés multiples et inattendues lors de la réalisation sur place.
Récemment, M.Ghaderi, qui affirme que la famille Agnelli est victime d’un complot sioniste visant à s’accaparer le patrimoine familiale via d’habiles alliances matrimoniales et l’organisation de meurtres de membres de la famille, a été l’objet, ainsi que sa famille, de menaces de mort de la part d’une organisation de bandits intitulés organisation des « Fedai Iran ».
L'ami d'Eduardo lui aussi assassiné ?
L’ami de longue date d’Eduardo, Luca Gaetani, était l’un des trois
fils du « Baron italien des boissons alcoolisées », propriétaire de
Montalcino. Il s’était également converti à l’Islam. Luca avait
d’ailleurs accompagné Eduardo lors de l’un de ses voyages en Iran dans
les années 1980. Il était cinéaste et vivait à Rome. Son corps a été
retrouvé inanimé et commotionné de coups multiples sous le pont
Garibaldi du fleuve Trastevere le 2 avril 2007. Il est mort à 57 ans à
la suite de coups assénés par des « inconnus ».
Voir le documentaire Eduardo :
http://www.irib.ir/worldservice/italyRADIO/spec/edoardo.mpg
Liens :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gianni_Agnelli
http://fr.wikipedia.org/wiki/Umberto_Agnelli
http://www.fondazioneagnelli.it/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ifil
http://fr.wikipedia.org/wiki/IFI_-G.Agnelli_A
Sources : http://www.tebyan.net/islam/miscellaneous/islamologues/2007/10/29/1725.html
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